dimanche 22 février 2026

L’HOPITAL DE LA FOI

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Par Eric Ruiz

 

1.     Le démon appelé : préjugé

 

Jean 7 :24 :« Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice ».


Ce verset semble tellement irréel ! Nous sommes par nature des êtres remplis de préjugés. C’est pourquoi nous passons beaucoup de temps à évaluer, à classer et à comparer. Et dans les assemblées chrétiennes, les préjugés sont loin d’être bannis. Les jugements sont légion concernant le degré de pureté ou de souillure des frères et des sœurs.

Les uns bien habillés, soignant leur présentation, remplis de paroles douces et bienveillantes paraissent libres du péché, tandis qu’un autre se présentant le crâne à moitié rasé, les membres tatoués avec un langage cru et cabossé, part déjà avec des préjugés très négatifs. S’est-il vraiment libéré de tous les péchés que son corps et son allure trahiraient ? Son passé est-il vraiment derrière lui comme il le confesse?

Mais depuis quand l’apparence révèle-t-elle l’état du cœur ?

L’Eglise qui devrait être un hôpital, trop souvent ressemble à un tribunal. Et ce tribunal révèle alors que les accusateurs qui s’y trouvent sont eux-mêmes les véritables pécheurs. Les accusateurs oublient qu’ils sont aussi des malades et qu’ils ont besoin de guérison.

 

2.     L’hôpital et la charité chrétienne

A l’origine, l’hôpital vivait de la charité. Il vivait de dons, d’aumônes, de legs que des bienfaiteurs lui offraient. Les riches, les notables, les seigneurs donnaient des terres et de l’argent aux églises, afin que ces ressources servent à la construction d’hôpitaux. L’Hôpital était donc une œuvre chrétienne. Pendant des siècles les soins étaient assurés par des ordres monastiques. L’hôpital était voué aux plus démunis, aux sans-abri, aux malades de l’âme comme aux malades du corps. Il accueillait également les personnes âgées, les enfants abandonnés, les pèlerins et voyageurs de passage. On ne l’appelait d’ailleurs pas « hôpital » mais « Hôtel-Dieu », « la maison de Dieu » : un lieu ou règne l’hospitalité divine. Le mot « hôpital » prononcé autrefois « hospital » rime avec hospitalité : ils partagent la même racine.

N’oublions pas que les bases du métier d’infirmière furent posées par des religieuses chrétiennes entièrement dévouées à leur mission. Les soins prodigués étaient gratuits, car les malades étaient sans ressources et trop pauvres pour payer.

Alors ne devrait-on pas appeler les églises : l’hôtel Dieu ? Un lieu d’accueil où l’on prodigue gratuitement toutes sortes de soins pour le corps comme pour l’âme ?

 

3.     Et la foi a-t-elle aujourd’hui son hôpital ?

Deux termes latin montrent le sens profond de l’hospitalité chrétienne : hospes et hospitis qui signifient à la fois : celui qui reçoit et celui qui est reçu. Une main tendue et une main reconnaissante.

Où est passé le but de notre foi en Christ lorsque Jésus répond aux pharisiens après cette question :  « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie?…. Jésus dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades ».  Et de nos jours, pourquoi tant d’Eglises trient-elles leurs membres ? La sélection se fait généralement sur des critères absurdes. Si nous trions les blessés selon leur apparence, nous avons déjà oublié le Médecin.

 L’Église n’est pas un musée pour saints bien habillés.
Elle est une salle d’urgence pour pécheurs blessés.
Elle devrait comme l’hôpital le fait et comme il leur rappelle leur mission première : accueillir toute personne malade perdue ou abandonnée. Or, trop souvent les médecins des églises prennent l’habit de magistrats qui jugent et qui condamnent au lieu de porter secours et de soigner. Il y a trop de mercenaires et de loups ravisseurs dans les assemblées pour que s’organise une véritable hospitalité. Une brebis malade a besoin d’un médecin qu’elle soit une brebis blanche ou noire.

 

4.     L’hôpital samaritain

Dans la parabole, le bon Samaritain agit comme un vrai médecin, un vrai disciple de Christ. Voyant un homme sur le côté du chemin à moitié mort, il ne cherche pas à connaître qui il est. Il ne demande ni son identité spirituelle,  ni son passé ; il ne discute pas pour connaître sa part de responsabilité, ni s’il est à même de pouvoir payer ses soins et de rembourser son bienfaiteur. Le bon samaritain, soigne en agissant comme un médecin de campagne. Il voit tout de suite la souffrance et le niveau de blessures de l’homme à terre. Il bande ses plaies et  soignent ses blessures, avec de l’huile et du vin, les antiseptiques de l’époque. Sans se poser la question du mérite, le Samaritain porte sur sa monture le blessé comme s’il était son propre enfant. Il le conduit dans une auberge (un hôtel-Dieu avant l’heure). Il se porte même garant financièrement. Il paiera tous les frais du malade à l’aubergiste. C’est l’hospitalité totale : sans condition- sans jugement-sans calcul- sans à priori sur l’apparence. Jésus ne dit pas : « admirez-le ! », non. Il n’aura que quelques mots pratiques pour conclure : « va et fais de même ».

 

5.     L’hôpital de Mammon

Aujourd’hui, dans le monde, la tendance des services hospitaliers n’est plus à la charité, mais c’est Mammon qui s’y est invité. L’infirmière de l’Hôtel Dieu de Paris, elle passe plus de temps dans des charges administratives, qu’au chevet du malade à lui prodiguer son attention et ses soins. En République démocratique du Congo un pays soi-disant très chrétien, il est souvent impossible de sortir de l’hôpital si les frais médicaux ne sont pas réglés. Tant que la facture n’est pas entièrement soldée, le malade reste gardé (manu militari s’il le faut) dans « une chambre prison ». Une enquête de presse de 2018 a montré que, dans plusieurs hôpitaux de Lubumbashi (la deuxième ville du Congo qui compte près de 3 millions d’habitants), des personnes ont été retenues des semaines, des mois, voire des années parce qu’elles ne pouvaient pas payer leur facture hospitalière, même après avoir été jugées médicalement guéries. La RDC est-elle un cas isolé ? Des cas similaires de patients gardés plusieurs semaines ont été rapportées au Ghana, comme en Inde.

Le Moyen-âge est souvent qualifié d’ère de ténèbres avec son régime féodal composé de rois, de seigneurs et leurs cerfs corvéables à merci. Là aussi les préjugés ont frappé fort. L’hôpital était c’est vrai dans des conditions sanitaires très succinctes, avec peu de moyens comparés à la technologie d’aujourd’hui, néanmoins c’était un lieu de refuge comme d’assistance sociale, médicale et spirituelle.

Pour ma part, dès que l’occasion s’est présentée, j’ai eu à cœur de participer aux frais médicaux de mes frères et sœurs congolais lorsqu’ils étaient hospitalisés et qu’ils ne pouvaient payer leurs soins. Je ne l’ai pas fait pour un gain quelconque. Je l’ai fait parce qu’il me semble «  normal » d’agir ainsi en tant que simple chrétien. Je suis ému de compassion devant une mère qui pleure son enfant malade et qui ne peut payer les soins (même si elle ne fréquente aucune église): car c’est une double peine pour elle. Et je ne me sens pas être rempli d’une mission spéciale. J’ai répondu dans mon for intérieur à l’ordre de Jésus : « va et fais de même pour ton prochain ». Je n’agis pas ainsi parce que je l’ai lu dans la Bible, mais parce que mon cœur régénéré par l’Esprit saint me le dicte. La Bible et le bon samaritain me confirment que l’esprit qui m’anime est saint. Si je m’étais surpris à penser autrement, comme par exemple que Dieu pourvoira à leur besoin, qu’ils n’ont qu’à s’organiser entre frères pour faire des collectes et que ma prière leur suffit, aurais-je été satisfait ? Aurai-je eu cette joie de donner ? Cette joie de participer à la guérison de l’enfant et au soulagement d’une mère ? Qu’aurai-je ressenti si je m’étais trouvé dans la même situation avec un enfant malade ? N’aurai-je pas aimé qu’un simple chrétien même à des milliers de kilomètres puisse m’aider aussi rapidement à soulager mon fardeau? Oui certainement.

 

6.     Quand l’ordinaire devient extraordinaire

Pourquoi j’insiste tant sur une bienveillance « normale » ? Pour dire qu’aider une personne comme je l’ai fait ou comme le fait le bon samaritain n’a rien d’extraordinaire en soi. Jésus ne le félicite même pas dans l’histoire. Il n’y a pas d’éloges particuliers à son égard. Mais dans les faits, n’est-ce pas celui qui a été aidé et qui a été secouru qui trouve cela extraordinaire ? C’est le juif mourant qui a été relevé et rétablit par un Samaritain (qu’il méprisait peut-être auparavant) qui loue le Seigneur avec reconnaissance. Il est bouleversé, transformé et il n’aura plus jamais la même opinion des Samaritains. Ses yeux s’ouvrent à une vérité nouvelle.

Car cette expérience changera sans doute aussi sa vision de la foi. Une foi qui repoussera ses frontières ; qui ne s’arrêtera plus au seul peuple juif.

Ce qui pour celui qui aide, peut sembler un geste simple, presque anodin peut avoir des conséquences immenses dans la vie de celui qui reçoit. Faut-il nécessairement réaliser de  grands efforts pour produire des conséquences extraordinaires ? Ce préjugé est faux. Les faits montrent qu’un verre d’eau, une main tendue, une écoute attentive, un acte de compassion, qui ne coûte presque rien… peuvent devenir pour l’autre une délivrance, une lumière, un signe de Dieu.
Même leurs proches, inquiets et troublés, ont été délivrés à leur tour, comme une grâce qui se prolonge.

Souvent, nous ne mesurons pas l’impact spirituel d’un secours offert au bon moment.
Une aide discrète peut faire naître la foi dans un cœur qui se croyait abandonné.
Elle peut raviver une foi qui s’éteignait, ou encore transformer la compréhension que quelqu’un avait de Dieu.

 

7.     L’hôpital d’Obed-Edom

Je pense que c’est ainsi que David, deuxième roi d’Israël, a ravivé sa foi et qu’il a mieux compris les voies divines.

Après qu’Uzza, terrassé pour avoir retenu l’Arche de l’Alliance, David fut saisi de crainte. Il était même perdu. Lui qui voulait ramener l’Arche à Jérusalem se retrouva soudain paralysé.
La présence de Dieu, qu’il désirait tant, devenait redoutable. Alors n’osant pas poursuivre le chemin. Il confia l’Arche à Obed-Édom, un Lévite peu connu, discret, pas un héros national.  Son nom en tous les cas parle par son sens étymologique. La deuxième particule de son nom, Edom, renvoie à la descendance d’Esaü (un peuple souvent rival d’Israël). Mais David avait déjà brisé les préjugés concernant les philistins puisque à plusieurs occasions, il avait été secouru par eux.

Et pourtant, c’est chez ce Lévite que la présence de Dieu s’installa.

Cette présence se manifesta dans l’hospitalité, mais aussi dans l’aide dont David avait besoin pour retrouver sa foi, la foi en Dieu qu’il avait au départ.

Le récit insiste juste sur la bénédiction que reçu le Lévite pour son secours apportée au roi. Et la Bible dit en toute simplicité : «L'arche de Dieu resta trois mois dans la maison d'Obed-Edom, dans sa maison. L’Éternel bénit Obed‑Édom et toute sa maison ». 3 fois le mot maison apparait ici comme pour montrer une grande sainteté qui y est rattachée. L’hôtel Dieu fut établit dans sa maison : hospes et hospitis celui qui reçoit et celui qui est reçu. Une main qui gracie devient elle-même une main qui est graciée.  
Car celui qui a été secouru voit soudain la grâce à l’œuvre, non pas dans de grands discours, mais dans un geste concret, incarné, espéré et qui n’attend aucune explication de l’autre. C’est ce que David avait besoin de vivre pour revenir avec l’Arche de Dieu à Jérusalem. La lumière est venue d’Obed-Edom comme elle vient dans le récit des Evangiles : du bon samaritain.

Matthieu 5 :16 : « « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. ». Ce verset ne prend il pas tout son relief avec les actes qui portent secours ? C’est ainsi que si nous sommes fidèles dans les petites choses de la foi, nous verront les grandes. Le secours fait en présence d’un grand public nous impressionne toujours. Mais les petits secours faits dans la clandestinité n’en sont pas moins valorisés aux yeux de notre Seigneur. Car il juge selon la justice et non l’apparence.

Chaque croyant doit prendre conscience qu’il peut à un moment de sa vie devenir un ange protecteur pour son prochain. Dieu nous arme alors comme un ange le serait pour aller porter secours. Car porter secours : c’est une parole de Dieu. Et cette parole s’entend. Elle résonne à l’intérieur. La foi vient de se qu’on entend. Et ce qu’on entend produit une action : la délivrance.

 

8.     L’hôpital de la foi

Pour conclure. Nous accueillons notre prochain comme Jésus-Christ le fait et comme un hôpital accueille les malades. Dans cet Hôtel-Dieu, nous sommes alors l’assistant du grand Médecin (Dieu) et nous soignons, nous restaurons, nous réparons ce qui est cassé.

C’est l’image de la grâce. C’est un lieu où personne n’est jugé. Un lieu où on ne mérite pas la guérison, on l’a reçoit. Dans cet endroit, il n’y a plus de honte à être vulnérable et fragile. Il n’y a que de l’amour et de la reconnaissance. Car après un accompagnement pas à pas, on y ressort avec une transformation physique mais surtout intérieure. Alors ne regardons pas cet hôpital comme un bâtiment majestueux, dont l’implantation serait un Haut lieu de la foi. L’hôpital de la foi se trouve rue de l’inconnu. Il se monte comme un camp de nomades, sous tente ; et comme les hôpitaux militaires, au milieu des combats, dans l’urgence, pour apporter une aide là où le besoin est le plus fort. Cet hôpital de campagne est par définition très mobile et provisoire. C’est Dieu qui montre le chemin. On ne sait pas où la maison d’Obed-Edom se situait, où se trouvait l’Arche de l’Alliance que David avait confié au Lévite. La présence de Dieu se meut dans la nuée, comme sa grâce qui touche celle ou celui qui ne le méritait pas en apparence.

Amen

dimanche 15 février 2026

PORTER SECOURS : Qui mérite vraiment de l’être ?

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Par Eric Ruiz

 

Samedi 14 février, c’est une fête païenne très suivie par de nombreux pays : c’est la fête des amoureux, la fête de l’amitié.


Mais comment célébrer l'amour de Christ? Pour certains c’est le moment pour commémorer Saint Valentin, un martyr chrétien devenu symbole de l’amour fidèle. Pour les chrétiens en général, c’est justement l’occasion de célébrer leur attachement à Jésus-Christ et à son don d’amour véritable.

 Jésus-Christ est Sauveur. Yeshoua son nom araméen signifie Sauveur. C’est un fait établi pour un chrétien… et nous, ses disciples, que sommes-nous ? De simples contemplateurs ou adorateurs ?  Des admirateurs d’un Dieu qui se manifeste chez les autres sans que nous ayons à agir ? Ne sommes-nous pas amenés, nous aussi, à sauver notre prochain ?  Or, pour le commun des chrétiens, c’est le fils de Dieu qui sauve. C’est Lui qui apporte le Salut.  C’est Lui la Vie Eternelle. C’est Lui qui fait passer de la mort à la vie. Nous n’avons ni cette fonction, ni cette puissance. Nous ne sommes que de simples pécheurs rachetés par grâce.

Beaucoup de chrétiens affirment que seul Jésus sauve, et c’est vrai. Mais cette doctrine n’est-elle pas devenue une fausse louange ?  Car cette vérité devient alors un refuge pour ne rien faire. Une fausse humilité qui masque le refus ou la peur d’agir. Pourtant, si un proche est en détresse, sur qui peut-il compter ? Sur une prière seulement, ou sur un disciple prêt à se lever pour lui?

Le disciple partage le nom « sauveur » de son Seigneur, non dans la rédemption, mais dans le secours.  Il est lui aussi appelé à porter secours même s’il ne peut lui offrir le salut de son âme.

Mais vous me direz : « je ne connais personne, je vis dans un lieu isolé, comment puis-je porter secours aux autres ? » ou encore « je suis âgée, faible, je n’ai aucune force, je ne sais rien faire, je n’ai aucune compétence, c’est plutôt moi qui suis en détresse, comment puis-je être utile ? ».

Il ne s’agit pas de se croire compétent ou non, ni de chercher par soi-même les personnes en détresse, ni forcément de devenir pompier volontaire dans la brigade de sa ville. Il s’agit de se préparer spirituellement, afin d’être disponible pour Dieu. Sinon, les situations auront beau se présenter, elles resteront invisibles à nos yeux.

 Eh oui, c’est Dieu le Père qui gère la situation de détresse. C’est Lui qui permet que nous devenions un élément moteur pour intervenir auprès d’autrui.

Rappelez-vous les ouvriers de la onzième heure. La parabole de Matthieu chapitre 20 commence ainsi : « Car le royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne ».

Ces ouvriers étaient sans travail, assis, attendant qu’un vigneron les embauche. A toute heure, même à la dernière heure, le vigneron est venu les chercher. Dieu vient vous embaucher. C’est lui qui sort dès le matin pour sa vigne qui est son royaume.

Matthieu 20 : 6 « Etant sorti vers la onzième heure, il en trouva d'autres qui étaient sur la place, et il leur dit: Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire? 7Ils lui répondirent: C'est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il »

 

Un chrétien croit trop souvent que la vigne du Seigneur, son royaume se trouve dans les 4 murs de son Église locale. Et il pense qu’en s’y engageant, en y prenant des responsabilités, il sera utile au Royaume de Dieu. Mais est-ce dans ce lieu de culte uniquement que se trouve la vigne du Seigneur ?

Sa vigne  n’est pas un enclos.

Elle n’a pas un territoire définie.

Elle n’est pas non plus forcément là où se trouvent des chrétiens rassemblés.

Sa vigne est sans doute là où personne ne l’attend.

Et si elle se trouvait en territoire ennemi ?

Dans un lieu que vous avez même jugé impur, infréquentable ?

 Jésus a fréquenté des personnes qualifiées de mauvaises vies, les prostitués. Savez-vous à l’avance où Dieu vous emmènera ? Vous êtes vous préparés à intervenir dans un lieu que vous aurez peut-être jugé comme étranger, impur et rebutant ?

Il n’y aura jamais un écriteau ou une bannière pour vous confirmer : «ici c’est la vigne du Seigneur ». La confirmation sera invisible, inscrite dans le cœur, dans une intention qui se fera plus pressante.

Dans les assemblées, on parle régulièrement d’un nouveau réveil spirituel. Certains disent l’avoir vu dans une église ou plusieurs se sont mis à prophétiser, ou à pleurer sur leurs péchés. Sans le dénigrer : ce réveil est louable. Mais ce qui se manifeste là n’est qu’un prélude, une préparation à quelque chose. Les croyants réveillés s’arment pour un combat. Ils prennent les outils indispensables à la lutte qui va suivre. Mais pour quel combat ? La lumière reçue n’est-elle pas destinée à éclairer un autre endroit ?

 

N’est‑ce pas dans ses gestes et dans sa conduite que la foi d’un disciple prend véritablement corps ? Le réveil, n’est-il pas orienté vers un besoin à pourvoir ? Voilà le vrai combat… Lorsque le besoin devient prioritaire, le réveil spirituel a alors sonné comme une trompette. Le shofar du besoin est le son que notre Dieu adore le plus. Pour un disciple, lorsque son propre besoin passe au second plan et que le besoin de l’autre devient plus urgent, alors le son du shofar est pur.

Mais, lorsque vous agirez pour le réveil, parmi vous d’autres se lèveront ; ceux qui refusent le réveil. Ils jugeront votre initiative mal inspirée. Ils vous jugeront, et condamneront vos actes.

Ils jugeront que celles et ceux qui reçoivent votre secours ne le méritent pas et que Dieu les a abandonné à leurs péchés ou que Dieu ne vous a pas appelé à les aider, car notre Seigneur qui est pur privilégie les justes et hait les impurs.

Remettons la vérité à sa place :

« Les pharisiens virent cela, et ils dirent à ses disciples: Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie? 12Ce que Jésus ayant entendu, il dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. » (Matthieu 9 :11-12).

Alors, bien souvent, ce que l’homme a déclaré souillé, Christ l’a déclaré pur. Dans le livre des Actes, Corneille et sa famille, des païens romains, étaient considérés comme impurs, même aux yeux de Simon Pierre. L’apôtre dut vivre un véritable réveil spirituel pour comprendre que Dieu ne fait acception de personnes. C’est lorsqu’un ange lui a parlé et lui a montré la vérité dans une vision que Simon Pierre a compris que cette famille était dans la lumière et non dans les ténèbres.

Alors, qui peut être secouru ? Ceux qui sont dans la lumière ? Oui bien sûr mais aussi …

Toute personne peut être secourue, y compris celles que nous pensons être « dans les ténèbres », « du mauvais côté », ou moralement compromises. Les traditions spirituelles et l’expérience humaine montrent que l’aide ne se limite jamais aux justes. Elle s’adresse aussi — et parfois surtout — à ceux que nous aurions tendance à exclure.

A titre d’exemple on pense aux terroristes, aux criminels ; aux personnes violentes et déséquilibrées ; mais sans tomber dans les extrêmes que nous ne rencontrons que rarement, il y a des personnes plus proche de nous que nous excluons sans qu’ils aient commis de tels méfaits. Les adultères, les divorcés, les séparées, celles qui ont trahi leur assemblée, en l’abandonnant. Sans compter, Toutes ces personnes que nous aurions traités d’hérétiques, parce que leur foi nous choque ; comme aussi celles qui n’ont pas été droites avec nous, qui ont été malhonnêtes ;

 

Dans la Bible un des récits nous interpelle à ce sujet : c’est celui du prophète Élisée et Naaman.

Naaman est ni plus ni moins que le chef de l’armée Syrienne ennemi d’Israël. Naaman est un homme violent, arrogant. Il est puissant, respecté… mais atteint de lèpre, une maladie qui le rend impur et qui l’exclu.

Pourtant, il sera guéri de sa lèpre par Elisée, un prophète d’Israël.
Or, Selon la logique humaine, Naaman cumule tout ce qui devrait empêcher qu’on l’aide :
ennemi politique, étranger, arrogant, idolâtre, violent, et impur par sa maladie contagieuse. Pourtant, c’est lui qui va recevoir guérison et miséricorde.

Elisée suit simplement le plan de Dieu. Il est au service du Très-Haut. Il n’est dans aucun calcul, ni esprit de vengeance.

Mais avant lui, ce qui est encore plus surprenant, c’est que la première personne à secourir Naaman est une de ses victimes. Une jeune servante israélite le place volontairement sur la voie du prophète Elisée.

Pourtant cette servante a été capturée lors d’un raid syrien en Israël.
Elle aurait toutes les raisons de haïr Naaman, de se réjouir de sa chute ; de savourer ce début de vengeance, car elle est maintenant captive et esclave dans sa maison.
Pourtant, elle dit à sa maîtresse qui est la femme de Naaman :
« Si seulement mon seigneur allait voir le prophète en Samarie, il serait guéri. » (2 Rois 5 :3).  Vous voyez le secours apporté par cette jeune servante ? C’est comme si elle avait dit : « va prendre ta guérison, je ne te condamne pas » A-t-elle eut besoin d’une compétence spéciale ? Non, Dieu a fait en sorte qu’elle soit amenée captive chez Naaman et qu’elle eut connaissance de la réputation du prophète Elisée. A partir de là, elle a juste évoqué une possibilité de guérison. Quelques mots ont suffit à placer Naaman sur le chemin de la délivrance. Or, du récit de Naaman, on ne retient surtout que ce qui est prodigieux : qu’il s’est lavé 7 fois dans le Jourdain pour obtenir sa guérison. Mais les petits détails sont parfois plus importants que le grand miracle. Quand le cœur agit en total opposition avec ce que n’importe quel humain ferait, n’est-il pas là le véritable miracle ? L’amour prend des formes miraculeuses lorsqu’il se surprend à aider son ennemi et à lui porter secours.

La semaine dernière, j’ai été témoin de ce genre de miracle. J’ai vu une femme qui en voulait terriblement à une autre face à une situation dramatique : le décès de toute une famille qui a périt dans les flammes. Cette femme s’est portée secours pour celle qui était devenue l’infréquentable, la pestiférée parce qu’à priori, par sa négligence elle est responsable du désastre commis. Eh bien, ce genre de délivrance se retrouve chez les croyants réveillés. C’est ainsi qu’ils partent travailler dans la vigne du Seigneur. C’est ainsi qu’ils font des œuvres de justice. Ils ne sont pas devenus fous, ils sont devenus amis de Dieu parce qu’ils font ce que Dieu lui-même souhaite faire. Ils s’oublient eux-mêmes pour permettent à Dieu de défendre sa cause. Parce qu’ils agissent ensemble Père et fils unit par le Saint-Esprit.

 

Remarquez bien les relations conflictuelles ; et en particulier celle entre les juifs et les samaritains ; ils sont au même point que les Israelites et les Syriens. Deux peuples fondamentalement opposés.  Les juifs considèrent comme impur le simple fait de boire ou de manger avec un samaritain. Dans leur déplacement, un juif préférait faire un détour pour éviter de passer par la Samarie. Appeler quelqu’un « samaritain » est même une grave injure. Jésus a été insulté de la sorte. Quand aux disciples des Evangiles, ils sont près à faire descendre le feu du ciel pour exterminer un village samaritain qui refuse de recevoir Jésus.

Eh bien, c’est dans ce contexte de guerre froide que Jésus de Nazareth raconte sa parabole du bon samaritain. Un juif laissé pour mort sur le bord de la route se voit secouru par un samaritain. Lui seul est ému de compassion. Les autres juifs, sacrificateur, ou Lévite l’ont vu aussi, mais sont passés outre. Qui a fait la volonté de Dieu ? Jésus choque et scandalise encore une fois en montrant qui est sauveur ; qui est le véritable ami, qui s’occupe de son prochain.

Jésus-Christ  renverse les croyances, et les fausses valeurs. Il brise notre vision étroite de la justice. Il montre que nos frontières mentales et sociétales s’opposent au Royaume de Dieu.

Pour travailler dans sa vigne, chacun doit se libérer de ses coutumes, de ses opinions, et de ses démons. Toute victime peut porter secours à son bourreau, si c’est la volonté de Dieu. Sommes-nous prêts à porter secours ainsi? La lumière peut toucher les indignes, les exclus de la grâce. Sommes-nous prêts à secourir ceux qui ne méritent pas de l’être ? Sommes-nous prêts à être disponibles pour Dieu, même si cela nous conduit vers la contestation, l’incompréhension, ou le scandale ?
Sommes-nous prêts à secourir sans calculer le mérite, sans choisir les bénéficiaires, sans protéger notre image spirituelle ? En conclusion : le réveil spirituel dérange !

C’est sur toutes ces questions que je vous propose de méditer pour savoir si vous êtes prêts à agir pour le Saint-Esprit.

Amen

dimanche 1 février 2026

LES ZONES GRISES DE LA FOI

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Par Eric Ruiz

 

Jésus-Christ, comment a-t-il pu connaître un moment ténébreux lors de son passage dans le jardin de Gethsémani ? Lui qui est lumière… comment peut-il être touché par les ténèbres ?


Gethsémani intrigue fortement les chrétiens. Ce lieu dérange, il déstabilise. La raison tient à la fragilité du Christ qui renvoie les croyants à un malaise profond.  Ce malaise provient de la représentation qu’ils se font du fils de Dieu. Lui, qui possède la puissance de Dieu comment peut-il vaciller ? Peut-il faillir comme un simple être humain ? C’est du Père directement qu’il tient toute sa force. Si le Fils de Dieu perd pied, comment pouvons-nous ne pas nous effondrer nous aussi ?

Car s’il peut défaillir… vers quels saints se tourner pour y puiser sa force ?

Les catholiques ont leurs réponses. Ils ont trouvé une foule de saints pour intercéder, une figure pour chaque combat difficile. Pour lutter contre l’alcoolisme on prie Notre Dame de Guadeloupe. Pour acquérir de la sagesse, c’est Notre Dame des lumières. Saint Christophe pour la protection d’un voyage ; contre les envoutements, Saint Cyprien ; on prie de même Saint Paul contre les angoisses et la peur, etc.

N’ont-ils pas confondu la créature avec le créateur ? Car Jésus est le seul chemin. Se fier à un autre c’est prendre un autre chemin, même si cette personne incarnait autrefois une onction et des valeurs supérieures de piété.

Si ce qu’a vécu Jésus avant d’être trahi a tant déstabilisé les croyants (rappelez vous, Pierre ira jusqu’à renier Jésus trois fois après qu’il fut arrêté et emmené devant les autorités) c’est sans doute parce que la vison chrétienne repose surtout sur un manichéisme absolu : c’est soit la lumière ou les ténèbres. On est soit dans l’un, soit dans l’autre. Le royaume des ténèbres c’est Satan. Le royaume de la lumière c’est Dieu. Entre les deux c’est le vide absolu, le néant. Le grand prêtre qui a reçu des hommes l’autorité pour juger les péchés ne lésine pas. La sainteté ou l’hérésie.

Or, il y a des fluctuations comme des moments de clair obscur. Un ciel bleu lumineux peut se couvrir de nuage comme la pleine lune éclaire la nuit. La nuit elle aussi est passagère et ne dure que quelques heures avant que le soleil ne vienne poindre ses rayons du matin. Pour Jésus les ténèbres de Gethsémani ont été son lot un court instant avant que la lumière luise encore plus fort.

Les personnes catégoriques sur leur état, celles qui croient dans une foi absolue souffrent énormément. Dès la moindre épreuve qui les touche ou qui touche un de leur proche, ça y est, elles discernent qu’elles sont dans les ténèbres. Satan est devenu leur maître, le péché les lient, elles ont besoin d’une délivrance, d’un exorcisme. Ou alors, ces croyants ne voulant pas être juger par les autres, cachent leurs épreuves et préfèrent simuler une foi constante, une joie permanente, une paix inébranlable. Mais au fond d’eux, ils luttent pour garder un semblant de vérité. La foi ce n’est ni la culpabilisation, ni la dissimulation.

La vie de foi, ce n’est pas blanc ou noir. Ce n’est pas un verdict : «  destiné à l’enfer » ou  « destiné au paradis », ou encore pour les meilleurs « voué à être à la droite de Dieu ».

La tradition chrétienne identifie systématiquement le blanc à la sainteté.  Ceux qui ont été baptisés ont été lavés de leurs péchés. Leur vêtement est par conséquent blanc. Il ne peut plus exister d’autres couleurs.

Or, Il y a des zones d’ombres passagères. Le gris est un état que tous les chrétiens connaissent maintes et maintes fois. Faut-il en avoir honte ? Faut-il le cacher comme une malédiction ?

Qui, malgré sa foi n’a pas connu des états de confusion ? Un cœur partagé ? Des moments de tristesse, d’angoisse, une perte de courage, une désillusion, un abattement ?

Jésus n’a-t-il pas dit lui-même à ses disciples avant qu’ils soient troublés et anéantis par ce qui allait se produire à Golgotha: « Vous aurez des épreuves difficiles, mais prenez courage j’ai vaincu le monde »

Il est curieux de constater que pour les choses du monde des chrétiens semblent éclairés. Ils critiquent la vision très simpliste d’une société à deux clans opposés. Le clan du bien : les démocrates modérés et le clan du mal : leurs opposants qualifiés d’extrême gauche ou de d’extrême droite. Ils réfutent le jugement hâtif ; comme celui de considérer une personne bonne ou mauvaise simplement sur une l’opinion qu’elle se fait en faveur d’une cause. Ils s’offusquent par exemple contre cette haine raciste selon laquelle défendre la cause d’Israël, fait de soi un sioniste ou défendre la cause des habitants de Gaza fait de soi un pro Islam. Ces croyants éclairés critiquent le manque de nuance de cette vision et parlent même d’un problème d’intelligence. Mais dès que l’on parle avec eux de religion, ils adoptent une vision binaire. Ils gomment alors les espaces intermédiaires, les nuances. On est vite catalogué soit dans la lumière, soit dans l’obscurité absolue. Ce sont des aveugles qui critiquent d’autres aveugles.

Oui, un état d’aveuglement peut toucher un homme de foi. Mais l’est-il forcément pour toujours ? Pour certains oui cela sera leur sort parce qu’ils ont blasphémé contre l’Esprit Saint. Mais leur jugement ne nous appartient pas. Et puis, pour beaucoup, l’aveuglement reste temporaire et partiel. Ils voient clair sur certains points mais une part de l’Evangile leur reste voilée.  

« Il vous a délivrés de la puissance des ténèbres. » (Colossiens 1:13). Les ténèbres peuvent nous toucher momentanément. Mais ces ténèbres ont perdu leur puissance. Ils ne nous maintiennent pas la tête sous l’eau indéfiniment et surtout ils ne peuvent nous détruire.

Si les « Les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière. » (Jean 3:19) ce n’est plus le cas pour ceux qui aiment Dieu. Ils préfèrent la lumière. Ils viennent et reviennent toujours vers elle.

Tandis que ceux qui aiment les ténèbres manifestent le contraire, ils reviennent toujours vers l’obscurité. Ils sont antéchrists et les ténèbres sont ce qu’ils préfèrent.

Pour certains le gris est un passage pour aller vers le blanc lumineux, tandis que pour d’autres, le gris n’est qu’un passage pour revenir au noir ténébreux.

Aussi pour les enfants de la lumière, ils peuvent traverser cet « entre deux » sans être perdus pour autant.

Alors, nous n’avons pas à nous inquiéter quand ils défaillent. Nous sommes avertis que cela doit arriver. Aussi nous avons la mission de les soutenir, de les encourager, de les exhorter pour qu’ils retrouvent le chemin de la lumière plus rapidement.

Jésus (pour certains) serait en train de mentir quand il dit à ses disciples avant d’aller dans le jardin de Gethsémani : « Vous, vous êtes ceux qui avez persévéré avec moi dans mes épreuves; » (Luc 22 :28). Jésus sait :

qui parmi les disciples allait le trahir, ensuite,

qui allait s’endormir au lieu de prier avec lui,

qui allait fuir et

qui allait le renier par trois fois au chant du coq. 

Ont-ils persévérer à ce moment avec lui ? Non à priori.

Mais Dieu ne regarde pas quand nous trébuchons. Il tient compte des moments où nous allons vers la lumière et il tient compte des actes lumineux que nous faisons. « Le Seigneur dit: Simon, Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. 32Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères. » (Luc 22 :31-32). Jésus sait très bien que la foi humaine n’est pas dans une lumière absolue. Il sait que des nuages viendront assombrir le ciel.  Que la repentance et la conversion permettront un retour lumineux. Et c’est ainsi que la lumière sera toujours présente. Simon Pierre reviendra toujours vers la lumière pour affermir ses frères.

Jean, lorsqu’il écrit sa première épitre sait aussi que lorsqu’on donne accès au péché, on marche dans les ténèbres : « Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux. »(1 Jean 2 :11). Que fait Jean ici ? Condamne-t-il ceux qui haïssent ou bien les exhorte-il à se comporter différemment pour marcher dans la lumière ? Jean commence le deuxième chapitre ainsi : « 1Mes petits enfants, je vous écris ces choses, afin que vous ne péchiez point. » Il ne dit pas de condamner et d’excommunier ceux qui marchent dans les ténèbres. Mais il incite chacun à revenir à ce qu’il a reçu au départ, à revenir à son onction pour demeurer en Christ. Son exhortation est un vrai plaidoyer à demeurer en Christ en se détournant des séductions du monde (v 15).

En lisant ce chapitre de Jean, moi je me sentirai repris si j’éprouvais une aversion contre un frère. L’esprit de repentance me saisirait. Je souhaiterai lui demander pardon ou réparer au plus vite cette faute. Remarquez bien que Jean s’adresse à de veritables croyants pour qu’ils sortent de leurs zones grises afin d’aller vers le blanc lumineux. Jean n’exhorte pas les autres. Aux autres, il dit qu’ils sont partis parce qu’ils ne supportaient plus la lumière. « Il y a maintenant plusieurs antéchrists…19Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres; car s'ils eussent été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu'il fût manifeste que tous ne sont pas des nôtres. ».

***Ce retour à la lumière en quittant nos zones grises, Jean en fait un nouveau commandement.

« 8Toutefois, c'est un commandement nouveau que je vous écris, ce qui est vrai en lui et en vous, car les ténèbres se dissipent et la lumière véritable paraît déjà ».

Ce verset  est essentiel à comprendre En Dieu comme en chacun de ceux qui croient en lui se trouve une zone ténébreuse qui se dissipe pour que la lumière véritable paraisse. Et d’ailleurs, c’est au moment où les ténèbres se dissipe que la lumière est la plus forte.

La lumière véritable finit toujours par paraître, dit Jean. Pour ceux qui aiment Dieu, même lorsque le gris s’installe, la lumière finit toujours par reprendre sa place parce qu’elle a été mise en chacun de ceux qui croient. Le commandement c’est de ne cesser de croire que la lumière véritable est déjà là. C’est de croire aussi que nos ténèbres, ces zones grises sont déjà du passé. Croyons que Dieu ne cesse de rallumer ce qui a été pour un temps obscurcie.

Dieu ne nous évalue pas sur nos épreuves, mais sur la soif de notre cœur à le chercher malgré nos déboires et nos souffrances. Alors, comment regarder nos zones grises? Comme des passages, Comme des appels. Ce sont des espaces où la lumière nous saisira pour nous faire grandir.

1 Pierre 5 :10 : « Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés en Jésus-Christ à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous perfectionnera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. »

La réponse essentielle est finalement celle‑ci :
Et si le chemin vers la lumière passait justement par ces zones grises que nous redoutons tant?

La foi n’est pas évaluée à l’absence de chute mais à la direction du cœur.

Et c’est ainsi que nous marchons sur les pas de notre guide souverain.  Nous faisons comme Jésus, nous traversons les ténèbres sans en être contaminé.
Alors, comprenons bien que le gris est un lieu de passage, pas une destination.

Accueillons nos fragilités sans les dramatiser, ni les diaboliser.
Soutenons ceux qui trébuchent au lieu de les juger, de les cataloguer, puis de les abandonner.

Aimer, ne cessons d’aimer en toutes circonstances, bonnes ou mauvaises. Quitter ses zones grises se fait en arrêtant un travail dur et pénible pour entrer dans son sabbat. Un sabbat c’est un lieu de repos.  Ce repos est en Christ et ce jour et un nouveau jour, un nouveau commencement. Car c’est dans ce sabbat que la lumière brille au plus fort. Ce jour de fête ou de célébration marque un vrai temps de repos, de paix de plénitude, sans oublier de guérison.

Amen

dimanche 25 janvier 2026

QUAND DIEU PRESSE L’AME POUR EN FAIRE JAILLIR L’ESPRIT

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Par Eric Ruiz

 

Nous sommes entrés dans des temps difficiles. Dieu, par le Saint-Esprit avertit son peuple afin qu’il se détourne de ses mauvaises voies et qu’il se consacre de nouveau. Mais qui y prête attention ? Qui en mesure réellement la gravité ?


Tant de prières semblent témoigner que la grâce est là , qu’il nous suffit d’invoquer notre Seigneur pour recevoir les dons de l’esprit qui nous manquent. Il nous manque de la puissance… eh bien prions Dieu pour la recevoir. Mais la puissance du Saint-Esprit est-elle liée à la puissance de nos prières ?  Dans bien des assemblées chrétiennes, on entend des prières enflammées et ardentes du type : « Père que ma coupe déborde ! Rempli moi d’une double onction du Saint-Esprit ! ». Alors faut-il simplement prier avec force, conviction et persévérance pour obtenir cette coupe de bénédiction ? Oui, d’une certaine manière, la prière est importante, mais… ce n’est pas le seul élément en jeu.  Le contexte dans lequel se trouve le croyant est primordial. L’enjeu même de la prière est de tout premier ordre. Pourquoi prier ainsi ? Pourquoi cette prière doit-elle être si pressante et urgente dans les faits ? Pourquoi doit-elle naître d’une angoisse intérieure ou d’un cri de détresse ? Avez-vous remarqué…C’est souvent dans ces moments-là que Dieu commence son œuvre la plus profonde.

 

Jésus nous montre ce contexte des temps difficiles, au moment de ses derniers instants passés avec ses disciples ; Lorsqu’il pria ainsi : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! ».

Après le repas de la Pâques, Jésus se rend dans un endroit proche de Jérusalem, avec ses disciples, dans un jardin, celui de Gethsémani. Il prend à part Pierre, Jacques et Jean pour prier.

Jésus exprime alors une immense tristesse, et une profonde angoisse. « Mon âme est triste à en mourir ». L’intensité est extrême «sa sueur devient comme des gouttes de sang ». Malgré la demande de Jésus de veiller et de prier, les disciples s’endorment à plusieurs reprises.

Puis la foule et des soldats arrivent avec Judas Iscariote, le traitre, celui qui a payé pour que l’on s’empare de lui, qu’on l’arrête et qu’on l’amène devant les autorités afin d’être jugé.

·        La Gethsémani du croyant

Dans ce lieu devenu mythique celui du jardin de Gethsémani, Jésus est en train de boire une coupe qu’il ne voudrait pas boire en tant qu’homme mais qu’il boira pour faire la volonté de son Père qui est dans les cieux. Dans ce jardin, l’épreuve devient de plus en plus intense. Dès son arrivé Jésus y ressent une pression extrême qui se traduira même par un malaise corporel (des gouttes de sang). Ce cas appelé hématidrose et très rare. Il a été observé lors de stress extrême, où des petits vaisseaux se rompent laissant passer un peu de sang dans la sueur.

 

Je m’arrête un instant pour signifier que le projecteur est sans cesse pointé en direction de Jésus, sur la passion du fils de Dieu ; afin que la foi du croyant s’émeuve de compassion et de reconnaissance devant la souffrance et ce sacrifice cruel et injuste qui aboutira (on le sais) à sa crucifixion. Et c’est juste : le chrétien doit mesurer le prix très élevé payé par Dieu pour un châtiment que nous méritions nous et nous seuls.

Avoir compassion de notre Dieu c’est une très bonne chose, bien-sûr. Mais ne voir que cela occulte malheureusement une autre partie de la vérité. Le projecteur doit aussi se tourner vers nous, croyants. Ce récit à d’autres vocations. Les détails de la vie de Jésus sont des enseignements, des exhortations, pour nous qui désirons lui ressembler et marcher dans ses pas. Car l’enjeu pour nous disciples, est d’être appelé « ami « et non plus « serviteur ». L’ami est intime, il connait ce que fait Jésus et il passe lui aussi par des épreuves similaires.

 

Le jardin de Gethsémani est un passage obligatoire pour le disciple. Et Jésus lui-même en fait référence.

Matthieu 20 :22-23 « jésus répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? Nous le pouvons dirent-ils. 23 Et il leur répondit : il est vrai que vous boirez ma coupe. ».

Ce qui s’est passé à Gethsémani est une coupe de souffrance, d’épreuve difficile mais aussi de transformation. C’est une épreuve que tous doivent boire : le fils de Dieu comme petits et grands dans la foi. Gethsémani se trouve sur les pentes inférieures du Mont des oliviers, là où l’on y trouve encore de nos jours des oliviers. C’était par conséquent un endroit tout à fait logique pour y trouver un pressoir. Gethsémani  en hébreu et en Araméen signifie : « le pressoir à huile ». Ce n’est pas sans intention que Jésus s’y est arrêté. Ce n’est pas non plus un hasard si ce lieu justifie pleinement son nom.  Sous des meules de pierre on y pressait des olives pour en extraire l’huile.

A Gethsémani est confronté la volonté humaine et la volonté de Dieu car la pression de l’épreuve est au plus haut.

Mais pour bien comprendre la profondeur de cette coupe à boire, nous devons aussi comprendre comment fonctionne en parallèle ce pressoir à huile.

·        LE PRESSOIR A HUILE matériel et spirituel

Avant de passer au pressoir, les olives sont lavées, et elles doivent être transformées en pâte. Alors, afin d’obtenir une pâte épaisse et luisante, les olives, noyaux compris, sont écrasées par de grandes meules puis malaxées, brassées pendant près d’une heure.

A notre arrivée à Gethsémani, nous disciples sommes lavées de nos fautes, comme ces olives écrasées pour ne formées qu’une pâte. Pourquoi ? Pour que nous soyons malléables par Dieu. Ce changement d’état est visible. Ce principe du brisement s’applique à nos cœurs lors de la repentance. La repentance prépare le chemin à l’Esprit saint tout comme ce broyage d’olives. Notre tristesse et notre état d’âme est au plus bas. Il est écrasé par le poids de l’épreuve. Mais c’est dans cet état que notre pâte (notre chair) est la plus malléable.

Maintenant peut commencer le pressoir. La pression exercée avec beaucoup de force est immense (400 bars, l’équivalent à 160 fois la pression d’un pneu de voiture) a pour but alors d’extraire le liquide en emprisonnant la peau, les fragments du noyau et la pulpe de l’olive. Un peu comme une conversion le ferait en écrasant tout ce qui nuit à la sainteté dans nos vies (mensonges, adultères, hypocrisies, médisances, calomnies etc). Jésus, lui, était au bord de l’agonie, tant la pression de l’épreuve qu’il allait subir était lourde et écrasante physiquement et émotionnellement. Sa propre volonté humaine elle même était écrasée. Lorsque nous sommes pressés à ce point, il n’y a plus de place alors à autre chose qu’à la volonté de Dieu. La notre disparait elle-même sous la pression. Matthieu 26 :39 : «Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». C’est avec ces mots-là que Jésus priait son Père céleste.

A ce moment là,  la tentation étant vaincue, l’étape ultime peut avoir lieu. C’est cette étape ou l’huile coule et surabonde. C’est l’étape de la séparation entre l’huile et l’eau. Car l’huile auparavant n’était pas encore pure, toujours mélangée à une eau impure. C’est là qu’à lieu la décantation. Un phénomène naturel où l’huile plus légère que l’eau remonte naturellement à la surface. On peut alors la récupérer délicatement. Il est à noté que dans cette troisième étape tout se fait sans efforts. L’huile laissée au repos remonte d’elle-même à la surface. Notre force est dans le repos. Se reposer en Dieu s’est laissé remonter huile- l’onction à la surface

D’un fruit comme l’olive, le pressoir extrait de l’huile. C’est une transformation. Un état nouveau.

Concrètement si on a bien compris les 3 étapes du pressoir à huile, on comprend comment le disciple progresse dans l’acquisition d’une onction puissante par le Saint-Esprit. La décantation : l’eau de la chair disparait au profit de l’huile de l’Esprit.

Et, je le redis la prière seule ne suffit pas. L’épreuve qui devient insurmontable humainement a besoin de la prière des autres. Mais elle a aussi besoin de ce moment où l’on se voit abandonné par eux, eux ces autres croyants qui comme Pierre Jacques et Jean s’endorment. A la deuxième étape, tout soutien disparaît. Pourquoi tout aide disparait ? Car la volonté de Dieu est que nous lâchions prise ; Que nous réalisions que Lui Seul est salutaire. Et qu’il n’y a de Sauveur en aucun autre.

Tous ont fui et ont renié Jésus. La peur, la tentation les ont saisis faute de veille et de prière.

Quelle était la plus grande tentation ? Celle de s’en remettre encore à sa propre volonté, et d’écouter sa chair hurler.

Il y a des épreuves dans la vie du chrétien qui deviennent comme un Gethsémani. Certaines portent dès le départ l’odeur de l’agonie, de l’abandon, de l’humiliation et de la trahison comme Jésus l’a vécu : abandonné d’abord par l’endormissement de ses disciples, puis humilié par le peuple armé de bâtons et d’épées venu le prendre pour le livrer comme un vulgaire brigand et enfin, trahit par Judas qui le livra aux autorités religieuses pour quelques pièces d’or.

Mais, les choses puissantes ne sont pas toujours saisissantes pour l’œil humain. L’esprit saint devient puissant par un effet chimique de décantation. A la manière d’un procédé naturel, la purification se fait en chassant ce qui est impur pour ne conserver en nous que l’huile pure du Saint-Esprit.

La puissance du Saint-Esprit ne vient pas en claquant des doigts ni comme par magie, ni à la suite d’une prière où l’épreuve serait absente.  Elle ne vient pas non plus parce qu’un prophète l’a annoncée pour son époque ou pour son assemblée. Cette puissance vient pour une raison et une seule : Il n’y a plus d’autres issus possibles pour le croyant. Le prodige divin devient sa seule porte de sortie.

En fait ce procédé d’extraction se fait à froid comme l’huile. Le disciple passe par cette sueur froide avant de connaître la chaleur divine. Sa chair réalise qu’elle ne peut rien faire que de trembler. Mais la chaleur, le calme et la confiance viennent de l’Esprit dont la mission est d’opérer ce changement. Parce que, pour un croyant le feu est mis à l’huile. C’est son baptême de feu. Là où l’épreuve est au plus fort, l’esprit de Dieu brûle au plus haut degré.

Par conséquent, dans les combats les plus difficiles, Dieu ne fait pas appel à une armée forte, mais à des soldats démunis de force. Ou pire à des gens qui ne sont que des amateurs et pour qui personne ne miserait un kopeck.

Et là je fais un détour par Gath, cette grande ville des philistins qui autrefois vit naitre ; Goliath le terrible géant qui terrifiait Israël. Gath est un mot intéressant parce qu’il signifie aussi « pressoir ». Et ce n’est pas une armée puissante qui vainquit Goliath. L’armée d’Israël était pétrifiée par ce géant de 3 mètres. Mais ce fut un enfant, un simple berger du nom de David qui releva le défi et le tua. Ce petit berger ridicule aux yeux des hommes, mit le géant à terre par la foi et avec une fronde et 5 pierres prises dans un torrent. Et tous les philistins prirent la fuite.

Ainsi, en passant par Gath, par ce pressoir, nous rencontrons un adversaire redoutable, certes. Cet adversaire semble même nous terrasser puisque c’est un moment de doute extrême où nous nous sentons abandonné, trahi, humilié. C’est peut-être aussi une maladie grave, un accident mortel, ou une situation mettant notre propre vie en péril. Et apparemment, c’est un ennemi invincible. Cet ennemi dans un premier temps nous terrifie mais…

Quand l’huile est extraite, alors la volonté de Dieu exerce toute sa puissance : elle brise cet ennemi et nous donne la victoire.

Voilà ce que représentent Gath et Gethsémani. Ce sont nos lieux de détresses. Ces mêmes lieux qui nous transforment, nous remplissent de l’esprit saint et nous font partager la victoire de Dieu.

·        Pour résumer :

Au bout du pressoir, il ne reste plus rien de l’olive… sauf l’huile. Tout ce qui était dur, tout ce qui résistait, tout ce qui empêchait la lumière de passer a été brisé, écrasé, séparé. Il en est ainsi du disciple. Lorsque Dieu nous conduit à Gethsémani, ce n’est jamais pour nous détruire, mais pour faire jaillir de nous ce que nous ne pouvions produire par nous-mêmes : l’huile pure et puissante du Saint- Esprit.

Dans ces moments où tout soutien disparaît, où la prière des autres s’éteint, où la solitude devient écrasante, Dieu n’est pas absent. Il travaille. Il presse. Il purifie. Il sépare. Il fait remonter à la surface ce qu’Il a déposé en nous. Et lorsque notre volonté cesse de lutter, lorsque notre chair se tait enfin, alors Sa volonté peut s’accomplir pleinement.

Gethsémani n’est pas la fin du croyant. C’est un nouveau commencement.
Gath n’est pas le lieu de la défaite. C’est celui de la victoire.
Car là où la pression est la plus forte, la puissance de Dieu se révèle la plus grande.

Ainsi, lorsque nous traversons nos pressoirs, souvenons-nous :
l’huile ne coule jamais sans pression,
la lumière ne brille jamais sans brisement,
et la puissance ne naît jamais sans Gethsémani.

Que celui qui est pressé ne désespère pas. Que celui qui se sent vidé et démunie de toute puissance ne perde pas la foi.
Car c’est précisément là que Dieu façonne ses vainqueurs.

Amen

dimanche 11 janvier 2026

L’UNIQUE CHOSE QUI PLAISE A DIEU

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Par Eric Ruiz

 

Ce matin, du samedi 10 janvier 2026, je n’avais pas encore ouvert les yeux que le souvenir d’un rêve me poursuivait. Une impression étrange d’avoir rêvé toute la nuit.


Dans ce rêve, j’étais d’abord avec un frère que je fréquentais autrefois au sein la communauté chrétienne dans laquelle je vivais. Je lui posais la question suivante : « Pour toi, qu’elle est la chose la plus importante à faire pour plaire à Dieu ? » Il me donna plusieurs réponses. Alors, c’est là que je lui affirmais avec force qu’il n’y a qu’UNE SEULE et UNIQUE REPONSE et pas deux, trois ou quatre. Un homme qui se repent, voilà ce qui plait à Dieu. Or ma réplique sembla le rendre dubitatif.

Puis, je me trouvais en face de mes anciens dirigeants et je ne cessais sans relâche de leur dire en quoi la repentance est la SEULE chose qui plaise à notre Seigneur. Et je n’arrêtais pas d’insister sur le repentir.

Je leur rappelais comment le roi David qui était loin d’être intègre et sans péché plaisait à Dieu…parce qu’il se repentait de ses fautes.

Rappelons-nous aussi Job, qui pendant 41 chapitres essaie d’argumenter, et d’expliquer qu’il rend la justice divine, qu’il est meilleur que les autres ; qu’il a toujours placé Dieu en premier dans sa vie, et qu’il ne mérite pas l’épreuve qui lui arrive… pour admettre finalement au chapitre 42 qu’il s’est trompé, s’est fait des illusions, qu’il ne voit pas Dieu et qu’il se condamne et se repent sur la poussière et sur la cendre.

Sans repentance, on perd son temps, on s’épuise et il est impossible ainsi pour un être humain de plaire à Dieu. Qu’il soit prophète, docteur, apôtre, disciple accompli, ou que sais-je, la repentance est l’unique porte de notre salut.

Il y a un Evangile qui nous éclaire particulièrement : c’est celui de Marc.

L’Evangile de Marc ne débute pas au premier chapitre avec des indications sur la vie de Jésus, mais il commence dès les premières lignes sur ce qui est prédit dans le rouleau d’Esaïe le prophète à savoir : qu’un messager sera envoyé pour préparer le chemin du Seigneur. Ce messager ne prêche pas autre chose que la Repentance. Il ne baptise pas autrement que par le seul baptême de repentance.

L’Evangile de Marc a la réputation d’être plus en actes qu’en paroles, tout en montrant Christ comme le serviteur. Christ est venu non pour être servi mais pour servir (Marc 10 :45). Il se donne en offrande.  Pour un disciple, se donner soi-même en offrande c’est servir Dieu ; et ce service commence avant tout par le chemin du repentir.

De la même façon, revenir à Dieu, après s’être égaré consiste à reprendre ce même chemin de conversion.

Marc verset 1 écrit : « C’est ainsi qu’à commencé la Bonne Nouvelle (ou l’Evangile) de Jésus-Christ… »

Marc est direct, sans détour, il ne laisse aucune place à l’ambigüité : la Bonne Nouvelle de l’Evangile commence par se repentir soi-même. Toute autre action est inutile et nous fait prendre un chemin d’égarement.

Alors, à quoi nous sert-il de faire des vœux de fidélité et de droiture, si nous sommes allergiques à la repentance ? A quoi nous sert-il de parcourir la Bible jour et nuit si l’idée même de la repentance nous est étrangère (plus encore insupportable) ? Et s’astreindre à tant de privations, tant de règles et de lois à suivre à la lettre, pour voir au final la porte du ciel fermée parce que se repentir n’a pas été notre première aspiration. Quel malheur !

Ah, que d’hommes et de femmes ont pourtant annoncé publiquement leur repentance et continue à le faire sans se sentir indigne.

Combien ont montré une attitude de repentie.

Le premier roi d’Israël, le roi Saül, confessa son péché au prophète Samuel. Il avoua avoir transgressé l’ordre de Dieu (1 Samuel 15 :24-31). Il avoua avoir désobéi aux paroles du prophète. Il se prosterna même devant Dieu. Mais, rien n’y a fait. Parce que son principal péché était son manque de repentance.

Saül explique pourquoi il ne pouvait se repentir au verset 29 : « Celui qui est la force d'Israël ne ment point et ne se repent point, car il n'est pas un homme pour se repentir. ». 

Ce verset dévoile la vérité cachée de l’état d’âme du roi. La royauté, le pouvoir, sa fonction hiérarchique, son onction ne pouvaient être comparable avec l’état d’un homme lambada, avec l’état d’un simple citoyen.  Lui, est roi, et possède l’onction divine. Il est au-dessus du peuple. Il est plus fort que lui. La repentance est pour les faibles et non pour les forts. 

Celles et ceux qui pensent être fort avec Dieu ne voient dans la repentance qu’un aveu d’échec ou d’impuissance

Alors, ne voulant pas passé pour des rebelles ou des faux oints, ils font comme ce roi déchu, ils courbent le dos. Ils arborent un visage défait, ils imitent l’être repenti. Mais ils s’arrêtent tous là, à cette fausse démonstration. Ils ne vont pas plus loin. Ils agissent comme ce riche qui avait de grands biens et pour qui Jésus a dit qu’il sera difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.

Je ne dis pas cela pour les montrer du doigt afin de les juger, mais pour que eux puissent se reconnaître et qu’ils tombent réellement sur leur genoux.

On ne se détourne pas de ses mauvaises voies en les nommant ou en faisant des efforts pour ne pas y retomber. Mais en brisant son cœur premièrement. C’est ce qu’aime le plus notre Dieu. Il est indispensable de se mettre à nu devant lui. Un état de dépendance absolu devant notre Seigneur. Il ne s’agit pas de compter encore sur une partie de ses forces, ou de regarder autour de soi qui est en état de venir nous aider. Le riche : c’est celui qui compte toujours sur ses capacités, ou sur une situation, sur un conseiller, ou sur des ressources extérieures qui le sauvera de la ruine. Et c’est pourquoi la repentance est si difficile pour lui.

Alors, je sais que certains pensent que je manque de nuance dans mes propos parce que la repentance n’est pas la seule chose qui plaise à Dieu. Que j’ai oublié que la vie chrétienne est remplie d’autres choses. Des choses aussi belles et élogieuses ; Dieu se plait dans la louange, l'amour du prochain, l'exercice des dons, la prière, etc. À ceux-là, je répondrai avec franchise : ne cherchez-vous pas des excuses pour vous convaincre que vos œuvres ne sont pas vaines ?

Je n’exclue pas le reste de la vie chrétienne, mais je refuse de confondre les fruits avec la racine. La vie chrétienne découle de la repentance qui est la condition de validité de tout le reste. Parce la repentance n’est pas une activité, c’est une fondation. La fondation de notre temple personnel. Sans cette fondation nos actes de foi ne sont que du bruit.

C’est donc une porte. Et il n’y a qu’UNE SEULE porte étroite. Parce c’est celle d’un baptême essentiel. Et sans ce baptême de repentance, sans ce tonnerre… tout ce que nous bâtissons se fait sans communion avec Dieu. Sans cette fondation, Job ne se serait jamais sorti de sa tribulation. Elle l’aurait détruit. Sans cette fondation, Jésus-Christ n’aurait pas eu de chemin préparé, il ne se serait pas présenté devant Jean le baptiste pour honorer le baptême de repentance par son propre baptême.

Nuancer, ici ne serait pas être plus ouverts d’esprit mais ce serait apporter une fausse vérité en laissant croire qu’il existe une possibilité différente de venir à Dieu. Un chemin de traverse qui éviterait le brisement de l’âme.

Alors, maintenant si de terribles épreuves vous arrivent. Si ces épreuves vous semblent insurmontables, injustes, et que les forces vous manquent, que la situation semble irréversible, et que vous risquez de tout perdre. Loin d’être une malédiction, c’est une bénédiction cachée qui vous arrive-là. Un rendez-vous plutôt qu’une impasse. Pourquoi ?

Regardez bien, la situation : n’est-elle pas idéale pour une repentance ?

En étant totalement submergé, et nu devant l’épreuve, vous ne dépendez plus que de Dieu seul ; Et la porte de votre salut peut alors s’ouvrir et un nouveau chemin de délivrance se dévoiler devant vous.

Cette épreuve, cette tribulation aussi terrible qu’elle puisse paraître, Dieu l’a connait pour l’avoir laissé apparaitre. Il l’a vu comme votre point de salut. Et il s’en réjouit d’avance.

Figurez-vous que caché dans ces montagnes infranchissables, il se trouve un petit chemin aplanit que Dieu souhaite vous montrer. Alors ne perdez pas courage, Dieu n’est pas un Dieu qui attend votre chute. Il est là, la main tendue près à relever un peuple à genou.

Et il relève celle ou celui qui se repend.

Amen