dimanche 27 avril 2025

LES 7 COMMENCEMENTS DE LA FOI

 577                                           


Par Éric Ruiz

 

 La nouvelle naissance spirituelle. Elle nous fait revêtir l’homme nouveau.

Certes, nous sommes réellement une nouvelle créature ; Et cette nouvelle créature débute par l’esprit. Un nouvel esprit est né : Christ en nous. 

Mais en marchant en Christ, nous allons passer d’un renouveau à un autre. D’un commencement à un autre. La créature de foi va évoluer dans sa nouvelle naissance.  

Or, cette nouvelle naissance est expliquée très succinctement par Jésus à Nicodème (Jean 3) qui lui apprend qu’il doit naitre d’eau et d’esprit. Il ne lui dit rien d’autre. Il laisse planer un mystère qui a donné mille interprétations.

Jamais Jésus-Christ n’a eu l’intention de réduire cette naissance à un évènement unique et accompli : c’est le début d’un processus de transformation. Il peut débuter à un moment donné et puis s’arrêter-là. Mais le but de ce processus est d’aboutir à une autre réalité. Laquelle ? Et comment comprendre cette réalité ?

 

Prenons tout d’abord l’exemple d’une maison. Notre être spirituel se bâtit comme les étapes de la construction d’une maison. Le nouvel être qui nait à partir de notre repentance et de notre conversion a posé les fondations de notre maison. Cette fondation est essentielle. Mais elle est un point de départ, elle ne s’arrête pas là dans notre édification. Chaque nouvelle partie de la maison se construit comme un nouveau commencement. Chaque étage, une nouvelle entreprise. Les fondations ne ressemble en rien au premier étage, qui ne ressemble pas au deuxième et ainsi de suite jusqu’au toit qui est en tout point différent des autres étages. Et le toit vient comme couronner le bâtiment, comme le sceller.

En tout, il y a 7 nouveaux commencements.

Pourquoi 7 ?

Parce qu’il y a 7 tonnerres divins qui ont fait entendre leur voix (Apocalypse 10 :3).

Et ce mystère caché s’accomplit uniquement si le disciple ne se complait pas dans sa situation, si le disciple cherche à évoluer vers son accomplissement final et parfait.

Voilà ce que dit Jésus : Matthieu 7 : 24 : « C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc ».

Bâtir sa maison sur le roc consiste à suivre des étapes spirituelles essentielles : 7 tonnerres (7 puissances), 7 marches (comme 7 chapitres), 7 mises en pratique de la foi.

Ces tonnerres sont de nouveaux actes de la foi. J’insiste, ce ne sont pas des croyances, ou de nouveaux rites religieux révélés. Mais des actes de foi. Naitre d’eau et d’esprit consiste à réaliser ses actes de foi.

 

Première fondation : le jugement. La remise en question de soi-même. La prise de conscience de ses ténèbres va provoquer des actes inhabituels. Ce fondement est suivi d’un autre, la repentance, puis vient la conversion, ensuite la justice qui amènera à exprimer des actes de pardon, de réconciliation, d’entre aide. Le cinquième tonnerre est lui-aussi un nouveau commencement avec le baptême d’esprit. Le sixième, qui concerne cet état d’adoption par notre Père céleste est lui aussi une nouvelle étape qui nous amènera à vivre des évènements très différents des autres. Et enfin cette dernière étape qui montre la fusion parfaite entre l’Epoux (le Père) et son épouse (ses fils semblable à son fils unique Jésus-Christ).  Cette dernière étape, elle-aussi, est en tout point, différente des autres.

 

Alors bien-sûr, il y a le roc, c’est-à-dire les matériaux de construction ; eux ne changent pas. L’eau et l’esprit issus de la grâce que nous avons reçues et manifestés dès le départ ; l’eau et l’esprit nous amène à la maturité. Car le passage d’une étape à une autre, comme le passage d’un étage à un autre, se fait par la maturation.

 

Pour donner du concret, reprenons l’image de la maison en construction. Un maçon sait très bien qu’il ne peut pas commencer la construction d’un étage supérieur, sans que l’étage inférieur soit consolidé et apte à recevoir une charge plus lourde, sinon tout s’écroulerait comme un château de cartes. Le ciment doit avoir séché. Mais pas seulement. Il est nécessaire que la structure existante puisse supporter le poids supplémentaire d’une surélévation. Un ingénieur en structure devra le plus souvent évaluer la solidité des fondations et des murs porteurs pour s’assurer de la faisabilité du projet. Et cela demande plusieurs semaines, voire plusieurs mois selon les cas.

Eh bien pour chaque nouveau commencement, un délai de temps aussi long est nécessaire. Dieu le Père qui est l’ingénieur suprême, lui-seul évalue nos fondations spirituelles et la solidité de nos murs porteurs (Et Christ en est la pierre angulaire) ; Et comment le fait-il ?

En nous faisant traverser et vivre de nouvelles expériences, de nouveaux projets mais aussi et surtout de nouvelles épreuves, des tribulations plus fortes, plus intenses et beaucoup plus impressionnantes. La maison doit résister à de fortes intempéries (des vents très violents, des inondations, une chaleur excessive, bref un climat des plus hostiles…) ; Matthieu 7 : « 25La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison: elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc. ».

C’est pourquoi, un disciple ne doit pas craindre de marcher sur l’eau, parce que l’évolution de sa foi l’amènera à vivre des choses totalement nouvelles et imprévues le mettant fortement à l’épreuve. Je ne suis pas en train de décourager mes frères et sœurs en Christ, mais d’essayer de leur ouvrir les yeux sur le degré de sacrifices qu’il faudra faire pour grandir dans la foi. Ce degré passe par une confiance de plus en plus grande en Christ malgré une réalité devenant de plus en plus sombre et déstabilisante. La confiance en Dieu doit être éprouvée par notre vécu.  

C’est le sens de ce que Jésus dit dans Luc 14 : «28 Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer, 29 de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, 30 en disant: Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever? ».

Par conséquent, quel échec pour un disciple s’il s’imagine qu’avec Dieu, une fois que les fondements sont posés (repentance, confession de foi, baptême) tout est beaucoup plus simple. Parce que Jésus-Christ a tout payé à la croix et par conséquent que la dépense pour sa maison étant une grâce, elle ne nécessite que peu de sacrifice.

De même, c’est aller droit à l’échec de penser que Dieu repousse tout ennemi loin de nous, c’est aussi incohérent et faux que de penser qu’une maison se construit en premier par le toit.

Aujourd’hui trop d’hommes et de femmes de foi ont commencé à construire et se sont arrêter en chemin, comme trop pensent qu’ils sont nés de nouveau en Christ et par conséquent que leur maison est finie, que le toit est déjà posé et que leurs prières vont repousser l’ennemi pour aplanir leur sentier.

Mais l’ennemi est un bien que Dieu laisse agir pour que le disciple vive une nouvelle expérience de foi.

« Oui, mais Dieu ne permettra pas que son enfant souffre et qu’il soit atteint d’un mal grave » ; cette croyance est fausse, car elle nait et elle est entretenue uniquement par la peur de souffrir.

Croyez-vous que prier pour que les vents ne soufflent pas trop forts, prier pour que la pluie ne produise pas d’inondation, ou que la chaleur et la sécheresse ne produisent pas des incendies, c’est la volonté de Dieu qu’il en soit ainsi ?

Croire que la souffrance, c’est satan, le diable qui en est l’origine et s’opposer en nombre à elle, c’est refuser de grandir dans la foi ; C’est refuser de vivre de nouvelles expériences aussi douloureuses soi-elles. En réalité, c’est déjà montrer que sa maison est bâtie plus sur le sable que sur le roc. Et qu’elle va s’effondrer à la moindre tempête.

Dans la réalité, juste après que les fondations soient posées, la construction s’arrête. La peur des malheurs, les croyances refuges dans des dogmes sans foi, font croire au disciple que la solidité de sa maison bâtie sur le roc le protège. Dieu aurait lui-même posé ce toit insubmersible et inaltérable. Or, c’est notre foi qui agit. C’est une foi qui doit nous aider DANS les catastrophes et non à les éviter.

Parce que ce sont ces 7 matériaux qui chassent les démons et que nous lisons dans Galates 5 :22-23 : Ce sont l’amour, la joie, la patience, la paix, la douceur, la bonté, la bienveillance, qui vont avoir raison du mal.

C’est ce caractère de l’agneau qui chasse les démons. Ce ne sont pas des prières empreintes de peur et de suffisance qui chassent le diable.

 

Alors revenons à Luc 14, à ce que dit Jésus au sujet de cette tour que l’on a bâtie sans vouloir calculer la dépense. Au verset précédent 27 comme au verset qui suit cet exemple de foi, Jésus donne le pourquoi de l’échec. «27 Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple…33 quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple. ». Je le répète encore : Que possède un disciple de si important qui le retient dans ce monde ? Chacun pense à l’argent, ou à ses biens, mais il y a des choses plus précieuses : sa famille, mais aussi son propre péril, sa propre santé, (je suis bien placé en ce moment pour le savoir), ou encore (je pense à mes frères du Congo dont la vie est entre les mains des rebelles du M23).

La situation qui nous fait échouer c’est : de ne pas être prêt à mettre sur l’autel des sacrifices ce qui nous est le plus cher, là dans le moment présent. Il nous faut regarder sans s’effrayer, ce qui nous met en péril. La voilà cette dépense dont parle Jésus pour construire cette tour. Cette dépense, correspond à cette mise à mort, qui est cruciale pour notre caractère, afin que la plénitude de Christ vive en nous.

 

Cette plénitude de Christ est révélée par le livre de l’Apocalypse où l’agneau qui a été mis à mort correspond à un être accompli ; et cet être, c’est Christ et chacun de ses disciples (c’est moi, c’est toi, ce ces sont ceux qui souhaitent calculer la dépense juste pour terminer la tour).  Et voyez-vous la voix des anges, des anciens, de plusieurs millions annonçant que cet agneau immolé « est digne de recevoir puissance, richesses, sagesse, force, honneur, gloire et louange. » (Apo 5 :11-12).

Ces 7 éloges (de la puissance à la louange) correspondent chacune individuellement à 7 nouveaux commencements, à 7 étapes qui ne se franchissent pas aléatoirement, comme on le souhaite ou dans le désordre.

Quand je parlais juste avant : que beaucoup pensent avoir atteint le toit de leur maison (la louange et la gloire) alors qu’ils manquent cruellement de force et de sagesse, et qu’ils n’ont pas eu leur vie en péril, cela signifie que l’agneau en eux (le caractère de Christ) est encore loin d’être immolé. Et même pour certains que l’animal, symbole de leur caractère s’identifie plus à un lion qu’à un agneau, au vu de leur instinct prédateur toujours aussi présent.

La course du disciple, j’en avais parlé, n’est pas une course de vitesse ou un sprint final. C’est une épreuve d’endurance qui nous demande de la patience et de la persévérance dans l’effort. Le but n’est pas de franchir à toute vitesse les étapes, mais de vivre chaque moment de foi dans son intégralité et dans ce qu’elle demande de sacrifice, sachant que chaque épreuve fera grandir notre foi et notre amour.

Et  (ce n’est pas fini) l’espérance qui nous anime sera elle aussi confortée. L’espérance d’atteindre cette stature parfaite du disciple. L’espérance doit demeurer avec la foi et l’amour. L’espérance qui doit vivre intensément en nous est : de pouvoir être un jour un sujet de gloire et de louange. D’être loué pour ce caractère de l’agneau immolé, le caractère de Christ ressuscité en soi.

Amen

dimanche 13 avril 2025

L’AMOUR, LA FACE CACHEE DE LA GRANDE TRIBULATION

576

 

Par Éric Ruiz

Nous sommes arrivés au moment où Babylone montre partout ses fissures. Et Babel signifie confusion. La foi n’est pas épargnée par cet état de trouble. Elle aussi est confuse. Nous devons revenir à ce qui est authentique et essentiel dans la foi. La foi possède un seul devoir, un devoir qui devrait être un rite ou une coutume.


Jean 15 :17 : « Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres » ; Et c’est Romains 13 :8 qui nous le redit ensuite : « Ne devez rien à personne, si ce n'est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi. ».

Trop souvent, les journalistes insistent sur le côté négatif des guerres, des catastrophes, des maladies, des combats en tout genre. Ils nous montrent alors des chiffres chocs, comme par exemple : l’explosion du nombre de décès.

De même, à la fin de chaque guerre, par exemple, les historiens remarquent une explosion de divorces. La guerre a séparé, endeuillée les familles, elle a transformé les villes en ruine.

Mais a contrario, la guerre a un côté très positif et ce côté-là passe complètement inaperçu des médias : elle a resserrée des liens d’amour ou d’amitiés.

Pour celles et ceux qui ont vécus et affrontés ensemble de fortes hostilités, leur lien d’attachement s’est renforcé. Et même de nouveaux liens se sont créés avec de nouvelles rencontres. Un peu comme quand on vole au secours d’un naufragé, ou quand on héberge des personnes ayant perdu leur logement, ou encore quand on a caché des fugitifs condamnées à morts (juifs, maquisards, résistants…). Tous ces malheurs ont un côté positif : ils resserrent les liens d’affection où ils créent de vrais liens d’amitié.

Ce qui m’amène naturellement à considérer le réveil des âmes. Le réveil spirituel qui nait dans les Eglises à la suite d’une prise de conscience subite, n’est en réalité qu’un emballement général suscité par un sentiment d’extase, un vent prodigieux. C’est un nouveau chef, une nouvelle image qui nait dans l’âme alors : l’idolâtrie.

Le véritable réveil spirituel est un réveil de l’âme. Celui-là est moins visible (pas de mouvement de foules, pas de grandes exclamations publiques) mais un phénomène beaucoup plus pragmatique : On s’est entraidé, on s’est serré les coudes, tendu la main pendant un temps fort d’épreuve.

Résultats : la chaleur affective, les liens fraternels se sont noués. Le réveil des cœurs a sonné. Pendant qu’une société s’effondre, ou qu’une catastrophe climatique sévit, qu’elle plonge la majorité dans une situation désécurisante et angoissante, de petits groupes par-ci, par-là se forment et se sauvent les uns les autres. Ils agissent alors véritablement comme des frères et des sœurs d’une même famille.

Combien d’épreuves tant redoutées, combien de grandes tribulations annoncées comme diaboliques ont été de véritables aubaines, en créant un groupe fraternel bouillant les uns pour les autres.

Des chrétiens amorphes, tièdes, en perte totale de relations affectives, rendus infirmes par une empathie engourdie, se sont soudainement réveillés en étant plongés au milieu d’un drame. Ils ont eu là des personnes à aimer ou ils ont été réveillés eux-mêmes par l’amour des autres.

Oui, mais le réveil, ne commence-t-il pas à partir d’une nouvelle semence : la repentance ?

Se repentir : c’est réaliser que l’on a fait fausse route et se convertir qui est l’acte qui va avec la repentance : c’est changé de chemin ou revenir vers la voie de la vérité.

Le problème avec les croyances religieuses, c’est que tout est sans cesse spiritualisé, analysé puis au final déformé. Comme si tout se faisait d’abord par la conscience. Connaître avant tout une loi pour suivre un cheminement codifié (jeûner, prié, étudié des versets,…) ou par suivre un passage absolument obligatoire comme un rite initiatique à l’image du baptême.

La REPENTANCE est manifestée par la conversion : un changement radical de notre façon de penser et d’agir.

Alors si je suis habitué à être seul dans mon coin ou à être écarté des autres, bref à être inutile, et voyant un être en pleine détresse je me mets à le secourir, à lui venir en aide comme un sauveur le ferait, n’est-ce pas un changement radical dans ma façon d’agir ? N’ai-je pas accompli la loi en venant au secours de mon prochain ? Ne suis-je pas en train d’accomplir le commandement de Jésus-Christ de Jean 15 :17 ?

N'est-ce pas cet ouvrier de la onzième heure qui se tient sur la place du marché sans rien faire et qui à la dernière heure se lève pour aller travailler dans le cépage du Vigneron propriétaire du vignoble ? (c’est le Seigneur ce propriétaire).

Cette parabole biblique, relatée dans l’Evangile de Matthieu décrit un vigneron qui durant toute la journée cherche des ouvriers pour travailler à sa vigne. Cette parabole qui concerne le royaume des cieux devrait nous faire réagir sur l’amour qui est le véritable travail du croyant bien plus que la fidélité dans la pratique des coutumes chrétiennes, bien plus que les campagnes d’évangélisation. Je me permets cette comparaison parce que travailler dans la vigne du Seigneur, c’est souvent le moyen d’exhorter le chrétien à multiplier ses interventions et ses explications aux athées, aux païens, (mais aussi à ceux qui ont d’autres croyances, sur la vérité de l’Evangile). On leur prêche que s’il aime Dieu, l’évangélisation en est la preuve.

Les croyances ont remplacé la foi. La preuve, c’est qu’il existe tellement d’interprétations de cette parabole. Quelles intentions se cachent derrière elles? L’intention la plus fréquente est de réveiller ou de maintenir un engouement à servir les desseins des dirigeants du groupe religieux. En pointant que la vigne du Seigneur c’est son église, et c’est là que résident des frères et sœurs, la vigne s’est transformée, sans que ses membres en soient conscients, en une véritable secte.

Or, travailler à la vigne du Seigneur, (et je le rappelle cette parabole ressemble au royaume des cieux Matthieu 20 :1), c’est simplement exercer l’amour envers tous. C’est cet amour qui séparera les bons grains des mauvais. C’est cet amour et le vigneron (Dieu) qui greffera les nouveaux serments et émondera les mauvais. C’est cet amour aussi qui récompensera chaque ouvrier de la même manière en les rémunérant du même salaire. Dieu ne comptabilisera pas les actes et le temps que nous aurons exercé sa justice, il regardera le cœur, l’âme. Est-elle régénérée ?

Prenons  un exemple réel, celui d’un mauvais grain ayant l’apparence d’un bon : il y a des croyants qui accablés par les épreuves disent se repentir et avouent leur péché devant l’assemblée. Là aussi la question est : N'y a-t-il pas encore une intention séductrice cachée derrière cet acte juste ?

Parce que même confronté à de grandes tribulations, ces croyants bourrés de vanité et de gloire ne baisseront pas la garde.

Leur repentance devrait se manifestée par des actes, par un changement radical dans leur comportement. Et cela passe bien-sûr par cesser de convoiter une meilleure place à l’église, cesser de se nourrir de levain. Mais aussi et surtout : cesser directement d’opprimer son entourage. Un croyant qui s’humilie publiquement à l’église mais qui une fois la porte fermée chez lui, continue d’opprimer sa femme ou ses enfants, montre qu’il ne s’est pas repenti. La loi mosaïque de Deutéronome 24 :14 est alors manifesté clairement aux yeux de tous. « Tu n'opprimeras point le mercenaire, pauvre et indigent, qu'il soit l'un de tes frères, ou l'un des étrangers demeurant dans ton pays, dans tes portes ».

Le bon grain se voit dans la fournaise de l’épreuve.  La tribulation agit radicalement sur le cœur. Le brisement est total.

 Je vais vous relater une histoire, celle d’un jeune ado de 14 ans. Adrien, ce jeune garçon était très souvent désagréable avec son entourage. Il avait des réactions négatives, des maux brutaux et méprisants à l’égard de ses parents et de ses frères et sœurs. Les recommandations des uns et des autres l’irritaient. Les mots doux de sa mère le crispaient. Il était sans cesse tourné vers lui-même. Insociable, les autres ne l’intéressaient pas. La dernière année de sa vie, il fut méconnaissable. Souffrant d’un cancer incurable, la fin de sa vie a été une merveilleuse histoire d’amour avec ses proches. Son cœur s’est mis à lui dire : « le temps est court c’est aujourd’hui qu’il faut aimer ».

Au milieu de ce drame, Adrien a accompli la loi de Christ, il s’est mis à aimer.  Il a agi comme ces ouvriers qui à la dernière heure sont allés travailler dans la vigne. Dans les faits, le sentiment brûlant qui allait avec la perte de sa vie a activé chez Adrien le besoin immédiat d’une relation profonde et vraie.

Alors ne soyons pas troublé, chaque chrétien va vivre ou peut-être qu’il vit déjà cette tribulation forte annoncée par les prophètes. Mais soyons renouvelé par l’Esprit saint, car cette tribulation arrive pour chacun, mais elle n’arrive pas seule… elle vient avec un renouveau de l’amour.

Romain 8 :33 «Qui accusera les élus de Dieu? C'est Dieu qui justifie!...35 Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? ».

En lisant ces versets, je vous demanderais de ne plus les lire en les interprétant (comme je le faisais moi-même autrefois) comme une confession de foi : « Personne ne peux m’accuser parce que je suis un élu et que j’aime Christ. Même pendant les grandes épreuves de ma vie, je ne renierai pas son nom ». Mais le lire en l’interprétant, c’est-à-dire en le rendant dynamique et vivant. « Qui m’accusera de ne pas aimer comme un élu de Dieu? C’est Dieu qui me justifie, parce que l’amour de Christ se manifeste au milieu de ma tribulation, au milieu de l’angoisse, au milieu de ma persécution, du manque de nourriture, de ma misère, des dangers ou même face à un meurtrier.

Je manifeste l’amour de Christ pour mon prochain qui voit Christ vivre en moi ; comme de la même façon je vois l’amour de mon prochain s’exercer d’une manière prodigieuse. L’action a supplanté l’émotion. L’action d’amour prouve que Christ intercède pour moi.

Ce qui veut dire aussi que l’amour ne se commande pas. Il sera là ou pas. Comme il est écrit dans Jean 15 :16 : C’est Christ qui choisit, « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis, et je vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit ». Jean 15 :17 : « Ce que je vous commande, c'est de vous aimer les uns les autres ». Vous voyez la relation directe entre le choix de Dieu et l’amour. C’est donc lui qui donne l’amour et qui nous commande de l’exercer, parce que ce don prodigieux est en nous. L’amour est la seule preuve que nous avons été choisis. Dans le contexte, Dieu ne parle plus à des serviteurs, mais à des amis (Jean 15 :15). Porter du fruit en ne cessant d’aimer fait de nous des amis de Dieu. La relation d’intimité est alors au plus proche.

Pourtant, comme dit le cantique des cantiques ; « Je vous en conjure, filles de Jérusalem, Par les gazelles et les biches des champs, ne réveillez pas, ne réveillez pas l'amour, avant qu'elle le veuille. » C’est Dieu le Père par le Saint-Esprit en nous qui réveille l’amour. On parle du coup de foudre amoureux mais, c’est ainsi que Dieu fait naître ce sentiment pour nous amener à agir, et à rendre sa justice.

Alors, loin d’être passif, nous devons préparer nos cœurs pour qu’au moment de l’épreuve nous puissions aimer comme Christ et ne pas laisser la peur ou la haine nous envahir.

Romains 8 : 36 « selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie.
37Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. 
» La preuve qu’il nous a aimé se trouve où ? Eh bien cette preuve se trouve dans l’amour qu’il nous donne déjà et qu’il nous donnera dans nos tribulations. Nous serons témoin que nos actes prouvent alors cette vérité de Luc 6 : 38 : «  Donnez, et il vous sera donné: on versera dans votre sein une bonne mesure, serrée, secouée et qui déborde; » ; Cette mesure, (ce n’est pas une mesure de foi, une mesure de miracles, des bénédictions matérielles) c’est une mesure d’amour et rien d’autre. Et elle déborde.

Notre don de soi sera alors décuplé dans les tribulations. Nous ferons des œuvres d’amour comme jamais nous aurions imaginé. L’amour, c’est la seule chose qui restera éternellement (1Corinthiens 13). Un athée, un blasphémateur même en a conscience et d’ailleurs à la fin de sa vie, cette personne rend témoignage que c’est sa c’est seule raison d’existence ; Et que bien souvent c’est là qu’elle a péché ou que son entourage l’a déçu.

Prenons conscience, que sans le don d’amour, la foi ne sert à rien. C’est une croyance religieuse morte. L’amour c’est l’œuvre de la foi. C’est l’amour qui rend notre foi vivante. « si je n'ai pas l’amour, (je ne suis rien) je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit. » (1 Corinthiens 13 :1).

Ne cessons d’exercer l’amour, même là ou tout devrait s’anéantir.

Amen

dimanche 30 mars 2025

ENTRE DANS LA JOIE DE TON MAITRE

 575                                             


Par Éric Ruiz

 

« Je te rends grâce Père au nom du Seigneur Jésus-Christ que je puisse être dans la joie au sein de mes épreuves. »


Cette prière est une vraie reconnaissance de la grâce de notre Seigneur. C’est reconnaitre que sans lui, il est impossible d’être dans un état contraire à la normale. La norme, le normal : c’est d’être attristé, abattu par ce qui nous atteint. La norme, le normal c’est d’être tracassée par nos maladies, nos souffrances, nos deuils. C’est aussi être impatient d’en sortir. Et là, tout est différent, parce que le surnaturel l’emporte sur la norme. Pourquoi ? Puisqu’on loue notre Dieu pour cette joie qui ne varie pas et qui nous fait traverser l’épreuve sans se plaindre de sa durée.

 

« Nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1Cor 1 :29).

Les œuvres de la chair sont donc non seulement humaines, mais contraires à celles de l’Esprit. Dans les faits, si vous êtes charnel, vous réagissez charnellement, comme tout être humain lambda le fait lorsqu’il est confronté à des situations difficiles. A contrario, si l’Esprit de Christ est en vous, c’est le contraire qui se passe. Là où règne la mort, survient la vie, là où devrait se répandre la tristesse, émane la joie ; là où les gens stressent et perdent leur sérénité, s’installe la paix et la patience.

Le christianisme incite à remercier Dieu quand tout va mal. A lui être reconnaissant dans l’épreuve. Mais là aussi, où se trouve le caractère surnaturel de Dieu ? Car le remercier n’a pas chassé la peur pour autant.

Mais alors, comment arrive-t-on à un tel niveau de communion avec Dieu pour éprouver ses mêmes sentiments ?

Est-ce à force de prières, de lecture biblique, de louanges ? Est-ce en cherchant sans cesse à honorer son groupe religieux ?

La meilleure réponse à donner, c’est que le manuel de consécration n’existe pas. C’est une grâce qui est donnée à un disciple.  Et ce disciple ne peut tricher sur sa condition, car la marque divine qu’il reçoit ne vient pas immédiatement, elle vient à la suite de sa consécration. Après le temps de sa consécration. La fidélité, c’est la porte de la grâce. On ne peut rendre grâce sans avoir franchi ce seuil de fidélité.

 

Lisons Matthieu 25 :23 « Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. ».

 

Vous voyez comment Dieu ouvre cette porte pour nous faire entrer dans sa joie ? Ce passage des Evangiles est tiré de la parabole des talents. Dieu fait comme cet entrepreneur qui part en voyage et qui confie ses biens à ses serviteurs. A son retour, il rétribue ses serviteurs en fonction de ce qu’ils ont fait fructifier.

La joie dans l’épreuve ne sera que pour ceux qui auront fait fructifier les biens de Dieu.

 Bien entendu on parle de biens spirituels et non de biens matériels, ici. Et les biens spirituels se manifestent à travers un disciple qui s’est donné pour ses frères et sœurs, qui a pourvu au besoin des autres. Il ne s’agit pas d’énumérer une liste de bienfaits et à la énième BA (bonne action), le curseur est au maximum et vous recevez la récompense divine. Il s’agit d’une chose qui n’est ni quantifiable ni mesurable et qui s’appelle l’amour divin. Chacun en son âme et conscience devrait être capable de répondre à la question : « Comment j’ai aimé mon prochain ? Avec quel zèle, quel ardeur, quel sacrifice l’ai-je aimé ? » ; Ces questions répondent au premier commandement divin : «  Aime ton prochain comme toi-même ».

 

Dieu se cherche une épouse. Cette épouse de Christ est identifiable comme je l’ai dit à la fin de mon dernier message sur « Doit-on pleurer Jésus ? » parce qu’elle est dans joie au milieu de ses tribulations. Se rire de ses épreuves, c’est se moquer de ce que cela provoque ou provoquera. On n’a que faire de ce qui nous arrive puisque l’esprit nous détache complètement du réel, pour nous faire vivre sa réalité. Etienne le disciple persécuté juste avant de se faire lapider est dans un état de détachement total: « Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7 :55).

 

Rappelez-vous cet autre prodige au moment de la crucifixion de Jésus : le voile du temple se déchira par le milieu. C’était juste avant que Jésus remette son Esprit entre les mains de son Père et qu’il expire. Eh bien le voile de la grâce s’est ouvert pour tous à ce moment-là. Ce qui veut dire que, la joie de Dieu, ce cadeau divin fut donné en libre accès pour tous. Pouvoir entrer dans la présence de Dieu fut alors : pouvoir recevoir de lui ce qu’il est. Et l’amour mais aussi la joie font parties intégrante des attributs divins. Par conséquent, si votre joie est parfaite, c’est que vous êtes dans le saint des saints, en présence de Jésus-Christ. Et il n’y a plus aucune condamnation pour vous alors.

Bien-sûr, cette joie divine est très différente de la joie humaine. La joie humaine, beaucoup de croyants pensent l’avoir dépassé alors qu’il la manifeste toujours et plus que jamais.

Disons-le sans esprit de moquerie, mais la joie du Saint-Esprit est une pâle imitation dans les assemblées chrétiennes. Et si les moments de chants et de louange prennent une part de plus en plus grande, ce n’est pas par hasard. N’est-ce pas pour contrebalancer tous les autres moments de leur vie où ils se sentent attristés par leurs épreuves ? 

Le chant de louange est alors vécu comme une distraction. Cela les distrait, les détourne de leur problème. C’est le but de tout divertissement, celui d’occuper agréablement le temps, de se réjouir en fuyant la morosité quotidienne. Beaucoup sont dans le déni et préfère croire au mensonge d’une joie procurée par « une sainte louange » (ça les rassure).

Il y a encore, une autre forme de joie mensongère. Prenez l’expression française bien connue qui dit : « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Cette joie éprouvée par le malheur de l’autre est si souvent ressentie, même par un croyant.

-Les Evangiles vont dans le même sens lorsqu’ils dévoilent la joie que procure le fait d’anéantir les projets de l’autre, comme aussi de convoiter ou de se venger ou encore de corrompre la vérité. Dans Marc 14 :11 les chefs religieux sont dans la joie pourquoi ? Parce que Judas va leur livrer Jésus.

-Alors, il y a une joie sainte qui elle est divine, mais qui est presque parfaite, « presque », parce qu’elle n’est pas encore accomplie et achevée. Cette joie sainte est éphémère.

Elle est obtenue lorsque qu’une personne reçoit la parole dans un terrain non fertile ou que ses racines sont peu profondes (Matthieu 13 :20) « Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie; 21mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, ».

En fait ce croyant va perdre sa joie à ce moment-là parce que sa foi n’aura pas de racines.

Notons encore une autre joie qui est humaine et qui se confond souvent avec la joie de l’Esprit : c’est la joie de dominer sur les démons et de pouvoir les chasser : (Luc 10 :17) » Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. ». Et Jésus leur dira lui-même à la suite « Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis… »

Je n’oublie pas aussi cette joie que procurent les miracles.  Ayant moi-même été témoin de miracles, je voyais les membres de l’assemblée s’exalter, pousser des cris de joie. J’étais moi aussi content pour le miraculé, mais je n’exultais pas comme certains. Je sais maintenant que cette joie-là elle-aussi n’a rien de spirituelle. Luc 19 :37 « Toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus. » ; Ah !... mais ce sont les disciples de Jésus qui se réjouissent ! Ils nous donnent un exemple parfait à suivre !  Qui ne loue pas Dieu pour les miracles qu’ils voient s’accomplir devant lui ? Eh bien ne nous trompons pas de joie. Cette pensée-là traduit tellement l’esprit de ce monde. Eh bien non. Non, parce que ce ne sont pas les miracles qui doivent nous donner la joie, mais plutôt lorsqu’une brebis perdue est retrouvée ; c’est-à-dire- qu’elle se repent, se convertie, lorsqu’elle retourne vers Dieu.

L’erreur communément admise c’est de croire que l’attitude des disciples est forcément bonne et inspirée. Mettre trop de lumière sur eux les rends prêts à être idolâtrés.

Par exemple, dans Luc 24 :41, les disciples en voyant les mains et les pieds percés de Jésus sont dans la joie. Ils sont dans une espèce d’euphorie face à ce prodige extraordinaire. Mais cette joie n’est pas celle de l’esprit. Pourquoi ?

Verset 40 « En disant cela Jésus leur montra ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, Jésus leur dit: …». Cette joie que les disciples ressentent en voyant le fils de Dieu ressuscité est complétement artificielle et ne repose pas sur la foi. Elle repose sur l’étonnement du miracle. Jésus le dira à Thomas d’une façon claire et directe : « Jésus lui dit: Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! ».

Alors bien-sûr tout ce que je vous dis là sur la joie ne doit pas être pour vous un sujet de tracas tournant à l’obsession. A chaque fois que vous êtres joyeux ou triste ne vous posez pas sans cesse la question d’où vient cette joie ou pourquoi cette tristesse ?

Il s’agit plutôt à un moment donné, d’arrêter toute activité et de poser les bonnes questions à Dieu. Mon âme te loue-t-elle dans la vérité ou bien mon âme est-elle attristée par ce que j’essaie de dissimuler ?

Suis-je comme ces sacrificateurs juifs, dans la joie parce que mon prochain est dans le malheur et parce que je me sens plus béni que les autres ou plus sage qu’eux ? ou parce que le pouvoir que j’exerce sur mon prochain me remplit de satisfaction ?

D’ailleurs à ce titre combien prient Dieu de leur donner plus de pouvoir dans le but innavoué d’avoir plus de joie et de satisfaction personnelle ?

La convoitise satisfaite procure une grande joie. Le monde est sans cesse à la réclamer et à la poursuivre.

Un exemple très commun : Arriver à faire changer d’opinion une tierce personne procure une joie, un plaisir tellement grand. Les chrétiens dans leur évangélisation éprouvent de la joie lorsque leur interlocuteur décide de les écouter ou d’aller dans leur sens. Les voilà alors rempli de joie pensant que l’autre s’est converti. Oui il s’est converti, mais à qui ?

Il s’est trop souvent converti à leurs idées. Et les voilà témoignant, affirmant que l’esprit de Dieu tressaillait en eux à ce moment-là. Mais ce n’est alors que l’orgueil qui s’est mêlé au sentiment d’avoir provoqué un changement chez l’autre. Et cela aboutit à une joie qui fait penser au Saint-Esprit, mais qui est totalement charnelle. Tous ces exemples servent à montrer comment l’incrédule pense être entré dans la joie de son maitre (Dieu) alors qu’il n’a fait que de se fourvoyer. Il est entré dans un autre endroit appelé : autosatisfaction.

Pour terminer prions afin que nous soyons persévérants en toute chose afin de rendre grâce en toute chose ; sans oublier de prier pour que nous soyons dans les bons comme dans les mauvais jours, imbibé de cette joie parfaite de notre Seigneur Jésus-Christ.

Amen

dimanche 23 mars 2025

DOIT-ON PLEURER JESUS ?

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Par Éric Ruiz

J’ai remarqué, depuis que je connais notre Seigneur Jésus-Christ que parmi les croyants, certains ont une attitude qui pourraient ressembler à du chagrin ou à de la compassion, mais qui révèle tout autre chose. Ils pleurnichent. Ils ne cessent de se lamenter.

Lorsqu’ils évoquent le sacrifice à la croix de Jésus, les voilà se mettant dans un état excessif d’abattement avec des gémissements, des larmes, des petits cris plaintifs. Leur voix tremblote. Leurs mains frissonnent. Ils blêmissent mêmes. Quand ils parlent de leurs épreuves, ils se mettent dans le même état, à gémir, à se plaindre, comme s’ils étaient la proie privilégiée du mal. Satan ne cesse de les mettre à l’épreuve.

Cet état est faux bien-sûr parce que pleurnicher, c’est faire semblant de pleurer. On met en scène ses sentiments. On exalte ce que l’on ressent. Pleurnicher, c’est jouer un rôle qui n’est pas le sien. C’est mentir sur ce que l’on est.

Ce mensonge n’est pas nouveau, déjà dans l’Egypte antique, on engageait et on payait des pleureuses dans les cérémonies funéraires. Ces femmes avaient alors le rôle de feindre publiquement leur chagrin afin de rendre plus important l’hommage rendu au défunt. Elles ne devaient pas seulement avoir une attitude abattue, elles devaient se plaindre, se lamenter, crier, scander des versets ; Il fallait que leurs pleurs se communiquent les uns aux autres. Chaque membre de la cérémonie devait être abattu et larmoyant. Les pleureuses favorisaient et maintenaient cet état d’abattement général.

Les pleureuses sont représentées dans l’art grec par des statues, des amphores ou des peintures de femmes avec les bras sur la tête, ou tantôt une main sur le front, tantôt une main sur le cœur ; on les retrouve aussi agenouillées devant le lit de mort ; preuve que ces femmes ont joué un rôle social essentiel. Elles étaient destinées à l’accompagnement mortuaire avec les dieux et les déesses de l’antiquité Egyptienne comme grecques. Elles étaient les véritables gardiennes des tombeaux.

 

Les pleureuses ont-elles totalement disparu de nos sociétés modernes ?

 

J’en doute sérieusement, car le christianisme est paganisé ne l’oublions pas. Combien de témoignage religieux au sujet de la passion de Jésus ressemble à ces funérailles d’autrefois ? Lorsqu’on aborde le sujet de la crucifixion, combien de croyants et croyantes changent subitement d’attitude pour exprimer une grande tristesse, un profond chagrin. Dans les assemblées chrétiennes, on y entend parfois des cris, des hurlements comme ceux des pleureuses, on y voit plusieurs se serrer dans les bras, tomber à genoux. Certains allument des bougies. D’autres se recueillent pour Jésus comme devant la tombe d’un mort. Ces nouvelles pleureuses des assemblées se manifestent et créent une ambiance de deuil. Il y a là aussi une volonté de rendre un hommage plus important au fils de Dieu défunt. Ces pleureuses modernes n’ont-elles pas toujours à cœur cette même fonction qui était d’entourer les idoles ?

Oui, se complaire dans la tristesse, permet de chérir ses idoles.

 

Alors loin de sous-estimer l’acte rédempteur de Jésus, loin de ne pas respecter ce qu’il a subi (qui est à prendre au sérieux bien-sûr), se larmoyer, gémir ou encore se répandre par des actes exagérés, c’est tricher sur soi et c’est voiler la vérité.

Jésus n’a jamais accepté, ni favorisé un tel état pour lui, comme pour son sacrifice, et encore moins pour l’injustice prononcé contre lui. Pas de lamentations funèbres.

Jésus, après avoir été condamné par Pilate à la place de Barabbas, en portant sa croix, le chapitre 23 de l’Evangile de Luc nous dit : « 27Il était suivi d'une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. 28Jésus se tourna vers elles, et dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. ».

Jésus, sans fioriture annonce la vérité. Son sacrifice n’est pas un deuil. On ne pleure pas sa mort. C’est un jour de joie. Un jour de salut. Mais le deuil est pour ces pleureuses et pour leurs enfants rebelles, ceux qui l’ont renié. Les pleurs sont pour eux, seulement pour eux.

Il y a un livre dans la Bible qui évoque clairement ces pleureuses, c’est Jérémie au chapitre 9. Et au verset 17 Dieu appelle les pleureuses : «  Ainsi parle l'Eternel des armées: Cherchez, appelez les pleureuses, et qu'elles viennent! Envoyez vers les femmes habiles, et qu'elles viennent! 18Qu'elles se hâtent de dire sur nous une complainte! Et que les larmes tombent de nos yeux, Que l'eau coule de nos paupières » Dieu les appelles pourquoi ? Parce qu’il va amener dans la mort un peuple adultère et perfide (verset 2) ; il envoie l’épée pour les exterminer (verset 16).

 

Alors, pourquoi ces croyants ont-ils besoin de pleurnicher ? Quels bénéfices en tirent-ils ?

 

Deux bénéfices sautent aux yeux. Le premier est d’attirer l’attention sur eux, pour qu’on les remarque et qu’on les prenne en considération ;

Le deuxième bénéfice est de se faire passer pour un être excessivement sensible. La sensibilité serait alors un indice puissant permettant de mesurer le degré de piété du croyant.  Leur attitude ne signifie rien d’autre que : « faites attention à moi, je souffre beaucoup, parce que ma piété est si grande. Le mal s’attaque souvent à moi parce que je suis humble, sensible et sans doute trop gentil et trop bon. » ;

Vous l’aurez compris comme moi, c’est l’inverse que ces croyants montrent alors. Ils montrent de l’arrogance, un manque de sensibilité et d’humilité et des fautes qu’ils préfèrent garder secret. Ils veulent qu’on les remarque. Ils sont souvent noyés dans la masse et pour briller, ils ont choisi le pleurnichage. Le but ici est de ne pas se moquer d’eux ni de les juger, mais de démasquer cette attitude pernicieuse qui ne fait qu’enfermer le chrétien dans un double jeu qui le perdra au final.

Maintenant pleurnicher, c’est quoi au juste dans les mots ou dans les prières ?

« Seigneur, aide-moi à enlever mes doutes. Aides moi à t’aimer comme tu m’aimes.  Aide-moi à vivre dans l’adoration de ton nom ». Ou encore « permet moi de répondre aux besoins des autres alors que je suis pauvre et que c’est très compliqué d’être généreux »

Ce genre de prières évoque à la première écoute un bien en soi, une aide, un appel à l’aide, au soutien de Dieu. Mais c’est plus que des lamentations. Ce n’est que du pleurnichage car cet état de faiblesse est une acceptation, une fausse humilité. Pourquoi fausse ? Parce que la faiblesse masque le fait de ne pas vouloir changer sur ce qui est fondamental. Et le fondamental, c’est de répondre à la question : pourquoi tu as des doutes ? (pourquoi ta foi est fragile et qu’elle n’est-elle pas un absolu ?) Pourquoi demander d’aimer alors que l’amour est un don ? Pourquoi ne rien donner alors que même un pauvre peut aider ? Prier ainsi, c’est redemander un don que l’on est censé déjà avoir.

Dans les faits cela revient à dire à Dieu : «  fait à ma place, agit pour moi . Je préfère me contenter de ma faiblesse.  Et mon incapacité me rend humble ».

 

Mais cette humilité-là cache un manque de courage évident. Le chrétien pense alors : « Je manque de courage mais cela me suffit. Tant que les autres me voient humble et sensible, ma foi me suffit. Je souhaite que les autres voient que je vis des choses difficiles et qu’ils éprouvent de l’empathie à mon égard ».

Paul de Tarse parle de ce manque de courage quand il dit aux Corinthiens « Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. ».

Soyez des hommes  traduction Louis Segond est traduit aussi par soyez virils ou mieux, soyez des êtres courageux. Andrizomai [an-drid’-zom-ahee], dans le texte, c’est un mot grec qui signifie « être courageux ». Le courage, c’est d’affronter ses manques et non de les fuir en demandant que Dieu fasse à notre place ou en demandant que Dieu nous accepte tel que nous sommes.

Une prière m’a même choqué la semaine dernière: « Je te rends grâce de demeurer toujours le même malgré mes propres doutes à ton encontre… »

Cette prière je l’ai lu alors que Dieu me parlait au sujet du rendre grâce ; Et là en lisant ces lignes j’y ai vu cette prière qui demande à Dieu d’accepter sa propre tiédeur. Dieu se contenterait de nos doutes et accepterait de se complaire avec un croyant qui aime son état de peu de foi. Cela a été plus fort que moi, j’ai mis un commentaire en disant que cette prière est diabolique et qu’elle ne rend pas grâce à Dieu. Et j’ai mis un lien vers mon message « Rendre Grace comme je ne l’ai jamais compris ainsi ».

 

Face à la tiédeur, Dieu répond avec fermeté ; « je te vomirai de ma bouche ». Et Apocalypse 3 :18 continue ainsi : « je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. ».

 Alors, si vous vous trouvez dans l’épreuve, dans la maladie, dans la souffrance ou dans le deuil, n’exagérer pas la situation en prenant un air encore plus chagriné. De même, si l’esprit de Dieu trésaille en vous, laisser-le s’exprimer et changer l’ambiance, surtout si cette ambiance devient trop larmoyante. Entretenir une ambiance de lamentations,  alors que christ vit en nous, c’est favorisé un climat de tiédeur.

Réalisons une chose importante : Notre Seigneur en mourant sur la croix nous a fait grâce d’une joie parfaite. Son Esprit est venu changer notre tristesse en une joie profonde et parfaite. La joie est le fruit de l’esprit. La joie est une expression de la grâce ; ne lui mettons aucune limite.

Jean 17 : 13 : alors que Jésus est sur le point de quitter la terre, le voici priant son Père céleste ainsi : « Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. ».

Jésus avait préparé avec son Père ce cadeau du ciel qu’est la joie. Il savait qu’en quittant cette terre, sa résurrection nous apporterait sa joie complète et parfaite.

Maintenant, Paul commence sa lettre aux Thessaloniciens ainsi : « Aussi avez-vous été nos imitateurs, et du Seigneur, ayant reçu avec la joie du Saint-Esprit la parole, accompagnée de grande affliction; ».

Il y a les afflictions et il y a la joie du Saint-Esprit manifestée par la parole. La joie du Saint-Esprit n’est pas là, présente seulement lors de grandes réjouissances. Cette joie est constante au milieu des épreuves, au milieu des souffrances.

Je peux en témoigner, cette joie je l’ai eue durant ces 12 jours où j’étais confronté à une maladie qui me maintenait dans un état de fatigue important, des vertiges, un essoufflement au moindre effort. En plus d’une infection pulmonaire, mon médecin pensait à un accident cardiaque avec les douleurs aux poumons ; Son inquiétude ne m’a pas fait perdre ma joie. J’ai vu alors que la joie du Saint-Esprit n’est pas seulement une parole, c’est une réalité pour celle et celui qui se consacre pour Dieu.

Je souhaite que mon témoignage soit le vôtre aussi ou qu’il serve à ceux qui vont affronter des tribulations.

La joie dans la tribulation sera un indice fort de votre consécration. Si l’Esprit de Dieu est en vous, votre joie sera complète et parfaite.

Amen