dimanche 19 avril 2026

LE DOUTE : UN MOTEUR SPIRITUEL ?

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Par Eric Ruiz

 

1.     Le Doute : Un Séisme Révélateur, non un Péché

Il y a des croyances qui agissent comme de véritables monstres auprès des croyants. Elles les écrasent au sol et les maintiennent dans la peur et l’humiliation. Cette frontière invisible doit être détruite.


Alors pour être concret, cette croyance, c’est celle du DOUTE. Celle du doute qui s’oppose à la foi. Le doute n’est pas une perte de foi ou une absence de foi. Le doute fait parti de la foi. Tant de siècles d’obscurantisme ont eu comme effet que de culpabiliser les croyants en leur laissant croire volontairement que leur doute, leurs interrogations ne sont qu’un manque de foi.

Le doute ce n’est pas l’incrédulité. Le doute c’est un moyen de se remettre en cause, de se poser des questions, de s’évaluer, pour grandir dans la foi. Le doute n’est donc pas un manque, mais un moyen. Un moyen pour atteindre un but. Et ce but c’est la croissance.

De façon personnelle, le doute va me permettre d’évaluer si mes fondations sont solides.

Le doute, si je peux donner une image, c’est un mini séisme qui va secouer les habitations. Ce séisme fera écrouler les habitats peu solides, mais il ne touchera pas aux habitations fiables et robustes. Ce séisme fera passer l’eau des rivières là où les courants ne passaient pas. Ces nouveaux bras de rivières viendront alors irriguer de nouvelles cultures.

Donc d’un point de vue spirituel, le doute amènera d’autres possibilités, de nouveaux lieux fertiles propices à de nouvelles créations.

Alors lorsque qu’un croyant est en proie au doute, plutôt que de le culpabiliser, prions afin que ce moment l’éclaire sur lui-même, sur ce qui est solide dans sa foi et sur ce qui est bancal, afin justement qu’il se sépare de ce qui est inutile ou mauvais pour laisser croitre ce qui doit l’être. « Le doute est le commencement de la sagesse » Il y a dans l’affirmation d’Aristote. Une lumière qui n’est pas si loin de la vérité.

 

2.     L'Instrumentalisation du Doute par l'Institution

 

Avec ce faux dogme du manque de foi, le clergé s’est constamment protégé. On a volontairement peint « Les grands hommes de foi », en gommant d’eux le doute pour ne laisser entrevoir qu’une foi infaillible. Ces héros incapables de douter se sont érigés en Seigneur et en Dieu. Et comme le doute touche naturellement tout croyant… Alors quelle aubaine pour maintenir tout un peuple dépendant d’une autorité religieuse ! Le doute est devenu un péché à confesser. C’est une attaque démoniaque vous dit-on, où l’ennemi cherche à nous vaincre.

Voyez-vous l’entourloupe ? Le doute c’est une manne providentielle pour la fausse église. La hiérarchie dans l’Eglise s’est vue préservée grâce à ce dogme. Le doute maintien en vie la plupart des assemblées chrétiennes. Chaque membre alors est dépendant de sa hiérarchie. Il doit constamment venir la questionner pour se rassurer sur sa foi.

« J’ai un doute sur le fait que je sois déjà sauvé… Que pense mon curé, Que pense mon pasteur, ou que pense ma religion ? ».

 

3.     Le Piège de la Certitude Radical : le Fanatisme

 

La foi que l’on vous présente s’est une foi radicale. C’est blanc ou noir, c’est le paradis ou l’enfer, c’est la foi ou le doute. « Tu perds ta foi non pas dès qu’une pensée de doute te surprend, mais si tu entretiens cette pensée. Tu dois être vigilant et chasser toute pensée de doute car elle vient du diable ».

Ici, ce n’est pas le doute qui est inquiétant, c’est la certitude que le doute est mauvais.

Les répéteurs de l’institution te disent : « Regarde, Simon Pierre a douté. Ce doute est une trahison. Il a renié Jésus-Christ. 

Cet exemple sert de mise en garde. Il doit te faire peur »

Eh bien, le doute vécu ainsi amène tout droit vers le fanatisme religieux.

Mais mon frère, ma sœur, attention, si tu veux te libérer de ces liens, il te faut penser différemment. Si une pensée de doute survient, le diable te dit chasse-là !

L’Esprit Saint te dit : « Assieds toi, réfléchi, prie, pose toi cette question : Père ta volonté ou ma volonté ? Ta coupe ou ma coupe ? Que dois-je boire, que dois-je faire ? En d’autres mots, suis-je dans la complaisance ? Ai-je laissé entrer en moi des pensées de convoitise ? L’orgueil s’est il élevé ?  Ai-je des pensées de jugement envers mon prochain ? Et si le jugement dernier n’était pas celui que l’on m’avait dit ? Toutes ces questions sont liées. Elles vont à contrario contribuer à chasser le doute.

 

Allons plus loin :

-Le doute a un autre avantage, plus que cela une autre puissance pour la religion. C’est la clé qui ferme la porte des prisons spirituelles. Elle permet d’instaurer des dogmes puissants et indestructibles. Elle maintient éveillé sur l’enseignement spirituel; pas celui des apôtres mais celui de faux apôtres.

Comment ?

Si vous vous dites : «  j’ai la foi, j’ai une ferme conviction sur ce que je pense de l’Evangile. J’ai reçu le plein évangile ». Le fait de vous apporter une autre vérité, vous fais douter. Et là vous fermer la porte au doute. En chassant toute autre idée, vous chassez par là même le doute. Or, en chassant le doute vous chasserez tout …et y compris la vérité.

C’est ainsi que l’on crée des murs infranchissables.

Attention, la séduction diabolique a changé de stratégie. De nos jours, le doute passe moins pour un péché et plus pour une étape normale de la foi. Ce n’est pas un progrès, c’est un nouveau moyen de contrôle.

En les amenant à confesser le doute, l’Eglise contrôle ses adeptes. Ceux qui doutent reçoivent un accompagnement spirituel et la doctrine leur est rappelée. La force de l’institution c’est : on ne chasse plus le croyant qui doute, on l’encadre pour mieux l’endoctriner, et pour mieux le fidéliser.

 

4.     La confusion entre doute et incrédulité

 

Dans les milieux chrétiens, le doute a souvent été confondu avec l’incrédulité.  Simon Pierre certes à douter de sa foi en reniant Christ par trois fois au chant du coq. Mais il n’était pas dans l’incrédulité. Pourquoi ? Parce que son reniement lui a fait réaliser que bien qu’il aime Dieu de toutes ses forces, sans la puissance provenant du Saint-Esprit, personne ne peut échapper à ses peurs et à ses faiblesses.

Une autre confusion est de penser  qu’obtenir sa guérison ne peut se faire sans douter. Oui, mais douter de quoi ou de qui ? L’Eglise Evangélique insiste sur le fait que douter de sa guérison annule le miracle. Et qu’il est indispensable de confesser sa guérison pour qu’elle puisse se révéler. La doctrine va même par le fait de ne jamais confesser autre chose que la guérison, même si le mal persiste. Le moindre doute, par conséquent mettrait un obstacle puissant à l’accomplissement de la guérison.

Jésus-Christ ne fait jamais référence à ce doute là. Jésus insiste sur l’incrédulité. Haïr son frère, cacher des intentions mauvaises, c’est le trahir, l’abandonner, c’est l’esprit d’incrédulité. C’est ce doute là qui empêche Dieu d’agir. Matthieu 13 :58 : « Et il (Jésus) ne fit pas beaucoup de miracles dans ce lieu, à cause de leur incrédulité. ».

Le doute existait bien mais envers Dieu, pas envers la guérison. Et Jésus refuse de les guérir parce que justement, ils doutent de lui en préférant le mensonge à la vérité.

Jésus est plus sensible à l’authenticité du cœur, qu’au doute. Un des récits les plus touchant est celui du père de l'enfant qui passe par tous les états dans Marc 9:23-24. Face à Jésus, il s'écrie :"Je crois ! Viens au secours de mon incrédulité !" C'est l'exemple parfait de la coexistence du doute et de la foi. Jésus ne rejette pas cet homme ; au contraire, il guérit l'enfant. Cela montre que Dieu répond à l'honnêteté du cœur plutôt qu'à une perfection spirituelle imaginaire.

 

5.     Le doute : chemin obligatoire pour l’accomplissement du disciple

 

Maintenant, Jésus-Christ a-t-il douté ? Oui, il a douté pour une juste cause. Quand ? A Gethsémani. Oui, je reviens encore et encore sur ce moment clé de l’histoire de Jésus de Nazareth. Dans ce jardin près de Jérusalem, où l’on pressait autrefois les olives pour en extraire l’huile, Jésus doutait de pouvoir aller jusqu’au bout de sa mission. Il se demandait s’il avait la force pour pouvoir vivre la trahison, l’abandon, l’humiliation et pour finir la crucifixion. « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? Père éloigne de moi cette coupe » pria-t-il. C’est une faiblesse certes, mais une faiblesse nécessaire, indispensable même pour recevoir la force divine. Le doute : c’est chercher Dieu plus profondément

Le doute a été pour lui, Jésus-Christ, le moyen de recevoir une force supérieure pour le combat qu’il avait à mener.

Le doute n’est donc pas la destruction de la foi mais plutôt le moyen de son accomplissement. Accomplir plutôt que détruire c’est le rôle du doute.

 

 Maintenant Jésus souhaite nous amener plus haut. « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. ». La foi inébranlable n’a rien à voir avec le fait de chasser le doute ; c’est même le contraire. Pour avoir une foi inébranlable, il est indispensable d’accepter le doute ; d’accepter d’être pressé comme une olive pour en extraire une onction supérieure. Trop souvent un croyant qui est enclin à douter, qui est déstabilisé, qui se pose des questions est jugé comme un croyant tiède qui a peu de foi. Mais, n’est-ce pas juger trop précipitamment ? Ce disciple n’est-il pas plutôt dans une phase d’évolution qui va l’amener à manifester une foi inébranlable ? 

La peur, les maladies, le danger de mort, toutes les fortes épreuves font douter. Et nous sommes, nous disciples, au milieu de cette fournaise ardente. Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas une erreur de parcours. Ce n’est pas la preuve d’un manque de foi.  C’est l’acte de foi : qui est de pouvoir marcher, avancer malgré l’incertitude. C’est l’état de notre croissance. Comme un enfant doit passer par l’adolescence pour atteindre l’âge adulte, nous devons passer par le doute pour atteindre la maturité en Christ.

Le doute c’est donc la respiration du Saint-Esprit. Il empêche à la foi de se figer et à la tiédeur de s’installer. Si le doute est la "respiration", la foi reste "l'oxygène". L'un permet d'absorber l'autre.

Alors n’ayons pas peur de douter. Soyons au contraire préparer à cette éventualité certaine. Notre consécration en dépend. Notre adoption en dépend. L’accession au trône de Dieu en dépend. Lorsque le doute nous atteint, ne le taisons pas. Parlons-en au contraire. Exprimons nos doutes comme Jésus l’a fait. Soyons authentiques, vrais. Le fait de cacher ses doutes, de nier leur existence, provoque ou dévoile un esprit incrédule. Sans inspiration (foi) et expiration (doute/remise en question), l’âme étouffe et périt. Nous devons retrouver une respiration juste et vraie pour retrouver notre vraie identité en Christ.

 

Mais attention, s’installer dans le doute peut devenir une excuse pour ne pas agir. Le doute est un chemin, il n’est pas une destination. Nous ne devons pas rester dans cet état d’instabilité. Il doit demeurer provisoire. Selon Hébreux 12 :27, ce qui doit demeurer ce sont les choses inébranlables. Les choses ébranlées sont amenées à apparaitre puis à disparaitre. Le doute permet aux constructions humaines de s’effondrer pour que les constructions divines demeurent éternellement.

Le doute est par conséquent cet ébranlement. Et, si le doute est la "respiration", on ne peut pas rester en apnée sur l'expiration sans finir par s'étouffer. La croissance est la destination. Le doute n’est qu’une antichambre à la croissance. Il n’est pas la croissance. Le doute est un appel à la croissance.

Alors mes frères et sœurs n’oublions pas que c’est après avoir douté de nos forces, de notre consécration, de l’amour même de notre Père pour nous, que nous trouverons la puissance venant de l’Esprit Saint afin d’accomplir notre mission. Amen

dimanche 5 avril 2026

LE REGNE de L'AGNEAU: accomplissement du Psaume 72 ?

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Par Eric Ruiz

Voici un Psaume très particulier : le Psaume 72


Pour les juifs, c’est le psaume messianique par excellence. Le Messie est représenté comme les juifs le croient et l’attendent : Ils attendent avec impatience un roi humain, qui plus est sera un descendant de David. C’est ce roi qui viendra rétablir la justice et la paix en Israël.

Lisons les deux premiers versets prononcés par Salomon roi d’Israël et fils de David : « De Salomon. O Dieu, donne tes jugements au roi, Et ta justice au fils du roi!
Il jugera ton peuple avec justice, Et tes malheureux avec équité.
 ». Ce Psaume a une telle emprise universelle, que
même en dehors des religions, il est lu comme :

-un manifeste pour la justice sociale.

-une vision d’un monde pacifié.

-un idéal politique et moral.

N’a-t-il pas inspiré des projets communistes ou  socialistes comme aussi de nombreux mouvements pour la paix et la dignité humaine ? Il a été utilisé pour des discours de rois de France, d’Angleterre, d’Espagne. Il a été pris en exemple par des abolitionnistes, par des grands noms comme Martin Luther King ou Desmond Tutu.

Mais un être sage est en droit de se demander où se trouve un tel roi ? A-t-il simplement existé ?ou peut-il encore arriver ? Parce lorsqu’on a fini de lire les 20 versets de ce Psaume, il n’y a aucun nom qui arrive à nos lèvres. 

Salomon, lui, a été infidèle à Dieu. Il a trahi ses engagements et a vu son royaume se diviser après lui à cause de son infidélité.

Certes, il a exprimé et vécu beaucoup de ce que dit le verset 10 et 11: « Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présentsTous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront ». Mais dès que vous passez au verset 11 les  choses se gâtent : « Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n'a point d'aide.
Il aura pitié du misérable et de l'indigent, Et il sauvera la vie des pauvres
 »;

Salomon a été un roi d’une extrême richesse, qui plus est, il a maintenu son royaume en paix pendant tout son règne… mais à la lecture du chapitre 12 du premier livre des Rois, son peuple gémit et se plaint. Il se plaint « d’un joug pesant» « d’une rude servitude ». Où est la justice divine de Salomon?

Et le fils de David n’est pas une exception. Le roi riche et injuste est un fait commun dans l’Histoire des nations. Il n’affranchit pas grand monde de taxes obligatoires. Il passe, lui, en premier.

Prenons le roi français incarnant le sommet du luxe en monarchie : le roi Louis XIV par exemple : Il a réformé la justice et il a soutenu certaines œuvres charitables (hôpitaux, institutions religieuses). Mais…il a fait des Guerres incessantes qui ont appauvri le royaume. Il a écrasé les paysans par des impôts très lourds pour financer ses guerres ou pour construire le château de Versailles ; et les périodes de famines et de misères se sont multipliées pendant son règne. Le roi soleil a été un roi qui a renforcé l’État au prix d’un lourd fardeau pour les classes populaires.

Je pourrais prendre une multitude de chefs d’Etat contemporains et arriver au même constat. Ils construisent des temples magnifiques. Ils reçoivent de l’argent et des ressources précieuses de nations très éloignées, mais une partie de leur peuple reste dans la pauvreté et la misère.

On est loin du roi décrit par le Psaume 72 modèle du roi idéal : juste, protecteur des pauvres, garant de la paix.

Le verset 14 va même très loin dans la mission de protection des pauvres par le roi : « Il les affranchira de l'oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux ».

Aujourd’hui, comme hier on est frappé de constater que l’homme lambda ne représente que de la chair à canon. Que le sang du pauvre ne vaut rien. Que l’oppression et la violence qu’il vit au quotidien n’émeuvent aucun ministre. On constate que le peuple a même été berné en lui faisant croire le contraire : que chaque citoyen avait un pouvoir de décision par ses représentants démocrates. Et que le progrès économique avait apporté un progrès social fort, réduisant au maximum les inégalités.

« Rien n’est nouveau sous le soleil » nous dit Salomon, l’histoire et les hommes se répètent.

En fait tous, rois comme simples sujets font la même erreur au départ. Ils veulent la prospérité économique, la bénédiction. Ils veulent un pouvoir fort. Ils veulent asseoir l’autorité royale sur un matelas de prestige et de croissance. Ils ne voient pas que le Psaume 72 révèle l’inverse.

Or, la vérité est tout autre : C’est parce que le roi s’occupe des plus démunis que sa nation s’élève et que son royaume devient riche.

« 11Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre ». La justice sociale n’est pas une conséquence, c’est la première des œuvres à faire.

Dès le verset 2, puis 4 le projet politique du roi est tracé. Après avoir discerné qui est malheureux et à quel niveau s’élève son malheur, le roi « fera droit aux malheureux du peuple, Il sauvera les enfants du pauvre, Et il écrasera l'oppresseur. »

Les juifs n’ont pas reconnu Jésus comme roi, parce que lui, le fils de Dieu, ne voyait que la justice sociale et rien d’autres. Jésus ne s’occupait que des malades et des nécessiteux.

Il n’avait que faire du gouvernement romain, que faire de la situation économique. Tous les rois fonctionnent à l’opposé. Ils vont faire des œuvres sociales parce qu’ils ont auparavant capitalisé, bâti des villes et des institutions.

Les juifs, comme les peuples païens attendent donc un roi qui ne sera jamais juste parce que leur roi est différent. Le roi juste ne s’occupe pas de l’économie, il ne cherche pas à réduire les dettes de l’Etat. Il ne multiplie pas ses placements financiers, il s’occupe du social, il va là où l’odeur de la misère pique le nez.

Je l’ai déjà dit auparavant mais je le redis encore : c’est parce que la justice est rendue que la paix existe. Une ère messianique autre est une utopie.

"La vertu" d’un chef est qu’il revendique la paix comme un droit ou un devoir, alors que la paix n’est qu’une conséquence de la justice qu’il applique.

On attend un roi qui est prêt à se battre pour la paix, et là… qui dira que c’est un roi injuste, que c’est un faux Messie ? Personne ne le dira et pourtant il s’affiche contre Christ en se battant pour la paix.

Verset 3 : « Les montagnes porteront la paix pour le peuple, Et les collines aussi, par l'effet de ta justice ».

Le Mashia ben David ne peut pas apporter la paix autrement.

-Il ne fera pas des compromis avec les peuples.

-il ne s’occupera pas de rééquilibrer les territoires entre palestiniens et israéliens pour que chacun ait la part qui lui est destinée.

-il ne chassera pas les étrangers,

-il ne bâtira pas des fortifications pour protéger ses frontières

-il  n’aura pour seule politique : que celle de s’occuper de ses pauvres. C’est ce que Jésus a fait et c’est ce que le roi juste fera. Et le fait de s’occuper des démunis apportera la paix des montagnes jusqu’aux collines.

Revenons au début du Psaume : à la prière de Salomon. Elle demande cette grâce : « donne tes jugements au roi, Et ta justice au fils du roi! ».

Salomon a-t-il reçu ce qu’il demandait ? OUI. Mais alors, pourquoi n’a-t-il pas appliqué la justice que Dieu lui donnait ? Parce qu’il était aveuglé par son or et sa connaissance. Imbu de lui-même et sûr de son onction de sagesse, il n’a jamais eu de prophète pour lui dire « non » à un moment donné. « Non » pour ses trop nombreuses concubines par exemples ou « non » pour le culte rendu à leurs déesses. Salomon avait des paroles qui louent Dieu mais un cœur éloigné du créateur. Et son fils a-t-il fait la justice divine comme il l’a prié pour lui ? Voilà la réponse de Roboam fils de Salomon : « 11 mon père vous a chargé d’un joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant ; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions ».

Le fils est pire que le père. Il assomme son peuple de taxes et d’obligations en tout genre. Et cet héritage ne s’est-il pas répété maintes fois à travers les siècles ? Tous ceux qui se sont assis dans un fauteuil royal, en régnant sur un peuple ont au mieux fait semblant de s’occuper en premier des plus démunis.

Le seul héritage vrai et juste est celui de Christ. Il change la nature même du roi. Ce roi ne sera pas juif, ni évangélique, ni catholique, ni orthodoxe… il sera né d’en haut par l’esprit de Christ.

Ce roi ne construira pas une muraille, le roi sera la muraille. Pourquoi cette muraille est-elle une nouvelle identité ? Parce que le livre de l’Apocalypse révèle l’agneau : l’agneau de Dieu dévoilé par le chapitre 21 du livre de l’Apocalypse. Cette muraille mesure 144 coudées, soit 72 mètres. Dans ce nombre 72, j’y vois la figure du roi protecteur révélé par l’agneau ; Et cet agneau protège, car il exerce une politique entièrement destinée aux pauvres, aux démunis sur son territoire. Ce ne sera pas un autre Christ, ni Jésus de Nazareth revenant sur terre avec les mains percés (comme certains le croient). Ce sera Christ descendu en esprit sur un groupe d’humains. Christ incarné et manifesté par un seul et unique caractère : l’agneau.

Ce caractère n’est pas abstrait, il se reconnait par ses bienfaits sur les misérables, et eux–mêmes seront reconnaissants en retour envers ceux qui ont ce caractère.

Le verset 15 de Psaume 72 dit : « Ils vivront, (qui « ils » ? Ce sont les pauvres délivrés de l’oppression et de la violence) et lui donneront de l'or de Séba; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. ». Le royaume de Dieu commence avec des pauvres qui sont devenus riches à leur tour et qui apportent leur or et leurs prières à l’agneau (celui ou ceux qui les ont délivrés), parce que le véritable roi vit en lui.

Verset 17 :« Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux ». Cette ville heureuse est la Nouvelle Jérusalem. Un culte nouveau y est rendu. Chacun protège l’autre en retour. Voilà le gouvernement juste du Roi, le gouvernement de l’agneau.

Oui mais alors, Jésus de Nazareth n’a-t-il pas échoué au vue de ce Psaume qui montre un accomplissement terrestre (pas seulement une petite nation mais la terre)? Etait-il vraiment le Messie qu’Israël attendaient ?

 

·        Le Messie, ce mystère, Jésus l’a révélé comme un “corps” et non comme individu

Oui bien-sûr, que Jésus-Christ, fils de David est ce Messie attendu. Mais l’accomplissement du règne de Christ s’est accompli à la croix. Ce qui signifie qu’il ne s’est pas terminé à sa mort. Christ ressuscité forme un nouveau règne : Christ ressuscité c’est la promesse d’être à notre tour ressuscité et par conséquent d’être uni à lui pour toujours. Cette promesse, c’est Le règne de l’agneau. Sans résurrection, l’agneau n’existe pas.

Un homme, une femme possédant le même caractère doit en sortir. Un disciple accomplit et ressuscité. « Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! »

Pour que la terre soit remplie de la gloire de Dieu, il faut : des êtres nouveaux dans lesquels Christ règne comme un roi juste.  Dans le livre de l’Apocalypse, c’est l’agneau qui règne. Le même roi pour tout un peuple. Ce ne sera pas un double règne (le règne d’un homme et celui de Dieu). Ce sera la prière entièrement exaucée : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Un baptême véritable mit en lumière dans Matthieu 28 :19. Et ce Baptême a pour vocation : Notre Père régnant par le Saint-Esprit dans son fils. : L’agneau de Dieu formant un seul corps de croyants ; des âmes réunies ne formant qu’une seule âme. Le nouveau messie sera un corps de croyants animés par le même roi Christ. Ce corps tout simplement est l’agneau.
Ce roi a été vu par trois disciples lors du mystère de la transfiguration (où l’on voyait Elie, Moïse Jésus, tous recouverts par un nuage épais, tous unis dans un même corps)
 « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne. ». Le règne du fils de l’homme (de ce nouvel homme) c’est l’agneau ressuscité.

Aujourd’hui nous sommes dans un temps de préparation au règne de l’agneau. Le verset 9 du Psaume 72 n’a pas encore été constaté : « Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière ». Rappelons-nous que le désert abrite le diable, le tentateur, celui qui nous pousse à régner. Il n’a pas encore capitulé. Le serpent continue à ramper… mais il ne lèche pas la poussière. Il a encore des aliments à se mettre sous ses crochets. Et le diable tente l’homme en lui proposant de régner ou de servir un régnant. Toujours cette séduction de l’idolâtrie.

En attendant la consécration de notre vie terrestre : le règne de l’agneau, prions comme le verset 19 du Psaume 72 : « Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! »

dimanche 22 mars 2026

POURIM, La vérité cachée, dévoilée

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Par Eric Ruiz

 

 L’Iran et plus précisément Téhéran sa capitale a été bombardée le samedi 28 février 2026 conjointement par deux nations : les Etats-Unis d’Amérique et Israël, éliminant de hauts responsables iraniens. 2 jours précisément avant la fête de Pourim qui débute le lundi 2 mars

Coïncidence, prophétie biblique ?  Volonté divine ?

Juifs comme chrétiens penchent pour beaucoup sur une manifestation spirituelle de grande ampleur.

En tous les cas, Israël ne voit pas la guerre contre l'Iran comme un simple enjeu géopolitique. Israël voit ce conflit comme la suite d'un livre qui a commencé il y a 2500 ans. Et ce livre, c’est celui d’Esther dans la Bible. Son importance est qu’il serait prophétique pour notre époque.

 

Benjamin Netanyahu premier ministre israélien a, à plusieurs reprises (notamment devant le Congrès américain), cité le Livre d'Esther pour affirmer que, tout comme dans l'Antiquité, un "nouvel Haman" en Perse cherche à détruire le peuple juif ; et que cela justifie ainsi une action de guerre préventive (par des frappes de missiles ou de drones).

En fait, les dirigeants israéliens comparent souvent aux décrets d'Haman, les appels du régime iranien à la destruction d'Israël.

 

  • Revenons au personnage emblématique d’Haman et à la fête de Pourim.

Haman, haut dignitaire perse, projette l'extermination totale de tous les Juifs exilé dans  l'empire Perse. Il a inventé toute une histoire ou plutôt former un complot afin de calomnier le juif Mardochée oncle de la reine juive Esther. Et il a convaincu le roi de Perse Assuérus de rédiger lui-même un décret pour officialiser ce génocide.

Or, son plan diabolique sera anéanti par la reine Esther qui très habillement retournera ce plan contre Haman lui-même qui finira pendu sur la potence qu’il avait fait dressé pour Mardochée.

 

·        Alors en quoi la guerre contre l'Iran par Israël a-t- elle un rapport avec Haman le Perse ?

 

Le dévoilement du complot dans le Livre d'Esther, se déroule à Suse, la capitale de l'Empire perse. L'Iran moderne occupe le cœur géographique de cet ancien empire. Pour beaucoup, l'Iran d'aujourd'hui est l'héritier direct de la Perse biblique. Le conflit actuel est donc perçu comme la répétition d'un affrontement millénaire sur la même terre.

Et pour Pourim, alors, la fête juive?

Cette fête célèbre la victoire contre Haman. La victoire qui se concrétise dans le retournement. Le thème central de Pourim est un mot hébreu qui signifie : « et ce fut le contraire » ou « et l’inverse se produisit ». Cette fête symbolise la victoire juive au moment précis où le sort se retourne brusquement contre l’ennemi. Haman fut neutralisé avant que son plan meurtrier s’accomplisse. Ce qui devait être un jour de massacre pour les Juifs devient le jour où ils triomphent de leurs ennemis. Dans une perspective militaire, cette notion nourrit l'idée qu'Israël peut transformer une menace existentielle (le programme nucléaire ou les missiles iraniens) en une victoire décisive par un retournement de situation inattendu.

Cela donne à Israël, vous vous en doutez une confiance et une légitimité totales dans ses attaques contre l’Iran. Israël à la foi que dans toutes situations désespérées, les juifs iront fatalement vers une victoire éclatante. Alors le choix d’attaquer l’Iran le 28 février positionne Israël dans l’accomplissement de la prophétie adressée à Esther et aux juifs. Est-ce une prophétie ? Eh bien pas tout à fait. C’est plutôt un appel à se souvenir de cette victoire en la célébrant par tous les juifs de génération en génération :

(Esther 9 :26-28) « C'est pourquoi on appela ces jours Purim, du nom de pur…28ses jours devaient être rappelés et célébrés de génération en génération, dans chaque famille, dans chaque province et dans chaque ville; et ces jours de Purim ne devaient jamais être abolis au milieu des Juifs, ni le souvenir s'en effacer parmi leurs descendants ».

D’où l’importance de cette fête dans le calendrier.

D’autant plus, que les faits historiques renforcent ce lien de manière spectaculaire :

La Guerre du Golfe (1991) : Les tirs de missiles Scud irakiens sur Israël ont cessé précisément le jour de Pourim.

Il arrive fréquemment que des tensions majeures ou des frappes de l'ombre surviennent autour de cette période de l'année (février mars), ce qui pousse les commentateurs à y voir des signes prophétiques forts.

Israël et ses alliés américains ne se sont-ils pas construit LEUR VERITE ?

L’interprétation qu’ils ont de la Bible et de Pourim en particulier leur donne une certitude sur la fin des combats : ce conflit se terminera à l’avantage d’Israël car, c’est la volonté de Dieu qui s’accomplit.

 

  • Un disciple de Christ doit-il adhéré lui aussi à cette interprétation qui passe comme étant LA VERITE en majuscule ?

Ne nous emballons pas. Il y a là plusieurs erreurs.

·        Première erreur : l’assimilation

Haman le Perse est assimilé au peuple Perse dans son ensemble.

N’est-ce pas un peu rapide de voir Haman comme le symbole de tout un peuple iranien ennemi ? L’empereur de Perse de l’époque Assuérus n’était pas ennemi des juifs. Il a épousé Esther par amour. Quand il a su qu’elle était juive, il n’a pas rompu ses vœux. Bien au contraire. Il a fait exécuter le traitre Haman et permis à tous les juifs de se défendre contre ceux qui leur voudraient du mal. Il n’avait que de la bienveillance auprès de son épouse et il acceptait tout ce qu’elle désirait même si elle aurait demandé la moitié du royaume. Dans le récit biblique, les Perses dans leur majorité n’oppressaient pas les juifs ; ils les respectaient. Il n’y a donc pas un schéma de vengeance ancestrale. Et puis pour finir, L’empereur Perse va nommer Mardochée le juif à la tête de toutes ses provinces ; Il deviendra son bras droit. Ici, dans le contexte, c’est plus la folie d’un arriviste, d’un homme assoiffé de pouvoir et de jalousie. Haman souhaite décider à la place du roi. Il est possédé par le démon de domination, ça saute aux yeux.

·        Deuxième erreur : l’enjeu

Pourim est-ce vraiment la fête qui célèbre la destinée épouvantable de ces nations qui veulent l’extermination d’Israël ? Ou bien est-ce autre chose que Pourim célèbre ?

En fait, il y a une  dimension cachée dans la Vérité qui doit s’entrevoir.

Comme nous l’avons vu précédemment avec « Le Sang de la Vérité », Pourim devrait empêcher le sang innocent de couler. Le jeûne d’Esther a été déclencheur de la vérité. Elle a incité tous les juifs à se mettre sur leurs genoux et à jeûner pour leur survie.  Elle a sue quoi faire ensuite pour sauver son peuple. Cette fête montre la détermination, le fruit de l’obéissance à Dieu qui permet la victoire. C’est l’attitude d’un peuple pieu qui doit être célébrée chaque année pendant 2 jours.

 Et ne l’oublions pas : c’est la fête du "masque". C’est le moment où "les masques tombent" : Une guerre contre l'Iran  devrait dévoiler la vérité sur les intentions réelles des acteurs mondiaux et la réalité du mal révélée au grand jour.

·        Troisième erreur : la stratégie

Esther et le peuple juif ne prennent pas les armes contre l’ennemi Haman.  Il n’y a pas d’intimidation, ni de provocation, ni d’incitation à la haine, comme on le voit aujourd’hui avec une propagande anti islamique. A aucun moment Esther évoque une rébellion contre les Perses. Tout se fait lors d’un grand festin ou Haman est invité et même honoré selon son rang, aux premières places. Il se croit encore plus fort. Sa chute sera son dévoilement.

De nos jours, le retournement de situation se fait par les armes, par la destruction d’innocents, qui se trouvent là où ils n’auraient pas dû être. Rien à voir avec l’auto destruction d’Haman qui tombe lui-même dans le piège qu’il avait préparé.  Et puis, c’est l’empereur lui même qui ordonne d’honorer les juifs et de se soumettre à leur autorité dans toutes les provinces. « …partout où arrivaient l'ordre du roi et son édit, il y eut parmi les Juifs de la joie et de l'allégresse, des festins et des fêtes. Et beaucoup de gens d'entre les peuples du pays se firent Juifs, car la crainte des Juifs les avait saisis. » Le contexte ne tourne pas à l’extermination, mais bien à la conversion. Des perses se font juifs ici.

 

  • Alors les fêtes religieuses juives témoignent d’une dérive importante. Dans le récit original, le salut vient du jeûne et de la prière (le Jeûne d'Esther). C'était un acte d'humiliation totale pour obtenir l'intervention divine. Aujourd'hui, on semble avoir remplacé l'humiliation par la superstition. On ne cherche plus la face de Dieu, on cherche la "bonne date". On traite Pourim comme un "porte-bonheur" stratégique. Si l'attaque a lieu à Pourim, on se sent protégé par le "sort", oubliant que le sort originel était un décret de mort. Israël se confie dans ses richesses (sa technologie, son économie) et ses forces (son armée), tout en utilisant les prophéties comme une validation morale.

C'est le même temps où tout bascula avec le roi de Juda Asa : On fait taire la vérité par des alliances, on compte ses chars, et on utilise la religion pour se rassurer plutôt que pour se convertir. La fête devient un masque supplémentaire au lieu d'être ce qui les fait tomber.

 Que fait-on avec Pourim ?

Si Pourim est la « fête des masques qui tombent », alors elle devrait être un moment de vérité brute.

Si elle est utilisée pour "augmenter les chances de victoire", elle devient elle-même un masque : celui d'une piété de façade qui cache une volonté de puissance humaine.

À l'origine, le sort était l'arme d'Haman (le mal). Dieu a renversé ce sort.

Le danger actuel : En faisant de Pourim un "passage obligé pour la victoire", on finit par agir comme Haman : on essaie de manipuler le destin et les dates pour forcer la main de Dieu. On ne dépend plus de la Grâce, on dépend d'un calcul calendaire savant.

 

·        *LE PIEGE PHOPHETIQUE

Aujourd'hui, l'Irak et l'Iran occupent le sol de l'ancienne Babylone et de la Perse.

 Pour beaucoup de croyants, le sort de ces nations est déjà réglé par les prophéties de l'Apocalypse. On attend la "chute de Babylone" comme un événement inévitable. Or, quand on croit que la guerre est écrite d'avance, on ne cherche plus la paix, on cherche à accomplir la catastrophe. On transforme la Bible en un scénario de destruction que l'on s'empresse de jouer. Ce conflit dépasse la politique ; c'est une guerre de religions où chaque camp veut "prouver" la supériorité de son Dieu.

-Le but des Perses (Iran actuel) : Vaincre Israël et l'Occident pour démontrer que le Dieu de la Bible est impuissant et que leur divinité est la seule aux commandes du monde.

-Le but d'Israël : Répondre par la force pour prouver qu'il est le peuple élu et protégé, invincible par la main de Dieu.

Jérusalem devient alors la "pierre d'achoppement" : l'endroit où toutes les nations viennent se heurter et se briser parce qu'elles veulent toutes la posséder pour valider leur propre vérité.

Le drame d'Israël, c’est la confusion issue de son orgueil. Israël se croit investi d'une puissance divine automatique. Ceux qui ont fait de ce nom Israël : la "Pierre Angulaire" (rôle qui n'appartient qu'au Messie), oublient qu'Israël n'est qu'un témoin de la grâce de Dieu.

Et puis, comme les deux camps croient dur comme fer à la bataille d'Armageddon, ils vont finir par la provoquer. Ils courent tous les deux vers un Armageddon qu'ils ont eux-mêmes construit. C'est le sommet de la tragédie : la bataille se réalisera assurément, non pas parce que Dieu la souhaite, mais parce que l'orgueil des hommes a décidé de s'y donner rendez-vous.

 

  • *Maintenant voilà ce que devrait montrer la fête de Pourim et sur quoi chaque croyant ( juifs, chrétien ou autres) devrait porter attention :

1.     Dieu agit dans les événements de la vie ordinaire, dans le quotidien

2.     Dieu agit dans le secret, sans qu’il ait besoin d’être représenté comme une entité vivante. Il agit par l’esprit, par inspiration comme il l’a fait avec la reine Esther. Son silence ne signifie pas son absence.

3.     la vérité se révèle et les masques tombent, c’est le sens même de la fête.

4.     le retournement de situation arrive souvent au dernier moment. Le secours arrive souvent au moment où tout semble perdu. Au dernier instant, là où l'ennemi croit triompher, la situation bascule. C'est la signature de Dieu

5.     Celui qui pratique la justice (jeûne, prière, repentance) se retrouvera innocenté. Ce n’est pas l’épée qui le sauvera.

6.     La vérité finit toujours par triomphée, faisant le malheur de l’orgueilleux

7.     Celui qui combat son frère par l’épée périra par la même arme. La violence se nourrit de son propre auteur.

8.     Le mal finit toujours par périr en faveur du bien

Quand vous constatez ces choses… alors vous voyez la prophétie de Pourim se manifester.

-Quand vous voyez la vérité se révélée c’est Pourim,

-Quand vous voyez le masque de brebis  tomber à terre et dévoilant le loup, c’est Pourim.

-Quand vous êtes sauvé au dernier moment par Dieu d’une situation complètement injuste, c’est Pourim.

-Quand le mal est dévoilé et que le bien est manifesté, c’est Pourim.

Pourim c’est une célébration, oui… c’est la victoire oui, mais pas sur les Perses ni sur les Iraniens. Ce n’est pas contre un peuple mais contre un démon. C’est la victoire contre le démon du mensonge, la victoire de la vérité sur le mensonge.

Pourim sert à se rappeler que l’apparence, le déguisement extérieur, tombe un jour connu de Dieu seul. Tout croyant devrait se remettre en question est réalisé que les méfaits cachés se retournent un jour ou l’autre contre celui qui les a commis dans l’ombre.  Le sort du coupable est déjà acté. C’est une prédestination. Cette fête est un hymne à la transparence, un hymne à l’authenticité.

 

  • La vérité : c’est montrer le traitre, le vengeur, celui qui est indifférent aux malheurs et qui se lave les mains devant l’injustice: (Haman portait déjà en lui l'ADN des accusateurs de Jésus-Christ).

Alors, c’est vrai que le texte d’Esther nous montre de la violence contre les 10 fils d’Haman et contre tous ceux qui en voulaient aux juifs. Des dizaines de milliers de Perse périrent avec le consentement du roi Assuérus. Mais il est bien précisé par deux fois : «  Mais ils ne mirent pas la main au pillage. » (Esther 9 :10 et 16).

Les Juifs n'ont pas cherché à s'enrichir sur le sang de leurs ennemis Ce n'était pas une guerre de convoitise. La justice royale a été rendue pour assurer la survie, pas pour accumuler des trésors.

 Là où le monde voit un massacre, l'Écriture souligne une limite morale. On combat pour la vérité, pas pour le butin. De nos jours, les guerres se parent souvent de mots nobles (liberté, démocratie, sécurité), mais la vérité est "ignoble". La vérité c’est que Pourim révèle une Razzia.

-La prophétie de Pourim se manifeste quand le vol organisé est démasqué.

-C'est Pourim quand on réalise que la "guerre sainte" est en fait une "guerre financière".

-C'est Pourim quand le loup qui hurle à la justice est démasqué comme un voleur de ressources, qui fait razzia sur les ressources naturelles du pays.

Mes frères et sœurs : « la vérité vous rendra libre ». elle vous fera sortir des griffes du mensonge religieux qui vous lie par la peur du sort, la superstition des dates et l'orgueil d'être "du bon côté". Le vrai évangile de la grâce nous libère de ces chaines pour fêter un vrai Pourim, libéré de ses masques, debout devant son Créateur, les mains vides de pillage et un cœur rempli d’authenticité.

« Si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » (Jean 8:36)

Amen

dimanche 15 mars 2026

LE SANG DE LA VERITE

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Par Eric Ruiz

 On place souvent la vérité au sommet de nos valeurs, comme l’une des plus grandes beautés de ce monde.

La vérité est belle, et sa quête est élogieuse. Ceux qui la révèlent passent souvent pour des héros. Les scénaristes de cinéma sont friands d’enquêtes policières rondement menées, dévoilant tout le stratagème d’un crime insoupçonné. Les poètes, comme les chrétiens, aiment en parler comme d’un ornement : « La beauté et la vérité se rejoignent toujours, comme deux faces d’une même lumière. » La vérité rime avec entière, sans compromis, pure, sainte, authentique…

Tout cela est vrai. Mais n’est-ce pas seulement une partie du miroir ? Car l’autre face de la vérité est aussi celle qui révèle le mal, et en ce sens elle se couvre de sang. Montrer la vérité, c’est dévoiler les mensonges et tous les actes sanguinaires, meurtriers, cachés derrière des individus qui avaient une apparence angélique, sainte ou bien attentionnée.

La vérité est scandaleuse.

Jésus-Christ crucifié — sa mise à mort puis sa résurrection — dévoile la vérité sur le péché comme sur ses bourreaux : trois stratégies du mal.

1.     Judas Iscariote : un disciple jaloux, lâche et traître.

2.     Des chefs religieux juifs arrogants, animés par une vengeance folle.

3.     Un gouverneur romain, Ponce Pilate, qui se lave les mains d’un sang innocent.

La trahison, la vengeance et l’indifférence : ce sont les trois piliers du monde que la vérité de la Croix a mis à nu.

De nos jours, la vérité paraît ignoble parce qu’elle met en lumière un monde corrompu. Elle dévoile des êtres fourbes et violents : des pédophiles, des traîtres, des extrémistes, des assassins, des êtres abominables sans scrupules.

Nous ne pouvons aimer la vérité et le monde en même temps. Nous choisissons toujours l’un ou l’autre. C’est une question de « marque de la bête ». Si nous choisissons le monde, nous choisissons la marque de la bête ; si nous choisissons la vérité, nous choisissons Jésus-Christ.

Il y a de quoi avoir peur.

Le livre de l’Apocalypse est le livre de la révélation. Ce livre a donc pour vocation de montrer la vérité. Il révèle d’un côté qui est l’agneau, mais aussi qui est la bête, et qui sont ceux qui portent sa marque. Les premiers visés sont des êtres très pieux, ceux-là mêmes qui aiment conquérir et briller devant les autres.

Or, la quête de la vérité n’existe pas avec Dieu : elle ne se conquiert pas. Il n’est pas question de nous donner des indices pour que nous partions en croisade. De même, nous n’avons pas besoin de préparer notre défense face aux accusateurs.

« Quand on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz ; car le Saint-Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire. »
(Luc 12:11-12)

La vérité sortira au moment voulu par le Saint-Esprit.

Relisez le sixième chapitre de l’Apocalypse : c’est l’Agneau qui brise les sceaux et nous montre une vérité effroyable à travers quatre cavaliers.

-Un cavalier blanc qui part au combat pour convertir et qui se croit vainqueur avant même de combattre ;
-un cavalier rouge qui sème la zizanie et la haine et enlève la paix de la terre pour que les hommes s’égorgent ;
-un cavalier noir comme les ténèbres, qui fausse la justice avec deux poids, deux mesures, bourré de conflits d’intérêts ;
un cavalier verdâtre qui porte la couleur de la mort, car il tue par tous les moyens.

Bref, quatre combattants sous l'étendard de la foi animés d’une intention de plus en plus cruelle et criminelle.

·        La vérité : c’est que la course à la sainteté est sanglante et abominable.

Mais même cachée, cette vérité reviendra toujours à la surface, car l’agneau, possède le caractère divin et il tranche complètement avec le caractère religieux borné et méchant qui cachait ses intentions les plus vils jusqu’à là ;  et qui va se trahir en se faisant remarquer. Sa couleur le distingue. La vérité saute aux yeux, même.  Donc ce qui est véritable, se dévoile dans les combats et c’est lui, Dieu qui se charge d’y mettre la lumière. Il met sous nos yeux une réalité choquante. Les Ecritures saintes prennent un relief nouveau. Les emblèmes religieux qu’ils soient chrétiens, juifs, ou musulman, se couvrent de honte et de sang. De quel sang ? Du sang innocent. Et c’est ainsi que pour libérer un peuple de son oppresseur (souvent une minorité) on extermine une grande majorité de personnes. C’est se qui se passe sous nos yeux en 2026 en Israël, en Iran ou au Liban et bien sûr dans plusieurs pays africains. On massacre, on  assassine au nom de la vraie foi, de la sacro-sainte liberté (la démocratie) et de la vengeance.

Les enjeux sont cachés. Les motifs sont mensongers. La convoitise demeure toujours la même : « la richesse » Mammon. Cela n’a jamais changé, c’est l’ADN humain.

L’autre ADN c’est la vengeance. Le peuple saint veut venger la mort d’Abel. C’est un peuple qui se cherche des Caïn. Et la loi de la vengeance démultiplie les crimes. Caïn sera vengé.  Genèse 4 :15 :« L'Eternel lui dit: Si quelqu'un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. « La vengeance multiplie les crimes sur des criminels par 7. Faire sa propre justice ne fait qu’empirer les choses et provoquer des génocides.

Regardez le monde aujourd’hui, on tue des innocents parce qu’ils se trouvent sur le chemin de la convoitise (la richesse) et de la vengeance. Le monde c’est donc la richesse et le sang qui va avec. C’est se placer du côté du nombre sans voir qu’il court à sa perte. La vérité c’est boire la coupe de sang de Jésus et accepter d’être pauvre pour lui. Se démunir, c’est se placer du côté de la vérité. C’est se placer du côté du petit nombre, de la solitude. « La vérité ne détruit pas le monde : elle détruit les illusions qui le rendaient supportable. » 

·        Maintenant, La vérité a sa propre tragédie

Chacun un jour ou l’autre est confronté à sa propre vérité. La vérité déshabille l’âme humaine pour la mettre à nue. La philosophe et croyante Simone Weil nous en donne un aperçu spectaculaire : « on ne rentre pas dans la vérité sans avoir passé à travers son propre anéantissement ; sans avoir séjourné longtemps dans un état d’extrême et totale humiliation. ». Tout vrai retour à la réalité passe nécessairement par une vérité tragique.

Lorsqu'Adam entend la voix de Dieu dans le jardin, il dit : « J'ai eu peur...et je me suis caché. » La vérité est ici épouvantable car elle rend la nudité insupportable. Le mensonge était un vêtement confortable ; la vérité le déchire. 

A un moment donné, il faut savoir descendre de son piédestal et accepter d’avoir été la personne qu’on ne voulait surtout pas être, ou la personne qu’on a voulu être faussement.  Cette tragédie est encore plus humiliante si on est passé par un baptême de repentance. Qui aime être dévalué à ses propres yeux à ce point ? Personne. Judas Iscariote ne l’a pas supporté, il s’est donné la mort.

Quant à Saul de Tarse, qui est devenu Paul, il est l’illustration parfaite de cette tragédie intérieure. Sur le chemin de Damas, il tombe aveugle et lorsqu’il retrouve la vue, trois jours plus tard, il reconnait Jésus comme le Messie. Mais quelle tragédie et humiliation a-t-il du vivre, lui qui persécutaient à tors les chrétiens. Lui, qui était venu pour arrêter les prières des disciples de Jésus et en livrer certains autres aux chefs Pharisiens. Le voilà au milieu de ses nouveaux frères honteux de ce qu’il a fait : en croyant sincèrement faire le bien, il s’acharnait à faire le mal. Et cette lumière est terrible. Il doit reconnaître qu’il a livré des innocents, qu’il a combattu le Dieu qu’il croyait servir.

Ce que le Seigneur lui a dit s’accomplit: « Je lui montrerai moi-même tout ce qu’il devra souffrir pour moi. » (Actes 9:16). Cela s’est accomplit à l’instant même où Paul a retrouvé la vue et la foi en Christ. 

Les premiers tonnerres de la foi grondent avec un bruit très inquiétant. Pourquoi cette vérité doit-elle être forcément « tragique » ?

Parce qu’elle révèle : la réalité du mal, notre fourvoiement, notre fragilité, notre propre souffrance ; bref la nécessité de se convertir.

Mais si la vérité divine n’était ornée que de cette face sombre et vomissable. Nous serions nous disciples de Christ tous dépités, découragés, sans motivation. Et là il faut se souvenir que Dieu par son Esprit nous remplit d’une joie et d’une paix parfaites qui nous permettent de supporter cette vérité ; de nous en accommoder et de nous détacher d’elle pour qu’elle ne nous ébranle pas.

« Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, » (Jacques 1 :2)

·        La vérité redevient belle grâce à l’amour

Maintenant ce qui rend la vérité belle, c’est l’amour pur qui y est associé. Quand la vérité rétablit l’amour, alors la place est illuminée de beauté et de splendeur. Par exemple : Lorsqu’une personne qui a subit du mal et de l’injustice se voit justifiée, cette reconnaissance, cette vérité lui met un véritable baume au cœur. A ce moment-là la vérité affranchie. « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre. »(Jean 8 :32)

L’amour devient le berceau de la vérité et nous rend libre.

-Pour en revenir à l’apôtre Paul, la vérité, lorsqu’elle s’est associée à l’amour l’a vraiment affranchie. Paul n’a pas été accepté au départ par les disciples de Christ. Il l’a été au moment où les juifs le recherchaient pour le faire mourir. C’est à ce moment-là que la vérité de sa conversion était au plus fort de sa lumière. La haine des juifs confirmait qu'il n'était plus des leurs. Les disciples ont manifesté leur amour pour lui, en le protégeant, en le cachant, en lui sauvant la vie. Le sacrifice des disciples confirmait qu'il était lui désormais l'un d’eux.

 Pour résumer : La vérité est épouvantable pour celui qui court à la sainteté, mais elle est libératrice pour celui qui accepte le brisement. C'est le paradoxe du Christ : la Vérité est une pierre d'achoppement pour les uns, et la pierre angulaire pour les autres. D’un coté le sang de la vérité coule et montre un sacrifice honteux et inutile. Alors que de l’autre le sang coule, mais c’est celui de Christ qui s’est sacrifié pour que son amour nous élève dans la vérité. La vérité nous déshabille pour que Christ puisse nous revêtir ; Comme pour l’apôtre Paul, la vérité a changé son vêtement de honte en vêtement de gloire. Elle nous détruit en tant qu'idoles pour nous restaurer en tant que fils. Et c’est ce que fait Christ pour chacun de nous lorsque nous préférons la nudité causée par une vérité honteuse et humiliante, qu’à la survie du monde où chacun cache sa nudité.

La vérité dévoile en fait le grand plan divin. Dieu est venu racheter des êtres ignobles, scandaleux, prêts à trahir, à se venger, ou insensibles à la misère des autres.

Qui sur cette terre a mérité son rachat ? « Selon qu'il est écrit: Il n'y a point de juste, Pas même un seul;
11Nul n'est intelligent, Nul ne cherche Dieu;12Tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n'en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul »Romains 3 :11-12)

La vérité montre un Dieu bien au-dessus de nos représentations ; bien au dessus de nos représentations les plus idéalisées. Un Dieu qui vient s’incarner en Jésus pour donner sa vie pour des êtres indignes d’amour (comme l’était le brigand sur la croix).

Mais l’amour de notre Dieu n’est pas celui d’un homme. Non seulement il oublie et pardonne, mais il donne son amour, il nous rend capable de devenir comme lui grâce au Saint Esprit. Il fait bien plus que de nous associer à lui, il nous adopte comme ses propres fils.

Nous connaissons le proverbe : « toute vérité n’est pas bonne à dire » mais je crois surtout « qu’il y a des vérités difficiles à recevoir ».  Connaitre la vérité nous engage à devoir agir. C’est une forme de responsabilité qui nous oblige à sortir du déni. On ne peut plus « faire comme si ». Les décisions à prendre seront certes douloureuses mais tellement salvatrices.  Douloureuses : parce que la vérité est couverte de tragédie mais derrière le chaos, il y l’émerveillement, l’être nouveau, la terre promise : la renaissance en Christ.

Amen