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Par Eric Ruiz
Aujourd’hui quand un chrétien rencontre un autre chrétien, après quelques mots de politesse échangés, les mêmes interrogations surgissent spontanément : tu es de quelle dénomination religieuse ? Vas-tu à la messe le dimanche ? Ou : tu crois en quelle doctrine ? Es-tu trinitaire ? Crois- tu dans l’Évangile de prospérité ? Quelles fêtes religieuses célèbres-tu ? Es-tu baptisé et de quel baptême ?
La doctrine que vous suivez est au moins aussi importante que de savoir si vous aimez et croyez en Jésus-Christ ? N’y a-t-il pas là un grand malentendu ?
La doctrine perçue de cette façon sert à placer les croyants dans des
petites boites. Lui il est catholique, elle, elle est protestante, lui, il est
témoin de Jehova, elle est évangélique, etc.
La doctrine de Christ sert alors d’alibi pour qu’au final, un chrétien
qui en croise un autre change de trottoir. Pourquoi alors n’ont-ils pas tous la
même doctrine ?
J’ai une réponse : La saine doctrine de Christ est devenue, un
centre du savoir. Et chacun possède son temple du savoir, son encyclopédie
chrétienne incontournable.
A priori pour beaucoup, c’est la connaissance de la vérité qui séparera
les boucs et les brebis. Quand tu te trouveras devant Dieu, te demandera-il:
Crois tu de cette manière ci ou de cette manière là ?
Ah, si tu es trinitaire, Dieu te rejettera. Non, c’est si tu prie Marie
mère de Dieu qu’il te reniera. Non, c’est si tu ne crois pas dans la
prédestination. Pas du tout : c’est si tu ne manifeste pas les dons
charismatiques. Non, c’est si tu n’as pas fait honneur à son peuple Israël que la
salle des noces te sera fermée. Ca peut-être aussi au final tout à la fois.
Un chrétien pratiquant : est-ce un croyant qui suit à la lettre l’ensemble
des théories et des rites bien ordonné de son Eglise ?
Paul l’apôtre des gentils, parle lui aussi dans ses épîtres de la « saine
doctrine ». « Pour
toi, dis les choses qui sont conformes à la saine doctrine. »Tite 2 :1
Paul alors, s’appuie-t-il sur une nomenclature chrétienne du genre
Premièrement : Tu dois croire en Jésus-Christ, deuxièmement, tu dois confesser
son nom ; troisièmement tu dois être baptisé ; quatrièmement tu dois lire
les écrits Bibliques et évangéliser… etc.
Si on prend l’exemple du catholicisme : la saine doctrine repose
surtout sur 7 sacrements 1-le
baptême 2-la Confirmation 3-l’Eucharistie (qui
est la source et le sommet de la vie chrétienne) 4-la Réconciliation 5-l’Onction des malades 6-l’Ordre
7-le Mariage ; Mais détrompez-vous, croire
qu’ils sont les seuls avec leurs sacrements est une erreur. Les autres
dénominations ont aussi leurs propres sacrements.
Et l’apôtre Paul, converti à Christ, a-t-il
lui aussi ses sacrements propres?
L’épitre de Tite nous donne un très
bon éclairage sur la doctrine de Paul et c’est très édifiant. Paul tout d’abord
s’adresse à Tite en le nommant « son enfant légitime ». Il est
légitime parce qu’ils ont tous deux la même foi. Et dès le premier verset du premier chapitre
Paul donne le ton de la doctrine qu’il emploie. Il joint la doctrine non pas à
des rites initiatiques mais à la piété. Une piété intérieure qui manifeste le
caractère de Dieu plutôt qu’une piété extérieure qui imite la foi.
Tite 1 :1 « Paul, serviteur de Dieu, et apôtre de
Jésus-Christ pour la foi des élus de Dieu et la connaissance de la vérité qui est selon la piété, ».
Paul parle donc de connaissance mais uniquement pour expliquer que cette connaissance de la vérité est sur quoi repose la foi des élus de Dieu. Et que cette connaissance est visible dans la piété. Ensuite au verset 5 Paul dit qui sont les gardiens de cette connaissance. Ce sont en grec les presbuteros, les protecteurs, les surveillants, les anciens traduit aussi par évêques « Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville, ».
Paul ne pense pas à sélectionner des érudits de la foi, il demande que des anciens soient établis évêques. Et plutôt que de montrer les diplômes ou les titres reçus par ces anciens, Paul en donne une description liée à tout autre chose : à leurs vertus humaines : verset 6 « S'il s'y trouve quelque homme irréprochable, mari d'une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. 7Car il faut que l'évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu; qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête; 8mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant, 9attaché à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, afin d'être capable d'exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs ».
Paul ne se soucie absolument
pas de la manière dont ces anciens croient mais il se soucie de leur
comportement et de leurs mœurs ainsi que de leur réputation.
Alors on pourrait, c’est vrai, relever le verset 9 que je viens de lire pour
affirmer que l’apôtre parle bien d’une doctrine à enseigner pour exhorter et pour
réfuter les contradicteurs.
La question qui coule aussi de source
est : mais alors… pourquoi Paul semble faire l’impasse sur cette doctrine
à enseigner ? Pourquoi ne donne-t-il aucun dogme, aucune théorie à suivre ?
La
réponse vient comme une évidence, parce que la doctrine se reflète à partir du
comportement, des mœurs et de la
réputation de la personne qui croit.
Ensuite parce que Paul défend absolument Tite
de partir dans de longues explications pour affirmer sa doctrine. Elles ouvrent
la porte à de grandes polémiques stériles. Tite
3 :9 « Mais évite les discussions folles, les
généalogies, les querelles, les disputes relatives à la loi; car elles sont
inutiles et vaines. ».
Regardez, en quelques mots Paul rappelle ce qui doit être
enseigné, à quelle foi il croit, lui et Tite. Il n’a besoin que de quelques
versets: Tite 3 : 4 à 7 « Mais, lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur et son amour
pour les hommes ont été manifestés, 5il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que
nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le baptême de la
régénération et le renouvellement du Saint-Esprit, 6qu'il a répandu sur nous avec abondance par Jésus-Christ
notre Sauveur, 7afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions, en
espérance, héritiers de la vie éternelle. 8Cette parole est certaine, et je veux que tu affirmes ces
choses, afin que ceux qui ont cru en
Dieu s'appliquent à pratiquer de bonnes œuvres. Voilà ce qui est bon et
utile aux hommes. »
Par conséquent, la doctrine (s’il y en a une
qui est théorique) sert à rappeler que la foi s'applique à pratiquer de bonnes
œuvres.
Et toute l’épitre est dirigée dans ce sens. Paul décrit
dans le détail les bonnes œuvres de la foi. En fait, ce sont nos bonnes œuvres qui forment
la doctrine. Et
il n’y a rien de compliqué, de symbolique, de rituel ou de mystérieux à
accomplir. Tout est concret et visible dans le quotidien. Pour ceux
qui n’adoptent pas la bonne doctrine, Il n’est pas nécessaire de leur demander
s’ils sont pratiquants. Nous avons simplement besoin de constater leurs
mauvaises œuvres pour démasquer leur imposture.
Tite
1 : 15-16 « …mais rien n'est pur pour ceux qui sont souillés et incrédules,
leur intelligence et leur conscience sont souillées. 16Ils font profession de
connaître Dieu, mais ils le renient par leurs oeuvres, étant abominables,
rebelles, et incapables d'aucune bonne œuvre ».
L’apôtre revient toujours sur les œuvres. Elles
sont le miroir de la vérité. La connaissance de la vérité se voit chez l’autre.
La manière dont il se comporte montre son intelligence et sa conscience, si
elle est pure ou si elle est souillée.
Dans les faits, Paul va prendre chaque âge (chaque grande
période de la vie) et détailler ce qui est bon, pur et visible pour un croyant
en Christ.
Après avoir montré la doctrine des anciens, celle que nous
venons de rappeler par le verset 6 du premier chapitre, Paul donne celle
attachée aux personnes âgées. C’est à Tite de leur parler :
Tite 2 :
1-2 : « Pour toi, dis les
choses qui sont conformes à la saine doctrine. 2Dis que les vieillards
doivent être sobres, honnêtes, modérés, sains dans la foi, dans la charité,
dans la patience ».Et l’apôtre fait une distinction avec les
femmes âgées « Dis que les femmes âgées
doivent aussi avoir l'extérieur qui convient à la sainteté, n'être ni
médisantes, ni adonnées au vin; qu'elles doivent donner de bonnes instructions, 4dans le but d'apprendre aux
jeunes femmes à aimer leurs maris et leurs enfants, ». Ensuite ce sera au tour des jeunes gens à être modéré,
puis à ceux qui font office de serviteurs (d’esclaves).
Pour tous ce sera la même doctrine saine qui
consiste à honorer notre Seigneur Jésus-Christ par un comportement humble et
soumis sans rechercher un quelconque avantage ou intérêt, ni à lui nuire en
recherchant les convoitises mondaines. C’est-à dire en s’adonnant aux passions du monde
(l’esprit de conquête, l’avarice, le prestige, la séduction, etc.). Ensuite
Paul évoque le comportement et l’attitude qu’adopte un croyant face aux gens du
monde.
Envers les autorités (gouverneurs, patrons,
dirigeants, les collecteurs d’impôts) avoir un esprit de douceur et respecter
leur statut social en étant soumis à leurs décisions, même si elles paraissent
injustes. Paul ne donne pas une doctrine autre que ce que chaque croyant en
Christ a naturellement dans le cœur. C’est pourquoi la saine doctrine de Christ
n’est pas nouvelle ou différente selon les époques ou les Eglises ; c’est
le même Dieu qui inspire les mêmes attitudes et les mêmes mœurs. C’est lui le
Saint-Esprit qui veut transmettre sa réputation et la joindre à la notre.
L’Epitre de Tite
est courte. Elle ne fait que trois chapitres. Mais l’essentiel de la doctrine de Christ y
figure.
Et Paul n’oublie pas aussi de pourvoir aux besoins. Il demande à Tite (en
terminant son épitre) de faire en sorte que des frères éloignés et itinérants,
qui sont aussi des collaborateurs de Paul soient bien accueillies lorsqu’ils
les visiteront.
« Aie
soin de pourvoir au voyage de Zénas, le docteur de la loi, et d'Apollos, en
sorte que rien ne leur manque. ». Il faut que les nôtres aussi
apprennent à pratiquer de bonnes œuvres pour subvenir aux besoins pressants,
afin qu'ils ne soient pas sans produire des fruits. ».
La doctrine de Christ nous apprend à mettre de l’ordre dans nos attitudes mais aussi, dans nos sacrifices.
Car sans sacrifice aucun fruit n’est possible. Un arbre fruitier qui n’est pas émondé produira peu de fruits ou des fruits malades. Il est bon par conséquent de sacrifier certaines pousses pour que la sève aille plus abondamment dans d’autres branches; Eh bien : un disciple qui produit du fruit est un croyant qui sacrifie son confort pour le bien de l’autre en exerçant l’hospitalité.
Il sacrifie une part de ses ressources ou de ses biens pour subvenir à un besoin alimentaire ou vestimentaire pressant.
Il fait passer le besoin de son prochain avant le sien. Ce type de sacrifice tient une part importante dans la doctrine de Christ.
Maintenant l’apôtre termine sa lettre en
disant : « Tous ceux qui sont avec moi te
saluent. ». Mais il dit ensuite des
mots étranges : « Salue ceux qui nous
aiment dans la foi ». Une demande
spécifique que nous trouvons uniquement dans cette épitre. Pourquoi Paul
fait-il cette distinction entre ceux qui l’aiment lui et Tite et les autres
qu’ils ne saluent pas ?
Je pense que l’apôtre suit naturellement ce qu’il vient d’enseigner à Tite. Que notre salutation ne va pas pour celles et ceux qui ont renié la doctrine de Christ. Laquelle ? Celle qui nous montre des sacrements bien spécifiques à réaliser ? Ou bien celle qui montre des mœurs conformes à l’amour et à la justice de Christ ? En saluant de cette manière ses frères, Paul est cohérent avec ce qu’il écrit au verset 10 du troisième chapitre : « 0Eloigne de toi, après un premier et un second avertissement, de celui qui provoque des divisions, ».
Paul ne salue pas ceux qui provoquent des divisions.
Parce que ceux qui
ne vivent pas selon la doctrine de Christ, inévitablement provoqueront des
discutions folles ; Ils remettront en question des vertus comme des attitudes
et des comportements pieux. Ils voudront en rajouter d’autres. Ils
revendiqueront la loi par des rites oubliés et par là provoqueront des
querelles et des divisions. Ils se bâteront sur un mauvais terrain, celui des idées
et des dogmes.
Alors les différentes doctrines actuelles sur Christ ne montrent qu’une seule chose. Elles sont nées à partir de divisions. Elles sont entretenues par des discussions et des débats fous et interminables autour de tous les sujets touchant de prés ou de loin à la sainteté en christ. Bref, elles salissent le nom de notre Seigneur Jésus-Christ. La véritable doctrine a été volontairement souillée et oubliée. Revenir à elle consiste à pratiquer des œuvres justes, une piété intérieure, visibles au quotidien. Et non à pratiquer une piété extérieure dans des lieux appelés « saints ».
Les seuls
sacrements qui plaisent à Dieu ce sont nos attitudes, notre comportement, nos
mœurs : font-ils honneur à notre Dieu ? Je salue celles et ceux qui
ont la même foi que Paul et Tite. Que ceux qui ont des oreilles pour entendre
comprennent ce que signifie la doctrine de Christ.
Amen



