dimanche 26 juillet 2026

LA SOLITUDE DU CROYANT : UNE FAIBLESSE ou UNE FORCE ?

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Par Eric Ruiz

 

Dans ces temps difficiles nous constatons, un monde empreint de lourdes conséquences du réchauffement climatique : Des hectares de terrains brûlés, des maisons calcinées, des entreprises, des écoles, des églises réduites en cendre.


Mais il existe aussi un autre phénomène tout aussi dévastateur et silencieux : au sein même des assemblées chrétiennes, beaucoup souffrent d'une profonde solitude. Ils ne la manifestent pas forcément en se plaignant et en gémissant ; La plupart restent discrets et pudiques sur leur souffrance mais leur quotidien est teinté d’un sentiment d’isolement et d’abandon. Les autres autour d’eux, aussi nombreux soient-ils n’apparaissent plus comme des soutiens avec qui ils échangent de bons moments mais ils passent pour des étrangers.

 

Pourtant les prédicateurs ont bien insisté sur le fait que rester seul et isolé est négatif pour l’être humain et qu’il a besoin de communion fraternelle. Car c’est là qu’il y puise sa force.  La preuve : Dieu a trouvé qu’il n’était pas bon à Adam d’être seul et il a créé Eve. « Je lui ferai une aide semblable à lui. » (Genèse 2 :18).

A partir de là, il y a inconsciemment comme une doctrine gravée dans le cœur du croyant. Et ces mots résonnent alors : « Il n’est pas bon que je me retrouve seul. Je dois me retrouver avec ceux qui sont semblables à moi ». La volonté de Dieu est que je sois le plus possible en communion avec des frères et des sœurs.

Là aussi ce commandement n’existe pas. Ce qui existe est ce que nous ressentons et désirons au fond de nous. Les sentiments sont là pour nous inciter à faire le bien. Un chrétien qui vit seul et qui n’en souffre pas pourquoi serait-il soumis à une loi sociale ?

Pèche-t-il pour autant ?

Tout chrétien sait pertinemment que la communion fraternelle est un atout majeur dans la vie du disciple, pour sa formation, afin d’atteindre un niveau de maturité supérieur. Mais même en sachant cela, il peut éprouver un sentiment profond de solitude au sein de son assemblée. Et se sentir impuissant face à cette situation. Alors, insister sur les bienfaits de la communion ne fera qu’accentuer sa frustration comme aussi amplifier un sentiment de culpabilité.

Parce que, la solitude n’est pas juste le fait de se retrouver isolé des autres êtres humains, c’est aussi un état involontaire et douloureux qui est lié à un manque de liens sociaux profonds.

Profonds oui, parce que les gens seuls, expriment souvent leur souffrance en blâmant la superficialité des autres.

Ils arrivent à l’Eglise et les seuls échanges qu’ils ont, c’est : « bonjour mon frère, bonjour ma sœur, comment vas-tu ? Que le Seigneur te bénisse ». Et ils ont quelques échanges sur le temps qu’il fait, l’actualité et sur quelques autres banalités.

 Se sentir exister, passe par une relation d’échange avec l’autre, où l’on se réjoui, où l’on ri, on plaisante, où l’on parle de ses petits moments de vie, parfois de ses doutes, ou de ses espérances ; où l’on se surprend à avoir des idées communes sur un sujet. Où l’on a le sentiment d’être compris et écouté. Et, ce n’est pas forcément toujours avoir une relation sérieuse sur des sujets profonds. Mais c’est reconnaître la personnalité de l’autre, en partageant avec lui des moments simples. La solitude vécue à deux est un lourd fardeau tandis que la solitude vécue seule ne l’est pas forcément.

Le problème est que la solitude est confondue avec l'isolement. Alors elle rime très souvent avec tristesse, passivité et découragement. Mais cette solitude là est subie. Elle est mal vécue. Or, la solitude comme l'isolement peuvent être aussi très différentes.

 

La solitude n’est pas toujours visible de l’extérieur, mais c’est toujours un état d’âme. Elle se vit intérieurement et non de façon visible, isolée du monde. Elle apporte calme, réflexion, méditation et liberté d'action. La solitude est très bonne conseillère.

 

Or, je reviens sur la loi de la communion fraternelle. Elle n’est pas la panacée. C’est au Saint-Esprit encore une fois de déterminer le moment, le lieu et les frères qui seront vos conducteurs. La loi c’est justement qu’il n’y en a pas. Dans Matthieu 3 :15 Jésus qui rencontre Jean le baptiste pour la première fois va lui montrer la porte du lâcher prise : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus. ».

 

Le plus important est que nous ne résistions plus au Saint-Esprit. C’est lui le chef, c’est lui qui est notre première communion fraternelle.

Si l’on s’en tient aux Ecritures, force est de constater que beaucoup de personnages ont forgé leur foi dans la solitude et même plus dans un isolement complet. La consécration se forge dans le désert des relations sociales.

Si l’on se réfère à la vie d’Elie le Thisbite. Ce prophète a vécu dans un isolement social total. Sous l’ordre de Dieu, il est allé se réfugier au torrent de Kerrith. Le chapitre 17 du premier livre des Rois est édifiant à ce sujet. La seule relation évoquée est celle qu’il a eut avec le roi d’Israël Achab. Elie lui a prophétisé trois années de sécheresse. A partir de là, Elie n’était plus le bienvenu en Israël. Il est donc resté près d’un torrent jusqu’à son asséchement. On peut estimer qu’il a dû rester au moins un an dans ce lieu aride avant de se retrouver face à la veuve de Sarepta et à son fils et qu’un miracle naisse de cette relation.

Alors c’est vrai que tout croyant n’est pas appelé à vivre ce que Elie a vécu. Car tout le monde n’est pas appelé à être prophète. Mais ne croyez vous pas que la consécration d’un disciple passe nécessairement par une phase où la relation sociale est interrompue ?

Ce qui est intéressant avec Elie, c’est qu’il n’a été nourri que par Dieu. Il lui envoie sa nourriture par des corbeaux. La dépendance totale envers Dieu est bien souvent une réalité concrète en même temps qu’une réalité spirituelle.

Lorsque Jésus fut tenté au désert par le diable, le fils de Dieu lui dit ces mots si connus : « L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. ». Alors que justement Jésus de Nazareth n’a pas de pains, et que la nourriture est absente.

Le meilleur moyen pour discerner que la Parole de Dieu est supérieure à toute nourriture n’est-ce pas pendant un manque de nourriture ?

Comme, n’est-ce pas au moment où nous soufrons d’une maladie que nous apprécions le mieux la santé ?

Pour David sa consécration est la même.

Le Psaume 63 commence ainsi : «  Lorsqu'il était dans le désert de Juda. (63:2) O Dieu! tu es mon Dieu, je te cherche; Mon âme a soif de toi, mon corps soupire après toi, Dans une terre aride, desséchée, sans eau ». 

Là aussi quelle similitude entre sa soif de Dieu et le désert sans eau. Et quoi penser lorsque David évoque la louange. « Mes lèvres célèbrent tes louanges. Je te bénirai donc toute ma vie, J'élèverai mes mains en ton nom. Mon âme sera rassasiée comme de mets gras et succulents, Et, avec des cris de joie sur les lèvres, ma bouche te célébrera. ».

Cet état de manque d’eau et de nourriture pousse David encore plus à la louange. Ses cris de joies le font tressaillirent à l’idée de célébrer son Dieu quand il sera rassasié.

Ce qui est remarquable ici, c’est le contraste qu’il peut y avoir avec nos assemblées. Le chrétien bien souvent ne manifeste des cris de joies et des mains tendues vers le ciel, qu’au milieu d’un groupe de croyants réunis dans une église ; et qui plus est ils ne sont ni assoiffés, ni manquant de nourriture. Et là cette manifestation se fait au milieu d’un désert, là où tout est absent sauf l’essentiel : Dieu. Et curieusement, c’est là que David éprouve le plus de joie à être en communion avec Dieu.

La solitude n’est ni une faiblesse, ni une force mais pour un disciple elle est un accomplissement. Alors, coupons encore une fois avec le dogme chrétien qui consiste à toujours mettre en avant ce qui rapporte : cette fameuse richesse, Mammon. la communion fraternelle est une manne pour les Eglises. Elle cache malheureusement trop d’intérêts divergents. C’est pourquoi elle résiste à Dieu.

La communion fraternelle est évidemment très importante, (et loin de moi l’idée de la combattre) mais ce n’est pas une fatalité. Laissons le choix à Dieu et ne lui résistons pas en mettant en avant une loi qu’il n’a jamais (oh combien jamais) promulguée.

 C’est Dieu qui a amené Elie au Torrent de Kerrith, C’est Dieu qui a amené David dans le désert de Juda. C’est Dieu pareillement qui peut nous emmener dans un désert au sens naturel comme spirituel.

La volonté de Dieu s’exprime ainsi : Dieu provoque les situations d’isolement pour mieux nous consacrer.

J’avais dit il y a quelques années dans un message, que le jeûne n’est pas forcément une décision volontaire de notre part, mais qu’il viendra un jour où jeûner sera provoqué par les circonstances de la vie.

Celle ou celui qui ne vit pas de la parole de Dieu, alors qu’il s’est engagé dès son baptême à le faire, sera un jour contraint malgré lui à le louer pour sa parole Pourquoi ? Parce que dans ce désert, là il aura tout perdu. Mais sa louange sera parfaite.

 Ce qui peut paraitre un terrible échec, un terrible châtiment peut être en réalité une occasion de salut, l’occasion de se consacrer pleinement à Dieu. Ce qui est visible cache parfois la vérité et c’est pourquoi juger est si aléatoire et vain.

Alors ne jugeons pas celui qui n’a pas de communion  mais aussi ne nous plaignons pas de notre sort, si nous sommes isolés ou si nous nous sentons abandonnés. Mais cherchons la volonté de Dieu en tout temps. Ses promesses ne changent pas ; Ses bénédictions non plus. C’est lui seul notre chemin. Mais notre chemin n’est pas forcément le même que notre frère ou que notre sœur ont pris. Ayons dans le cœur cette parole de Jésus : « Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. ».

 Jean le Baptiste n’avais pas l’intention de baptiser Jésus. Sa justice l’en dissuadait. Mais les voies de Dieu ne sont pas les nôtres. Jean devait (comme nous-mêmes devons aussi le faire), laisser Dieu agir et changer ses faux principes et ses mauvaises convictions.

Si dans ta vie les circonstances t’amènent à déménager loin de tes frères, si les circonstances t’amènent à t’isoler, à te priver de communion fraternelle, ne résiste pas car il est convenable que tu accomplisses ce qui est juste. De même si tu vois ton frère où ta sœur prendre un chemin différent qui n’est pas du tout celui que tous ont pris ne le juge pas comme un païen ou un hérétique. Il n’a pas abandonné la foi, il accomplit juste une œuvre différente de la tienne.

 

La solitude qui fait de toi un solitaire ne s'oppose pas à la communion fraternelle. Elles ont toutes les deux leur intérêt et leur propre chemin. En fait on ne choisit pas l’un ou l’autre. C’est Christ qui est à la tête de ces deux chemins pour ceux qui l'aiment et qui font sa volonté. Vouloir les opposer, c'est vouloir mettre des liens et des fardeaux sur celles et ceux qui œuvrent pour la justice. C’est vouloir imposer une justice différente de celle de Dieu.

 

Mes frères et sœurs, nous vivons des temps où parmi nous certains devront rester d’autres partir, certains se retrouverons isolés d’autres viendront se joindre à vous. Laissons faire le Saint-Esprit ; c’est lui qui accomplit son œuvre à travers nous. Tout est bon pour notre consécration et notre croissance en lui.

Amen

dimanche 19 juillet 2026

AMEN : UN SENS BEAUCOUP PLUS PROFOND QUE CELA EN A L'AIR

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Par Eric Ruiz

 

1-     L'Amen superficiel des réseaux et des assemblées

 

Je vois sur les réseaux sociaux des appels à dire « Amen » pour tout.


On dit « Amen » pour être d’accord avec une bénédiction, par exemple : « Oublie ton passé et concentre-toi sur ton avenir. Le meilleur est devant toi. Ecris » « Amen » si tu es d’accord avec cette prophétie. Et cela va même jusqu’à demander : « Que le Seigneur bénisse tous ceux qui écrivent « Amen ». Amen

On pourrait rétorquer : oui mais ça se sont les réseaux sociaux. Ils exagèrent beaucoup les choses et ils ne cherchent qu’à faire le buzz.

Et dans les Eglises les croyants sont-ils moins superficiels ?

A chaque fin de phrase du prédicateur, les voilà scandant le fameux mot « Amen ».

Le prédicateur, lui aussi est sur la promotion de ce mot. Combien de fois ai-je entendu : « Je veux des Amen pour notre Dieu» ou encore : « Etes vous avec moi, dites Amen, cela montre que vous me suivez attentivement ! » Et l’assemblée s’exécute comme un holà de spectateurs conquis et enflammés pour leur équipe de football.

 

Amen : c’est un mot universel, le seul mot qui se dit ainsi quelles que soit les langues et les peuples. Un mot hébreu qui porte le sens de : « ainsi soit-il ou qu’il en soit ainsi» ; Et pour le commun des croyants c'est une réponse pour marquer l'accord à ce qui vient d'être dit.

La dérive apparaît comme une évidence : l’accord est avec le prédicateur plus qu’avec le contenu profond de son enseignement.

C’est d’abord un témoignage de fidélité et de confiance envers son prédicateur avant, bien avant d’être celui de la fidélité divine.

C’est encore une fois la créature qui est honorée avant le créateur.

 

Mais est-ce le sens de ce mot ? Est-il aussi superficiel lui aussi ?

Voyez-vous,  je parle de fidélité car dans le mot Amen il y a la racine hébraïque « emounah » qui a trait directement à la confiance, à la foi, à l’attachement à Dieu.

 

On retrouve le mot « Amen » associé aux lois promulguées par Moïse au peuple ; et c’est la formule qui termine chaque loi : 12 au total dans le chapitre 27 du livre du Deutéronome  se présentent sous la forme : « Et tout le peuple dira Amen ! ». A chaque commandement est associé le mot amen :

 

« Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère! -Et tout le peuple dira: Amen. Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain! -Et tout le peuple dira: Amen »

 

2-     La racine d'un engagement : Amanah et l'Alliance

 

Il ne s’agissait pas bien-sûr de répéter ce mot bêtement à la fin de chaque commandement, comme un tic de langage.

Amen ici porte le sens de l’alliance puisque la racine hébraïque «  Amanah «  évoque un pacte, d’une alliance souvent écrite et faite entre deux parties. La loi est l’alliance faite entre Dieu et le peuple hébreu ; Il est à noté qu’ici Moïse donne des lois qui seront écrites sur des pierres après avoir passées le Jourdain.  L’alliance est un contrat  ou chaque partie s’engage à respecter les termes. Ici l’engagement de la Torah est sacré. Et ce n’est pas anodin de commencer la loi par la malédiction avant d’entrevoir la bénédiction. La loi commence par : « maudit soit celui ». Le législateur insiste sur les conséquences de la rupture du contrat. Ce qui veut dire qu’en méprisant ses parents, en déplaçant les bornes, je romps mon contrat avec Dieu. Le mot Amen sert alors de signature. C’est un cachet d’authenticité.

En rompant l’accord je m’expose au châtiment qui va avec. En méprisant mes parents, par exemple, mes jours sur terre se raccourciront. En déplaçant les bornes de mon prochain, Dieu répand sa colère comme un torrent (Osée 5 :10).

Parmi le peuple, ceux qui n’étaient pas au clair avec la Torah devait avoir la voix tremblotante en prononçant le mot Amen ; Car ils savaient à quoi ils s’exposaient vraiment.

De nos jours, la responsabilité qui va avec ce mot a quasiment disparue. La grâce aurait comme par magie enlevée toute responsabilité au disciple de Jésus. Avec ironie je dirais que le sang de notre sauveur le rendrait immaculé. Nous devrions tous être vigilants pour éviter de prononcer de vaines paroles en disant Amen à toutes les sauces. Ainsi nous devrions bien mesurer notre prière, comme bien évaluer à quoi nous nous engageons à la suite d’une parole de Dieu. Lorsqu’on me présente un contrat où une somme d’argent très importante y figure, je ne signe pas à la va vite. Je reprends chaque partie du contrat et j’examine s’il n’y a aucun litige ou une chose que je n’aurai pas compris. Et surtout si je suis en mesure de répondre à chaque exigence du contrat.

Jésus dit à celui qui veut présenter son offrande d’aller se réconcilier avec son frère avant. Eh bien pour dire Amen à sa prière ou à une parole, Dieu nous demande avant, d’examiner si nous sommes en capacité d’y répondre.

 

3-     Le Notre Père : Un contrat à double signature

 

Dans la prière du « Notre Père » qui est entre parenthèse l’exemple donné par Jésus à ses disciples, l’Amen à la fin, de cette prière confirme l’acte responsable des deux parties. Pour l’homme, s’il prie « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », Dieu ne s’attend-il pas à ce que celui qui le prie le fasse en premier, sa volonté ? De même : Dieu pardonne nos fautes à la condition que nous pardonnions les fautes de ceux qui nous ont offensé.  Et quand Jésus dit : « Père, c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire » n’est-ce pas aussi un contrat responsable  à double signature? Ne devenons-nous pas chasser les démons qui nous incitent à régner à sa place, qui nous motivent à chercher la puissance et la gloire personnelle ? Si nous avons cette intention profonde, Dieu éloignera le mal et la tentation ne nous fera pas chuter.

 

Mais allons un peu plus loin dans le sens de ce mot hébreu si souvent prononcé dans l’assemblée.

 

4-     Pourquoi Jésus commençait-il par "Amen, Amen"

 

D’abord Jésus le prononçait-il à la fin de ses prières ? Non, jamais il ne l’a fait. Par contre, il lui arrivait de commencer son prêche par « Amen amen je vous le dis ». Aujourd’hui hélas, peu de traductions ont gardé le mot amen. Peut-être parce qu’un mot hébreu dans un texte grec les gênait. Alors les traducteurs ont opté pour le traduire souvent ainsi : « en vérité en vérité je vous le dis ou je te le dis ». Bizarrement, il n’y a que quelques traductions (des Bibles catholiques comme la Bible de Jérusalem, la Liturgique ou la Bible œcuménique Tob), qui gardent le mot original. Ou encore comme avec la Bible Segond (mais là cela reste au choix de l’éditeur).

Pourquoi les traductions qui retirent ce mot hébreu font une grosse erreur ?

Parce que le mot Amen ne se réduit pas à « en vérité », on vient de le voir, car la notion d’engagement personnel n’y figure pas. Là aussi chacun pourrait adhérer plus ou moins à ce que dit Jésus sans y voir un acte de responsabilité. Or, à chaque verset, il y a comme une prise de position spirituelle forte, une alliance qui doit être faite entre l’homme et Dieu. Prenons par exemple :

Jean 3 :3 : « Jésus lui répondit: Amen Amen, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Ici, l’alliance débute à partir du moment où nous naisssons de nouveau. Cette transformation n’a rien d’intellectuel, c’est une onction divine. Une onction qui amène une bénédiction celle de la vie Eternelle.

Jean 6 :47 : « Amen amen, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. ».

Jean 8 :34 : « Amen amen, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché ». L’alliance divine nécessite une aversion pour le péché.

Jean 12 :24 : » Amen amen, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. ». Le disciple qui porte du fruit s’engage à faire mourir ce qui est périssable en lui.

 

Par conséquent derrière le mot « Amen » il y a cette phrase qui devrait résonner en chaque croyant : « Adhère à cette parole et engage toi corps âme et esprit ».

 

5-     Quand l'Amen devient le véritable Juge

 

Une autre signification qui n’est pas moins profonde :

Jean, dans le livre de l’Apocalypse fait référence à quelqu’un portant le nom « Amen » (c’est Apocalypse 3:14), « Ecris à l'ange de l'Eglise de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu ».

Ce verset est clair, il signifie que l’Amen est le sceau de l’authenticité et de la vérité et ce seau est présent dès le départ de la création. Jean 8 :58 : «  Jésus leur dit: Amen amen je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. ».

C’est le véritable juge qui était là dès le départ, et c’est lui qui  nous déclare menteur ou authentique. Il nous déclare froid, tiède ou bouillant parce qu’il connait nos œuvres. Il sait réellement tout ce que nous faisons de mal comme de bien. Rien ne lui échappe. Et trop souvent notre tiédeur le fait vomir. Cet Amen, ce juge, c’est le Père, le fils et le Saint-Esprit.

Premier exemple : Jean 10 :1 : « Amen amen, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. ». Le faux témoin contourne la porte en passant ailleurs ; et Dieu le juge. C’est un voleur et un brigand pas un disciple ou un habitant du Royaume de Dieu.

 

Deuxième exemple : l’annonce de celui qui trahit Jésus : « Amen amen, je vous le dis, l'un de vous me livrera. » (Jean 13 :21). ou Troisième exemple : l’annonce du reniement de Simon Pierre, Jean 13 :38 :  « Amen Amen je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.» ou encore Jean 21 :18 qui annonce une forte épreuve de foi pour Simon Pierre qu’il ne pourra anticiper et conduire lui-même  : « Amen amen, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudrais pas ».

 

En résumé, « Amen » n’a pas le sens aussi simplifié que : «fin de la prière, je suis en accord». Dans la Bible, c'est une déclaration de foi qui peut se résumer ainsi :

 «Je crois, j’adhère, je m’engage, je me repends, Dieu est juge. ».

 

Mais il est à noter que parmi les mouvements chrétiens, certains ne disent plus « Ainsi dit le Seigneur ». Mais ils se sont mis à exercer le ministère de prophètes en doublant le mot Amen en début de phrase (Amen amen). Ils ont considéré que doubler le Amen renforce l’intensité et donne une puissance supplémentaire à la prophétie. La nuance est très importante. Un prophète peut donner une parole de Dieu est dire « Ainsi dit le Seigneur ». Mais commencer par dire Amen amen a un autre sens. Vouloir imiter Jésus commence par comprendre le sens de ce qu’il dit ou fait.

On devient soit même l’Amen. C'est-à-dire que l’on est alors le témoin fidèle et véritable de Dieu. Il faut être un disciple accompli. Or tout prophète n’est pas forcément un disciple accompli. « Le disciple n'est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître. »(Luc 6 :40).

 

6-     Conclusion : Prêts à signer et à dire Amen ?

 

Pour conclure je dirais qu’imiter Jésus est une excellente chose si l’intention est de ne pas tomber dans de vaines paroles. Si l’intention est de connaitre le sens de ce qu’il dit pour faire le bien et non pour se donner des allures pieuses.

Si nous prions : «  Père je te prie de m’aider à faire ta volonté, amen », nous devons considérer que nous sommes prêts à changer des mots, des actes et des intentions qui ne ressortent pas de la volonté divine et que nous avons gardés pour faire ce que nous aimons. Amen demande obligatoirement un sacrifice de notre part. Sommes-nous prêts alors à nous séparer de ce qui est vil et périssable en nous ? A aller même là où on ne voudrait pas aller? C’est un des termes principal du contrat que nous signons avec Jésus-Christ dès le baptême de repentance. Notre Amen porte toujours une responsabilité. Il nous engage à progresser, à croitre en Christ pour atteindre une stature parfaite qui est la sienne. Si nous sommes prêts à nous sacrifier et à diminuer pour Christ, alors nous pouvons dire Amen. Mais si un doute subsiste, le temps n’est pas encore venu de nous engager.  

Ne soyons pas superficiels mais profonds dans notre relation avec le Seigneur.

Que notre Amen soit emprunt de foi, d’authenticité, et d’intégrité envers notre Dieu.

Amen ?

dimanche 12 juillet 2026

La fausse loi de la grâce : Obéir plutôt qu’ACCOMPLIR

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Par Eric Ruiz

 

L’Evangile va beaucoup plus loin que la loi : sans l’abroger pour autant, elle l’accomplie. Matthieu 5 :17 : Jésus dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. ». Oui les chrétiens sont quasi unanimes à aller dans ce sens. 

Mais « accomplir » c’est quoi au juste ?


Une réponse rapide et qui n’engage à rien, est de dire : « Christ a accompli la loi. Alors ceux qui croient en Christ ne sont plus esclaves de la loi ». Cette affirmation de foi est vraie seulement si elle se concrétise par des actes. La foi sans les actes est morte écrit Jacques dans son épitre. Sans actions nous nous faisons menteurs. Nous disons et ne faisons pas ce que nous disons. Donc «accomplir » c’est montrer que l’on n’agit plus en esclave contrairement à la loi qui ne rend pas libre, mais qui nous enchaine à des règles.

Et d’une manière très surprenante Paul annonce une loi dans 1 Corinthiens 9 :13-14 : « Ne savez-vous pas que ceux qui remplissent les fonctions sacrées sont nourris par le temple, que ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel? 14De même aussi, le Seigneur a ordonné à ceux qui annoncent l'Evangile de vivre de l'Evangile. ».

Combien de pasteurs, combien de prédicateurs de l’Evangile se sont précipités sur ce passage biblique comme du pain béni. « C’est un ordre du Seigneur, c’est une obligation de pourvoir aux besoins financiers et matériels du pasteur. Si vous ne le faites pas, vous désobéissez à un commandement du Seigneur ! »

Ont-ils raison d’interpréter ce verset de la sorte ? Ne vont-ils pas trop loin en vivant aux frais de leurs assemblées ?

Oui, ils ont raison, mais un éclairage supplémentaire est indispensable.

Car, nous sommes là complètement sous la loi. Il n’est plus question ici d’agir selon l’inspiration ou selon les cas, mais d’obéir et donc de répondre aveuglément à une taxe obligatoire. Et Paul a raison de prendre l’exemple des Lévites qui exerçaient au Temple : ceux qui remplissent les fonctions sacrées sont nourris par le temple, ceux qui servent à l'autel ont part à l'autel ».

Mais s’arrêter là, n’est pas satisfaisant, car ce n’est pas ce que Christ est venu accomplir.

Accomplir demande de l’amour, du discernement et de la liberté.

Nous devons discerner le besoin de celui qui annonce l’Evangile afin qu’il puisse exercer son ministère. Et nous avons cette liberté de donner dans les proportions qui nous est imparti à chacun. Ainsi, si nous retirons l’amour, le discernement et la liberté nous retirons l’accomplissement en Christ. « Il vous enseignera toute chose » le verset dit ceci précisément : » Mais le consolateur, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, ». Il y a un passage évident, comme une frontière entre : «  tu dois obéir sans réfléchir » à « je discerne que mon pasteur a besoin d’aide et j’ai envie de l’aider de cette manière ».Ce n’est pas le même acte de foi. Le premier c’est la foi mosaïque, le deuxième s’est la foi héritée de Christ par son sacrifice. Dans le premier cas le croyant a besoin d’un rappel de la loi pour agir, dans le deuxième cas, il agit librement guidé par le Saint-Esprit.

 

Mais alors pourquoi Paul donne-t-il une loi plutôt qu’un accomplissement aux Corinthiens ? Pourquoi ne les incite-t-il pas à agir en toute libéralité par l’Esprit ?

 

Là encore, le contexte est un élément essentiel à prendre en compte. Relisons bien les enjeux de cette lettre de Paul. Cette première épitre montre dès le premier chapitre qu’il y a des divisions parmi l’assemblée des Corinthiens. Il n’y a pas un seul esprit qui domine mais des esprits en querelles. Au chapitre 3, l’apôtre dit : « Pour moi, frères, ce n'est pas comme à des hommes spirituels que j'ai pu vous parler, mais comme à des hommes charnels, comme à des enfants en Christ. 2Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; » ; au chapitre 5: « On entend dire généralement qu'il y a parmi vous de l'impudicité, et une impudicité telle qu'elle ne se rencontre pas même chez les païens… Otez le méchant du milieu de vous »  Pas étonnant alors que Paul soit obligé de se défendre face à ceux qui trouvent injustes de lui donner des aides. Lorsqu’il prend la loi pour justifier une obligation légale, Paul continue à leur donner du lait. Ce qu’il demande n’est pas pour lui pour son confort ou pour son enrichissement personnel, mais pour les besoins de l’Evangile de Christ. Et il précise qu’il n’a pas usé de ce droit bien au contraire (c’est ce que nous lisons à la suite du texte dans 1 Corinthiens 9 :15), il dit : « Pour moi, je n'ai usé d'aucun de ces droits, et ce n'est pas afin de les réclamer en ma faveur que j'écris ainsi; »

En fait, Paul ne peut leur parler directement d’agir dans la grâce de l’Evangile, cette nourriture là ils ne peuvent la supporter parce qu’un bon nombre de Corinthiens soupçonnent le mal vis-a vis de Paul. L’apôtre aurait-il écrit cette même exhortation à l’Eglise de Thessalonique ? Lui qui écrit avec Sylvain et Timothée : « Quelles actions de grâces, en effet, nous pouvons rendre à Dieu à votre sujet, pour toute la joie que nous éprouvons à cause de vous, devant notre Dieu! » et voici ce qu’ils écrivent à cette Eglise envers ceux qui ont un ministère : « Nous vous prions, frères, d'avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. 13Ayez pour eux beaucoup d'affection, à cause de leur œuvre. ». On ne parle plus de devoir ni de loi, mais de considération et d’affection. Un autre aliment beaucoup plus solide, ne pensez vous pas ?

 

Revenons à l’Eglise de Corinthe. L’apôtre revient à la loi pour leur enseigner ce qui est un droit qui lui revient. S’ils rejettent l’homme, qu’ils ne rejettent pas au moins le ministère, qui lui, est à privilégier sans discernement. Mais ce droit il ne veut pas l’utiliser. Paul en toute évidence souhaiterait voir ses frères Corinthiens agir comme ceux de Thessalonique, par amour et avec l’Esprit de Christ plutôt que sous la pression d’une obligation spirituelle.

Quant à Paul, il est un exemple. Lui agit comme un véritable disciple qui accompli l’œuvre de Christ .Pourquoi ?

Parce qu’il n’impose pas la loi qui consiste à recevoir un salaire par ses frères. Il souhaite que leur don provienne d’un cœur bien disposé.

Regardez, il s’impose à lui-même « des souffrances pour ne pas créer des obstacles à l’Evangile » (verset 12)

Il ne rechigne à aucun sacrifice. Il choisit volontairement de renoncer à un confort ou à des situations facilitantes pour ne mettre aucun obstacle à l'Évangile. On sait par ailleurs qu'il travaillait comme fabricant de tentes (voir Actes 18:3) afin de subvenir à ses besoins lorsqu’il le pouvait. Paul est celui qui défend fermement le droit d'être soutenu comme il est aussi celui qui renonce le plus souvent à ce droit pour ne pas créer d'obstacle à l'Évangile.

Mais l’apôtre agit avec discernement sachant qu’il maltraite sa chair ; qu’il sait se priver de nourriture ou de vêtement et qu’il n’est pas à réclamer une aide qu’il peut lui-même subvenir par son travail. Mais quand l’Evangile lui prend tout son temps et ses ressources, il vient naturellement en parler à ses frères.

 

Donc, il est important pour un disciple, de bien faire la différence entre accomplir et obéir.

Il n’est pas question d’aider ou de ne pas aider, mais plutôt de se laisser guider par l’Esprit et le cœur pour aider celui qui vous enseigne. La générosité bienveillante (qui concerne le fruit de l’esprit) n’est pas une affaire d’obligation mais de cœur, donc d’accomplissement.

 

Je sais que la séduction est dans l’Eglise et qu’aujourd’hui les évangélistes parlent d’obligation et de cœur (des deux à la fois). Ils réaffirment la loi, et ils culpabilisent le croyant en lui disant que son cœur est dur car il ne donne pas assez pour le ministère. C’est une manière diabolique pour forcer la main de ses frères à donner toujours plus.

Ils ne se rapprochent pas de l’exemple de Paul, ils sont aux antipodes de lui car leur but est motivé par la recherche d’un gain.

 

Vous qui avez fait comme moi je l’ai fait, à financer un dirigeant, un pasteur ; vous qui avez contribuer à lui verser un salaire pour son ministère, n’ayez aucun regret. Ce que vous avez fait est juste si seulement vous avez donné avec une joie pleine et entière ; avec une joie qui n’est pas sujette aux aléas des circonstances. La joie simple et profonde d’accomplir la volonté de notre Père. Même si ce pasteur était excité par le gain, peu importe, parce que votre don a été motivé par l’évangile. Et si vous avez donné en vous conformant à une loi. Si votre don était motivé uniquement envers l’obéissance stricte à une loi, avez-vous mal agi pour autant ? Aucunement. Dieu ne tient pas compte du temps d’ignorance. Votre repentance lave votre passé. Votre repentance lave aussi vos actes réalisés par respect à une règle divine. Paul lui-même autrefois n’agissait-il pas comme un fanatique de la loi ?

Mais il est temps de passer de l’obligation à l’accomplissement. Il est temps d’en finir avec le lait et de prendre une nourriture plus solide.

Il est temps d’arrêter les lois et les obligations. Les « tu dois agir ainsi » ou « tu ne dois pas agir ainsi parce que c’est écrit dans tel épitre ou tel évangile » ou parce que ton mouvement religieux l’exige.

Ceux qui annoncent l’évangile doivent être soutenus, et c’est un fait établi dans le cœur d’un croyant véritable. Mais à chacun de se mettre devant le Saint-Esprit pour savoir quand et comment le faire, et à quelle hauteur de ses moyens.

Parce que certains qui sont encore au lait se posent la question : mais jusqu’à quelle hauteur dois-je aider mon pasteur ?

Et là encore, une loi leur est donnée par Paul, celle de Galates 6 :6 : « Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne ». Es-tu prêt à donner jusqu’à ton dernier euro pour celui qui t’enseigne ou bien préfères-tu l’aider en ne lui donnant que ton superflu alors que lui est obligé de se restreindre dans son ministère de l’évangile ?

Jusqu’où va ton sacrifice pour celui qui exerce un ministère ?

A nouveau ce verset du livre des Galates (6 :6) est brandi comme une loi intransigeante. « Tu dois donner tout ce que tu possèdes (maison, terrain, argent, voiture, héritages…) à celui qui t’enseigne la parole.

Mais il est important d’aller au bout des choses. Car le texte d’origine ne dit pas cela. En grec le verbe utilisé est koinoneo [koy-no-neh'-o].

Au sens littéral : Ce verbe ne signifie pas « donner », « transférer » ou « léguer » (qui se diraient plutôt didomi ou paradidomi en grec). Koinoneo vient de la racine koinos (commun). Il signifie littéralement « avoir part avec quelqu'un », « entrer en communion », « s'associer » ou « partager ».

C'est le mot qui a donné Koinonia (la communion fraternelle). L'accent est mis sur la relation de réciprocité et de partenariat entre l'enseignant et l'enseigné, et non sur un acte unilatéral où l'un se dépouille au profit de l'autre. « Tu me guide par ta parole et tu m’aides quelque soit mon péché ou mon égarement et moi je te soutiens matériellement et moralement selon mes moyens sans y mettre de limite ». C’est un principe de secours mutuel. Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tout son amour fraternel à celui qui l’enseigne. Voilà le sens profond de ce verset.

Le royaume de Dieu repose sur une relation pleine et entière dont le sacrifice est total.


Pour celui qui voit son frère dans le besoin, il est prêt à se sacrifier ; prêt à lui donner le vêtement qu’il porte et la nourriture qui lui reste. De même pour celui qui est dans le besoin pour exercer son ministère, il ne doit pas s’enfermer dans une attitude d’assisté, et compter systématiquement sur les autres. Il lui appartient de faire le maximum pour accomplir sa mission de manière autonome.

Cependant, lorsqu'il est acculé, il sait qu’il peut compter sur un soutien indéfectible et total de la part de ses frères.

Ne soyons pas de simples disciples obéissants mais des disciples accomplis comme l’est Jésus-Christ notre frère bien aimé.

Amen

dimanche 5 juillet 2026

LA FEMME PEUT ELLE AUSSI ETRE ANTICHRIST?

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Par Eric Ruiz

Face aux guerres et aux combats incessants pour obtenir le pouvoir et la richesse dans ce monde, j’ai entendu dire que s’il n’y avait que des femmes au pouvoir, il n’y aurait plus jamais de guerres ; Et que la paix règneraient enfin partout.


Parce que la femme n’a pas cette hormone masculine «la testostérone » qui pousse à la rivalité physique. Elle, elle est pacifiste de nature. Elle ne possède pas la puissance musculaire. Elle est destinée à être mère et donc par cet instinct maternel elle cherche davantage à protéger, à apaiser et à prendre soin de l’autre ;  Son caractère l’amène plus à garder un territoire qu’à vouloir conquérir et étendre son domaine.

C’est vrai, quand on examine les comportements d’Esther ou de Ruth, deux personnes importantes dans la Bible. Ce sont des femmes animées  par le don de soi, la générosité ou l’amour, discret pacifiste et juste. Deux livres portent leur nom dans la Bible. C’est pour mettre en valeur ce qu’elles sont : Esther comme Ruth ne convoitent pas les premières places. Elles ne revendiquent aucun statut social. Elles sont au contraire  remplies d’humilités et fidèles aux coutumes qu’elles ont reçues. Ne cherchant pas dans la relation avec l’homme à le diriger, à l’humilier ou à comploter contre lui. Elles agissent avec discrétion et courage.

 

Mais, en temps d’apostasie, et de décadence la femme ne montre pas ce côté là. Elle est plutôt le caillou pointu dans la chaussure de l’homme. Elle est celle qui va encore plus exciter les intentions guerrières du sexe fort. Et même disons-le, le pousser au crime. Elle est son aiguillon. Elle le pique et le pousse encore plus dans ses travers. La méchanceté de l’homme devient plus sanglante et sans limite.

La reine Jézabel est l’exemple typique de la femme qui va pousser son mari, le roi d’Israel à accepter le crime pour obtenir ce qu’il convoite. Achab roi d’Israël n’avait pas l’intention de tuer son prochain, en l’occurrence Naboth, l’israélite qui possédait la vigne près de son domaine. Mais la reine élabora un plan machiavélique pour que ce crime ait l’apparence d’une justice rendue. C’est elle qui rédigea un édit mensonger  calomniant Naboth.

Le pauvre homme bien qu’innocent fut lapider comme un scélérat qui aurait maudit Dieu et le roi. Jézabel dit à son mari :« est-ce bien toi le roi d’Israël… que ton cœur se réjouisse. C'est moi qui vais te donner la vigne de Naboth de Jizreel. » La reine voyant bien que son mari ne pouvait dépasser certaines limites. C’est elle qui se hissa au rang de Tyran et de criminel.

La femme apostat ou inique aime le mensonge. Son mensonge prend forme lorsqu’elle convoite elle aussi des places importantes dans sa famille d’abord,  dans la société ou dans l’Eglise.

Et arrivée sur le trône son pouvoir est souvent bien plus tyrannique que celui de l’homme. Elle est plus venimeuse qu’un serpent. Le dicton populaire se réalise : « ce que femme veut, Dieu veut »

En d’autres termes : rien n’arrête la volonté d’une femme déterminée.

Pourquoi a-t-elle ce venin ?

Dans le livre de la Genèse, le serpent  reçoit son châtiment : il a la tête écrasée par le talon de la femme, mais Eve reçoit le sien : son talon toutefois a été blessé. Et dans les faits, comment se traduit cette blessure?

 

Genèse 3 :16 : « tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. ».

La domination de l’homme exerce une souffrance, comme celle d’une blessure pour la femme. Et cette souffrance lui est odieuse, insupportable. Aujourd’hui nous voyons les effets de cette souffrance à grande échelle. Partout dans le monde occidental et même ailleurs aussi, les mouvements féministes ont pris le pouvoir. Partout le sexe soi-disant faible refuse catégoriquement toute domination. Partout la libération de la femme est synonyme de société saine et supérieure. Dans l’Eglise : les Jézabel abondent et dans le monde : ce sont les Hérodias qui affluent.

Hérodias détestait Jean le Baptiste parce qu’il a critiqué publiquement son mariage incestueux avec le roi Hérode Antipas le tétrarque. Hérodias va alors utiliser sa propre fille, Salomé pour atteindre ses buts criminels. Lors d'un banquet, la jeune Salomé danse devant le roi. Charmé, et un peu éméché sans doute Hérode lui promet sous serment de lui donner tout ce qu'elle veut. Salomé court demander conseil à sa mère. Hérodias y voit l'opportunité parfaite et lui souffle de réclamer immédiatement la tête du prophète Jean Baptiste sur un plateau. Hérode, piégé par sa propre promesse publique et le vœu qu’il a fait, est contraint de faire exécuter un homme qu'il craignait pourtant à cause de sa notoriété et parce qu’il n’était pas insensible à ses paroles.

Les récits bibliques ne sont pas écrits juste pour nous montrer la gloire des prophètes, et la méchanceté des impies ; mais pour dévoiler les œuvres de l’iniquité. Les stratégies diaboliques du cœur. Ces stratégies sont des œuvres qui se répètent parce que l’iniquité se répète et agit dans le cœur des hommes comme dans celui des femmes. A travers les différents récits bibliques, la manipulation féminine n'est pas une question de force physique, mais une exploitation fine des faiblesses des hommes qui les entourent (le manque de fermeté d'Achab, son manque de courage et d’autorité ; pour Hérode : Ses hésitations, ses indécisions, la peur du regard des autres). Animée par la ruse du serpent la cruauté féminine atteint des sommets que beaucoup d’hommes n’atteindront jamais. Eve fut séduite par le serpent, mais Eve séduisit à son tour Adam. Adam possède les mêmes faiblesses qu’Achab et qu’Hérode : un manque évident de responsabilité, une certaine forme de lâcheté, et surtout cette envie constante de plaire à sa femme plutôt que d’être fidèle à ses valeurs et de résister au mal.

Alors aujourd’hui, l’ordre divin déplait à tous. L’idée d’une soumission d’un sexe vis-à-vis de l’autre passe pour de la régression et même pour de la perversion. La femme comme l’homme refuse que l’un soit dominé par l’autre. les faux prophètes, eux, crient au progrès. Ils annoncent des temps de justice et de paix. Une nouvelle ère où la femme sera l’égale de l’homme.

Les hommes quant à eux, ne sont pas pires ou meilleurs qu’avant. Ils sont dictés par les mêmes vieux désirs de leur nature charnelle : Pourvu qu’ils continuent à plaire aux femmes. Mais la femme a pris un pouvoir qui déjà enflamme le monde. Partout elle agit en sous main ou à la  vue de tous. Quand un homme de pouvoir parait en premier plan, attention à la femme derrière qui agit et élabore ce qu’elle a projeté. Derrière un nombre incalculable d’affaires à scandales faisant chuter des sommités masculines (des stars du show-bizz, des hommes d’affaires, des ministres, des hauts fonctionnaires), ce sont des femmes et leurs mouvements féministes qui mettent au sol la domination masculine. Les uns tombent pour viol, les autres pour pédophilie, d’autres pour abus sexuels sur mineur en bande organisée ; d’autres sont tout simplement remercié en pleine gloire pour être remplacé dans leur fonction.

Parallèlement la loi de l’équité homme femme est annoncée et légalisée. L’ONU en a fait son texte fondateur dès 1945.  Je cite : « Aucune restriction ne sera imposée à l’accès des hommes et des femmes, dans des conditions égales à toutes les fonctions ». En 1979 une charte des femmes est rédigée : « La déclaration internationale des droits des femmes » qui exige de la part des Etats, des actions concrètes pour lutter contre les inégalités et les maltraitances faites aux femmes.

Les femmes ainsi sortent officiellement de leur condition de subalternes pour atteindre les plus hautes fonctions sociales. A première vue, c’est une très bonne chose de rétablir l’égalité des droits. Mais si l’on regarde de près l’équité, la dérive est inévitable. Un gouvernement 50% d’hommes et 50% de femmes ne garantit pas de son efficacité. On ne recrute plus selon la compétence mais selon la loi de l’équité.

Pour moi, il n’est pas question ici de savoir qui fait justice, mais de montrer comment la femme tire les ficelles de son combat contre l’homme. Elle obtient ce qu’elle veut. Elle a cet esprit du serpent qui l’a rend rusé et habile dans ses stratagèmes pour arriver à ses fins.

Le mensonge prend alors l’apparence d’un plan très bien ficelé. L’homme n’a pas conscience vraiment de ce qu’il est en train de cautionner et de faire. Sans le savoir, il donne l’arme à la femme pour qu’elle l’exerce contre lui. Celle qui passait pour être remplie de faiblesse est plus forte que l’homme qui se croit fort par sa stature, parce qu’elle agit comme Hérodias et Jézabel. Elle étudie les points faibles de l’homme, se joue de ses faiblesses et quand le moment favorable arrive, elle le met à terre sans ménagement et sans aucune pitié.

La femme du monde a cet esprit du serpent qui la rend vengeresse. Elle ne veut pas n’importe qu’elle victoire. Elle veut celles que les autres femmes n’ont pu obtenir en étant dominées par l’homme durant des siècles.

Mais, pourquoi son attitude est-elle importante aujourd’hui ? Parce que les jours deviennent plus ténébreux et la noirceur est accentuée par la volonté de vengeance féminine sur l’homme. La cruauté, la tyrannie, le manque d’empathie prend des proportions inimaginables à cause de ce renversement de situation.

Pour nous disciple de Jésus-Christ qu’avons-nous à faire face à ce raz de marée qui arrive sur le monde ?

Nous n’avons rien à faire si ce n’est à être. Nous savons qu’en Christ personne ne domine sur l’un ou l’autre mais que nous sommes tous soumis les uns aux autres selon ce que l’Esprit Saint donne à chacun. Nous savons donc que Christ ne permet pas à la femme de dominer sur l’homme mais qu’elle se voile en sa présence. C’est-à-dire qu’elle se montre discrète, respectueuse et soumise. Ce n’est pas un commandement du Seigneur, mais c’est la nouvelle nature en Christ qui inspire et suscite une telle relation. De même l’homme inspiré ne cherche pas à plaire à sa femme ou aux autres femmes.

Il n’est pas Salomon qui pour plaire à ses nombreuses concubines étrangères (qui lui offrait leur corps, leur tendresse et leur admiration), se tourna vers leurs dieux païens. Salomon construisit même des hauts lieux pour leurs divinités, permettant à ses femmes d’y offrir des sacrifices.

Sous prétexte de faire plaisir aux femmes, l’homme spirituel n’a pas à se soumettre à elles.

Son intention est de plaire à Dieu même si cela déplait au sexe féminin, il ne changera pas sa position pour cela. Personne ne cherchera à profiter d’un ministère ou d’une position qui lui donne de l’importance pour dominer.

Or, ne soyons pas crédule, nous savons aussi que dans l’assemblée les Ruth et les Esther sont aussi rares que les pierres précieuses. Et puis tous ne respecterons pas la loi de Christ. A un moment la tyrannie du monde essaiera de diviser les assemblées. La morsure du serpent se fera ressentir. C’est là qu’il faudra user encore plus d’amour, de fermeté et de persévérance en Christ. C’est là que notre foi grandira ou s’effondrera face aux persécutions.

L’apôtre Pierre nous met en garde : « Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu; non pour un gain sordide, mais avec dévouement; 3non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. 4Et lorsque le souverain pasteur paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire.

5De même, vous qui êtes jeunes, soyez soumis aux anciens. Et tous, dans vos rapports mutuels, revêtez-vous d'humilité; car Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il fait grâce aux humbles…veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. 9Résistez-lui avec une foi ferme, sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde (1 Pierre 5 :3-9).

Ce combat se gagne grâce aux hommes mais aussi aux femmes. Tous deux ont une part égale dans le combat. Chacun doit  user de spiritualité, d’amour et de fidélité pour obtenir cette couronne. C’est-à-dire : Pour être cet agneau, ce caractère de Christ qui est la gloire de Dieu.

Amen