dimanche 15 février 2026

PORTER SECOURS : Qui mérite vraiment de l’être ?

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Par Eric Ruiz

 

Samedi 14 février, c’est une fête païenne très suivie par de nombreux pays : c’est la fête des amoureux, la fête de l’amitié.


Mais comment célébrer l'amour de Christ? Pour certains c’est le moment pour commémorer Saint Valentin, un martyr chrétien devenu symbole de l’amour fidèle. Pour les chrétiens en général, c’est justement l’occasion de célébrer leur attachement à Jésus-Christ et à son don d’amour véritable.

 Jésus-Christ est Sauveur. Yeshoua son nom araméen signifie Sauveur. C’est un fait établi pour un chrétien… et nous, ses disciples, que sommes-nous ? De simples contemplateurs ou adorateurs ?  Des admirateurs d’un Dieu qui se manifeste chez les autres sans que nous ayons à agir ? Ne sommes-nous pas amenés, nous aussi, à sauver notre prochain ?  Or, pour le commun des chrétiens, c’est le fils de Dieu qui sauve. C’est Lui qui apporte le Salut.  C’est Lui la Vie Eternelle. C’est Lui qui fait passer de la mort à la vie. Nous n’avons ni cette fonction, ni cette puissance. Nous ne sommes que de simples pécheurs rachetés par grâce.

Beaucoup de chrétiens affirment que seul Jésus sauve, et c’est vrai. Mais cette doctrine n’est-elle pas devenue une fausse louange ?  Car cette vérité devient alors un refuge pour ne rien faire. Une fausse humilité qui masque le refus ou la peur d’agir. Pourtant, si un proche est en détresse, sur qui peut-il compter ? Sur une prière seulement, ou sur un disciple prêt à se lever pour lui?

Le disciple partage le nom « sauveur » de son Seigneur, non dans la rédemption, mais dans le secours.  Il est lui aussi appelé à porter secours même s’il ne peut lui offrir le salut de son âme.

Mais vous me direz : « je ne connais personne, je vis dans un lieu isolé, comment puis-je porter secours aux autres ? » ou encore « je suis âgée, faible, je n’ai aucune force, je ne sais rien faire, je n’ai aucune compétence, c’est plutôt moi qui suis en détresse, comment puis-je être utile ? ».

Il ne s’agit pas de se croire compétent ou non, ni de chercher par soi-même les personnes en détresse, ni forcément de devenir pompier volontaire dans la brigade de sa ville. Il s’agit de se préparer spirituellement, afin d’être disponible pour Dieu. Sinon, les situations auront beau se présenter, elles resteront invisibles à nos yeux.

 Eh oui, c’est Dieu le Père qui gère la situation de détresse. C’est Lui qui permet que nous devenions un élément moteur pour intervenir auprès d’autrui.

Rappelez-vous les ouvriers de la onzième heure. La parabole de Matthieu chapitre 20 commence ainsi : « Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne ».

Ces ouvriers étaient sans travail, assis, attendant qu’un vigneron les embauche. A toute heure, même à la dernière heure, le vigneron est venu les chercher. Dieu vient vous embaucher. C’est lui qui sort dès le matin pour sa vigne qui est son royaume.

Matthieu 20 : 6 « Etant sorti vers la onzième heure, il en trouva d'autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire? 7Ils lui répondirent: C'est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il »

 

Un chrétien croit trop souvent que la vigne du Seigneur, son royaume se trouve dans les 4 murs de son Église locale. Et il pense qu’en s’y engageant, en y prenant des responsabilités, il sera utile au Royaume de Dieu. Mais est-ce dans ce lieu de culte uniquement que se trouve la vigne du Seigneur ?

Sa vigne  n’est pas un enclos.

Elle n’a pas un territoire définie.

Elle n’est pas non plus forcément là où se trouvent des chrétiens rassemblés.

Sa vigne est sans doute là où personne ne l’attend.

Et si elle se trouvait en territoire ennemi ?

Dans un lieu que vous avez même jugé impur, infréquentable ?

 Jésus a fréquenté des personnes qualifiées de mauvaises vies, les prostitués. Savez-vous à l’avance où Dieu vous emmènera ? Vous êtes vous préparés à intervenir dans un lieu que vous aurez peut-être jugé comme étranger, impur et rebutant ?

Il n’y aura jamais un écriteau ou une bannière pour vous confirmer : «ici c’est la vigne du Seigneur ». La confirmation sera invisible, inscrite dans le cœur, dans une intention qui se fera plus pressante.

Dans les assemblées, on parle régulièrement d’un nouveau réveil spirituel. Certains disent l’avoir vu dans une église ou plusieurs se sont mis à prophétiser, ou à pleurer sur leurs péchés. Sans le dénigrer : ce réveil est louable. Mais ce qui se manifeste là n’est qu’un prélude, une préparation à quelque chose. Les croyants réveillés s’arment pour un combat. Ils prennent les outils indispensables à la lutte qui va suivre. Mais pour quel combat ? La lumière reçue n’est-elle pas destinée à éclairer un autre endroit ?

 

N’est‑ce pas dans ses gestes et dans sa conduite que la foi d’un disciple prend véritablement corps ? Le réveil, n’est-il pas orienté vers un besoin à pourvoir ? Voilà le vrai combat… Lorsque le besoin devient prioritaire, le réveil spirituel a alors sonné comme une trompette. Le shofar du besoin est le son que notre Dieu adore le plus. Pour un disciple, lorsque son propre besoin passe au second plan et que le besoin de l’autre devient plus urgent, alors le son du shofar est pur.

Mais, lorsque vous agirez pour le réveil, parmi vous d’autres se lèveront ; ceux qui refusent le réveil. Ils jugeront votre initiative mal inspirée. Ils vous jugeront, et condamneront vos actes.

Ils jugeront que celles et ceux qui reçoivent votre secours ne le méritent pas et que Dieu les a abandonné à leurs péchés ou que Dieu ne vous a pas appelé à les aider, car notre Seigneur qui est pur privilégie les justes et hait les impurs.

Remettons la vérité à sa place :

« Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples: Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie? 12Ce que Jésus ayant entendu, il dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. » (Matthieu 9 :11-12).

Alors, bien souvent, ce que l’homme a déclaré souillé, Christ l’a déclaré pur. Dans le livre des Actes, Corneille et sa famille, des païens romains, étaient considérés comme impurs, même aux yeux de Simon Pierre. L’apôtre dut vivre un véritable réveil spirituel pour comprendre que Dieu ne fait acception de personnes. C’est lorsqu’un ange lui a parlé et lui a montré la vérité dans une vision que Simon Pierre a compris que cette famille était dans la lumière et non dans les ténèbres.

Alors, qui peut être secouru ? Ceux qui sont dans la lumière ? Oui bien sûr mais aussi …

Toute personne peut être secourue, y compris celles que nous pensons être « dans les ténèbres », « du mauvais côté », ou moralement compromises. Les traditions spirituelles et l’expérience humaine montrent que l’aide ne se limite jamais aux justes. Elle s’adresse aussi — et parfois surtout — à ceux que nous aurions tendance à exclure.

A titre d’exemple on pense aux terroristes, aux criminels ; aux personnes violentes et déséquilibrées ; mais sans tomber dans les extrêmes que nous ne rencontrons que rarement, il y a des personnes plus proche de nous que nous excluons sans qu’ils aient commis de tels méfaits. Les adultères, les divorcés, les séparées, celles qui ont trahi leur assemblée, en l’abandonnant. Sans compter, Toutes ces personnes que nous aurions traités d’hérétiques, parce que leur foi nous choque ; comme aussi celles qui n’ont pas été droites avec nous, qui ont été malhonnêtes ;

 

Dans la Bible un des récits nous interpelle à ce sujet : c’est celui du prophète Élisée et Naaman.

Naaman est ni plus ni moins que le chef de l’armée Syrienne ennemi d’Israël. Naaman est un homme violent, arrogant. Il est puissant, respecté… mais atteint de lèpre, une maladie qui le rend impur et qui l’exclu.

Pourtant, il sera guéri de sa lèpre par Elisée, un prophète d’Israël.
Or, Selon la logique humaine, Naaman cumule tout ce qui devrait empêcher qu’on l’aide :
ennemi politique, étranger, arrogant, idolâtre, violent, et impur par sa maladie contagieuse. Pourtant, c’est lui qui va recevoir guérison et miséricorde.

Elisée suit simplement le plan de Dieu. Il est au service du Très-Haut. Il n’est dans aucun calcul, ni esprit de vengeance.

Mais avant lui, ce qui est encore plus surprenant, c’est que la première personne à secourir Naaman est une de ses victimes. Une jeune servante israélite le place volontairement sur la voie du prophète Elisée.

Pourtant cette servante a été capturée lors d’un raid syrien en Israël.
Elle aurait toutes les raisons de haïr Naaman, de se réjouir de sa chute ; de savourer ce début de vengeance, car elle est maintenant captive et esclave dans sa maison.
Pourtant, elle dit à sa maîtresse qui est la femme de Naaman :
« Si seulement mon seigneur allait voir le prophète en Samarie, il serait guéri. » (2 Rois 5 :3).  Vous voyez le secours apporté par cette jeune servante ? C’est comme si elle avait dit : « va prendre ta guérison, je ne te condamne pas » A-t-elle eut besoin d’une compétence spéciale ? Non, Dieu a fait en sorte qu’elle soit amenée captive chez Naaman et qu’elle eut connaissance de la réputation du prophète Elisée. A partir de là, elle a juste évoqué une possibilité de guérison. Quelques mots ont suffit à placer Naaman sur le chemin de la délivrance. Or, du récit de Naaman, on ne retient surtout que ce qui est prodigieux : qu’il s’est lavé 7 fois dans le Jourdain pour obtenir sa guérison. Mais les petits détails sont parfois plus importants que le grand miracle. Quand le cœur agit en total opposition avec ce que n’importe quel humain ferait, n’est-il pas là le véritable miracle ? L’amour prend des formes miraculeuses lorsqu’il se surprend à aider son ennemi et à lui porter secours.

La semaine dernière, j’ai été témoin de ce genre de miracle. J’ai vu une femme qui en voulait terriblement à une autre face à une situation dramatique : le décès de toute une famille qui a périt dans les flammes. Cette femme s’est portée secours pour celle qui était devenue l’infréquentable, la pestiférée parce qu’à priori, par sa négligence elle est responsable du désastre commis. Eh bien, ce genre de délivrance se retrouve chez les croyants réveillés. C’est ainsi qu’ils partent travailler dans la vigne du Seigneur. C’est ainsi qu’ils font des œuvres de justice. Ils ne sont pas devenus fous, ils sont devenus amis de Dieu parce qu’ils font ce que Dieu lui-même souhaite faire. Ils s’oublient eux-mêmes pour permettent à Dieu de défendre sa cause. Parce qu’ils agissent ensemble Père et fils unit par le Saint-Esprit.

 

Remarquez bien les relations conflictuelles ; et en particulier celle entre les juifs et les samaritains ; ils sont au même point que les Israelites et les Syriens. Deux peuples fondamentalement opposés.  Les juifs considèrent comme impur le simple fait de boire ou de manger avec un samaritain. Dans leur déplacement, un juif préférait faire un détour pour éviter de passer par la Samarie. Appeler quelqu’un « samaritain » est même une grave injure. Jésus a été insulté de la sorte. Quand aux disciples des Evangiles, ils sont près à faire descendre le feu du ciel pour exterminer un village samaritain qui refuse de recevoir Jésus.

Eh bien, c’est dans ce contexte de guerre froide que Jésus de Nazareth raconte sa parabole du bon samaritain. Un juif laissé pour mort sur le bord de la route se voit secouru par un samaritain. Lui seul est ému de compassion. Les autres juifs, sacrificateur, ou Lévite l’ont vu aussi, mais sont passés outre. Qui a fait la volonté de Dieu ? Jésus choque et scandalise encore une fois en montrant qui est sauveur ; qui est le véritable ami, qui s’occupe de son prochain.

Jésus-Christ  renverse les croyances, et les fausses valeurs. Il brise notre vision étroite de la justice. Il montre que nos frontières mentales et sociétales s’opposent au Royaume de Dieu.

Pour travailler dans sa vigne, chacun doit se libérer de ses coutumes, de ses opinions, et de ses démons. Toute victime peut porter secours à son bourreau, si c’est la volonté de Dieu. Sommes-nous prêts à porter secours ainsi? La lumière peut toucher les indignes, les exclus de la grâce. Sommes-nous prêts à secourir ceux qui ne méritent pas de l’être ? Sommes-nous prêts à être disponibles pour Dieu, même si cela nous conduit vers la contestation, l’incompréhension, ou le scandale ?
Sommes-nous prêts à secourir sans calculer le mérite, sans choisir les bénéficiaires, sans protéger notre image spirituelle ? En conclusion : le réveil spirituel dérange !

C’est sur toutes ces questions que je vous propose de méditer pour savoir si vous êtes prêts à agir pour le Saint-Esprit.

Amen

dimanche 1 février 2026

LES ZONES GRISES DE LA FOI

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Par Eric Ruiz

 

Jésus-Christ, comment a-t-il pu connaître un moment ténébreux lors de son passage dans le jardin de Gethsémani ? Lui qui est lumière… comment peut-il être touché par les ténèbres ?


Gethsémani intrigue fortement les chrétiens. Ce lieu dérange, il déstabilise. La raison tient à la fragilité du Christ qui renvoie les croyants à un malaise profond.  Ce malaise provient de la représentation qu’ils se font du fils de Dieu. Lui, qui possède la puissance de Dieu comment peut-il vaciller ? Peut-il faillir comme un simple être humain ? C’est du Père directement qu’il tient toute sa force. Si le Fils de Dieu perd pied, comment pouvons-nous ne pas nous effondrer nous aussi ?

Car s’il peut défaillir… vers quels saints se tourner pour y puiser sa force ?

Les catholiques ont leurs réponses. Ils ont trouvé une foule de saints pour intercéder, une figure pour chaque combat difficile. Pour lutter contre l’alcoolisme on prie Notre Dame de Guadeloupe. Pour acquérir de la sagesse, c’est Notre Dame des lumières. Saint Christophe pour la protection d’un voyage ; contre les envoutements, Saint Cyprien ; on prie de même Saint Paul contre les angoisses et la peur, etc.

N’ont-ils pas confondu la créature avec le créateur ? Car Jésus est le seul chemin. Se fier à un autre c’est prendre un autre chemin, même si cette personne incarnait autrefois une onction et des valeurs supérieures de piété.

Si ce qu’a vécu Jésus avant d’être trahi a tant déstabilisé les croyants (rappelez vous, Pierre ira jusqu’à renier Jésus trois fois après qu’il fut arrêté et emmené devant les autorités) c’est sans doute parce que la vison chrétienne repose surtout sur un manichéisme absolu : c’est soit la lumière ou les ténèbres. On est soit dans l’un, soit dans l’autre. Le royaume des ténèbres c’est Satan. Le royaume de la lumière c’est Dieu. Entre les deux c’est le vide absolu, le néant. Le grand prêtre qui a reçu des hommes l’autorité pour juger les péchés ne lésine pas. La sainteté ou l’hérésie.

Or, il y a des fluctuations comme des moments de clair obscur. Un ciel bleu lumineux peut se couvrir de nuage comme la pleine lune éclaire la nuit. La nuit elle aussi est passagère et ne dure que quelques heures avant que le soleil ne vienne poindre ses rayons du matin. Pour Jésus les ténèbres de Gethsémani ont été son lot un court instant avant que la lumière luise encore plus fort.

Les personnes catégoriques sur leur état, celles qui croient dans une foi absolue souffrent énormément. Dès la moindre épreuve qui les touche ou qui touche un de leur proche, ça y est, elles discernent qu’elles sont dans les ténèbres. Satan est devenu leur maître, le péché les lient, elles ont besoin d’une délivrance, d’un exorcisme. Ou alors, ces croyants ne voulant pas être juger par les autres, cachent leurs épreuves et préfèrent simuler une foi constante, une joie permanente, une paix inébranlable. Mais au fond d’eux, ils luttent pour garder un semblant de vérité. La foi ce n’est ni la culpabilisation, ni la dissimulation.

La vie de foi, ce n’est pas blanc ou noir. Ce n’est pas un verdict : «  destiné à l’enfer » ou  « destiné au paradis », ou encore pour les meilleurs « voué à être à la droite de Dieu ».

La tradition chrétienne identifie systématiquement le blanc à la sainteté.  Ceux qui ont été baptisés ont été lavés de leurs péchés. Leur vêtement est par conséquent blanc. Il ne peut plus exister d’autres couleurs.

Or, Il y a des zones d’ombres passagères. Le gris est un état que tous les chrétiens connaissent maintes et maintes fois. Faut-il en avoir honte ? Faut-il le cacher comme une malédiction ?

Qui, malgré sa foi n’a pas connu des états de confusion ? Un cœur partagé ? Des moments de tristesse, d’angoisse, une perte de courage, une désillusion, un abattement ?

Jésus n’a-t-il pas dit lui-même à ses disciples avant qu’ils soient troublés et anéantis par ce qui allait se produire à Golgotha: « Vous aurez des épreuves difficiles, mais prenez courage j’ai vaincu le monde »

Il est curieux de constater que pour les choses du monde des chrétiens semblent éclairés. Ils critiquent la vision très simpliste d’une société à deux clans opposés. Le clan du bien : les démocrates modérés et le clan du mal : leurs opposants qualifiés d’extrême gauche ou de d’extrême droite. Ils réfutent le jugement hâtif ; comme celui de considérer une personne bonne ou mauvaise simplement sur une l’opinion qu’elle se fait en faveur d’une cause. Ils s’offusquent par exemple contre cette haine raciste selon laquelle défendre la cause d’Israël, fait de soi un sioniste ou défendre la cause des habitants de Gaza fait de soi un pro Islam. Ces croyants éclairés critiquent le manque de nuance de cette vision et parlent même d’un problème d’intelligence. Mais dès que l’on parle avec eux de religion, ils adoptent une vision binaire. Ils gomment alors les espaces intermédiaires, les nuances. On est vite catalogué soit dans la lumière, soit dans l’obscurité absolue. Ce sont des aveugles qui critiquent d’autres aveugles.

Oui, un état d’aveuglement peut toucher un homme de foi. Mais l’est-il forcément pour toujours ? Pour certains oui cela sera leur sort parce qu’ils ont blasphémé contre l’Esprit Saint. Mais leur jugement ne nous appartient pas. Et puis, pour beaucoup, l’aveuglement reste temporaire et partiel. Ils voient clair sur certains points mais une part de l’Evangile leur reste voilée.  

« Il vous a délivrés de la puissance des ténèbres. » (Colossiens 1:13). Les ténèbres peuvent nous toucher momentanément. Mais ces ténèbres ont perdu leur puissance. Ils ne nous maintiennent pas la tête sous l’eau indéfiniment et surtout ils ne peuvent nous détruire.

Si les « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière. » (Jean 3:19) ce n’est plus le cas pour ceux qui aiment Dieu. Ils préfèrent la lumière. Ils viennent et reviennent toujours vers elle.

Tandis que ceux qui aiment les ténèbres manifestent le contraire, ils reviennent toujours vers l’obscurité. Ils sont antéchrists et les ténèbres sont ce qu’ils préfèrent.

Pour certains le gris est un passage pour aller vers le blanc lumineux, tandis que pour d’autres, le gris n’est qu’un passage pour revenir au noir ténébreux.

Aussi pour les enfants de la lumière, ils peuvent traverser cet « entre deux » sans être perdus pour autant.

Alors, nous n’avons pas à nous inquiéter quand ils défaillent. Nous sommes avertis que cela doit arriver. Aussi nous avons la mission de les soutenir, de les encourager, de les exhorter pour qu’ils retrouvent le chemin de la lumière plus rapidement.

Jésus (pour certains) serait en train de mentir quand il dit à ses disciples avant d’aller dans le jardin de Gethsémani : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves; » (Luc 22 :28). Jésus sait :

qui parmi les disciples allait le trahir, ensuite,

qui allait s’endormir au lieu de prier avec lui,

qui allait fuir et

qui allait le renier par trois fois au chant du coq. 

Ont-ils persévérer à ce moment avec lui ? Non à priori.

Mais Dieu ne regarde pas quand nous trébuchons. Il tient compte des moments où nous allons vers la lumière et il tient compte des actes lumineux que nous faisons. « Le Seigneur dit: Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. 32Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. » (Luc 22 :31-32). Jésus sait très bien que la foi humaine n’est pas dans une lumière absolue. Il sait que des nuages viendront assombrir le ciel.  Que la repentance et la conversion permettront un retour lumineux. Et c’est ainsi que la lumière sera toujours présente. Simon Pierre reviendra toujours vers la lumière pour affermir ses frères.

Jean, lorsqu’il écrit sa première épitre sait aussi que lorsqu’on donne accès au péché, on marche dans les ténèbres : « Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. »(1 Jean 2 :11). Que fait Jean ici ? Condamne-t-il ceux qui haïssent ou bien les exhorte-il à se comporter différemment pour marcher dans la lumière ? Jean commence le deuxième chapitre ainsi : « 1Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. » Il ne dit pas de condamner et d’excommunier ceux qui marchent dans les ténèbres. Mais il incite chacun à revenir à ce qu’il a reçu au départ, à revenir à son onction pour demeurer en Christ. Son exhortation est un vrai plaidoyer à demeurer en Christ en se détournant des séductions du monde (v 15).

En lisant ce chapitre de Jean, moi je me sentirai repris si j’éprouvais une aversion contre un frère. L’esprit de repentance me saisirait. Je souhaiterai lui demander pardon ou réparer au plus vite cette faute. Remarquez bien que Jean s’adresse à de veritables croyants pour qu’ils sortent de leurs zones grises afin d’aller vers le blanc lumineux. Jean n’exhorte pas les autres. Aux autres, il dit qu’ils sont partis parce qu’ils ne supportaient plus la lumière. « Il y a maintenant plusieurs antéchrists…19Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; car s'ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu'il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres. ».

***Ce retour à la lumière en quittant nos zones grises, Jean en fait un nouveau commandement.

« 8Toutefois, c'est un commandement nouveau que je vous écris, ce qui est vrai en lui et en vous, car les ténèbres se dissipent et la lumière véritable paraît déjà ».

Ce verset  est essentiel à comprendre En Dieu comme en chacun de ceux qui croient en lui se trouve une zone ténébreuse qui se dissipe pour que la lumière véritable paraisse. Et d’ailleurs, c’est au moment où les ténèbres se dissipe que la lumière est la plus forte.

La lumière véritable finit toujours par paraître, dit Jean. Pour ceux qui aiment Dieu, même lorsque le gris s’installe, la lumière finit toujours par reprendre sa place parce qu’elle a été mise en chacun de ceux qui croient. Le commandement c’est de ne cesser de croire que la lumière véritable est déjà là. C’est de croire aussi que nos ténèbres, ces zones grises sont déjà du passé. Croyons que Dieu ne cesse de rallumer ce qui a été pour un temps obscurcie.

Dieu ne nous évalue pas sur nos épreuves, mais sur la soif de notre cœur à le chercher malgré nos déboires et nos souffrances. Alors, comment regarder nos zones grises? Comme des passages, Comme des appels. Ce sont des espaces où la lumière nous saisira pour nous faire grandir.

1 Pierre 5 :10 : « Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. »

La réponse essentielle est finalement celle‑ci :
Et si le chemin vers la lumière passait justement par ces zones grises que nous redoutons tant?

La foi n’est pas évaluée à l’absence de chute mais à la direction du cœur.

Et c’est ainsi que nous marchons sur les pas de notre guide souverain.  Nous faisons comme Jésus, nous traversons les ténèbres sans en être contaminé.
Alors, comprenons bien que le gris est un lieu de passage, pas une destination.

Accueillons nos fragilités sans les dramatiser, ni les diaboliser.
Soutenons ceux qui trébuchent au lieu de les juger, de les cataloguer, puis de les abandonner.

Aimer, ne cessons d’aimer en toutes circonstances, bonnes ou mauvaises. Quitter ses zones grises se fait en arrêtant un travail dur et pénible pour entrer dans son sabbat. Un sabbat c’est un lieu de repos.  Ce repos est en Christ et ce jour et un nouveau jour, un nouveau commencement. Car c’est dans ce sabbat que la lumière brille au plus fort. Ce jour de fête ou de célébration marque un vrai temps de repos, de paix de plénitude, sans oublier de guérison.

Amen

dimanche 25 janvier 2026

QUAND DIEU PRESSE L’AME POUR EN FAIRE JAILLIR L’ESPRIT

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Par Eric Ruiz

 

Nous sommes entrés dans des temps difficiles. Dieu, par le Saint-Esprit avertit son peuple afin qu’il se détourne de ses mauvaises voies et qu’il se consacre de nouveau. Mais qui y prête attention ? Qui en mesure réellement la gravité ?


Tant de prières semblent témoigner que la grâce est là , qu’il nous suffit d’invoquer notre Seigneur pour recevoir les dons de l’esprit qui nous manquent. Il nous manque de la puissance… eh bien prions Dieu pour la recevoir. Mais la puissance du Saint-Esprit est-elle liée à la puissance de nos prières ?  Dans bien des assemblées chrétiennes, on entend des prières enflammées et ardentes du type : « Père que ma coupe déborde ! Rempli moi d’une double onction du Saint-Esprit ! ». Alors faut-il simplement prier avec force, conviction et persévérance pour obtenir cette coupe de bénédiction ? Oui, d’une certaine manière, la prière est importante, mais… ce n’est pas le seul élément en jeu.  Le contexte dans lequel se trouve le croyant est primordial. L’enjeu même de la prière est de tout premier ordre. Pourquoi prier ainsi ? Pourquoi cette prière doit-elle être si pressante et urgente dans les faits ? Pourquoi doit-elle naître d’une angoisse intérieure ou d’un cri de détresse ? Avez-vous remarqué…C’est souvent dans ces moments-là que Dieu commence son œuvre la plus profonde.

 

Jésus nous montre ce contexte des temps difficiles, au moment de ses derniers instants passés avec ses disciples ; Lorsqu’il pria ainsi : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! ».

Après le repas de la Pâques, Jésus se rend dans un endroit proche de Jérusalem, avec ses disciples, dans un jardin, celui de Gethsémani. Il prend à part Pierre, Jacques et Jean pour prier.

Jésus exprime alors une immense tristesse, et une profonde angoisse. « Mon âme est triste à en mourir ». L’intensité est extrême «sa sueur devient comme des gouttes de sang ». Malgré la demande de Jésus de veiller et de prier, les disciples s’endorment à plusieurs reprises.

Puis la foule et des soldats arrivent avec Judas Iscariote, le traitre, celui qui a payé pour que l’on s’empare de lui, qu’on l’arrête et qu’on l’amène devant les autorités afin d’être jugé.

·        La Gethsémani du croyant

Dans ce lieu devenu mythique celui du jardin de Gethsémani, Jésus est en train de boire une coupe qu’il ne voudrait pas boire en tant qu’homme mais qu’il boira pour faire la volonté de son Père qui est dans les cieux. Dans ce jardin, l’épreuve devient de plus en plus intense. Dès son arrivé Jésus y ressent une pression extrême qui se traduira même par un malaise corporel (des gouttes de sang). Ce cas appelé hématidrose et très rare. Il a été observé lors de stress extrême, où des petits vaisseaux se rompent laissant passer un peu de sang dans la sueur.

 

Je m’arrête un instant pour signifier que le projecteur est sans cesse pointé en direction de Jésus, sur la passion du fils de Dieu ; afin que la foi du croyant s’émeuve de compassion et de reconnaissance devant la souffrance et ce sacrifice cruel et injuste qui aboutira (on le sais) à sa crucifixion. Et c’est juste : le chrétien doit mesurer le prix très élevé payé par Dieu pour un châtiment que nous méritions nous et nous seuls.

Avoir compassion de notre Dieu c’est une très bonne chose, bien-sûr. Mais ne voir que cela occulte malheureusement une autre partie de la vérité. Le projecteur doit aussi se tourner vers nous, croyants. Ce récit à d’autres vocations. Les détails de la vie de Jésus sont des enseignements, des exhortations, pour nous qui désirons lui ressembler et marcher dans ses pas. Car l’enjeu pour nous disciples, est d’être appelé « ami « et non plus « serviteur ». L’ami est intime, il connait ce que fait Jésus et il passe lui aussi par des épreuves similaires.

 

Le jardin de Gethsémani est un passage obligatoire pour le disciple. Et Jésus lui-même en fait référence.

Matthieu 20 :22-23 « jésus répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? Nous le pouvons dirent-ils. 23 Et il leur répondit : il est vrai que vous boirez ma coupe. ».

Ce qui s’est passé à Gethsémani est une coupe de souffrance, d’épreuve difficile mais aussi de transformation. C’est une épreuve que tous doivent boire : le fils de Dieu comme petits et grands dans la foi. Gethsémani se trouve sur les pentes inférieures du Mont des oliviers, là où l’on y trouve encore de nos jours des oliviers. C’était par conséquent un endroit tout à fait logique pour y trouver un pressoir. Gethsémani  en hébreu et en Araméen signifie : « le pressoir à huile ». Ce n’est pas sans intention que Jésus s’y est arrêté. Ce n’est pas non plus un hasard si ce lieu justifie pleinement son nom.  Sous des meules de pierre on y pressait des olives pour en extraire l’huile.

A Gethsémani est confronté la volonté humaine et la volonté de Dieu car la pression de l’épreuve est au plus haut.

Mais pour bien comprendre la profondeur de cette coupe à boire, nous devons aussi comprendre comment fonctionne en parallèle ce pressoir à huile.

·        LE PRESSOIR A HUILE matériel et spirituel

Avant de passer au pressoir, les olives sont lavées, et elles doivent être transformées en pâte. Alors, afin d’obtenir une pâte épaisse et luisante, les olives, noyaux compris, sont écrasées par de grandes meules puis malaxées, brassées pendant près d’une heure.

A notre arrivée à Gethsémani, nous disciples sommes lavées de nos fautes, comme ces olives écrasées pour ne formées qu’une pâte. Pourquoi ? Pour que nous soyons malléables par Dieu. Ce changement d’état est visible. Ce principe du brisement s’applique à nos cœurs lors de la repentance. La repentance prépare le chemin à l’Esprit saint tout comme ce broyage d’olives. Notre tristesse et notre état d’âme est au plus bas. Il est écrasé par le poids de l’épreuve. Mais c’est dans cet état que notre pâte (notre chair) est la plus malléable.

Maintenant peut commencer le pressoir. La pression exercée avec beaucoup de force est immense (400 bars, l’équivalent à 160 fois la pression d’un pneu de voiture) a pour but alors d’extraire le liquide en emprisonnant la peau, les fragments du noyau et la pulpe de l’olive. Un peu comme une conversion le ferait en écrasant tout ce qui nuit à la sainteté dans nos vies (mensonges, adultères, hypocrisies, médisances, calomnies etc). Jésus, lui, était au bord de l’agonie, tant la pression de l’épreuve qu’il allait subir était lourde et écrasante physiquement et émotionnellement. Sa propre volonté humaine elle même était écrasée. Lorsque nous sommes pressés à ce point, il n’y a plus de place alors à autre chose qu’à la volonté de Dieu. La notre disparait elle-même sous la pression. Matthieu 26 :39 : «Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». C’est avec ces mots-là que Jésus priait son Père céleste.

A ce moment là,  la tentation étant vaincue, l’étape ultime peut avoir lieu. C’est cette étape ou l’huile coule et surabonde. C’est l’étape de la séparation entre l’huile et l’eau. Car l’huile auparavant n’était pas encore pure, toujours mélangée à une eau impure. C’est là qu’à lieu la décantation. Un phénomène naturel où l’huile plus légère que l’eau remonte naturellement à la surface. On peut alors la récupérer délicatement. Il est à noté que dans cette troisième étape tout se fait sans efforts. L’huile laissée au repos remonte d’elle-même à la surface. Notre force est dans le repos. Se reposer en Dieu s’est laissé remonter huile- l’onction à la surface

D’un fruit comme l’olive, le pressoir extrait de l’huile. C’est une transformation. Un état nouveau.

Concrètement si on a bien compris les 3 étapes du pressoir à huile, on comprend comment le disciple progresse dans l’acquisition d’une onction puissante par le Saint-Esprit. La décantation : l’eau de la chair disparait au profit de l’huile de l’Esprit.

Et, je le redis la prière seule ne suffit pas. L’épreuve qui devient insurmontable humainement a besoin de la prière des autres. Mais elle a aussi besoin de ce moment où l’on se voit abandonné par eux, eux ces autres croyants qui comme Pierre Jacques et Jean s’endorment. A la deuxième étape, tout soutien disparaît. Pourquoi tout aide disparait ? Car la volonté de Dieu est que nous lâchions prise ; Que nous réalisions que Lui Seul est salutaire. Et qu’il n’y a de Sauveur en aucun autre.

Tous ont fui et ont renié Jésus. La peur, la tentation les ont saisis faute de veille et de prière.

Quelle était la plus grande tentation ? Celle de s’en remettre encore à sa propre volonté, et d’écouter sa chair hurler.

Il y a des épreuves dans la vie du chrétien qui deviennent comme un Gethsémani. Certaines portent dès le départ l’odeur de l’agonie, de l’abandon, de l’humiliation et de la trahison comme Jésus l’a vécu : abandonné d’abord par l’endormissement de ses disciples, puis humilié par le peuple armé de bâtons et d’épées venu le prendre pour le livrer comme un vulgaire brigand et enfin, trahit par Judas qui le livra aux autorités religieuses pour quelques pièces d’or.

Mais, les choses puissantes ne sont pas toujours saisissantes pour l’œil humain. L’esprit saint devient puissant par un effet chimique de décantation. A la manière d’un procédé naturel, la purification se fait en chassant ce qui est impur pour ne conserver en nous que l’huile pure du Saint-Esprit.

La puissance du Saint-Esprit ne vient pas en claquant des doigts ni comme par magie, ni à la suite d’une prière où l’épreuve serait absente.  Elle ne vient pas non plus parce qu’un prophète l’a annoncée pour son époque ou pour son assemblée. Cette puissance vient pour une raison et une seule : Il n’y a plus d’autres issus possibles pour le croyant. Le prodige divin devient sa seule porte de sortie.

En fait ce procédé d’extraction se fait à froid comme l’huile. Le disciple passe par cette sueur froide avant de connaître la chaleur divine. Sa chair réalise qu’elle ne peut rien faire que de trembler. Mais la chaleur, le calme et la confiance viennent de l’Esprit dont la mission est d’opérer ce changement. Parce que, pour un croyant le feu est mis à l’huile. C’est son baptême de feu. Là où l’épreuve est au plus fort, l’esprit de Dieu brûle au plus haut degré.

Par conséquent, dans les combats les plus difficiles, Dieu ne fait pas appel à une armée forte, mais à des soldats démunis de force. Ou pire à des gens qui ne sont que des amateurs et pour qui personne ne miserait un kopeck.

Et là je fais un détour par Gath, cette grande ville des philistins qui autrefois vit naitre ; Goliath le terrible géant qui terrifiait Israël. Gath est un mot intéressant parce qu’il signifie aussi « pressoir ». Et ce n’est pas une armée puissante qui vainquit Goliath. L’armée d’Israël était pétrifiée par ce géant de 3 mètres. Mais ce fut un enfant, un simple berger du nom de David qui releva le défi et le tua. Ce petit berger ridicule aux yeux des hommes, mit le géant à terre par la foi et avec une fronde et 5 pierres prises dans un torrent. Et tous les philistins prirent la fuite.

Ainsi, en passant par Gath, par ce pressoir, nous rencontrons un adversaire redoutable, certes. Cet adversaire semble même nous terrasser puisque c’est un moment de doute extrême où nous nous sentons abandonné, trahi, humilié. C’est peut-être aussi une maladie grave, un accident mortel, ou une situation mettant notre propre vie en péril. Et apparemment, c’est un ennemi invincible. Cet ennemi dans un premier temps nous terrifie mais…

Quand l’huile est extraite, alors la volonté de Dieu exerce toute sa puissance : elle brise cet ennemi et nous donne la victoire.

Voilà ce que représentent Gath et Gethsémani. Ce sont nos lieux de détresses. Ces mêmes lieux qui nous transforment, nous remplissent de l’esprit saint et nous font partager la victoire de Dieu.

·        Pour résumer :

Au bout du pressoir, il ne reste plus rien de l’olive… sauf l’huile. Tout ce qui était dur, tout ce qui résistait, tout ce qui empêchait la lumière de passer a été brisé, écrasé, séparé. Il en est ainsi du disciple. Lorsque Dieu nous conduit à Gethsémani, ce n’est jamais pour nous détruire, mais pour faire jaillir de nous ce que nous ne pouvions produire par nous-mêmes : l’huile pure et puissante du Saint- Esprit.

Dans ces moments où tout soutien disparaît, où la prière des autres s’éteint, où la solitude devient écrasante, Dieu n’est pas absent. Il travaille. Il presse. Il purifie. Il sépare. Il fait remonter à la surface ce qu’Il a déposé en nous. Et lorsque notre volonté cesse de lutter, lorsque notre chair se tait enfin, alors Sa volonté peut s’accomplir pleinement.

Gethsémani n’est pas la fin du croyant. C’est un nouveau commencement.
Gath n’est pas le lieu de la défaite. C’est celui de la victoire.
Car là où la pression est la plus forte, la puissance de Dieu se révèle la plus grande.

Ainsi, lorsque nous traversons nos pressoirs, souvenons-nous :
l’huile ne coule jamais sans pression,
la lumière ne brille jamais sans brisement,
et la puissance ne naît jamais sans Gethsémani.

Que celui qui est pressé ne désespère pas. Que celui qui se sent vidé et démunie de toute puissance ne perde pas la foi.
Car c’est précisément là que Dieu façonne ses vainqueurs.

Amen

dimanche 11 janvier 2026

L’UNIQUE CHOSE QUI PLAISE A DIEU

606


Par Eric Ruiz

 

Ce matin, du samedi 10 janvier 2026, je n’avais pas encore ouvert les yeux que le souvenir d’un rêve me poursuivait. Une impression étrange d’avoir rêvé toute la nuit.


Dans ce rêve, j’étais d’abord avec un frère que je fréquentais autrefois au sein la communauté chrétienne dans laquelle je vivais. Je lui posais la question suivante : « Pour toi, qu’elle est la chose la plus importante à faire pour plaire à Dieu ? » Il me donna plusieurs réponses. Alors, c’est là que je lui affirmais avec force qu’il n’y a qu’UNE SEULE et UNIQUE REPONSE et pas deux, trois ou quatre. Un homme qui se repent, voilà ce qui plait à Dieu. Or ma réplique sembla le rendre dubitatif.

Puis, je me trouvais en face de mes anciens dirigeants et je ne cessais sans relâche de leur dire en quoi la repentance est la SEULE chose qui plaise à notre Seigneur. Et je n’arrêtais pas d’insister sur le repentir.

Je leur rappelais comment le roi David qui était loin d’être intègre et sans péché plaisait à Dieu…parce qu’il se repentait de ses fautes.

Rappelons-nous aussi Job, qui pendant 41 chapitres essaie d’argumenter, et d’expliquer qu’il rend la justice divine, qu’il est meilleur que les autres ; qu’il a toujours placé Dieu en premier dans sa vie, et qu’il ne mérite pas l’épreuve qui lui arrive… pour admettre finalement au chapitre 42 qu’il s’est trompé, s’est fait des illusions, qu’il ne voit pas Dieu et qu’il se condamne et se repent sur la poussière et sur la cendre.

Sans repentance, on perd son temps, on s’épuise et il est impossible ainsi pour un être humain de plaire à Dieu. Qu’il soit prophète, docteur, apôtre, disciple accompli, ou que sais-je, la repentance est l’unique porte de notre salut.

Il y a un Evangile qui nous éclaire particulièrement : c’est celui de Marc.

L’Evangile de Marc ne débute pas au premier chapitre avec des indications sur la vie de Jésus, mais il commence dès les premières lignes sur ce qui est prédit dans le rouleau d’Esaïe le prophète à savoir : qu’un messager sera envoyé pour préparer le chemin du Seigneur. Ce messager ne prêche pas autre chose que la Repentance. Il ne baptise pas autrement que par le seul baptême de repentance.

L’Evangile de Marc a la réputation d’être plus en actes qu’en paroles, tout en montrant Christ comme le serviteur. Christ est venu non pour être servi mais pour servir (Marc 10 :45). Il se donne en offrande.  Pour un disciple, se donner soi-même en offrande c’est servir Dieu ; et ce service commence avant tout par le chemin du repentir.

De la même façon, revenir à Dieu, après s’être égaré consiste à reprendre ce même chemin de conversion.

Marc verset 1 écrit : « C’est ainsi qu’à commencé la Bonne Nouvelle (ou l’Evangile) de Jésus-Christ… »

Marc est direct, sans détour, il ne laisse aucune place à l’ambigüité : la Bonne Nouvelle de l’Evangile commence par se repentir soi-même. Toute autre action est inutile et nous fait prendre un chemin d’égarement.

Alors, à quoi nous sert-il de faire des vœux de fidélité et de droiture, si nous sommes allergiques à la repentance ? A quoi nous sert-il de parcourir la Bible jour et nuit si l’idée même de la repentance nous est étrangère (plus encore insupportable) ? Et s’astreindre à tant de privations, tant de règles et de lois à suivre à la lettre, pour voir au final la porte du ciel fermée parce que se repentir n’a pas été notre première aspiration. Quel malheur !

Ah, que d’hommes et de femmes ont pourtant annoncé publiquement leur repentance et continue à le faire sans se sentir indigne.

Combien ont montré une attitude de repentie.

Le premier roi d’Israël, le roi Saül, confessa son péché au prophète Samuel. Il avoua avoir transgressé l’ordre de Dieu (1 Samuel 15 :24-31). Il avoua avoir désobéi aux paroles du prophète. Il se prosterna même devant Dieu. Mais, rien n’y a fait. Parce que son principal péché était son manque de repentance.

Saül explique pourquoi il ne pouvait se repentir au verset 29 : « Celui qui est la force d'Israël ne ment point et ne se repent point, car il n'est pas un homme pour se repentir. ». 

Ce verset dévoile la vérité cachée de l’état d’âme du roi. La royauté, le pouvoir, sa fonction hiérarchique, son onction ne pouvaient être comparable avec l’état d’un homme lambada, avec l’état d’un simple citoyen.  Lui, est roi, et possède l’onction divine. Il est au-dessus du peuple. Il est plus fort que lui. La repentance est pour les faibles et non pour les forts. 

Celles et ceux qui pensent être fort avec Dieu ne voient dans la repentance qu’un aveu d’échec ou d’impuissance

Alors, ne voulant pas passé pour des rebelles ou des faux oints, ils font comme ce roi déchu, ils courbent le dos. Ils arborent un visage défait, ils imitent l’être repenti. Mais ils s’arrêtent tous là, à cette fausse démonstration. Ils ne vont pas plus loin. Ils agissent comme ce riche qui avait de grands biens et pour qui Jésus a dit qu’il sera difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.

Je ne dis pas cela pour les montrer du doigt afin de les juger, mais pour que eux puissent se reconnaître et qu’ils tombent réellement sur leur genoux.

On ne se détourne pas de ses mauvaises voies en les nommant ou en faisant des efforts pour ne pas y retomber. Mais en brisant son cœur premièrement. C’est ce qu’aime le plus notre Dieu. Il est indispensable de se mettre à nu devant lui. Un état de dépendance absolu devant notre Seigneur. Il ne s’agit pas de compter encore sur une partie de ses forces, ou de regarder autour de soi qui est en état de venir nous aider. Le riche : c’est celui qui compte toujours sur ses capacités, ou sur une situation, sur un conseiller, ou sur des ressources extérieures qui le sauvera de la ruine. Et c’est pourquoi la repentance est si difficile pour lui.

Alors, je sais que certains pensent que je manque de nuance dans mes propos parce que la repentance n’est pas la seule chose qui plaise à Dieu. Que j’ai oublié que la vie chrétienne est remplie d’autres choses. Des choses aussi belles et élogieuses ; Dieu se plait dans la louange, l'amour du prochain, l'exercice des dons, la prière, etc. À ceux-là, je répondrai avec franchise : ne cherchez-vous pas des excuses pour vous convaincre que vos œuvres ne sont pas vaines ?

Je n’exclue pas le reste de la vie chrétienne, mais je refuse de confondre les fruits avec la racine. La vie chrétienne découle de la repentance qui est la condition de validité de tout le reste. Parce la repentance n’est pas une activité, c’est une fondation. La fondation de notre temple personnel. Sans cette fondation nos actes de foi ne sont que du bruit.

C’est donc une porte. Et il n’y a qu’UNE SEULE porte étroite. Parce c’est celle d’un baptême essentiel. Et sans ce baptême de repentance, sans ce tonnerre… tout ce que nous bâtissons se fait sans communion avec Dieu. Sans cette fondation, Job ne se serait jamais sorti de sa tribulation. Elle l’aurait détruit. Sans cette fondation, Jésus-Christ n’aurait pas eu de chemin préparé, il ne se serait pas présenté devant Jean le baptiste pour honorer le baptême de repentance par son propre baptême.

Nuancer, ici ne serait pas être plus ouverts d’esprit mais ce serait apporter une fausse vérité en laissant croire qu’il existe une possibilité différente de venir à Dieu. Un chemin de traverse qui éviterait le brisement de l’âme.

Alors, maintenant si de terribles épreuves vous arrivent. Si ces épreuves vous semblent insurmontables, injustes, et que les forces vous manquent, que la situation semble irréversible, et que vous risquez de tout perdre. Loin d’être une malédiction, c’est une bénédiction cachée qui vous arrive-là. Un rendez-vous plutôt qu’une impasse. Pourquoi ?

Regardez bien, la situation : n’est-elle pas idéale pour une repentance ?

En étant totalement submergé, et nu devant l’épreuve, vous ne dépendez plus que de Dieu seul ; Et la porte de votre salut peut alors s’ouvrir et un nouveau chemin de délivrance se dévoiler devant vous.

Cette épreuve, cette tribulation aussi terrible qu’elle puisse paraître, Dieu l’a connait pour l’avoir laissé apparaitre. Il l’a vu comme votre point de salut. Et il s’en réjouit d’avance.

Figurez-vous que caché dans ces montagnes infranchissables, il se trouve un petit chemin aplanit que Dieu souhaite vous montrer. Alors ne perdez pas courage, Dieu n’est pas un Dieu qui attend votre chute. Il est là, la main tendue près à relever un peuple à genou.

Et il relève celle ou celui qui se repend.

Amen

dimanche 4 janvier 2026

LE VŒU DE JEPHTE, UNE ABOMINATION ?

605


Par Eric Ruiz

La Bible a toujours les mêmes conséquences : Elle plonge le lecteur à interpréter les évènements selon ce que pense sa tradition ou son entourage religieux ou encore selon l’état de son cœur (contrit, souffrant ou endurci).


Le récit de Jephté dans le livre des Juges au chapitre 11 a toujours suscité beaucoup de polémique et d’interprétations à son sujet. Le vœu que fit Jephté a été perçu pour les uns comme un acte de foi peu éclairé, tandis que pour d’autres il a émané d’une pensée abominable, qui ne peut-être celle de Dieu, mais d’un être tombé dans la folie de ses propres pensées charnelles ; d’autres encore ne prennent pas partie. Ils optent pour la neutralité dans ce domaine.

 

Le contexte est le suivant : Jephté, juge en Israël, fait un vœu à Dieu avant de combattre les Ammonites :

 Juges 11 :30-31 : « Jephthé fit un voeu à l'Eternel, et dit: Si tu livres entre mes mains les fils d'Ammon, 31quiconque sortira des portes de ma maison au-devant de moi, à mon heureux retour de chez les fils d'Ammon, sera consacré à l'Eternel, et je l'offrirai en holocauste. ».

A son retour victorieux, c’est sa fille unique qui sort à sa rencontre pleine de joie et d’allégresse. Jephté est alors dans l’abattement, il déchire ses vêtements, et émet plein de déconvenues devant sa fille sachant qu’il ne peut revenir sur son vœu.

Ce qui pose problème en fait, ce n’est pas le vœu en lui-même, c’est son interprétation à savoir : de quelle manière sa fille sera consacrée à l’Eternel ; comment sera-t-elle offerte en holocauste ? Est-ce un holocauste semblable à une offrande de bétail que l’on place sur l’autel des sacrifices? Ou bien une autre forme d’holocauste qui ne fait pas passer le corps par le feu jusqu’à la mort ?

 

Pour les juifs, pour ne citer qu’eux, cela ne fait aucun doute, c’est un sacrifice mortel. Jephté a fait un vœu irréfléchi et Dieu ne lui a jamais demandé de faire cela en son nom. Ce récit est une exhortation à consulter le grand prêtre avant toute décision. Un vœu ne doit jamais être pris seul sans concertation avec un supérieur qui a le discernement divin, sinon le croyant peut tomber dans une abomination.

Vous l’aurez compris je ne suis pas de cet avis, qui repose sur un enjeu fondamental de la religion : la soumission aux autorités religieuses.

Alors, regardons le texte biblique. Il y a un indice fort qui se trouve juste avant au verset 29 : « L'esprit de l'Eternel fut sur Jephthé… il marcha contre les fils d'Ammon. ».

Ce verset dit clairement que l’esprit de Dieu est sur Jephté pour le diriger et l’accompagner dans sa guerre contre Ammon. L’Esprit de Dieu se retire-t-il ensuite ? Vient-il le oindre juste pour l’inspirer à gagner la guerre. L’esprit divin l’est-il aussi ensuite pour son vœu ? Si ce vœu est une abomination, alors ce serait la première fois que Dieu laisserait tomber à ce point dans l’iniquité, celui qu’il appelle,.

Même pour Balaam, ce faux prophète, qui s’opposa à Moïse, Dieu a fait parler une ânesse pour le dissuader de changer de chemin. Et là pour un libérateur comme Jephté, Dieu demeure silencieux. Pour le roi David, lorsqu’il fit le recensement du peuple, Dieu le châtia fortement par une violente épidémie qui tua 70 mille hommes en Israël. Pour Sanson, il fut trahit, eut les yeux crevés et fut enchainé par ceux qu’il devait combattre et vaincre. 

Question : Comment l’esprit de Dieu peut-il alors conduire son juge à faire une abomination, sans le reprendre aussitôt ? Comment peut-il le laisser formuler un vœu contraire à sa parole ? Pour que des siècles après on ne retienne plus que ce vœu infâme oubliant le sauveur qu’il a été en Israël. Pour rappel dans le livre du Lévitique 18 :21 c’est une abomination de sacrifier son enfant par le feu comme le font ceux qui adorent Moloch.

Jephté parlait bien d’un holocauste, mais l’offrande entièrement consumée représente aussi la consécration entière et à vie de ceux qui viendront à lui.  Après que les Hébreux aient reçu la loi, ils savaient tous ce que signifiait une consécration véritable. Un rappel : c’est aussi ce que demande Jésus-Christ pour tous ceux qui viennent à lui. Ne demande-t-il pas lui aussi un holocauste sous la forme d’un sacrifice brûlant et entier jusqu’à la fin de nos jours ?

D’autres indices se trouvent à partir du verset 36 où sa fille demande à Jephté de la laisser pendant deux mois, partir dans les montagnes pleurer sa virginité.

Elle ne part pas pleurer sa mort, son sacrifice ultime, mais le fait qu’elle restera à jamais vierge en se consacrant totalement à l’Eternel.

Ensuite  prenons le thème de ce onzième chapitre des juges ? A-t-il vocation à juger de l’idolâtrie du juge Jephté (Qui au passage serait tombé dans la même idolâtrie que les israélites qui rendaient un culte aux dieux Baal et Astartés chap 10 : 6) ou bien a-t-il vocation (ce chapitre 11) de mettre en évidence l’idolâtrie du peuple d’Israël qui a besoin de jugement, qui a besoin d’un juge, qui a besoin d’un être éclairé pour être ramené à la foi de leurs pères ? Le verset 10 du chapitre 11 annonce clairement ce pourquoi Jephté a été appelé : « Les anciens de Galaad dirent à Jephthé: Que l'Eternel nous entende, et qu'il juge, si nous ne faisons pas ce que tu dis ».

Jephté a été appelé pour rétablir la foi en Israël. Si lui a une foi critiquable au point d’être abominable à Dieu, comment peut-il être pris au sérieux et accomplir sa mission ? Jephté a une foi remarquable dans le fait qu’il ne se met pas en avant, qu’il ne cherche aucune gloire et qu’il attend même que les gens de Manassé viennent le trouver, lui qui était si méprisé par eux autrefois, (regardez le verset 10 : « Jephté répondit aux anciens de Galaad: N'avez-vous pas eu de la haine pour moi, et ne m'avez-vous pas chassé de la maison de mon père? Pourquoi venez-vous à moi maintenant que vous êtes dans la détresse? ». 

Le vœu de ce juge montre justement sa foi bouillante et son désir de s’élever dans la sainteté. Pour moi, c’est un élan de foi que je retiens de ce passage. Jephté aime sa fille ; et il prophétise sans savoir que sa fille sera la première à sortir de sa maison. Le juge a le cœur lourd de son sacrifice qui a des conséquences terribles pour sa famille. C’est une malédiction de ne pas avoir de descendance en Israël. Eh bien lui, par son vœu n’aura aucune descendance. Ici l’engagement de Jephté est total comme celui de sa fille unique, son seul enfant, qui ne connaitra jamais d’hommes, mais qui vouera son existence à la piété.

Cette foi magistrale est reprise dans le livre des Hébreux au chapitre 11 : 33-34 : « Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes, 33qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions,  teignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères » .

D’abord… le temps manque au rédacteur de ce texte pour parler de Jephté. Pourquoi Dieu laisse ainsi une interprétation en suspend ? Je crois que Dieu a fait exprès de laisser les uns et les autres donner leur avis, afin de montrer l’état de leur foi. Et je crois que le vœu était celui du Saint-Esprit, qu’il n’était pas comme certains le croit un vœu précipité, sans clairvoyance et inconsidéré.

Ici, (Au chapitre 11)l a foi de Jephté se retrouve félicitée par ses œuvres de justice. C’est parce qu’il redonne accès à Dieu, pour un peuple devenu infidèle. Et par le fait qu’il chasse l’ennemi sans déroger et sans mentir à son vœu. C’est un homme intègre et qui rempli sa mission jusqu’au bout.

Jephté n’aura pas de descendance, certes. Mais sa fécondité, il l’obtiendra autrement, par les convertis qui viendront à lui. Sa fille est son premier fruit.  C’est elle qui montre comment d’autres feront le vœu aussi de jurer dans leur cœur fidélité et piété envers le Dieu d’Israël. Le fait de voir des frères de sa maison redevenir bouillant pour Dieu sera sa seule raison de se réjouir.

C’est vrai que constater les problèmes des juges avec leur chair aident d’une certaine façon à se dédouaner de ses propres fautes.  Samson, se laissa séduire par son orgueil et par les femmes (et en particulier par la philistin Dalila à qui il révèlera le secret de sa force). Dieu ne l’a-t-il pas prévenu ? Par 3 fois Dalila trahira Samson et par 3 fois Samson consentira à rester avec elle.

Pour Jephté, Ses victoires s’enchainèrent. Après celles sur les Ammonites, il obtient aussi des victoires sur Ephraïm (Juges chapitre 12). 40.000 morts. Je le redis le péché de Samson qui s’est laissé séduire par Dalila et qui s’est cru invincible a reçu un châtiment spectaculaire. Si Jephté avait commis ce que font les adorateurs de Moloc, son châtiment aurait été spectaculaire et une trêve sur ses victoires aurait été la moindre des choses.

Mais admettons que Jephté emporté par un excès d’orgueil fasse un vœu dont il ne voit pas la portée… Quel a été son intention ?  De s’approprier encore plus de gloire ? A l’évidence, il souhaitait une consécration supérieure pour ceux qui sortiraient de sa maison. Ce que l’on peut lui reprocher est certes qu’il n’a pas vue que sa fille unique pouvait en faire partie et que sa descendance pourrait s’arrêter là, lui qui est né bâtard puisque sa mère était une prostituée.

Il y a toujours un prix à payer pour la consécration. Pour Samson, il a payé cher son péché, sa relation avec les femmes. Trahi, les yeux crevés, la perte de sa force, prisonnier de l’ennemi, enchainé. Pour Jephté, le prix de sa consécration allait jusqu’à celle de sa fille unique. Ce n’est pas un châtiment qu’il a reçu.

Au verset 39 et 40 du chapitre 11 du livre des juges, nous lisons : « Dès lors s'établit en Israël la coutume que tous les ans les filles d'Israël s'en vont célébrer la fille de Jephté, le Galaadite, quatre jours par année ». La consécration de sa fille est une commémoration perpétuelle. Une célébration est instaurée, en souvenir de sa soumission au vœu de son père. Difficile d’imaginer une fête en l’honneur d’un sacrifice humain. Cette fête est plutôt dirigée vers les femmes qui font vœu de servir Dieu totalement, en sacrifiant leur destinée humaine (comme le choix de rester vierge et de refuser la maternité comme l’a choisie de son plein gré la fille de Jephté). 

 

Pour conclure, je dirai, que le récit de Jephté est un regard profond sur le niveau de consécration de chacun. La génération actuelle manque cruellement d’engagement. Leurs promesses sont superficielles. Un mariage sur 2 finit par un divorce. Et que dire des baptêmes qui ne sont pas honorés. Cette génération adultère se donne mille excuses pour rompre les engagements qu’elle s’était fixée au départ. Jephté est un homme qui a des défauts. C’est un homme qui est peu apprécié, qui a des blessures, une fragilité. Mais sa qualité essentielle, est qu’il a pris Dieu au sérieux. C’est un homme de parole, de foi et d’intégrité malgré qu’il soit dés le départ rejeté par ses frères et méprisé par les siens. Il n’a pas trahi son vœu. Alors, les vœux que nous formulons ne doivent pas non plus être pris à la légère. Proverbes 20 :25 : « C’est un piège pour l’homme que de prendre à la légère un engagement sacré. »

Un disciple de Christ s’engage sérieusement et totalement pour son Dieu.  Son offrande sacrée, c’est le don de sa vie, le vœu qu’il a émit le jour de son baptême. Il a offert sa vie comme une offrande (son ambition, ses priorités, ses relations, son confort, comme ses principes). Jephté a fait don de ce qui lui était le plus cher. Cela lui a couté. Jephté a accepté que sa fille — son unique héritière — appartienne entièrement à Dieu. Il a accepté que sa lignée disparaisse, pour que la fidélité à Dieu continue. Il s’est sacrifié pour que la foi règne dans son pays.

Car nous avons un Dieu qui aime le sacrifice qui coute au disciple. Il hait les faux sacrifices ceux qui ne coutent rien ou si peu. C’est un engagement qui exige de nous un renoncement profond. C’est à ce prix que nos victoires seront réelles et complètes.

C’est pourquoi en ce début d’année je ne fais pas de vœu de bonheur et de prospérité, mais le vœu d’être fidèle malgré les embuches. Est-ce un vœu inconsidéré ? Oui si je le fais à la légère.

Maintenant je me posais la question qu’ont-ils a gagné ceux qui voient dans le vœu de Jephté et les vœux en général, une abomination ? Peut-être qu’ils cherchent eux-mêmes des excuses pour ne pas s’engager à fond avec Dieu, ou peut-être qu’ils veulent aussi contrôler le vœu des autres et que leur foi restent aussi tiède que la leur. Pour que les autres attendent de leur part leur sainte approbation. En tous les cas, ces croyants ont peur de perdre.  Ils ont mal calculé à la dépense. Le sacrifice est trop couteux pour eux. Ils se contredisent : ils renoncent à la foi tout en proclamant leur engagement profond. Ils ont choisi l’hypocrisie à la vérité. Se croyant sage, ne sont ils pas devenus fous ?

Ils ont reproché à Jephté son manque de discernement, mais en l’accusant ainsi n’ont-ils pas révélé le leur ? Eux qui se réclament de la vraie foi, ne sont-ils pas une abomination aux yeux de Dieu ?

Ce qui est certain en tous cas, c’est que Jephté avait dans le cœur le même vœu que celui de l’apôtre Paul et le même vœu qui m’attire : Romain 10 :1 : « … le voeu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, (« eux » ce sont ceux qui se sont heurtés à la pierre d’achoppement)»c'est qu'ils soient sauvés ».

Amen