629
Par Eric Ruiz
1- LA PROMESSE D’ABRAHAM
Commençons par cette belle promesse divine : « Je suis à Christ, Je suis donc la postérité d'Abraham, héritier selon la promesse ».
Quelle belle profession de foi personnelle ! C’est celle que l’on retrouve écrite dans l’Epître aux Galates, troisième chapitre verset 29. Cette confession de foi est d’ailleurs tellement prononcée. C’est un des crédos favoris des chrétiens. D’ailleurs, c’est tout un groupe qui prononce à l’unisson cette promesse. Il utilise le « Nous » à la place du « je ». « Nous sommes la postérité d’Abraham », clament-ils. Le sont-ils vraiment tous ?
Il n’est pas question de remettre en cause cette promesse,
bien entendu. C’est une vérité !
Mais cette promesse a des conditions.
Etre à Christ, lui appartenir demande au préalable de
répondre aux exigences que Paul rapporte au verset 26 à 28 : « Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ; 27vous tous, qui avez été baptisés
en Christ, vous avez revêtu Christ. 28Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni
libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en
Jésus-Christ ».
2- LES DEUX CONDITIONS DE LA PROMESSE
Recevoir la foi de Christ parce qu’elle fait
de nous des fils de Dieu a deux conditions. Cette foi là est destinée
premièrement à ceux qui ont été baptisés. C’est-à-dire plus qu’un rite, à ceux qui
ont manifesté une réelle repentance et qui se sont détournés du péché, puis qui
ont persévéré dans cet engagement. Et deuxièmement, c’est pour ceux qui ne font
plus de différences entre les peuples (il
n’y a plus ni juif ni grec,) Ceux
qui ne voient plus les uns comme mineur à cause de leur situation sociale et
les autres comme majeur parce que plus fortuné ou d’une culture supérieure;
et pour ceux, enfin qui ne font plus de différence entre homme et femme
c’est-à-dire qu’un sexe ne s’accorde aucun privilège ni pouvoir supérieur à
l’autre. Donc Il s’agit de ne faire aucune différenciation entre les uns et les
autres pour ne former qu’un seul corps, celui de Christ.
Mes frères et sœurs, soyons chacun loyal :
Dans les assemblées ces conditions (qui n’en forment qu’une seule en fait
puisqu’un croyant repentis ne fait plus de différences) ne sont pas remplies.
Dans les familles chrétiennes n’ont plus. Beaucoup font mine d’être un avec les
autres, mais leur cœur est partagé et ils se trahissent dans les circonstances
de la vie.
Le mari prend les décisions pour sa femme, ou
la femme mène son mari en prenant autorité sur lui. Ou les enfants prennent
autorité sur leurs parents, ou encore certains parents abusent de leurs enfants.
Comme je le dis et le redis depuis le début, il ne suffit pas d’affirmer oralement sa foi pour avoir la foi. Nos œuvres suivent notre foi. Ce sont elles qui témoignent de la vérité.
Alors ce chapitre
3 du livre des Galates est très intéressant parce que Paul revient sur les
fondements de cette promesse faite à Abraham.
3- LA DIFFERENCIATION NOUS DISQUALIFIE
Et dès le premier verset il parle à des
frères qui témoignent en vérité qu’ils ne sont pas héritier de la promesse.
Puisqu’il leur dit : Galates 3 : 1 « O
Galates, dépourvus de sens! Qui vous a fascinés, vous, aux yeux de qui
Jésus-Christ a été peint comme crucifié? » ? Les mots employés
par l’apôtre sont cinglants. Il leur demande quels êtres humains ont été placés
au dessus des autres, faisant oublier celui qui a été crucifié pour eux ? Ils font des différences. Qui les a fascinés,
charmés, hypnotisés, pour qu’ils ne voient plus comme Christ voit ?
Et l’apôtre dit ensuite comment il en est venu à discerner que les Galatiens
font des différences : Parce qu’ils sont revenus à la loi. Galates 3:2 « Voici seulement ce que je veux apprendre de
vous: Est-ce par les œuvres de la loi que vous avez reçu l'Esprit ?».
Par la loi, il est impossible de faire les œuvres de Christ. On fera
indubitablement des différences. Par exemple, on dira : « Celui-là est
trop simplet pour comprendre ; ce peuple d’Israël est supérieur aux
autres ; cet africain ne peut évoluer ; cette femme n’a pas sa place
ici ; lui qui a fait des études devraient nous diriger, etc. ».
Ensuite l’apôtre met en opposition à la loi, la prédication de la foi.
Toujours au verset 2 il leur dit :
« Est-ce par les œuvres de la loi que
vous avez reçu l'Esprit, ou par la prédication de la foi? »
Pourquoi Paul met-il en
opposition deux prédications?
La prédication de la foi n’annonce pas la loi. Ce n’est pas qu’elle
rejette la loi. Mais elle ne répète pas ce que les prophètes comme Moïse
annonçaient. Elle ne montre pas le bien et le mal en nous disant de choisir le
bien.
Alors qu’est-ce qu’annonce la prédication de la foi ?
Elle annonce simplement ce que l’Esprit fait
comme œuvre chez celui qui est héritier de la promesse : Il se laisse
diriger par l’Esprit ; Pas de différence, un amour désintéressé, des miracles à travers lui. Lisons Galates
3 : 5 : « Celui
qui vous accorde l'Esprit, et qui opère des miracles parmi vous, le fait-il
donc par les œuvres de la loi, ou par la prédication de la foi? ».
4- LA MAJORITE DES PREDICATIONS PARLENT DE LA LOI
Or, là aussi soyons chacun loyal : les prédicateurs de l’évangile d’aujourd’hui dans leur grande majorité : font-ils des prédications de la foi ou de la loi ?
Ils annoncent Christ certes, mais avec une contradiction : En
disant ce qu’un chrétien ne doit pas faire. Ils soulignent constamment ce dont il doit se libérer ou
ce à quoi il doit rester attentif. Dès que
j’écoute une prédication sur le net, je suis subjugué d’entendre les thèmes suivant :
« Un chrétien peut-il se
remarier », « Est-il en
droit de divorcer », ou « Peut-on
écouter toutes les musiques » « Comment s’habiller
pieusement » « Doit-on
donner sa dîme ? » Peut-on
avoir des relations sexuelles avant le mariage ? » « Peut-on changer d’assemblée ? « Mon
frère à l’Eglise est-il plus important que mon frère de sang non
converti ? Etc.».
Beaucoup de ces prédications, tournent à la loi car on n’y donne plus des règles
d'asservissement que des repères. Ce sont des conditions strictes pour être accepté
par Dieu. Ce sont des prédications pour des croyants qui ne sont pas totalement
convertis, bref qui font des différences entre les uns et les autres. Ils sont
encore au lait. Ils n’en sont pas arrivés à manger de la nourriture solide.
Les prédicateurs en fait, répondent aux problèmes de leurs assemblées
qui leur posent régulièrement ses questions. C’est ce qui les obsèdent ; et
les prédicateurs répondent par la loi, parce que leur auditoire attend une
réponse ressemblant à un code moral.
Si vous leur répondez en leur montrant les œuvres de l’Esprit, ils se
sentiront méprisés et se tourneront vers d’autres prédicateurs. Parce qu’ils ne
peuvent digérer cette nourriture.
Et l’apôtre Paul est encore plus
incisif puisqu’il affirme Galates 3 :10 « tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la loi sont
sous la malédiction; car il est écrit: Maudit est quiconque n'observe pas tout
ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. 11Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est
évident, puisqu'il est dit: Le juste vivra par la foi.(pas par la loi) ».
En aucun cas la loi apportera la bénédiction et la grâce
espérée. Seule la foi le peut.
Alors, faut-il prêcher la loi avant la foi ? Faut-il
dire « tu ne dois pas » avant de dire « l’Esprit
t’enseignera »
Ce n’est pas ce que préconise Paul et ce n’est pas ce que
Christ est venu accomplir. Christ en accomplissant la loi est venu prêcher la
foi. Donc la prédication de la foi est supérieur en tout point et c’est elle
qui doit être prêchée.
N’oublions pas ce que dit Galates 3 : 19 : « la loi a été donnée ensuite à cause des
transgressions ». A partir
du baptême de repentance, si nous ne sommes plus esclaves du péché, alors
l’Esprit peut diriger. Si nous sommes morts au péché, pourquoi y revenir ?
C’est le chien qui revient vers ce qu’il a vomi.
5- LA PEDAGOGIE DE LA LOI
Mais la prédication de la loi a son utilité. C’est de
montrer que le chrétien tourne en rond, qu’il s’épuise à trouver tout le temps
des réponses à ses questions. Des questions
d’ailleurs qui n’en finissent jamais, parce qu’à toute nouvelle situation, il
attendra une réponse. Et que chaque réponse l’enfermera encore plus dans un choix
unique, des obligations à faire, un code à suivre.
Comment faire le bien ?
Cette question récurrente ne cessera d’être alimentée
par des œuvres, puis par d’autres. Le chrétien saura au fond de lui qu’il n’est
jamais justifié. « S'il eût été donné une loi qui pût
procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. »
nous dit Paul dans Galates 3 : 21. La course aux bonnes œuvres montre que
la vie n’est pas là et que la justice est ailleurs.
Tout le monde connait des croyants qui n’arrêtent pas de
faire des bonnes œuvres. Ils sautent sur toutes les occasions qui se présentent
à eux. Ils les entassent comme des papiers qui montent en pile sur un bureau.
Mais ils restent tristes au fond d’eux et frustrés. Pourquoi ? Parce qu’il
manque la grâce, l’acte de foi. Et parce que voulant faire le bien, le mal leur
barre la route. Or, avec la foi, C’est là qu’ils auraient le contentement.
6- LA PEDAGOGIE DE L’ECHEC
Parce qu’ils sont encore sous l’ancien pédagogue. La
pédagogie nous fait apprendre par une méthode. Et ici, Paul nous montre bien
deux méthodes. La première et la plus
pratiquée : c’est la loi. Mais apprendre sous la loi sert la cause de la vérité :
Lisons Galates 3 : 24 « Ainsi la loi a été comme un pédagogue
pour nous conduire à Christ, ».
La pédagogie de la loi est utile parce
qu’elle nous apprend à partir de l’échec.
Parce que
la vérité ne consiste pas seulement à posséder la bonne réponse. Elle se
construit à partir de nos erreurs. Donc
à chercher à comprendre
pourquoi malgré le respect des lois divines, le péché vient toujours se coucher
à notre porte. L'erreur joue alors le rôle d’une douleur
ressentie. Mais qu’on veut éviter : Cette douleur répétée met en évidence les
limites de notre raisonnement par la loi. Et nous oblige à reconstruire nos
croyances. Ce n'est pas l'échec qui est formateur, mais le dépassement de
l'échec. La foi est ce dépassement.
Je vais
prendre un exemple bien connu : je veux payer ma dîme (10% de mes revenus)
chaque mois. Mais il arrive des mois où je n’ai plus suffisamment d’argent pour
le faire. Cela accroit mon endettement. Face à cet échec je vais me
culpabiliser parce que la loi m’oblige à faire une action impossible. Je vais
me sentir pécheur et croire que cela déplait à Dieu parce que je ne parviens
pas à être fidèle à ce rite. Alors peut-être que poussé par la fatigue, la
déception occasionnée puis par la réflexion et la remise en question,
j’aboutirai à la foi. Je parviendrais à une repentance et à une conversion qui
ouvrira le passage à la foi. Galates
3 : 25 : « La foi
étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue ». La méthode de la foi, c’est l’Esprit de Christ en nous.
Et cet Esprit m’enseignera ce que je dois faire avec cette dîme. Et que
m’enseigne la foi ?
Eh bien la foi m’enseigne que le don est un acte de libéralité. L’offrande provient d’un cœur bien disposé. Or, la dîme conçue comme un sacerdoce Lévitique bannit l'offrande aujourd'hui. Car notre don est un élan de cœur. Il n’a comme but les besoins de l’assemblée. Et il est inspiré par l’Esprit saint. Il n’y a pas d’obligation, de loi. La loi est accompli en Jésus-Christ ; c’est-à dire qu’aucun homme si pieu soit-il ne peut nous imposer un impôt. Pour résumer : Nous ne nous appartenons plus nous-mêmes, (1 Corinthiens 7 :22-23) « l'homme libre qui a été appelé est un esclave de Christ. Vous avez été rachetés à un grand prix; ne devenez pas esclaves des hommes. ». La dîme nous rend alors esclave des hommes et de leur rite et non esclave de Christ.
Alors, je n’oublie pas aussi ce petit groupe de croyants attristé
par la nourriture qu’ils reçoivent. Ils en ont marre du lait. Eux attendent des
prédications de foi. Eux attendent des confirmations que l’Esprit qu’ils ont
reçu œuvre bien à travers les miracles qu’ils vivent.
A ceux-là je dirai que Dieu ne les oublie pas. Il tient en
réserve des fleuves d’eaux vives où coulent sa parole et ils les dirigent vers
ces endroits.
Pour
conclure, je dirais que la pédagogie de la loi a comme effet positif :
d’étouffer celui qui croit. Le croyant réalisant alors qu’il manque d’air, va
chercher à respirer. Il trouvera sa survie et son oxygène dans la foi. Voilà le
chemin de la vérité. La religion fait une
œuvre qui l’a trompe, une œuvre de salut en amenant le croyant à chercher par
lui-même son Sauveur, Christ.
Mes frères st sœurs, si vous ne l’avez déjà
fait, changez de pédagogue, purifier votre air, soyez enseignez par Christ et ainsi
devenez héritier de la promesse.
Amen
