dimanche 14 juin 2026

QUI SONT CES SERVITEURS, CES OINTS QUE DIEU UTILISE MAIS QU’IL NE CONNAIT PAS ?

 623

Par Eric Ruiz

 Il y a des choses qu’on ne parle pas, qu’on n’ose aborder parce qu’elles touchent au sacré. Et le sacré fait peur.  Parce qu’on se trouve sur la frontière entre la bénédiction et la malédiction. Si bien que le sacré engendre des tabous.

Ecoutez celui-ci :

Je pense que beaucoup de chrétiens sont « utilisés » par Dieu parce que Dieu ne les connait pas. 

J’ai beaucoup entendu cette affirmation provenant de frères chrétiens. Cela me choquait même quand ils témoignaient ainsi : « Dieu m’a utilisé ». « Il m’a utilisé pour faire le bien, il m’a utilisé pour prêcher la bonne parole, il m’a utilisé dans mon travail etc ».

Mais la loi du miroir fait que ce que nous voyons de l’extérieur est notre propre reflet, alors ceux qui témoignent de l’utilisation divine le font aussi pour les autres. Ils se servent des autres pour leur projet. Ceux qui manipulent seront eux-mêmes manipulés. La politique ou la religion ont le même but : « c’est l’art de se servir des gens ». Or ceux qui utilisent les autres ne font pas parti des bien aimés du Seigneur.  

« 21Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. 22Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur, n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? 23Alors je leur dirai ouvertement: Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité ». (Matthieu 7 :21-23)

 

1-    Dieu « n’utilise » jamais celui qui fait sa volonté

 

Alors, j’affirme que Dieu « n’utilise » jamais celui qui fait sa volonté. Par contre et c’est là que provient la confusion, Dieu « utilise » celui qui commet l’iniquité (Quelque soit sa croyance) afin d’exécuter ses desseins. Psaume 9 :16 : « L'Eternel se montre, il fait justice, Il enlace le méchant dans l'œuvre de ses mains ».

Un des exemples les plus frappants de la Bible se trouve au moment de l’Exode des Hébreux.

Lors de la sortie d'Égypte (l'Exode), après dix plaies terribles, les Égyptiens étaient historiquement les oppresseurs et les ennemis des Hébreux. Pourtant, au moment du départ, Dieu changea radicalement leur cœur en inspirant aux Égyptiens une immense générosité envers leurs anciens esclaves.

Exode 12:36

« L'Éternel fit trouver grâce au peuple aux yeux des Égyptiens, qui répondirent à leur demande. Et ils dépouillèrent les Égyptiens. » (Ils leur donnèrent de l'or, de l'argent et des vêtements, ce qui a permis plus tard de construire le Tabernacle au désert).

 

La Bible montre que Dieu ne dépend pas de la piété d'un être humain pour faire le bien ; Il sait incliner le cœur des plus rebelles, le plus souvent même à leur insu, pour que Sa volonté et Sa bonté s'accomplissent.

 

Dans l’exemple que j’ai pris, le dessein de Dieu est de libérer son peuple  de l’oppression et de lui donner ce dont il a besoin pour réaliser les projets divins. Dieu a utilisé (et disons-le manipulé) le peuple oppresseur en l’inspirant malgré lui à faire le bien.

Et que dire du prophète Balaam qui commet l’iniquité, qui est attiré par l'argent et qui veut prononcer des malédictions ? Mais à chaque fois qu'il ouvre la bouche, l'Esprit de Dieu prend le contrôle de ses paroles pour lui faire prononcer des bénédictions  sur les Israélites. N’est-il pas utilisé par Dieu ? Lisons Nombres 23 :11-12 « Balak dit à Balaam: Que m'as-tu fait? Je t'ai pris pour maudire mon ennemi, et voici, tu le bénis! Il répondit, et dit: N'aurai-je pas soin de dire ce que l'Eternel met dans ma bouche? ». Balaam prophétise au nom de l’Eternel quoique son cœur commette l’iniquité.

Encore un autre exemple : Cyrus le Grand : L'empereur païen qualifié de « Messie » par Esaïe. Dans le texte original en hébreu, le mot utilisé est Mashiach (מָשִׁיחַ), qui a donné « Messie » en français. Dans nos Bibles modernes, il est le plus souvent traduit par le mot «oint » (celui qui a reçu l'onction d'huile, signe d'une mission divine).

Ésaïe 45:1

« Ainsi parle l'Éternel à son oint, [Messie],  à Cyrus, qu'il tient par la main pour terrasser les nations devant lui ». C'est sans doute l'exemple le plus spectaculaire. Cyrus était le roi de Perse, un adorateur des dieux babyloniens et perses (comme Marduk). Pourtant, Dieu l'a inspiré et utilisé pour libérer le peuple juif en exil et sonner de la trompette pour que le peuple de l’Eternel rebâtisse le Temple de Jérusalem. C’est quand même un cas unique  et je tiens à le souligner : Cyrus est un roi païen qui n’est pas descendant d’Israël ou de Juda.

Le livre d'Esdras confirme que c'est Dieu lui-même qui a agi directement sur l'esprit de ce roi païen :

Esdras 1:1

« L'Éternel réveilla l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume...».

2-    Dieu « utilise » ceux qu’il ne connait pas

 

Avec ces exemples, nous voyons que Dieu peut oindre pour un temps un ennemi pour qu’il fasse sa volonté, puis le laisser. Il est oint pour un temps imparti pourquoi ? Parce que cet ennemi ne se converti pas et qu’il persévère dans ses mauvaises voies. L’onction réveille, inspire, provoque un changement d’état d’âme, une très forte détermination. Mais parfois en vue d’une seule mission divine. La mission terminée, chacun répond de l’état de son cœur. Si l’iniquité y est bannie, alors la mission de Dieu peut changer et l’onction continue d’exister autrement. C’est pourquoi, Dieu ne se repend pas de ses dons. Si des croyants aspirent et prient pour diriger un peuple. Dieu les oints pour cela. Ils deviennent évêque, pasteur, apôtre, prophète. Leur mission terminée, s’il se trouve de l’iniquité en eux, Dieu se retire, l’onction les quitte ; sauf s’ils se sont repentis et convertis. Oui on peut agir pour le Dieu de la Bible sans le connaître et ce fut le cas de Cyrus. « Ésaïe 45:4-5

« Je t'ai appelé par ton nom, je t'ai donné un titre d'honneur, alors que tu ne me connaissais pas. [...] Je t'ai armé, avant que tu me connusses... ». Pour résumer l’ennemi reçoit une onction différente de l'onction de celui qui fait sa volonté.

 

3-    Dieu utilise les uns, il guide les autres

 

Alors, pour celles et ceux qui font la volonté de Dieu, si Dieu ne les utilisent pas, comment agissent-ils alors?

Par leur libre-arbitre ? En fin de compte, l’inspiration que Dieu leur donne n’est-elle pas elle aussi un moyen détourné d’être un simple outil dans les mains de Dieu ?

Quand on utilise un objet. Quand on se sert de lui. On ne lui demande pas son avis, on le prend pour exécuter la tâche que l’on souhaite. On tire un avantage de cet outil par ses qualités. Mais alors, Dieu n’a-t-il pas utilisé l’apôtre Paul à sa guise dans ses voyages ?

Parce que : « Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit: Ne crains point; mais parle, et ne te tais point, 10Car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour te faire du mal: parle, car j'ai un peuple nombreux dans cette ville. 11Il y demeura un an et six mois, enseignant parmi les Corinthiens la parole de Dieu » (Actes 18-9-11).

Dieu ne l’a pas utilisé pourquoi ? Parce que Paul n’est pas un simple exécutant. Il est guidé. Sa vision en témoigne. Il n’a jamais été contraint d’aller vers les Corinthiens. Dans ce contexte, Dieu ne lui a pas donné d’ordre, ni de mots précis à dire. Il ne lui a pas dit d’y rester un an et demi. Dieu se sert juste d’une vision, oui certes, mais afin de fortifier Paul. Dieu guide Paul parce qu’il marche avec lui. Guider quelqu’un demande une proximité avec lui, une communion, des qualités propres à l’amitié. Si bien que Paul a eu le désir, l’envie de se rendre à Corinthe. Et son enseignement provient de l’inspiration. D’où provenait cet aspiration ?

Il y a une phrase que Jésus de Nazareth a employée et qui révèle la vérité :

« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître TOUT ce que j'ai appris de mon Père. » (Jean 15 :15)

L’ami possède « toute » la connaissance venant du Père. Cela signifie qu’il connait véritablement les projets de Dieu.

« enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde ». Cette partie du verset de Mathieu 28, met en évidence deux choses.

-La première chose : c’est d’enseigner « tout ce que Jésus le Messie a prescrit». Ce « tout » s’arrête où exactement ? (Sachant que beaucoup de choses demeurent cachées, ou qu’elles sont sujettes à interprétations comme avec les paraboles, ou encore que ce sont des choses que le Nouveau testament n’a pas révélées).

-La deuxième chose : c’est la réponse à ce « tout ». Jésus est avec nous jusqu’à la fin du monde pour nous révéler ce « tout ». Son Saint-Esprit est la source inépuisable de connaissances.

Et puis, le Saint-Esprit n’agit pas dans une relation de « maitre à serviteur » mais dans une relation « d’ami à ami » : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande ». (Jean 15 :14) ; Et la relation va même au-delà de l’amitié puisque grâce à Jésus-Christ nous devenons fils, et cohéritier avec lui.

Par Jésus-Christ,  la droite du Trône est promise à l’agneau, à celles et ceux qui ont le caractère de Dieu en Jésus-Christ. Alors l’onction du Saint- Esprit promise à ceux qui croient par Jésus n’est pas la même onction que celle qui s’offre à un homme pour qu’il serve Dieu et qui est utilisé et missionné pour un but bien précis.

4-    Utilisés et guidés dans une même assemblée ?

 

Sachant comment Dieu s’y prend, il est évident que dans toute assemblée chrétienne, il y a des frères qui sont utilisés par Dieu et d’autres qui sont guidés parce que nés d’en haut et qui sont sous l’inspiration du Saint-Esprit.

Dieu agit comme la religion le fait : « c’est l’art de se servir des hommes en leur faisant croire qu’on les sert ».

Or, le but n’est pas de chercher qui est qui. Mais, il est bon de savoir que même le pasteur mal intentionné, rempli d’iniquité fait la volonté de Dieu parce que Dieu l’utilise. D’ailleurs il est conscient d’avoir reçu une onction spéciale pour une mission. Nous comprenons alors pourquoi nous ne devons pas juger. Car nous devons laisser Dieu agir dans l’assemblée. Et c’est lui et lui seul qui jugera sa maison. Jésus connaissait dès le début Judas Iscariote celui qui allait le livrer. Il était utilisé par Dieu le Père. Jésus le savait et il ne s’y est jamais opposé.

Alors, quand on pointe un « grand réveil spirituel ». Il est toujours sage d’y mettre des guillemets.

Parmi ceux qui réveillent et se réveillent, il y a ceux qui sont utilisés par Dieu malgré leur iniquité. Ils ne sont que des instruments de justice. Et ils sont nombreux les Cyrus, les Balaam, les Egyptiens compatissants prêts à se dépouiller de tout ; les Assyriens qui se ventent d’avoir conquis le monde par leur propre force. Alors que Dieu leur rappelle qu'ils n'ont été qu'un outil jetable dans Sa main pour punir d'autres nations (Esaïe 10 :15). Ceux qui sont de simples outils dans la main de Dieu représentent la porte large et spacieuse qui mène à la perdition. La porte étroite qui mène au Royaume : c’est celle des vrais convertis, de ceux qui marchent par l’esprit et non par la chair.

 Toutefois, nous avons des indices sur celui qui témoigne toujours d’être un simple instrument dans les mains de Dieu. Cette personne est très légaliste et moralisatrice. Elle ne cesse de se protéger avec la loi. Elle oriente toujours l’autre vers l’obéissance. « Tu dois obéir pour être malléable entre ses mains ». Ce type d’exhortation renvoie constamment au rôle de serviteur. Concevoir Dieu comme un maitre et sa foi comme étant au service du maître, cela montre une soumission forcée et un statut imposé par le maître. Jésus-Christ est venu révéler le serviteur mais aussi l’ami, l’épouse. Le serviteur est sous la loi même s’il parle beaucoup de la grâce. L’ami, l’épouse parle peu mais agit avec la grâce de Dieu. Le premier ne fait qu’en parler, tandis que le deuxième l’exprime à travers ses actes.

Alors si Dieu t’utilise, c’est bien, parce tu fais sa volonté, et souvent à ton insu. Mais le salut est attaché à celui qui aime Dieu. L’aimer c’est beaucoup mieux. Cela n’a même aucune comparaison possible. Lui ressembler et agir selon ses aspirations, c’est un partage et une joie inégalée.

Nous  devons, par conséquent, juger nos cœurs pour savoir si nous avons ce sentiment fort d’être un outil dans les mains de Dieu, ou si nous sommes guidés par notre nouvelle nature qui nous amène naturellement à pratiquer des œuvres justes. Parce que rien n’est encore déterminé. Un serviteur de Dieu peut changer est devenir l’agneau de Dieu. Un moabite peut être rajouté au bois de Juda (C’était devenu une réalité avec Ruth).  Alors prions pour avoir les yeux ouverts sur notre relation à Dieu, même si nous sommes certains de faire sa volonté.

Amen.

dimanche 7 juin 2026

COMMENT ETRE UN MEMBRE ACTIF DE l’EGLISE ?

 622

Par Eric Ruiz

 

1.     L'illusion de l'activisme religieux

 

Quand on se demande ce qu’un disciple doit faire dans son assemblée : comment peut-il y être un membre actif ? Presque instinctivement, la réponse vient comme une récitation liturgique. Là aussi, doit-on suivre ce qui se voit dans les dénominations religieuses ?

On attend d’un chrétien généralement qu’il annonce l’Evangile à l’extérieur du bâtiment et qu’il participe à la vie de son assemblée et à son fonctionnement. Ainsi, un membre actif pourra être sollicité pour l'accueil des nouveaux venus, la louange, la musique, le chant, le placement des fidèles, la distribution de tracts ou de recueils de chants, la gestion du matériel informatique, la sonorisation, ou encore l'assistance au prédicateur. Il pourra également participer aux campagnes d'évangélisation, à la distribution ou à la vente de brochures, ainsi qu'à la préparation des repas lors des agapes.

Le livre des Actes, comme les différentes Epitres, ne renvoient à aucune organisation spécifique, ni aucun rite à part celui du baptême et du Saint-Esprit. Dieu a établi un ordre dans les ministères. C’est ce que Paul explique dans la lettre aux Éphésiens (4:11-12). Dieu a donné des ministères comme « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et docteurs, « pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ. »

 La notion de membre actif dans la Bible n’a pas vraiment de similitude avec ce que les différents courants chrétiens considèrent importants aujourd’hui.

 

2.     L'Église de Thessalonique : Le modèle du disciple actif

 

Examinons de près l’Eglise de Thessalonique qui est encensée de louange pour son zèle dans la foi : « Nous rendons continuellement grâces à Dieu pour vous tous, faisant mention de vous dans nos prières, 3nous rappelant sans cesse l'œuvre de votre foi, le travail de votre charité, et la fermeté de votre espérance en notre Seigneur Jésus-Christ, devant Dieu notre Père en sorte que vous êtes devenus un modèle pour tous les croyants de la Macédoine et de l'Achaïe.  » .

Quoi alors de plus judicieux que de prendre exemple sur cette Eglise modèle pour élucider ce que les rédacteurs de cette épitre considèrent comme ce qu’est un membre actif. Dans cette épitre  Le souhait fort est le suivant : « exhortez-vous réciproquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites ». Ce souhait fait appel à 14 faits concrets, qui sont aussi des prières.  On les trouve à la fin de l’épitre, dans 1Tessaloniciens 5, à partir du verset 12 jusqu’au verset 22.

3.     Les 14 clés du service par l'Esprit

 

« Nous vous prions, frères, d'avoir de

1.     la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. 13Ayez pour eux beaucoup d'affection, à cause de leur œuvre ».  

D’abord : Pourquoi aucun nom n’est cité directement ? Ceux qui  travaillent, qui exhortent, qui dirigent ont reçu un ministère. Ils sont plusieurs puisqu’il est question  de « ceux qui vous dirigent ». Mais on ne sait rien d’autres. Le "dirigeant" est souvent celui qui ouvre la porte de sa maison ou un ancien respecté pour sa maturité spirituelle. Les réunions se font dans les maisons (comme chez Jason qui a accueilli Paul lors de son passage tumultueux à Thessalonique dans Actes 17:5). Alors, est-ce un hasard ou un oubli que personne, pas même Jason ne soit cité ici ? Pour rédiger cette épître, ils étaient trois à se concerter : Paul, Silvain, et Timothée. Je crois que s’il n’y a aucun nom de citer, c’est en toute logique parce que personne n’est idolâtré. Personne n’est placé sur un piédestal. Personne ne passe au-dessus des autres. Ce n’est pas l’Eglise d’un tel, ou d’un tel, c’est l’Eglise locale de Thessalonique. Le niveau d’amour fraternel est le même pour chacun. Nous sommes sans que cela soit dit explicitement dans une relation horizontale. Aucune hiérarchie. Paul l’écrit de cette manière au chapitre 4 : 

«9Pour ce qui est de l'amour fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres, et c'est aussi ce que vous faites envers tous les frères dans la Macédoine entière. ».  En écrivant : » vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres »,l’enseignement du Saint-Esprit est encore plus évident. 

L’enseignement à s’aimer ne provient pas d’un frère plus inspiré qu’un autre, qui aurait enseigné l’amour de Dieu. Alors, l’affection, la considération pour ceux qui dirigent doit naitre de l’Esprit Saint et non des sentiments humains, car ils sont sujets à trop de variation. Concrètement Christ doit rester «  la tête du corps de l'Église » (Colossiens 1:18).

2.     « Soyez en paix entre vous. » (2ème fait concret, 2eme prière)

La paix n’est pas juste un objectif ou un slogan. C’est une réalité «  heureux ceux qui procurent la paix car ils seront appelés fils de Dieu » dit Jésus. La paix c’est l’évangile. Un évangile qui montre concrètement où sont les fils de Dieu. Jésus-Christ nous donne sa paix, une paix différente du monde, alors partageons-la en premier entre frères. La bénédiction est pour ceux qui favorisent la paix entre les frères.

3.     « Nous vous en prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, » (3ème fait concret, 3ème prière)

Lorsque Dieu nous demande de veiller, ce n’est pas que sur nous-mêmes. Nous devons veiller sur notre prochain. Et à la moindre alerte nous l’avertissons du danger. Alors, il va s’en suivre des avertissements envers ceux qui auront perdu l’ordre établi par l’Evangile. Et quelle est cette  forme de désordre ?  Celle de ne plus assumer ses responsabilités dans l’organisation de l’Eglise ? Ou bien n’est-ce pas plutôt : pour ceux qui ne se préoccupent plus que de leurs petites affaires ; qui n’ont plus de sensibilité pour le nécessiteux. Ou encore ceux qui aspirent à la hiérarchie. Qui souhaite établir une échelle des pouvoirs. Alors, avertir des dérives visibles, c’est veiller sur son frère. C’est le sauver des malheurs, et c’est agir pour le corps de christ.

4.     « consolez ceux qui sont abattus, » (4ème fait concret, 4ème prière)

Si le Saint-Esprit est le consolateur, ne le sommes nous pas aussi pour notre frère dans la peine ? La compassion s’exprime entre croyants. Il est important de pleurer avec ceux qui pleurent mais aussi de leur rappeler que notre souffrance est un partage et qu’elle fait grandir l’amour de Dieu.

5.     « supportez les faibles, » ( 5ème fait concret, 5ème prière)

"Supportez", ici c’est le mot grec « antechomai » [an-tekh'-om-ahee] qui a le sens de tenir à quelqu’un, de s’attacher à lui. Les faibles dans l’assemblée demandent une affection particulière, un attachement. Loin d’être dénigré, ils sont au contraire portés et supportés par le corps de Christ. On s’attache à eux comme une mère à son enfant.

6.     « usez de patience envers tous ». (6ème fait concret, 6ème prière)

Le corps de Christ demande une attention envers chacun. Et cette attention n’est pas superficielle. La patience demande de prendre du temps pour écouter, pour parler, afin de trouver des solutions pour tous.

7.     « Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal; » (7ème fait concret, 7ème prière)

Là aussi, rendre le mal est une forme de désordre intérieur. Un disciple n’a plus vocation à agir sous la Loi de moïse, celle du talion, mais à pardonner, à prier pour celles et ceux qui ont mal agi. Tout esprit de vengeance est un démon laissé à l’extérieur de l’assemblée. Chacun doit veiller à ce que cet esprit ne revienne pas attaquer le corps de Christ.

8.     « mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous ». (8ème fait concret, 8ème prière) 

La poursuite du bien est une œuvre de foi. C’est une aspiration constante qui se concrétise par des actes envers ses frères et aussi ceux qui ne le sont pas.

9.     « Soyez toujours joyeux. » (9ème fait concret, 9ème prière)

Quoi qu’il arrive dans notre vie à chacun, la joie du Saint-Esprit doit demeurer intacte. Mais cette joie est aussi une conséquence : la conséquence de poursuivre le bien. Elle est alimentée par tout ce qui a été manifesté avant : parce que nous avons de la considération pour nos anciens, parce que nous sommes en paix avec tous, parce que nous consolons, nous avons de l’attachement pour les faibles, nous rendons le bien à la place du mal,  nous usons de patience. La joie est la conséquence naturelle de ce que nous faisons pour le corps de Christ. 

10.  « Priez sans cesse. » (10ème fait concret, 10ème prière)

Ce 10ème fait n’est pas un fardeau comme le présente tellement d’Eglises, parce qu’elles mettent une obligation presque impossible pour celui qui croit ; Ce n’est donc pas un commandement. C’est une aspiration à être dans un état de prière constant. Nos pensées, nos intentions, nos questionnements, nos réactions doivent constamment passer par le filtre du Saint-Esprit. C’est se garder d’agir mal ; mais c’est aussi garder l’autre dans faire autant.

11.  « Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. » (11ème fait concret, 11ème prière)

L’année dernière j’avais fait un message sur ce 11ème fait.  Et j’en avais conclue : Que la grâce de notre Seigneur s’exprime par chacun de nous qui sommes membre du corps de Christ : Si cette grâce se voit dans la relation que nous avons avec autrui. Alors nous rendrons grâce en toutes choses. « Rendre grâce» : c’est exercer le plus grand don que nous avons reçu de Dieu. Et c’est sa volonté que nous agissions en communion avec lui.

12.  « N'éteignez pas l'Esprit ». (12ème fait concret, 12ème prière)

Cet avertissement, c’est un peu le résumer de tout ce que vous refuser de faire parmi les 11 points citer.  Eteindre l’Esprit : c’est déjà commencer par ne plus avoir de considération pour ceux qui vous exhortent. C’est de provoquer ou d’alimenter des querelles entre frères. De ne plus être sensibles aux avertissements lorsque nous rendons le mal pour le mal ; de manquer de patience envers certains frères ou certaines sœurs ; de délaisser ceux qui souffrent  et ceux qui sont faibles, de ne plus filtrer toutes nos intentions par le Saint-Esprit ; et par conséquent de rendre grâce de moins en moins parce qu’en agissant ainsi nous enterrons le don que Dieu nous a offert par sa grâce. En résumer : éteindre l’Esprit c’est s’empêcher d’être un membre actif dans le corps de Christ mais commencer à devenir un membre destructeur.

13.  « Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; » (13ème fait concret, 13ème prière)

La plupart des prophéties sont des avertissements. Elles servent de prise de conscience. Elles sont là pour secouer celles et ceux qui en ont besoin. Parce qu’ils sont devenus insensibles à l’exhortation. Alors les prophéties annoncent le plus souvent des temps mauvais, des épreuves, de fortes tribulations mais aussi une préparation pour les vivre. Examinez : signifie discerner ce qui est bon pour vous, afin de vous éloigner du mal qui vous touche. Maintenant il y a aussi des prophéties qui annoncent des temps de rafraichissement. Elles viendront après la tribulation.

14.  « abstenez-vous de toute espèce de mal » (14ème fait concret, 14ème prière).

Il n’y a pas de mal moins important qu’un autre. Le mal entre en soi de manière très sournois. Ce sont de petites choses au départ. Insignifiantes. Comme un petit mensonge (un « pieu mensonge ») « Après tout j’ai menti pour une bonne cause, j’ai menti pour préserver la paix, pour ne pas attristé mon frère ou ma sœur, pour lui éviter un chagrin inutile ». Il n’y a pas de hiérarchisation dans le mal. «  celui qui hait son frère est un meurtrier », (1Jean 3 :15) ; comme celui qui convoite une femme a déjà commis l’adultère. Dieu nous met en garde sur TOUT mal, car nous ne connaissons pas les conséquences du mal. Dire la vérité demande du courage certes, mais c’est le prix de la loyauté. Aussi l’avertissement concerne un excès de confiance en soi. Croire que sa foi est suffisamment forte pour pouvoir repousser tous les assauts de l’ennemi, c’est refuser de s’humilier pour croitre.

 

4-        Pour conclure :

Le membre actif selon cette épître n'est donc pas d'abord celui qui remplit une tâche dans une organisation, mais celui qui contribue concrètement à l'édification du corps de Christ par son comportement, son amour et son obéissance au Saint-Esprit. Un membre actif dans l’Eglise de Christ c’est un frère ou une sœur qui prend au sérieux ces 14 points évoqués par l’Epitre aux Thessaloniciens.

Au verset 10 juste avant d’énumérer ces 14 points essentiels, Paul écrit :

« Mais nous vous exhortons, frères, à abonder toujours plus dans cet amour, ».

Pour que nous soyons des disciples éclairés et actifs, nous avons besoins de prier et d’agir à partir de ces 14 points. Je les rappelle rapidement : Avoir de la considération, susciter la paix, avertir, consoler, s’attacher particulièrement aux faibles, user de patience envers tous, prendre garde au mal, poursuivre le bien, être joyeux, priez constamment, rendre grâce, ne pas éteindre l’Esprit, ne rien mépriser des prophéties, et enfin s’abstenir de tout mal. Voilà les ingrédiants proposé par Paul, Silvain et Timothée pour faire grandir notre amour. Ceux qui ont reçu des ministères du Saint-Esprit ont cette charge d’exhorter leurs frères pour que l’amour croisse. Si cet amour croit, alors le disciple est un membre actif dans son assemblée.

L’Esprit saint souhaite grandir en nous pour que nous devenions matures. Prions pour que ces 14 points nous guident constamment dans notre marche de disciple, pour que nous recevions la couronne promise à ceux qui ont persévéré jusqu’au bout dans l’amour, l’espérance et la foi.

Amen

dimanche 31 mai 2026

Une EGLISE fidèle à la Bible : Est-ce possible ?

 621


Par Eric Ruiz

 

Ce qui est assez remarquable : c’est que l’Eglise a pour vocation à faire des disciples. Et elle n’y arrive pas. L’Eglise échoue à faire des disciples de Christ.


Elle ne parvient qu’à faire des disciples d’une dénomination religieuse ou d’une autre : Des disciples catholiques, disciples protestants, disciples orthodoxes, disciples évangéliques, des mormons, des témoins de Jehova, des adventistes, des disciples de sectes chrétiennes. Pourquoi cet échec? Elle s’organise peut-être mal.

 

Si nous partons des Evangiles, Jésus a montré l’inverse pourtant. Il a fait se rencontrer des disciples qui ensuite ont formé l’Eglise.

Il s’y est pris complètement en sens opposé. Il est parti de la personne devenue sainte pour former une assemblée. Il n’est pas parti d’un endroit, d’un lieu institutionnalisé pour le remplir. L’exégèse chrétienne aboutit à construire le bâtiment pour y faire entrer des personnes et pour les convertir. L’évangélisation du monde a servi à ce genre de phénomène.

Jésus n’a rien construit pour y faire entrer des disciples à convertir.

Cela semble si évident et pourtant, rien ne marche selon le sens biblique.

Le modèle traditionnel c’est celui d’amener des païens à l’église pour les baptiser. L’exemple de Christ est de faire baptiser les repentis en premier. Jean Baptiste avait cette fonction de préparer le chemin en prêchant la repentance.  Puis ceux qui se repentaient, il les baptisait.

Que faisaient ensuite les baptisés ? S’assemblaient-ils ? Suivaient-ils un homme en particulier ? Demandaient-ils à un des leurs de continuer à les enseigner ? Le texte biblique nous oriente autrement là aussi. Ceux qui étaient baptisés se préparaient à rencontrer le fils de Dieu. Pourquoi ? Parce que Jean qui baptisait attendait lui spécialement ce jour où viendrait à lui le fils de Dieu en personne. Et il ne le cachait pas. Il l’enseignait à celles et ceux qui venaient se faire baptiser.

Matthieu 3 :11 : « Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » Jean 1 :26-27 « Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; ».

Jean est fidèle et authentique, il ne prend la place de personne. Il ne forme aucun mouvement religieux. Il ne vient pas faire des fidèles pour qu’ils le suivent. Il est clair et sans équivoque : la visite de Jésus sera l’accomplissement de sa mission.

Qu’ont fait les repentis qu’il a baptisés ? Certains repentis ont par la suite suivi Jésus dans sa marche. Christ n’a pas fait des disciples, il en a choisis parmi le peuple. Jésus-Christ en a choisis selon ce que son Père céleste lui montrait. Ca c’est pour les 12. Pour les autres, ils se joignaient à lui. 70 (ou 72 selon les manuscrits) l’on ainsi suivi pendant son ministère.

Jésus a dit dans Marc 16 :15 : « allez par tout le monde, et prêchez l'Evangile à toute créature. » Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.

Où se trouve l’ordre de construire des temples ou des églises ? Ils se rapprochaient simplement les uns des autres pour avoir une communion plus proche. C’est l’exemple de ce qui s’est passé avec l’Eglise de Jérusalem. Les choses se sont faites naturellement selon les rencontres. Et pour subvenir aux plus défavorisés, les croyants mettaient leurs biens à disposition des apôtres pour qu’ils n’y aient aucun nécessiteux parmi eux.

« Là ou deux ou trois sont assemblés en mon nom je suis au milieu d’eux ». Voilà comment suivre Jésus quand il sera mort et ressuscité. Des jeunes convertis, avec des anciens se rassemblent pour que Jésus les guide. Où se trouve l’objectif de fonder un mouvement, de construire un bâtiment pour y apposé un nom ? L’enseignement de Mathieu 18 :20 est très épuré et laisse une liberté totale dans les regroupements de 2 ou 3 personnes. Un duo, un trio c’est déjà l’Eglise de Christ.

Ce que l’on remarque aujourd’hui des chrétiens, c’est plus leurs traditions, leurs emblèmes, leur nom, le nom de l’enseignant principal, leur monument, leur bâtiment que leurs actes. Ce que l’on remarque alors c’est plus une organisation humaine que l’œuvre du Saint-Esprit.

Si nous regardons aux Ecritures, nous constatons que des croyants viennent vers une personne qui annonce Christ pour se faire baptiser. Puis elles attendent le moment de recevoir le Saint-Esprit promis à tous ceux qui croient. Elles se rassemblent avec d’autres pour recevoir l’enseignement du Saint-Esprit. Des communautés se forment par-ci par là jusqu’à ce qu’une persécution ou une division arrive et provoquent un éclatement. Certains sont chassés, d’autres partent d’eux-mêmes, des nouveaux arrivent, d’autres sont empêchés d’entrer. Un peu partout, ceux qui croient se rassembleront à nouveau pour former de petites communautés.

 

En fait l’histoire biblique nous montre que les assemblées sont locales et qu’elles ne durent pas longtemps, dans leur état initial.  Comme avec les Corinthiens, les communautés sont fragilisées par des faux pasteurs et des faux docteurs. A causes d’eux, elles seront sujettes à la division.

Paul anticipe lui-même la division des corinthiens. On dirait même qu’il l’a prophétise.

1 Corinthiens 5 :11-13 « je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui, se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous. » En se séparant du méchant, idolâtre, cupide outrageux, l’église locale va faire peau neuve, mais pas seulement en se séparant du méchant, en se séparant d’une partie de ses fidèles.

Souvent le schisme est créé par un frère charnel. Il est charnel et refuse d’être repris et d’être considéré ainsi. Il s’endurcit. Mais ce frère jaloux séduit alors d’autres frères qui partiront avec lui. Paul le dit dans le texte que je viens de lire, il nomme ces êtres charnels des « ravisseurs ». Ils partiront pour former une secte ou bien ils iront compléter les membres d’une autre secte de croyants charnels.

Alors pourquoi j’emploi le mot secte ? Parce que la secte est un mouvement groupusculaire  au départ, qui va se consolider et croître à partir d'une ou plusieurs nouvelles doctrines religieuses, philosophiques. Mais surtout : ces nouvelles doctrines s’avéreront hérétiques.

Donc le ravisseur partira certes, mais attention : Afin de rester crédible et pour attirer à lui d’autres membres, il changera l’Evangile. Il empoisonnera « la saine doctrine ». Il confessera que la doctrine était incomplète ou fausse.

Irénée de Lyon dans son ouvrage « contre les hérésies » cite plusieurs sectes qui ont émergé dans les premiers siècles, a partie des premières communautés apostoliques. :

Les gnostiques, les valentiniens, les basilidiens, les marcionites. Vous le constatez, la plupart sont des noms de faux frères qui réfutent l’enseignement des apôtres ; mais qui se réclament comme les seuls vrais disciples de Jésus.

Eusèbe de Césarée notamment parle des ébionites. Cette dernière secte est née parce que des chrétiens voulaient une doctrine plus proche du judaïsme. A l’origine ce sont des judéo nazaréens qui ont migré vers ce groupe.

Quand aux marcionites, ce sont des chrétiens qui se sont joint à Marcion de Sinope. Marcion vint à Rome vers 140. Riche armateur, il eut des démêlés avec l'Église locale et en fut chassé en 144. Influencé par le gnostique Cerdon, Marcion fonda une Église fortement hiérarchisée qui rejette les livres de l’Ancien Testament et qui critique les Evangiles qu’il nomme : trop judaïsant. Il préfère l’Evangile de Luc qui n’est pas juif par ses origines. Ce qui est historiquement évident c’est le grand foisonnement de sectes qui s’est créé à partir de la première diaspora après la destruction du temple de Jérusalem. Et parallèlement en même temps que les 4 Evangiles paraissaient, d’autres évangiles ou d’autres écrits gnostiques voyaient le jour.

 

Si maintenant, ont étudie de près les 7 églises de l’Apocalypse. Force est de constaté qu‘elles ont toutes la même caractéristique. Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée  sont toutes infectées par de faux enseignants ravisseurs qui font des disciples. Pour chaque Eglise l’ange fait des reproches «  mais j’ai quelque chose contre toi » revient souvent. Ces reproches concernent celles et ceux qui créent des divisions, sans oublier, ceux qui tolèrent leur corruption dans l’Eglise.

Un principe général, si on peut en dégager un, serait plutôt : Dès qu’un groupe de disciples s’est formé le Saint-Esprit va être mis en danger par des mercenaires qui s’attaqueront à l’enseignement des apôtres.

Les disciples qui s’organiseront en secte chasseront le Saint-Esprit et nommeront leur nouveau groupe.

« Moi je suis de Paul, moi d’Apollos, moi de Céphas ». Je suis disciples d’un tel, etc. Dés sa première lettre Paul tire le signal d’alarme avec ce gendre de prise d’identité. «…puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? »(1 Corinthiens 3 :4).

Face à cette dérive « inévitable », aujourd’hui beaucoup se sont dits : pourquoi l’institution n’a t-t’elle pas prit le relais pour mettre fin à tous ces courants hérétiques ? Pourquoi ne pas stopper ce foisonnement d’Églises locales incontrôlables du 2ème et 3ème siècles pour en faire une et unique Eglise nationale ?

En occident, sous l’impulsion de l’empereur Constantin, c’est en 325 au concile de Nicée que l’Eglise se part d’un pavillon national, impérial et même universel. Avec le catholicisme, c’est l’Eglise universelle qui s’officialise et qui porte le nom d’universelle.

Le but étant de mettre fin aussi aux petites communautés locales et persécutées, et bien entendu de ne pas laisser à un petit groupe d’individus « La doctrine des apôtres ».

Celle-ci est précieuse, elle doit être protégée par l’Etat et encadrée et contrôlée par un concile qui dresse les contours d’un dogme officiel.

Alors la hiérarchie dans l’Eglise a été le moyen trouvé pour empêcher les hérétiques de prendre le pouvoir et d’empêcher que les sectes prennent de l’importance.

Mais voilà, cette forme d’organisation institutionnelle a produit ce qu’elle voulait défendre. Elle a produit le poison qu’elle voulait anéantir. Ses remparts se sont tournés contre elle. Bref, elle a engendré des hérétiques, comme de fausses doctrines et empêché le Saint-Esprit d’y vivre et d’y régner. Et Auguste Renan résume très bien l’histoire du christianisme  quand il affirme que : « L’Eglise est une secte qui a réussi ».

 

Face à ce constat négatif, L’Eglise de Christ est-elle finalement un échec ? Tout nous amenerait à le croire. Or, L’Eglise institution n’est pas qu’un échec. Par elle, les Ecritures ont été sauvegardées et les 66 livres de la Bible sont bien présents. Et puis, notre Père ne savait-il pas que les faux temples continueraient de croitre au détriment de la vrai Eglise ? Où se trouve cette Eglise dont parle Paul aux Ephésiens, cette « Eglise sanctifiée, glorieuse, sans tâche, mais sainte et irrépréhensible » ?

Alors comme à son habitude Jésus-Christ s’intéresse à la femme et à l’homme saint et non là où il se trouve. Dans les faits, la véritable Eglise, les vrais disciples, les bons et loyaux serviteurs se sont toujours trouvés au sein de ces institutions ou dans l’une de ces innombrables sectes. Ils s’y ont vécu leur Egypte à l’image des Hébreux ; c’est-à-dire, leur temps de mise à l’épreuve, de soumission forcée, et d’injustice.

Ces vrais disciples, cette vrai Eglise se voit dans la traversée du désert.

Dans l’Eglise d’Ephèse : ce sont ceux qui se sont souvenus d'où ils sont tombés. Ils se sont repentis pour pratiquer leurs premières œuvres;

Dans l’Eglise de Smyrne, ce sont ceux qui malgré la tribulation, ont été fidèles jusqu'à la mort.

Dans l’Eglise de Pergame, ce sont ceux qui se sont repentis d’avoir laissé les fausses doctrines les diriger.

Dans l’Eglise de Thyatire, ce sont ceux qui ont persévéré malgré le lourd fardeau engendré par les fausses doctrines et parce qu’ils ont retenu la vérité jusqu’au retour du fils de Dieu.

Dans l’Eglise de Sardes, ce sont seulement quelques hommes qui, parce qu’ils ont été vigilants et qu’ils ont veillé n’ont pas souillé leurs vêtements. Ils marchent en vêtements blancs.  

Dans l’Eglise de Philadelphie, ce sont ceux qui ont gardé la parole divine de la persévérance et qui ont été gardé à l'heure de la tentation (un petit rappel sur la tentation de Gethsémani (le pressoir à huile et sur le doute qui survient sur le peuple chrétien pendant une grosse épreuve)

Enfin dans Laodicée : Ce sont ceux qui après avoir été châtié et s’être repentis ont entendu la voix du témoin fidèle et véritable, eux qui lui ont ouvert la porte, laissé entrer chez eux, et souper avec lui, et lui avec eux. ».

Vous qui aimez Dieu, son fils et son esprit, fatalement vous vous reconnaissez ou vous vous reconnaitrez dans au moins une de ces Eglises.

Que le nom de notre Seigneur soit béni et que son Eglise reçoive paix, grâce et persévérance dans la vérité.

Amen