dimanche 6 septembre 2026

QUAND DIEU CASSE TA ROUTINE POUR TE PARLER

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Par Eric Ruiz

Dieu ne nous parle pas dans notre routine quotidienne. Dieu vient casser la routine pour nous parler. Il vient rompre notre quotidien, de la même manière qu’il briserait un morceau de pain en deux. Il vient souvent nous surprendre. Car il ne prévient pas. Il vient au moment où l’on s’y attend le moins.


Pour moi, c’est au moment où je suis le moins disponible ; c’est lorsque je m’endors qu’il vient me réveiller, au moment d’aller se coucher car il est tard et que mes yeux se ferment. Ou c’est au moment où je dois me dépêcher pour me rendre à un rendez-vous qu’il me stoppe en me parlant. C’est au moment où j’ai besoin que personne ne vienne troubler mes projets que Dieu, s’invite. 

Nous avons besoin d’être secouer et c’est ce que Dieu fait en venant nous parler à l’improviste.  La liturgie chrétienne va dans ce sens puisqu’elle parle d’ailleurs de réveil spirituel. Ce sens est bien réel. Quand une personne vient vous réveiller pendant que vous dormez profondément, le réveil se fait en sursaut, vous vous réveiller en ne sachant plus trop où vous êtes et en ayant le cœur qui se met à battre à cent à l’heure. Et les seuls mots qui peuvent à ce moment-là sortir de votre bouche sont : « Mais qu’est-ce qui ce passe ? »

Eh bien quand Dieu vient te parler, c’est ainsi qu’il vient te réveiller.  Penser que Dieu vient te voir pour te dire : « C’est bien mon fils, c’est bien ma fille tu m’es agréable continue ainsi ». C’est déjà avoir une image de Dieu pré fabriqué. C’est une image que l’on se fait en se croyant saint, accompli et irrépréhensible.

Le premier livre de la Bible, la Genèse, nous renvoie à des récits où Dieu réveille des âmes sans qu’elles s’y attendent.

Agar était la servante Egyptienne, qui avait donnée le premier fils à Abraham du nom d’Ismaël. Agar avait été chassée dans le désert. Privée d’eau, elle se voyait mourir avec son fils. Et pendant qu’elle pleurait en priant qu’elle meurt pour ne pas voir son fils mourir devant elle, un ange brisa sa solitude.  Il lui dit : « Qu'as-tu, Agar? Ne crains point, car Dieu a entendu la voix de l'enfant dans le lieu où il est. Lève-toi, prends l'enfant, saisis-le de ta main; car je ferai de lui une grande nation. Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d'eau; elle alla remplir d'eau l'outre, et donna à boire à l'enfant. » (Genèse 21 :17-19).

Un autre exemple biblique nous montre que même les rites nous enseignent comment Dieu agit en nous secouant et en nous sortant de notre état habituel.

Lors de l’Exode, au moment de la Pâque, les Hébreux mangeaient l’agneau. Le mangeaient-ils assis, bien posés autour d’une table, dans un moment conviviale comme ils ont l’habitude de le faire ? Non. L’ordre divin est de casser l’habitude.

 

Exode 12 :11 : « Quand vous le mangerez, vous aurez vos reins ceints, vos souliers aux pieds, et votre bâton à la main; et vous le mangerez à la hâte. C'est la Pâque de l'Eternel. ».

 

Les Hébreux, à la Pâque devaient se mettre dans un état d’urgence. A la Pâque, c'est-à-dire dès le premier mois de l’année. Les hébreux débutaient la nouvelle année ainsi. Ils devaient être prêts à affronter un combat, à s’enfuir ou à s’exiler. Le rite montre que justement à tout moment il pouvait être cassé. Il n’était pas question de manger en prenant son temps et en étant à l’aise pour savourer la nourriture, et de garder les restes pour plus tard. Il fallait manger tout à la hâte et sans rien laisser.  Tout le contraire d’un rite sacré où chaque chose se fait dans une lenteur solennelle ; En prenant bien de le temps de méditer sur le sens de chaque geste ou attitude.

Le vrai rituel commence quand on sait qu’à tout moment il peut-être cassé. Plus encore, le vrai rituel se voit quand les évènements nous déstabilisent.

Notre chair, cet être naturel qui vit en nous, aime le confort dans tous les domaines. Et spirituellement, on est prêt même à entrer dans un déni pour ressentir du confort et de l’aisance.

Notre chair peut aussi nous inspirer. Comme nous inspirer à louer Dieu par des chants ou des psaumes. Elle nous dit : «  Regarde-toi, tu es apaisé, ta tristesse est partie et maintenant tu peux continuer tes occupations car Dieu t'a parlé et il t'a renouvelé ». On s’est mis simplement soi-même dans un état de repos qui a permis à notre corps de souffler. Mais Dieu a-t-il agit pour autant?

Dieu nous aime. Alors viendrait-il nous le dire comme une mère viendrait embrasser son enfant chaque soir avant qu’il s’endorme ?

Non, je ne crois pas. Dieu nous a donné un esprit de paix, de consolation et sa grâce nous suffit.

Quand Dieu nous parle c’est que notre routine, prend trop de place ou que nos journées sont faites sans que lui en soit le principal instigateur.

Par exemple, une crise de foie (je parle de l’organe situé dans le ventre) peut être le déclenchement d’un moment où Dieu te met à part pour te parler. D’abord, il utilise un état fébrile pour que tu sois couché, pour te faire jeûner. Puis ton corps mit en état de veille, l’esprit de Dieu s’invite dans tes pensées. Il s’immiscie dans tes rêves, au moment où tu somnoles et il parasite tes projets. Parce qu’à ce moment-là tu n’as plus la force d’en avoir. A un moment donné tu te sentiras découragé, fatigué, lassé de tout. Tu n’auras gout à rien. La nourriture te fais vomir, l’eau n’étanche pas ta soif, et tu n’as pas la force de tenir une conversation plus de quelques secondes. Cet état est propice au réveil spirituel. La chair a des désirs contraires à l’esprit. L’esprit agit souvent à l’opposé de nos désirs naturels. Alors, ne soyons pas surpris lorsque le mal s’invite dans notre vie. Et nous met à plat physiquement et moralement.

L’affaiblissement du croyant ne fait pas taire Dieu. Au contraire c’est un moment où sa voix est le plus audible.

La première chose que Christ nous dit à tous, nous qui croyons en lui : c’est : « Es-tu prêt à casser tes habitudes pour moi ? Es-tu prés à tout quitter pour moi ? ».

En réalité, Dieu interrompt notre quotidien pour nous appeler à rompre nos habitudes.

Manger la Pâque debout, à la hâte, vêtements attachés, chaussures au pied, bâton à la main signifie : se rappeler d’être prêt à tout quitter pour Dieu subitement. Pas seulement arrêter son train-train quotidien pour écouter sa voix. Mais quitter sa famille, sa région, son travail, ses amis, sa religion, ses fausses croyances. C’est cela « cassé la routine » avec Christ. C’est aller là où il est allé.

Et le suivre dans ses pas, ce n’est pas l’imiter en se mettant une couronne d’épines sur la tête et en montant sur un âne, par exemple. Ce n’est pas non plus en partant avec son bâton de pèlerin évangéliser loin de chez soi, parce que ton pasteur en a reçu la mission et qu’il te l’enseigne à toi aussi. Non rien de tout cela. Aller où Christ est allé : C’est en endossant son manteau d’opprobre et d’opposition.

Oui ce manteau là n’a pas belle allure et il ne se prête à aucune convoitise. Le voilà qui apparait d’une façon très insolite dans Luc 10 :16 :

 « Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé », a dit Jésus aux 70 disciples.

Alors, un disciple de nos jours doit passer lui aussi par 6 lieux où Jésus n’a pas bien été reçu lors de ses trois années de ministère. Ces mêmes endroits où nous-mêmes (si nous faisons sa volonté) nous serons rejetés et châtiés.

-Premièrement, passer par Nazareth et se voir rejeté par ses proches, incrédules quant au ministère que Dieu nous a donné et doutant fortement sur les paroles que Dieu nous donne à dire ;  

-Ensuite Passer par Chorazin et Bethsaïda et souffrir de voir ses frères rejeter nos appels à une repentance sincère et profonde.

-Quatrièmement, Passer par Capharnaüm où ce que vous direz et manifesterez comme étant de la vérité n’aura comme conséquence que de l’indifférence et du mépris. Cette ville de la cote ouest d’Israël signifie « village de confort ». (Cette cité luxueuse et florissante fait forcément penser à Laodicée, à cette Eglise tiède qui n’a besoin de rien et qui se croit riche et dans le confort spirituellement)

-Cinquièmement, Passer par Jérusalem (La capitale d’Israël mais aussi un symbole religieux fort : c’est la terre sainte par excellence. Pourtant c’est une terre asséchée par le grand temple des crédos chrétiens copie conforme du temple des crédos juifs du temps de Jésus). Passer par ce lieu qualifié de saint, c’est affirmer sa foi en risquant la violence et la lapidation du système religieux établi.

-Ou enfin sixièmement,  Passer par Gethsémani, par la solitude, la souffrance, la trahison, et par la mort s’il le faut.

 

Ces 6 endroits forment la réponse à la question : pourquoi Dieu vient-il casser la routine et nous surprendre dans notre quotidien bien ritualisé ?  La réponse c’est : Il vient mettre à l’épreuve ce que nous avons construit avec ou sans lui.

Si les matériaux de notre construction sont périssables, eh bien notre réveil ne tiendra pas longtemps. Nous serons secoués et nous sortirons de notre sommeil juste pour quelques temps. Mais, à la première tempête, il ne restera que des ruines.  Au premier lieu d’opposition traversée et aux premières pressions et humiliations, nous ferons machine arrière. Si par contre nous avons construit avec de l’or  (la foi véritable est l’or pur qui est passé par le feu), notre construction durera éternellement. Notre cœur est alors prêt à tout lâcher pour suivre le Saint-Esprit.

La Pâque n’est pas un moment de consécration juste pour un autre temps et un autre peuple. La hâte de la Pâque est une réalité même pour un chrétien actuel. Le mot « Pâques » de l’hébreu pessah signifie  « le passage ou passer outre ». Sommes nous passés de l’autre côté… du coté de Christ ? Ou sommes encore du coté religieux où le rite triche, où les habits, les symboles, les attitudes mentent parce qu’ils ne montrent pas ce que nous sommes en réalité. Il ne suffit pas de manger de l’agneau à la hâte debout, les habits serrés, les chaussures au pied, le bâton à la main pour se couronner fils du très-haut? Nos œuvres doivent nous suivre.

Alors ne faisons pas comme beaucoup qui invitent Dieu dans leur célébrations. Qui prient Dieu de venir là où ils sont assemblés. Ils pensent qu’ils sont plus spirituels en priant ainsi. Ils pensent qu’ils peuvent se permettre un tel affront. Leur orgueil leur a voilé la vérité. C’est Dieu qui a l’improviste s’invite dans notre quotidien (et pas le contraire). C’est lui comme il l’a toujours montré qui fait le premier pas vers nous. C’est vrai qu’il répond à nos prières avant même que nous ayons pu les formuler. Mais il parle souvent là où il n’y a plus d’espoir, là où tout semble terminé. Là où la détresse a pris l’habitude de s’installer.

Pour Agar, pour Elie le Thisbite ou pour Paul l’apôtre des gentils, Dieu les a surpris dans leur moment de détresse. Pour Jean, Simon Pierre et les autres apôtres, ils ont été surpris de voir Jésus cerné par la souffrance au jardin de Gethsémani. Ils ne pensaient pas qu’il avait besoin d’eux pour prier.

Zacharie nous montre que les circonstances de l’apparition divine sont aléatoires. Elles sont visibles dans un moment de trouble intense mais connu seul de Dieu : « En ce jour-là, il n'y aura point de lumière; Il y aura du froid et de la glace. 7Ce sera un jour unique, connu de l'Eternel, Et qui ne sera ni jour ni nuit; Mais vers le soir la lumière paraîtra. » (Zacharie 14 :7)

Avec ce message, Dieu surprend tout le monde. Sa fiancée, son Eglise sainte et irréprochable se prépare au milieu du chaos ou dans les moments de détresse. La robe blanche de mariée se prépare au milieu d’un amas de détritus et de cris de désespoir. Qui aurait pu avoir une telle vision. C’est tellement le contraire qui a été prophétisé par une large majorité de chrétiens.

Ne soyons pas surpris lorsque ces jours apparaitrons. Mais soyons reconnaissants à Christ notre sauveur, de nous parlé alors que nous nous sentirons indigne d’entendre sa voix.

Amen

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