dimanche 17 juillet 2022

L’ENFANT BENI

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Par Eric Ruiz


Je vais encore bousculer des paradigmes ancrés parmi ceux qui enseignent la Bible depuis tant d’années.

Déjà lors de mes derniers messages, je revisitais les notions d’esclavage, les dons spirituels, la communion fraternelle, la malédiction de Deutéronome 28 ou le blasphème du Saint Esprit, ou encore ce faux temple d’Ézéchiel qui a été bâti dans l’esprit religieux.

Ici,  c’est un autre paradigme qui s’écroule avec : « comment se crée le bonheur pour nos enfants ».

Je ne revendique aucun privilège ni aucune faculté intellectuelle, je loue l’Esprit saint d’ouvrir les yeux aux aveugles et de les ouvrir à l’aveugle que j’étais moi en premier.

Lisons d’abord Psaume 51 :5  « Voici, je suis né dans l'iniquité, Et ma mère m'a conçu dans le péché. »

Coupable dès le départ ?!! oui, l’innocent n’existe pas ?!! oui…

Alors, sommes-nous tous livrés à satan dès le commencement de notre existence ? N’y-a-t-il pas d’autres options possibles ? La foi protège-t-elle de ce mauvais déterminisme ?

Un fait essentiel, notre obéissance a des conséquences, elle engendre des bénédictions réelles.

Je dirais, quelle bénédiction plutôt, pour un enfant de venir au monde dans une famille de convertis au Seigneur ! C’est un vrai privilège pour lui.

Car pour tout enfant, le mal s’attache à lui dès qu’il est né.

Or, bien qu’il soit conçu dans le péché, il peut néanmoins être sanctifié par ses parents.

Proverbes 20 :7  (lisons déjà le verset 6) « Mais un homme fidèle, qui le trouvera? 7 Le juste marche dans son intégrité; Heureux ses enfants après lui! ».

Dans une maison où une personne est fidèle à Dieu, satan est très (très) limité dans son action.

Les enfants sont protégés. Cela ne veut pas dire qu’ils ne pèchent pas mais cela signifie, qu’ils ne seront pas entrainés dans l’escalade du mal ou qu’ils ne naitront pas avec des tares, des malheurs, des tragédies dans leur vie, qu’ils ne seront pas poursuivis par des catastrophes.

Il n’y aura pas alors comme les premiers enfants d’Adam et Ève : un Abel qui subira la jalousie mortelle d’un Caïn.

De la même façon, les enfants d’Israël ont vécu des tragédies : Jacob luttant avec Dieu, les conséquences furent logique : Les enfants de Jacob après avoir comploté la mort de leur frère Joseph, le vendirent à des étrangers ; sa fille Dina fut déshonoré par le roi de Sichem ; Et Rachel la deuxième femme de Jacob (sa préférée) fut longtemps stérile.

D’où l’importance de se mettre en ordre avec Dieu avant de faire des enfants.

La décision à prendre pour être parents n’est pas de savoir si on a ou pas les moyens de les éduquer ou si on vit dans un monde suffisamment évolué qui permettra à de futurs enfants de s’émanciper ; où d’être sûr qu’ils ne seront esclaves de personne.

Non, la décision devrait être conditionnée par la réponse à la question : « Ma fidélité à mon Dieu me permet-elle d’avoir des enfants à ma charge… pour pouvoir leur offrir un avenir heureux ? ».

La fidélité d’un croyant est précieuse pour lui… et pour sa descendance.

Je vous avais parlé le mois dernier de Deutéronome chapitre 28.

Et là, je reviens sur le verset 2 « Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage, lorsque tu obéiras à la voix de l'Eternel, ton Dieu:

Et attention, le verset 4 : le fruit de tes entrailles (ta grossesse) sera bénie

Mais, (verset 15) « si tu n'observes pas et ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris  …verset 18 le fruit de tes entrailles sera maudit ». Un rappel : La grâce ne vient pas abolir ces versets, elle vient au contraire les accomplir.

La fidélité d’un croyant n’est pas un don, ou une récompense que seuls certains élus peuvent recevoir au travers de ce qu’ils croient ou pas, elle doit s’exercer dans la pratique quotidienne de sa foi.

Or, il est commun de constater que le rite a remplacé la pratique quotidienne. Le rite est le rocher sur lequel vient s’appuyer la confiance du croyant ; Mais le rite n’est plus à sa place, puisqu’il est devenu plus important que le caractère.

-Pour certain se faire baptiser ou baptiser ses enfants les protègerai du mal ;

-pour d’autres prier Marie la mère de Jésus, protégerai nos enfants car Jésus, le fruit de ses entrailles est béni et il bénirait les enfants des mères qui ont la foi en Marie.

-Pour les juifs, la loi Mosaïque les protégerait toujours. Circoncire ses garçons dès le huitième jour les sanctifierai.

Mais je le rappelle, ce qui est plus important n’est pas le rituel religieux, mais la circoncision de cœur ; C’est à dire : avoir un cœur brûlant pour Dieu qui va avec les actes : se séparer réellement de tout ce qui lui déplait.

Je rappelle Romains 2 :29 :« Mais le Juif, c'est celui qui l'est intérieurement ; et la circoncision, c'est celle du cœur, selon l'esprit et non selon la lettre.».

Ce qui a évité le sacrifice du fils d’Abraham, Isaac, n’est pas l’ange qui est intervenu pour arrêter le bras d’Abraham, ni une confession de foi de sa part ; c’est en premier, la fidélité d’Abraham envers son Dieu : par la détermination de ses actes.

En 2014, année charnière pour moi, où je me suis re consacré à Dieu, ma grande fille a vécu un accident de la route qui aurait pu lui couter la vie. Tout était écrasé dans le véhicule, sauf l’emplacement du conducteur où elle se trouvait.

Ma fille a pu ouvrir sa porte est sortir intacte de l’accident, sans aucune blessure corporelle. Elle a été prise en charge rapidement par les secours alors qu’il était 4 heures du matin et que bien peu de gens passait par cette route de campagne. Mais il a suffi là aussi que d’une seule personne soit présente, comme un seul ange pour se charger de tout.

Aujourd’hui, je crois que notre consécration protège nos proches et ce n’est pas un Dieu providentiel qui le fait plus pour les uns et moins pour les autres en tenant compte d’un hasard très obscur.

C’est un Dieu qui béni les enfants de celui ou celle qui lui obéit dans son quotidien.

Face à la cruauté du sort, la réaction est souvent celle-ci : « si Dieu existait, il ne permettrait pas que ce genre de chose arrive.. ».

Pour un croyant, il aura plutôt cette réaction : « Le diable ne nous a pas épargné, gardons la foi ».

Face à la souffrance, nous réagissons souvent en l’estimant injuste. La malédiction n’est pas l’œuvre d’un mauvais hasard.

Le manque de remise en cause aboutit toujours à désobéir à Dieu, donc à nier son existence.

Peu de gens dans le monde chrétien ne veulent à un moment penser qu’il pourrait exister dans leur vie une relation avec Deutéronome 28 :18 « le fruit de tes entrailles sera maudit ».

Pourtant un enfant qui ne vient pas à terme, un autre qui nait infirme, un autre encore qui meurt quelques temps après sa naissance, un autre qui tourne mal dès l’enfance, et celui qui est abandonné, tous ces exemples peuvent être le prolongement de ce qu’on vient de lire.

Tout ce qu’on vit ici-bas nous ramène ou nous ramènera toujours vers une seule chose : l’obéissance à Dieu.

Il y a un passage dans les Évangiles qui témoigne fortement de cela.

C’est le neuvième chapitre de l’Évangile de Jean.

Commençons par le premier verset : « Jésus vit, en passant, un homme aveugle de naissance. ».

D’abord, cet infirme s’est-il plaint de ce qui lui était arrivé ?

Non, ce sont les disciples qui se demandaient d’où provenait cette malédiction.

« Ses disciples lui firent cette question: Rabbi, qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle? ».

Les disciples connaissaient bien la malédiction de Deutéronome 28, puisqu’ils connaissaient la loi donnée à Moïse ; mais Jésus ne voulut pas entrer dans cette polémique.

Pourquoi ? Peut-être que ce n’était pas le moment pour cela ?

Christ est venu accomplir la loi, pas montrer la malédiction, mais insister sur la porte de sortie, la sienne ; Il est la porte qui mène au Royaume de Dieu.

« Jésus répondit: Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c'est afin que les œuvres de Dieu soient manifestées en lui. 4 Il faut que je fasse, tandis qu'il est jour, les œuvres de celui qui m'a envoyé; »

La suite nous pouvons le présager, Jésus permis que l’infirme fût guéri, libéré de sa cécité.

Alors à quoi sert de savoir : de qui pouvait provenir sa maladie ?

-        D’abord le savoir consiste à pouvoir témoigner que Dieu est juste et que sa parole s’accomplit aujourd’hui comme hier ; et qu’il faut prendre très au sérieux l’engagement que nous avons pris envers lui.

-        Ensuite le savoir… pour convertir son cœur, ou que ceux qui se sont égarés, le fasse aussi.

C’est vrai, Jésus aurait pu en parler, mais, il le dit lui-même : le temps presse, le jour est sur le point de finir ;

C’est l’œuvre du Père qui est important ici de mettre en valeur :sa gloire se montre en premier par la délivrance.

Mais Jésus va répondre indirectement à la question, parce que son Père céleste va provoquer lui-même la situation amenant à comprendre la vérité.

Alors, lisons la suite de ce passage dans Jean chapitre 9.

Au verset 18 : c’est le moment où Dieu met à cœur les religieux de faire venir les parents vers eux pour les interroger. Ce sont les parents eux-mêmes qui vont répondre de leur foi.

Voici les questions qui leur sont posées :

« Est-ce là votre fils, que vous dites être né aveugle? (première question) Comment donc voit-il maintenant? (deuxième question) ».

A la première question, les parents répondent du tac au tac : « Nous savons que c'est notre fils, et qu'il est né aveugle; »

C’est la réponse liée à cette deuxième question qui va être révélatrice de la vérité (« qui lui a redonné la vue ? »).

Les parents répondirent verset 23 : « Il a de l'âge, interrogez-le lui-même. ».

Les parents dans les faits, ne se mouillent pas, pire, ils ont choisi de ne rien dire, ils ont choisi l’omerta parce qu’ils avaient plus la crainte des hommes que celle de Dieu.

Reconnaitre que Jésus de Nazareth était à l’origine du miracle leur aurait fait perdre leur religion. Ils auraient été bannis de leur culte, excommuniés, considérés comme des traitres .

Verset 22 : « Ses parents dirent cela, parce qu'ils craignaient les Juifs; car les Juifs avaient déjà arrêté, que si quelqu'un reconnaissait Jésus pour le Christ, il serait chassé de la synagogue.»

Ce verset 22  est la réponse à la question des disciples : «qui a péché, cet homme ou ses parents, pour qu'il soit né aveugle? ». 

L’infidélité des parents envers Dieu saute alors aux yeux. Depuis longtemps déjà ils ont faits le choix d’élire Dieu, le Dieu de leur religion. Et leur endurcissement est mis en évidence dans le détail de ces versets.

 

Maintenant, examinons la réaction de leur fils. A-t-il été comme eux ? S’est-il caché derrière des réponses évasives ?

Verset 24: « Les pharisiens appelèrent une seconde fois l'homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent: Donne gloire à Dieu …».

La pression est mise sur les paroles qu’il va devoir prononcer : « Donne gloire à Dieu, nous savons que cet homme (Jésus) est pécheur ».

Malgré cette intimidation, plus cet ordre donné de rendre gloire à Dieu comme eux le font à leur manière, en maudissant Jésus, cela n’a pas fait fléchir la foi du miraculé, bien au contraire. Il leur rétorqua : « je vous ai déjà répondu mais vous ne m’avez pas écouté ». Vous voyez, il va même les pousser dans leur retranchement par cette question provocatrice (mais qui déjà montre sa position bouillante) : « Voulez-vous aussi devenir ses disciples? »

Alors-là, piqués dans leur chair, les religieux deviennent encore plus incisifs et méchants.

« Ils l'injurièrent et dirent: C'est toi qui es son disciple; ».

La condamnation tombe déjà avant qu’il ait pu formuler sa réponse ; et le miraculé plutôt que de se taire rend témoignage de sa foi et prend parti pour Christ.

Maintenant, le verset suivant est très révélateur de la foi intègre du miraculé, qui sans fausse humilité, n’a pas peur de mettre en avant sa fidélité à Dieu, puisque c’est elle qui lui a ouvert le chemin de la guérison.

« Je ne sais d’où il vient (Jésus) mais il m’a ouvert les yeux.  31Nous savons que Dieu n'exauce point les méchants; mais, si quelqu'un l'honore et fait sa volonté, c'est celui-là qu'il exauce.(il parle bien de lui, le miraculé qui fait la volonté de Dieu)

 32Jamais on n'a entendu dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d'un aveugle-né. 33 Si cet homme ne venait pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »

Face à une telle confession de foi, les esprits religieux se sont sentis accusés, ils ont eux-aussi confessé leur mensonge, leur mépris. 

« Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Et ils le chassèrent. ».

Leur esprit restreint, sectaire fait qu’ils ne peuvent voir la sainteté venir d’un autre réseau que le leur. Et un aveugle de naissance, mendiant de surcroit ne peut rien leur apprendre. Il n’est connu d’aucun juif, comment peut-il alors enseigner ?

Ça, c’est la manière dont pense un esprit religieux. Il ne comprend pas les voies du Saint-Esprit.

C’est pourquoi, il important d’insister sur la foi de l’homme qui était aveugle dès sa naissance.

Avant qu’il ait pu confesser quoi que ce soit aux pharisiens, Jésus avait vu son cœur. Sa guérison était alors une évidence.

Jésus savait qu’il honorerait sa fidélité quoi qu’il en coûte. Mais le fils de Dieu a attendu avant de révéler son identité divine.

C’est après qu’il ait confessé sa foi et qu’il a été chassé par les religieux que Jésus, le rencontrant à nouveau lui posa la question : « Crois-tu au fils de Dieu ?   Et Jésus lui dit: Tu l'as vu, et c'est lui-même qui te parle ».

 

Les quatre manifestations de la gloire du Père sont là, placées successivement.

1-     la vue est rendue à l’aveugle

2-     ceux qui disent voir se manifestent comme des aveugles

3- ceux qui voient témoignent de leur foi et montrent que ceux qui croient voir sont encore dans le péché puisqu’ils injurient et chassent les vrais croyants.

4- Le royaume de Dieu, Christ, se révèle à ceux qui ont retrouvé la vue.

 

Alors, pour conclure, si vous avez eu un problème de stérilité dans votre famille, ou un problème d’enfant malade de naissance, ou bien des conflits dans la fratrie, la malédiction n’est pas sans solution.

La bénédiction est pour tout parent comme pour tout enfant.

Si l’enfant qui est malade, ou abandonné, s’il se tourne vers Dieu (même une fois adulte), sa confiance, sa fidélité lui sera comme avec Abraham imputé à justice ; c’est-à-dire rendu juste aux yeux de Dieu.

C’est ce que dit aussi le prophète Ézéchiel au chapitre 18, versets 19 et 20. Si le fils a agi selon la droiture et la justice, « c'est qu'il a observé et mis en pratique toutes mes lois; il vivra.  Le fils ne portera pas l'iniquité de son père ».

De la même façon, le père pourra se séparer de son iniquité et libérer ses enfants d’un joug inique.

Si au moins l’un des deux membres du couple montre une foi inébranlable en Dieu, ils pourront à nouveau avoir des enfants en bonne santé.

Jésus-Christ est venu accomplir la grâce de son Père ne l’oublions pas et c’est l’Esprit saint aujourd’hui qui fait les mêmes œuvres dans un disciple accompli, qui, bouillant, préfèrera concrètement Dieu aux hommes.

Amen

lundi 11 juillet 2022

L’ESCLAVAGE DANS LE CORPS DE CHRIST, PERVERSION ou VERTU?

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Par Eric Ruiz


Quel temps nous vivons ! Il s’exerce une course folle contre toute forme de discrimination …alors que dire de l’esclavage ?


Se sentir esclave de quelqu’un ou de quelque chose : c’est devenu insupportable.

« Nous devons absolument ne dépendre de rien ni de personne ». C’est une loi que revendique tout adulte et par surcroit tout adolescent qui se réclame déjà adulte.

La liberté est l’étendard républicain que l’on hisse au plus haut niveau.

Il n’est pas rare d’entendre en réponse à une simple demande de service : « je ne suis pas ton esclave, je le ferai si je veux ; et puis tu peux l’faire toi-même, t’es assez grand et autonome ».

Or, il n’est pas nécessaire d’avoir un grand discernement intellectuel pour s’apercevoir que notre siècle est le siècle de l’esclavage.

Sans refaire le procès de l’être humain charnel qui obéit à toutes ses passions aveuglément, nous sommes en plus devenus à notre insu, les esclaves de notre propre mode de vie à l’occidental. Les parents sont les esclaves de leurs enfants, ils sont esclaves de leur travail, de leur mode de transport, esclaves de leur smartphone etc.

Bien entendu, ce genre d’esclavage est différent de l’esclavage d’autrefois.

Mais l’esclavage antique était-il plus oppressant et asservissant que celui que nous connaissons de nos jours ?

Car aujourd’hui l’esclavage se fait à très grande échelle par le conditionnement ; c’est la pensée qui est prisonnière ; c’est l’esprit des citoyens, qu’un gouvernement cherche à rendre esclave et soumis.

 

Faisons un saut dans le passé, au premier siècle, au temps de Jésus-Christ. L’esclavage s’y pratiquait de façon réelle et permanente.

Elle avait deux formes : l’esclave domestique (dans les villes) ou l’esclave agraire (dans les campagnes).

Quel que soit l’activité, l’esclave antique vivait le plus souvent avec la famille de ses maitres ; la famille romaine, grecque comme juive aussi.

Et même s’il n’avait pas les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres membres, la discrimination qui s’exerçait à son égard ne le poussait pas forcément à l’indignation.

Le fouet pour le maitre, les chaines pour l’esclave sont des symboles forts qui ont marqué les esprits.

Pourtant, ici, peu d’esclaves se rebellaient et cherchaient à tout prix à s’émanciper et à s’insurger.

Beaucoup travaillaient sans être pour autant humiliés, dans l’espoir de mettre de côté assez d’argent pour qu’un jour, ils puissent racheter leur liberté.

Mais liberté acquise ne rimait pas forcément avec exil.

Ce n’était pas rare pour un esclave, une fois affranchi de garder son travail et de passer de serviteur à employé, tout comme le maitre devenir son patron.

Et allons plus loin, les croyants en Christ, avaient aussi leurs esclaves, leurs serviteurs qui vivaient chez eux.

Et eux, croyants pouvaient même se retrouver dans une position d’esclave.

Les premières Églises de maisons étaient ainsi constituées (je vous renvoie au livre de l’historienne Marie Françoise Baslez : « L’Église à la maison - Histoire des premières communautés chrétiennes Ier- IIIè siècle, ouvrage très intéressant au niveau historique).

 

Alors, Jésus-Christ est-il venu mettre un coup de pieds dans cette injustice sociale ?

Lui, qui pointait du doigt les offenses ou les mensonges des religieux, s’est-il offusqué du statut des esclaves ?

 

Quand il dit : « Je suis venu mettre la division…l’homme aura pour ennemi les gens de sa maison »( Matthieu 10 :36), les gens de maison étaient les esclaves domestiques de l’époque. Jésus nous montre bien que les domestiques d’un homme (traduction Martin) se rebelleront.

Mais attention, cette rébellion se fera là où l’injustice régnait ; car Jésus n’a absolument rien fait pour abolir l’esclavage.

 

Il a même sous-entendu que celui qui endossait le manteau de la foi  restait naturellement dans la position sociale dans laquelle il se trouvait.

D’ailleurs, Paul le rappelle aux Corinthiens (1 Corinthiens 7 :20-24) :

«  20Que chacun demeure dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé.
21As-tu été appelé étant esclave, ne t'en inquiète pas; mais si tu peux devenir libre, profites-en plutôt. 22Car l'esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur; de même, l'homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. 23Vous avez été rachetés à un grand prix; ne devenez pas esclaves des hommes. 24Que chacun, frères, demeure devant Dieu dans l'état où il était lorsqu'il a été appelé. »

Cela peut paraître choquant mais Dieu se moque totalement de la condition dans laquelle vous vous trouver. Elle n’a aucune importance à ses yeux.

Que tu sois libre, maitre ou esclave peu importe, tu dois demeurer dans cet état.

Même le maitre, sous principe qu’il devient serviteur de Christ, ne doit pas pour autant affranchir ses serviteurs, ni les renvoyer. Il peut le faire bien-sûr, mais cela ne regarde que lui.

Le statut d’esclave est loin d’être dévalorisé et méprisé par Jésus-Christ.

Bien au contraire. Il s’en sert pour montrer que celui qui veut être plus important que l’autre devienne son serviteur, son esclave (Jean 8-34).

C’est une position d’humilité.

 

Mais Jésus insiste aussi sur un autre point, l’esclave ne possède rien. Il n’hérite de rien, ni titres, ni terres, ni biens, ni propriété. Il travaille pour son maitre et pour sa liberté, point.

Et cette position-là n’est pas à mépriser, bien au contraire. Elle doit faire prendre conscience que tout être humain est dans cette position sur terre : déshérité de tout ;

Et que la recherche de la vérité n’est pas dans l’acquisition.

 

Mais le statut d’esclave révèle les cœurs.

Il rebute l’esprit religieux qui jouit déjà d’une position de maitre. Il a dans le cœur un mépris pour l’esclave, pour le service aux autres.

C’est vrai que les fêtes religieuses juives insistent sur la mémoire. Elles  renvoient au temps de la servitude de leurs ancêtres en Égypte.

Mais n’est-ce pas pour qu’ils apprécient davantage l’héritage…cet héritage qu’ils auront seulement en obéissant à Dieu ?

Je vous choque peut-être, mais la cohabitation entre maitres et esclaves pour Christ fait naitre des vertus de caractère. Elle apprend la piété.

Un croyant en Christ, s’il est maitre cherche à être juste, plutôt qu’à vexer ou à menacer son serviteur « Maîtres, accordez à vos serviteurs (esclaves) ce qui est juste et équitable, sachant que vous aussi vous avez un maître dans le ciel » (Colossiens 4 :1).

Dans les faits, la justice de Dieu doit inspirer le maitre à agir comme s’il était lui aussi esclave.

Dans la pratique, il doit se comporter comme si lui aussi n’a rien à lui. Que rien ne lui appartient. Et si rien ne lui appartient, l’esclave non plus, ne lui doit rien.

Si l’esclave, alors, réclame sa liberté eh bien un bon disciple de Christ la lui donne, où il lui permet de l’acquérir à bas prix, selon ses possibilités, ce qui est juste.

De la même façon, un esclave, s’il se tourne vers Christ doit se comporter avec respect, bienveillance envers son maitre, à courber le dos plutôt qu’à relever la tête ; il doit voir son maitre avec compassion comme un prisonnier et un esclave, qui lui aussi a besoin de liberté.

Or, pourquoi l’apôtre Paul est-il obligé de rappeler ce qu’est un esclave soumis à Dieu ?

N’est-il pas en train de dire que les esclaves saints se comportent pire qu’avant, et qu’ils sont devenus des serviteurs jaloux de leur maitre ?

Dans l’épître aux Éphésiens, Paul dit : » Serviteurs, (esclaves) obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme à Christ, Servez-les avec empressement, comme servant le Seigneur et non des hommes, 8sachant que chacun, soit esclave, soit libre, recevra du Seigneur selon ce qu'il aura fait de bien. »( Éphésiens 6 :5).

Vous me direz mais quelle est la relation avec ce que vit un disciple de Christ en France par exemple au XXIème siècle, où l’esclavage a été aboli depuis bien longtemps?

Le parallèle saute aux yeux.

D’abord comme l’affirme Jésus-Christ, nous sommes tous esclaves et privés de la gloire de Dieu.

Mais, plus que le corps, c’est l’esprit qui est rendu esclave et c’est l’esprit qui doit-être libre ou libéré ; Aujourd’hui même si nos corps sont libres d’action comment sont nos esprits ? Car c’est la vérité qui nous rend véritablement libre, c’est elle qui nous affranchit (Jean 8 :32).

Or, celui qui s’endurcit et qui s’éloigne de la vérité, s’assujetti à l’esprit du mal.

Il se comporte comme un maitre vis-à-vis des autres. Un maitre sans scrupule, qui compte ce qu’il possède, qui prend plaisir à ce qu’il a acquis matériellement. Il est autoritaire avec ceux qu’il enseigne.

Il aime être servi. Il distingue toujours deux groupes : les serviteurs et les maitres.

Dans son cœur, il est comme ces judéens qui répondirent à Jésus :

« Nous sommes la postérité d’Abraham, nous n’avons jamais été esclaves de personne. Comment peux-tu dire : « Vous serez des hommes libres ? » (Jean 8 :33 Bible Semeur).

Les juifs disaient à Jésus « nous n’avons pas besoin de ta liberté nous l’avons déjà acquise par héritage ».

Le chrétien est comme le juif, il se croit libre parce qu’il est chrétien et fils d’Abraham.

Or, ce n’est pas ce que dit Jésus. Notre Seigneur met une différence nette : C’est l’esprit qui nous guide, qui nous rend libre.

C’est la vérité qui nous affranchira et non notre situation sociale ou religieuse. Car cet héritage-là provient de la terre et non du ciel.

Et la liberté céleste ne consiste pas à abolir soi-même toute distance sociale sous prétexte qu’esclave et maitre peuvent devenir frère.

Dans les premières églises de maisons, Tite comme Paul (dans ses lettres à Timothée) exhortaient les frères esclaves a plus de soumission, d’honneur et moins de mépris vis-à-vis de leur maitres chrétiens (1 Timothée 6 :1-2 ; Tite 2 :9).

Preuve que l’esprit diabolique aime brouiller et salir la notion de liberté en Christ.

Et la rébellion des gens de maison, n’est pas forcément juste. L’esclave qui n’était pas chrétien montrait une soumission supérieure à son maitre, il avait de la crainte ;

Alors que le fait de devenir chrétien (disons-le) a amené beaucoup de croyants à se donner de nouveaux droits et à contredire sans cesse leur maitre (Tite 2 :9).

Tous, (loin de là) n’ont pas été comme l’esclave Onésime, que Paul a rencontré et qu’il recommande à Philémon comme un frère dont la foi est exemplaire. Voilà d’ailleurs ce qu’il écrit au sujet d’Onésime :

« Si donc tu me considères comme ton ami, reçois-le comme si c'était moi-même. S'il t'a causé du tort, ou s'il te doit quelque chose, mets cela sur mon compte. ».

Onésime n’est plus esclave des hommes, il a comme Paul, un esprit libre, c’est un vrai esclave de christ.

Maintenant, il existait durant les premiers siècles une forme d’esclavage dite : « esclavage volontaire ».

Certains n’hésitaient pas à se vendre pour échapper à la pauvreté, à l’indigence ou pour acquérir des compétences techniques, professionnelles, ou encore espérer faire carrière dans une maison honorable.

Je ne peux alors m’empêcher de faire le parallèle avec ce que les assemblées chrétiennes offrent de nos jours.

Elles proposent elles aussi une forme d’esclavage volontaire.

Sous couvert de la liberté en Christ, elles attirent les démunis et ceux aussi qui y trouveront des moyens de développer et d’exprimer des compétences ; par exemple :

Pour certains ; des compétences d’orateurs, pour d’autres de musiciens, de choristes, pour d’autres encore d’informaticiens, de rédacteurs ou encore des hommes ou femmes à tout faire.

Beaucoup y trouveront chaussure à leurs pieds, comme moi-même, j’y ai d’ailleurs développé des compétences de batteurs.

Ils accepteront une servitude, des obligations en y voyant un don de soi salutaire ; une abnégation juste et vraie.

Pourquoi je vous dis tout cela ? Ce n’est pas pour dénoncer l’asservissement que suscitent les églises ; mais plutôt pour y voir une forme de vertu qui s’y développe.

 

L’esclavage volontaire est vertueux.

 

Le premier qui s’est rendu esclave pour nous est bien Jésus de Nazareth. « moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22 :27).

Le fils de l’homme a montré une voie d’amour par excellence : le service.

Il les a servis comme si eux (ses disciples) étaient ses maitres. Il les a édifiés. Il leur a montré comment devenir abondant. Il leur a lavé les pieds. Il les a traités dignement et avec compassion. Il était le berger qui donne sa vie pour ses brebis.

Alors le vrai maitre comme le vrai esclave accompli se voit dans le service.

Ils se servent l’un et l’autre, mutuellement comme deux esclaves.

C’est le prolongement de ce que Jésus disait : « vous êtes tous frères, ne vous faites pas appeler maître, rabbi »

 Par conséquent,  parmi des disciples accomplis on ne distingue plus le maitre de l’esclave, puisque tous deux servent de la même manière.

La boucle est bouclée en Christ, la liberté fait qu’il n’y a plus ni esclave ni maitre, ni juif ni grec.

Remarquez, une chose essentielle : on ne devient pas esclave pour devenir maitre.

Dieu ne veut pas des maitres. Certes, serviteur de Dieu est la première étape. Mais l’étape suivante est celle d’ami de Dieu.

« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père. » (Jean 15 :15)

 

L’ami de Dieu en portant du fruit, en persévérant est adopté par le Seigneur. Pour une chose précise : qu’il soit membre de sa famille pour hériter de tout ce qu’il possède.

Alors cesserons-nous d’être esclave de Dieu, au final ?

Ce n’est pas parce Christ ne nous appelle plus serviteurs que nous ne servons plus.

Il nous fait connaître ce qu’il a appris de son père et entre autre : que cette position d’esclave n’est pas amenée à disparaitre, car c’est un fondement.

Et ce fondement marche avec l’amour divin. Le service ne cessera jamais. Nous serons à jamais sacrificateurs de Dieu.

L’esclavage qui cessera c’est celui qui nait avec l’affirmation de notre volonté. Seule notre soumission est la condition de notre liberté.

La vraie relation entre disciple est VOLONTAIREMENT d’être serviteur les uns des autres. Sans cette relation juste, aucune vraie Église ne peut et ne pourra subsister.

Amen

dimanche 3 juillet 2022

LES DONS SPIRITUELS dans la communion fraternelle

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Par Eric Ruiz 

Dans le corps de Christ, l’unité est la base la plus fragile qui existe. C’est souvent quand on croit l’avoir qu’elle est déjà absente du corps.

Pourquoi ? Parce que perdre l’unité revient à perdre l’inspiration, qui ne se fait plus alors par amour. Il ne devrait y avoir aucun autre mobile pour agir que l’amour.

Ceux qui pensent que nous devons réfléchir à l’organisation des saints dans l’assemblée sont encore aveuglés, puisque enfermés dans des dogmes religieux sans amour divin.

Ils pensent encore avec leur tête et pas assez avec leur cœur.

Ils attendent d’être convaincus par un verset plutôt que « d’aspirer » profondément à un changement.

Paul dans la lettre aux Corinthiens chapitre 12, verset 31 précise la qualité de cette aspiration pour les dons spirituels. «Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence…si je n'ai pas la charité (amour agapao), je ne suis rien. »

« Aspirer » ne veut pas dire prier pour recevoir ou acquérir un don meilleur qu’un autre.

Je vais vous monter une erreur de traduction qui débouche finalement sur un éclairage très pertinent.

Dans la lettre aux Romains Paul dit : « n’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble » (traduction Louis Segond)

Le mot grec employé ici dans  n’aspirez pas est  phroneo [fron-eh’-o] qui veut dire : diriger ses pensées vers, viser plus haut…ambitionner.

Paul demande au croyant de barrer la route à l’ambition, à l’esprit de conquête ;

En fait, il met en garde à ne pas convoiter tout simplement. Il demande que les frères romains arrêtent de diriger toujours leurs pensées vers des choses qui servent à les élever, eux, en premier.

Or, Paul n’emploie pas ce mot pour les Corinthiens.

« Aspirer » ici, n’est pas une course à la performance. La victoire par l’ambition n’existe pas pour la foi authentique.

Dans « Aspirez aux dons les meilleurs.», c’est le mot grec Zeloo [dsay-lo’-o] qui est employé ; qui donne le mot français zélé ; et il signifie aller vers… par besoin, par nécessité ; « Brûler avec ardeur » 

Le sens littéral va dans l’idée d’avoir avec empressement un cœur qui brûle… pour l’autre. Ce n’est donc pas une question d’esprit, de volonté intellectuelle mais de cœur, une ambition de cœur.

Dans le concret, Dieu nous donne par son esprit le don en fonction du besoin de délivrance que nous rencontrons dans la vie.

Cette « aspiration » est synonyme de besoin brûlant. Et ce besoin est ressenti par le cœur.

Ce cœur, quel est-il ?

C’est le chemin par excellence dont parle l’apôtre et qu’il développera pendant tout le chapitre 13 : L’amour divin agapao.

Donc, rien ne sert d’extrapoler les situations, nous devons les vivre pour expérimenter la foi.

Car la foi sans les œuvres est morte. La foi n’existe qu’à partir du moment où elle rencontre un besoin, issu du vécu quotidien.

Hébreux 11 :11 « C'est par la foi que Sara elle-même, malgré son âge avancé, fut rendue capable d'avoir une postérité, parce qu'elle crut à la fidélité de celui qui avait fait la promesse ». Le besoin d’avoir un enfant provoqua la foi de Sara qui a mi alors sa confiance dans la fidélité et les promesses divines.

C’est pourquoi, pour l’homme de foi, rien n’est établi par avance. Tout se fait par les évènements provoqués par l’esprit de Dieu. Et bien-sûr, le moteur : c’est l’amour, l’amour de l’autre et son besoin qui accapare le cœur.

Croire autrement, c’est encore retomber dans les mêmes travers, vouloir nourrir sa chair, qui n’attend qu’une seule chose : repasser par le modèle du mérite.

L’ascenseur religieux marche comme l’ascenseur social. On cherche dans les deux cas à acquérir une capacité par nos mérites.

Par exemple se dire à soi : « Je veux acquérir un don afin de l’utiliser pour le bien commun ». 

En disant cela je suis dans une forme de pensée ou j’élabore moi-même une stratégie. J’imagine une situation future se présenter.

C’est encore de la pensée positive, un courant cognitif très à la mode qui vise l’épanouissement individuel.  

Or, avec la pensée constructive, il n’y a plus de surprise, plus de spontanéité mais un acte réfléchi mesuré où l’Esprit saint n’a plus sa place.

L’intellect aura remplacé l’inspiration, remplacé la foi qui, elle, n’est pas raisonnée.

Nous devons être pauvres en esprit et non pas riches en esprit, car le royaume de Dieu est donné aux esprits pauvres, dépendants de Dieu (message « la foi n’est pas raisonnable ».

Dans le corps de Christ, les dons de l’esprit vont et viennent, impulsés par l’esprit divin qui lui seul tient les commandes.

Et c’est comme cela que Dieu se plait dans la communion des saints.

Pour reprendre ce que dit Paul animé du Saint-Esprit : il y a multitude de dons, mais chaque don est donné par le Saint-Esprit  en fonction des besoins du corps, du besoin réel de ses membres.

Et chacun reçoit un don, s’il est bien disposé envers son frère ou sa sœur, si sa volonté réelle c’est avant tout de l’aider, de pardonner ses fautes, de laver ses pieds, de le guérir.

Pour vous donner un exemple : Les poumons du nourrisson s’ouvrent parce qu’ils rencontrent à la naissance l’air extérieur. Tant qu’il est dans le liquide amniotique de sa mère, il n’en a pas besoin.

Eh bien spirituellement c’est la même chose :

Le don apparait avec le besoin, la nécessité.

Un frère souffre de manque de vision pour sa vie. Pourtant il prie, il demande à Dieu. Mais il est sans réponse. Il ne sait plus quoi faire pour sortir de ses liens.

C’est à ce moment-là que l’Esprit saint peut donner un don de prophétie ou de connaissance à un autre membre pour l’aider à rompre ses liens et retrouver sa liberté en Christ.

Prier pour recevoir un don, alors que la situation ne se présente pas, c’est comme si vous vouliez respirer avec vos poumons dans le liquide amniotique du ventre maternel. C’est contre nature. Ce n’est ni le lieu, ni le moment.

Pour beaucoup, (comme pour moi-même aussi), on nous a tellement enseigné que la foi provoque les conditions d’existence ; Que prier pour recevoir un don permet d’attirer à soi les circonstances de la délivrance ; alors que c’est totalement l’inverse. Ce sont les circonstances qui créent la foi.

En d’autres termes, je ne vais pas faire du prosélytisme, ou parcourir les hôpitaux si j’ai un don de guérison. Je le mettrai en action au moment et lieu décidé par Dieu.

Ambitionner un don pour s’élever possède d’autres conséquences négatives.

Ce n’est pas se soumettre les uns aux autres.

Ambitionner : brise la communion parce qu’il brise l’humilité qui consiste à s’abaisser au même niveau que son frère pour l’aider.

Élaborer une stratégie qui nous remplirait de foi, de générosité et de puissance dévoile un cœur rempli de levain et de mensonge.

N’oublions jamais que les disciples de Christ sont reconnus à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres (Jean 13 :35).

Ils ne sont pas reconnus par leur don mais par le mobile de leur don.

Ce n’est pas le miracle qui est important, c’est la condition dans laquelle s’exerce le miracle : l’amour agapao manifesté.

Et cet amour, Jésus en parlait dans les versets précédents (Jean chapitre 13)… pour être pur, il parle de 5 actions:

1-laver les pieds de ses amis,(un acte de justice que j’ai détaillé   sur «  la communion fraternelle parfaite »).

2-se laisser laver les pieds par eux

3-ne pas se croire supérieur au maitre.

4-Recevoir les âmes que Dieu a envoyées vers vous (même s’ils s’avèrent être animés par de mauvaises intentions)

5-Donner sa vie pour Jésus-Christ (dépendre entièrement de lui).


Maintenant, il y a des mystères que Dieu dévoile parmi les sept églises de l’Apocalypse. Et plus précisément  parmi la sixième Église, qui est celle de Philadelphie. Ce nom porte en elle le sens « d’amitié fraternelle ou d’amour fraternelle ».

Et voici ce que dit l’esprit à l’ange au sujet de cette assemblée :

Apocalypse 3 :8 : « Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom etc. ».

Quelles sont les œuvres réalisées par cette Église animée par l’amitié fraternelle ?

La réponse curieusement se trouve dans le verset précédent.

« Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, »

Ce que dit le saint, le véritable ce sont ses œuvres qui parlent ; celles d’un croyant saint (« pur » comme on vient de le voir avec Jean 13), véritable, sans faux semblants et qui possède la clef de David.

Mais, quelle est cette clé si importante qu’avait le roi David ?

« il leur suscita pour roi David, auquel il a rendu ce témoignage: J'ai trouvé David, fils d'Isaï, homme selon mon cœur, qui accomplira toutes mes volontés. » (Actes 13 :22)

 

C’est la clé du cœur, celle de l’amour agapao. Ce roi était selon le cœur de Dieu.

 Par conséquent, ce sont bien les œuvres fraternelles d’un croyant selon le cœur de Dieu.

Mais j’ai relevé un passage dans Apocalypse 3 :8 très étonnant : c’est ce constat contradictoire du saint et véritable qui dit  « Voici, parce que tu as peu de puissance » :

Le mot puissance «  dunamis » [doo’-nam-is] en grec se réfère à la force, aux capacités, aux miracles.

Mais alors pourquoi l’ange fait-il l’éloge du manque de puissance des frères et sœurs ?

Eh bien, parce qu’il n’y a pas à Philadelphie justement étalage des dons, comme cela se fait ailleurs.

La puissance de cette assemblée, se montre autrement.

Elle se dévoile d’abord par la persévérance : « Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi » verset 10 ;

Eh bien, grâce à leur fidélité, ils ont reçu une clé (celle de David) qui leur permet d’ouvrir et de fermer la porte à volonté sans que personne d’autres ne puisse agir à leur encontre.

Et cette porte montre des œuvres bien différentes de celles des autres. Quels autres ?

« ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; »verset 9.  

Ces « frères et sœurs » religieux mentent par leur imposture. Ils mentent en montrant une puissance qu’ils n’ont pas, des dons qu’ils manifestent par imitation.

Comme je le disais juste avant :

Ce n’est pas le miracle qui est important, c’est la condition d’amour dans laquelle s’exerce le miracle, qui prime.

Donc, ceux, qui ont un amour fraternel pur ont reçu l’ordre de garder, leur couronne par leur persévérance, en retenant, en gardant précieusement leurs actes de justice.

Verset 11 : « Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, (garde précieusement ce que tu as) (Jean 13) afin que personne ne prenne ta couronne ».

Leur puissance s’exerce dans la vérité qu’ils vivent au quotidien et cette vérité éclatera en plein jour verset 9 « voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé (Qui viendra se prosterner ? Ceux de la synagogue de satan). »

Alors, aspirons au don le meilleur ; A celui qui se manifeste dans l’amour désintéressé, l’amour agapao. Ne regardons pas à ce qui se fait ailleurs et de manière plus éclatante. Mais soyons fidèle et persévérant dans ce que Dieu nous inspire de faire au quotidien pour le bien de l’autre.

N’oublions surtout pas, que le royaume de Dieu est pour ceux qui ressemblent aux petits-enfants, qui sont pauvres en esprit, qui ont cette humilité de dépendre entièrement de leur père.

Soyons comme eux vivons le moment présent sachant que pendant notre marche, Dieu nous donnera ce que nous avons besoin.

Amen