dimanche 9 août 2026

L’ÉVANGILE VOILÉ, POUR QUI ?

630


Par Eric Ruiz

 

En publiant mon message sur « Sommes-nous vraiment héritier de la promesse d’Abraham ? » J’ai reçu un commentaire sur un ancien message de 2018 où j’expliquais ce que la foi dévoile dans la possibilité de divorcer et de se remarier. Et comme un fait exprès, celui qui rédige le commentaire critique en faisant la démonstration par la loi, niant complètement la foi.


Et puis, il y a aussi ceux qui disent  « Mais je n’y comprends rien avec ce message sur la promesse d’Abraham. On nous dit que la loi n’a plus lieu d’être, que nous sommes sous la grâce et que c’est l’Esprit qui domine et pourtant quand je reprends ma Bible, je tombe sur des lois que Paul donne aux Romains sur le divorce et le remariage » il cite par exemple :

Romains 7.2-3 « Ainsi, une femme mariée est liée par la loi à son mari tant qu'il est vivant; mais si le mari meurt, elle est dégagée de la loi qui la liait à son mari. Si donc, du vivant de son mari, elle devient la femme d'un autre homme, elle sera appelée adultère; mais si le mari meurt, elle est affranchie de la loi, de sorte qu'elle n'est point adultère en devenant la femme d'un autre. »

Et même Jésus-Christ en personne répond par une prédication de la loi alors qu’il devrait être le premier à changer de pédagogie et à prêcher la foi en montrant ce que l’esprit dicte : Marc.10.11-12 Il leur dit: « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère ». Et Mathieu.5:32 « Mais moi, je vous dis que celui qui répudie sa femme, sauf pour cause d'infidélité, l'expose à devenir adultère, et que celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère ».

Pourquoi Paul comme Jésus continuent-ils à montrer le bien et le mal en nous disant de choisir le bien ? Pourquoi reviennent-ils à la loi alors que la foi nous permet d’entrer dans le Royaume.

Je reviens à mon précédent message, réponse : C’est afin de montrer que le chrétien aujourd’hui ressemble au pharisien d’hier et qu’il tourne en rond avec la loi. Et pour Paul comme pour Jésus leur auditoire est constitué de croyants coupés de la promesse faite à Abraham. Paul comme Jésus parlent tous les deux à des frères qui attendent une réponse stricte, un choix unique, une liste d’obligations à faire, un code moral à suivre. Sans en prendre conscience, pour eux : les œuvres de la loi sont supérieures à l’Esprit.

 

Ici, Paul comme Jésus est obligé de donner les cas possibles de remariage pour cause d’infidélité ou pour cause de décès. Et de montrer que ce que Dieu a uni par le mariage doit le rester jusqu’à la mort de l’autre ou bien parce que l’autre est infidèle.

Ils ne disent pas des choses fausses, ils proclament la loi. Mais encore une fois à qui s’adressent-ils ?

Paul s’adresse à des Romains charnels. Lisons Romains 6 :19 : « Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. -De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l'impureté et à l'iniquité, pour arriver à l'iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté. ». Voilà pourquoi ces romains là ne peuvent entendre qu’une prédication de la loi et rien d’autre.

 Et pour Jésus : Qui forme son auditoire dans Marc 10 :11 ?  Lisons le verset 2 : « Les pharisiens l'abordèrent; et, pour l'éprouver, ils lui demandèrent s'il est permis à un homme de répudier sa femme. ». Même devant ses disciples Jésus leur dira : « Celui qui répudie sa femme et qui en épouse une autre, commet un adultère à son égard; 12et si une femme quitte son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère. ». Pourquoi Jésus leur redit la même chose qu’aux pharisiens et parle de ne pas quitter son conjoint ?

Jésus, en fait parle à leur cœur. Le péché s’est d’avoir dans le cœur la pensée de l’hypocrite ; C’est de se voir plus saint parce que fidèle dans son mariage ou plus saint pour avoir accompli les œuvres de la loi. (Tout en sachant que l’on pèche par ailleurs).  Et Jésus va ensuite leur prouver par une situation vécue qu’ils sont comme les pharisiens, ils font eux aussi des différences. La suite, c’est Marc 10 :13 est une vraie lumière. On amène des enfants à Jésus. Et la réaction des disciples ne se fait pas attendre. Immédiatement les voilà qui empêchent les enfants d’approcher le fils de Dieu. Jésus leur dit alors : « Ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent ». Jésus ne leur fait pas la morale. Il ne revient pas les reprendre avec la loi. Il les incite à être comme des enfants. Un enfant de part sa nature ne ressent aucune gène ni aucun à priori à s’approcher des autres. Il ne fait pas de différences entre les uns et les autres. Il est en fait prêt à recevoir la foi.

 

Pourquoi autant de chrétiens ne comprennent et ne veulent comprendre que la loi ?

 

La réponse est assez tranchante et dérangeante aussi. Parce que l’Evangile leur est voilé.

Ils ont beau parler de grâce et de foi, ils retournent systématiquement à la loi. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas changé de nature. Face à l’adultère ils répondent en citant les Ecritures : On doit rester seul jusqu'à la mort de l'autre. Dieu hait la répudiation car sous la Loi, l'adultère était puni de mort. Alors ils ont cet instinct violent et meurtrier qui se manifeste aujourd’hui par le renvoie de frères hors de l’Eglise. Combien sont chassés des Eglises pour adultère ou parce qu’ils se sont remariés avant la mort de leur conjoint ou qu’ils ont divorcés ? Je ne dis pas que ce n’est pas bien. Je dis que ce n’est pas juste. La loi qui prescrit le bien et le mal a été remplacée par la justice. Et la justice: c’est au Saint-Esprit de l’exercer.

Matthieu 5 :20
« Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ». Jésus ne met pas la barre plus haute, il rejette catégoriquement les œuvres de la loi. Elles n’ont plus lieu d’être à partir de lui. Jésus est venu montrer les œuvres du Père à travers lui. Il n’est pas question de l’imiter, il est question de revêtir une nouvelle nature que lui seul peut nous donner. Ainsi, Dieu, par Jésus-Christ  met une frontière infranchissable entre la loi et la foi.

Lisons 2Corinthiens 4 :3-4 « Si notre Evangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent; 4pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l'intelligence, afin qu'ils ne vissent pas briller la splendeur de l'Evangile de la gloire de Christ, qui est l'image de Dieu. »

 Alors quand un prédicateur derrière sa chair crie que vous irez en enfer si vous êtes infidèle à votre époux, ou si vous divorcez, alors que la loi vous l’interdit, ce prédicateur ne se juge-t-il pas lui-même ? N’est-il pas lui, l’adultère ? Si ce n’est pas la splendeur de l’Evangile qui brille, que fait-il briller ? Si ce n’est pas l’image de Dieu qu’il montre, Que montre-t-il ? L’Evangile ne lui a-t-il pas été voilé ?

Voilà ce que dit Jésus dans Marc 4 :11 à 12 : « C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles, 12afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés ». « Etre dehors » c’est être étranger à la foi, et cela se voit en interprétant les paraboles par la loi. Et c’est ne pas les comprendre par la foi.

Leur intelligence à été volontairement obscurcie et leurs péchés les empêchent de se convertir. Voilà la frontière établit par notre Père et confirmée par Jésus-Christ.

Voilà pourquoi autant de chrétiens répondent à mes messages avec des versets prônant la loi. Et ils me jugent hérétiques ou malhonnêtes en me montrant que ce qu’ils affirment est écrit dans la parole.

Il y a un effet permanent pour ceux qui manifestent la foi, eh bien ils ont contre eux ceux qui prônent la loi. Ceux qui ont la foi ont pour ennemis ceux qui ont la loi. Et dans les assemblées, quand se manifeste un réveil par la foi, les légalistes tenteront de les faire taire, de les chasser ou ils fuiront eux-mêmes.

C’est la frontière mise par Notre Père et c’est à partir d’elle que provient les persécuteurs.

Mais attention, certains font tous leurs efforts pour annoncer la grâce. Ils font semblant de vivre par la foi, et ils s’en prennent mêmes aux légalistes, à ceux qui leur ressemblent. Ils sont rusés et sont prés à n’importe quel stratagème pour simuler une foi basée sur l’amour. Mais notre Seigneur connait ces êtres sans scrupules et leur nature se dévoile un jour ou l’autre.

2 Corinthiens 11 :13-15 : « Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ. Et cela n'est pas étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière.Il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Leur fin sera selon leurs œuvres »

Alors, je sais aussi que certains penseront à tort : « Mais tous ces chrétiens renommés, prêchent quand même la vérité. Ils ne disent pas des choses fausses avec la loi. IIs affirment la parole de Dieu, ils ne la contredisent pas.

Eh bien c’est là, qu’il y a confusion.

Ils ne sont pas en Christ. Leur foi est inexistante. Jean 18 :37 «  je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.» dit Jésus. Ils ne sont pas de la vérité puisque l’Evangile de Christ n’est pas prêché. Ils sont sourds à la voix du Saint-Esprit.

Et ils ne sont pas les brebis du Seigneurs. « Mais vous ne croyez pas, parce que vous n'êtes pas de mes brebis. » Jean 10 :26

« Pourquoi ne comprenez-vous pas mon langage? Parce que vous ne pouvez écouter ma parole. 44Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge ».(Jean 8 :43-44). Quand Jésus dit cela, la réponse des pharisiens ne se pas fait attendre. Ils se disent entre eux qu’il a un démon.

Face aux discours sur la foi, au moins trois réactions se font voir :

1-les uns sont virulents, ils courent à la chasse aux sorcières, pour dénoncer les faux prophètes.

2- D’autres affirment ne pas y voir pas la foi mais plutôt une malhonnêteté suivie d’une manipulation de la loi pour se satisfaire soi-même. Ils accusent : « Vous trafiquez la loi pour ne pas qu’elle vous condamne »

3- D’autres encore veulent imiter la foi mais tombent dans un évangile mielleux où Dieu aime tout le monde. Dès qu’ils se sentent mis en cause, ils tombent dans le déni.

N’oublions pas que Jésus nous met en garde pour que nous reconnaissions le mauvais chemin, qui ne favorise que les intentions humaines. Il nous amène ainsi à passer par sa porte, celle de la repentance pour changer de nature et revêtir Christ, c’est-à-dire la foi. Alors, la foi ce n’est pas la loi. La foi ce n’est pas une loi de plus.

Maintenant quand Jésus annonce par 6 fois « Vous avez appris qu'il a été dit:…mais moi je vous dit » dans Matthieu chapitre 5, la grande majorité prennent le mauvais chemin car cette majorité pense encore à de nouvelles lois. Ce sont les lois de la foi proclament-ils. La première, c'est ne pas même se mettre en colère contre son frère ; la deuxième ne pas regarder une femme pour la convoiter ; la troisième ne pas répudier sa femme ; la quatrième ne pas jurer ni par Dieu ni par personne, la cinquième : de ne pas résister au méchant et lui donner tout ce qu’il nous demande et même plus ; et enfin la sixième d’aimer ses ennemis.

Jésus donne ici des exemples de la loi de la foi qui consiste à aimer son prochain comme soi même. Il aurait pu poser cette question : Avez-vous ces 6 exemples dans le cœur ou est-ce un combat pour vous ? Parce que pour le légaliste c’est un véritable combat. Il dit « amen » avec la bouche mais il dit « c’est trop dur » avec le cœur. D’ailleurs, il se trahira en disant : « il faut ou tu dois aimer tes ennemis ». (C’est un devoir, une règle d’or très couteuse pour lui).

Alors mes frères et sœurs, tant que nous avons des combats avec la loi, c’est que l’Evangile est voilé pour nous. Reconnaissons nos fautes, repentons nous s’il le faut pour que L’Evangile soit un avec nous-mêmes. Ne jouons pas au disciple. Ne faisons pas semblant d’aimer. Que ton oui soit oui ou que ton non soit non. Dit la vérité sans jurer. Et si ton frère par contre est légaliste, qu’il te rejette et qu’il joue au disciple, prie pour lui, prie pour que son voile tombe et qu’il se convertisse. Car il a besoin d’être sauvé comme toi tu l’as été.

Amen

dimanche 2 août 2026

SOMMES NOUS VRAIMENT HERITIER DE LA PROMESSE D'ABRAHAM?

629


Par Eric Ruiz

 

1-     LA PROMESSE D’ABRAHAM

Commençons par cette belle promesse divine : « Je suis à Christ, Je suis donc la postérité d'Abraham, héritier selon la promesse ».


Quelle belle profession de foi personnelle ! C’est celle que l’on retrouve écrite dans l’Epître aux Galates, troisième chapitre verset 29. Cette confession de foi est d’ailleurs tellement prononcée. C’est un des crédos favoris des chrétiens. D’ailleurs, c’est tout un groupe qui prononce à l’unisson cette promesse. Il utilise le « Nous » à la place du « je ». « Nous sommes la postérité d’Abraham », clament-ils. Le sont-ils vraiment tous ?

Il n’est pas question de remettre en cause cette promesse, bien entendu. C’est une vérité !

Mais cette promesse a des conditions.

Etre à Christ, lui appartenir demande au préalable de répondre aux exigences que Paul rapporte au verset 26 à 28 : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ; 27vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. 28Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ ».

 

2-     LES DEUX CONDITIONS DE LA PROMESSE

Recevoir la foi de Christ parce qu’elle fait de nous des fils de Dieu a deux conditions. Cette foi là est destinée premièrement à ceux qui ont été baptisés. C’est-à-dire plus qu’un rite, à ceux qui ont manifesté une réelle repentance et qui se sont détournés du péché, puis qui ont persévéré dans cet engagement. Et deuxièmement, c’est pour ceux qui ne font plus de différences entre les peuples (il n’y a plus ni juif ni grec,) Ceux qui ne voient plus les uns comme mineur à cause de leur situation sociale et les autres comme majeur parce que plus fortuné ou d’une culture supérieure; et pour ceux, enfin qui ne font plus de différence entre homme et femme c’est-à-dire qu’un sexe ne s’accorde aucun privilège ni pouvoir supérieur à l’autre. Donc Il s’agit de ne faire aucune différenciation entre les uns et les autres pour ne former qu’un seul corps, celui de Christ.

Mes frères et sœurs, soyons chacun loyal : Dans les assemblées ces conditions (qui n’en forment qu’une seule en fait puisqu’un croyant repentis ne fait plus de différences) ne sont pas remplies. Dans les familles chrétiennes n’ont plus. Beaucoup font mine d’être un avec les autres, mais leur cœur est partagé et ils se trahissent dans les circonstances de la vie.

Le mari prend les décisions pour sa femme, ou la femme mène son mari en prenant autorité sur lui. Ou les enfants prennent autorité sur leurs parents, ou encore certains parents abusent de leurs enfants.

 

Comme je le dis et le redis depuis le début, il ne suffit pas d’affirmer oralement sa foi pour avoir la foi. Nos œuvres suivent notre foi. Ce sont elles qui témoignent de la vérité.

Alors ce chapitre 3 du livre des Galates est très intéressant parce que Paul revient sur les fondements de cette promesse faite à Abraham.

 

3-     LA DIFFERENCIATION NOUS DISQUALIFIE

Et dès le premier verset il parle à des frères qui témoignent en vérité qu’ils ne sont pas héritier de la promesse. Puisqu’il leur dit : Galates 3 : 1 « O Galates, dépourvus de sens! Qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui Jésus-Christ a été peint comme crucifié? » ? Les mots employés par l’apôtre sont cinglants. Il leur demande quels êtres humains ont été placés au dessus des autres, faisant oublier celui qui a été crucifié pour eux ?  Ils font des différences. Qui les a fascinés, charmés, hypnotisés, pour qu’ils ne voient plus comme Christ voit ?

Et l’apôtre dit ensuite comment il en est venu à discerner que les Galatiens font des différences : Parce qu’ils sont revenus à la loi. Galates 3:2 « Voici seulement ce que je veux apprendre de vous: Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l'Esprit ?».

Par la loi, il est impossible de faire les œuvres de Christ. On fera indubitablement des différences. Par exemple, on dira : « Celui-là est trop simplet pour comprendre ; ce peuple d’Israël est supérieur aux autres ; cet africain ne peut évoluer ; cette femme n’a pas sa place ici ; lui qui a fait des études devraient nous diriger, etc. ».

Ensuite l’apôtre met en opposition à la loi, la prédication de la foi. Toujours au verset 2 il leur dit : « Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l'Esprit, ou par la prédication de la foi? »

 Pourquoi Paul met-il en opposition deux prédications?

La prédication de la foi n’annonce pas la loi. Ce n’est pas qu’elle rejette la loi. Mais elle ne répète pas ce que les prophètes comme Moïse annonçaient. Elle ne montre pas le bien et le mal en nous disant de choisir le bien.

Alors qu’est-ce qu’annonce la prédication de la foi ?

Elle annonce simplement ce que l’Esprit fait comme œuvre chez celui qui est héritier de la promesse : Il se laisse diriger par l’Esprit ; Pas de différence, un amour désintéressé,  des miracles à travers lui. Lisons Galates 3 : 5 : « Celui qui vous accorde l'Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi? ».

 

4-     LA MAJORITE DES PREDICATIONS PARLENT DE LA LOI

Or, là aussi soyons chacun loyal : les prédicateurs de l’évangile d’aujourd’hui dans leur grande majorité : font-ils des prédications de la foi ou de la loi ?

Ils annoncent Christ certes, mais avec une contradiction : En disant ce qu’un chrétien ne doit pas faire. Ils soulignent constamment ce dont il doit se libérer ou ce à quoi il doit rester attentif. Dès que j’écoute une prédication sur le net, je suis subjugué d’entendre les thèmes suivant : « Un chrétien peut-il se remarier », « Est-il en droit de divorcer », ou « Peut-on écouter toutes les musiques » « Comment s’habiller pieusement » «  Doit-on donner sa dîme ? » Peut-on avoir des relations sexuelles avant le mariage ? » « Peut-on changer d’assemblée ? « Mon frère à l’Eglise est-il plus important que mon frère de sang non converti ? Etc.».

Beaucoup de ces prédications, tournent à la loi car on n’y donne plus des règles d'asservissement  que des repères. Ce sont des conditions strictes pour être accepté par Dieu. Ce sont des prédications pour des croyants qui ne sont pas totalement convertis, bref qui font des différences entre les uns et les autres. Ils sont encore au lait. Ils n’en sont pas arrivés à manger de la nourriture solide.

Les prédicateurs en fait, répondent aux problèmes de leurs assemblées qui leur posent régulièrement ses questions. C’est ce qui les obsèdent ; et les prédicateurs répondent par la loi, parce que leur auditoire attend une réponse ressemblant à un code moral.

Si vous leur répondez en leur montrant les œuvres de l’Esprit, ils se sentiront méprisés et se tourneront vers d’autres prédicateurs. Parce qu’ils ne peuvent digérer cette nourriture.

 Et l’apôtre Paul est encore plus incisif puisqu’il affirme Galates 3 :10 « tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction; car il est écrit: Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. 11Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu'il est dit: Le juste vivra par la foi.(pas par la loi) ».

En aucun cas la loi apportera la bénédiction et la grâce espérée. Seule la foi le peut.

 

Alors, faut-il prêcher la loi avant la foi ? Faut-il dire « tu ne dois pas » avant de dire « l’Esprit t’enseignera »

 

Ce n’est pas ce que préconise Paul et ce n’est pas ce que Christ est venu accomplir. Christ en accomplissant la loi est venu prêcher la foi. Donc la prédication de la foi est supérieur en tout point et c’est elle qui doit être prêchée.

N’oublions pas ce que dit Galates 3 : 19 : « la loi a été donnée ensuite à cause des transgressions ». A partir du baptême de repentance, si nous ne sommes plus esclaves du péché, alors l’Esprit peut diriger. Si nous sommes morts au péché, pourquoi y revenir ? C’est le chien qui revient vers ce qu’il a vomi.

 

5-     LA PEDAGOGIE DE LA LOI

Mais la prédication de la loi a son utilité. C’est de montrer que le chrétien tourne en rond, qu’il s’épuise à trouver tout le temps des réponses à ses questions. Des questions d’ailleurs qui n’en finissent jamais, parce qu’à toute nouvelle situation, il attendra une réponse. Et que chaque réponse l’enfermera encore plus dans un choix unique, des obligations à faire, un code à suivre.

Comment faire le bien ?

Cette question récurrente ne cessera d’être alimentée par des œuvres, puis par d’autres. Le chrétien saura au fond de lui qu’il n’est jamais justifié. « S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. » nous dit Paul dans Galates 3 : 21. La course aux bonnes œuvres montre que la vie n’est pas là et que la justice est ailleurs.

Tout le monde connait des croyants qui n’arrêtent pas de faire des bonnes œuvres. Ils sautent sur toutes les occasions qui se présentent à eux. Ils les entassent comme des papiers qui montent en pile sur un bureau. Mais ils restent tristes au fond d’eux et frustrés. Pourquoi ? Parce qu’il manque la grâce, l’acte de foi. Et parce que voulant faire le bien, le mal leur barre la route. Or, avec la foi, C’est là qu’ils auraient le contentement.

 

6-     LA PEDAGOGIE DE L’ECHEC

Parce qu’ils sont encore sous l’ancien pédagogue. La pédagogie nous fait apprendre par une méthode. Et ici, Paul nous montre bien deux méthodes.  La première et la plus pratiquée : c’est la loi. Mais apprendre sous la loi sert la cause de la vérité : Lisons Galates 3 : 24 « Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, ».

La pédagogie de la loi est utile parce qu’elle nous apprend à partir de l’échec.

Parce que la vérité ne consiste pas seulement à posséder la bonne réponse. Elle se construit  à partir de nos erreurs. Donc à chercher à comprendre pourquoi malgré le respect des lois divines, le péché vient toujours se coucher à notre porte. L'erreur joue alors le rôle d’une douleur ressentie. Mais qu’on veut éviter : Cette douleur répétée met en évidence les limites de notre raisonnement par la loi. Et nous oblige à reconstruire nos croyances. Ce n'est pas l'échec qui est formateur, mais le dépassement de l'échec. La foi est ce dépassement.

Je vais prendre un exemple bien connu : je veux payer ma dîme (10% de mes revenus) chaque mois. Mais il arrive des mois où je n’ai plus suffisamment d’argent pour le faire. Cela accroit mon endettement. Face à cet échec je vais me culpabiliser parce que la loi m’oblige à faire une action impossible. Je vais me sentir pécheur et croire que cela déplait à Dieu parce que je ne parviens pas à être fidèle à ce rite. Alors peut-être que poussé par la fatigue, la déception occasionnée puis par la réflexion et la remise en question, j’aboutirai à la foi. Je parviendrais à une repentance et à une conversion qui ouvrira le passage à la foi. Galates 3 : 25 : « La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue ». La méthode de la foi, c’est l’Esprit de Christ en nous. Et cet Esprit m’enseignera ce que je dois faire avec cette dîme. Et que m’enseigne la foi ?

Eh bien la foi m’enseigne que le don est un acte de libéralité. L’offrande provient d’un cœur bien disposé.  Or, la dîme conçue comme un sacerdoce Lévitique bannit l'offrande aujourd'hui. Car notre don est un élan de cœur. Il n’a comme but les besoins de l’assemblée. Et il est inspiré par l’Esprit saint. Il n’y a pas d’obligation, de loi. La loi est accompli en Jésus-Christ ; c’est-à dire qu’aucun homme si pieu soit-il ne peut nous imposer un impôt. Pour résumer : Nous ne nous appartenons plus nous-mêmes, (1 Corinthiens 7 :22-23) « l'homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. Vous avez été rachetés à un grand prix; ne devenez pas esclaves des hommes. ». La dîme nous rend alors esclave des hommes et de leur rite et non esclave de Christ.

Alors, je n’oublie pas aussi ce petit groupe de croyants attristé par la nourriture qu’ils reçoivent. Ils en ont marre du lait. Eux attendent des prédications de foi. Eux attendent des confirmations que l’Esprit qu’ils ont reçu œuvre bien à travers les miracles qu’ils vivent.

A ceux-là je dirai que Dieu ne les oublie pas. Il tient en réserve des fleuves d’eaux vives où coulent sa parole et ils les dirigent vers ces endroits.

 

 Pour conclure, je dirais que la pédagogie de la loi a comme effet positif : d’étouffer celui qui croit. Le croyant réalisant alors qu’il manque d’air, va chercher à respirer. Il trouvera sa survie et son oxygène dans la foi. Voilà le chemin de la vérité. La religion fait une œuvre qui l’a trompe, une œuvre de salut en amenant le croyant à chercher par lui-même son Sauveur, Christ.

Mes frères st sœurs, si vous ne l’avez déjà fait, changez de pédagogue, purifier votre air, soyez enseignez par Christ et ainsi devenez héritier de la promesse.

Amen

dimanche 26 juillet 2026

LA SOLITUDE DU CROYANT : UNE FAIBLESSE ou UNE FORCE ?

628

Par Eric Ruiz

 

Dans ces temps difficiles nous constatons, un monde empreint aux lourdes conséquences du réchauffement climatique : Des hectares de terrains brûlés, des maisons calcinées, des entreprises, des écoles, des églises réduites en cendre.

Mais il existe aussi un autre phénomène tout aussi dévastateur et silencieux : au sein même des assemblées chrétiennes, beaucoup souffrent d'une profonde solitude. Ils ne la manifestent pas forcément en se plaignant et en gémissant ; La plupart restent discrets et pudiques sur leur souffrance mais leur quotidien est teinté d’un sentiment d’isolement et d’abandon. Les autres autour d’eux, aussi nombreux soient-ils n’apparaissent plus comme des soutiens avec qui ils échangent de bons moments mais ils passent pour des étrangers.

Pourtant les prédicateurs ont bien insisté sur le fait que rester seul et isolé est négatif pour l’être humain et qu’il a besoin de communion fraternelle. Car c’est là qu’il y puise sa force.  La preuve : Dieu a trouvé qu’il n’était pas bon à Adam d’être seul et il a créé Eve. « Je lui ferai une aide semblable à lui. » (Genèse 2 :18).

A partir de là, il y a inconsciemment comme une doctrine gravée dans le cœur du croyant. Et ces mots résonnent alors : « Il n’est pas bon que je me retrouve seul. Je dois me retrouver avec ceux qui sont semblables à moi ». La volonté de Dieu est que je sois le plus possible en communion avec des frères et des sœurs.

Là aussi ce commandement n’existe pas. Ce qui existe est ce que nous ressentons et désirons au fond de nous. Les sentiments sont là pour nous inciter à faire le bien. Un chrétien qui vit seul et qui n’en souffre pas pourquoi serait-il soumis à une loi sociale ?

Pèche-t-il pour autant ?

Tout chrétien sait pertinemment que la communion fraternelle est un atout majeur dans la vie du disciple, pour sa formation, afin d’atteindre un niveau de maturité supérieur. Mais même en sachant cela, il peut éprouver un sentiment profond de solitude au sein de son assemblée. Et se sentir impuissant face à cette situation. Alors, insister sur les bienfaits de la communion ne fera qu’accentuer sa frustration comme aussi amplifier un sentiment de culpabilité.

Parce que, la solitude n’est pas juste le fait de se retrouver isolé des autres êtres humains, c’est aussi un état involontaire et douloureux qui est lié à un manque de liens sociaux profonds.

Profonds oui, parce que les gens seuls, expriment souvent leur souffrance en blâmant la superficialité des autres.

Ils arrivent à l’Eglise et les seuls échanges qu’ils ont, c’est : « bonjour mon frère, bonjour ma sœur, comment vas-tu ? Que le Seigneur te bénisse ». Et ils ont quelques échanges sur le temps qu’il fait, l’actualité et sur quelques autres banalités.

 Se sentir exister, passe par une relation d’échange avec l’autre, où l’on se réjoui, où l’on ri, on plaisante, où l’on parle de ses petits moments de vie, parfois de ses doutes, ou de ses espérances ; où l’on se surprend à avoir des idées communes sur un sujet. Où l’on a le sentiment d’être compris et écouté. Et, ce n’est pas forcément toujours avoir une relation sérieuse sur des sujets profonds. Mais c’est reconnaître la personnalité de l’autre, en partageant avec lui des moments simples. La solitude vécue à deux est un lourd fardeau tandis que la solitude vécue seule ne l’est pas forcément.

Le problème est que la solitude est confondue avec l'isolement. Alors elle rime très souvent avec tristesse, passivité et découragement. Mais cette solitude là est subie. Elle est mal vécue. Or, la solitude comme l'isolement peuvent être aussi très différentes.

 

La solitude n’est pas toujours visible de l’extérieur, mais c’est toujours un état d’âme. Elle se vit intérieurement et non de façon visible, isolée du monde. Elle apporte calme, réflexion, méditation et liberté d'action. La solitude est très bonne conseillère.

 

Or, je reviens sur la loi de la communion fraternelle. Elle n’est pas la panacée. C’est au Saint-Esprit encore une fois de déterminer le moment, le lieu et les frères qui seront vos conducteurs. La loi c’est justement qu’il n’y en a pas. Dans Matthieu 3 :15 Jésus qui rencontre Jean le baptiste pour la première fois va lui montrer la porte du lâcher prise : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. ».

 

Le plus important est que nous ne résistions plus au Saint-Esprit. C’est lui le chef, c’est lui qui est notre première communion fraternelle.

Si l’on s’en tient aux Ecritures, force est de constater que beaucoup de personnages ont forgé leur foi dans la solitude et même plus dans un isolement complet. La consécration se forge dans le désert des relations sociales.

Si l’on se réfère à la vie d’Elie le Thisbite. Ce prophète a vécu dans un isolement social total. Sous l’ordre de Dieu, il est allé se réfugier au torrent de Kerrith. Le chapitre 17 du premier livre des Rois est édifiant à ce sujet. La seule relation évoquée est celle qu’il a eut avec le roi d’Israël Achab. Elie lui a prophétisé trois années de sécheresse. A partir de là, Elie n’était plus le bienvenu en Israël. Il est donc resté près d’un torrent jusqu’à son asséchement. On peut estimer qu’il a dû rester au moins un an dans ce lieu aride avant de se retrouver face à la veuve de Sarepta et à son fils et qu’un miracle naisse de cette relation.

Alors c’est vrai que tout croyant n’est pas appelé à vivre ce que Elie a vécu. Car tout le monde n’est pas appelé à être prophète. Mais ne croyez vous pas que la consécration d’un disciple passe nécessairement par une phase où la relation sociale est interrompue ?

Ce qui est intéressant avec Elie, c’est qu’il n’a été nourri que par Dieu. Il lui envoie sa nourriture par des corbeaux. La dépendance totale envers Dieu est bien souvent une réalité concrète en même temps qu’une réalité spirituelle.

Lorsque Jésus fut tenté au désert par le diable, le fils de Dieu lui dit ces mots si connus : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. ». Alors que justement Jésus de Nazareth n’a pas de pains, et que la nourriture est absente.

Le meilleur moyen pour discerner que la Parole de Dieu est supérieure à toute nourriture n’est-ce pas pendant un manque de nourriture ?

Comme, n’est-ce pas au moment où nous soufrons d’une maladie que nous apprécions le mieux la santé ?

Pour David sa consécration est la même.

Le Psaume 63 commence ainsi : «  Lorsqu'il était dans le désert de Juda. (63:2) O Dieu! tu es mon Dieu, je te cherche; Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, Dans une terre aride, desséchée, sans eau ». 

Là aussi quelle similitude entre sa soif de Dieu et le désert sans eau. Et quoi penser lorsque David évoque la louange. « Mes lèvres célèbrent tes louanges. Je te bénirai donc toute ma vie, J'élèverai mes mains en ton nom. Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents, Et, avec des cris de joie sur les lèvres, ma bouche te célébrera. ».

Cet état de manque d’eau et de nourriture pousse David encore plus à la louange. Ses cris de joies le font tressaillirent à l’idée de célébrer son Dieu quand il sera rassasié.

Ce qui est remarquable ici, c’est le contraste qu’il peut y avoir avec nos assemblées. Le chrétien bien souvent ne manifeste des cris de joies et des mains tendues vers le ciel, qu’au milieu d’un groupe de croyants réunis dans une église ; et qui plus est ils ne sont ni assoiffés, ni manquant de nourriture. Et là cette manifestation se fait au milieu d’un désert, là où tout est absent sauf l’essentiel : Dieu. Et curieusement, c’est là que David éprouve le plus de joie à être en communion avec Dieu.

La solitude n’est ni une faiblesse, ni une force mais pour un disciple elle est un accomplissement. Alors, coupons encore une fois avec le dogme chrétien qui consiste à toujours mettre en avant ce qui rapporte : cette fameuse richesse, Mammon. la communion fraternelle est une manne pour les Eglises. Elle cache malheureusement trop d’intérêts divergents. C’est pourquoi elle résiste à Dieu.

La communion fraternelle est évidemment très importante, (et loin de moi l’idée de la combattre) mais ce n’est pas une fatalité. Laissons le choix à Dieu et ne lui résistons pas en mettant en avant une loi qu’il n’a jamais (oh combien jamais) promulguée.

 C’est Dieu qui a amené Elie au Torrent de Kerrith, C’est Dieu qui a amené David dans le désert de Juda. C’est Dieu pareillement qui peut nous emmener dans un désert au sens naturel comme spirituel.

La volonté de Dieu s’exprime ainsi : Dieu provoque les situations d’isolement pour mieux nous consacrer.

J’avais dit il y a quelques années dans un message, que le jeûne n’est pas forcément une décision volontaire de notre part, mais qu’il viendra un jour où jeûner sera provoqué par les circonstances de la vie.

Celle ou celui qui ne vit pas de la parole de Dieu, alors qu’il s’est engagé dès son baptême à le faire, sera un jour contraint malgré lui à le louer pour sa parole Pourquoi ? Parce que dans ce désert, là il aura tout perdu. Mais sa louange sera parfaite.

 Ce qui peut paraitre un terrible échec, un terrible châtiment peut être en réalité une occasion de salut, l’occasion de se consacrer pleinement à Dieu. Ce qui est visible cache parfois la vérité et c’est pourquoi juger est si aléatoire et vain.

Alors ne jugeons pas celui qui n’a pas de communion  mais aussi ne nous plaignons pas de notre sort, si nous sommes isolés ou si nous nous sentons abandonnés. Mais cherchons la volonté de Dieu en tout temps. Ses promesses ne changent pas ; Ses bénédictions non plus. C’est lui seul notre chemin. Mais notre chemin n’est pas forcément le même que notre frère ou que notre sœur ont pris. Ayons dans le cœur cette parole de Jésus : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. ».

 Jean le Baptiste n’avais pas l’intention de baptiser Jésus. Sa justice l’en dissuadait. Mais les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Jean devait (comme nous-mêmes devons aussi le faire), laisser Dieu agir et changer ses faux principes et ses mauvaises convictions.

Si dans ta vie les circonstances t’amènent à déménager loin de tes frères, si les circonstances t’amènent à t’isoler, à te priver de communion fraternelle, ne résiste pas car il est convenable que tu accomplisses ce qui est juste. De même si tu vois ton frère où ta sœur prendre un chemin différent qui n’est pas du tout celui que tous ont pris ne le juge pas comme un païen ou un hérétique. Il n’a pas abandonné la foi, il accomplit juste une œuvre différente de la tienne.

 

La solitude qui fait de toi un solitaire ne s'oppose pas à la communion fraternelle. Elles ont toutes les deux leur intérêt et leur propre chemin. En fait on ne choisit pas l’un ou l’autre. C’est Christ qui est à la tête de ces deux chemins pour ceux qui l'aiment et qui font sa volonté. Vouloir les opposer, c'est vouloir mettre des liens et des fardeaux sur celles et ceux qui œuvrent pour la justice. C’est vouloir imposer une justice différente de celle de Dieu.

 

Mes frères et sœurs, nous vivons des temps où parmi nous certains devront rester d’autres partir, certains se retrouverons isolés d’autres viendront se joindre à vous. Laissons faire le Saint-Esprit ; c’est lui qui accomplit son œuvre à travers nous. Tout est bon pour notre consécration et notre croissance en lui.

Amen

dimanche 19 juillet 2026

AMEN : UN SENS BEAUCOUP PLUS PROFOND QUE CELA EN A L'AIR

627


Par Eric Ruiz

 

1-     L'Amen superficiel des réseaux et des assemblées

 

Je vois sur les réseaux sociaux des appels à dire « Amen » pour tout.


On dit « Amen » pour être d’accord avec une bénédiction, par exemple : « Oublie ton passé et concentre-toi sur ton avenir. Le meilleur est devant toi. Ecris » « Amen » si tu es d’accord avec cette prophétie. Et cela va même jusqu’à demander : « Que le Seigneur bénisse tous ceux qui écrivent « Amen ». Amen

On pourrait rétorquer : oui mais ça se sont les réseaux sociaux. Ils exagèrent beaucoup les choses et ils ne cherchent qu’à faire le buzz.

Et dans les Eglises les croyants sont-ils moins superficiels ?

A chaque fin de phrase du prédicateur, les voilà scandant le fameux mot « Amen ».

Le prédicateur, lui aussi est sur la promotion de ce mot. Combien de fois ai-je entendu : « Je veux des Amen pour notre Dieu» ou encore : « Etes vous avec moi, dites Amen, cela montre que vous me suivez attentivement ! » Et l’assemblée s’exécute comme un holà de spectateurs conquis et enflammés pour leur équipe de football.

 

Amen : c’est un mot universel, le seul mot qui se dit ainsi quelles que soit les langues et les peuples. Un mot hébreu qui porte le sens de : « ainsi soit-il ou qu’il en soit ainsi» ; Et pour le commun des croyants c'est une réponse pour marquer l'accord à ce qui vient d'être dit.

La dérive apparaît comme une évidence : l’accord est avec le prédicateur plus qu’avec le contenu profond de son enseignement.

C’est d’abord un témoignage de fidélité et de confiance envers son prédicateur avant, bien avant d’être celui de la fidélité divine.

C’est encore une fois la créature qui est honorée avant le créateur.

 

Mais est-ce le sens de ce mot ? Est-il aussi superficiel lui aussi ?

Voyez-vous,  je parle de fidélité car dans le mot Amen il y a la racine hébraïque « emounah » qui a trait directement à la confiance, à la foi, à l’attachement à Dieu.

 

On retrouve le mot « Amen » associé aux lois promulguées par Moïse au peuple ; et c’est la formule qui termine chaque loi : 12 au total dans le chapitre 27 du livre du Deutéronome  se présentent sous la forme : « Et tout le peuple dira Amen ! ». A chaque commandement est associé le mot amen :

 

« Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère! -Et tout le peuple dira: Amen. Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain! -Et tout le peuple dira: Amen »

 

2-     La racine d'un engagement : Amanah et l'Alliance

 

Il ne s’agissait pas bien-sûr de répéter ce mot bêtement à la fin de chaque commandement, comme un tic de langage.

Amen ici porte le sens de l’alliance puisque la racine hébraïque «  Amanah «  évoque un pacte, d’une alliance souvent écrite et faite entre deux parties. La loi est l’alliance faite entre Dieu et le peuple hébreu ; Il est à noté qu’ici Moïse donne des lois qui seront écrites sur des pierres après avoir passées le Jourdain.  L’alliance est un contrat  ou chaque partie s’engage à respecter les termes. Ici l’engagement de la Torah est sacré. Et ce n’est pas anodin de commencer la loi par la malédiction avant d’entrevoir la bénédiction. La loi commence par : « maudit soit celui ». Le législateur insiste sur les conséquences de la rupture du contrat. Ce qui veut dire qu’en méprisant ses parents, en déplaçant les bornes, je romps mon contrat avec Dieu. Le mot Amen sert alors de signature. C’est un cachet d’authenticité.

En rompant l’accord je m’expose au châtiment qui va avec. En méprisant mes parents, par exemple, mes jours sur terre se raccourciront. En déplaçant les bornes de mon prochain, Dieu répand sa colère comme un torrent (Osée 5 :10).

Parmi le peuple, ceux qui n’étaient pas au clair avec la Torah devait avoir la voix tremblotante en prononçant le mot Amen ; Car ils savaient à quoi ils s’exposaient vraiment.

De nos jours, la responsabilité qui va avec ce mot a quasiment disparue. La grâce aurait comme par magie enlevée toute responsabilité au disciple de Jésus. Avec ironie je dirais que le sang de notre sauveur le rendrait immaculé. Nous devrions tous être vigilants pour éviter de prononcer de vaines paroles en disant Amen à toutes les sauces. Ainsi nous devrions bien mesurer notre prière, comme bien évaluer à quoi nous nous engageons à la suite d’une parole de Dieu. Lorsqu’on me présente un contrat où une somme d’argent très importante y figure, je ne signe pas à la va vite. Je reprends chaque partie du contrat et j’examine s’il n’y a aucun litige ou une chose que je n’aurai pas compris. Et surtout si je suis en mesure de répondre à chaque exigence du contrat.

Jésus dit à celui qui veut présenter son offrande d’aller se réconcilier avec son frère avant. Eh bien pour dire Amen à sa prière ou à une parole, Dieu nous demande avant, d’examiner si nous sommes en capacité d’y répondre.

 

3-     Le Notre Père : Un contrat à double signature

 

Dans la prière du « Notre Père » qui est entre parenthèse l’exemple donné par Jésus à ses disciples, l’Amen à la fin, de cette prière confirme l’acte responsable des deux parties. Pour l’homme, s’il prie « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », Dieu ne s’attend-il pas à ce que celui qui le prie le fasse en premier, sa volonté ? De même : Dieu pardonne nos fautes à la condition que nous pardonnions les fautes de ceux qui nous ont offensé.  Et quand Jésus dit : « Père, c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire » n’est-ce pas aussi un contrat responsable  à double signature? Ne devenons-nous pas chasser les démons qui nous incitent à régner à sa place, qui nous motivent à chercher la puissance et la gloire personnelle ? Si nous avons cette intention profonde, Dieu éloignera le mal et la tentation ne nous fera pas chuter.

 

Mais allons un peu plus loin dans le sens de ce mot hébreu si souvent prononcé dans l’assemblée.

 

4-     Pourquoi Jésus commençait-il par "Amen, Amen"

 

D’abord Jésus le prononçait-il à la fin de ses prières ? Non, jamais il ne l’a fait. Par contre, il lui arrivait de commencer son prêche par « Amen amen je vous le dis ». Aujourd’hui hélas, peu de traductions ont gardé le mot amen. Peut-être parce qu’un mot hébreu dans un texte grec les gênait. Alors les traducteurs ont opté pour le traduire souvent ainsi : « en vérité en vérité je vous le dis ou je te le dis ». Bizarrement, il n’y a que quelques traductions (des Bibles catholiques comme la Bible de Jérusalem, la Liturgique ou la Bible œcuménique Tob), qui gardent le mot original. Ou encore comme avec la Bible Segond (mais là cela reste au choix de l’éditeur).

Pourquoi les traductions qui retirent ce mot hébreu font une grosse erreur ?

Parce que le mot Amen ne se réduit pas à « en vérité », on vient de le voir, car la notion d’engagement personnel n’y figure pas. Là aussi chacun pourrait adhérer plus ou moins à ce que dit Jésus sans y voir un acte de responsabilité. Or, à chaque verset, il y a comme une prise de position spirituelle forte, une alliance qui doit être faite entre l’homme et Dieu. Prenons par exemple :

Jean 3 :3 : « Jésus lui répondit: Amen Amen, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Ici, l’alliance débute à partir du moment où nous naisssons de nouveau. Cette transformation n’a rien d’intellectuel, c’est une onction divine. Une onction qui amène une bénédiction celle de la vie Eternelle.

Jean 6 :47 : « Amen amen, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. ».

Jean 8 :34 : « Amen amen, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché ». L’alliance divine nécessite une aversion pour le péché.

Jean 12 :24 : » Amen amen, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. ». Le disciple qui porte du fruit s’engage à faire mourir ce qui est périssable en lui.

 

Par conséquent derrière le mot « Amen » il y a cette phrase qui devrait résonner en chaque croyant : « Adhère à cette parole et engage toi corps âme et esprit ».

 

5-     Quand l'Amen devient le véritable Juge

 

Une autre signification qui n’est pas moins profonde :

Jean, dans le livre de l’Apocalypse fait référence à quelqu’un portant le nom « Amen » (c’est Apocalypse 3:14), « Ecris à l'ange de l'Eglise de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu ».

Ce verset est clair, il signifie que l’Amen est le sceau de l’authenticité et de la vérité et ce seau est présent dès le départ de la création. Jean 8 :58 : «  Jésus leur dit: Amen amen je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. ».

C’est le véritable juge qui était là dès le départ, et c’est lui qui  nous déclare menteur ou authentique. Il nous déclare froid, tiède ou bouillant parce qu’il connait nos œuvres. Il sait réellement tout ce que nous faisons de mal comme de bien. Rien ne lui échappe. Et trop souvent notre tiédeur le fait vomir. Cet Amen, ce juge, c’est le Père, le fils et le Saint-Esprit.

Premier exemple : Jean 10 :1 : « Amen amen, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. ». Le faux témoin contourne la porte en passant ailleurs ; et Dieu le juge. C’est un voleur et un brigand pas un disciple ou un habitant du Royaume de Dieu.

 

Deuxième exemple : l’annonce de celui qui trahit Jésus : « Amen amen, je vous le dis, l'un de vous me livrera. » (Jean 13 :21). ou Troisième exemple : l’annonce du reniement de Simon Pierre, Jean 13 :38 :  « Amen Amen je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.» ou encore Jean 21 :18 qui annonce une forte épreuve de foi pour Simon Pierre qu’il ne pourra anticiper et conduire lui-même  : « Amen amen, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudrais pas ».

 

En résumé, « Amen » n’a pas le sens aussi simplifié que : «fin de la prière, je suis en accord». Dans la Bible, c'est une déclaration de foi qui peut se résumer ainsi :

 «Je crois, j’adhère, je m’engage, je me repends, Dieu est juge. ».

 

Mais il est à noter que parmi les mouvements chrétiens, certains ne disent plus « Ainsi dit le Seigneur ». Mais ils se sont mis à exercer le ministère de prophètes en doublant le mot Amen en début de phrase (Amen amen). Ils ont considéré que doubler le Amen renforce l’intensité et donne une puissance supplémentaire à la prophétie. La nuance est très importante. Un prophète peut donner une parole de Dieu est dire « Ainsi dit le Seigneur ». Mais commencer par dire Amen amen a un autre sens. Vouloir imiter Jésus commence par comprendre le sens de ce qu’il dit ou fait.

On devient soit même l’Amen. C'est-à-dire que l’on est alors le témoin fidèle et véritable de Dieu. Il faut être un disciple accompli. Or tout prophète n’est pas forcément un disciple accompli. « Le disciple n'est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître. »(Luc 6 :40).

 

6-     Conclusion : Prêts à signer et à dire Amen ?

 

Pour conclure je dirais qu’imiter Jésus est une excellente chose si l’intention est de ne pas tomber dans de vaines paroles. Si l’intention est de connaitre le sens de ce qu’il dit pour faire le bien et non pour se donner des allures pieuses.

Si nous prions : «  Père je te prie de m’aider à faire ta volonté, amen », nous devons considérer que nous sommes prêts à changer des mots, des actes et des intentions qui ne ressortent pas de la volonté divine et que nous avons gardés pour faire ce que nous aimons. Amen demande obligatoirement un sacrifice de notre part. Sommes-nous prêts alors à nous séparer de ce qui est vil et périssable en nous ? A aller même là où on ne voudrait pas aller? C’est un des termes principal du contrat que nous signons avec Jésus-Christ dès le baptême de repentance. Notre Amen porte toujours une responsabilité. Il nous engage à progresser, à croitre en Christ pour atteindre une stature parfaite qui est la sienne. Si nous sommes prêts à nous sacrifier et à diminuer pour Christ, alors nous pouvons dire Amen. Mais si un doute subsiste, le temps n’est pas encore venu de nous engager.  

Ne soyons pas superficiels mais profonds dans notre relation avec le Seigneur.

Que notre Amen soit emprunt de foi, d’authenticité, et d’intégrité envers notre Dieu.

Amen ?