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Par Éric
Ruiz
« Je te rends grâce Père au nom du Seigneur Jésus-Christ que je puisse être dans la joie au sein de mes épreuves. »
Cette
prière est une vraie reconnaissance de la grâce de notre Seigneur. C’est
reconnaitre que sans lui, il est impossible d’être dans un état contraire à la
normale. La norme, le normal : c’est d’être attristé, abattu par ce qui
nous atteint. La norme, le normal c’est d’être tracassée par nos maladies, nos
souffrances, nos deuils. C’est aussi être impatient d’en sortir. Et là, tout
est différent, parce que le surnaturel l’emporte sur la norme. Pourquoi ?
Puisqu’on loue notre Dieu pour cette joie qui ne varie pas et qui nous fait
traverser l’épreuve sans se plaindre de sa durée.
« Nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1Cor
1 :29).
Les œuvres
de la chair sont donc non seulement humaines, mais contraires à celles de
l’Esprit. Dans les faits, si vous êtes charnel, vous réagissez charnellement,
comme tout être humain lambda le fait lorsqu’il est confronté à des situations
difficiles. A contrario, si l’Esprit de Christ est en vous, c’est le contraire
qui se passe. Là où règne la mort, survient la vie, là où devrait se répandre
la tristesse, émane la joie ; là où les gens stressent et perdent leur
sérénité, s’installe la paix et la patience.
Le christianisme incite à remercier Dieu quand tout va mal. A lui être reconnaissant dans l’épreuve. Mais là aussi, où se trouve le caractère surnaturel de Dieu ? Car le remercier n’a pas chassé la peur pour autant.
Mais
alors, comment arrive-t-on à un tel niveau de communion avec Dieu pour éprouver
ses mêmes sentiments ?
Est-ce à
force de prières, de lecture biblique, de louanges ? Est-ce en cherchant
sans cesse à honorer son groupe religieux ?
La meilleure réponse à donner, c’est
que le manuel de consécration n’existe pas. C’est une grâce qui est donnée à un disciple. Et ce disciple ne peut tricher sur sa
condition, car la marque divine qu’il reçoit ne vient pas immédiatement, elle
vient à la suite de sa consécration. Après le temps de sa consécration. La fidélité, c’est
la porte de la grâce. On ne peut rendre grâce sans avoir franchi ce seuil de
fidélité.
Lisons
Matthieu 25 :23 « Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle
serviteur; tu as été fidèle
en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre
dans la joie de ton maître. ».
Vous voyez comment Dieu ouvre cette porte pour nous faire
entrer dans sa joie ? Ce passage des Evangiles est tiré de la parabole des
talents. Dieu fait comme cet entrepreneur qui part en voyage et qui confie ses
biens à ses serviteurs. A son retour, il rétribue ses serviteurs en fonction de
ce qu’ils ont fait fructifier.
La joie dans l’épreuve ne sera que pour ceux qui auront fait fructifier les biens de Dieu.
Bien entendu on parle de biens
spirituels et non de biens matériels, ici. Et les biens spirituels se
manifestent à travers un disciple qui s’est donné pour ses frères et sœurs, qui
a pourvu au besoin des autres. Il ne s’agit pas d’énumérer une liste de
bienfaits et à la énième BA (bonne action), le curseur est au maximum et vous
recevez la récompense divine. Il s’agit d’une chose qui n’est ni quantifiable
ni mesurable et qui s’appelle l’amour divin. Chacun en son âme et conscience
devrait être capable de répondre à la question : « Comment j’ai aimé
mon prochain ? Avec quel zèle, quel ardeur, quel sacrifice l’ai-je aimé ? » ;
Ces questions répondent au premier commandement divin : « Aime ton prochain comme toi-même ».
Dieu se
cherche une épouse. Cette épouse de Christ est identifiable comme je l’ai dit à
la fin de mon dernier message sur « Doit-on pleurer Jésus ? » parce qu’elle est dans joie au
milieu de ses tribulations. Se rire de ses épreuves, c’est se moquer de ce que
cela provoque ou provoquera. On n’a que faire de ce qui nous arrive puisque
l’esprit nous détache complètement du réel, pour nous faire vivre sa réalité.
Etienne le disciple persécuté juste avant de se faire lapider est dans un état
de détachement total: « Mais Etienne, rempli
du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et
Jésus debout à la droite de Dieu. Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils
de l'homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7 :55).
Rappelez-vous cet autre prodige au moment de la crucifixion de Jésus : le voile du temple se déchira par le milieu. C’était juste avant que Jésus remette son Esprit entre les mains de son Père et qu’il expire. Eh bien le voile de la grâce s’est ouvert pour tous à ce moment-là. Ce qui veut dire que, la joie de Dieu, ce cadeau divin fut donné en libre accès pour tous. Pouvoir entrer dans la présence de Dieu fut alors : pouvoir recevoir de lui ce qu’il est. Et l’amour mais aussi la joie font parties intégrante des attributs divins. Par conséquent, si votre joie est parfaite, c’est que vous êtes dans le saint des saints, en présence de Jésus-Christ. Et il n’y a plus aucune condamnation pour vous alors.
Bien-sûr,
cette joie divine est très différente de la joie humaine. La joie humaine,
beaucoup de croyants pensent l’avoir dépassé alors qu’il la manifeste toujours
et plus que jamais.
Disons-le sans esprit de moquerie, mais la joie du Saint-Esprit est une pâle imitation dans les assemblées chrétiennes. Et si les moments de chants et de louange prennent une part de plus en plus grande, ce n’est pas par hasard. N’est-ce pas pour contrebalancer tous les autres moments de leur vie où ils se sentent attristés par leurs épreuves ?
Le chant de louange
est alors vécu comme une distraction. Cela les distrait, les
détourne de leur problème. C’est le but de tout divertissement, celui d’occuper
agréablement le temps, de se réjouir en fuyant la morosité quotidienne.
Beaucoup sont dans le déni et préfère croire au mensonge d’une joie procurée
par « une sainte louange » (ça les rassure).
Il y a encore,
une autre forme de joie mensongère. Prenez l’expression française bien connue
qui dit : « le malheur des uns fait le bonheur des autres ».
Cette joie éprouvée par le malheur de l’autre est si souvent ressentie, même
par un croyant.
-Les
Evangiles vont dans le même sens lorsqu’ils dévoilent la joie que procure le
fait d’anéantir les projets de l’autre, comme aussi de convoiter ou de se
venger ou encore de corrompre la vérité. Dans Marc 14 :11 les chefs
religieux sont dans la joie pourquoi ? Parce que Judas va leur livrer
Jésus.
-Alors, il
y a une joie sainte qui elle est divine, mais qui est presque parfaite, « presque »,
parce qu’elle n’est pas encore accomplie et achevée. Cette joie sainte est
éphémère.
Elle est
obtenue lorsque qu’une personne reçoit la parole dans un terrain non fertile ou
que ses racines sont peu profondes (Matthieu 13 :20) « Celui qui a reçu la
semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit
aussitôt avec joie; 21mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de
persistance, ».
En fait ce
croyant va perdre sa joie à ce moment-là parce que sa foi n’aura pas de
racines.
Notons encore
une autre joie qui est humaine et qui se confond souvent avec la joie de l’Esprit :
c’est la joie de dominer sur les démons et de pouvoir les chasser : (Luc
10 :17) » Les soixante-dix revinrent avec
joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. ». Et Jésus leur dira lui-même
à la suite « Cependant ne vous réjouissez pas
de ce que les esprits vous sont soumis… »
Je
n’oublie pas aussi cette joie que procurent les miracles. Ayant moi-même été témoin de miracles, je
voyais les membres de l’assemblée s’exalter, pousser des cris de joie. J’étais
moi aussi content pour le miraculé, mais je n’exultais pas comme certains. Je
sais maintenant que cette joie-là elle-aussi n’a rien de spirituelle. Luc
19 :37 « Toute
la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute
voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus. » ; Ah !... mais ce sont les
disciples de Jésus qui se réjouissent ! Ils nous donnent un exemple parfait
à suivre ! Qui ne loue pas Dieu
pour les miracles qu’ils voient s’accomplir devant lui ? Eh bien ne nous
trompons pas de joie. Cette pensée-là traduit tellement l’esprit de ce monde. Eh
bien non. Non, parce que ce ne sont pas les miracles qui doivent nous donner la
joie, mais plutôt lorsqu’une brebis perdue est retrouvée ; c’est-à-dire-
qu’elle se repent, se convertie, lorsqu’elle retourne vers Dieu.
L’erreur communément admise c’est de croire que l’attitude
des disciples est forcément bonne et inspirée. Mettre trop de lumière sur eux
les rends prêts à être idolâtrés.
Par exemple, dans Luc 24 :41, les disciples en voyant
les mains et les pieds percés de Jésus sont dans la joie. Ils sont dans une
espèce d’euphorie face à ce prodige extraordinaire. Mais cette joie n’est pas
celle de l’esprit. Pourquoi ?
Verset 40 « En disant cela Jésus leur montra ses
mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne
croyaient point encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, Jésus leur
dit: …». Cette joie que les disciples ressentent en voyant le
fils de Dieu ressuscité est complétement artificielle et ne repose pas sur la
foi. Elle repose sur l’étonnement du miracle. Jésus le dira à Thomas d’une
façon claire et directe : « Jésus lui dit: Parce que tu m'as
vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! ».
Alors bien-sûr tout ce que je vous dis là sur la joie ne
doit pas être pour vous un sujet de tracas tournant à l’obsession. A chaque
fois que vous êtres joyeux ou triste ne vous posez pas sans cesse la question
d’où vient cette joie ou pourquoi cette tristesse ?
Il s’agit plutôt à un moment donné, d’arrêter toute
activité et de poser les bonnes questions à Dieu. Mon âme te loue-t-elle dans
la vérité ou bien mon âme est-elle attristée par ce que j’essaie de dissimuler ?
Suis-je comme ces sacrificateurs juifs, dans la joie parce
que mon prochain est dans le malheur et parce que je me sens plus béni que les
autres ou plus sage qu’eux ? ou parce que le pouvoir que j’exerce sur mon
prochain me remplit de satisfaction ?
D’ailleurs à ce titre combien prient Dieu de leur donner
plus de pouvoir dans le but innavoué d’avoir plus de joie et de satisfaction
personnelle ?
La convoitise satisfaite procure une grande joie. Le monde
est sans cesse à la réclamer et à la poursuivre.
Un exemple très commun : Arriver à faire changer
d’opinion une tierce personne procure une joie, un plaisir tellement grand. Les
chrétiens dans leur évangélisation éprouvent de la joie lorsque leur
interlocuteur décide de les écouter ou d’aller dans leur sens. Les voilà alors
rempli de joie pensant que l’autre s’est converti. Oui il s’est converti, mais
à qui ?
Il s’est trop souvent converti à leurs idées. Et les voilà témoignant, affirmant que l’esprit de Dieu tressaillait en eux à ce moment-là. Mais ce n’est alors que l’orgueil qui s’est mêlé au sentiment d’avoir provoqué un changement chez l’autre. Et cela aboutit à une joie qui fait penser au Saint-Esprit, mais qui est totalement charnelle. Tous ces exemples servent à montrer comment l’incrédule pense être entré dans la joie de son maitre (Dieu) alors qu’il n’a fait que de se fourvoyer. Il est entré dans un autre endroit appelé : autosatisfaction.
Pour terminer prions afin que nous soyons persévérants
en toute chose afin de rendre grâce en toute chose ; sans oublier de prier
pour que nous soyons dans les bons comme dans les mauvais jours, imbibé de
cette joie parfaite de notre Seigneur Jésus-Christ.
Amen
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