dimanche 26 avril 2026

DOUTER par le SAINT-ESPRIT est-ce possible ?

617

Par Eric Ruiz

Le doute est « le GRAND TABOU » des chrétiens (sans oublier les autres religions). Il est conçu comme une immense forteresse ennemie, alors qu’il devrait être le contraire : une forteresse divine.


Tant de chrétiens s’y sont heurtés et continuent de s’y heurter croyant avoir repoussé le doute.

Il n’y a qu’à leur citer le verset 23 du chapitre 14 de la lettre aux Romains pour qu’ils soient encore déstabilisés. Et je ne dis pas cela en les montrant du doigt, ou en me moquant d’eux, mais en cherchant au contraire à prendre au sérieux le fait de se condamner en doutant: «  Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu'il mange est condamné, parce qu'il n'agit pas par conviction. Tout ce qui n'est pas le produit d'une conviction est péché. ».Romains 14 :23

 

1.     AGIR SANS CONVICTION EST UN PECHE

 

En lisant ce verset le manque de conviction saute aux yeux : c’est un péché. Attention petite nuance toutefois : c’est agir sans conviction qui est un péché. Ce n’est pas le manque de conviction. Il y a le passage à l’acte qui se joint ici au doute : C’est celui « qui n’agit pas par conviction »

Rappelez-vous ce que j’avais enseigné avec la vaccination contre le Covid 19.

Si un chrétien a des doutes sur ce qu’il doit faire : se faire vacciner ou refuser cette vaccination, il n’est pas en train de pécher. Par contre s’il refuse catégoriquement la vaccination mais qu’il est sujet au doute, que son esprit est partagé, ne pèche-t-il pas à ce moment-là ?

Ne devrait-il pas s’arrêter un moment pour étudier tous les avis laissés par les membres de son assemblée, ou venir écouter sur les médias tous les spécialistes, les Épidémiologistes, les infectiologues, ou les immunologistes sur la question, pour se faire sa propre opinion ?

Ou plutôt (et c’est là le chemin de la sagesse) ne devrait-il pas tout simplement faire ce que le Saint-Esprit dit à l’Église ?

Et que dit le Saint-Esprit ? « Assieds toi, prend un temps suffisamment long pour réfléchir, pour méditer, pour prier, pour te poser tes questions : Père comment faire ta volonté, et pas la mienne ?  Père donne moi un signe pour que j’agisse en étant convaincu de faire le bien.

N’oublions pas que notre destinée n’est pas dans la main de la médecine ou d’un grand professeur.  Ce n’est pas celui qui connait la médecine qui prolongera sa propre vie. « Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux! ». Ce n’est pas une affaire d’intelligence. Mais c’est Dieu qui décide de notre avenir à chacun

Alors que risquons-nous ?

Romains 14 : 7 : « En effet, nul de nous ne vit pour lui-même, et nul ne meurt pour lui-même. 8Car si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes au Seigneur ».

 

2.     LE DOUTE CRIE : STOP ! ARRETE-TOI !

 

Le problème du croyant en général c’est que dans sa marche lorsqu’il croise le doute, il le fuit comme le péché, comme la peste. Même ses prières qui ressemblent à des prières de foi confesse le doute «  Père, je refuse de m’inquiéter, je choisis au contraire de te faire confiance. Je confesse la foi en toi ». Encore une manière de vouloir chasser le doute sans le nommer. « Père je refuse de douter », c’est un combat contre soi-même.  Alors que le manque de conviction devrait agir comme avec un panneau indicateur. Un panneau qui lui dirait STOP !  Arrête-toi ! Ne va pas plus loin !

Tu reprendras ta marche… mais une fois que tu ne douteras plus ; une fois que tu auras la conviction, la confirmation dans ton cœur que ce que tu fais est juste.

« Heureux celui qui ne se condamne pas lui-même dans ce qu'il approuve! », c’est le verset précédent celui qu’on vient de lire dans Romains 14. Il ne signifie pas autre chose que : « celui qui n’agit pas avec des doutes, est heureux parce qu’il ne se condamne pas ».

Maintenant, les choses se compliquent parce que nous vivons entourés de croyants qui n’ont pas la même conviction que les autres sur le même sujet. Et c’est ce que rappelle l’apôtre Paul avec force tout au long du chapitre 14.

Certains s’abstiendrons de manger d’une nourriture tandis que d’autres auront la conviction qu’elle est bonne. Que faut-il faire ? Un seul dogme pour tous ? Ou bien laisser chacun se former sa propre conviction ? Paul est bien sûr favorable à la seconde possibilité. Et il n’est pas contre le fait que nous discutions sur nos croyances (d’ailleurs lui-même ensuite dira ce qu’il pense, sans en faire une loi) Mais notre conviction ne doit pas être une épée pour soumettre les autres. Nous ne devons jamais agir en étant une occasion de chute pour notre prochain. Verset 13 : » Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d'achoppement ou une occasion de chute ». Et il conclut au verset 19 en disant : « Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l'édification mutuelle. ».

Voilà le seul mur que nous devons dresser : un mur de paix et d’édification. Ce mur n’enferme pas. Il n’est pas une prison. Ce mur protège. Rappelez-vous c’est en s’occupant des plus faibles que l’on bâtit la paix (Esaïe 72).

Par conséquent, respectons les convictions de chacun. Expliquons les nôtres sans en faire un point de salut et sans susciter un scandale.

Mais pourquoi devons-nous laisser se manifester la conviction de foi de chacun ? Parce que ce n’est pas à nous, être humain, à nous disciples de Christ de changer les convictions mais à Dieu le Père seul. Et il change les convictions par le Saint-Esprit. Comment fait-il ? Il nous amène d’abord à douter. Puis une fois la conviction revenue, il nous amène à agir avec foi.

Si nous condamnons, si nous nous opposons violemment à la conviction de notre prochain, si nous créons des querelles, nous empêchons Dieu d’agir. Et Christ agit toujours dans le calme la tranquillité, la paix et l’amour, sans faire du prosélytisme ou émettre de nouvelles lois.  En agissant contre la conviction de l’autre, nous empêchons le doute de venir le perturber.

Mais « j’ai réussi à semer le doute en lui expliquant ce que l’évangile préconise, n’est-ce pas une œuvre juste ? ».

Ce doute-là n’est pas le bon, car il ne vient pas d’un esprit de paix mais d’un esprit de dispute. Nous devons agir avec sagesse, c’est-à-dire en laissant au Saint-Esprit le choix du moment, du lieu, de la bouche qui viendra le faire douter. Sinon nous agissons seul sans le Saint-Esprit. Et nous savons alors que nous détruisons ce que Dieu veut construire.

 

3.     LE DOUTE : C’EST DIEU QUI FRAPPE A MA PORTE

 

Il y a un passage dans le livre de l’Apocalypse qui montre tout cela clairement.

C’est au troisième chapitre à partir du verset 20 : « Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. 21Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises! ».

Lorsque le doute survient, quelqu’un frappe à la porte de notre cœur.  Qui est ce quelqu’un ? C’est l’Amen, (l’esprit de vérité) le témoin fidèle et véritable qui souhaite entrer et venir souper avec nous. C’est-a-dire qu’il souhaite instaurer une relation intime dans le but d’échanger sur nos doutes pour nous amener à la vérité. Ceux qui n’entendent pas et qui laissent leur doute à la porte, ce sont ceux qui refusent de douter et qui le cache comme un péché ; ou encore ce sont ceux qui n’ont que des certitudes, et qui ne veulent surtout pas les remettre en question. Ils s’obstinent à penser que la foi parfaite ressemble à un trop plein de certitudes.

Mais ces différentes stratégies émises face au doute cachent une réalité : avoir peur d’affronter ses doutes. Et cette peur amène à connaitre de fortes angoisses. Tout comme la Sulamite l’a exprimée au chapitre 5 du livre du Cantique des Cantiques devant son bien-aimé. A l’appel de son bien aimée : « Ouvre-moi, ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite ! » la Sulamite s’est trouvée mille excuses pour ne pas ouvrir. « J'ai ôté ma tunique; comment la remettrais-je? J'ai lavé mes pieds; comment les salirais-je? »Elle a eu honte de ses doutes. Comment se présenter ainsi devant le Seigneur (nu et les pieds sales) ? Ses peurs l’ont submergé et au final, le doute s’est transformé en angoisse profonde : «  je l'ai cherché, et je ne l'ai pas trouvé ; je l'ai appelé, et il ne m'a pas répondu. ».

Par contre, ceux qui ont l’humilité d’ouvrir la porte, ce sont ceux qui se sont préparés à écouter la voix du Saint-Esprit leur parler. Ils savent que Dieu parle à l’opposé des désirs de la chair. Ils savent que le Saint-Esprit brise les tabous les dogmes puissants, comme les fausses certitudes. C’est en se comportant ainsi que l’on se comporte comme un témoin fidèle et véritable et que:

-premièrement l’on peut vaincre ses doutes,

- pour que deuxièmement sa foi grandisse ;

- et qu’enfin troisièmement, Dieu nous amène à partager son trône, comme Jésus-Christ l’a fait le premier, avant nous.

 

Alors, c’est vrai que nous retrouvons ici la folie de l’Evangile. C’est une folie pour l’homme charnel.  Rendez-vous compte :

-S’abaisser pour être élever.

-Les derniers seront les premiers ;

-Aimer ses ennemis plutôt que les combattre ;

-être heureux dans les outrages et la persécution…

-et maintenant avec le doute, il s’agit de s’arrêter pour avancer dans la foi ;  de douter un instant pour partager la gloire de Dieu. Toujours agir à l’opposé de nos contradictions humaines. Dieu va à contre courant de nos certitudes. L’enjeu est de taille : Si nous refusons que nos doutes nous remettent en question, nous n’entendrons pas la voix de Dieu et nous bloquerons nous-mêmes la porte. Dieu alors ne partagera rien avec nous.

 

Un théologien chrétien du 1er siecle disait : « le doute amène l’examen et l’examen la vérité ». C’est ce que Jésus a fait avec un docteur de la loi, membre du Sanhedrin : Nicodème. Il l’a fait douter par cette affirmation : « En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. ». Nicodème interloqué répondit : comment un homme peut-il naitre deux fois d’une même mère ? Nicodème aurait pu s’arrêter là et s’en aller en pensant que Jésus n’était qu’un homme qui délirait et blasphémait. C’est la pensée dominante des pharisiens, ceux de son assemblée, pour qui rien de bon ne pouvait sortir de lui. Que cet homme se prétendant fils de Dieu n’était en fait qu’un imposteur. Mais Nicodème était dans une disposition de cœur lui permettant de se remettre en question. Il a écouté tout ce que Jésus lui disait attentivement, et il est repartit en méditant sans doute sur les paroles de Jésus, notamment celle-ci : « Si vous ne croyez pas quand je vous ai parlé des choses terrestres, comment croirez-vous quand je vous parlerai des choses célestes? ».  Jésus souhaitait que cet homme érudit dans la loi de Moïse, puisse comprendre sa mission sur terre qui va avec un don céleste. Jésus est le fils de Dieu issu du Père. Il se sacrifie pour que ceux qui croient en lui aient la vie Eternelle. Le royaume de Dieu n’est possible que par ce don céleste qui dépend uniquement de lui, Jésus-Christ.

On ne sait pas ce qui s’est passé ensuite. Mais Jésus avait semé de nouvelles paroles dans son cœur, des paroles de vérité qui permettent de vaincre ses fausses convictions et de partager la gloire du Père.

Dans Jean 19 :39, nous revoyons Nicodème accompagnant un disciple de Jésus pour embaumer son corps avant de le mettre dans le sépulcre. « Nicodème…, apportait un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès ». Nicodème à l’évidence ne doutait plus. Il avait pris le parti de la vérité.

 

Pour résumer :

Dieu utilise nos doutes pour nous amener vers la vérité. Ce moyen nous empêche de nous égarer dans nos propres certitudes. Le fait que le péché ne soit pas résolu définitivement procure, c’est certain, des doutes chez le croyant. Le prophète Esaïe a exprimé sans retenue ses doutes « Malheur à moi! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, » Esaïe 6 :5. Comme aujourd’hui on le prie dans l’intimité : « Seigneur j’ai péché suis-je encore aimé de toi ? ». Même en ayant une foi basée sur les textes bibliques et en sachant que Christ a vaincu le péché pour nous, c'est le doute qui nous garde humbles. Le doute, est perçu habituellement comme une « panne », mais il est bien un « frein moteur de sécurité ». Accepter le doute, entendre la voix de celui qui frappe, ouvrir la porte, c’est  « le commencement de la dépendance à Dieu ». Car si je ne doute plus de rien, ai-je encore besoin de réponses à mes prières pour être guidé ?

Que le doute soit pour toi mon frère, ma sœur plus qu’un ami, un nouveau commencement dans les œuvres du Saint-Esprit.

Amen

dimanche 19 avril 2026

LE DOUTE : UN MOTEUR SPIRITUEL ?

616


Par Eric Ruiz

 

1.     Le Doute : Un Séisme Révélateur, non un Péché

Il y a des croyances qui agissent comme de véritables monstres auprès des croyants. Elles les écrasent au sol et les maintiennent dans la peur et l’humiliation. Cette frontière invisible doit être détruite.


Alors pour être concret, cette croyance, c’est celle du DOUTE. Celle du doute qui s’oppose à la foi. Le doute n’est pas une perte de foi ou une absence de foi. Le doute fait parti de la foi. Tant de siècles d’obscurantisme ont eu comme effet que de culpabiliser les croyants en leur laissant croire volontairement que leur doute, leurs interrogations ne sont qu’un manque de foi.

Le doute ce n’est pas l’incrédulité. Le doute c’est un moyen de se remettre en cause, de se poser des questions, de s’évaluer, pour grandir dans la foi. Le doute n’est donc pas un manque, mais un moyen. Un moyen pour atteindre un but. Et ce but c’est la croissance.

De façon personnelle, le doute va me permettre d’évaluer si mes fondations sont solides.

Le doute, si je peux donner une image, c’est un mini séisme qui va secouer les habitations. Ce séisme fera écrouler les habitats peu solides, mais il ne touchera pas aux habitations fiables et robustes. Ce séisme fera passer l’eau des rivières là où les courants ne passaient pas. Ces nouveaux bras de rivières viendront alors irriguer de nouvelles cultures.

Donc d’un point de vue spirituel, le doute amènera d’autres possibilités, de nouveaux lieux fertiles propices à de nouvelles créations.

Alors lorsque qu’un croyant est en proie au doute, plutôt que de le culpabiliser, prions afin que ce moment l’éclaire sur lui-même, sur ce qui est solide dans sa foi et sur ce qui est bancal, afin justement qu’il se sépare de ce qui est inutile ou mauvais pour laisser croitre ce qui doit l’être. « Le doute est le commencement de la sagesse » Il y a dans l’affirmation d’Aristote. Une lumière qui n’est pas si loin de la vérité.

 

2.     L'Instrumentalisation du Doute par l'Institution

 

Avec ce faux dogme du manque de foi, le clergé s’est constamment protégé. On a volontairement peint « Les grands hommes de foi », en gommant d’eux le doute pour ne laisser entrevoir qu’une foi infaillible. Ces héros incapables de douter se sont érigés en Seigneur et en Dieu. Et comme le doute touche naturellement tout croyant… Alors quelle aubaine pour maintenir tout un peuple dépendant d’une autorité religieuse ! Le doute est devenu un péché à confesser. C’est une attaque démoniaque vous dit-on, où l’ennemi cherche à nous vaincre.

Voyez-vous l’entourloupe ? Le doute c’est une manne providentielle pour la fausse église. La hiérarchie dans l’Eglise s’est vue préservée grâce à ce dogme. Le doute maintien en vie la plupart des assemblées chrétiennes. Chaque membre alors est dépendant de sa hiérarchie. Il doit constamment venir la questionner pour se rassurer sur sa foi.

« J’ai un doute sur le fait que je sois déjà sauvé… Que pense mon curé, Que pense mon pasteur, ou que pense ma religion ? ».

 

3.     Le Piège de la Certitude Radical : le Fanatisme

 

La foi que l’on vous présente s’est une foi radicale. C’est blanc ou noir, c’est le paradis ou l’enfer, c’est la foi ou le doute. « Tu perds ta foi non pas dès qu’une pensée de doute te surprend, mais si tu entretiens cette pensée. Tu dois être vigilant et chasser toute pensée de doute car elle vient du diable ».

Ici, ce n’est pas le doute qui est inquiétant, c’est la certitude que le doute est mauvais.

Les répéteurs de l’institution te disent : « Regarde, Simon Pierre a douté. Ce doute est une trahison. Il a renié Jésus-Christ. 

Cet exemple sert de mise en garde. Il doit te faire peur »

Eh bien, le doute vécu ainsi amène tout droit vers le fanatisme religieux.

Mais mon frère, ma sœur, attention, si tu veux te libérer de ces liens, il te faut penser différemment. Si une pensée de doute survient, le diable te dit chasse-là !

L’Esprit Saint te dit : « Assieds toi, réfléchi, prie, pose toi cette question : Père ta volonté ou ma volonté ? Ta coupe ou ma coupe ? Que dois-je boire, que dois-je faire ? En d’autres mots, suis-je dans la complaisance ? Ai-je laissé entrer en moi des pensées de convoitise ? L’orgueil s’est il élevé ?  Ai-je des pensées de jugement envers mon prochain ? Et si le jugement dernier n’était pas celui que l’on m’avait dit ? Toutes ces questions sont liées. Elles vont à contrario contribuer à chasser le doute.

 

Allons plus loin :

-Le doute a un autre avantage, plus que cela une autre puissance pour la religion. C’est la clé qui ferme la porte des prisons spirituelles. Elle permet d’instaurer des dogmes puissants et indestructibles. Elle maintient éveillé sur l’enseignement spirituel; pas celui des apôtres mais celui de faux apôtres.

Comment ?

Si vous vous dites : «  j’ai la foi, j’ai une ferme conviction sur ce que je pense de l’Evangile. J’ai reçu le plein évangile ». Le fait de vous apporter une autre vérité, vous fais douter. Et là vous fermer la porte au doute. En chassant toute autre idée, vous chassez par là même le doute. Or, en chassant le doute vous chasserez tout …et y compris la vérité.

C’est ainsi que l’on crée des murs infranchissables.

Attention, la séduction diabolique a changé de stratégie. De nos jours, le doute passe moins pour un péché et plus pour une étape normale de la foi. Ce n’est pas un progrès, c’est un nouveau moyen de contrôle.

En les amenant à confesser le doute, l’Eglise contrôle ses adeptes. Ceux qui doutent reçoivent un accompagnement spirituel et la doctrine leur est rappelée. La force de l’institution c’est : on ne chasse plus le croyant qui doute, on l’encadre pour mieux l’endoctriner, et pour mieux le fidéliser.

 

4.     La confusion entre doute et incrédulité

 

Dans les milieux chrétiens, le doute a souvent été confondu avec l’incrédulité.  Simon Pierre certes à douter de sa foi en reniant Christ par trois fois au chant du coq. Mais il n’était pas dans l’incrédulité. Pourquoi ? Parce que son reniement lui a fait réaliser que bien qu’il aime Dieu de toutes ses forces, sans la puissance provenant du Saint-Esprit, personne ne peut échapper à ses peurs et à ses faiblesses.

Une autre confusion est de penser  qu’obtenir sa guérison ne peut se faire sans douter. Oui, mais douter de quoi ou de qui ? L’Eglise Evangélique insiste sur le fait que douter de sa guérison annule le miracle. Et qu’il est indispensable de confesser sa guérison pour qu’elle puisse se révéler. La doctrine va même par le fait de ne jamais confesser autre chose que la guérison, même si le mal persiste. Le moindre doute, par conséquent mettrait un obstacle puissant à l’accomplissement de la guérison.

Jésus-Christ ne fait jamais référence à ce doute là. Jésus insiste sur l’incrédulité. Haïr son frère, cacher des intentions mauvaises, c’est le trahir, l’abandonner, c’est l’esprit d’incrédulité. C’est ce doute là qui empêche Dieu d’agir. Matthieu 13 :58 : « Et il (Jésus) ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité. ».

Le doute existait bien mais envers Dieu, pas envers la guérison. Et Jésus refuse de les guérir parce que justement, ils doutent de lui en préférant le mensonge à la vérité.

Jésus est plus sensible à l’authenticité du cœur, qu’au doute. Un des récits les plus touchant est celui du père de l'enfant qui passe par tous les états dans Marc 9:23-24. Face à Jésus, il s'écrie :"Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !" C'est l'exemple parfait de la coexistence du doute et de la foi. Jésus ne rejette pas cet homme ; au contraire, il guérit l'enfant. Cela montre que Dieu répond à l'honnêteté du cœur plutôt qu'à une perfection spirituelle imaginaire.

 

5.     Le doute : chemin obligatoire pour l’accomplissement du disciple

 

Maintenant, Jésus-Christ a-t-il douté ? Oui, il a douté pour une juste cause. Quand ? A Gethsémani. Oui, je reviens encore et encore sur ce moment clé de l’histoire de Jésus de Nazareth. Dans ce jardin près de Jérusalem, où l’on pressait autrefois les olives pour en extraire l’huile, Jésus doutait de pouvoir aller jusqu’au bout de sa mission. Il se demandait s’il avait la force pour pouvoir vivre la trahison, l’abandon, l’humiliation et pour finir la crucifixion. « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? Père éloigne de moi cette coupe » pria-t-il. C’est une faiblesse certes, mais une faiblesse nécessaire, indispensable même pour recevoir la force divine. Le doute : c’est chercher Dieu plus profondément

Le doute a été pour lui, Jésus-Christ, le moyen de recevoir une force supérieure pour le combat qu’il avait à mener.

Le doute n’est donc pas la destruction de la foi mais plutôt le moyen de son accomplissement. Accomplir plutôt que détruire c’est le rôle du doute.

 

 Maintenant Jésus souhaite nous amener plus haut. « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. ». La foi inébranlable n’a rien à voir avec le fait de chasser le doute ; c’est même le contraire. Pour avoir une foi inébranlable, il est indispensable d’accepter le doute ; d’accepter d’être pressé comme une olive pour en extraire une onction supérieure. Trop souvent un croyant qui est enclin à douter, qui est déstabilisé, qui se pose des questions est jugé comme un croyant tiède qui a peu de foi. Mais, n’est-ce pas juger trop précipitamment ? Ce disciple n’est-il pas plutôt dans une phase d’évolution qui va l’amener à manifester une foi inébranlable ? 

La peur, les maladies, le danger de mort, toutes les fortes épreuves font douter. Et nous sommes, nous disciples, au milieu de cette fournaise ardente. Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas une erreur de parcours. Ce n’est pas la preuve d’un manque de foi.  C’est l’acte de foi : qui est de pouvoir marcher, avancer malgré l’incertitude. C’est l’état de notre croissance. Comme un enfant doit passer par l’adolescence pour atteindre l’âge adulte, nous devons passer par le doute pour atteindre la maturité en Christ.

Le doute c’est donc la respiration du Saint-Esprit. Il empêche à la foi de se figer et à la tiédeur de s’installer. Si le doute est la "respiration", la foi reste "l'oxygène". L'un permet d'absorber l'autre.

Alors n’ayons pas peur de douter. Soyons au contraire préparer à cette éventualité certaine. Notre consécration en dépend. Notre adoption en dépend. L’accession au trône de Dieu en dépend. Lorsque le doute nous atteint, ne le taisons pas. Parlons-en au contraire. Exprimons nos doutes comme Jésus l’a fait. Soyons authentiques, vrais. Le fait de cacher ses doutes, de nier leur existence, provoque ou dévoile un esprit incrédule. Sans inspiration (foi) et expiration (doute/remise en question), l’âme étouffe et périt. Nous devons retrouver une respiration juste et vraie pour retrouver notre vraie identité en Christ.

 

Mais attention, s’installer dans le doute peut devenir une excuse pour ne pas agir. Le doute est un chemin, il n’est pas une destination. Nous ne devons pas rester dans cet état d’instabilité. Il doit demeurer provisoire. Selon Hébreux 12 :27, ce qui doit demeurer ce sont les choses inébranlables. Les choses ébranlées sont amenées à apparaitre puis à disparaitre. Le doute permet aux constructions humaines de s’effondrer pour que les constructions divines demeurent éternellement.

Le doute est par conséquent cet ébranlement. Et, si le doute est la "respiration", on ne peut pas rester en apnée sur l'expiration sans finir par s'étouffer. La croissance est la destination. Le doute n’est qu’une antichambre à la croissance. Il n’est pas la croissance. Le doute est un appel à la croissance.

Alors mes frères et sœurs n’oublions pas que c’est après avoir douté de nos forces, de notre consécration, de l’amour même de notre Père pour nous, que nous trouverons la puissance venant de l’Esprit Saint afin d’accomplir notre mission. Amen

dimanche 5 avril 2026

LE REGNE de L'AGNEAU: accomplissement du Psaume 72 ?

 615


Par Eric Ruiz

Voici un Psaume très particulier : le Psaume 72


Pour les juifs, c’est le psaume messianique par excellence. Le Messie est représenté comme les juifs le croient et l’attendent : Ils attendent avec impatience un roi humain, qui plus est sera un descendant de David. C’est ce roi qui viendra rétablir la justice et la paix en Israël.

Lisons les deux premiers versets prononcés par Salomon roi d’Israël et fils de David : « De Salomon. O Dieu, donne tes jugements au roi, Et ta justice au fils du roi!
Il jugera ton peuple avec justice, Et tes malheureux avec équité.
 ». Ce Psaume a une telle emprise universelle, que
même en dehors des religions, il est lu comme :

-un manifeste pour la justice sociale.

-une vision d’un monde pacifié.

-un idéal politique et moral.

N’a-t-il pas inspiré des projets communistes ou  socialistes comme aussi de nombreux mouvements pour la paix et la dignité humaine ? Il a été utilisé pour des discours de rois de France, d’Angleterre, d’Espagne. Il a été pris en exemple par des abolitionnistes, par des grands noms comme Martin Luther King ou Desmond Tutu.

Mais un être sage est en droit de se demander où se trouve un tel roi ? A-t-il simplement existé ?ou peut-il encore arriver ? Parce lorsqu’on a fini de lire les 20 versets de ce Psaume, il n’y a aucun nom qui arrive à nos lèvres. 

Salomon, lui, a été infidèle à Dieu. Il a trahi ses engagements et a vu son royaume se diviser après lui à cause de son infidélité.

Certes, il a exprimé et vécu beaucoup de ce que dit le verset 10 et 11: « Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présentsTous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront ». Mais dès que vous passez au verset 11 les  choses se gâtent : « Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n'a point d'aide.
Il aura pitié du misérable et de l'indigent, Et il sauvera la vie des pauvres
 »;

Salomon a été un roi d’une extrême richesse, qui plus est, il a maintenu son royaume en paix pendant tout son règne… mais à la lecture du chapitre 12 du premier livre des Rois, son peuple gémit et se plaint. Il se plaint « d’un joug pesant» « d’une rude servitude ». Où est la justice divine de Salomon?

Et le fils de David n’est pas une exception. Le roi riche et injuste est un fait commun dans l’Histoire des nations. Il n’affranchit pas grand monde de taxes obligatoires. Il passe, lui, en premier.

Prenons le roi français incarnant le sommet du luxe en monarchie : le roi Louis XIV par exemple : Il a réformé la justice et il a soutenu certaines œuvres charitables (hôpitaux, institutions religieuses). Mais…il a fait des Guerres incessantes qui ont appauvri le royaume. Il a écrasé les paysans par des impôts très lourds pour financer ses guerres ou pour construire le château de Versailles ; et les périodes de famines et de misères se sont multipliées pendant son règne. Le roi soleil a été un roi qui a renforcé l’État au prix d’un lourd fardeau pour les classes populaires.

Je pourrais prendre une multitude de chefs d’Etat contemporains et arriver au même constat. Ils construisent des temples magnifiques. Ils reçoivent de l’argent et des ressources précieuses de nations très éloignées, mais une partie de leur peuple reste dans la pauvreté et la misère.

On est loin du roi décrit par le Psaume 72 modèle du roi idéal : juste, protecteur des pauvres, garant de la paix.

Le verset 14 va même très loin dans la mission de protection des pauvres par le roi : « Il les affranchira de l'oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux ».

Aujourd’hui, comme hier on est frappé de constater que l’homme lambda ne représente que de la chair à canon. Que le sang du pauvre ne vaut rien. Que l’oppression et la violence qu’il vit au quotidien n’émeuvent aucun ministre. On constate que le peuple a même été berné en lui faisant croire le contraire : que chaque citoyen avait un pouvoir de décision par ses représentants démocrates. Et que le progrès économique avait apporté un progrès social fort, réduisant au maximum les inégalités.

« Rien n’est nouveau sous le soleil » nous dit Salomon, l’histoire et les hommes se répètent.

En fait tous, rois comme simples sujets font la même erreur au départ. Ils veulent la prospérité économique, la bénédiction. Ils veulent un pouvoir fort. Ils veulent asseoir l’autorité royale sur un matelas de prestige et de croissance. Ils ne voient pas que le Psaume 72 révèle l’inverse.

Or, la vérité est tout autre : C’est parce que le roi s’occupe des plus démunis que sa nation s’élève et que son royaume devient riche.

« 11Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre ». La justice sociale n’est pas une conséquence, c’est la première des œuvres à faire.

Dès le verset 2, puis 4 le projet politique du roi est tracé. Après avoir discerné qui est malheureux et à quel niveau s’élève son malheur, le roi « fera droit aux malheureux du peuple, Il sauvera les enfants du pauvre, Et il écrasera l'oppresseur. »

Les juifs n’ont pas reconnu Jésus comme roi, parce que lui, le fils de Dieu, ne voyait que la justice sociale et rien d’autres. Jésus ne s’occupait que des malades et des nécessiteux.

Il n’avait que faire du gouvernement romain, que faire de la situation économique. Tous les rois fonctionnent à l’opposé. Ils vont faire des œuvres sociales parce qu’ils ont auparavant capitalisé, bâti des villes et des institutions.

Les juifs, comme les peuples païens attendent donc un roi qui ne sera jamais juste parce que leur roi est différent. Le roi juste ne s’occupe pas de l’économie, il ne cherche pas à réduire les dettes de l’Etat. Il ne multiplie pas ses placements financiers, il s’occupe du social, il va là où l’odeur de la misère pique le nez.

Je l’ai déjà dit auparavant mais je le redis encore : c’est parce que la justice est rendue que la paix existe. Une ère messianique autre est une utopie.

"La vertu" d’un chef est qu’il revendique la paix comme un droit ou un devoir, alors que la paix n’est qu’une conséquence de la justice qu’il applique.

On attend un roi qui est prêt à se battre pour la paix, et là… qui dira que c’est un roi injuste, que c’est un faux Messie ? Personne ne le dira et pourtant il s’affiche contre Christ en se battant pour la paix.

Verset 3 : « Les montagnes porteront la paix pour le peuple, Et les collines aussi, par l'effet de ta justice ».

Le Mashia ben David ne peut pas apporter la paix autrement.

-Il ne fera pas des compromis avec les peuples.

-il ne s’occupera pas de rééquilibrer les territoires entre palestiniens et israéliens pour que chacun ait la part qui lui est destinée.

-il ne chassera pas les étrangers,

-il ne bâtira pas des fortifications pour protéger ses frontières

-il  n’aura pour seule politique : que celle de s’occuper de ses pauvres. C’est ce que Jésus a fait et c’est ce que le roi juste fera. Et le fait de s’occuper des démunis apportera la paix des montagnes jusqu’aux collines.

Revenons au début du Psaume : à la prière de Salomon. Elle demande cette grâce : « donne tes jugements au roi, Et ta justice au fils du roi! ».

Salomon a-t-il reçu ce qu’il demandait ? OUI. Mais alors, pourquoi n’a-t-il pas appliqué la justice que Dieu lui donnait ? Parce qu’il était aveuglé par son or et sa connaissance. Imbu de lui-même et sûr de son onction de sagesse, il n’a jamais eu de prophète pour lui dire « non » à un moment donné. « Non » pour ses trop nombreuses concubines par exemples ou « non » pour le culte rendu à leurs déesses. Salomon avait des paroles qui louent Dieu mais un cœur éloigné du créateur. Et son fils a-t-il fait la justice divine comme il l’a prié pour lui ? Voilà la réponse de Roboam fils de Salomon : « 11 mon père vous a chargé d’un joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant ; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions ».

Le fils est pire que le père. Il assomme son peuple de taxes et d’obligations en tout genre. Et cet héritage ne s’est-il pas répété maintes fois à travers les siècles ? Tous ceux qui se sont assis dans un fauteuil royal, en régnant sur un peuple ont au mieux fait semblant de s’occuper en premier des plus démunis.

Le seul héritage vrai et juste est celui de Christ. Il change la nature même du roi. Ce roi ne sera pas juif, ni évangélique, ni catholique, ni orthodoxe… il sera né d’en haut par l’esprit de Christ.

Ce roi ne construira pas une muraille, le roi sera la muraille. Pourquoi cette muraille est-elle une nouvelle identité ? Parce que le livre de l’Apocalypse révèle l’agneau : l’agneau de Dieu dévoilé par le chapitre 21 du livre de l’Apocalypse. Cette muraille mesure 144 coudées, soit 72 mètres. Dans ce nombre 72, j’y vois la figure du roi protecteur révélé par l’agneau ; Et cet agneau protège, car il exerce une politique entièrement destinée aux pauvres, aux démunis sur son territoire. Ce ne sera pas un autre Christ, ni Jésus de Nazareth revenant sur terre avec les mains percés (comme certains le croient). Ce sera Christ descendu en esprit sur un groupe d’humains. Christ incarné et manifesté par un seul et unique caractère : l’agneau.

Ce caractère n’est pas abstrait, il se reconnait par ses bienfaits sur les misérables, et eux–mêmes seront reconnaissants en retour envers ceux qui ont ce caractère.

Le verset 15 de Psaume 72 dit : « Ils vivront, (qui « ils » ? Ce sont les pauvres délivrés de l’oppression et de la violence) et lui donneront de l'or de Séba; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. ». Le royaume de Dieu commence avec des pauvres qui sont devenus riches à leur tour et qui apportent leur or et leurs prières à l’agneau (celui ou ceux qui les ont délivrés), parce que le véritable roi vit en lui.

Verset 17 :« Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux ». Cette ville heureuse est la Nouvelle Jérusalem. Un culte nouveau y est rendu. Chacun protège l’autre en retour. Voilà le gouvernement juste du Roi, le gouvernement de l’agneau.

Oui mais alors, Jésus de Nazareth n’a-t-il pas échoué au vue de ce Psaume qui montre un accomplissement terrestre (pas seulement une petite nation mais la terre)? Etait-il vraiment le Messie qu’Israël attendaient ?

 

·        Le Messie, ce mystère, Jésus l’a révélé comme un “corps” et non comme individu

Oui bien-sûr, que Jésus-Christ, fils de David est ce Messie attendu. Mais l’accomplissement du règne de Christ s’est accompli à la croix. Ce qui signifie qu’il ne s’est pas terminé à sa mort. Christ ressuscité forme un nouveau règne : Christ ressuscité c’est la promesse d’être à notre tour ressuscité et par conséquent d’être uni à lui pour toujours. Cette promesse, c’est Le règne de l’agneau. Sans résurrection, l’agneau n’existe pas.

Un homme, une femme possédant le même caractère doit en sortir. Un disciple accomplit et ressuscité. « Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! »

Pour que la terre soit remplie de la gloire de Dieu, il faut : des êtres nouveaux dans lesquels Christ règne comme un roi juste.  Dans le livre de l’Apocalypse, c’est l’agneau qui règne. Le même roi pour tout un peuple. Ce ne sera pas un double règne (le règne d’un homme et celui de Dieu). Ce sera la prière entièrement exaucée : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Un baptême véritable mit en lumière dans Matthieu 28 :19. Et ce Baptême a pour vocation : Notre Père régnant par le Saint-Esprit dans son fils. : L’agneau de Dieu formant un seul corps de croyants ; des âmes réunies ne formant qu’une seule âme. Le nouveau messie sera un corps de croyants animés par le même roi Christ. Ce corps tout simplement est l’agneau.
Ce roi a été vu par trois disciples lors du mystère de la transfiguration (où l’on voyait Elie, Moïse Jésus, tous recouverts par un nuage épais, tous unis dans un même corps)
 « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne. ». Le règne du fils de l’homme (de ce nouvel homme) c’est l’agneau ressuscité.

Aujourd’hui nous sommes dans un temps de préparation au règne de l’agneau. Le verset 9 du Psaume 72 n’a pas encore été constaté : « Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière ». Rappelons-nous que le désert abrite le diable, le tentateur, celui qui nous pousse à régner. Il n’a pas encore capitulé. Le serpent continue à ramper… mais il ne lèche pas la poussière. Il a encore des aliments à se mettre sous ses crochets. Et le diable tente l’homme en lui proposant de régner ou de servir un régnant. Toujours cette séduction de l’idolâtrie.

En attendant la consécration de notre vie terrestre : le règne de l’agneau, prions comme le verset 19 du Psaume 72 : « Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! »

dimanche 22 mars 2026

POURIM, La vérité cachée, dévoilée

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Par Eric Ruiz

 

 L’Iran et plus précisément Téhéran sa capitale a été bombardée le samedi 28 février 2026 conjointement par deux nations : les Etats-Unis d’Amérique et Israël, éliminant de hauts responsables iraniens. 2 jours précisément avant la fête de Pourim qui débute le lundi 2 mars

Coïncidence, prophétie biblique ?  Volonté divine ?

Juifs comme chrétiens penchent pour beaucoup sur une manifestation spirituelle de grande ampleur.

En tous les cas, Israël ne voit pas la guerre contre l'Iran comme un simple enjeu géopolitique. Israël voit ce conflit comme la suite d'un livre qui a commencé il y a 2500 ans. Et ce livre, c’est celui d’Esther dans la Bible. Son importance est qu’il serait prophétique pour notre époque.

 

Benjamin Netanyahu premier ministre israélien a, à plusieurs reprises (notamment devant le Congrès américain), cité le Livre d'Esther pour affirmer que, tout comme dans l'Antiquité, un "nouvel Haman" en Perse cherche à détruire le peuple juif ; et que cela justifie ainsi une action de guerre préventive (par des frappes de missiles ou de drones).

En fait, les dirigeants israéliens comparent souvent aux décrets d'Haman, les appels du régime iranien à la destruction d'Israël.

 

  • Revenons au personnage emblématique d’Haman et à la fête de Pourim.

Haman, haut dignitaire perse, projette l'extermination totale de tous les Juifs exilé dans  l'empire Perse. Il a inventé toute une histoire ou plutôt former un complot afin de calomnier le juif Mardochée oncle de la reine juive Esther. Et il a convaincu le roi de Perse Assuérus de rédiger lui-même un décret pour officialiser ce génocide.

Or, son plan diabolique sera anéanti par la reine Esther qui très habillement retournera ce plan contre Haman lui-même qui finira pendu sur la potence qu’il avait fait dressé pour Mardochée.

 

·        Alors en quoi la guerre contre l'Iran par Israël a-t- elle un rapport avec Haman le Perse ?

 

Le dévoilement du complot dans le Livre d'Esther, se déroule à Suse, la capitale de l'Empire perse. L'Iran moderne occupe le cœur géographique de cet ancien empire. Pour beaucoup, l'Iran d'aujourd'hui est l'héritier direct de la Perse biblique. Le conflit actuel est donc perçu comme la répétition d'un affrontement millénaire sur la même terre.

Et pour Pourim, alors, la fête juive?

Cette fête célèbre la victoire contre Haman. La victoire qui se concrétise dans le retournement. Le thème central de Pourim est un mot hébreu qui signifie : « et ce fut le contraire » ou « et l’inverse se produisit ». Cette fête symbolise la victoire juive au moment précis où le sort se retourne brusquement contre l’ennemi. Haman fut neutralisé avant que son plan meurtrier s’accomplisse. Ce qui devait être un jour de massacre pour les Juifs devient le jour où ils triomphent de leurs ennemis. Dans une perspective militaire, cette notion nourrit l'idée qu'Israël peut transformer une menace existentielle (le programme nucléaire ou les missiles iraniens) en une victoire décisive par un retournement de situation inattendu.

Cela donne à Israël, vous vous en doutez une confiance et une légitimité totales dans ses attaques contre l’Iran. Israël à la foi que dans toutes situations désespérées, les juifs iront fatalement vers une victoire éclatante. Alors le choix d’attaquer l’Iran le 28 février positionne Israël dans l’accomplissement de la prophétie adressée à Esther et aux juifs. Est-ce une prophétie ? Eh bien pas tout à fait. C’est plutôt un appel à se souvenir de cette victoire en la célébrant par tous les juifs de génération en génération :

(Esther 9 :26-28) « C'est pourquoi on appela ces jours Purim, du nom de pur…28ses jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville; et ces jours de Purim ne devaient jamais être abolis au milieu des Juifs, ni le souvenir s'en effacer parmi leurs descendants ».

D’où l’importance de cette fête dans le calendrier.

D’autant plus, que les faits historiques renforcent ce lien de manière spectaculaire :

La Guerre du Golfe (1991) : Les tirs de missiles Scud irakiens sur Israël ont cessé précisément le jour de Pourim.

Il arrive fréquemment que des tensions majeures ou des frappes de l'ombre surviennent autour de cette période de l'année (février mars), ce qui pousse les commentateurs à y voir des signes prophétiques forts.

Israël et ses alliés américains ne se sont-ils pas construit LEUR VERITE ?

L’interprétation qu’ils ont de la Bible et de Pourim en particulier leur donne une certitude sur la fin des combats : ce conflit se terminera à l’avantage d’Israël car, c’est la volonté de Dieu qui s’accomplit.

 

  • Un disciple de Christ doit-il adhéré lui aussi à cette interprétation qui passe comme étant LA VERITE en majuscule ?

Ne nous emballons pas. Il y a là plusieurs erreurs.

·        Première erreur : l’assimilation

Haman le Perse est assimilé au peuple Perse dans son ensemble.

N’est-ce pas un peu rapide de voir Haman comme le symbole de tout un peuple iranien ennemi ? L’empereur de Perse de l’époque Assuérus n’était pas ennemi des juifs. Il a épousé Esther par amour. Quand il a su qu’elle était juive, il n’a pas rompu ses vœux. Bien au contraire. Il a fait exécuter le traitre Haman et permis à tous les juifs de se défendre contre ceux qui leur voudraient du mal. Il n’avait que de la bienveillance auprès de son épouse et il acceptait tout ce qu’elle désirait même si elle aurait demandé la moitié du royaume. Dans le récit biblique, les Perses dans leur majorité n’oppressaient pas les juifs ; ils les respectaient. Il n’y a donc pas un schéma de vengeance ancestrale. Et puis pour finir, L’empereur Perse va nommer Mardochée le juif à la tête de toutes ses provinces ; Il deviendra son bras droit. Ici, dans le contexte, c’est plus la folie d’un arriviste, d’un homme assoiffé de pouvoir et de jalousie. Haman souhaite décider à la place du roi. Il est possédé par le démon de domination, ça saute aux yeux.

·        Deuxième erreur : l’enjeu

Pourim est-ce vraiment la fête qui célèbre la destinée épouvantable de ces nations qui veulent l’extermination d’Israël ? Ou bien est-ce autre chose que Pourim célèbre ?

En fait, il y a une  dimension cachée dans la Vérité qui doit s’entrevoir.

Comme nous l’avons vu précédemment avec « Le Sang de la Vérité », Pourim devrait empêcher le sang innocent de couler. Le jeûne d’Esther a été déclencheur de la vérité. Elle a incité tous les juifs à se mettre sur leurs genoux et à jeûner pour leur survie.  Elle a sue quoi faire ensuite pour sauver son peuple. Cette fête montre la détermination, le fruit de l’obéissance à Dieu qui permet la victoire. C’est l’attitude d’un peuple pieu qui doit être célébrée chaque année pendant 2 jours.

 Et ne l’oublions pas : c’est la fête du "masque". C’est le moment où "les masques tombent" : Une guerre contre l'Iran  devrait dévoiler la vérité sur les intentions réelles des acteurs mondiaux et la réalité du mal révélée au grand jour.

·        Troisième erreur : la stratégie

Esther et le peuple juif ne prennent pas les armes contre l’ennemi Haman.  Il n’y a pas d’intimidation, ni de provocation, ni d’incitation à la haine, comme on le voit aujourd’hui avec une propagande anti islamique. A aucun moment Esther évoque une rébellion contre les Perses. Tout se fait lors d’un grand festin ou Haman est invité et même honoré selon son rang, aux premières places. Il se croit encore plus fort. Sa chute sera son dévoilement.

De nos jours, le retournement de situation se fait par les armes, par la destruction d’innocents, qui se trouvent là où ils n’auraient pas dû être. Rien à voir avec l’auto destruction d’Haman qui tombe lui-même dans le piège qu’il avait préparé.  Et puis, c’est l’empereur lui même qui ordonne d’honorer les juifs et de se soumettre à leur autorité dans toutes les provinces. « …partout où arrivaient l'ordre du roi et son édit, il y eut parmi les Juifs de la joie et de l'allégresse, des festins et des fêtes. Et beaucoup de gens d'entre les peuples du pays se firent Juifs, car la crainte des Juifs les avait saisis. » Le contexte ne tourne pas à l’extermination, mais bien à la conversion. Des perses se font juifs ici.

 

  • Alors les fêtes religieuses juives témoignent d’une dérive importante. Dans le récit original, le salut vient du jeûne et de la prière (le Jeûne d'Esther). C'était un acte d'humiliation totale pour obtenir l'intervention divine. Aujourd'hui, on semble avoir remplacé l'humiliation par la superstition. On ne cherche plus la face de Dieu, on cherche la "bonne date". On traite Pourim comme un "porte-bonheur" stratégique. Si l'attaque a lieu à Pourim, on se sent protégé par le "sort", oubliant que le sort originel était un décret de mort. Israël se confie dans ses richesses (sa technologie, son économie) et ses forces (son armée), tout en utilisant les prophéties comme une validation morale.

C'est le même temps où tout bascula avec le roi de Juda Asa : On fait taire la vérité par des alliances, on compte ses chars, et on utilise la religion pour se rassurer plutôt que pour se convertir. La fête devient un masque supplémentaire au lieu d'être ce qui les fait tomber.

 Que fait-on avec Pourim ?

Si Pourim est la « fête des masques qui tombent », alors elle devrait être un moment de vérité brute.

Si elle est utilisée pour "augmenter les chances de victoire", elle devient elle-même un masque : celui d'une piété de façade qui cache une volonté de puissance humaine.

À l'origine, le sort était l'arme d'Haman (le mal). Dieu a renversé ce sort.

Le danger actuel : En faisant de Pourim un "passage obligé pour la victoire", on finit par agir comme Haman : on essaie de manipuler le destin et les dates pour forcer la main de Dieu. On ne dépend plus de la Grâce, on dépend d'un calcul calendaire savant.

 

·        *LE PIEGE PHOPHETIQUE

Aujourd'hui, l'Irak et l'Iran occupent le sol de l'ancienne Babylone et de la Perse.

 Pour beaucoup de croyants, le sort de ces nations est déjà réglé par les prophéties de l'Apocalypse. On attend la "chute de Babylone" comme un événement inévitable. Or, quand on croit que la guerre est écrite d'avance, on ne cherche plus la paix, on cherche à accomplir la catastrophe. On transforme la Bible en un scénario de destruction que l'on s'empresse de jouer. Ce conflit dépasse la politique ; c'est une guerre de religions où chaque camp veut "prouver" la supériorité de son Dieu.

-Le but des Perses (Iran actuel) : Vaincre Israël et l'Occident pour démontrer que le Dieu de la Bible est impuissant et que leur divinité est la seule aux commandes du monde.

-Le but d'Israël : Répondre par la force pour prouver qu'il est le peuple élu et protégé, invincible par la main de Dieu.

Jérusalem devient alors la "pierre d'achoppement" : l'endroit où toutes les nations viennent se heurter et se briser parce qu'elles veulent toutes la posséder pour valider leur propre vérité.

Le drame d'Israël, c’est la confusion issue de son orgueil. Israël se croit investi d'une puissance divine automatique. Ceux qui ont fait de ce nom Israël : la "Pierre Angulaire" (rôle qui n'appartient qu'au Messie), oublient qu'Israël n'est qu'un témoin de la grâce de Dieu.

Et puis, comme les deux camps croient dur comme fer à la bataille d'Armageddon, ils vont finir par la provoquer. Ils courent tous les deux vers un Armageddon qu'ils ont eux-mêmes construit. C'est le sommet de la tragédie : la bataille se réalisera assurément, non pas parce que Dieu la souhaite, mais parce que l'orgueil des hommes a décidé de s'y donner rendez-vous.

 

  • *Maintenant voilà ce que devrait montrer la fête de Pourim et sur quoi chaque croyant ( juifs, chrétien ou autres) devrait porter attention :

1.     Dieu agit dans les événements de la vie ordinaire, dans le quotidien

2.     Dieu agit dans le secret, sans qu’il ait besoin d’être représenté comme une entité vivante. Il agit par l’esprit, par inspiration comme il l’a fait avec la reine Esther. Son silence ne signifie pas son absence.

3.     la vérité se révèle et les masques tombent, c’est le sens même de la fête.

4.     le retournement de situation arrive souvent au dernier moment. Le secours arrive souvent au moment où tout semble perdu. Au dernier instant, là où l'ennemi croit triompher, la situation bascule. C'est la signature de Dieu

5.     Celui qui pratique la justice (jeûne, prière, repentance) se retrouvera innocenté. Ce n’est pas l’épée qui le sauvera.

6.     La vérité finit toujours par triomphée, faisant le malheur de l’orgueilleux

7.     Celui qui combat son frère par l’épée périra par la même arme. La violence se nourrit de son propre auteur.

8.     Le mal finit toujours par périr en faveur du bien

Quand vous constatez ces choses… alors vous voyez la prophétie de Pourim se manifester.

-Quand vous voyez la vérité se révélée c’est Pourim,

-Quand vous voyez le masque de brebis  tomber à terre et dévoilant le loup, c’est Pourim.

-Quand vous êtes sauvé au dernier moment par Dieu d’une situation complètement injuste, c’est Pourim.

-Quand le mal est dévoilé et que le bien est manifesté, c’est Pourim.

Pourim c’est une célébration, oui… c’est la victoire oui, mais pas sur les Perses ni sur les Iraniens. Ce n’est pas contre un peuple mais contre un démon. C’est la victoire contre le démon du mensonge, la victoire de la vérité sur le mensonge.

Pourim sert à se rappeler que l’apparence, le déguisement extérieur, tombe un jour connu de Dieu seul. Tout croyant devrait se remettre en question est réalisé que les méfaits cachés se retournent un jour ou l’autre contre celui qui les a commis dans l’ombre.  Le sort du coupable est déjà acté. C’est une prédestination. Cette fête est un hymne à la transparence, un hymne à l’authenticité.

 

  • La vérité : c’est montrer le traitre, le vengeur, celui qui est indifférent aux malheurs et qui se lave les mains devant l’injustice: (Haman portait déjà en lui l'ADN des accusateurs de Jésus-Christ).

Alors, c’est vrai que le texte d’Esther nous montre de la violence contre les 10 fils d’Haman et contre tous ceux qui en voulaient aux juifs. Des dizaines de milliers de Perse périrent avec le consentement du roi Assuérus. Mais il est bien précisé par deux fois : «  Mais ils ne mirent pas la main au pillage. » (Esther 9 :10 et 16).

Les Juifs n'ont pas cherché à s'enrichir sur le sang de leurs ennemis Ce n'était pas une guerre de convoitise. La justice royale a été rendue pour assurer la survie, pas pour accumuler des trésors.

 Là où le monde voit un massacre, l'Écriture souligne une limite morale. On combat pour la vérité, pas pour le butin. De nos jours, les guerres se parent souvent de mots nobles (liberté, démocratie, sécurité), mais la vérité est "ignoble". La vérité c’est que Pourim révèle une Razzia.

-La prophétie de Pourim se manifeste quand le vol organisé est démasqué.

-C'est Pourim quand on réalise que la "guerre sainte" est en fait une "guerre financière".

-C'est Pourim quand le loup qui hurle à la justice est démasqué comme un voleur de ressources, qui fait razzia sur les ressources naturelles du pays.

Mes frères et sœurs : « la vérité vous rendra libre ». elle vous fera sortir des griffes du mensonge religieux qui vous lie par la peur du sort, la superstition des dates et l'orgueil d'être "du bon côté". Le vrai évangile de la grâce nous libère de ces chaines pour fêter un vrai Pourim, libéré de ses masques, debout devant son Créateur, les mains vides de pillage et un cœur rempli d’authenticité.

« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8:36)

Amen