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Par Eric Ruiz
Ce mercredi 14 octobre au matin je me suis réveillé avec un rêve dans la tête. Ce rêve avait pour idée centrale un mot en particulier : Maranatha. Et, je cherchais comment j’allais pouvoir écrire sur ce thème.
Etrange ce rêve n’est-ce pas ? Alors, au réveil j’ai décidé de continuer ce que ce rêve m’inspirait à faire.
Maranatha : provient
de l’araméen des bribes d’une traduction
ancienne qui figure encore dans nos Bibles comme Mammon, Abba, Talitah koum,
etc...Et Maranatha se trouve uniquement à la fin d’une épître, celle de Paul. 1
Corinthiens 16 :22 ; et en voici le contexte :
« Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème! Maranatha. ».
Maranatha est
traduit par « le Seigneur est venu
ou vient Seigneur ! Ou le Seigneur viendra, ou encore :
c’est celui qui a ma préférence : Que notre Seigneur vienne !
Certains théologiens pensent que les premiers chrétiens se
saluaient ainsi. C’est pourquoi le plus souvent il est présenté sous forme
exclamative, comme une prière adressée. Mais Cette forme est importante aussi
parce qu’elle montre un cri, plus
qu’une simple affirmation.
Une autre chose qui m’est venu à l’esprit : Pourquoi
ce mot apparait-il juste après celui d’anathème « Anatema » qui signifie
voué à la destruction, maudit, malédiction, séparé du corps de Christ ?
J’employais moi-même autrefois Maranatha comme une louange et une invocation au retour de Christ. C’était
comme lui réaffirmer ma fidélité : «Viens
nous chercher, viens nous amener dans ton royaume céleste ». Une
manière aussi de manifester mon amour pour lui et d’espérer en ses promesses. Mais
je n’avais pas perçu le contexte. L’employer en dehors de son contexte n’a pas
de sens ; et ce sens c’est : une attente
brûlante du retour de Christ et donc…
Invoquer la justice divine se justifie parce que le combat
diabolique ou les forces du mal sont devenus irrespirables et suffocantes (pas
à 100kms mais là, ici, maintenant).
Anatema
Maranatha : destruction et retour de Christ, ces deux mots doivent
être mis en relation. Ils doivent être joint ensemble, pourquoi ? Parce
qu’à l’évidence c’est à Christ de déclarer qui est anathème, donc qui
doit être rejeté et maudit. C’est lui qui revient pour mettre sa lumière
sur les ténèbres.
Paul en tous les cas, l’emploie dans ce contexte. Sa lettre
ne dénonce personne en particulier. Mais l’apôtre montre le mal qui provoque
des divisions dans l’assemblée. Ils montrent ceux qui, parce qu’ils ont
l’esprit du monde, sont idolâtres et sont « enflés d’orgueil » (comme
il le dit), parce qu’ils se disputent la gloire. Parce qu’ils sont jaloux les
uns des autres et cherchent à se faire valoir et à montrer qu’ils sont plus
saints ou plus forts que les autres. Un esprit mauvais, et méchant pousse au
désordre chez les Corinthiens, à tel point que l’on y trouve de l’impudicité
pire que chez les païens. Des relations incestueuses entre mère et fils. Mais
le pire c’est que personne ne trouve cela pénible et désolant car on le tolère
sans rien dire.
Par conséquent, lorsque Paul écrit que celui qui n’aime pas
le Seigneur soit anathème, c’est afin de rappeler que pour ceux qui aiment le
péché plus que Dieu, il y a un terrible jugement et que ce jugement va jusqu’à
la mort. C’est un avertissement doublé d’une lourde conséquence.
Alors pour en revenir au mot Maranatha, on ne peut expliquer son sens qu’avec celui de la justice
et le jugement divin. Paul comme tout apôtre et disciple de Christ
aspire à la justice, surtout quand le contexte des frères corinthiens ne montre
que divisions, orgueil, idolâtrie et injustice.
Le monde aujourd’hui est imprégné par ce contexte. Sur tous
les continents on voit déborder et dégouliner la corruption, les meurtres dus à
l’amour de soi et à l’idolâtrie. L’Eglise institution l’est évidemment aussi. Les
scandales qui touchent l’Eglise dans son ensemble le prouvent.
A la base c’est l’embourgeoisement
spirituel qui en est la première cause. Et là je parle du caractère
négatif du bourgeois, c’est-à-dire la jalousie, le cancanage (médire sur son
prochain), les ragots (colporter des rumeurs) les mesquineries (les jugements
sur les uns et le autres). On se met à critiquer ce que mange l’un, la façon
dont s’habille l’autre, l’éducation qu’untel donne à ses enfants, le fait de ne
pas chercher à s’élever socialement et on envie celles et ceux qui vivent dans
un meilleur confort matériel et qui cherchent à réussir leur vie socialement.
Les uns méritent plus d’attention que les autres. Ils le méritent parce qu’ils
agissent avec les mêmes codes culturels.
Avec cette tiédeur manifestée, le croyant justifie son meilleur niveau social comme
étant le fruit d’un mérite personnel ; et il en vient à mépriser les plus
fragiles, les excluant ou les marginalisant, oubliant ce pourquoi il est assemblé
avec les autres. Pour lui, l’Eglise doit le servir. Il en est fier parce
qu’elle reflète ce qu’il en attend : une zone de tranquillité morale et
sociale bourrée de rituels et de traditions (alors que la foi aboutit à
l’inverse : une remise en cause incessante, la repentance des cœurs et le
service aux autres).
Paul avec les corinthiens voyait cet embourgeoisement gagner du terrain. Il explique par exemple pourquoi il n’est pas bon de courir après tous les dons spirituels, mais de privilégier surtout celui de l’amour (1 Corinthiens 13). Il insistait sur la prise de parole en assemblée, afin qu’elle se fasse dans le calme et l’ordre et que la femme reste discrète. Il disait pourquoi le fait de manger certains aliments pouvait scandaliser son prochain. Que la liberté du croyant s’arrête là où il n’y a plus édification de l’autre. Or, petit à petit le fossé se creuse entre les nantis et les pauvres de l’Eglise et la souffrance s’installe pour les moins aisés, les plus fragiles et pour ceux qui servent Christ sans cancaner.
C’est par conséquent, la souffrance des croyants qui pousse à prononcer ce mot : Maranatha.
Et, Ils ne le font pas machinalement comme on a prie l’habitude de dire « amen » à chaque fin de prière. Ils ne mettent pas ce mot sur le devant de leur chapelle comme une protection divine. Ils ne le chantent non plus à la manière d’une louange passive et contemplative.
Ils le prononcent comme un appel au secours. Ce n’est pas une acclamation c’est une supplication
« Je
t’en supplie Seigneur, viens
nous aider, les choses humaines sont devenues ingérables et invivables…il n’y a que toi qui puisse
rétablir la vérité et la justice ». Un mot pour tout cela : Maranatha.
J’avais autrefois appris une chanson chrétienne sur Maranatha ;
et elle commençait ainsi : « je
lève les yeux vers les montagnes d’où me viendra le secours ; le secours
me viens de Dieu …». C’est exactement ce sens. Pourtant je le chantais
comme une acclamation.
Il faut dire aussi que la suite des paroles prête à confusion. Ce
n’est plus le Seigneur qui vient à nous, ce serait nous qui allons à sa maison.
Les paroles disent : « … et là
où tu es oh prend nous avec toi. Je suis dans la joie quand on me dit allons à
la maison du Seigneur, car nos peines sont finies. »
Il y avait aussi mon état intérieur qui n’était pas éprouvé. Je me
sentais à l’époque reconnaissant de vivre dans un havre de paix et de vérité.
Je m’étais à ma manière embourgeoiser (Jusqu’au jour où Christ est revenu
dévoilant l’injustice et le mensonge).
C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité :
les croyants persécutés, prononcent ou chantent Maranatha parce qu’ils invoquent de manière urgente la
justice et le jugement divin sur leur vie ; Ils ont soif d’une
libération. Ils prient pour qu’un libérateur ôte leur souffrance face à une injustice
permanente et étouffante.
L’apôtre Paul donne une très bonne définition du mot Maranatha ; c’est au verset 5 du
quatrième chapitre de cette épitre aux Corinthiens. Il écrit : « C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce
que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les
ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de
Dieu la louange qui lui sera due. ».
Maranatha s’exprime ainsi : « viens juger Seigneur, viens mettre en lumière ce qui est resté caché dans les ténèbres et manifeste les bons comme les mauvais projets des cœurs ». Le but de Maranatha c’est aussi que chacun reçoivent la récompense de sa consécration ou le châtiment lié à sa trahison.
Comme il va s’en dire aussi : pour ceux qui aurons agit caché dans les
ténèbres, cette louange sera plutôt un anathème, une répudiation.
Maintenant de façon historique, ce jugement
n’est pas nouveau. Il est même présent dés les premières lignes du livre de la
Genèse. Genèse 1 :2 : » il y
avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait
au-dessus des eaux. ». Voyez-vous, les mauvais projets des cœurs
se manifestaient et l’Esprit de Dieu attendait pour agir. Et au verset 4, Dieu
agit. Comment ? Verset 4 : » Dieu vit que la lumière était
bonne; et Dieu sépara la lumière
d'avec les ténèbres. ».
Pour les premiers chrétiens qui vivaient dans un contexte ténébreux de persécution et d’oppression. Les sources historiques rappellent que Maranatha était un cri d’espérance pour ceux qui souffraient. Le retour du Seigneur, c’est alors la lumière qui met fin à l’injustice et dévoile la vérité des cœurs. Dieu vient séparer l’anathème et récompense les vrais adorateurs.
Alors Maranatha, de la Genèse à l’épître aux
Corinthiens nous rappelle un fait perpétuel : Il est venu, il vient
et il viendra car il y a toujours un temps (que le Père seul connait)
pour revenir juger les traitres, dévoiler les faux frères et les punir… mais
aussi, durant ce même temps pour délivrer un peuple captif de l’injustice
causée par ces mêmes traitres. Un peuple qui sera délivré de l’oppression, qui
sera éloigné des méchants pour ne pas subir leur sort.
En écrivant cela je ne peux m’empêcher de penser à mes frères et sœurs de la République Démocratique du Congo, qui subissent de terribles oppressions. Les églises là-bas sont dirigées par des monstres embourgeoisés, des Léviathan, qui brulent tous ceux qui ne leur obéissent pas. Ils sont semblables à la guerre qui s’y passe. Ils sont à l’origine de la guerre dans les assemblées. Maranatha pour ce peuple opprimé !
Alors, si
toi aussi tu connais l’oppression, l’injustice, l’opprobre liées à de nombreux
méfaits dans ton assemblée, dans ta famille. Priez Maranatha n’est pas hors de sens, bien au contraire.
De tous
temps, la persécution et l’injustice ont ébranlé nos frères et sœurs. Alors le
fait d’être directement concerné : ce n’est pas un hasard. C’est un
passage obligé pour tout disciple de Christ ;
Maranatha est déclamé par le corps de Christ quel qu’en soit l’époque ou le lieu.
Un témoin
de plus : c’est le livre de l’Apocalypse. Il se termine par cette
supplication (par ce Maranatha).
Apocalypse 22 :10 : « Que celui qui est injuste, soit injuste encore; et que celui qui est souillé se souille encore; et que celui qui est juste, soit plus juste encore; et que celui qui est saint, soit sanctifié encore.12Or voici, je viens bientôt; et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre verset 22 Celui qui rend témoignage de ces choses, dit : Certainement je viens bientôt, Amen! Oui, Seigneur Jésus, viens!
Cette prière avec les mots à répétition « encore et
encore », montre qu’il est plus que nécessaire que l’escalade du mal comme
celle du bien progresse. Que la sainteté comme la souillure arrive à son
comble. Car, arrivé à un point, à un summum, Maranatha devient une réalité.
Dieu a de tout temps prévu qu’arrivé à un certain stade de consécration ou de souillure
et de corruption, il interviendra avec puissance pour juger. Et c’est son
peuple qui est jugé premièrement. Ensuite ce sont les autres.
Alors que tous les concernés crient haut et fort
Maranatha !
Amen



