dimanche 30 mars 2025

ENTRE DANS LA JOIE DE TON MAITRE

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Par Éric Ruiz

 

« Je te rends grâce Père au nom du Seigneur Jésus-Christ que je puisse être dans la joie au sein de mes épreuves. »


Cette prière est une vraie reconnaissance de la grâce de notre Seigneur. C’est reconnaitre que sans lui, il est impossible d’être dans un état contraire à la normale. La norme, le normal : c’est d’être attristé, abattu par ce qui nous atteint. La norme, le normal c’est d’être tracassée par nos maladies, nos souffrances, nos deuils. C’est aussi être impatient d’en sortir. Et là, tout est différent, parce que le surnaturel l’emporte sur la norme. Pourquoi ? Puisqu’on loue notre Dieu pour cette joie qui ne varie pas et qui nous fait traverser l’épreuve sans se plaindre de sa durée.

 

« Nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1Cor 1 :29).

Les œuvres de la chair sont donc non seulement humaines, mais contraires à celles de l’Esprit. Dans les faits, si vous êtes charnel, vous réagissez charnellement, comme tout être humain lambda le fait lorsqu’il est confronté à des situations difficiles. A contrario, si l’Esprit de Christ est en vous, c’est le contraire qui se passe. Là où règne la mort, survient la vie, là où devrait se répandre la tristesse, émane la joie ; là où les gens stressent et perdent leur sérénité, s’installe la paix et la patience.

Le christianisme incite à remercier Dieu quand tout va mal. A lui être reconnaissant dans l’épreuve. Mais là aussi, où se trouve le caractère surnaturel de Dieu ? Car le remercier n’a pas chassé la peur pour autant.

Mais alors, comment arrive-t-on à un tel niveau de communion avec Dieu pour éprouver ses mêmes sentiments ?

Est-ce à force de prières, de lecture biblique, de louanges ? Est-ce en cherchant sans cesse à honorer son groupe religieux ?

La meilleure réponse à donner, c’est que le manuel de consécration n’existe pas. C’est une grâce qui est donnée à un disciple.  Et ce disciple ne peut tricher sur sa condition, car la marque divine qu’il reçoit ne vient pas immédiatement, elle vient à la suite de sa consécration. Après le temps de sa consécration. La fidélité, c’est la porte de la grâce. On ne peut rendre grâce sans avoir franchi ce seuil de fidélité.

 

Lisons Matthieu 25 :23 « Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. ».

 

Vous voyez comment Dieu ouvre cette porte pour nous faire entrer dans sa joie ? Ce passage des Evangiles est tiré de la parabole des talents. Dieu fait comme cet entrepreneur qui part en voyage et qui confie ses biens à ses serviteurs. A son retour, il rétribue ses serviteurs en fonction de ce qu’ils ont fait fructifier.

La joie dans l’épreuve ne sera que pour ceux qui auront fait fructifier les biens de Dieu.

 Bien entendu on parle de biens spirituels et non de biens matériels, ici. Et les biens spirituels se manifestent à travers un disciple qui s’est donné pour ses frères et sœurs, qui a pourvu au besoin des autres. Il ne s’agit pas d’énumérer une liste de bienfaits et à la énième BA (bonne action), le curseur est au maximum et vous recevez la récompense divine. Il s’agit d’une chose qui n’est ni quantifiable ni mesurable et qui s’appelle l’amour divin. Chacun en son âme et conscience devrait être capable de répondre à la question : « Comment j’ai aimé mon prochain ? Avec quel zèle, quel ardeur, quel sacrifice l’ai-je aimé ? » ; Ces questions répondent au premier commandement divin : «  Aime ton prochain comme toi-même ».

 

Dieu se cherche une épouse. Cette épouse de Christ est identifiable comme je l’ai dit à la fin de mon dernier message sur « Doit-on pleurer Jésus ? » parce qu’elle est dans joie au milieu de ses tribulations. Se rire de ses épreuves, c’est se moquer de ce que cela provoque ou provoquera. On n’a que faire de ce qui nous arrive puisque l’esprit nous détache complètement du réel, pour nous faire vivre sa réalité. Etienne le disciple persécuté juste avant de se faire lapider est dans un état de détachement total: « Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7 :55).

 

Rappelez-vous cet autre prodige au moment de la crucifixion de Jésus : le voile du temple se déchira par le milieu. C’était juste avant que Jésus remette son Esprit entre les mains de son Père et qu’il expire. Eh bien le voile de la grâce s’est ouvert pour tous à ce moment-là. Ce qui veut dire que, la joie de Dieu, ce cadeau divin fut donné en libre accès pour tous. Pouvoir entrer dans la présence de Dieu fut alors : pouvoir recevoir de lui ce qu’il est. Et l’amour mais aussi la joie font parties intégrante des attributs divins. Par conséquent, si votre joie est parfaite, c’est que vous êtes dans le saint des saints, en présence de Jésus-Christ. Et il n’y a plus aucune condamnation pour vous alors.

Bien-sûr, cette joie divine est très différente de la joie humaine. La joie humaine, beaucoup de croyants pensent l’avoir dépassé alors qu’il la manifeste toujours et plus que jamais.

Disons-le sans esprit de moquerie, mais la joie du Saint-Esprit est une pâle imitation dans les assemblées chrétiennes. Et si les moments de chants et de louange prennent une part de plus en plus grande, ce n’est pas par hasard. N’est-ce pas pour contrebalancer tous les autres moments de leur vie où ils se sentent attristés par leurs épreuves ? 

Le chant de louange est alors vécu comme une distraction. Cela les distrait, les détourne de leur problème. C’est le but de tout divertissement, celui d’occuper agréablement le temps, de se réjouir en fuyant la morosité quotidienne. Beaucoup sont dans le déni et préfère croire au mensonge d’une joie procurée par « une sainte louange » (ça les rassure).

Il y a encore, une autre forme de joie mensongère. Prenez l’expression française bien connue qui dit : « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Cette joie éprouvée par le malheur de l’autre est si souvent ressentie, même par un croyant.

-Les Evangiles vont dans le même sens lorsqu’ils dévoilent la joie que procure le fait d’anéantir les projets de l’autre, comme aussi de convoiter ou de se venger ou encore de corrompre la vérité. Dans Marc 14 :11 les chefs religieux sont dans la joie pourquoi ? Parce que Judas va leur livrer Jésus.

-Alors, il y a une joie sainte qui elle est divine, mais qui est presque parfaite, « presque », parce qu’elle n’est pas encore accomplie et achevée. Cette joie sainte est éphémère.

Elle est obtenue lorsque qu’une personne reçoit la parole dans un terrain non fertile ou que ses racines sont peu profondes (Matthieu 13 :20) « Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie; 21mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, ».

En fait ce croyant va perdre sa joie à ce moment-là parce que sa foi n’aura pas de racines.

Notons encore une autre joie qui est humaine et qui se confond souvent avec la joie de l’Esprit : c’est la joie de dominer sur les démons et de pouvoir les chasser : (Luc 10 :17) » Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. ». Et Jésus leur dira lui-même à la suite « Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis… »

Je n’oublie pas aussi cette joie que procurent les miracles.  Ayant moi-même été témoin de miracles, je voyais les membres de l’assemblée s’exalter, pousser des cris de joie. J’étais moi aussi content pour le miraculé, mais je n’exultais pas comme certains. Je sais maintenant que cette joie-là elle-aussi n’a rien de spirituelle. Luc 19 :37 « Toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus. » ; Ah !... mais ce sont les disciples de Jésus qui se réjouissent ! Ils nous donnent un exemple parfait à suivre !  Qui ne loue pas Dieu pour les miracles qu’ils voient s’accomplir devant lui ? Eh bien ne nous trompons pas de joie. Cette pensée-là traduit tellement l’esprit de ce monde. Eh bien non. Non, parce que ce ne sont pas les miracles qui doivent nous donner la joie, mais plutôt lorsqu’une brebis perdue est retrouvée ; c’est-à-dire- qu’elle se repent, se convertie, lorsqu’elle retourne vers Dieu.

L’erreur communément admise c’est de croire que l’attitude des disciples est forcément bonne et inspirée. Mettre trop de lumière sur eux les rends prêts à être idolâtrés.

Par exemple, dans Luc 24 :41, les disciples en voyant les mains et les pieds percés de Jésus sont dans la joie. Ils sont dans une espèce d’euphorie face à ce prodige extraordinaire. Mais cette joie n’est pas celle de l’esprit. Pourquoi ?

Verset 40 « En disant cela Jésus leur montra ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, Jésus leur dit: …». Cette joie que les disciples ressentent en voyant le fils de Dieu ressuscité est complétement artificielle et ne repose pas sur la foi. Elle repose sur l’étonnement du miracle. Jésus le dira à Thomas d’une façon claire et directe : « Jésus lui dit: Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! ».

Alors bien-sûr tout ce que je vous dis là sur la joie ne doit pas être pour vous un sujet de tracas tournant à l’obsession. A chaque fois que vous êtres joyeux ou triste ne vous posez pas sans cesse la question d’où vient cette joie ou pourquoi cette tristesse ?

Il s’agit plutôt à un moment donné, d’arrêter toute activité et de poser les bonnes questions à Dieu. Mon âme te loue-t-elle dans la vérité ou bien mon âme est-elle attristée par ce que j’essaie de dissimuler ?

Suis-je comme ces sacrificateurs juifs, dans la joie parce que mon prochain est dans le malheur et parce que je me sens plus béni que les autres ou plus sage qu’eux ? ou parce que le pouvoir que j’exerce sur mon prochain me remplit de satisfaction ?

D’ailleurs à ce titre combien prient Dieu de leur donner plus de pouvoir dans le but innavoué d’avoir plus de joie et de satisfaction personnelle ?

La convoitise satisfaite procure une grande joie. Le monde est sans cesse à la réclamer et à la poursuivre.

Un exemple très commun : Arriver à faire changer d’opinion une tierce personne procure une joie, un plaisir tellement grand. Les chrétiens dans leur évangélisation éprouvent de la joie lorsque leur interlocuteur décide de les écouter ou d’aller dans leur sens. Les voilà alors rempli de joie pensant que l’autre s’est converti. Oui il s’est converti, mais à qui ?

Il s’est trop souvent converti à leurs idées. Et les voilà témoignant, affirmant que l’esprit de Dieu tressaillait en eux à ce moment-là. Mais ce n’est alors que l’orgueil qui s’est mêlé au sentiment d’avoir provoqué un changement chez l’autre. Et cela aboutit à une joie qui fait penser au Saint-Esprit, mais qui est totalement charnelle. Tous ces exemples servent à montrer comment l’incrédule pense être entré dans la joie de son maitre (Dieu) alors qu’il n’a fait que de se fourvoyer. Il est entré dans un autre endroit appelé : autosatisfaction.

Pour terminer prions afin que nous soyons persévérants en toute chose afin de rendre grâce en toute chose ; sans oublier de prier pour que nous soyons dans les bons comme dans les mauvais jours, imbibé de cette joie parfaite de notre Seigneur Jésus-Christ.

Amen

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