dimanche 21 juin 2026

LE MENSONGE DERRIERE LA VERITE

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Par Eric Ruiz

Encore un sujet tabou. Encore un sujet que bien peu abordent par peur que la vérité soit dévoilée. Les menteurs à l’esprit religieux ont intérêt à ce que beaucoup de sujets soient tabous et le reste ainsi.


Dés que la lumière pointe sur eux, ils se cachent, car ils ont peur qu’elle montre leurs ténèbres. Ils vont même pour ne pas attirer les soupçons parler du sujet tabou. Ils vont le traiter d’une telle manière que l’opprobre atteindra une autre personne qu’eux-mêmes. C’est une manière habile qu’ils ont trouvé pour se protéger. Ils mentent afin de détourner l’attention.

Un sujet tabou trop souvent mal traité: La parole de vérité.

 

Ce n’est pas ce que dit la parole seule qui est vérité. C’est le fait de vivre la parole qui est vérité. Il est tellement facile d’affirmer que celui qui dit la vérité est saint. Qu’il est digne de louange. Qu’il est rempli de courage et de zèle parce qu’il annonce l’Evangile en toutes circonstances, favorables ou non. On croit que celui qui prêche, qui est sous la lumière est forcément purifié, parce qu’il est oint. Comme si la mission divine qu’il a reçue fait de lui un protégé du Seigneur, un Elu.

Mais Dieu ne connait pas tous ceux qui chassent les démons, qui font des miracles en son nom, ni tous ceux qui prophétisent en son nom.

***Or, si un chrétien ne vit pas ce qu’il dit, c’est un menteur. Il ment parce qu’il trompe les autres sur ce qu’il dit et qu’il ne fait pas lui-même.

De nos jours, des foules se réunissent derrière des orateurs (ou des oratrices ne les oublions pas) qui annoncent la parole de vérité. Ils suivent le plus souvent des menteurs. Celui qui ne vit pas ce qu’il dit est incohérent, hypocrite, plus même il a renié sa foi.

Voici 6 versets pour appuyer mes propos :

1 Jean 1 : 6 « « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons. » 

1 Jean 2 :24 : » « Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur. » 

Tite 1 :16 : « Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renient par leurs œuvres. ».  Jacques 2 :17 : «  La foi, si elle n’a pas les œuvres, est morte en elle-même. »

Matthieu 23 :3 : « « n’agissez pas comme eux, car Ils disent et ne font pas. ».

Matthieu 15 :7-8 « Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit:Ce peuple m'honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi.

Tellement de chrétiens voient clairs devant un homme politique corrompu. Ils affirment qu’il est menteur parce qu’il annonce un programme qu’il ne fait pas ; parce qu’il dit qu’il va s’occuper des plus démunis et qu’il s’occupe des plus riches, et les voilà qui disent ensuite «  Amen » derrière les paroles d’un homme de foi qui est corrompu de la même manière. L’aveuglement spirituel est un mystère. L’idolâtrie  demeure la seule réponse à ce mystère. ***L’idole ne rend pas celui qui croit lucide et cohérent. L’idole fait du croyant un fou, un insensé. Il se refuse à voir l’évidence dans son assemblée, alors qu’il est lucide sur la corruption qui s’y fait à l’extérieur.

Sans me voir meilleur que les autres, cette contradiction,  je l’ai eu moi aussi. Combien de fois ai-je dis « Amen » à un menteur. Combien d’années ai-je approuvé le mensonge chez celui qui m’enseignait ?  Je ne voulais pas voir le mal qui était dans l’homme qui me dirigeait. Pourquoi ?

Je crois, parce que cela remettait en cause trop de choses dans lesquelles j’avais placé ma confiance. En voyant le mensonge chez mon prochain je découvrais en même temps mon propre reniement. Mais quand Christ est revenu dans ma vie, il m’a ouvert les yeux et la première chose que j’ai changé, ce n’est pas de chasser le menteur ou de condamner l’imposteur. C’est de chasser le mal qui était en moi. Puis j’ai été reprendre avec douceur et fermeté celui qui me dirigeait.

***Alors, révéler la vérité c’est bien évidemment  révéler l’imposture, le mensonge, et en premier c’est soi-même qui doit  être visé.

 

Le premier combat des communautés apostoliques a été de veiller sur la vérité. Et de quelle manière l’ont-ils fait ? Ils ont comme Jésus l’a fait avant eux, en dénonçant l’hypocrisie au sein de leurs assemblées.

1 Jean 3:18 « N’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. ».

Romains 12:9 : « Que la charité soit sans hypocrisie. » Le mot grec pour "sans hypocrisie" (anupokritos : [an-oo-pok'-ree-tos]) signifie littéralement "non déguisé, sans jeu d'acteur", l’amour vrai, agapé était déjà attaqué par un comportement de personnes fourbes et masquées.

1 Corinthiens 13 :1 : « si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ». Un amour fraternel mêlé d’hypocrisie est comparable à un morceau de métal frappé qui produit un son très fort, éclatant et spectaculaire par sa résonnance. Mais il ne transmet aucun sentiment, aucune vie, aucune affection. On peut impressionner les autres par ses paroles, ses connaissances ses dons, ou même sa foi, mais la vérité c’est que sans amour cela reste un bruit vide. Beaucoup de bruit pour pas grand chose sans communion véritable avec Dieu.

Galates 6 :1-5 « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté…. Si quelqu'un pense être quelque chose, quoiqu'il ne soit rien, il s'abuse lui-même. 4Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; 5car chacun portera son propre fardeau.»   

Un seul verset sur l’autre, sur le frère qui pèche et 4 versets sur soi-même. Là aussi il est tellement facile de mettre la lumière sur la faute de l’autre. Mais dans le contexte, Paul continue à exhorter davantage celui qui a vu la faute, celui qui surprend son frère à pécher. Paul continue son exhortation en soulignant l’importance de prendre garde à soi-même, de veiller sur la tentation pour qu’elle ne nous touche pas elle aussi. Tant de gens ont montré du doigt l’imposteur, sans voir qu’ils tombaient eux aussi dans le même péché. Ils se croient quelqu’un. Ils se croient même plus fort que celui qu’ils ont repris.  Jésus nous a montré l’exemple de Simon Pierre qui affirme solennellement sa piété et sa fidélité en étant prêt à donner sa vie pour Jésus, mais qui par trois fois le reniera ensuite.

1 Jean 4 :20 : » Si quelqu'un dit: J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; ».

Dans l’Eglise primitive la haine des frères était déjà présente. Mais là aussi sous prétexte de dénoncer le péché, de dire la vérité sur son frère, on se montre soi-même menteur parce qu’au fond de soi on exclue son frère de la communion. Parmi les premiers frères en Christ certains comme aujourd’hui essayaient de cacher leur vrai visage. Ils haïssaient sous un visage hypocrite d’amour et de bienveillance. C’était sans doute les premiers à reprendre les autres et à dire que si on aime Dieu on ne peut haïr son frère. Hors, sournoisement ils manifestaient un rejet pour certaines personnes.

3Jean1 :11 «Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu; celui qui fait le mal n'a point vu Dieu. ». 

Là encore la vérité se trouve dans l’action. Agir c’est se placer sous la lumière. Voir Dieu consiste à faire le bien, pas seulement avec des mots.

L’hypocrite, et son jeu de masque, c’est un personnage que j’avais montré dans un message avec la pièce de Molière sur « Tartuffe ». Le théâtre est bien plus qu’un simple divertissement. Il permet de saisir la puissance du jeu d’acteur. Celle-ci transforme la réalité comme par magie puisqu’à un moment donné on ne voit plus l’acteur, mais un personnage réel. La vie est faite de pièces de théâtres où évoluent sans cesse des personnes qui jouent un rôle qui n’est pas le leur. Un rôle qui séduit leur entourage. La vie chrétienne n’a bien-sûr pas échappé à la règle. Pour échapper au mensonge nous devons être « un » avec nous-mêmes avant d’être « un » avec notre Père céleste.

Un menteur, même s’il proclame la vérité ne sera qu’un instrument dans les mains de Dieu. Jamais dans cette condition, il ne parviendra à entrer dans l’intimité du Seigneur, qui lui dira : « je ne t’ai jamais connu ».

Je ne cesse de le dire mais l’intégrité est un gage qui nous ouvre le chemin du royaume de Dieu. J’ai fais référence à environ quinze versets sur la vérité dite et vécue ; et le Nouveau Testament grouille de cette sorte de versets.

L’Eglise primitive était-elle sourde à ce point là, qu’il faille répéter sans cesse les mêmes avertissements ?

Jésus avec la parabole sur la maison bâtie sur le sable insiste encore et encore: « quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. 27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande.».

C’est le même avertissement que pour l’Eglise de Sardes dans le livre de l’Apocalypse : « : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. »  Ce constat rejoint celui de Jésus : tu es semblable à un insensé qui a bâti sa maison sur le sable. Tu ne résisteras pas aux épreuves, ta ruine sera grande. Apparemment à Sardes, nombreux sont ceux qui proclament qu’ils ont la vie en Christ mais le constat est à l’opposé : ils sont morts spirituellement.  Là encore l’Evangile de Matthieu est sans appel avec le témoignage de Jésus : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts »

L’Eglise de Philadelphie cache aussi en elles des menteurs : « Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; » 

L’Eglise de Laodicée renferme des menteurs devenus aveugles : « je te conseille d'acheter de moi, ….un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. » Dans cette assemblée ceux qui sont aveuglés spirituellement forment la majorité. L’avertissement commence par ce constat : « parce que tu es tiède, je te conseille… ».

Je pose la question suivante : l’Eglise d’aujourd’hui est-elle supérieure à celle des débuts ?

A-t-elle progressé au point d’affirmer que partout les croyants sont bouillants, les uns pour les autres. Qu’ils ont mis en pratique les paroles de Jésus. Qu’ils n’y a aucune différence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font ? Qu’ils ont chassé l’esprit d’hypocrisie et que maintenant ils sont tous vrais et intègres.

Suis-je complètement à coté de la plaque avec cette exhortation que j’ai déjà faite maintes fois ? Dites-le moi dans les commentaires.

Parce que je sens l’Esprit Saint au contraire me pousser dans l’autre sens, comme s’il y avait urgence à annoncer que beaucoup dans l’Eglise se sentent vivants et sont en réalité morts spirituellement.

Mais revenons aux sources : d’où provient cet esprit de mensonge ? Adam en est-il le fautif ? Le péché certes est entré par un seul homme Adam,(Romains 5:12) mais le mensonge n’était-il pas déjà là, bien avant lui ?

Oui puisque le père du mensonge c’est Satan, le serpent ancien. Le serpent est donc cet esprit maléfique qui a séduit Adam. » Vous ne mourrez point; » dit-il à Adam et Eve. Mais cette parole mensongère devait non seulement être crue mais aussi manifestée par un acte. » La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, » Le mensonge se consomme comme un fruit, un fruit agréable et qui plus est, il se partage à plusieurs et il possède la qualité de rendre intelligent. Le mensonge permet de séduire et d’attirer à soi une multitude de personnes. Il permet l’idolâtrie parce que l’acteur s’est confondu avec le personnage qu’il joue. Il devient le véritable héros, la star. Celui qu’on ovationne, qu’on applaudit. Donc le mensonge est associé directement à l’idolâtrie qui est son fruit véritable si on peut parler ainsi. 

Dans les faits, Adam devait garder le jardin. Mais garder de quoi ? Garder du mensonge. C’est le mensonge qui y est entré et c’est lui qui a été consommé. Et sa consommation entraine la mort. Le diable est meurtrier dès le commencement. Donc le mensonge n’est pas une petite erreur. C’est le diable qui est « menteur et qui est le père du mensonge. Parce qu’il n’y a pas de vérité en lui », c’est ce que nous informe Jésus-Christ, par l’Evangile de Jean. Cet esprit était là avant même que l’homme fait à l’image de Dieu naisse sur terre. Et aujourd’hui c’est toujours l’ennemi numéro 1 des croyants. C’est bien lui qui ne cesse de tenter l’être humain.

Voilà pourquoi je crois que nous sommes dans une ère de mort spirituelle. Je vois tellement de chrétiens qui disent et qui ne font pas ce qu’ils disent. Gardons nous du mal, prions et agissons les uns envers les autres avec ce souci constant d’être vrai, authentique de la tête aux pieds, des paroles aux actes. Comme l’écrit l’auteur de la lettre aux Hébreux :

 « Approchons-nous avec un cœur sincère ( anupokritos, sans hypocrisie), dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure. » 

Christ est la vérité. Si nous sommes comme Christ, nous sommes ses frères, donc nous sommes aussi vérité. Le mensonge reste attaché à celles et ceux qui refusent cette fraternité et optent pour l’idolâtrie.

Amen

dimanche 14 juin 2026

QUI SONT CES SERVITEURS, CES OINTS QUE DIEU UTILISE MAIS QU’IL NE CONNAIT PAS ?

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Par Eric Ruiz

 Il y a des choses qu’on ne parle pas, qu’on n’ose aborder parce qu’elles touchent au sacré. Et le sacré fait peur.  Parce qu’on se trouve sur la frontière entre la bénédiction et la malédiction. Si bien que le sacré engendre des tabous.

Ecoutez celui-ci :

Je pense que beaucoup de chrétiens sont « utilisés » par Dieu parce que Dieu ne les connait pas. 

J’ai beaucoup entendu cette affirmation provenant de frères chrétiens. Cela me choquait même quand ils témoignaient ainsi : « Dieu m’a utilisé ». « Il m’a utilisé pour faire le bien, il m’a utilisé pour prêcher la bonne parole, il m’a utilisé dans mon travail etc ».

Mais la loi du miroir fait que ce que nous voyons de l’extérieur est notre propre reflet, alors ceux qui témoignent de l’utilisation divine le font aussi pour les autres. Ils se servent des autres pour leur projet. Ceux qui manipulent seront eux-mêmes manipulés. La politique ou la religion ont le même but : « c’est l’art de se servir des gens ». Or ceux qui utilisent les autres ne font pas parti des bien aimés du Seigneur.  

« 21Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? 23Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité ». (Matthieu 7 :21-23)

 

1-    Dieu « n’utilise » jamais celui qui fait sa volonté

 

Alors, j’affirme que Dieu « n’utilise » jamais celui qui fait sa volonté. Par contre et c’est là que provient la confusion, Dieu « utilise » celui qui commet l’iniquité (Quelque soit sa croyance) afin d’exécuter ses desseins. Psaume 9 :16 : « L'Eternel se montre, il fait justice, Il enlace le méchant dans l'œuvre de ses mains ».

Un des exemples les plus frappants de la Bible se trouve au moment de l’Exode des Hébreux.

Lors de la sortie d'Égypte (l'Exode), après dix plaies terribles, les Égyptiens étaient historiquement les oppresseurs et les ennemis des Hébreux. Pourtant, au moment du départ, Dieu changea radicalement leur cœur en inspirant aux Égyptiens une immense générosité envers leurs anciens esclaves.

Exode 12:36

« L'Éternel fit trouver grâce au peuple aux yeux des Égyptiens, qui répondirent à leur demande. Et ils dépouillèrent les Égyptiens. » (Ils leur donnèrent de l'or, de l'argent et des vêtements, ce qui a permis plus tard de construire le Tabernacle au désert).

 

La Bible montre que Dieu ne dépend pas de la piété d'un être humain pour faire le bien ; Il sait incliner le cœur des plus rebelles, le plus souvent même à leur insu, pour que Sa volonté et Sa bonté s'accomplissent.

 

Dans l’exemple que j’ai pris, le dessein de Dieu est de libérer son peuple  de l’oppression et de lui donner ce dont il a besoin pour réaliser les projets divins. Dieu a utilisé (et disons-le manipulé) le peuple oppresseur en l’inspirant malgré lui à faire le bien.

Et que dire du prophète Balaam qui commet l’iniquité, qui est attiré par l'argent et qui veut prononcer des malédictions ? Mais à chaque fois qu'il ouvre la bouche, l'Esprit de Dieu prend le contrôle de ses paroles pour lui faire prononcer des bénédictions  sur les Israélites. N’est-il pas utilisé par Dieu ? Lisons Nombres 23 :11-12 « Balak dit à Balaam: Que m'as-tu fait? Je t'ai pris pour maudire mon ennemi, et voici, tu le bénis! Il répondit, et dit: N'aurai-je pas soin de dire ce que l'Eternel met dans ma bouche? ». Balaam prophétise au nom de l’Eternel quoique son cœur commette l’iniquité.

Encore un autre exemple : Cyrus le Grand : L'empereur païen qualifié de « Messie » par Esaïe. Dans le texte original en hébreu, le mot utilisé est Mashiach (מָשִׁיחַ), qui a donné « Messie » en français. Dans nos Bibles modernes, il est le plus souvent traduit par le mot «oint » (celui qui a reçu l'onction d'huile, signe d'une mission divine).

Ésaïe 45:1

« Ainsi parle l'Éternel à son oint, [Messie],  à Cyrus, qu'il tient par la main pour terrasser les nations devant lui ». C'est sans doute l'exemple le plus spectaculaire. Cyrus était le roi de Perse, un adorateur des dieux babyloniens et perses (comme Marduk). Pourtant, Dieu l'a inspiré et utilisé pour libérer le peuple juif en exil et sonner de la trompette pour que le peuple de l’Eternel rebâtisse le Temple de Jérusalem. C’est quand même un cas unique  et je tiens à le souligner : Cyrus est un roi païen qui n’est pas descendant d’Israël ou de Juda.

Le livre d'Esdras confirme que c'est Dieu lui-même qui a agi directement sur l'esprit de ce roi païen :

Esdras 1:1

« L'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume...».

2-    Dieu « utilise » ceux qu’il ne connait pas

 

Avec ces exemples, nous voyons que Dieu peut oindre pour un temps un ennemi pour qu’il fasse sa volonté, puis le laisser. Il est oint pour un temps imparti pourquoi ? Parce que cet ennemi ne se converti pas et qu’il persévère dans ses mauvaises voies. L’onction réveille, inspire, provoque un changement d’état d’âme, une très forte détermination. Mais parfois en vue d’une seule mission divine. La mission terminée, chacun répond de l’état de son cœur. Si l’iniquité y est bannie, alors la mission de Dieu peut changer et l’onction continue d’exister autrement. C’est pourquoi, Dieu ne se repend pas de ses dons. Si des croyants aspirent et prient pour diriger un peuple. Dieu les oints pour cela. Ils deviennent évêque, pasteur, apôtre, prophète. Leur mission terminée, s’il se trouve de l’iniquité en eux, Dieu se retire, l’onction les quitte ; sauf s’ils se sont repentis et convertis. Oui on peut agir pour le Dieu de la Bible sans le connaître et ce fut le cas de Cyrus. « Ésaïe 45:4-5

« Je t'ai appelé par ton nom, je t'ai donné un titre d'honneur, alors que tu ne me connaissais pas. [...] Je t'ai armé, avant que tu me connusses... ». Pour résumer l’ennemi reçoit une onction différente de l'onction de celui qui fait sa volonté.

 

3-    Dieu utilise les uns, il guide les autres

 

Alors, pour celles et ceux qui font la volonté de Dieu, si Dieu ne les utilisent pas, comment agissent-ils alors?

Par leur libre-arbitre ? En fin de compte, l’inspiration que Dieu leur donne n’est-elle pas elle aussi un moyen détourné d’être un simple outil dans les mains de Dieu ?

Quand on utilise un objet. Quand on se sert de lui. On ne lui demande pas son avis, on le prend pour exécuter la tâche que l’on souhaite. On tire un avantage de cet outil par ses qualités. Mais alors, Dieu n’a-t-il pas utilisé l’apôtre Paul à sa guise dans ses voyages ?

Parce que : « Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit: Ne crains point; mais parle, et ne te tais point, 10Car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal: parle, car j'ai un peuple nombreux dans cette ville. 11Il y demeura un an et six mois, enseignant parmi les Corinthiens la parole de Dieu » (Actes 18-9-11).

Dieu ne l’a pas utilisé pourquoi ? Parce que Paul n’est pas un simple exécutant. Il est guidé. Sa vision en témoigne. Il n’a jamais été contraint d’aller vers les Corinthiens. Dans ce contexte, Dieu ne lui a pas donné d’ordre, ni de mots précis à dire. Il ne lui a pas dit d’y rester un an et demi. Dieu se sert juste d’une vision, oui certes, mais afin de fortifier Paul. Dieu guide Paul parce qu’il marche avec lui. Guider quelqu’un demande une proximité avec lui, une communion, des qualités propres à l’amitié. Si bien que Paul a eu le désir, l’envie de se rendre à Corinthe. Et son enseignement provient de l’inspiration. D’où provenait cet aspiration ?

Il y a une phrase que Jésus de Nazareth a employée et qui révèle la vérité :

« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître TOUT ce que j'ai appris de mon Père. » (Jean 15 :15)

L’ami possède « toute » la connaissance venant du Père. Cela signifie qu’il connait véritablement les projets de Dieu.

« enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde ». Cette partie du verset de Mathieu 28, met en évidence deux choses.

-La première chose : c’est d’enseigner « tout ce que Jésus le Messie a prescrit». Ce « tout » s’arrête où exactement ? (Sachant que beaucoup de choses demeurent cachées, ou qu’elles sont sujettes à interprétations comme avec les paraboles, ou encore que ce sont des choses que le Nouveau testament n’a pas révélées).

-La deuxième chose : c’est la réponse à ce « tout ». Jésus est avec nous jusqu’à la fin du monde pour nous révéler ce « tout ». Son Saint-Esprit est la source inépuisable de connaissances.

Et puis, le Saint-Esprit n’agit pas dans une relation de « maitre à serviteur » mais dans une relation « d’ami à ami » : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande ». (Jean 15 :14) ; Et la relation va même au-delà de l’amitié puisque grâce à Jésus-Christ nous devenons fils, et cohéritier avec lui.

Par Jésus-Christ,  la droite du Trône est promise à l’agneau, à celles et ceux qui ont le caractère de Dieu en Jésus-Christ. Alors l’onction du Saint- Esprit promise à ceux qui croient par Jésus n’est pas la même onction que celle qui s’offre à un homme pour qu’il serve Dieu et qui est utilisé et missionné pour un but bien précis.

4-    Utilisés et guidés dans une même assemblée ?

 

Sachant comment Dieu s’y prend, il est évident que dans toute assemblée chrétienne, il y a des frères qui sont utilisés par Dieu et d’autres qui sont guidés parce que nés d’en haut et qui sont sous l’inspiration du Saint-Esprit.

Dieu agit comme la religion le fait : « c’est l’art de se servir des hommes en leur faisant croire qu’on les sert ».

Or, le but n’est pas de chercher qui est qui. Mais, il est bon de savoir que même le pasteur mal intentionné, rempli d’iniquité fait la volonté de Dieu parce que Dieu l’utilise. D’ailleurs il est conscient d’avoir reçu une onction spéciale pour une mission. Nous comprenons alors pourquoi nous ne devons pas juger. Car nous devons laisser Dieu agir dans l’assemblée. Et c’est lui et lui seul qui jugera sa maison. Jésus connaissait dès le début Judas Iscariote celui qui allait le livrer. Il était utilisé par Dieu le Père. Jésus le savait et il ne s’y est jamais opposé.

Alors, quand on pointe un « grand réveil spirituel ». Il est toujours sage d’y mettre des guillemets.

Parmi ceux qui réveillent et se réveillent, il y a ceux qui sont utilisés par Dieu malgré leur iniquité. Ils ne sont que des instruments de justice. Et ils sont nombreux les Cyrus, les Balaam, les Egyptiens compatissants prêts à se dépouiller de tout ; les Assyriens qui se ventent d’avoir conquis le monde par leur propre force. Alors que Dieu leur rappelle qu'ils n'ont été qu'un outil jetable dans Sa main pour punir d'autres nations (Esaïe 10 :15). Ceux qui sont de simples outils dans la main de Dieu représentent la porte large et spacieuse qui mène à la perdition. La porte étroite qui mène au Royaume : c’est celle des vrais convertis, de ceux qui marchent par l’esprit et non par la chair.

 Toutefois, nous avons des indices sur celui qui témoigne toujours d’être un simple instrument dans les mains de Dieu. Cette personne est très légaliste et moralisatrice. Elle ne cesse de se protéger avec la loi. Elle oriente toujours l’autre vers l’obéissance. « Tu dois obéir pour être malléable entre ses mains ». Ce type d’exhortation renvoie constamment au rôle de serviteur. Concevoir Dieu comme un maitre et sa foi comme étant au service du maître, cela montre une soumission forcée et un statut imposé par le maître. Jésus-Christ est venu révéler le serviteur mais aussi l’ami, l’épouse. Le serviteur est sous la loi même s’il parle beaucoup de la grâce. L’ami, l’épouse parle peu mais agit avec la grâce de Dieu. Le premier ne fait qu’en parler, tandis que le deuxième l’exprime à travers ses actes.

Alors si Dieu t’utilise, c’est bien, parce tu fais sa volonté, et souvent à ton insu. Mais le salut est attaché à celui qui aime Dieu. L’aimer c’est beaucoup mieux. Cela n’a même aucune comparaison possible. Lui ressembler et agir selon ses aspirations, c’est un partage et une joie inégalée.

Nous  devons, par conséquent, juger nos cœurs pour savoir si nous avons ce sentiment fort d’être un outil dans les mains de Dieu, ou si nous sommes guidés par notre nouvelle nature qui nous amène naturellement à pratiquer des œuvres justes. Parce que rien n’est encore déterminé. Un serviteur de Dieu peut changer est devenir l’agneau de Dieu. Un moabite peut être rajouté au bois de Juda (C’était devenu une réalité avec Ruth).  Alors prions pour avoir les yeux ouverts sur notre relation à Dieu, même si nous sommes certains de faire sa volonté.

Amen.

dimanche 7 juin 2026

COMMENT ETRE UN MEMBRE ACTIF DE l’EGLISE ?

 622

Par Eric Ruiz

 

1.     L'illusion de l'activisme religieux

 

Quand on se demande ce qu’un disciple doit faire dans son assemblée : comment peut-il y être un membre actif ? Presque instinctivement, la réponse vient comme une récitation liturgique. Là aussi, doit-on suivre ce qui se voit dans les dénominations religieuses ?

On attend d’un chrétien généralement qu’il annonce l’Evangile à l’extérieur du bâtiment et qu’il participe à la vie de son assemblée et à son fonctionnement. Ainsi, un membre actif pourra être sollicité pour l'accueil des nouveaux venus, la louange, la musique, le chant, le placement des fidèles, la distribution de tracts ou de recueils de chants, la gestion du matériel informatique, la sonorisation, ou encore l'assistance au prédicateur. Il pourra également participer aux campagnes d'évangélisation, à la distribution ou à la vente de brochures, ainsi qu'à la préparation des repas lors des agapes.

Le livre des Actes, comme les différentes Epitres, ne renvoient à aucune organisation spécifique, ni aucun rite à part celui du baptême et du Saint-Esprit. Dieu a établi un ordre dans les ministères. C’est ce que Paul explique dans la lettre aux Éphésiens (4:11-12). Dieu a donné des ministères comme « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs, « pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ. »

 La notion de membre actif dans la Bible n’a pas vraiment de similitude avec ce que les différents courants chrétiens considèrent importants aujourd’hui.

 

2.     L'Église de Thessalonique : Le modèle du disciple actif

 

Examinons de près l’Eglise de Thessalonique qui est encensée de louange pour son zèle dans la foi : « Nous rendons continuellement grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous dans nos prières, 3nous rappelant sans cesse l'œuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père en sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l'Achaïe.  » .

Quoi alors de plus judicieux que de prendre exemple sur cette Eglise modèle pour élucider ce que les rédacteurs de cette épitre considèrent comme ce qu’est un membre actif. Dans cette épitre  Le souhait fort est le suivant : « exhortez-vous réciproquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites ». Ce souhait fait appel à 14 faits concrets, qui sont aussi des prières.  On les trouve à la fin de l’épitre, dans 1Tessaloniciens 5, à partir du verset 12 jusqu’au verset 22.

3.     Les 14 clés du service par l'Esprit

 

« Nous vous prions, frères, d'avoir de

1.     la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. 13Ayez pour eux beaucoup d'affection, à cause de leur œuvre ».  

D’abord : Pourquoi aucun nom n’est cité directement ? Ceux qui  travaillent, qui exhortent, qui dirigent ont reçu un ministère. Ils sont plusieurs puisqu’il est question  de « ceux qui vous dirigent ». Mais on ne sait rien d’autres. Le "dirigeant" est souvent celui qui ouvre la porte de sa maison ou un ancien respecté pour sa maturité spirituelle. Les réunions se font dans les maisons (comme chez Jason qui a accueilli Paul lors de son passage tumultueux à Thessalonique dans Actes 17:5). Alors, est-ce un hasard ou un oubli que personne, pas même Jason ne soit cité ici ? Pour rédiger cette épître, ils étaient trois à se concerter : Paul, Silvain, et Timothée. Je crois que s’il n’y a aucun nom de citer, c’est en toute logique parce que personne n’est idolâtré. Personne n’est placé sur un piédestal. Personne ne passe au-dessus des autres. Ce n’est pas l’Eglise d’un tel, ou d’un tel, c’est l’Eglise locale de Thessalonique. Le niveau d’amour fraternel est le même pour chacun. Nous sommes sans que cela soit dit explicitement dans une relation horizontale. Aucune hiérarchie. Paul l’écrit de cette manière au chapitre 4 : 

«9Pour ce qui est de l'amour fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres, et c'est aussi ce que vous faites envers tous les frères dans la Macédoine entière. ».  En écrivant : » vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres »,l’enseignement du Saint-Esprit est encore plus évident. 

L’enseignement à s’aimer ne provient pas d’un frère plus inspiré qu’un autre, qui aurait enseigné l’amour de Dieu. Alors, l’affection, la considération pour ceux qui dirigent doit naitre de l’Esprit Saint et non des sentiments humains, car ils sont sujets à trop de variation. Concrètement Christ doit rester «  la tête du corps de l'Église » (Colossiens 1:18).

2.     « Soyez en paix entre vous. » (2ème fait concret, 2eme prière)

La paix n’est pas juste un objectif ou un slogan. C’est une réalité «  heureux ceux qui procurent la paix car ils seront appelés fils de Dieu » dit Jésus. La paix c’est l’évangile. Un évangile qui montre concrètement où sont les fils de Dieu. Jésus-Christ nous donne sa paix, une paix différente du monde, alors partageons-la en premier entre frères. La bénédiction est pour ceux qui favorisent la paix entre les frères.

3.     « Nous vous en prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, » (3ème fait concret, 3ème prière)

Lorsque Dieu nous demande de veiller, ce n’est pas que sur nous-mêmes. Nous devons veiller sur notre prochain. Et à la moindre alerte nous l’avertissons du danger. Alors, il va s’en suivre des avertissements envers ceux qui auront perdu l’ordre établi par l’Evangile. Et quelle est cette  forme de désordre ?  Celle de ne plus assumer ses responsabilités dans l’organisation de l’Eglise ? Ou bien n’est-ce pas plutôt : pour ceux qui ne se préoccupent plus que de leurs petites affaires ; qui n’ont plus de sensibilité pour le nécessiteux. Ou encore ceux qui aspirent à la hiérarchie. Qui souhaite établir une échelle des pouvoirs. Alors, avertir des dérives visibles, c’est veiller sur son frère. C’est le sauver des malheurs, et c’est agir pour le corps de christ.

4.     « consolez ceux qui sont abattus, » (4ème fait concret, 4ème prière)

Si le Saint-Esprit est le consolateur, ne le sommes nous pas aussi pour notre frère dans la peine ? La compassion s’exprime entre croyants. Il est important de pleurer avec ceux qui pleurent mais aussi de leur rappeler que notre souffrance est un partage et qu’elle fait grandir l’amour de Dieu.

5.     « supportez les faibles, » ( 5ème fait concret, 5ème prière)

"Supportez", ici c’est le mot grec « antechomai » [an-tekh'-om-ahee] qui a le sens de tenir à quelqu’un, de s’attacher à lui. Les faibles dans l’assemblée demandent une affection particulière, un attachement. Loin d’être dénigré, ils sont au contraire portés et supportés par le corps de Christ. On s’attache à eux comme une mère à son enfant.

6.     « usez de patience envers tous ». (6ème fait concret, 6ème prière)

Le corps de Christ demande une attention envers chacun. Et cette attention n’est pas superficielle. La patience demande de prendre du temps pour écouter, pour parler, afin de trouver des solutions pour tous.

7.     « Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal; » (7ème fait concret, 7ème prière)

Là aussi, rendre le mal est une forme de désordre intérieur. Un disciple n’a plus vocation à agir sous la Loi de moïse, celle du talion, mais à pardonner, à prier pour celles et ceux qui ont mal agi. Tout esprit de vengeance est un démon laissé à l’extérieur de l’assemblée. Chacun doit veiller à ce que cet esprit ne revienne pas attaquer le corps de Christ.

8.     « mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous ». (8ème fait concret, 8ème prière) 

La poursuite du bien est une œuvre de foi. C’est une aspiration constante qui se concrétise par des actes envers ses frères et aussi ceux qui ne le sont pas.

9.     « Soyez toujours joyeux. » (9ème fait concret, 9ème prière)

Quoi qu’il arrive dans notre vie à chacun, la joie du Saint-Esprit doit demeurer intacte. Mais cette joie est aussi une conséquence : la conséquence de poursuivre le bien. Elle est alimentée par tout ce qui a été manifesté avant : parce que nous avons de la considération pour nos anciens, parce que nous sommes en paix avec tous, parce que nous consolons, nous avons de l’attachement pour les faibles, nous rendons le bien à la place du mal,  nous usons de patience. La joie est la conséquence naturelle de ce que nous faisons pour le corps de Christ. 

10.  « Priez sans cesse. » (10ème fait concret, 10ème prière)

Ce 10ème fait n’est pas un fardeau comme le présente tellement d’Eglises, parce qu’elles mettent une obligation presque impossible pour celui qui croit ; Ce n’est donc pas un commandement. C’est une aspiration à être dans un état de prière constant. Nos pensées, nos intentions, nos questionnements, nos réactions doivent constamment passer par le filtre du Saint-Esprit. C’est se garder d’agir mal ; mais c’est aussi garder l’autre dans faire autant.

11.  « Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » (11ème fait concret, 11ème prière)

L’année dernière j’avais fait un message sur ce 11ème fait.  Et j’en avais conclue : Que la grâce de notre Seigneur s’exprime par chacun de nous qui sommes membre du corps de Christ : Si cette grâce se voit dans la relation que nous avons avec autrui. Alors nous rendrons grâce en toutes choses. « Rendre grâce» : c’est exercer le plus grand don que nous avons reçu de Dieu. Et c’est sa volonté que nous agissions en communion avec lui.

12.  « N'éteignez pas l'Esprit ». (12ème fait concret, 12ème prière)

Cet avertissement, c’est un peu le résumer de tout ce que vous refuser de faire parmi les 11 points citer.  Eteindre l’Esprit : c’est déjà commencer par ne plus avoir de considération pour ceux qui vous exhortent. C’est de provoquer ou d’alimenter des querelles entre frères. De ne plus être sensibles aux avertissements lorsque nous rendons le mal pour le mal ; de manquer de patience envers certains frères ou certaines sœurs ; de délaisser ceux qui souffrent  et ceux qui sont faibles, de ne plus filtrer toutes nos intentions par le Saint-Esprit ; et par conséquent de rendre grâce de moins en moins parce qu’en agissant ainsi nous enterrons le don que Dieu nous a offert par sa grâce. En résumer : éteindre l’Esprit c’est s’empêcher d’être un membre actif dans le corps de Christ mais commencer à devenir un membre destructeur.

13.  « Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (13ème fait concret, 13ème prière)

La plupart des prophéties sont des avertissements. Elles servent de prise de conscience. Elles sont là pour secouer celles et ceux qui en ont besoin. Parce qu’ils sont devenus insensibles à l’exhortation. Alors les prophéties annoncent le plus souvent des temps mauvais, des épreuves, de fortes tribulations mais aussi une préparation pour les vivre. Examinez : signifie discerner ce qui est bon pour vous, afin de vous éloigner du mal qui vous touche. Maintenant il y a aussi des prophéties qui annoncent des temps de rafraichissement. Elles viendront après la tribulation.

14.  « abstenez-vous de toute espèce de mal » (14ème fait concret, 14ème prière).

Il n’y a pas de mal moins important qu’un autre. Le mal entre en soi de manière très sournois. Ce sont de petites choses au départ. Insignifiantes. Comme un petit mensonge (un « pieu mensonge ») « Après tout j’ai menti pour une bonne cause, j’ai menti pour préserver la paix, pour ne pas attristé mon frère ou ma sœur, pour lui éviter un chagrin inutile ». Il n’y a pas de hiérarchisation dans le mal. «  celui qui hait son frère est un meurtrier », (1Jean 3 :15) ; comme celui qui convoite une femme a déjà commis l’adultère. Dieu nous met en garde sur TOUT mal, car nous ne connaissons pas les conséquences du mal. Dire la vérité demande du courage certes, mais c’est le prix de la loyauté. Aussi l’avertissement concerne un excès de confiance en soi. Croire que sa foi est suffisamment forte pour pouvoir repousser tous les assauts de l’ennemi, c’est refuser de s’humilier pour croitre.

 

4-        Pour conclure :

Le membre actif selon cette épître n'est donc pas d'abord celui qui remplit une tâche dans une organisation, mais celui qui contribue concrètement à l'édification du corps de Christ par son comportement, son amour et son obéissance au Saint-Esprit. Un membre actif dans l’Eglise de Christ c’est un frère ou une sœur qui prend au sérieux ces 14 points évoqués par l’Epitre aux Thessaloniciens.

Au verset 10 juste avant d’énumérer ces 14 points essentiels, Paul écrit :

« Mais nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour, ».

Pour que nous soyons des disciples éclairés et actifs, nous avons besoins de prier et d’agir à partir de ces 14 points. Je les rappelle rapidement : Avoir de la considération, susciter la paix, avertir, consoler, s’attacher particulièrement aux faibles, user de patience envers tous, prendre garde au mal, poursuivre le bien, être joyeux, priez constamment, rendre grâce, ne pas éteindre l’Esprit, ne rien mépriser des prophéties, et enfin s’abstenir de tout mal. Voilà les ingrédiants proposé par Paul, Silvain et Timothée pour faire grandir notre amour. Ceux qui ont reçu des ministères du Saint-Esprit ont cette charge d’exhorter leurs frères pour que l’amour croisse. Si cet amour croit, alors le disciple est un membre actif dans son assemblée.

L’Esprit saint souhaite grandir en nous pour que nous devenions matures. Prions pour que ces 14 points nous guident constamment dans notre marche de disciple, pour que nous recevions la couronne promise à ceux qui ont persévéré jusqu’au bout dans l’amour, l’espérance et la foi.

Amen