dimanche 8 novembre 2026

EXPIER ses fautes : Une chose NOUVELLE en CHRIST?

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Par Eric Ruiz

« Quiconque demeure en lui (Christ) ne pèche point; quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu. » (1 Jean3 :6).

Ce verset ne concerne pas les péchés en tant que transgression, mais le péché en tant que nouvelle nature en Christ. La nature de Christ si elle demeure en nous n’accepte pas le péché, sinon c’est que nous ne lui appartenons pas. 

Pour ce qui concerne les péchés Jean en parle deux chapitres avant, c’est : 1Jean1 : 10 : «  Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. ». Attention au contexte : Ici Jean ne condamne pas celui qui pèche, il insiste (au verset précédent) sur la confession, une confession qui doit rester notre ligne de conduite face au péché. Et il montre pourquoi confesser ses fautes permet de se libérer du péché. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité ». Confesser : entraine la justice de Christ qui nous purifie en effaçant la faute commise.

Or, j’ai remarqué une chose contradictoire chez les croyants en général. Ils se comportent souvent de la même manière lorsqu’ils commettent un péché. Chacun se referme sur lui plutôt que de s’ouvrir vers l’extérieur. Je m’explique. Après avoir confessé sa faute et remercié Dieu pour sa purification, eh bien on ne passe malheureusement pas à autre chose. Chacun demeure concentrer sur son expiation, et se dit intérieurement : «Mais comment vais-je faire maintenant pour me racheter de ma faute ? »

Et toute tristesse, toute souffrance, toute peine est immédiatement identifiée comme une expiation nécessaire. Car inconsciemment : une faute commise rime avec une expiation à faire.

Voilà comment beaucoup comprenne le péché : Une faute renvoie systématiquement à un sacrifice donc à une souffrance obligatoire.

« Si je souffre c’est mérité, c’est parce que j’ai commis une faute » Cela, c’est le leitmotiv du chrétien face à ses fautes. « Si je souffre c’est que je subis une punition à l’égard de ma faute commise. Je vis naturellement la sombre conséquence de mon péché (bref je mérite le malheur qui m’arrive) ».

Et les choses vont encore même plus loin. « Si je ne suis pas encore guéri, c’est normal, c’est que mon expiation n’est pas terminée. Parce que c’est une faute grave, où une faute qui ne cesse de se répétée, je dois avoir un châtiment plus long ». Alors pas étonnant en pensant ainsi qu’on entend dire : « Arrêter de prier pour ma guérison, cela ne sert à rien…je dois avant tout purger ma peine ».

Où est passé le disciple de Christ épanoui et libéré du péché ? Se condamner au moindre péché commis, cela ne libère pas du péché. Cela fait l’effet inverse. Cela fait que les péchés restent le combat numéro 1 du chrétien.

Croire que malgré la confession, le péché exerce toujours son pouvoir dominateur et que c’est une malédiction qui dure, c’est avoir les yeux rivés sur un constat réel, certes, mais sans y voir la Promesse (et là j’écris promesse avec un P majuscule).

« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; » Romains 3 :23  Cela, c’est un fait général, indiscutable…Or, pourquoi, si Christ est mon avocat, craindre qu’un péché commis me prive de la gloire de Dieu ? Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens est clair : « Si quelqu’un est en Christ il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, voici toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5 :17).

L’apôtre affirme avec force que les choses anciennes sont révolues. Le poids du péché et la séparation qu’il crée entre l’homme et Dieu a disparu en Christ. C’est une chose ancienne. Par conséquent subir une punition pour avoir péché…ça n’existe plus, en Christ. En Christ on continue à affronter des épreuves pour être édifier, mais le châtiment est une chose révolue.

Là aussi certains diront : « Oui mais Christ a été puni lui aussi. Il a été puni à notre place en mourant sur la croix ». A ceci je nuancerai. Il n’a pas été punit. Il a porté volontairement le châtiment de nos fautes. Pas les siennes, il n’en a jamais eu. Il s’est livré pour nous à notre place, pour que nous ne subissions pas le châtiment qui nous revenait.

Par conséquent, vouloir expier ses fautes, c’est valable, mais seulement pour un croyant qui n’a pas revêtu la nouvelle nature de Christ.

Parce que, le sacrifice et la résurrection de Jésus-Christ nous ouvrent des voies nouvelles. Dans l’épitre aux Romains 3 :24, Paul dit ensuite : « voici toutes choses sont devenues nouvelles, (car ceux qui ont péché) sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. »

Nous l’avons vu dans le message précédent, le Saint-Esprit Parakletos dans le texte original ne signifie pas seulement consolateur. Mais aussi avocat, un assistant qui porte secours. C’est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir. Alors si nous l’avons reçu, nous avons un avocat, qui nous porte secours, en plaidant pour nous jour et nuit auprès du Père….Conséquence : nous n’avons plus à subir la peine du péché. Christ a donnée sa vie pour que chaque péché soit couvert par son sacrifice. « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1 :7). Si bien qu’.un péché confessé est aussitôt effacé. Effacé afin aussi que nous puissions librement nous tourner vers les autres.

Là nous touchons une chose fondamentale dans le processus de rédemption de notre Seigneur : L’amour ; Et cet amour couvre une multitude de péchés.

En vous donnant pour les autres, en les soutenant par le pardon, la bienveillance ou l’exhortation, vous démontrez que l'Esprit de Christ agit en vous. Notre Avocat plaide notre cause par Son propre sang versé, et le Père, après avoir effacé nos fautes, contemple désormais avec joie la charité que Son Esprit produit dans nos vies.

Je sais cela peut choquer. Mais ce n’est pas une nouvelle théologie, ce sont les conséquences que produit l’esprit de vérité. C’est cet esprit qui témoigne en nous que Christ vit en nous.

Quel est ce témoignage ? C’est de ne plus vivre comme un éternel fautif en se frappant la poitrine, à chaque faute commise. En se lamentant sur son sort et en disant : « j’ai encore fait ce péché, j’ai encore une fois manqué le but, je suis un bon à rien, je n’y arriverai jamais, je ne mérite pas la grâce de Dieu !». Notre réconciliation avec le Père est faite et scellée. Elle ne va pas être rompue par un péché. Vivons alors comme des disciples libres ; où nous pouvons laisser souffler l’Esprit comme il veut parce qu’aucune culpabilité ne vient se mettre en travers de notre route. Et notre liberté ne sert pas à pécher ou à assouvir n’importe quel désir charnel ; notre liberté sert à porter secours en aimant, en bénissant ou en édifiant.

« Aime ton prochain comme toi-même ». Avec un tel commandement, comment peut-on s’aimer, se considérer de manière juste si nous sommes culpabilisés et humiliés par un péché récurent ?

Dieu le sait et en Christ ce désamour de soi n’existe plus. La route est dégagée pour que la charité s’exprime entièrement.

La liberté en Christ sert à secourir son prochain ;  et ce secours sert aussi de témoignage. Nous ne sommes pas sauvés par nos œuvres certes, mais nos œuvres témoignent que Christ vit en nous ou pas. Nos œuvres témoignent aussi qu’il n’y a pas un péché commis qui soit une raison suffisante pour s’empêcher d’exercer la charité.

Je m’arrête un instant sur l’amour et l’expiation. L’expiation est trop souvent un frein à l’amour chez le chrétien. Sa culpabilité l’empêche d’aider son prochain parce qu’il se sent indigne de le faire. Il se recroqueville alors sur lui-même. Or, Christ est venu nous libérer de ce fardeau. « Il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8 :1). La culpabilité ne sert à rien. Elle empêche le chrétien de devenir un disciple accompli en le freinant dans ses élans de charité.

Il faut le souligner : c’est un miracle de pouvoir aimer malgré les fautes commises.

Parce que là aussi certains se diront : « Encore une théologie qui permet au chrétien d’abuser de son impunité.  Il peut pécher autant de fois qu’il le souhaite, son Dieu expie ses fautes ! »

Or, (je pose une question de logique) : Comment celui qui a reçu le Saint-Esprit pourrait-il être rebelle à ce même esprit ?

Comment en recevant la vérité peut-on courir au mensonge ?

Et là je reviens au point de départ de mon message : ce qui nous atteint momentanément dans notre marche, ne nous paralyse pas où ne nous culpabilise pas au point de nous stopper, parce que nous marchons comme des êtres libéré du péché.

Pensez ainsi, ce n’est pas un blasphème, c’est vivre la vérité en Christ. Le blasphème c’est celui de se vanter d’être libre en Christ pour se complaire dans le péché. Celui-là blasphème contre l’Esprit.

Et là je reviens avec mon verset du départ : « quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu.(pas connu Christ) » (1Jean 3 : 6).Cette confusion entre le péché et les péchés est à la base des fractures dans les églises. Le péché subsiste pour certains et leur but alors c’est de séduire et de corrompre les autres. Comment ? En premier, en les culpabilisant sur leur faute, en les maintenant prisonnier des péchés. En un mot en les asservissant et en les contrôlant.

Ce sont des imposteurs parce qu’ils témoignent d’une chose essentielle : c’est qu’ils n’aiment pas leurs frères. Ils les manipulent pour en tirer une gloire personnelle. 1Jean 3 :14 : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères ».

L’amour est le don le plus grand en Christ. Mais pour que ce don soit totalement libéré, le croyant doit aussi se libérer du faux joug que l’on fait injustement pesé sur lui. Le diable reviendra toujours à l’expiation, au châtiment nécessaire. A la peur du jugement divin. Les démons vous montreront toujours votre faiblesse, en vous culpabilisant de vos fautes. Ils vous souffleront dans l’oreille : « Si tu as le Saint-Esprit tu ne peux agir aussi légèrement avec le péché, tu dois le combattre ».

Vous devez vous rendre à l’évidence que la tromperie existe au plus haut niveau des théologiens et des mouvements chrétiens reconnus. Des personnes que Dieu ne connait pas viennent vous enseigner sur la rédemption en Christ. Comment quelqu’un qui a conservé sa vieille nature pécheresse peut-il vous enseigner sur le Saint-Esprit ? Et pourtant c’est une évidence. Comment une personne qui a les mains et les pieds attachées peut-elle vous dire comment on se libère de ses liens ? Qu’elle commence par se délivrer elle-même. Concrètement : Regardez si dans votre assemblée on parle plus du péché et si on porte moins secours par l’amour. C’est un très bon baromètre que d’opposer le péché à l’amour.

Alors, plutôt que de pointer du doigt tel péché ou tel autre, faisons comme le Saint-Esprit nous inspire et il nous inspire quoi en premier ? A dépasser nos souffrances, à dépasser nos limitations et nos peurs pour aimer de plus belle. Le Saint-Esprit se voit là où il y a de la joie et de la bienveillance alors qu’il devrait y avoir de l’inquiétude et du repli sur soi. Ce n’est pas ce qui nous arrive mais comment nous le supportons qui révèle notre foi et notre amour.

Je terminerai par ce verset situé dans 1jean 3 :18 : «  Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. ». Comment savoir si le Saint Esprit nous anime ? En aimant par des actes vrais authentiques, sans tricherie, ni calcul et pas avec des paroles. C’est ainsi que se présente à Christ cette Eglise dont parle l’épître aux Ephésiens : « Une Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. »

Amen


dimanche 1 novembre 2026

JUGE, AVOCAT, QUI SOMMES NOUS EN CHRIST ?

 639


Par Eric Ruiz

 

Aujourd’hui à entendre les uns et les autres, tout chrétien a pour vocation d’agir dans l’amour de Christ. Tout chrétien souhaite bénir et non maudire. La compassion et la grâce sont les laisser passer de toutes les églises de Christ…


Et pourtant dès que survient un péché dans l’entourage, les yeux se lèvent, les regards durcissent, les talons se tournent et des mots durs et impitoyables s’échappent des bouches.

Quelle attitude le croyant doit-il avoir face au péché ?

Bien sûr, il ne doit ni l'ignorer ni faire comme s'il n'existait plus. Il est appelé à être transparent avec notre Seigneur pour ses propres fautes d’abord et ensuite miséricordieux envers le pécheur tout en demeurant intransigeant envers le péché. (Attention toutefois, cette intransigeance peut être ferme mais jamais dure à l'égard du pécheur). Le disciple sait d'où il vient. Il sait par qui il a été séduit et comment il est tombé. Le péché n'était pas seulement ce qu’il transgressait: il était sa nature.

A partir de là ne nous comportons pas comme si nous avons toujours été des êtres saints et irréprochables. Soyons humbles compatissants et justes.

Alors quelle attitude adopter ?

Le Saint-Esprit ne nous conduit jamais à être différents de l'attitude de Jésus de Nazareth. Or il nous montre une voie nouvelle dans l'épisode de la femme adultère. Il ne cautionne pas son péché, mais il ne la condamne pas non plus. Il lui dit simplement : « Va, et ne pèche plus. »

D'une certaine manière, ne place-t-il pas cette femme devant un choix : celui de rencontrer un juge ou un avocat ?

Car si, après avoir connu la grâce, elle préfère suivre sa propre loi et les désirs de la chair, elle s'exposera de nouveau à la loi de Dieu. Elle se retrouvera alors devant un juge. Et un juge applique la justice à celui qui transgresse la loi. C’est œil pour œil, dent pour dents. Le châtiment est alors appliqué de manière systématique en rapport à la faute commise.

Mais, si elle choisit de se soumettre à la volonté de Dieu, elle découvre en Jésus un avocat. Un avocat qui ne minimise pas ses fautes, mais qui les prend sur lui. Qui a payé par sa vie pour qu’elle ne soit plus condamnée. Donc, un avocat qui n’est pas là pour lui faire une leçon de moral, mais qui la défend, la relève et la rétablit dans son droit et dans sa dignité.

Certains penseront alors : « La vie chrétienne est bien avantageuse. Il suffit de croire en Christ et hop tout est effacé ! ». Oui cette vie est avantageuse, mais attention, Dieu n’est pas dupe. Il efface les fautes oui.

Mais si vous suivez Christ en imaginant que vous pourrez continuer à mener vos petites affaires dans l'ombre, en secret, vous vous trompez profondément. Vous vous mettez le doigt dans l’œil. On n'entre pas dans le Royaume par calcul. On ne reçoit pas Christ comme un simple moyen d'échapper au jugement. C'est lui qui nous attire et c’est lui qui nous reçoit dans son Royaume. Matthieu 5 :20 « Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ».

C’est une réalité, ceux qui gardent un cœur partagé se heurtent à la loi. Et la loi ferme la porte du Royaume. La porte de la grâce ne s'ouvre pas à l'hypocrite. Sans être complètement transparent, on ne peut ni naître d'en haut ni entrer dans l'héritage promis aux enfants d'Abraham.

Prenons l’exemple de certains chrétiens qui se mettent souvent en colère. Ils s’insurgent et se disent : «  Après tout, ce n’est pas si grave ; Dieu connait mes faiblesses et il efface mes fautes. La colère c’est mon petit aiguillon, cela fait partie de mon caractère.» «Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges » (Matthieu 5 :22).

Choisir un autre que Christ, c’est prendre l’habit du magistrat ; c’est vouloir juger par soi-même. C’est prendre plaisir à être indépendant, impartial et dur. C’est aussi prendre le marteau du juge pour frapper fort en prenant des décisions sans possibilités de changement et clore tout débat. C’est adorer un autre Dieu comme le faux dieu de la mythologie nordique Thor. Thor est représenté lui aussi avec un marteau au pouvoir comme le tonnerre : électrisant; un marteau qui s’abat subitement comme la foudre sur ses ennemis.

En prenant un tel instrument on cherche à impressionner et à imposer ses idées par la force : « Dieu a dit … !!! Sa parole dit :… !!! »

Or, un chrétien qui s’identifie ainsi dans son cœur agit contre l’esprit de Dieu. Car, si nous jugeons et décidons par nous-mêmes, en faisant accepter nos décisions par la force, nous disons au Père qui est dans les cieux, et qui à envoyer son fils unique, que cela n’a servi à rien. Pourquoi ? Parce que Jésus a dit : «  Dieu n’a pas envoyé son fils pour qu’il juge le monde » (Jean 3 :17).

Si nous sommes de sa nature, nous avons revêtu Christ, nous sommes fils de Dieu nous aussi. Et nous ne sommes pas envoyés pour juger le monde. Par conséquent, ne convoitons pas la fonction de juge alors que Christ n’a jamais eu cette mission. Sa mission il le dit juste après : il est venu sauver. (Toujours dans Jean 3 :17)

Il est venu prendre ses attributs d’avocat. 1Jean 2 :1 : « si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste ».

En d’autres termes c’est comme si Jésus avait dit : « vous voulez me suivre, alors soyez prêt à endosser une robe d’avocat ».

Galates 5 :1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchi ». Alors est-ce seulement notre liberté qui est en jeu ? Si nous aimons l’autre, notre prochain comme nous-mêmes, n’est-ce pas plutôt sa liberté qui devrait nous soucier ? Pourquoi le remettrions-nous sous le joug de la servitude, s’il est libéré du péché ?

S’il s’est égaré, nous devrions tout faire pour qu’il retrouve son premier amour. Et l’exhorter,  le reprendre seul, puis à plusieurs ou même ne plus communier avec lui, cela fait partie du projet de la liberté en Christ.

Notre mission n’est pas de lister les fautes et de rendre un verdict. Notre mission est au minimum celle d’un avocat de la cour. Il prête serment, celui: d’avoir de l’humanité, c’est-à-dire d’écouter et d’accompagner les justiciables avec empathie. Mais pour un disciple l’engagement est bien supérieur. Il s’agit d’intercéder et de défendre la cause du malheureux, de lui annoncer la bonne nouvelle de son Salut, bref de délivrer les captifs. Sa mission n’est pas celle d’appuyer sur les péchés des uns et des autres pour leur signaler qu’ils n’auront que ce qu’ils méritent. Cette justice là accuse et condamne. Un croyant qui se complait de la sorte montre sa propre colère contre Dieu. N’est-ce pas le diable qui lui inspire un tel projet alors ?

Nous avons à choisir un camp : défendre ou accuser. Reprendre dans la douceur ou mordre et blesser.

Pourtant, certains sont déstabilisés quand ils lisent ailleurs dans Jean 9 :39 que Jésus est venu pour un jugement.  Ce jugement n’est pas une condamnation, c’est un discernement. Il permet de séparer le vrai du faux en dévoilant l’imposture. Alors, ce jugement concerne ceux qui affirment voir. Ceux qui se proclament saints. Ils pensent être juge parce qu’ils croient avoir reçu cette mission de Dieu. Mais en brandissant la loi, ils se comportent comme des juges iniques qui méritent d’être jugés eux-mêmes.

L’Esprit saint qui agit comme une lumière ne fait que refléter la part d’iniquité en eux. Et ces imposteurs se dévoilent en devenant persécuteurs des gens de la lumière. Ce jugement c’est qu’ils préfèrent les ténèbres à la lumière (Jean 3 :19). Pourquoi ? car ils ont « peur que leurs œuvres soient dévoilées ». En fait Jésus souhaite certainement nous mettre en garde. Ceux qui après avoir connu la grâce de Dieu agiront comme des juges, sont déjà jugés ; et ils sont jugés par le Père selon leurs œuvres. Tandis que ceux qui auront agit en pleine lumière dans la grâce ne seront pas jugés mais la grâce repose sur eux.

Lorsque Christ frappe à la porte, ceux qui lui ouvrent ne sont généralement pas dans une position confortable, encore moins de supériorité. Ils sont meurtris, affaiblis, peinés et souvent arrivés au bout d'eux-mêmes. Ils ont découvert leur incapacité à se sauver. Leur réponse n'est en aucun cas le fruit d'un calcul raisonné, mais le cri d'un cœur qui aspire à la délivrance. Alors au temps du soir, lorsque les ténèbres sévissent, Christ vient souper avec eux. Il vient leur annoncer que le temps de la servitude est fini.

Pour résumer :

Nous nous devons (en tant que croyants recherchant la vérité) replacer l'Église dans sa véritable identité : un refuge de grâce et de restauration, plutôt qu'un tribunal.

Nous devons prendre parti en refusant d’accorder notre bénédiction à une assemblée de juges où règne la rigueur, l’impartialité, l’autorité, la dénonciation du mal, pour l’application d’une justice stricte.

Nous devons plutôt tout entreprendre pour favoriser, une assemblée d’avocats où chacun cherche la compassion, l’écoute, la patience, l’amour, la restauration, sans pour autant être laxiste sur les transgressions ou accepter l’immoralité.

Dieu ne peut croitre que dans un disciple qui exerce les bonnes intentions de l’avocat. Ses intentions sont de défendre les intérêts de son prochain. Et notre vocation, c’est que Christ croisse et que je diminue.

Or à l’intérieur du juge c’est l’inverse qui se produit : L’homme certain de son autorité croit tandis que Christ diminue. Car le juge ne défend pas l’intérêt de celui qui est accusé. Mais il ne cherche qu’à appliquer la loi.

Parakletos un mot grec que nous retrouvons 5 fois dans la Bible, il a le plus souvent été traduit par consolateur. Mais c’est le même mot qui signifie aussi avocat, ou assistant qui porte secours. Jean 14 :16-17 : «  Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, un autre avocat, un autre assistant qui porte secours, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir ».

Encore un témoignage de plus pour confirmer que ce n’est pas le juge que Christ envoie dans son Eglise. Christ nous envoie le Saint-Esprit qui est le même avocat que lui ; qui a le même esprit de vérité, la même intention de porter secours. La vérité ne vient pas du juge qui a la loi avec lui mais de l’avocat Christ qui a la vérité avec lui. De même c’est une bénédiction que Jésus soit mort et ressuscité car il nous a envoyé son avocat (qui ne cesse de plaider pour nous auprès du Père). Quand vous péchez, l’avocat Christ ne cherche pas si d’autres péchés sont restés inconnus.  L’avocat cherche des preuves d’amour. Il présente au Père, l’amour que vous avez manifesté, car cet amour couvre une multitude de péchés. L’apôtre Pierre écrit cela comme un commandement : « Avant tout, ayez les uns pour les autres une ardente charité, car La charité couvre une multitude de péchés. » (1Pierre 4 :8).

 Quand Jésus-Christ dit qu’il a « vaincu le monde », ne dit-il pas qu’il a vaincu les tribunaux et les juges et qu’il a gagné en plaçant au sommet le meilleur avocat qui soit, le défenseur des faibles et des opprimés?

Alors pour nous qui avons reçu la grâce de Dieu, restons du bon côté, manifestons la même grâce pour nos frères et sœurs. Ne les jugeons pas mais cherchons toujours le moyen de leur pardonner, de les libérer de leur souffrance pour qu’il soit comme nous : édifiés. Lavons-leur les pieds comme Jésus l’a fait à ses disciples. C’est le corps de Christ qui est édifié. Si nous avons reçu le Saint-Esprit c’est pour montrer l’avocat qui porte secours plutôt que le juge impartial et dur qui s’appuie sur sa connaissance infaillible de la loi. Je vais prendre une image parlante : Ce juge qui pour une transgression de la loi vous tape sur la tête avec sa Bible pour vous faire descendre cette même loi jusque dans votre cœur.

Dans le monde que nous connaissons actuellement, tout s’emballe, la corruption, les catastrophes, l’immoralité, les meurtres. Une cruelle impression que le jugement de Dieu est partout à la fois. Que tous les juges se sont rassemblés et qu’ils exercent partout leurs terribles sentences. N’oublions pas la mission de Christ. Face à la frayeur que procure un tel jugement, c’est l’avocat divin que l’on cherche de plus belle. C’est lui qui apparait comme l’urgence et le seul secours possible. C’est lui qui relève celui qui est atterré et paralysé par la puissance de l’épreuve. A celui qui crie Maranatha, Dieu lui envoie qui ? son juge ou son avocat ?

 Alors, prions pour que le grand avocat que nous avons reçu par Jésus-Christ soit le plus visible dans nos faits et gestes du quotidien. Notre mission de disciple n’est-elle pas là ?

 Car « là où le péché abonde, la grâce surabonde ». Là où les juges sévissent, l’avocat glorieux retourne l’affaire à l’avantage du condamné et lui porte le plus grand secours : le secours de Dieu.

Amen

dimanche 25 octobre 2026

PECHE & TRANGRESSION : UNE DIFFERENCE PROFONDE

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Par Eric Ruiz

 

Des frères se posaient cette question cette semaine : Quelle différence y a t-il  entre péché et transgression ? Le péché est-il la conséquence d’une transgression ? Ou bien l’un et l’autre sont-ils deux notions indépendantes ?


C’est ce qu’on pourrait croire en lisant le Psaume 32 :1 : ». Cantique de David. Heureux celui à qui la transgression est remise, A qui le péché est pardonné! ».

LA TRANSGRESSION

Le péché c’est manquer le but d’une manière générale, c’est une notion plus large que la transgression. Dans la Bible, (comme dans la réalité), la transgression est un acte juridique. Et là, je n’apprends rien à personne bien sûr : Toute société est régie par un système de lois dictant notre conduite.  La transgression suppose qu’une loi ou qu’un commandement soit violé.

 Ici, en transgressant c’est bien le but d’obéir à une loi qui a été manquée.

Ainsi, lorsque Dieu ordonne à Adam de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, la désobéissance d'Adam devient une transgression parce qu'elle consiste à franchir une limite clairement établie par Dieu. Puis est venue la Loi de Moïse. Et avec Moïse, les commandements de Dieu sont formulés de manière détaillée (selon le judaïsme 613 mitsvots ou commandements formeraient l’ensemble des lois : un nombre très conséquent). Quoi qu’il en soit transgresser un seul point de la Loi revient à se rendre coupable devant l'ensemble de la Loi (Jacques 2:10). Le péché apparaît alors dans toute sa gravité et révèle la condition du pécheur qui ne cesse à l’infini, d’être jugé et de se racheter de ses fautes.

Paul écrit que « là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression » (Romains 4:15). Cela signifie que la transgression est liée directement à la violation consciente d'un commandement.

Alors, cette connaissance suffit-elle pour affirmer que le péché n’existe que parce que la loi existe ?

Penser ainsi est une grossière erreur.

 

LE PECHE BIEN AVANT LA TRANSGRESSION

 

Paul écrit que « le péché était dans le monde avant la Loi » (Romains 5:13). Donc le péché est déjà dans l'homme avant de devenir une transgression. Nous transgressons des lois divines parce que le péché qui est en nous nous y pousse. Adam et Eve avaient donc déjà en eux un fort esprit de rébellion face à Dieu. Le Serpent en Eden n’a fait que de révéler le péché intérieur de l’homme et de la femme. Le péché est par conséquent plus profond que la simple transgression. La transgression est l'acte visible du péché ou en d’autres termes : c’est la partie immergée de l’Iceberg.  Transgresser consiste à enfreindre une loi de Dieu, mais en révélant une réalité intérieure : la présence du péché dans l'homme. Nous transgressons parce que le péché agit en nous et nous pousse à désobéir à Dieu. Nous sommes esclaves de lui.

Maintenant, en Jésus-Christ, le croyant reçoit une nouvelle nature. Il est appelé à marcher selon l'Esprit et non selon la chair. Le péché n'est plus son maître, même si la lutte contre la chair demeure présente. Lorsque le croyant désobéit à Dieu, le Saint-Esprit qui habite en lui l'en convainc et en est attristé (Éphésiens 4:30). Cette conviction intérieure témoigne de la vie nouvelle qu’il a reçue en Christ et le conduit à la repentance.

Il ne s'agit plus d'obéir à des commandements extérieurs, mais aussi et surtout de marcher selon l'Esprit. C'est pourquoi Paul peut dire : «tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché» (Romains 14:23). Le problème dépasse la simple désobéissance à une règle écrite, car c’est tout ce qui n'est pas accompli dans la confiance et l'obéissance à Dieu. Le péché ne se limite donc pas à la transgression d'un commandement explicite ; il concerne également l'état du cœur et les motivations profondes de chacun. Sans l'Esprit du Christ, (c’est-à dire : concevoir, croire et agir selon son Esprit), l'homme demeure incapable de satisfaire Dieu et ses exigences.

 

LE PECHE de SIMON PIERRE

 

Un exemple très parlant : Lorsque Simon Pierre refusant que son maître meurt sur la croix dit à Jésus : « À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas » (Matthieu 16:22), il ne transgresse aucune loi morale. Au contraire, ses paroles semblent inspirées par l'affection qu’il a pour son Maître et le désir de le préserver de la souffrance.

Pourtant, Jésus lui répond : « Arrière de moi, Satan ! Tu m'es en scandale, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes » (Matthieu 16:23). Pierre s'oppose alors, sans le savoir, au dessein de Dieu et à la mission rédemptrice de Jésus-Christ.

Son erreur, son péché ne réside pas alors dans la violation d'un commandement écrit, mais dans une pensée qui n'est pas celle de la volonté de Dieu. Son jugement est influencé par une logique humaine plutôt que par la foi. Ainsi, cet épisode illustre qu'il est possible de pécher sans nécessairement transgresser une loi explicite, lorsque notre cœur, nos pensées ou nos intentions s'écartent de la pensée du Seigneur. Et cela rejoint complètement la définition du péché qui est : de manquer le but.

C'est pourquoi Paul distingue souvent le « péché » comme une puissance agissant dans l'être humain et les « péchés » qui sont des actes commis. La Loi met en lumière les péchés en faisant apparaître les transgressions, tandis que la grâce met en lumière le péché en faisant apparaitre la rédemption par Christ.

Sans Christ : le péché règne sur l'homme.

En Christ : le péché est vaincu, il n’est plus maître de l’homme. Mais sa présence reste encore un combat, car la chair est encore là avec ses péchés. Et elle fait comme avec Jésus de Nazareth, elle exerce une forte tentation. Mais, après notre mort et notre résurrection, les péchés disparaîtront totalement.

LE PECHE DE CAIN

Maintenant je te pose la question suivante : « Quand Caïn dit à Dieu « suis-je le gardien de mon frère et qu’il l’a précédemment tué… Caïn a-t-il péché en transgressant une loi ou a-t-il péché tout simplement ?

Eh bien, dans le cas de Caïn, on peut dire qu'il a péché sans qu'il ait transgressé une loi écrite ou une loi explicitement formulée comme le sera plus tard la Loi de Moïse.

Pourtant avant le meurtre, Dieu l'avertit :

« Si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi ; mais toi, domine sur lui » (Genèse 4:7).

Remarquez bien que Dieu parle déjà du péché comme d'une puissance qui cherche à dominer Caïn avant même qu'il tue Abel. Le problème commence dans son cœur par la jalousie, la colère, et la haine. Ses sentiments n’émergent pas par hasard. C’est le péché qui les excite.

Quand Caïn tue son frère, il commet assurément un péché grave. Mais a-t-il transgressé un commandement explicite du type « Tu ne tueras point » ? Le texte de la Genèse ne mentionne pas encore une telle loi donnée à l'homme.

En fait, le péché est déjà présent dans le cœur de Caïn. La preuve : il savait que son acte était mauvais puisqu'il cherche ensuite à cacher son crime et il ment à Dieu : « Je ne sais pas où il est. Suis-je le gardien de mon frère ? »

Le meurtre est la manifestation extérieure de ce péché.

Mais il n’y a pas transgression d’une loi car pas de limite connue et pas de commandement donné.

On pourrait donc résumer les choses ainsi :

Le meurtre d'Abel montre que le péché était déjà à l'œuvre dans l'homme avant toute loi prononcée par Dieu. Caïn pèche parce que sa nature pécheresse produit et attise la haine et le meurtre. Dans le jardin d’Eden, il n’y a pas d’innocence comme le font croire ceux qui sont favorables aux dispensations. En Eden avant la transgression, le cœur d’Adam était déjà prêt. Le péché ne demandait qu’à se révéler. Le diable est meurtrier dès le départ (Jean 8 :44). Par conséquent la loi ne sert qu’à révéler l’âme pécheresse et la nature de l’être humain.

Aujourd’hui la loi est une loi d’amour : Tu aimeras ton Dieu de toutes tes forces, de toutes tes pensées et de toute ton âme, ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi même. Jésus-Christ ne joint à ce commandement aucun écrit, aucun article juridique détaillant une liste de transgressions possibles.

Peut-on alors de nos jours, transgresser la loi d’amour en Christ ? Eh bien oui tout à fait. On le peut.

Car malgré tout, la loi est écrite, mais son encre est invisible puisqu’elle est écrite dans les cœurs. C’est la prophétie du prophète Jérémie qui se réalise. Jérémie 31 :33 : « Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Eternel: Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur cœur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple »

Un rappel toutefois : La maison d’Israël : ce sont tous ses fils justifiés. L’Israël de Dieu fait référence à un peuple dont les fautes sont rachetées. Aujourd’hui la maison d’Israël inclus premièrement des païens convertis.

Maintenant, on pourrait me rétorquer ceci : Oui, mais tu nous disais il y pas si longtemps que la loi n’existe plus en Jésus, que la grâce l’a remplacé ? N’est pas une erreur quand l’épître de Jean stipule que « celui qui hait son frère est un meurtrier » ? N’est-ce pas une nouvelle loi ce verset ?(Et on peut en trouver d’autres du même genre).

Non, il n’y a pas de confusion. Ce que dit Jean n’est pas une loi. Il n’y a pas un catalogue de lois, comme le Lévitique nous le montre; Mais des exemples de faits qui contredisent ce qui est écrit dans le cœur de ceux qui ont reçu Christ.  Haïr son frère est incompatible avec ce que Christ a mis dans le cœur du disciple. Jérémie continue à dire comment est l’alliance que Dieu fera, et il dit  au verset 34: « Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l'Eternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ». C’est au Saint-Esprit de nous renseigner sur nos transgressions et non à un registre juridique de le faire ou à un envoyé de Dieu.

Ne tournons pas en rond en nous posant mille questions sur la loi : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Ai-je transgressé cette loi ou pas ? Peut-être celle-ci ou bien celle-là ? ». Je le redis : la foi ce n’est pas la loi. La foi ce n’est pas une loi de plus. (C’est ce que j’ai déjà dis au mois d’août dans « Sommes-nous héritier de la promesse ? »)

 

DIEU : AVOCAT ou JUGE ?

 

Alors, maintenant, se poser la question de la loi, c’est montrer la transgression de la grâce. Tout ce qui fait loi dans notre cœur révèle que la grâce a été transgressée. Pourquoi ? Simplement parce que la loi qui prescrit le bien et le mal a été remplacée par la grâce, une nouvelle forme de justice. Et la justice: c’est comme la grâce, c’est au Saint-Esprit de l’exercer. Et comment l’exerce-t-il ? Eh bien, en Christ, il est notre avocat et non notre juge. Notre avocat, car nous avons déjà été jugé en recevant le Saint-Esprit. Et Christ efface toutes transgressions quand nous les confessons et que nous manifestons une juste repentance. Il ne tient alors pas compte de notre égarement. Pourquoi ? Parce que nous sommes de sa nature et que le péché ne se couche plus à notre porte. Dans les faits, la transgression, comme le péché commis nous procure de la honte et de la tristesse.

David qui était oint de l’Esprit dit dans un psaume : 32 :5 : « Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité; J'ai dit: J'avouerai mes transgressions à l'Eternel! Et tu as effacé la peine de mon péché. »

A l’inverse de David, Si cet état d’âme de peine face au péché commit n’existe pas, c’est bien que le péché est toujours attaché à notre âme et que nous le servons comme un esclave sert un maitre inique. Si nous en sommes encore là…. alors Dieu reste notre juge. Mais si Christ vit en nous, il est notre avocat. Il plaide pour nous, il nous innocente. Il montre au juge qu’il s’est lui-même chargé de nos offenses et qu’il n’y a plus rien qui nous accuse. Pourquoi ? Car tout péché a été effacé. La fin du verset 34 de Jérémie 33 est sans équivoque à ce sujet :

 « Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché ».

Nous accuser aboutirait à l’accuser lui-même. Si vous êtes en Christ pensez à cette plaidoirie où tout accusateur en vous accusant, accuse Dieu lui-même de péché. L’ennemi, le diable, les démons n’ont plus alors aucune possibilité de vous atteindre. A peine la transgression apparait-elle qu’elle est déjà effacée. Alors ne jugez pas votre frère qui a le meilleur avocat. Mais donnez-lui l’occasion de laisser son avocat le disculper en lui montrant son erreur et en lui permettant de se repentir. Que votre privilège et votre liberté en Christ édifient et élèvent plutôt qu’ils ne jugent et ne condamnent. Annoncez ce nouvel Evangile où Dieu est avocat et non juge.

Car la grâce de Dieu est qu’il soit notre avocat. C’est la plus belle des réalités de l’Evangile.

Amen

dimanche 18 octobre 2026

MARANATHA ! (le sens exact)

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Par Eric Ruiz

 

Ce mercredi 14 octobre au matin je me suis réveillé avec un rêve dans la tête. Ce rêve avait pour idée centrale un mot en particulier : Maranatha. Et, je cherchais comment j’allais pouvoir écrire sur ce thème.

Etrange ce rêve n’est-ce pas ? Alors, au réveil j’ai décidé de continuer ce que ce rêve m’inspirait à faire.

Maranatha : provient de  l’araméen des bribes d’une traduction ancienne qui figure encore dans nos Bibles comme Mammon, Abba, Talitah koum, etc...Et Maranatha se trouve uniquement à la fin d’une épître, celle de Paul. 1 Corinthiens 16 :22 ; et en voici le contexte : 

« Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème! Maranatha. ».

Maranatha est traduit par « le Seigneur est venu ou vient Seigneur ! Ou le Seigneur viendra, ou encore : c’est celui qui a ma préférence : Que notre Seigneur vienne !

Certains théologiens pensent que les premiers chrétiens se saluaient ainsi. C’est pourquoi le plus souvent il est présenté sous forme exclamative, comme une prière adressée. Mais Cette forme est importante aussi parce qu’elle montre un cri, plus qu’une simple affirmation, ou un salut.

Une autre chose qui m’est venu à l’esprit : Pourquoi ce mot apparait-il juste après celui d’anathème « Anatema » qui signifie voué à la destruction, maudit, malédiction, séparé du corps de Christ ?

J’employais moi-même autrefois Maranatha comme une louange et une invocation au retour de Christ. C’était comme lui réaffirmer ma fidélité : «Viens nous chercher, viens nous amener dans ton royaume céleste ». Une manière aussi de manifester mon amour pour lui et d’espérer en ses promesses. Mais je n’avais pas perçu le contexte. L’employer en dehors de son contexte n’a pas de sens ; et ce sens c’est : une attente brûlante du retour de Christ et donc…

Invoquer la justice divine se justifie parce que le combat diabolique ou les forces du mal sont devenus irrespirables et suffocantes (pas à 100kms mais là, ici, maintenant).

Anatema Maranatha : destruction et retour de Christ, ces deux mots doivent être mis en relation. Ils doivent être joint ensemble, pourquoi ? Parce qu’à l’évidence c’est à Christ de déclarer qui est anathème, donc qui doit être rejeté et maudit. C’est lui qui revient pour mettre sa lumière sur les ténèbres.

Paul en tous les cas, l’emploie dans ce contexte. Sa lettre ne dénonce personne en particulier. Mais l’apôtre montre le mal qui provoque des divisions dans l’assemblée. Ils montrent ceux qui, parce qu’ils ont l’esprit du monde, sont idolâtres et sont « enflés d’orgueil » (comme il le dit), parce qu’ils se disputent la gloire. Parce qu’ils sont jaloux les uns des autres et cherchent à se faire valoir et à montrer qu’ils sont plus saints ou plus forts que les autres. Un esprit mauvais, et méchant pousse au désordre chez les Corinthiens, à tel point que l’on y trouve de l’impudicité pire que chez les païens. Des relations incestueuses entre mère et fils. Mais le pire c’est que personne ne trouve cela pénible et désolant car on le tolère sans rien dire.

Par conséquent, lorsque Paul écrit que celui qui n’aime pas le Seigneur soit anathème, c’est afin de rappeler que pour ceux qui aiment le péché plus que Dieu, il y a un terrible jugement et que ce jugement va jusqu’à la mort. C’est un avertissement doublé d’une lourde conséquence.

Alors pour en revenir au mot Maranatha, on ne peut expliquer son sens qu’avec celui de la justice et le jugement divin. Paul comme tout apôtre et disciple de Christ aspire à la justice, surtout quand le contexte des frères corinthiens ne montre que divisions, orgueil, idolâtrie et injustice.

Le monde aujourd’hui est imprégné par ce contexte. Sur tous les continents on voit déborder et dégouliner la corruption, les meurtres dus à l’amour de soi et à l’idolâtrie. L’Eglise institution l’est évidemment aussi. Les scandales qui touchent l’Eglise dans son ensemble le prouvent.

A la base c’est l’embourgeoisement spirituel qui en est la première cause. Et là je parle du caractère négatif du bourgeois, c’est-à-dire la jalousie, le cancanage (médire sur son prochain), les ragots (colporter des rumeurs) les mesquineries (les jugements sur les uns et le autres). On se met à critiquer ce que mange l’un, la façon dont s’habille l’autre, l’éducation qu’untel donne à ses enfants, le fait de ne pas chercher à s’élever socialement et on envie celles et ceux qui vivent dans un meilleur confort matériel et qui cherchent à réussir leur vie socialement. Les uns méritent plus d’attention que les autres. Ils le méritent parce qu’ils agissent avec les mêmes codes culturels.

Avec cette tiédeur manifestée, le croyant  justifie son meilleur niveau social comme étant le fruit d’un mérite personnel ; et il en vient à mépriser les plus fragiles, les excluant ou les marginalisant, oubliant ce pourquoi il est assemblé avec les autres. Pour lui, l’Eglise doit le servir. Il en est fier parce qu’elle reflète ce qu’il en attend : une zone de tranquillité morale et sociale bourrée de rituels et de traditions (alors que la foi aboutit à l’inverse : une remise en cause incessante, la repentance des cœurs et le service aux autres).

Paul avec les corinthiens voyait cet embourgeoisement gagner du terrain. Il explique par exemple pourquoi il n’est pas bon de courir après tous les dons spirituels, mais de privilégier surtout celui de l’amour (1 Corinthiens 13). Il insistait sur la prise de parole en assemblée, afin qu’elle se fasse dans le calme et l’ordre et que la femme reste discrète. Il disait pourquoi le fait de manger certains aliments pouvait scandaliser son prochain. Que la liberté du croyant s’arrête là où il n’y a plus édification de l’autre. Or, petit à petit le fossé se creuse entre les nantis et les pauvres de l’Eglise et la souffrance s’installe pour les moins aisés, les plus fragiles et pour ceux qui servent Christ sans cancaner. 

C’est par conséquent, la souffrance des croyants qui pousse à prononcer ce mot : Maranatha. 

Et, Ils ne le font pas machinalement comme on a prie l’habitude de dire « amen » à chaque fin de prière. Ils ne mettent pas ce mot sur le devant de leur chapelle comme une protection divine. Ils ne le chantent non plus à la manière d’une louange passive et contemplative. 

Ils le prononcent comme un appel au secours. Ce n’est pas une acclamation c’est une supplication

« Je t’en supplie Seigneur, viens nous aider, les choses humaines sont devenues ingérables et invivables…il n’y a que toi qui puisse rétablir la vérité et la justice ». Un mot pour tout cela : Maranatha.

J’avais autrefois appris une chanson chrétienne sur Maranatha ; et elle commençait ainsi : « je lève les yeux vers les montagnes d’où me viendra le secours ; le secours me viens de Dieu …». C’est exactement ce sens. Pourtant je le chantais comme une acclamation.

Il faut dire aussi que la suite des paroles prête à confusion. Ce n’est plus le Seigneur qui vient à nous, ce serait nous qui allons à sa maison. Les paroles disent : « … et là où tu es oh prend nous avec toi. Je suis dans la joie quand on me dit allons à la maison du Seigneur, car nos peines sont finies. »

Il y avait aussi mon état intérieur qui n’était pas éprouvé. Je me sentais à l’époque reconnaissant de vivre dans un havre de paix et de vérité. Je m’étais à ma manière embourgeoiser (Jusqu’au jour où Christ est revenu dévoilant l’injustice et le mensonge).

C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité : les croyants persécutés, prononcent ou chantent Maranatha parce qu’ils invoquent de manière urgente la justice et le jugement divin sur leur vie ; Ils ont soif d’une libération. Ils prient pour qu’un libérateur ôte leur souffrance face à une injustice permanente et étouffante.

L’apôtre Paul donne une très bonne définition du mot Maranatha ; c’est au verset 5 du quatrième chapitre de cette épitre aux Corinthiens. Il écrit : « C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. ».

Maranatha s’exprime ainsi : « viens juger Seigneur, viens mettre en lumière ce qui est resté caché dans les ténèbres et manifeste les bons comme les mauvais projets des cœurs ». Le but de Maranatha c’est aussi que chacun reçoivent la récompense de sa consécration ou le châtiment lié à sa trahison. 

Comme il va s’en dire aussi : pour ceux qui aurons agit caché dans les ténèbres, cette louange sera plutôt un anathème, une répudiation.

Maintenant de façon historique, ce jugement n’est pas nouveau. Il est même présent dés les premières lignes du livre de la Genèse. Genèse 1 :2 : » il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. ». Voyez-vous, les mauvais projets des cœurs se manifestaient et l’Esprit de Dieu attendait pour agir. Et au verset 4, Dieu agit. Comment ? Verset 4 : » Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. ».

Pour les premiers chrétiens qui vivaient dans un contexte ténébreux de persécution et d’oppression. Les sources historiques rappellent que Maranatha était un cri d’espérance pour ceux qui souffraient. Le retour du Seigneur, c’est alors la lumière qui met fin à l’injustice et dévoile la vérité des cœurs. Dieu vient séparer l’anathème et récompense les vrais adorateurs.

Alors Maranatha, de la Genèse à l’épître aux Corinthiens nous rappelle un fait perpétuel : Il est venu, il vient et il viendra car il y a toujours un temps (que le Père seul connait) pour revenir juger les traitres, dévoiler les faux frères et les punir… mais aussi, durant ce même temps pour délivrer un peuple captif de l’injustice causée par ces mêmes traitres. Un peuple qui sera délivré de l’oppression, qui sera éloigné des méchants pour ne pas subir leur sort.

En écrivant cela je ne peux m’empêcher de penser à mes frères et sœurs de la République Démocratique du Congo, qui subissent de terribles oppressions. Les églises là-bas sont dirigées par des monstres embourgeoisés, des Léviathan, qui brulent tous ceux qui ne leur obéissent pas. Ils sont semblables à la guerre qui s’y passe. Ils sont à l’origine de la guerre dans les assemblées. Maranatha pour ce peuple opprimé !

Alors, si toi aussi tu connais l’oppression, l’injustice, l’opprobre liées à de nombreux méfaits dans ton assemblée, dans ta famille. Priez Maranatha n’est pas hors de sens, bien au contraire.

De tous temps, la persécution et l’injustice ont ébranlé nos frères et sœurs. Alors le fait d’être directement concerné : ce n’est pas un hasard. C’est un passage obligé pour tout disciple de Christ ;

Maranatha est déclamé par le corps de Christ quel qu’en soit l’époque ou le lieu.

Un témoin de plus : c’est le livre de l’Apocalypse. Il se termine par cette supplication (par ce Maranatha). 

Apocalypse 22 :10 : « Que celui qui est injuste, soit injuste encore; et que celui qui est souillé se souille encore; et que celui qui est juste, soit plus juste encore; et que celui qui est saint, soit sanctifié encore.12Or voici, je viens bientôt; et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre verset 22 Celui qui rend témoignage de ces choses, dit : Certainement je viens bientôt, Amen! Oui, Seigneur Jésus, viens!

Cette prière avec les mots à répétition « encore et encore », montre qu’il est plus que nécessaire que l’escalade du mal comme celle du bien progresse. Que la sainteté comme la souillure arrive à son comble. Car, arrivé à un point, à un summum, Maranatha devient une réalité. Dieu a de tout temps prévu qu’arrivé à un certain stade de consécration ou de souillure et de corruption, il interviendra avec puissance pour juger. Et c’est son peuple qui est jugé premièrement. Ensuite ce sont les autres.

Alors que tous les concernés crient haut et fort Maranatha !

Amen