dimanche 7 juin 2026

COMMENT ETRE UN MEMBRE ACTIF DE l’EGLISE ?

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Par Eric Ruiz

 

1.     L'illusion de l'activisme religieux

 

Quand on se demande ce qu’un disciple doit faire dans son assemblée : comment peut-il y être un membre actif ? Presque instinctivement, la réponse vient comme une récitation liturgique. Là aussi, doit-on suivre ce qui se voit dans les dénominations religieuses ?

On attend d’un chrétien généralement qu’il annonce l’Evangile à l’extérieur du bâtiment et qu’il participe à la vie de son assemblée et à son fonctionnement. Ainsi, un membre actif pourra être sollicité pour l'accueil des nouveaux venus, la louange, la musique, le chant, le placement des fidèles, la distribution de tracts ou de recueils de chants, la gestion du matériel informatique, la sonorisation, ou encore l'assistance au prédicateur. Il pourra également participer aux campagnes d'évangélisation, à la distribution ou à la vente de brochures, ainsi qu'à la préparation des repas lors des agapes.

Le livre des Actes, comme les différentes Epitres, ne renvoient à aucune organisation spécifique, ni aucun rite à part celui du baptême et du Saint-Esprit. Dieu a établi un ordre dans les ministères. C’est ce que Paul explique dans la lettre aux Éphésiens (4:11-12). Dieu a donné des ministères comme « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs, « pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ. »

 La notion de membre actif dans la Bible n’a pas vraiment de similitude avec ce que les différents courants chrétiens considèrent importants aujourd’hui.

 

2.     L'Église de Thessalonique : Le modèle du disciple actif

 

Examinons de près l’Eglise de Thessalonique qui est encensée de louange pour son zèle dans la foi : « Nous rendons continuellement grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous dans nos prières, 3nous rappelant sans cesse l'œuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père en sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l'Achaïe.  » .

Quoi alors de plus judicieux que de prendre exemple sur cette Eglise modèle pour élucider ce que les rédacteurs de cette épitre considèrent comme ce qu’est un membre actif. Dans cette épitre  Le souhait fort est le suivant : « exhortez-vous réciproquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites ». Ce souhait fait appel à 14 faits concrets, qui sont aussi des prières.  On les trouve à la fin de l’épitre, dans 1Tessaloniciens 5, à partir du verset 12 jusqu’au verset 22.

3.     Les 14 clés du service par l'Esprit

 

« Nous vous prions, frères, d'avoir de

1.     la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. 13Ayez pour eux beaucoup d'affection, à cause de leur œuvre ».  

D’abord : Pourquoi aucun nom n’est cité directement ? Ceux qui  travaillent, qui exhortent, qui dirigent ont reçu un ministère. Ils sont plusieurs puisqu’il est question  de « ceux qui vous dirigent ». Mais on ne sait rien d’autres. Le "dirigeant" est souvent celui qui ouvre la porte de sa maison ou un ancien respecté pour sa maturité spirituelle. Les réunions se font dans les maisons (comme chez Jason qui a accueilli Paul lors de son passage tumultueux à Thessalonique dans Actes 17:5). Alors, est-ce un hasard ou un oubli que personne, pas même Jason ne soit cité ici ? Pour rédiger cette épître, ils étaient trois à se concerter : Paul, Silvain, et Timothée. Je crois que s’il n’y a aucun nom de citer, c’est en toute logique parce que personne n’est idolâtré. Personne n’est placé sur un piédestal. Personne ne passe au-dessus des autres. Ce n’est pas l’Eglise d’un tel, ou d’un tel, c’est l’Eglise locale de Thessalonique. Le niveau d’amour fraternel est le même pour chacun. Nous sommes sans que cela soit dit explicitement dans une relation horizontale. Aucune hiérarchie. Paul l’écrit de cette manière au chapitre 4 : 

«9Pour ce qui est de l'amour fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres, et c'est aussi ce que vous faites envers tous les frères dans la Macédoine entière. ».  En écrivant : » vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres »,l’enseignement du Saint-Esprit est encore plus évident. 

L’enseignement à s’aimer ne provient pas d’un frère plus inspiré qu’un autre, qui aurait enseigné l’amour de Dieu. Alors, l’affection, la considération pour ceux qui dirigent doit naitre de l’Esprit Saint et non des sentiments humains, car ils sont sujets à trop de variation. Concrètement Christ doit rester «  la tête du corps de l'Église » (Colossiens 1:18).

2.     « Soyez en paix entre vous. » (2ème fait concret, 2eme prière)

La paix n’est pas juste un objectif ou un slogan. C’est une réalité «  heureux ceux qui procurent la paix car ils seront appelés fils de Dieu » dit Jésus. La paix c’est l’évangile. Un évangile qui montre concrètement où sont les fils de Dieu. Jésus-Christ nous donne sa paix, une paix différente du monde, alors partageons-la en premier entre frères. La bénédiction est pour ceux qui favorisent la paix entre les frères.

3.     « Nous vous en prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, » (3ème fait concret, 3ème prière)

Lorsque Dieu nous demande de veiller, ce n’est pas que sur nous-mêmes. Nous devons veiller sur notre prochain. Et à la moindre alerte nous l’avertissons du danger. Alors, il va s’en suivre des avertissements envers ceux qui auront perdu l’ordre établi par l’Evangile. Et quelle est cette  forme de désordre ?  Celle de ne plus assumer ses responsabilités dans l’organisation de l’Eglise ? Ou bien n’est-ce pas plutôt : pour ceux qui ne se préoccupent plus que de leurs petites affaires ; qui n’ont plus de sensibilité pour le nécessiteux. Ou encore ceux qui aspirent à la hiérarchie. Qui souhaite établir une échelle des pouvoirs. Alors, avertir des dérives visibles, c’est veiller sur son frère. C’est le sauver des malheurs, et c’est agir pour le corps de christ.

4.     « consolez ceux qui sont abattus, » (4ème fait concret, 4ème prière)

Si le Saint-Esprit est le consolateur, ne le sommes nous pas aussi pour notre frère dans la peine ? La compassion s’exprime entre croyants. Il est important de pleurer avec ceux qui pleurent mais aussi de leur rappeler que notre souffrance est un partage et qu’elle fait grandir l’amour de Dieu.

5.     « supportez les faibles, » ( 5ème fait concret, 5ème prière)

"Supportez", ici c’est le mot grec « antechomai » [an-tekh'-om-ahee] qui a le sens de tenir à quelqu’un, de s’attacher à lui. Les faibles dans l’assemblée demandent une affection particulière, un attachement. Loin d’être dénigré, ils sont au contraire portés et supportés par le corps de Christ. On s’attache à eux comme une mère à son enfant.

6.     « usez de patience envers tous ». (6ème fait concret, 6ème prière)

Le corps de Christ demande une attention envers chacun. Et cette attention n’est pas superficielle. La patience demande de prendre du temps pour écouter, pour parler, afin de trouver des solutions pour tous.

7.     « Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal; » (7ème fait concret, 7ème prière)

Là aussi, rendre le mal est une forme de désordre intérieur. Un disciple n’a plus vocation à agir sous la Loi de moïse, celle du talion, mais à pardonner, à prier pour celles et ceux qui ont mal agi. Tout esprit de vengeance est un démon laissé à l’extérieur de l’assemblée. Chacun doit veiller à ce que cet esprit ne revienne pas attaquer le corps de Christ.

8.     « mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous ». (8ème fait concret, 8ème prière) 

La poursuite du bien est une œuvre de foi. C’est une aspiration constante qui se concrétise par des actes envers ses frères et aussi ceux qui ne le sont pas.

9.     « Soyez toujours joyeux. » (9ème fait concret, 9ème prière)

Quoi qu’il arrive dans notre vie à chacun, la joie du Saint-Esprit doit demeurer intacte. Mais cette joie est aussi une conséquence : la conséquence de poursuivre le bien. Elle est alimentée par tout ce qui a été manifesté avant : parce que nous avons de la considération pour nos anciens, parce que nous sommes en paix avec tous, parce que nous consolons, nous avons de l’attachement pour les faibles, nous rendons le bien à la place du mal,  nous usons de patience. La joie est la conséquence naturelle de ce que nous faisons pour le corps de Christ. 

10.  « Priez sans cesse. » (10ème fait concret, 10ème prière)

Ce 10ème fait n’est pas un fardeau comme le présente tellement d’Eglises, parce qu’elles mettent une obligation presque impossible pour celui qui croit ; Ce n’est donc pas un commandement. C’est une aspiration à être dans un état de prière constant. Nos pensées, nos intentions, nos questionnements, nos réactions doivent constamment passer par le filtre du Saint-Esprit. C’est se garder d’agir mal ; mais c’est aussi garder l’autre dans faire autant.

11.  « Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » (11ème fait concret, 11ème prière)

L’année dernière j’avais fait un message sur ce 11ème fait.  Et j’en avais conclue : Que la grâce de notre Seigneur s’exprime par chacun de nous qui sommes membre du corps de Christ : Si cette grâce se voit dans la relation que nous avons avec autrui. Alors nous rendrons grâce en toutes choses. « Rendre grâce» : c’est exercer le plus grand don que nous avons reçu de Dieu. Et c’est sa volonté que nous agissions en communion avec lui.

12.  « N'éteignez pas l'Esprit ». (12ème fait concret, 12ème prière)

Cet avertissement, c’est un peu le résumer de tout ce que vous refuser de faire parmi les 11 points citer.  Eteindre l’Esprit : c’est déjà commencer par ne plus avoir de considération pour ceux qui vous exhortent. C’est de provoquer ou d’alimenter des querelles entre frères. De ne plus être sensibles aux avertissements lorsque nous rendons le mal pour le mal ; de manquer de patience envers certains frères ou certaines sœurs ; de délaisser ceux qui souffrent  et ceux qui sont faibles, de ne plus filtrer toutes nos intentions par le Saint-Esprit ; et par conséquent de rendre grâce de moins en moins parce qu’en agissant ainsi nous enterrons le don que Dieu nous a offert par sa grâce. En résumer : éteindre l’Esprit c’est s’empêcher d’être un membre actif dans le corps de Christ mais commencer à devenir un membre destructeur.

13.  « Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (13ème fait concret, 13ème prière)

La plupart des prophéties sont des avertissements. Elles servent de prise de conscience. Elles sont là pour secouer celles et ceux qui en ont besoin. Parce qu’ils sont devenus insensibles à l’exhortation. Alors les prophéties annoncent le plus souvent des temps mauvais, des épreuves, de fortes tribulations mais aussi une préparation pour les vivre. Examinez : signifie discerner ce qui est bon pour vous, afin de vous éloigner du mal qui vous touche. Maintenant il y a aussi des prophéties qui annoncent des temps de rafraichissement. Elles viendront après la tribulation.

14.  « abstenez-vous de toute espèce de mal » (14ème fait concret, 14ème prière).

Il n’y a pas de mal moins important qu’un autre. Le mal entre en soi de manière très sournois. Ce sont de petites choses au départ. Insignifiantes. Comme un petit mensonge (un « pieu mensonge ») « Après tout j’ai menti pour une bonne cause, j’ai menti pour préserver la paix, pour ne pas attristé mon frère ou ma sœur, pour lui éviter un chagrin inutile ». Il n’y a pas de hiérarchisation dans le mal. «  celui qui hait son frère est un meurtrier », (1Jean 3 :15) ; comme celui qui convoite une femme a déjà commis l’adultère. Dieu nous met en garde sur TOUT mal, car nous ne connaissons pas les conséquences du mal. Dire la vérité demande du courage certes, mais c’est le prix de la loyauté. Aussi l’avertissement concerne un excès de confiance en soi. Croire que sa foi est suffisamment forte pour pouvoir repousser tous les assauts de l’ennemi, c’est refuser de s’humilier pour croitre.

 

4-        Pour conclure :

Le membre actif selon cette épître n'est donc pas d'abord celui qui remplit une tâche dans une organisation, mais celui qui contribue concrètement à l'édification du corps de Christ par son comportement, son amour et son obéissance au Saint-Esprit. Un membre actif dans l’Eglise de Christ c’est un frère ou une sœur qui prend au sérieux ces 14 points évoqués par l’Epitre aux Thessaloniciens.

Au verset 10 juste avant d’énumérer ces 14 points essentiels, Paul écrit :

« Mais nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour, ».

Pour que nous soyons des disciples éclairés et actifs, nous avons besoins de prier et d’agir à partir de ces 14 points. Je les rappelle rapidement : Avoir de la considération, susciter la paix, avertir, consoler, s’attacher particulièrement aux faibles, user de patience envers tous, prendre garde au mal, poursuivre le bien, être joyeux, priez constamment, rendre grâce, ne pas éteindre l’Esprit, ne rien mépriser des prophéties, et enfin s’abstenir de tout mal. Voilà les ingrédiants proposé par Paul, Silvain et Timothée pour faire grandir notre amour. Ceux qui ont reçu des ministères du Saint-Esprit ont cette charge d’exhorter leurs frères pour que l’amour croisse. Si cet amour croit, alors le disciple est un membre actif dans son assemblée.

L’Esprit saint souhaite grandir en nous pour que nous devenions matures. Prions pour que ces 14 points nous guident constamment dans notre marche de disciple, pour que nous recevions la couronne promise à ceux qui ont persévéré jusqu’au bout dans l’amour, l’espérance et la foi.

Amen

dimanche 31 mai 2026

Une EGLISE fidèle à la Bible : Est-ce possible ?

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Par Eric Ruiz

 

Ce qui est assez remarquable : c’est que l’Eglise a pour vocation à faire des disciples. Et elle n’y arrive pas. L’Eglise échoue à faire des disciples de Christ.


Elle ne parvient qu’à faire des disciples d’une dénomination religieuse ou d’une autre : Des disciples catholiques, disciples protestants, disciples orthodoxes, disciples évangéliques, des mormons, des témoins de Jehova, des adventistes, des disciples de sectes chrétiennes. Pourquoi cet échec? Elle s’organise peut-être mal.

 

Si nous partons des Evangiles, Jésus a montré l’inverse pourtant. Il a fait se rencontrer des disciples qui ensuite ont formé l’Eglise.

Il s’y est pris complètement en sens opposé. Il est parti de la personne devenue sainte pour former une assemblée. Il n’est pas parti d’un endroit, d’un lieu institutionnalisé pour le remplir. L’exégèse chrétienne aboutit à construire le bâtiment pour y faire entrer des personnes et pour les convertir. L’évangélisation du monde a servi à ce genre de phénomène.

Jésus n’a rien construit pour y faire entrer des disciples à convertir.

Cela semble si évident et pourtant, rien ne marche selon le sens biblique.

Le modèle traditionnel c’est celui d’amener des païens à l’église pour les baptiser. L’exemple de Christ est de faire baptiser les repentis en premier. Jean Baptiste avait cette fonction de préparer le chemin en prêchant la repentance.  Puis ceux qui se repentaient, il les baptisait.

Que faisaient ensuite les baptisés ? S’assemblaient-ils ? Suivaient-ils un homme en particulier ? Demandaient-ils à un des leurs de continuer à les enseigner ? Le texte biblique nous oriente autrement là aussi. Ceux qui étaient baptisés se préparaient à rencontrer le fils de Dieu. Pourquoi ? Parce que Jean qui baptisait attendait lui spécialement ce jour où viendrait à lui le fils de Dieu en personne. Et il ne le cachait pas. Il l’enseignait à celles et ceux qui venaient se faire baptiser.

Matthieu 3 :11 : « Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » Jean 1 :26-27 « Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; ».

Jean est fidèle et authentique, il ne prend la place de personne. Il ne forme aucun mouvement religieux. Il ne vient pas faire des fidèles pour qu’ils le suivent. Il est clair et sans équivoque : la visite de Jésus sera l’accomplissement de sa mission.

Qu’ont fait les repentis qu’il a baptisés ? Certains repentis ont par la suite suivi Jésus dans sa marche. Christ n’a pas fait des disciples, il en a choisis parmi le peuple. Jésus-Christ en a choisis selon ce que son Père céleste lui montrait. Ca c’est pour les 12. Pour les autres, ils se joignaient à lui. 70 (ou 72 selon les manuscrits) l’on ainsi suivi pendant son ministère.

Jésus a dit dans Marc 16 :15 : « allez par tout le monde, et prêchez l'Evangile à toute créature. » Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

Où se trouve l’ordre de construire des temples ou des églises ? Ils se rapprochaient simplement les uns des autres pour avoir une communion plus proche. C’est l’exemple de ce qui s’est passé avec l’Eglise de Jérusalem. Les choses se sont faites naturellement selon les rencontres. Et pour subvenir aux plus défavorisés, les croyants mettaient leurs biens à disposition des apôtres pour qu’ils n’y aient aucun nécessiteux parmi eux.

« Là ou deux ou trois sont assemblés en mon nom je suis au milieu d’eux ». Voilà comment suivre Jésus quand il sera mort et ressuscité. Des jeunes convertis, avec des anciens se rassemblent pour que Jésus les guide. Où se trouve l’objectif de fonder un mouvement, de construire un bâtiment pour y apposé un nom ? L’enseignement de Mathieu 18 :20 est très épuré et laisse une liberté totale dans les regroupements de 2 ou 3 personnes. Un duo, un trio c’est déjà l’Eglise de Christ.

Ce que l’on remarque aujourd’hui des chrétiens, c’est plus leurs traditions, leurs emblèmes, leur nom, le nom de l’enseignant principal, leur monument, leur bâtiment que leurs actes. Ce que l’on remarque alors c’est plus une organisation humaine que l’œuvre du Saint-Esprit.

Si nous regardons aux Ecritures, nous constatons que des croyants viennent vers une personne qui annonce Christ pour se faire baptiser. Puis elles attendent le moment de recevoir le Saint-Esprit promis à tous ceux qui croient. Elles se rassemblent avec d’autres pour recevoir l’enseignement du Saint-Esprit. Des communautés se forment par-ci par là jusqu’à ce qu’une persécution ou une division arrive et provoquent un éclatement. Certains sont chassés, d’autres partent d’eux-mêmes, des nouveaux arrivent, d’autres sont empêchés d’entrer. Un peu partout, ceux qui croient se rassembleront à nouveau pour former de petites communautés.

 

En fait l’histoire biblique nous montre que les assemblées sont locales et qu’elles ne durent pas longtemps, dans leur état initial.  Comme avec les Corinthiens, les communautés sont fragilisées par des faux pasteurs et des faux docteurs. A causes d’eux, elles seront sujettes à la division.

Paul anticipe lui-même la division des corinthiens. On dirait même qu’il l’a prophétise.

1 Corinthiens 5 :11-13 « je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous. » En se séparant du méchant, idolâtre, cupide outrageux, l’église locale va faire peau neuve, mais pas seulement en se séparant du méchant, en se séparant d’une partie de ses fidèles.

Souvent le schisme est créé par un frère charnel. Il est charnel et refuse d’être repris et d’être considéré ainsi. Il s’endurcit. Mais ce frère jaloux séduit alors d’autres frères qui partiront avec lui. Paul le dit dans le texte que je viens de lire, il nomme ces êtres charnels des « ravisseurs ». Ils partiront pour former une secte ou bien ils iront compléter les membres d’une autre secte de croyants charnels.

Alors pourquoi j’emploi le mot secte ? Parce que la secte est un mouvement groupusculaire  au départ, qui va se consolider et croître à partir d'une ou plusieurs nouvelles doctrines religieuses, philosophiques. Mais surtout : ces nouvelles doctrines s’avéreront hérétiques.

Donc le ravisseur partira certes, mais attention : Afin de rester crédible et pour attirer à lui d’autres membres, il changera l’Evangile. Il empoisonnera « la saine doctrine ». Il confessera que la doctrine était incomplète ou fausse.

Irénée de Lyon dans son ouvrage « contre les hérésies » cite plusieurs sectes qui ont émergé dans les premiers siècles, a partie des premières communautés apostoliques. :

Les gnostiques, les valentiniens, les basilidiens, les marcionites. Vous le constatez, la plupart sont des noms de faux frères qui réfutent l’enseignement des apôtres ; mais qui se réclament comme les seuls vrais disciples de Jésus.

Eusèbe de Césarée notamment parle des ébionites. Cette dernière secte est née parce que des chrétiens voulaient une doctrine plus proche du judaïsme. A l’origine ce sont des judéo nazaréens qui ont migré vers ce groupe.

Quand aux marcionites, ce sont des chrétiens qui se sont joint à Marcion de Sinope. Marcion vint à Rome vers 140. Riche armateur, il eut des démêlés avec l'Église locale et en fut chassé en 144. Influencé par le gnostique Cerdon, Marcion fonda une Église fortement hiérarchisée qui rejette les livres de l’Ancien Testament et qui critique les Evangiles qu’il nomme : trop judaïsant. Il préfère l’Evangile de Luc qui n’est pas juif par ses origines. Ce qui est historiquement évident c’est le grand foisonnement de sectes qui s’est créé à partir de la première diaspora après la destruction du temple de Jérusalem. Et parallèlement en même temps que les 4 Evangiles paraissaient, d’autres évangiles ou d’autres écrits gnostiques voyaient le jour.

 

Si maintenant, ont étudie de près les 7 églises de l’Apocalypse. Force est de constaté qu‘elles ont toutes la même caractéristique. Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée  sont toutes infectées par de faux enseignants ravisseurs qui font des disciples. Pour chaque Eglise l’ange fait des reproches «  mais j’ai quelque chose contre toi » revient souvent. Ces reproches concernent celles et ceux qui créent des divisions, sans oublier, ceux qui tolèrent leur corruption dans l’Eglise.

Un principe général, si on peut en dégager un, serait plutôt : Dès qu’un groupe de disciples s’est formé le Saint-Esprit va être mis en danger par des mercenaires qui s’attaqueront à l’enseignement des apôtres.

Les disciples qui s’organiseront en secte chasseront le Saint-Esprit et nommeront leur nouveau groupe.

« Moi je suis de Paul, moi d’Apollos, moi de Céphas ». Je suis disciples d’un tel, etc. Dés sa première lettre Paul tire le signal d’alarme avec ce gendre de prise d’identité. «…puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? »(1 Corinthiens 3 :4).

Face à cette dérive « inévitable », aujourd’hui beaucoup se sont dits : pourquoi l’institution n’a t-t’elle pas prit le relais pour mettre fin à tous ces courants hérétiques ? Pourquoi ne pas stopper ce foisonnement d’Églises locales incontrôlables du 2ème et 3ème siècles pour en faire une et unique Eglise nationale ?

En occident, sous l’impulsion de l’empereur Constantin, c’est en 325 au concile de Nicée que l’Eglise se part d’un pavillon national, impérial et même universel. Avec le catholicisme, c’est l’Eglise universelle qui s’officialise et qui porte le nom d’universelle.

Le but étant de mettre fin aussi aux petites communautés locales et persécutées, et bien entendu de ne pas laisser à un petit groupe d’individus « La doctrine des apôtres ».

Celle-ci est précieuse, elle doit être protégée par l’Etat et encadrée et contrôlée par un concile qui dresse les contours d’un dogme officiel.

Alors la hiérarchie dans l’Eglise a été le moyen trouvé pour empêcher les hérétiques de prendre le pouvoir et d’empêcher que les sectes prennent de l’importance.

Mais voilà, cette forme d’organisation institutionnelle a produit ce qu’elle voulait défendre. Elle a produit le poison qu’elle voulait anéantir. Ses remparts se sont tournés contre elle. Bref, elle a engendré des hérétiques, comme de fausses doctrines et empêché le Saint-Esprit d’y vivre et d’y régner. Et Auguste Renan résume très bien l’histoire du christianisme  quand il affirme que : « L’Eglise est une secte qui a réussi ».

 

Face à ce constat négatif, L’Eglise de Christ est-elle finalement un échec ? Tout nous amenerait à le croire. Or, L’Eglise institution n’est pas qu’un échec. Par elle, les Ecritures ont été sauvegardées et les 66 livres de la Bible sont bien présents. Et puis, notre Père ne savait-il pas que les faux temples continueraient de croitre au détriment de la vrai Eglise ? Où se trouve cette Eglise dont parle Paul aux Ephésiens, cette « Eglise sanctifiée, glorieuse, sans tâche, mais sainte et irrépréhensible » ?

Alors comme à son habitude Jésus-Christ s’intéresse à la femme et à l’homme saint et non là où il se trouve. Dans les faits, la véritable Eglise, les vrais disciples, les bons et loyaux serviteurs se sont toujours trouvés au sein de ces institutions ou dans l’une de ces innombrables sectes. Ils s’y ont vécu leur Egypte à l’image des Hébreux ; c’est-à-dire, leur temps de mise à l’épreuve, de soumission forcée, et d’injustice.

Ces vrais disciples, cette vrai Eglise se voit dans la traversée du désert.

Dans l’Eglise d’Ephèse : ce sont ceux qui se sont souvenus d'où ils sont tombés. Ils se sont repentis pour pratiquer leurs premières œuvres;

Dans l’Eglise de Smyrne, ce sont ceux qui malgré la tribulation, ont été fidèles jusqu'à la mort.

Dans l’Eglise de Pergame, ce sont ceux qui se sont repentis d’avoir laissé les fausses doctrines les diriger.

Dans l’Eglise de Thyatire, ce sont ceux qui ont persévéré malgré le lourd fardeau engendré par les fausses doctrines et parce qu’ils ont retenu la vérité jusqu’au retour du fils de Dieu.

Dans l’Eglise de Sardes, ce sont seulement quelques hommes qui, parce qu’ils ont été vigilants et qu’ils ont veillé n’ont pas souillé leurs vêtements. Ils marchent en vêtements blancs.  

Dans l’Eglise de Philadelphie, ce sont ceux qui ont gardé la parole divine de la persévérance et qui ont été gardé à l'heure de la tentation (un petit rappel sur la tentation de Gethsémani (le pressoir à huile et sur le doute qui survient sur le peuple chrétien pendant une grosse épreuve)

Enfin dans Laodicée : Ce sont ceux qui après avoir été châtié et s’être repentis ont entendu la voix du témoin fidèle et véritable, eux qui lui ont ouvert la porte, laissé entrer chez eux, et souper avec lui, et lui avec eux. ».

Vous qui aimez Dieu, son fils et son esprit, fatalement vous vous reconnaissez ou vous vous reconnaitrez dans au moins une de ces Eglises.

Que le nom de notre Seigneur soit béni et que son Eglise reçoive paix, grâce et persévérance dans la vérité.

Amen

dimanche 24 mai 2026

"JE CHATIERAI LES BOUCS" (Bouc : une identité définitive?)

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Par Eric Ruiz

 

Jésus-Christ a cette ferme intention : dans un premier temps, de montrer les boucs et les brebis, puis ensuite de les séparer.


En fait, dans un même troupeau se côtoient boucs, chèvres, brebis. Ceux qui ont un instinct grégaire, qui suivent le troupeau sans se rebeller et sans exercer de violence sont les brebis. Leaders, individualistes, fonceurs, dominants, et agressifs se sont les boucs. Et pourtant, ce sont ceux qui ouvrent le chemin. Les chèvres feront comme les cabris de leur espèce, elles auront tendance à sauter les enclos pour passer de troupeaux en troupeaux
Dans toute organisation humaine et sociale il y a ce phénomène.
Alors : « 
quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, il mettra les boucs à sa gauche et les brebis à sa droite ».

Le bouc n’a pas bonne réputation. Il est nommé 50 fois dans la Bible. 50 : c’est uneidentité ; c’est le nombre biblique de l’identité.

La nature révèle le spirituel. Le bouc a l’identité d’un animal dominateur : Chèvres comme boucs sont plus individuels que les moutons. Les boucs ne parlent pas tout à fait le même "langage" social. Le bouc aura tendance à s'imposer naturellement pour l'accès aux meilleures places ou à la nourriture (au râtelier d’où l’expression très parlante pour les boucs : « manger à tous les râteliers » ; c’est l’image d’un animal qui va picorer partout, qui est sans loyauté ; il n’est pas fidèle à une seule source, il est opportuniste, il va partout où il peut tirer un avantage, cherchant constamment son propre intérêt. Les brebis, plus grégaires et soumises, lui laisseront la place sans chercher la bagarre. La brebis s'éloignera ou elle pliera les genoux devant le bouc. 

 

LE BOUC SYMBOLE DU MAL A EXPIER

 

Le bouc est aussi un animal de sacrifice et de jugement. Moïse l’utilisait pour le sacrifice d’expiation. Cet animal est toujours destiné à expier les fautes. Lévitique chapitre 16 nous décrit l’ordonnance du sacrifice d’expiation. Deux boucs étaient sacrifiés. L’un servait d’holocauste, l’autre était chassé du troupeau loin du camp dans le désert (le bouc émissaire). Il portait avec lui les péchés du peuple.

Le sang des boucs est symbole de sang impur, souillé par le péché. Ce sang rachetait les péchés du peuple. (Jésus-Christ s’est substitué au bouc prenant l’iniquité de tous sur lui). Pendant le sacrifice d’expiation, Aaron le souverain sacrificateur posait ses deux mains sur la tête du bouc vivant, celui destiné à l’exil et il confessait sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël. De même, celui qui avait la tâche de chasser le bouc devait laver ses vêtements, et laver tout son corps dans l'eau; avant de rentrer dans le camp.

 

A travers cet animal, nous voyons la confession des péchés comme leur purification par la mort et par l’exil de l’animal ; mais aussi la purification en se lavant des péchés comme lors d’un baptême de repentance. En Christ cette confession demeure et la prière et le renoncement aux œuvres mortes chassent très loin les démons qui s’agitent dans l’esprit humain.

Donc, dans la volonté de se séparer du mal, le bouc n’est pas anodin. Il symbolise le mal, le diable parfois même; ce mal qu’il faut expier absolument pour plaire à Dieu.

Spirituellement le bouc possède son identité propre et son jugement qui lui ait accolé.

 

LE PASTEUR BOUC

 

Ma colère s'est enflammée contre les pasteurs, Et je châtierai les boucs; » Zacharie10 :3

 

Il y a des boucs parmi les pasteurs. Des êtres dominateurs et pervers. Qui font passer leurs désirs avant celui du groupe. « Les devins prophétisent des faussetés, Les songes mentent et consolent par la vanité. C'est pourquoi ils sont errants comme un troupeau, Ils sont malheureux parce qu'il n'y à point de pasteur » (Zacharie10 : 2). La colère de Dieu n’est pas sans raison : Les boucs prennent souvent l'habit de brebis et parmi les brebis se cachent des boucs qui attendent leur opportunité pour agir ; Ou qui agissent en se forçant à faire comme les autres moutons, en attendant de se manifester tels qu’ils sont vraiment. Ils sont têtus et résistent à Dieu jusqu’à ce que Dieu les arrête et les châtie.
Dieu nous demande d'être prudents et patient. Car c'est lui qui fera le tri au moment opportun. « 
L’homme regarde à ce qui frappe les yeux mais l'Eternel regarde au cœur » (1 Samuel 16:7). Dieu laissera le pasteur bouc agir à sa guise car il conduira son troupeau là où est nécessaire qu'il aille: Dans des prés ou règnent l'injustice, l'oppression, la soumission forcée et la désolation pour finir.

Mais la partie n’est pas terminée pour autant. Car à partir de là, les cartes vont être rebattues par notre Seigneur. Il suscitera parmi les brebis suiveurs, des pasteurs, et il dénoncera les boucs imposteurs. Ils seront chassés du troupeau.

 

LA COMPLEXITE DE L’IDENTITE

 

Mais c’est lui, notre Dieu qui séparera le troupeau. Personne d’autres. Pourquoi ?

D’abord, parce que l’identité d’une personne est complexe. Elle est tellement difficile à cerner. Nous voyons des brebis là où se trouvent des boucs et inversement, nous jugeons trop précipitamment le mal chez un croyant.

Alors, c’est Dieu qui vient dans sa gloire trier. Il chasse les boucs, dévoile les mercenaires et s’empare d’une partie des brebis. Il rétabli un nouveau troupeau où les derniers seront les premiers. Dans l’Evangile de Jean 10, Jésus dans sa parabole montre que ceux qui ne passent pas par la porte sont « des voleurs et des brigands » qui ne cherchent qu’à dérober, égorger et détruire.

L’identité n’est pas une simple déclaration : Il ne suffit pas de dire ce que nous sommes ; comme « je suis chrétien » ou « je suis athée » ou « je suis pasteur ».

Il y a tellement de situations qui révèlent la dualité de notre identité :

1-     ce que vous faites, lorsque personne ne vous voit et qu’aucune récompense n’est attendue.

2-     Les excuses que vous utilisez continuellement pour vous justifier.

3-     Les vérités que vous refusez d’affronter sur vous-même.

4-     Ce à quoi vous revenez toujours, même après avoir essayé de changer.

5-     Tout ce qui vous met en colère ou vous touche profondément

6-     Ce que vous êtes prêt à sacrifier pour rester fidèle à vos engagements.

7-     La manière dont vous réagissez à la honte et à l’humiliation.

8-     La manière dont vous traitez ceux qui ne peuvent rien vous apporter.

9-     Ce que vous faites lorsque vous avez peur.

10-  Ce que vous faites lorsque vous avez du pouvoir.

11-   Qui vous admirez et ce que vous enviez chez les autres

12-  Ce que vous faites de votre souffrance : devenir plus conciliant ou plus dur.

13-  La manière dont vous aimez — ou dont vous évitez d’aimer ou haïssez.

 

Vous voyez, face à ces 13 manières d’agir, juger de l’identité demande de très bien connaitre l’autre et de très bien se connaitre soi-même aussi. Connaitre l’autre, se dévoile à partir de ses peurs, de ses contradictions et de ses réactions lorsqu’il est sous pression ou lorsque son pouvoir s’accroit. Pourquoi ? Parce que l’être humain est très souvent double.

Dieu connait les cœurs, et il ne fait pas de compromis. Il ne cherche pas à vous rendre un peu plus tolérant, moins colérique, à faire que vous admiriez plus ce qui est saint que profane.  Il veut changer en totalité votre identité. Pas pour en prendre une plus avantageuse mais pour que nous revêtions la sienne. Il va par conséquent vous faire passer par une nouvelle naissance spirituelle. Il ne gardera pas les boucs. Il en a horreur. Leur odeur forte l’insupporte. Ils sont faux. Ils font avec lui une fausse alliance. Ils font mine de se revêtir de son autorité pour mieux suivre leur voie corrompue.


LA BOUC : UNE PREDESTINATION QUI N’EST PAS IRREMEDIABLE

 

C'est là qu’une forme de prédestination existe.

 

Nous sommes des esprits incarnés. Et « nous avons péchés et nous sommes tous privés de la gloire de Dieu » (Romains3 :23). Alors, connaissant ce principe lié à la vie : Qui a été bouc et qui a été brebis ? Le hasard a-t-il influencé la distribution des rôles ?  Ou autre question plus pertinente : Quelle sorte d'ange avons-nous été avant d'être précipité dans des corps sur la terre ? Des leaders ou des suiveurs ? Des Lucifers, des porteurs de lumière ou des suiveurs de lumière ; des caractères de bouc ou des caractères de brebis ?

Ce que je crois vrai, en fait, la prédestination : c'est nous même qui l'avons provoqué. Nous l'avons provoqué quand nous étions des anges au service de notre Seigneur. Ce que nous avons manifesté a alors contribué à notre élection sur terre. Si nous étions des leaders assoiffés de pouvoir, nous cherchons naturellement à l'être sur terre. Alors bien-sûr dès que l’on parle de bouc, la prédestination, vient comme un couperet définitif. Il n’y aurait plus rien à faire. Mais la question : Dieu est-il seulement le Dieu du jugement ? N’est-il pas aussi le Dieu sauveur le Dieu du Salut ? Jésus-Christ a-t-il seulement donné sa vie pour ses brebis ? En d’autres mots : il ne sauvera pas les boucs, MAIS un bouc ne peut-il pas changer est devenir une brebis ? Lorsque son masque de brebis sera tombé, que l’imposture sera dévoilée, et qu’il aura reçu son jugement, ne peut-il pas devenir une brebis ?

 

Saul de Tarse avant de devenir Paul, n’était-il pas un bouc ?

 

En tous les cas, il en avait toutes les caractéristiques. Saul l’avoue : il était « animé d’un zèle excessif « (Galates 1 :14) ;

Lui qui était entêté, fonceur, en poursuivant inlassablement les chrétiens au-delà des frontières, jusqu’à Damas;

Lui, qui dominait du haut de son autorité de pharisien ;

Lui, qui défendait la loi comme un territoire sacré et

Lui, qui écrasait, persécutaient les chrétiens jusqu’à la mort, « Saul, respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur » (Actes 9 :1). Dieu l’a épargné. Plus encore, il l’a rendu apôtre des gentils.

 

Dieu n’a-t-il pas ce pouvoir de transformer l’âme, de chasser les mauvais esprits, et de briser les cœurs ? Sinon à quoi sert-il de naitre d’en haut si la nature charnelle demeure à jamais sa seule identité ? Celui qui affirme : «  je suis né bouc, je mourrais bouc », n’a pas encore connu le Seigneur.

Jésus devant l’homme riche, l’homme autosuffisant, a dit qu’il serait « difficile » d’entrer dans le royaume (en précisant que c’était comme de faire entrer un chameau dans une aiguille.) Mais Il n’a pas dit « impossible ».

Dans le peuple de Dieu, il y a toutes sortes de personnes saintes. Brebis et boucs s’y côtoient.

PSAUME 78 :71 :« Jacob son peuple et Israël son héritage ». Jacob est le peuple de Dieu. Et ce peuple est hybride, car cohabitent brebis et boucs. Mais Dieu sépare les uns des autres. Les boucs sont une race qui n’hérite pas des promesses divines. Esaïe 58 :1 « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, Élève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés! »


Alors, un détail qui n’en est pas un : Jacob et Israël sont la même personne. Mais avec un « sacré » changement toutefois.

-Jacob a acquis une identité forgée par la lutte ; c'est le caractère de celui qui se trouve justifié parce qu’il est fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham. Parce que ses aïeux ont bien insisté sur le fait que sa vie serait bénédiction. Jacob montre un caractère autosuffisant. Il veut la bénédiction promise. Il veut manger à tous les râteliers. Il refuse par conséquent d'être le frère cadet sans héritage. Il convoite les premières places celles que l'on garde pour les aînés. Il domine son frère en le volant. Mais il domine aussi son père Isaac en le trompant. Jacob s’associe avec sa mère pour monter un stratagème et s’emparer de la bénédiction d’Isaac. Jacob c'est celui qui supplante, qui trompe. Le refus de perdre est central chez lui. C'est un vrai bouc. Il incarne complètement cet animal et l’impureté qui va avec. Les autres membres de sa famille, il les voit comme des brebis qui doivent se soumettre à lui, à lui le bouc.

Or, son jugement repose sur lui et il ne tardera pas à le recevoir.


-Israël quant à lui a été transformé par les épreuves et le chaos. Il est devenu par la souffrance docile comme un agneau.  Et quelle souffrance ! Tout bascule au gué de Jabbok. Où en retrouvant son frère Esaü Il croit y perdre toute sa famille. Au matin, blessé à la hanche, en luttant avec Dieu, il deviendra Israël, mais boiteux ; Avant cet épisode sa rencontre amoureuse avec Rachel tournera à une forme d’esclavage. blessé dans sa relation. Il perd le contrôle, et se fait manipuler à son tour. il mettra 14 ans pour obtenir la main de Rachel en étant soumis au bon vouloir de son oncle Laban.  Rachel sera longtemps jalouse et stérile. Puis elle mourra juste après la naissance de Benjamin. Son unique fille Dina sera déshonorée par Sichem un chef Cananéens. Sans compter les décennies où il a cru son fils préféré de tous, Joseph, mort.  Avec les épreuves, et les nombreuses années de souffrance, Israël s’est adoucit. Il n’est plus le « leader individualiste et voleur du début. Maintenant il ne se suffit plus à lui-même. Il plie les genoux devant Dieu et attend de lui son secours.
Il est alors prêt à faire partie de l'héritage de Dieu. Jacob héritera mais en devenant Israël.

D’Israël, et de Juda en particulier sortira Jésus de Nazareth. « Un rédempteur viendra pour Sion, Pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, Dit l'Éternel ».

 

 En conclusion :

Le bouc sera sauvé en devenant brebis comme Jacob a été sauvé en devenant Israël. Ainsi nous ne devons pas juger celui qui agit comme un bouc, comme à l’inverse celui qui agit tel un agneau avec une bienveuillance qui peut être trompeuse. Le fait d’agir comme un bouc ou une brebis ne fait pas de nous des êtres perdus ou sauvés. Parmi ceux que nous croyons perdus, prions pour que de bouc ils deviennent brebis du Seigneur. Prions pour que ce temps difficile traversé par le peuple de Dieu aboutisse à de nombreuses conversions. Que tous ces boucs et leur autosuffisance soient mis à terre devant notre Seigneur pour qu’ils entendent le son de la trompette du rassemblement et naissent véritablement d’en haut.

Amen