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Par Eric Ruiz
Ce qui est assez remarquable : c’est que l’Eglise a pour vocation à faire des disciples. Et elle n’y arrive pas. L’Eglise échoue à faire des disciples de Christ.
Elle ne parvient qu’à faire des disciples d’une dénomination religieuse ou d’une autre : Des disciples catholiques, disciples protestants, disciples orthodoxes, disciples évangéliques, des mormons, des témoins de Jehova, des adventistes, des disciples de sectes chrétiennes. Pourquoi cet échec? Elle s’organise peut-être mal.
Si nous partons des Evangiles, Jésus a montré l’inverse pourtant. Il a fait
se rencontrer des disciples qui ensuite ont formé l’Eglise.
Il s’y est pris complètement en sens opposé. Il est parti de la personne
devenue sainte pour former une assemblée. Il n’est pas parti d’un endroit, d’un
lieu institutionnalisé pour le remplir. L’exégèse chrétienne aboutit à
construire le bâtiment pour y faire entrer des personnes et pour les convertir.
L’évangélisation du monde a servi à ce genre de phénomène.
Jésus n’a rien construit pour y faire entrer des disciples à convertir.
Cela semble si
évident et pourtant, rien ne marche selon le sens biblique.
Le modèle traditionnel c’est celui d’amener des païens à l’église pour les
baptiser. L’exemple de Christ est de faire baptiser les repentis en premier.
Jean Baptiste avait cette fonction de préparer le chemin en prêchant la
repentance. Puis ceux qui se
repentaient, il les baptisait.
Que faisaient ensuite les baptisés ? S’assemblaient-ils ? Suivaient-ils
un homme en particulier ? Demandaient-ils à un des leurs de continuer à
les enseigner ? Le texte biblique nous oriente autrement là aussi. Ceux qui étaient baptisés se préparaient à
rencontrer le fils de Dieu. Pourquoi ? Parce que Jean qui baptisait
attendait lui spécialement ce jour où viendrait à lui le fils de Dieu en
personne. Et il ne le cachait pas. Il l’enseignait à celles et ceux qui
venaient se faire baptiser.
Matthieu 3 :11 : « Moi, je vous baptise d'eau, pour vous amener à la repentance; mais celui qui vient après moi est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de porter ses souliers. Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu. » Jean 1 :26-27 « Moi, je baptise d'eau, mais au milieu de vous il y a quelqu'un que vous ne connaissez pas, qui vient après moi; ».
Jean est fidèle et authentique, il ne prend la place de personne. Il ne forme aucun mouvement religieux. Il ne vient pas faire des fidèles pour qu’ils le suivent. Il est clair et sans équivoque : la visite de Jésus sera l’accomplissement de sa mission.
Qu’ont fait les repentis qu’il a baptisés ? Certains repentis ont par
la suite suivi Jésus dans sa marche. Christ n’a pas fait des disciples, il en a
choisis parmi le peuple. Jésus-Christ en a choisis selon ce que son Père céleste
lui montrait. Ca c’est pour les 12. Pour les autres, ils se joignaient à lui.
70 (ou 72 selon les manuscrits) l’on ainsi suivi pendant son ministère.
Jésus a dit dans Marc 16 :15 : « allez par tout le monde, et
prêchez l'Evangile à toute créature. » Celui qui croira et qui sera
baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné.
Où se trouve l’ordre de construire des temples ou des églises ? Ils
se rapprochaient simplement les uns des autres pour avoir une communion plus
proche. C’est l’exemple de ce qui s’est passé avec l’Eglise de Jérusalem. Les
choses se sont faites naturellement selon les rencontres. Et pour subvenir aux
plus défavorisés, les croyants mettaient leurs biens à disposition des apôtres
pour qu’ils n’y aient aucun nécessiteux parmi eux.
« Là ou deux ou
trois sont assemblés en mon nom je suis au milieu d’eux ».
Voilà comment suivre Jésus quand il sera mort et ressuscité. Des jeunes convertis,
avec des anciens se rassemblent pour que Jésus les guide. Où se trouve
l’objectif de fonder un mouvement, de construire un bâtiment pour y apposé un
nom ? L’enseignement de Mathieu 18 :20 est très épuré et laisse une
liberté totale dans les regroupements de 2 ou 3 personnes. Un duo, un trio c’est déjà l’Eglise de Christ.
Ce que l’on remarque aujourd’hui des chrétiens, c’est plus leurs
traditions, leurs emblèmes, leur nom, le nom de l’enseignant principal, leur
monument, leur bâtiment que leurs actes. Ce que l’on remarque alors c’est plus
une organisation humaine que l’œuvre du Saint-Esprit.
Si nous regardons aux Ecritures, nous constatons que des croyants
viennent vers une personne qui annonce Christ pour se faire baptiser. Puis
elles attendent le moment de recevoir le Saint-Esprit promis à tous ceux qui
croient. Elles se rassemblent avec d’autres pour recevoir l’enseignement du
Saint-Esprit. Des communautés se forment par-ci par là jusqu’à ce qu’une
persécution ou une division arrive et provoquent un éclatement. Certains sont chassés,
d’autres partent d’eux-mêmes, des nouveaux arrivent, d’autres sont empêchés d’entrer.
Un peu partout, ceux qui croient se rassembleront à nouveau pour former de
petites communautés.
En fait l’histoire biblique
nous montre que les assemblées sont locales et qu’elles ne durent pas longtemps, dans leur état initial.
Comme avec les Corinthiens, les
communautés sont fragilisées par des faux pasteurs et des faux docteurs. A
causes d’eux, elles seront sujettes à la division.
Paul anticipe lui-même la division des corinthiens. On dirait même
qu’il l’a prophétise.
1 Corinthiens 5 :11-13 « je vous ai écrit, c'est de ne pas avoir des relations avec quelqu'un qui,
se nommant frère, est impudique, ou cupide, ou idolâtre, ou outrageux, ou
ivrogne, ou ravisseur, de ne pas même manger avec un tel homme. Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du
dedans que vous avez à juger? Pour ceux du
dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous. » En se séparant du méchant,
idolâtre, cupide outrageux, l’église locale va faire peau neuve, mais pas seulement
en se séparant du méchant, en se séparant d’une partie de ses fidèles.
Souvent le schisme est créé par un frère
charnel. Il est charnel et refuse d’être repris et d’être considéré ainsi. Il
s’endurcit. Mais ce frère jaloux séduit alors d’autres frères qui partiront
avec lui. Paul le dit dans le texte que je viens de lire, il nomme ces êtres
charnels des « ravisseurs ». Ils partiront pour former une secte ou bien ils iront
compléter les membres d’une autre secte de croyants charnels.
Alors pourquoi j’emploi le mot secte ? Parce
que la secte est un mouvement groupusculaire au départ, qui va se consolider et croître à partir
d'une ou plusieurs nouvelles doctrines religieuses, philosophiques. Mais surtout :
ces nouvelles doctrines s’avéreront hérétiques.
Donc le ravisseur partira certes, mais attention : Afin de rester
crédible et pour attirer à lui d’autres membres, il changera l’Evangile. Il
empoisonnera « la saine doctrine ». Il confessera que la doctrine
était incomplète ou fausse.
Irénée
de Lyon dans son ouvrage « contre les hérésies » cite plusieurs sectes qui ont émergé dans
les premiers siècles, a partie des premières communautés apostoliques. :
Les
gnostiques, les valentiniens, les basilidiens, les marcionites. Vous le constatez, la plupart sont des noms de faux
frères qui réfutent l’enseignement des apôtres ; mais qui se réclament
comme les seuls vrais disciples de Jésus.
Eusèbe
de Césarée notamment parle des ébionites. Cette dernière secte est née parce que des chrétiens
voulaient une doctrine plus proche du judaïsme. A l’origine ce sont des judéo
nazaréens qui ont migré vers ce groupe.
Quand aux marcionites, ce sont des chrétiens
qui se sont joint à Marcion de Sinope. Marcion vint à Rome vers
140. Riche armateur, il eut des démêlés avec l'Église locale et en fut chassé
en 144. Influencé par le gnostique Cerdon, Marcion fonda une Église fortement
hiérarchisée qui rejette les livres de l’Ancien Testament
et qui critique les Evangiles qu’il nomme : trop judaïsant. Il préfère l’Evangile de Luc qui n’est pas juif par
ses origines. Ce qui est historiquement évident c’est le grand foisonnement de
sectes qui s’est créé à partir de la première diaspora après la destruction du
temple de Jérusalem. Et parallèlement en même temps que les 4 Evangiles paraissaient,
d’autres évangiles ou d’autres écrits gnostiques voyaient le jour.
Si maintenant, ont étudie de près les 7 églises de l’Apocalypse.
Force est de constaté qu‘elles ont toutes la même caractéristique.
Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée sont toutes infectées par de faux enseignants
ravisseurs qui font des disciples. Pour chaque Eglise l’ange fait des reproches
« mais j’ai quelque chose contre
toi » revient souvent. Ces reproches concernent celles et ceux
qui créent des divisions, sans oublier, ceux qui tolèrent leur corruption dans l’Eglise.
Un principe général, si on peut en dégager un, serait plutôt : Dès qu’un groupe de disciples s’est formé le Saint-Esprit va
être mis en danger par des mercenaires qui s’attaqueront à l’enseignement des
apôtres.
Les disciples qui s’organiseront en secte chasseront le Saint-Esprit
et nommeront leur nouveau groupe.
« Moi je suis de Paul, moi d’Apollos, moi
de Céphas ». Je suis disciples d’un tel, etc. Dés sa première
lettre Paul tire le signal d’alarme avec ce gendre de prise d’identité. «…puisqu'il y a parmi vous de la jalousie et des disputes, n'êtes-vous
pas charnels, et ne marchez-vous pas selon l'homme? »(1 Corinthiens 3 :4).
Face à
cette dérive « inévitable », aujourd’hui beaucoup se sont dits :
pourquoi l’institution n’a t-t’elle pas prit le relais pour mettre fin à tous
ces courants hérétiques ? Pourquoi ne pas stopper ce foisonnement
d’Églises locales incontrôlables du 2ème et 3ème siècles
pour en faire une et unique Eglise nationale ?
En
occident, sous l’impulsion de l’empereur Constantin, c’est en 325 au concile de
Nicée que l’Eglise se part d’un pavillon national, impérial et même universel. Avec
le catholicisme, c’est l’Eglise universelle qui s’officialise et qui porte le nom
d’universelle.
Le but
étant de mettre fin aussi aux petites communautés locales et persécutées, et
bien entendu de ne pas laisser à un petit groupe d’individus « La doctrine
des apôtres ».
Celle-ci
est précieuse, elle doit être protégée par l’Etat et encadrée et contrôlée par
un concile qui dresse les contours d’un dogme officiel.
Alors la hiérarchie
dans l’Eglise a été le moyen trouvé pour empêcher les hérétiques de prendre le
pouvoir et d’empêcher que les sectes prennent de l’importance.
Mais voilà, cette forme d’organisation
institutionnelle a produit ce qu’elle voulait défendre. Elle a produit le
poison qu’elle voulait anéantir. Ses remparts se sont tournés contre elle. Bref,
elle a engendré des hérétiques, comme de fausses doctrines et empêché le
Saint-Esprit d’y vivre et d’y régner.
Et Auguste Renan résume très bien l’histoire du christianisme quand il
affirme que : « L’Eglise est
une secte qui a réussi ».
Face à
ce constat négatif, L’Eglise de Christ est-elle finalement un échec ? Tout
nous amenerait à le croire. Or, L’Eglise institution n’est pas qu’un échec. Par
elle, les Ecritures ont été sauvegardées et les 66 livres de la Bible sont bien
présents. Et puis, notre Père ne savait-il pas que les faux temples
continueraient de croitre au détriment de la vrai Eglise ? Où se trouve
cette Eglise dont parle Paul aux Ephésiens, cette « Eglise
sanctifiée, glorieuse, sans tâche, mais sainte et irrépréhensible » ?
Alors
comme à son habitude Jésus-Christ s’intéresse à la femme et à l’homme saint et
non là où il se trouve. Dans les faits, la véritable Eglise, les vrais
disciples, les bons et loyaux serviteurs se sont toujours trouvés au sein de
ces institutions ou dans l’une de ces innombrables sectes. Ils s’y ont vécu
leur Egypte à l’image des Hébreux ; c’est-à-dire, leur temps de mise à l’épreuve,
de soumission forcée, et d’injustice.
Ces vrais
disciples, cette vrai Eglise se voit dans la traversée du désert.
Dans
l’Eglise d’Ephèse : ce sont ceux qui se sont souvenus d'où ils sont tombés. Ils se sont repentis pour
pratiquer leurs premières œuvres;
Dans
l’Eglise de Smyrne, ce sont ceux qui malgré la tribulation, ont
été fidèles jusqu'à la mort.
Dans l’Eglise de Pergame, ce sont ceux qui se sont repentis d’avoir laissé les fausses doctrines
les diriger.
Dans l’Eglise de Thyatire, ce sont ceux qui ont persévéré malgré le lourd fardeau engendré par les
fausses doctrines et parce qu’ils ont retenu la vérité jusqu’au retour du fils
de Dieu.
Dans l’Eglise de Sardes, ce sont seulement quelques hommes qui, parce qu’ils ont été vigilants
et qu’ils ont veillé n’ont pas
souillé leurs vêtements. Ils marchent en vêtements blancs.
Dans l’Eglise de Philadelphie, ce sont ceux qui ont gardé la parole divine de la persévérance et qui
ont été gardé à l'heure de la tentation (un petit rappel
sur la tentation de Gethsémani (le pressoir à huile et sur le doute qui
survient sur le peuple chrétien pendant une grosse épreuve)
Enfin dans Laodicée : Ce sont ceux qui après avoir été châtié et s’être repentis ont entendu
la voix du témoin fidèle et véritable, eux qui lui ont ouvert la porte, laissé
entrer chez eux, et souper avec lui, et lui avec eux. ».
Vous qui aimez Dieu, son fils et son esprit, fatalement
vous vous reconnaissez ou vous vous reconnaitrez dans au moins une de ces Eglises.
Que le nom de notre Seigneur soit béni et que son Eglise
reçoive paix, grâce et persévérance dans la vérité.
Amen


