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dimanche 19 juillet 2026

AMEN : UN SENS BEAUCOUP PLUS PROFOND QUE CELA EN A L'AIR

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Par Eric Ruiz

 

1-     L'Amen superficiel des réseaux et des assemblées

 

Je vois sur les réseaux sociaux des appels à dire « Amen » pour tout.


On dit « Amen » pour être d’accord avec une bénédiction, par exemple : « Oublie ton passé et concentre-toi sur ton avenir. Le meilleur est devant toi. Ecris » « Amen » si tu es d’accord avec cette prophétie. Et cela va même jusqu’à demander : « Que le Seigneur bénisse tous ceux qui écrivent « Amen ». Amen

On pourrait rétorquer : oui mais ça se sont les réseaux sociaux. Ils exagèrent beaucoup les choses et ils ne cherchent qu’à faire le buzz.

Et dans les Eglises les croyants sont-ils moins superficiels ?

A chaque fin de phrase du prédicateur, les voilà scandant le fameux mot « Amen ».

Le prédicateur, lui aussi est sur la promotion de ce mot. Combien de fois ai-je entendu : « Je veux des Amen pour notre Dieu» ou encore : « Etes vous avec moi, dites Amen, cela montre que vous me suivez attentivement ! » Et l’assemblée s’exécute comme un holà de spectateurs conquis et enflammés pour leur équipe de football.

 

Amen : c’est un mot universel, le seul mot qui se dit ainsi quelles que soit les langues et les peuples. Un mot hébreu qui porte le sens de : « ainsi soit-il ou qu’il en soit ainsi» ; Et pour le commun des croyants c'est une réponse pour marquer l'accord à ce qui vient d'être dit.

La dérive apparaît comme une évidence : l’accord est avec le prédicateur plus qu’avec le contenu profond de son enseignement.

C’est d’abord un témoignage de fidélité et de confiance envers son prédicateur avant, bien avant d’être celui de la fidélité divine.

C’est encore une fois la créature qui est honorée avant le créateur.

 

Mais est-ce le sens de ce mot ? Est-il aussi superficiel lui aussi ?

Voyez-vous,  je parle de fidélité car dans le mot Amen il y a la racine hébraïque « emounah » qui a trait directement à la confiance, à la foi, à l’attachement à Dieu.

 

On retrouve le mot « Amen » associé aux lois promulguées par Moïse au peuple ; et c’est la formule qui termine chaque loi : 12 au total dans le chapitre 27 du livre du Deutéronome  se présentent sous la forme : « Et tout le peuple dira Amen ! ». A chaque commandement est associé le mot amen :

 

« Maudit soit celui qui méprise son père et sa mère! -Et tout le peuple dira: Amen. Maudit soit celui qui déplace les bornes de son prochain! -Et tout le peuple dira: Amen »

 

2-     La racine d'un engagement : Amanah et l'Alliance

 

Il ne s’agissait pas bien-sûr de répéter ce mot bêtement à la fin de chaque commandement, comme un tic de langage.

Amen ici porte le sens de l’alliance puisque la racine hébraïque «  Amanah «  évoque un pacte, d’une alliance souvent écrite et faite entre deux parties. La loi est l’alliance faite entre Dieu et le peuple hébreu ; Il est à noté qu’ici Moïse donne des lois qui seront écrites sur des pierres après avoir passées le Jourdain.  L’alliance est un contrat  ou chaque partie s’engage à respecter les termes. Ici l’engagement de la Torah est sacré. Et ce n’est pas anodin de commencer la loi par la malédiction avant d’entrevoir la bénédiction. La loi commence par : « maudit soit celui …». Le législateur insiste sur les conséquences de la rupture du contrat. Ce qui veut dire qu’en méprisant ses parents, en déplaçant les bornes, je romps mon contrat avec Dieu. Le mot Amen sert alors de signature. C’est un cachet d’authenticité.

En rompant l’accord je m’expose au châtiment qui va avec. En méprisant mes parents, par exemple, mes jours sur terre se raccourciront. En déplaçant les bornes de mon prochain, Dieu répand sa colère comme un torrent (Osée 5 :10).

Parmi le peuple, ceux qui n’étaient pas au clair avec la Torah devait avoir la voix tremblotante en prononçant le mot Amen ; Car ils savaient à quoi ils s’exposaient vraiment.

De nos jours, la responsabilité qui va avec ce mot a quasiment disparue. La grâce aurait comme par magie enlevée toute responsabilité au disciple de Jésus. Avec ironie je dirais que le sang de notre sauveur le rendrait immaculé. Nous devrions tous être vigilants pour éviter de prononcer de vaines paroles en disant Amen à toutes les sauces. Ainsi nous devrions bien mesurer notre prière, comme bien évaluer à quoi nous nous engageons à la suite d’une parole de Dieu. Lorsqu’on me présente un contrat où une somme d’argent très importante y figure, je ne signe pas à la va vite. Je reprends chaque partie du contrat et j’examine s’il n’y a aucun litige ou une chose que je n’aurai pas compris. Et surtout si je suis en mesure de répondre à chaque exigence du contrat.

Jésus dit à celui qui veut présenter son offrande d’aller se réconcilier avec son frère avant. Eh bien pour dire Amen à sa prière ou à une parole, Dieu nous demande avant, d’examiner si nous sommes en capacité d’y répondre.

 

3-     Le Notre Père : Un contrat à double signature

 

Dans la prière du « Notre Père » qui est entre parenthèse l’exemple donné par Jésus à ses disciples, l’Amen à la fin, de cette prière confirme l’acte responsable des deux parties. Pour l’homme, s’il prie « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », Dieu ne s’attend-il pas à ce que celui qui le prie le fasse en premier, sa volonté ? De même : Dieu pardonne nos fautes à la condition que nous pardonnions les fautes de ceux qui nous ont offensé.  Et quand Jésus dit : « Père, c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire » n’est-ce pas aussi un contrat responsable  à double signature? Ne devenons-nous pas chasser les démons qui nous incitent à régner à sa place, qui nous motivent à chercher la puissance et la gloire personnelle ? Si nous avons cette intention profonde, Dieu éloignera le mal et la tentation ne nous fera pas chuter.

 

Mais allons un peu plus loin dans le sens de ce mot hébreu si souvent prononcé dans l’assemblée.

 

4-     Pourquoi Jésus commençait-il par "Amen, Amen"

 

D’abord Jésus le prononçait-il à la fin de ses prières ? Non, jamais il ne l’a fait. Par contre, il lui arrivait de commencer son prêche par « Amen amen je vous le dis ». Aujourd’hui hélas, peu de traductions ont gardé le mot amen. Peut-être parce qu’un mot hébreu dans un texte grec les gênait. Alors les traducteurs ont opté pour le traduire souvent ainsi : « en vérité en vérité je vous le dis ou je te le dis ». Bizarrement, il n’y a que quelques traductions (des Bibles catholiques comme la Bible de Jérusalem, la Liturgique ou la Bible œcuménique Tob), qui gardent le mot original. Ou encore comme avec la Bible Segond (mais là cela reste au choix de l’éditeur).

Pourquoi les traductions qui retirent ce mot hébreu font une grosse erreur ?

Parce que le mot Amen ne se réduit pas à « en vérité », on vient de le voir, car la notion d’engagement personnel n’y figure pas. Là aussi chacun pourrait adhérer plus ou moins à ce que dit Jésus sans y voir un acte de responsabilité. Or, à chaque verset, il y a comme une prise de position spirituelle forte, une alliance qui doit être faite entre l’homme et Dieu. Prenons par exemple :

Jean 3 :3 : « Jésus lui répondit: Amen Amen, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu ». Ici, l’alliance débute à partir du moment où nous naisssons de nouveau. Cette transformation n’a rien d’intellectuel, c’est une onction divine. Une onction qui amène une bénédiction celle de la vie Eternelle.

Jean 6 :47 : « Amen amen, je vous le dis, celui qui croit en moi a la vie éternelle. ».

Jean 8 :34 : « Amen amen, je vous le dis, leur répliqua Jésus, quiconque se livre au péché est esclave du péché ». L’alliance divine nécessite une aversion pour le péché.

Jean 12 :24 : » Amen amen, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul; mais, s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. ». Le disciple qui porte du fruit s’engage à faire mourir ce qui est périssable en lui.

 

Par conséquent derrière le mot « Amen » il y a cette phrase qui devrait résonner en chaque croyant : « Adhère à cette parole et engage toi corps âme et esprit ».

 

5-     Quand l'Amen devient le véritable Juge

 

Une autre signification qui n’est pas moins profonde :

Jean, dans le livre de l’Apocalypse fait référence à quelqu’un portant le nom « Amen » (c’est Apocalypse 3:14), « Ecris à l'ange de l'Eglise de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu ».

Ce verset est clair, il signifie que l’Amen est le sceau de l’authenticité et de la vérité et ce seau est présent dès le départ de la création. Jean 8 :58 : «  Jésus leur dit: Amen amen je vous le dis, avant qu'Abraham fût, je suis. ».

C’est le véritable juge qui était là dès le départ, et c’est lui qui  nous déclare menteur ou authentique. Il nous déclare froid, tiède ou bouillant parce qu’il connait nos œuvres. Il sait réellement tout ce que nous faisons de mal comme de bien. Rien ne lui échappe. Et trop souvent notre tiédeur le fait vomir. Cet Amen, ce juge, c’est le Père, le fils et le Saint-Esprit.

Premier exemple : Jean 10 :1 : « Amen amen, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. ». Le faux témoin contourne la porte en passant ailleurs ; et Dieu le juge. C’est un voleur et un brigand pas un disciple ou un habitant du Royaume de Dieu.

 

Deuxième exemple : l’annonce de celui qui trahit Jésus : « Amen amen, je vous le dis, l'un de vous me livrera. » (Jean 13 :21). ou Troisième exemple : l’annonce du reniement de Simon Pierre, Jean 13 :38 :  « Amen Amen je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m'aies renié trois fois.» ou encore Jean 21 :18 qui annonce une forte épreuve de foi pour Simon Pierre qu’il ne pourra anticiper et conduire lui-même  : « Amen amen, je te le dis, quand tu étais plus jeune, tu te ceignais toi-même, et tu allais où tu voulais ; mais quand tu seras vieux, tu étendras tes mains, et un autre te ceindra, et te mènera où tu ne voudrais pas ».

 

En résumé, « Amen » n’a pas le sens aussi simplifié que : «fin de la prière, je suis en accord». Dans la Bible, c'est une déclaration de foi qui peut se résumer ainsi :

 « Je crois, j’adhère, je m’engage, je me repends, Dieu est juge. ».

 

Mais il est à noter que parmi les mouvements chrétiens, certains ne disent plus « Ainsi dit le Seigneur ». Mais ils se sont mis à exercer le ministère de prophètes en doublant le mot Amen en début de phrase (Amen amen). Ils ont considéré que doubler le Amen renforce l’intensité et donne une puissance supplémentaire à la prophétie. La nuance est très importante. Un prophète peut donner une parole de Dieu est dire « Ainsi dit le Seigneur ». Mais commencer par dire Amen amen a un autre sens. Vouloir imiter Jésus commence par comprendre le sens de ce qu’il dit ou fait.

On devient soit même l’Amen. C'est-à-dire que l’on est alors le témoin fidèle et véritable de Dieu. Il faut être un disciple accompli. Or tout prophète n’est pas forcément un disciple accompli. « Le disciple n'est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître. »(Luc 6 :40).

 

6-     Conclusion : Prêts à signer et à dire Amen ?

 

Pour conclure je dirais qu’imiter Jésus est une excellente chose si l’intention est de ne pas tomber dans de vaines paroles. Si l’intention est de connaitre le sens de ce qu’il dit pour faire le bien et non pour se donner des allures pieuses.

Si nous prions : «  Père je te prie de m’aider à faire ta volonté, amen », nous devons considérer que nous sommes prêts à changer des mots, des actes et des intentions qui ne ressortent pas de la volonté divine et que nous avons gardés pour faire ce que nous aimons. Amen demande obligatoirement un sacrifice de notre part. Sommes-nous prêts alors à nous séparer de ce qui est vil et périssable en nous ? A aller même là où on ne voudrait pas aller? C’est un des termes principal du contrat que nous signons avec Jésus-Christ dès le baptême de repentance. Notre Amen porte toujours une responsabilité. Il nous engage à progresser, à croitre en Christ pour atteindre une stature parfaite qui est la sienne. Si nous sommes prêts à nous sacrifier et à diminuer pour Christ, alors nous pouvons dire Amen. Mais si un doute subsiste, le temps n’est pas encore venu de nous engager.  

Ne soyons pas superficiels mais profonds dans notre relation avec le Seigneur.

Que notre Amen soit emprunt de foi, d’authenticité, et d’intégrité envers notre Dieu.

Amen ?

dimanche 28 décembre 2025

ES-TU ÉPHRAïM ou MANASSÉ ?

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Par Eric Ruiz

·        L’HÉRITAGE  DE JOSEPH

La Bible possède ce côté prodigieux :


elle renvoie des reflets comme dans un jeu de miroirs ; Les évènements du passé projettent des images pour notre présent.  Les fils de Joseph, par exemple, Manassé et Éphraïm, à travers leurs choix et leur histoire, offrent des symboles très actuels de nos propres conditions d’existence en tant que disciples de Christ au XXIᵉ siècle.

En premier lieu,  les fils de Joseph présentent un double héritage spirituel. Un héritage des nations, une culture Egyptienne de par leur mère et leur naissance en Egypte ; mais ils ont aussi une culture hébraïque par leur père.  Ce double héritage est aussi celui d’un disciple de Christ. Né dans le monde, dans les nations et né spirituellement comme fils d’Abraham. Ce double héritage va nous aider à comprendre les combats et les victoires qui sont les nôtres dans l’Eglise des nations.

Cette Église est le prolongement de la prophétie qu’Israël donna à son fils Joseph pour lui et ses deux fils. » Dieu m'a dit: Je te rendrai fécond, je te multiplierai, et je ferai de toi une multitude de peuples ; » (Genèse 48 :4). Cette bénédiction faite en Egypte par Israël s’inscrit donc aussi dans le prolongement de celle faite à Abraham. Elle relie l’Eglise des nations au plan divin. Israël avait reçu auparavant cette promesse divine en Canaan et ce n’est pas un hasard si là en Égypte, Israël transmet son héritage à Joseph. L’Eglise est comme les deux fils de Joseph le sont : greffée sur l’olivier d’Israël (Romains 11 :17).

 

·        ÉPHRAïM et MANASSÉ 2 ARCHÉTYPES

 Maintenant, allons plus loin. Il est très curieux de constater que la Bible parle beaucoup plus d’Ephraïm que de Manassé, lorsqu’elle évoque les fils de Joseph. Ephraïm par son nom montre une prophétie : il est doublement fécond. Ce qu’il a au fond de lui s’imposera. Il s’impose beaucoup plus comme un leader, un chef de guerre que Manassé. Dès le départ la bénédiction de l’ainé fut pour Ephraïm alors que Manassé aurait dû avoir cet héritage parce qu’il est le premier-né. Mais, Israël leur grand-père le voulu autrement. Israël a peut-être vu en plus de sa vision prophétique, un caractère plus fort pour diriger de la part d’Ephraïm. Car pendant de nombreuses années après la division d’Israël en deux royaumes, le royaume du nord fut attribué à Ephraïm (prenant ainsi le nom de 10 tribus) tandis que le royaume du sud fut celui de Juda. Ephraïm est un rempart puissant de part sa situation géographique (au nord) et ensuite par sa faculté à rassembler un peuple nombreux. Manassé, quant à lui, agit de manière moins visible, mais il protège et amène des bénédictions autrement.

Lisons Josué 17 :12-13 : «  Les fils de Manassé ne purent pas prendre possession de ces villes, et les Cananéens voulurent rester dans ce pays. Lorsque les enfants d'Israël furent assez forts, ils assujettirent les Cananéens à un tribut, mais ils ne les chassèrent point. ».

Ce verset est très lumineux concernant l’attitude de Manassé. Manassé a conservé ce que Dieu a demandé d’éliminer. Plutôt que de chasser les Cananéens, (qui était l’ordre qu’ils avaient reçu de Josué qui lui-même l’avait reçu de Dieu), ils les assujettirent à un impôt. Manassé aime les compromis. Il préfère un choix qui l’arrange et dont il peut tirer un bénéfice ou un profit. Ce comportement s’est répété à l’identique plus tard et avec d’autres villes (c’est ce que nous lisons dans Juge 1 : 27).

Ephraïm et Manassé représentent bien l’Eglise des nations et en particulier ces deux groupes de frères et de sœurs dans les assemblées chrétiennes.  Ephraïm, c’est un groupe de leaders très conquérants, qui aime influencer, se montrer très actif et entreprenant ; Osée 13 :1 le décrit ainsi : « Lorsqu’Ephraïm parlait s’était une terreur : il s’élevait en Israël » et l’autre, Manassé, qui semble avoir tendance à suivre le premier et à se conformer à leurs exigences, (et dont les résultats sont peu visibles car ils sont assimilés au premier).

A l’évidence, Manassé étant soumis à Ephraïm, cette tribu faisait des compromis pour ne pas déplaire à la première. Son silence faisait donc office de consentement.

Un autre fait notoire, la Bible ne fait aucune mention d’une porte nommée Manassé à Jérusalem (puisqu’elle n’existe pas). Seule la porte d’Ephraïm y figure et cette porte a même été reconstruite à l’époque de Néhémie. La porte du nord. Ephraïm c’est la porte, la gloire, l’étendard, pourquoi ?

-        Ephraïm et ses fils sont très ambitieux et combatifs, ils cherchent tous à triompher et à remporter des couronnes. Ils sont avides de victoires et aiment se mettre en avant, sur la chair devant leurs frères ou pour témoigner de leurs réussites. Esaïe les traitera d’Ivrogne tellement leur soif de victoire les aveugle. « Malheur à la couronne superbe des ivrognes d'Ephraïm, A la fleur fanée, qui fait l'éclat de sa parure » (Esaïe 28 :1).

-        Manassé et ses fils montrent moins de combativité (bien qu’il compte aussi parmi eux de grands guerriers). Ils sont plus discrets, moins exubérants, ils sont plus sur la retenue. D’ailleurs, ce trait de caractère est celui de Gédéon qui surprendra tout le monde y compris son propre père quand il viendra renverser et détruire ses idoles. Cette attitude n’était pas dans son caractère. Gédéon dit à l’ange : « Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit (le plus faible) dans la maison de mon père ».

Et par la suite, ceux d’Ephraïm reprochèrent à Gédéon de ne pas les avoir placés à leur rang pour la guerre. Poussés par un excès de confiance en eux-mêmes, ils estimaient que c’était à eux d’être aux premières places. « Les hommes d'Éphraïm dirent à Gédéon: Que signifie cette manière d'agir envers nous ? Pourquoi ne pas nous avoir appelés, quand tu es allé combattre Madian ? Et ils eurent avec lui une violente querelle ».

La colère des hommes d’Ephraïm s’est apaisée quand Gédéon, très intelligemment, leur a montré qu’ils avaient remportés des victoires prestigieuses et bien visibles : « C'est entre vos mains que Dieu a livré les chefs de Madian, Oreb et Zeeb. Qu'ai-je donc pu faire en comparaison de vous ? Lorsqu'il eut ainsi parlé, leur colère contre lui s'apaisa ».

 Quoi qu’il en soit, le péché d’Ephraïm n’est pas supérieur à celui de Manassé. Leur  désobéissance est réelle pour tous deux. Mais ils désobéissent différemment. Ephraïm aime le pouvoir et le prend directement, il impose, il dicte ses propres règles, il influence fortement son prochain (c’est aussi son châtiment, car Osée (Osée 9 :3  dit qu’il retournera en Egypte et que ce sera sa mort). Manassé, lui, se livre sans cesse à des compromis avec le péché. Mais sa rébellion est moins visible, plus cachée, parce que moins exprimée et extériorisée publiquement. Il n’est pas question ici de dire que l’un est meilleur que l’autre ou que le premier est pire que le deuxième. Le poids de la désobéissance est le même (ils seront ennemi de la maison de Dieu, car plongés dans la corruption-ils sont devenus abominables comme l’objet de leur amour- Osée 9 : 8-11) 

Or, Parmi les membres de chaque tribu tous deux auront une partie rajoutée au bois de Juda. Dans les faits, des élus sortiront des deux groupes de croyants. Mais le salut ne viendra pas par Ephraïm, pourquoi ? Parce que Manassé est plus petit, moins fort, et qu’il n’a pas l’habitude de choisir les premières places. C’est ce nous montre le récit de Gédéon issu de la tribu de Manassé.  Dieu se choisit un homme, le plus petit de sa famille et de la tribu la moins élogieuse ; et par la puissance de l’Esprit il délivre un peuple opprimé et esclave de ses fautes. C’est le cadet qui sauve l’aîné. Le plus petit qui aide le plus grand. C’est pour cela que Jacob a croisé ses mains lors de la bénédiction de Joseph. En désignant Ephraïm par sa main droite comme le plus grand, il désignait la supériorité spirituelle d’un peuple par les victoires acquises, mais par sa main gauche sans le dire clairement il montra celui qui aidera l’autre.  Éphraïm devenu l’ainé (qui symbolise l’ambition, la victoire sur l’ennemi) sera délivré par Manassé (symbolisant la guérison, la victoire sur les traumatismes du passé).

Revenons sur le caractère de Manassé. Manassé, est une tribu nombreuse ; Manassé aime le nombre, comme son frère, mais pas pour influencer, parce qu’elle s’y sent en sécurité. Pas étonnant qu’elle soit une part importante des membres d’une assemblée. Mais, et c’est contradictoire cette tribu se trouve en situation d’infériorité spirituelle. On ne lui demande pas son avis. D’ailleurs dans la Bible vous remarquerez  qu’aucun roi d’Israël n’est sorti d’elle. Son influence est décidément dérisoire.  Attention, sa discrétion n’en fait pas pour autant plus un spectateur qu’un acteur. Manassé est bien acteur de sa foi. Or ce caractère plus effacé n’est pas forcément une qualité. Cela ne le rend pas plus humble. 

Bien qu’il soit moins ambitieux, il est aussi orgueilleux, et idolâtre que son frère. Par ses compromis, il aboutira sans qu’il le veuille ou qu’il en soit conscient à la division. Il se séparera de ses frères parce qu’il rentrera en conflit avec eux. Ephraïm reprochera le silence, la passivité, ou le manque d’implication de son frère tandis que Manassé reprochera à son frère son excès de zèle et son oppression à le contraindre à se mettre davantage en avant. Mais quelle contradiction : lorsque Manassé finit par prendre l’initiative, Éphraïm lui reproche alors son zèle et entre même en guerre contre lui.

C’est le récit du livre des juges au chapitre 12. Le juge Jephté de Galaad (terre de Manassé) reproche à Ephraïm de n’avoir pas répondu à son besoin. Ephraïm ne l’a pas secouru lorsqu’il était confronté aux fils d’Ammon. Blessé dans leur orgueil,  les hommes d’Ephraïm rentrèrent en guerre contre Jephté et Manassé. Résultat : 42.000 morts parmi les fils d’Ephraïm. Jephté avait un nom prémonitoire à sa fonction : « il ouvrira, il libérera » Les fils d’Amon eux aussi avaient un nom prophétique : « appartenant à la nation » Quand Manassé prend les devant et fait une œuvre de délivrance, en voulant chasser le péché qui vient des nations (Ammon) dans l’assemblée, il se heurte violemment à la jalousie sans limite d’Ephraïm. En fait, lorsqu’Ephraïm se sent en faute et repris, il ne supporte pas de passer en second derrière Manassé. Il préfère alors la violence à la repentance. Dans les assemblées ce conflit déclenche systématiquement des schismes entre frères. Mais nous l’avons vu avec Gédéon, c’est de cette façon que Dieu délivre et délivrera son peuple.

L’héritage de Manassé est unique et tellement prophétique. C’est la seule tribu à avoir son territoire coupé en deux. Une demi-tribu à l’est du Jourdain et une demi-tribu à l’ouest. Cette séparation est un symbole prophétique puissant.  L’Ouest représente la stabilité,  l’accomplissement spirituel, tandis que l’Est est plus désertique, c’est l’épreuve, le manque d’eau, la pénurie de parole de Dieu et le sentiment d’inutilité. Le territoire de Manassé c’est un peu le combat entre stabilité et anxiété, souffrance et guérison, l’abandon et l’enracinement. Ce combat montre que sa foi est devenue tiède. Il est tiraillé entre Israël à l’ouest et les nations à l’est.

 Manassé signifie « oublieux, ou oublie du passé » ; Le problème de Manassé est lié à sa mémoire qui lui procure de la tristesse et de la souffrance. Son passé d’Egyptien lui revient sans cesse. Il n’a pas guérit de son passé. Lui aussi a ses racines dans les nations. Celle ou celui qui vient des nations, pour un chrétien aujourd’hui se serait son ancienne condition charnelle qui le tente à nouveau. Mais son passé l’aide aussi à se souvenir de ce qu’aime Dieu véritablement. Quel sacrifice il agrée le plus. Manassé nous rappelle que Dieu guérit le passé, mais attend que nous marchions pleinement dans l’appel que nous avons reçu, sans vivre: moitié dans l’Esprit, moitié dans les nations.

 

·        Es-tu Ephraïm ou Manassé ?

Alors surtout ne faites pas de comparaison. Ne vous dites pas en lisant mon message, « ah bien je suis de la tribu de Manassé » (c’est ce que je pourrais me dire à moi-même) et d’autres : « eh bien moi c’est celle d’Ephraïm ma tribu ». Le but c’est vrai est de voir nos origines et de comprendre notre caractère et notre comportement. Mais, avant tout, c’est l’avenir le plus important… et l’avenir c’est le bois de Juda sur lequel nous sommes greffés. Nous sommes une nouvelle créature en Christ.  Gédéon une fois revêtu de l’esprit de Dieu n’agissait plus avec le caractère de Manassé mais avec celui de Dieu. Il faisait strictement ce que l’ange lui disait de faire. D’autre part la porte d’Ephraïm située au nord de Jérusalem, représente la restauration à venir. C’est par là que les exilés, reviennent. Le retour à Dieu se fait bien par cette porte. Esaïe nous le confirme, « la jalousie d’Ephraïm disparaitra ». Donc, ne soyons pas fataliste en s’excusant de ses fautes parce que c’est le caractère d’une tribu. Par contre si nous voyons notre ancienne nature revenir, c’est vrai qu’elle reviendra par les marques de notre tribu spirituelle ; Pour certains ce sera par les traits de Manassé (les compromis, la tiédeur, une certaine passivité) et pour d’autres, par les excès d’Ephraïm (très sûr de sa position de dominateur, ambitieux, se remettant que très peu en cause). N’oublions pas que pour Christ tout sert à notre édification et à notre sanctification. Loin de nous enfermer dans un rôle ou un caractère, Dieu nous libère de tous ces carcans pour que nous manifestions notre vraie nature qui en fin de compte est la sienne (tout simplement). C’est quand nous adoptons Juda non pas la tribu mais l’autorité de Christ que son caractère prend forme en nous.

Pour moi, je suis quelqu’un qui a été formé dans l’héritage d’Éphraïm, j’ai guéri dans Manassé, et je cherche aujourd’hui à marcher avec le sceptre de Juda.

Amen

lundi 22 décembre 2025

LA FOI de l’EGYPTE entre outrage et bénédiction

603

 

Par Eric Ruiz

Je préfère le dire tout de suite, l’Egypte biblique présente un paradoxe ;


un lieu de souffrance, d’oppression et de servitude, mais aussi surprenant que cela puisse être un lieu de refuge de protection et de bénédiction. Je vais développer ce paradoxe et les conséquences que cela entrainent pour un disciple de Christ aujourd’hui. L’Égypte en fin de compte ne serait-elle pas l’image de notre condition humaine rachetée, car elle est à la fois un lieu d’oppression par le péché et la manifestation de la foi et de la grâce divine ?

  • L’Egypte spirituelle

Dans la Bible le mot Egypte occupe une place majeure. Il apparait plus de 680 fois dans les textes. Mitsrayim en hébreu, qui signifie « terre de dépression, lieu étroit et contraignant » et Egyptiens signifiant « doublement oppresseurs ». On nous parle souvent de l’Egypte, comme d’un lieu de vie sans Dieu ou plutôt avec plusieurs dieux, des faux dieux.

Le dieu de la guerre, de la richesse, le dieu de l’abondance, de la magie, le dieu des sciences, celui des plaisirs etc, etc.  Nos conducteurs dans la foi nous rappellent qu’au temps où nous étions païens, nous vivions en Egypte. Mais avec la foi, nous sommes sortis de ce lieu de domination et de contraintes pour traverser notre mer rouge, en contractant une nouvelle alliance par notre baptême. Et aujourd’hui avec Christ nous sommes entrés dans notre héritage, la terre d’Israël. L’Egypte c’est un lieu spirituel pour chaque croyant du XXIème siècle. Un lieu où nous avions été autrefois esclave ; l’esclave d’un roi et d’un peuple oppresseur et tyrannique, nous poussant à obéir et à nous soumettre à de faux dieux. Un pharaon dominateur, un peuple et des dieux méchants et cruels qui exerçaient leur loi sur nous, nous empêchant de vivre heureux et libre.  En fait, ce qu’à vécu Moïse et le peuple hébreu est une réalité historique. 

Mais là où cette réalité devient éternelle c’est quand elle devient spirituelle, quand elle traverse les siècles et les générations. Dieu de tout temps appelle ses enfants à sortir d’Egypte, il leur parle une fois qu’ils sont à l’extérieur. L’Egypte est par conséquent intemporelle vue du côté spirituel et malheureusement pour un peuple rebelle à Dieu, l’Egypte demeure toujours une réalité maléfique. Comment ?

  • Sortir de l’Égypte intérieure pour vivre en Christ 

L’Egypte, qui est assimilée souvent au ventre  (lieu de la digestion des aliments) c'est la partie charnelle en chacun de nous. Et cette part nourricière doit devenir étrangère et même complètement morte, car c'est elle qui nous incite à faire de mauvaises alliances.  Alors quitter cette nation se fait dans la douleur. Mais...le plus compliqué pour la plus grande majorité c'est d’admettre et se repentir du fait d’avoir fait alliance avec Christ, pour ensuite se retourner vers ses anciennes alliances Egyptiennes ; c’est-à-dire de continuer à faire alliance avec le péché brisant ainsi par leurs actes ce qu’ils louent de leur bouche, car ils préfèrent conserver les avantages qu'ils ont acquis de cette façon. Sinon, la colère de Dieu n'aurait jamais lieu d'être.

« Comme un chien qui retourne à ce qu'il a vomi, Ainsi est un insensé qui revient à sa folie,» nous dit le Psaume  26 :11. Revenir en Egypte pour un croyant c’est retourner à une nourriture indigeste.

Cette vision d’une Egypte ancienne, n’est donc pas tout à fait vraie ; Dans le sens où ce n’est pas de l’histoire ancienne, qui n’a plus cours aujourd’hui. Car cette Egypte est toujours de l’histoire récente, elle reste toujours l’ennemi d’Israël et donc toujours l’ennemi de la foi. Dans la réalité spirituelle, les mauvaises alliances, celles du passé ressurgissent par moment et pour certains elles règnent à nouveau et rendent caduque l’alliance en Christ.

Pourquoi reviennent-elles ?

1 Samuel 6 :6 nous le dit par cette interrogation : « Pourquoi endurciriez-vous votre coeur, comme les Egyptiens ?». L’endurcissement, cette puissance du mal est la cause du retour à la folie, à cette folie des faux dieux d’Egypte.

Alors concrètement que signifie pour un disciple de Christ ce verset du livre du Lévitique ?

Lévitique 19 :36 :« Vous aurez des balances justes, des poids justes, des épha justes et des hin justes. Je suis l'Eternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte ».  Ce verset n’est pas seulement une règle ancienne sur les poids et les mesures pour inciter les hébreux à agir avec droiture et honnêteté. Ce verset incite le croyant du XXIème siècle à sortir de l’Egypte d’un point de vue spirituel, en refusant d’exercer l’injustice. Mais attention il ne s’agit pas simplement d’être intègre et honnête dans ses engagements et ses responsabilités. C’est bien et louable d’être sincère dans ses paroles et dans ses actes en s’occupant des pauvres. Mais l’intégrité sociale va beaucoup plus loin. Pour deux frères qui ont le même besoin, avoir une balance fausse serait d’agir avec le premier d’une certaine façon et avec le deuxième frère agir d’une autre façon. Comme si l’un a plus d’importance que l’autre.

Or, si on se réclame enfant d’Israël, fils de la femme libre, on agit sans aucune différence.

D’une manière générale il y a un comportement qui relève de l’Egypte du fils de la femme esclave et un comportement qui relève de l’Israël de Dieu, de l’enfant de la promesse, fils de la femme libre.

 

  • L’EGYPTE TERRE MAUDITE DEVENUE LIEU DE REFUGE

 

Pourtant l’Egypte n’a pas toujours vocation à être une terre hostile. A bien des moments elle se présente comme une protection pour le croyant, un lieu de refuge, plus que cela encore, un lieu de bénédiction. Dieu y envoie ses enfants pour les protéger comme pour les nourrir ou les secourir.

Dans le livre de la Genèse, au chapitre 12, l’Egypte apparait en premier comme une heureuse providence. Elle devient la nation qui sauve Abram. Il y descend avec Sara pour y séjourner et surtout pour échapper à une terrible famine. Alors, loin d’être une terre inhospitalière et réfractaire, le royaume du Nil se montre au contraire, une terre accueillante, un sanctuaire (totalement à l’opposé de la maison de servitude).

Quand à Joseph père de Jésus, il décide sur l’ordre d’un ange de partir en Egypte avec son fils et Marie pour échapper aux assauts meurtrier du roi Hérode.

Et puis, qui ne connait pas le fabuleux destin de Joseph ? Exilé, vendu comme esclave par ses frères jaloux, emprisonné à tort, libéré après l’interprétation du songe de Pharaon, il épouse Asnath, la fille d’un grand prêtre égyptien avec qui il aura deux fils : Manassé et Ephraïm, avant de devenir le gouverneur de Pharaon puis d’être l’homme providentiel qui sauvera l’Egypte de la famine mais aussi qui sauvera sa famille qui l’avait trahit. Qui aurait pu voir dans l’Egypte une terre de bénédiction ?

 Quoi comprendre alors avec ce revirement d’intérêt?

L’Egypte il faut l’avouer est très ambivalente : Elle est une image forte de la servitude comme elle est aussi l’instrument de la grâce de Dieu.

Elle passe de l’oppression au refuge protecteur, d’une servitude forcée, à l’accueil d’étrangers. Elle emprisonne mais exerce un secours.

Spirituellement, c’est Dieu qui décide de nous renvoyer vers l’Egypte parce qu’il a un plan de rachat pour elle aussi.

Esaïe 19 :24 : «En ce même temps, Israël sera, lui troisième, Uni à l'Egypte et à l'Assyrie, Et ces pays seront l'objet d'une bénédiction. 25L'Eternel des armées les bénira, en disant: Bénis soient l'Egypte, mon peuple, Et l'Assyrie, œuvre de mes mains, Et Israël, mon héritage! » 

Dieu souhaite racheter nos corps  de la même façon que le peuple d’Egypte.  Un corps idolâtre, esclave de ses péchés, par un corps lavé et purifié de ses fautes et se sacrifiant pour l’amour de son Dieu. Il ne nous demande pas de maudire notre corps, de le flageller ou de le meurtrir volontairement. Il nous dit de le respecter et de l’aimer parce qu’il y enferme son temple, alors qu’il n’a que des envies contraires à l’esprit.

1 corinthiens 6 :19 « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, ».

Notre corps comme l’Egypte, même s’il n’est pas saint sert à nous protéger, à protéger l’âme qui y vit. L’Egypte bénit l’étranger comme notre corps source de tentations nous bénit par ses bienfaits (par quelles manières ? la nourriture, la santé, la communion, les unions, l’émerveillement des sens) verset 20 : « Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. ».Toutes les nations appartiennent à Dieu et Dieu rachète à grand prix le peuple de ces nations. A la fin tout sera réuni en Christ.

Notre corps est une lumière, il nous aide à comprendre l’état de notre âme. Ce que nous vivons dans notre corps révèle souvent ce qui se passe à l’intérieur de nous.

Pour Abram, avant que son nom devienne Abraham, la terre du Nil a été un creuset et un secours et ses yeux sur son âme, la possibilité de voir ses propres faiblesses. En Égypte, il a pris conscience de ce qui se passait dans son cœur. Un croyant qui comprend la relation que les pères de la foi ont eue avec l’Égypte comprend aussi comment Dieu agit. Il découvre un Dieu qui aime et qui sauve, sans faire de distinction entre les peuples. Ce croyant apprend alors à imiter son Père céleste. Il aime et aide son prochain, quelle que soit sa religion, sa nation ou son origine. Il est aussi attentif à la voix de l’Esprit. Il sait quand Dieu lui demande de sortir d’« Égypte », lorsque celle-ci devient oppressive, et il sait aussi quand Dieu lui demande d’y retourner pour y trouver refuge ou pour servir. Ce croyant n’est pas dans la confusion. Il agit avec discernement, parce qu’il vit dans l’obéissance à Dieu. Et cette obéissance lui donne une vraie liberté en Christ, une liberté qui lui permet d’aimer et de sauver les autres tout en étant secouru lui-même.

  • MANASSE ET EPHRAIM DANS L’EGLISE

Maintenant, l’Égypte a toujours un double visage. Elle peut être un lieu d’oppression et d’esclavage, mais aussi un lieu de protection, d’accueil et de refuge. Cette ambivalence nous aide à comprendre une autre réalité : celle de l’Église des nations, qui porte en elle aussi les mêmes contradictions.

L’Église peut être un endroit où l’on est rassuré,  protégé, nourri et accompagné, mais elle peut aussi devenir en même temps un système qui enferme, qui oppresse et qui astreint à un travail forcé, à un activisme religieux.

On retrouve cette même réalité dans l’histoire des fils de Joseph. Manassé et Éphraïm sont nés d’une mère égyptienne, mais ils ont reçu un héritage complet en Israël. Ils appartiennent pleinement au peuple de Dieu, même s’ils portent en eux une double culture : celle de leur père hébreu et celle de leur mère égyptienne.

Cette double origine montre les racines d’une dérive qui s’est produite et qui existe encore aujourd’hui chez beaucoup de croyants. D’un côté, il y a l’appel de Dieu, la vie conduite par le Saint-Esprit. De l’autre, il y a les traditions, la convoitise et l’appât de la culture du monde dans lequel nous vivons. La foi devient alors partagée, tiraillée entre deux influences.

Cette confusion n’est pas nouvelle. Elle a traversé les siècles, aussi bien en Israël que dans l’Église.

Beaucoup de croyants pensent être « en terre promise » simplement parce qu’ils fréquentent une Église. Ils y trouvent un cadre rassurant, des bénédictions, un refuge, une protection — ce que l’on pourrait appeler le rempart d’Éphraïm.

  • Pourquoi le rempart d’Ephraïm ?

le Psaume 108:8 dit :
« Éphraïm est le rempart de ma tête, et Juda est mon sceptre. ».

 Symboliquement, Éphraïm représente l’institution : Éphraïm signifie « fécondité ». La bénédiction, la croissance et la prospérité sont visibles. Cette structure visible, organisée, protège le peuple de Dieu contre les attaques extérieures. Comme l’Église institutionnelle, Éphraïm est un puissant rempart : il garde les règles de la foi, transmet la tradition des hommes, et sert de cadre solide pour que le peuple et la doctrine puissent subsister. Quant à Juda qui est la tribu royale, celle de David et, plus tard, celle du Messie, le psaume dit : « Juda est mon sceptre »,  c’est l’image du pouvoir et de l’autorité promu par le Saint-Esprit.

Juda symbolise la puissance spirituelle, l’autorité divine qui gouverne et conduit le peuple. Alors une question demeure, dont on connait déjà la réponse : Ephraïm et Juda marchent-ils ensemble d’un même pas ? Le sceptre est-il à l’intérieur des remparts ? L’Eglise des nations a-t-elle reçu le sceptre de Juda ? A-t-elle réellement laissé le Saint-Esprit gouverner les assemblées ? Les pharaons des assemblées ont-ils laissé agir librement la puissance, la transformation et l’autorité spirituelle qui vient du Saint-Esprit ?

Malheureusement la puissance spirituelle s’est détachée de ses remparts. La tradition et la convoitise a chassé le sceptre divin, la véritable puissance.  Mais, l’union se fera. Une part seulement d’Ephraïm sera rajouté au bois de Juda, nous dit le livre d’Ezéchiel 37 :19

Les fils de Joseph sont tombés comme l’Eglise institution dans la confusion. Confondant leurs propres structures avec Dieu lui-même, servant l’Eglise au lieu de servir Christ.

Ainsi, comme l’Égypte peut être à la fois une bénédiction et un piège, l’Église peut être un lieu de sécurité et de bénédictions en même temps qu’un carcan religieux oppressant, si elle n’est pas conduite pleinement par l’Esprit.

Je conclurai en affirmant que la position de l’Egypte, comme celle des fils de Joseph et d’Asnath est un témoignage de plus qu’il n’y a pas de peuple plus saint qu’un autre ou plus a même à être rejeté. Le péché, comme la miséricorde entre par des portes différentes dans une même maison. Tout n’est pas blanc ou noir et cela nous pousse encore et toujours à plus d’humilité, de mesure, de compassion, et de pardon envers tous.

Amen

dimanche 8 juin 2025

POURQUOI L’ASCENSION DE CHRIST N’EST PAS UNE CELEBRATION

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Par Éric Ruiz

 

L’ASCENCION : Le CIEL ou LA TERRE ?


Troublant comme titre n’est-ce pas ?  Moi-même je me suis étonné à parler de l’ascension une fois la fête passée.  Pourquoi maintenant ? Pourquoi parler de l’ascension au moment où les chrétiens vont fêter la pentecôte ? Est-ce trop tard ? Ou est-ce au contraire un moment qui a du sens ? Car Dieu à ses raisons que la raison ne connait pas.

Je sais que cela va sans doute choquer parce que je touche à une pierre angulaire de la religion chrétienne. Attention, je tiens tout de suite à être clair. L’ascension de Christ au ciel est glorieuse. Il est maintenant assis à la droite du Père. Ce qui montre son autorité et son égal avec lui. Je suis loin de sous-estimer ce fait et encore plus, loin de vouloir le rabaisser. Car Jésus-Christ est vraiment parti nous préparer une place pour que là où il est nous y soyons aussi. Et si nous sommes là à la première résurrection il nous prendra avec lui. Alors, tout ce qu’il a fait n’est pas à minimiser ou à sublimer mais à prendre selon ce que l’esprit nous enseigne.

Mais je tiens à mettre les priorités là où elles doivent être.  Oui ce qui se passe au ciel concerne aussi l’homme terrestre, mais peut-il changer les choses célestes ? Il est concerné certes par le ciel, sans qu’il puisse en aucune façon interférer sur lui. Le ciel, notre Père s’en occupe et ne nous demande aucune action. Pas de prière, pas de louanges, pas de relations autres qu’avec lui (lui et son fils unique puisqu’ils ne font qu’un).

Il est tellement facile de tomber dans l’occultisme. Par nature le genre humain est idolâtre. Il est très attiré par les choses célestes. La divination et toutes ces pratiques divinatoires ont toujours autant attirée le commun des mortels. Pouvoir communiquer avec les défunts a toujours été très tentant et toujours pour les mêmes causes : connaître les intentions de Dieu à notre égard ou pour nous rassurer sur notre devenir.

 

 UNE FETE PAIENNE ?

 Juste quelques mots sur la fête. Si on regarde les fêtes instituées par L’Eternel Dieu à partir de Moise, leur point de départ commence par une tristesse transformée en joie, par une désolation changée en jour de fête. C’est un moment particulier qui célèbre les victoires acquises avec l’aide de Dieu. La fête de la Paque (Pessah) par exemple pour les Hébreux (la plus importante), célèbre le libérateur, le Dieu sauveur qui est venu délivrer un peuple de l’esclavage et de l’oppression Egyptienne. On célèbre le bras puissant de Dieu comme sa grande miséricorde envers son peuple.

Alors ces victoires nécessitent une attitude de cœur qui va avec. Et comme le souligne la fête de Pourim, une purification est indispensable. S’il n’y a pas une volonté de confesser ses fautes et de s’en détourner, la fête perd tout son intérêt pour Dieu. La célébration véritable c’est toujours une occasion de se remettre en ordre devant Dieu. Elohim hait ce genre de fête où le croyant vient le louer en vêtement sale.

Alors pour en venir à la fête de l’ascension. Où se trouve la victoire de l’homme acquise avec l’aide de Dieu ? Cette victoire concerne le fils de Dieu, certes et lui-seul. (je détaillerai cette partie par la suite) Et fêter une victoire sans la complicité avec l’humain cela ressemble tellement à celles que font les païens.

La célébration de l’Eternel n’a pas le sens d’un combat céleste entre Dieu et des anges. Nous ne sommes pas au milieu de la mythologie païenne où les dieux grecs ne cessent de se combattre entre eux. Athéna (déesse de la sagesse) qui blesse Arès (Dieu de la guerre) ou Héra (Reine des dieux) qui affronte Atémis (déesse de la chasse).

La célébration de l’Eternel célèbre bien un combat, mais un combat ici sur terre et surtout par une lutte faite à l’intérieur de soi, qui préfigure le temple de Dieu. Pessah qui signifie passer de l’autre bord, montre plus une conversion spirituelle qu’une victoire sur un peuple ennemi. C’est la fête d’un sacrifice bien terrestre, bien charnel qui uni Dieu à l’homme.

 

LA REPONSE DE JESUS A L’ASCENSION

 

Alors si on revient à l’ascension, à cette réalité glorieuse, elle ne peut être une fête pour l’homme de foi parce que l’homme ne peut monter tel qu’il est dans le ciel. Sa condition est impure. Sa chute le maintien au sol, sur le sol terrestre. Sa condition oblige le croyant à s’abaisser, plutôt qu’à s’élever. Jésus-Christ monte seul nous préparer une place que nous ne pouvons connaitre. Et le fait de célébrer une ascension serait comme demander à Dieu ce que deux disciples, Jacques et Jean lui ont déjà demandé dans Matthieu 10 :37-40

«Jésus leur dit: Que voulez-vous que je fasse pour vous? 37Accorde-nous, lui dirent-ils, d'être assis l'un à ta droite et l'autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. 38Jésus leur répondit: Vous ne savez ce que vous demandez.(tout comme vous ne savez-pas ce que vous voulez célébrer) Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire, ou être baptisés du baptême dont je dois être baptisé? 39Nous le pouvons, dirent-ils. Et Jésus leur répondit: Il est vrai que vous boirez la coupe que je dois boire, et que vous serez baptisés du baptême dont je dois être baptisé; 40mais pour ce qui est d'être assis à ma droite ou à ma gauche, cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux à qui cela est réservé. ».

Jésus en répondant de la sorte, en leur disant que cela ne dépendait pas de lui, voulait sans doute leur indiquer que leur question ne va pas les aider parce que ce qu’il demande n’est pas la bonne question.

Quelle était alors la bonne question à poser ? «  Comment faire pour être assis à ta droite ou ta gauche ? ou encore Comment feras-tu pour que nous continuions à vivre sans toi, sans Christ à nos côtés, parce que quand tu partiras, nous serons orphelins? Devons-nous attendre un autre que toi ou ton retour ? »

Jésus  répondit à cette question après que Philippe lui ait demandé « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » Jean 14 :8  et Jésus lui répondit «  Celui qui m'a vu a vu le Père; et vous si vous m’aimez garder mes commandements car ils viennent du Père… Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, afin qu'il demeure éternellement avec vous…Et le consolateur, l'Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit ».

Dieu est très pragmatique et notre foi elle aussi doit-l’être. La fête doit nous aider à nous rappeler ce qui est essentiel à être puis à faire. Tout d’abord nous rappeler l’alliance que Dieu a conclue avec nous. Demeurer en lui, lui être fidèle c’est l’honorer.

La fête comme toute célébration concerne avant tout l’alliance que Dieu établit avec sa création. Le louer seul c’est bien, mais l’Eternel n’a jamais demandé à Moïse de le fêter lui seul. Les païens eux le font. Ils fêtent leurs dieux. Ils fêtent leur ascension. Ils fêtent les combats qu’il gagne sur les autres dieux.

Or, le Dieu de la Bible fait que chaque fête que nous faisons sert à évaluer notre foi pour savoir si notre alliance est toujours véritable. Si elle ne l’est plus, alors nous préparer en confessant nos fautes et en convertissant nos cœurs.

 

Alors POURQUOI JESUS A-T-IL ETE ELEVE AU CIEL DEVANT SES APOTRES ?

 

Pour que les anges puissent aussi révéler la vérité : « Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, 11et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? »(Actes 1 :9-11)

Avez-vous vu la comparaison avec ce que Jésus disait juste avant à ses disciples ? « 8 vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous…et vous serez mes témoins… jusqu'aux extrémités de la terre. ». Les païens ont sans cesse les yeux rivés vers le ciel. Est-ce ce que Jésus voulait pour ses disciples ? Rappelez-vous le message sur la sagesse qui vient de la comparaison. Ici Jésus compare leur étonnement à fixer le ciel… avec la puissance qu’ils recevront pour être ses témoins.  La comparaison est claire pour celui qui sanctifie la sagesse divine. La puissance de Dieu pour ses apôtres n’est pas dans l’admiration d’une élévation céleste mais dans la puissance du Saint-Esprit que recevront les apôtres pour leur mission terrestre.(même les deux anges sont sur terre vêtu de blanc, ils ne sont pas en l’air. Encore un signe de l’importance de notre mission terrestre)

 

LA FETE  DE l’ALLIANCE AVEC LE SAINT-ESPRIT

 

Par conséquent, chaque fête nous ramène aux noces de l’agneau, à notre élection, à la gloire que nous partageons avec lui, à l’alliance faite avec notre Dieu. Cette alliance a été concrétisée dans les cieux comme sur la terre en premier par notre baptême mais aussi et surtout lorsque le Saint-Esprit est descendu sur nous.

Alors certes l’ascension du fils de Dieu est importante. Mais dans l’immédiat, ce qui est descendu du ciel l’est beaucoup plus pour nous (le 5ème tonnerre). Si nous n’avons pas le Saint-Esprit qui est descendu sur nous, tout ce que nous vivons ne sert à rien. Sans Christ en nous personne ne peut être sauvé. Ce qui se passe dans les cieux peut-être beau et glorieux mais si le Saint-Esprit est un rêve, c’est que Christ n’est pas ressuscité et « si christ n’est pas ressuscité, nous sommes les plus malheureux des hommes et notre foi est vaine ».

 

CELEBRER L’ASCENSION et ses conséquences

 

 Dieu a ses combats qu’il mène avec ses anges dans le ciel ; Mais nos combats à nous sont tous sur terre. Et la preuve c’est que nos prières ferventes concernent ce qui touche nos corps de près. Même nos rêves proviennent de ce que nous vivons ici-bas. Nous sommes comme attachés à cette terre comme un « glébeux » l’est. Ce glébeux c’est le nom d’Adam premier homme, nommé ainsi par André Chouraqui dans sa traduction biblique.

Alors ceux qui célèbrent les anges dans les cieux se trompent. Ils se sont égarés sur un mauvais chemin. A trop spiritualiser les choses d’en haut, à trop idolâtrer les étoiles, à trop mettre de l’importance à ce qui monte dans le ciel, ils ne font que de prouver leur peur et leur fuite face aux combats d’ici-bas. Et donc ils ne célèbrent plus la mise à mort de leurs corps dans la fête. C’est pourquoi tant de fêtes chrétiennes ne sont que des fêtes païennes dans les faits.

 S’inquiéter si nous serons à la droite ou à la gauche de Dieu sous-entend d’autres envies comme savoir si notre place dans le ciel est déjà définie avant que nous ayons été fidèles et persévérant dans la foi. C’est une manière de vouloir lire dans le ciel notre destinée. C’est une porte ouverte vers la divination. Et Jésus n’a laissé entrevoir aucune possibilité à Jacques et à Jean lorsqu’ils lui ont posé cette question. La réponse de Jésus a été très clair malgré les apparences «  , cela ne dépend pas de moi, et ne sera donné qu'à ceux à qui cela est réservé. »( Matthieu 10 :40)

 

CELEBRER L’ASCENSION POUSSE A CELEBRER LES MORTS

 

Je crois que célébrer l’Ascension de Christ  et surtout en être très attaché, prouve une chose : que nous avons ouvert des portes interdites au ciel. La séduction de la divination a exercé son pouvoir. La tentation en fait succomber plus d’un. Il n’est pas rare de s’apercevoir pour ceux qui ont ouverts ces portes qu’ils se mettent aussi à ouvrir celles des morts. Certains chrétiens prient ou évoquent les morts, d’autres se noient dans de terribles recherches généalogiques pour prouver une quelconque lignée sainte, d’autres se font baptiser pour eux, et d’autres encore se réunissent aux nouvelles lunes pour bloquer le mal qui se fait au ciel, afin d’éviter qu’il se propage sur terre. Mais ces mêmes personnes pourquoi ne s’occupent-elles pas des vivants, de ces âmes qui vivent sur terre autour d’elles? Parce que bien souvent avoir les yeux vers le haut nous fait oublier ceux qui sont en bas. Que ces frères et sœurs commencent par libérer les captifs qu’ils ont eux-mêmes enchaînés… avant de vouloir libérer le ciel de la mort.

 

LA PRIERE DU « NOTRE PERE »

 

Alors, je finirais par la prière du Notre Père, celle que Jésus-Christ nous a donné en exemple et que nous trouvons dans les Evangiles, et cette prière n’est pas « Père que ton nom soit sanctifié au ciel mais qu’il soit sanctifié sur cette terre et si possible par nos paroles et nos actes. Notre prière n’est pas non plus que ton règne vienne au ciel, puisqu’il y règne déjà, mais qu’il règne ici-bas et si possible à l’intérieur de chacun de nous par le Saint-Esprit.

Que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Cela traduit très bien les priorités, nos priorités celle de notre alliance avec notre Seigneur Jésus-Christ.

Esaie 66 « Ainsi parle l'Eternel: Le ciel est mon trône, Et la terre mon marchepied. Quelle maison pourriez-vous me bâtir, Et quel lieu me donneriez-vous pour demeure? 2Toutes ces choses, ma main les a faites, Et toutes ont reçu l'existence, dit l'Eternel. Voici sur qui je porterai mes regards: Sur celui qui souffre et qui a l'esprit abattu, Sur celui qui craint ma parole. » Alors, regardons là ou Dieu regarde, portons nos regards sur l’essentiel et laissons le ciel à celui qui y règne. Pour avoir une part avec lui, nous devons porter nos regards sur ceux qui souffrent et qui craignent Dieu.

Amen