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Par Eric Ruiz
Dieu ne nous parle pas dans notre routine quotidienne. Dieu vient casser la routine pour nous parler. Il vient rompre notre quotidien, de la même manière qu’il briserait un morceau de pain en deux. Il vient souvent nous surprendre. Car il ne prévient pas. Il vient au moment où l’on s’y attend le moins.
Pour moi, c’est au moment où je suis le moins disponible ; c’est lorsque je m’endors qu’il vient me réveiller, au moment d’aller se coucher car il est tard et que mes yeux se ferment. Ou c’est au moment où je dois me dépêcher pour me rendre à un rendez-vous qu’il me stoppe en me parlant. C’est au moment où j’ai besoin que personne ne vienne troubler mes projets que Dieu, s’invite.
Nous avons besoin d’être
secouer et c’est ce que Dieu fait en venant nous parler à l’improviste. La liturgie chrétienne va dans ce sens
puisqu’elle parle d’ailleurs de réveil spirituel. Ce sens est bien réel. Quand
une personne vient vous réveiller pendant que vous dormez profondément, le
réveil se fait en sursaut, vous vous réveiller en ne sachant plus trop où vous
êtes et en ayant le cœur qui se met à battre à cent à l’heure. Et les seuls
mots qui peuvent à ce moment-là sortir de votre bouche sont : « Mais
qu’est-ce qui ce passe ? »
Eh bien quand Dieu vient te parler, c’est ainsi qu’il vient te réveiller. Penser que Dieu vient te voir pour te
dire : « C’est bien mon fils, c’est bien ma fille tu m’es agréable
continue ainsi ». C’est déjà avoir une image de Dieu pré fabriqué. C’est
une image que l’on se fait en se croyant saint, accompli et irrépréhensible.
Le premier livre de la Bible, la Genèse, nous renvoie à des récits où
Dieu réveille des âmes sans qu’elles s’y attendent.
Agar était la servante Egyptienne, qui avait donnée le premier fils à
Abraham du nom d’Ismaël. Agar avait été chassée dans le désert. Privée d’eau,
elle se voyait mourir avec son fils. Et pendant qu’elle pleurait en priant
qu’elle meurt pour ne pas voir son fils mourir devant elle, un ange brisa sa
solitude. Il lui dit : « Qu'as-tu, Agar? Ne crains point, car Dieu a entendu la
voix de l'enfant dans le lieu où il est. Lève-toi,
prends l'enfant, saisis-le de ta main; car je ferai de lui une grande nation. Et Dieu lui ouvrit les yeux, et elle vit un puits d'eau; elle
alla remplir d'eau l'outre, et donna à boire à l'enfant. » (Genèse 21 :17-19).
Un autre exemple biblique nous montre que même les rites nous enseignent
comment Dieu agit en nous secouant et en nous sortant de notre état habituel.
Lors de l’Exode, au moment de la Pâque, les Hébreux mangeaient l’agneau.
Le mangeaient-ils assis, bien posés autour d’une table, dans un moment
conviviale comme ils ont l’habitude de le faire ? Non. L’ordre divin est
de casser l’habitude.
Exode 12 :11 : « Quand vous le mangerez, vous aurez
vos reins ceints, vos souliers aux pieds, et votre bâton à la main; et vous le
mangerez à la hâte. C'est la Pâque de l'Eternel. ».
Les Hébreux, à la Pâque devaient se mettre dans un état
d’urgence. A la Pâque, c'est-à-dire dès le premier mois de l’année. Les hébreux
débutaient la nouvelle année ainsi. Ils devaient être prêts à affronter un
combat, à s’enfuir ou à s’exiler. Le rite montre que justement à tout moment il
pouvait être cassé. Il n’était pas question de manger en prenant son temps et
en étant à l’aise pour savourer la nourriture, et de garder les restes pour
plus tard. Il fallait manger tout à la hâte et sans rien laisser. Tout le contraire d’un rite sacré où chaque
chose se fait dans une lenteur solennelle ; En prenant bien de le temps de
méditer sur le sens de chaque geste ou attitude.
Le vrai rituel commence
quand on sait qu’à tout moment il peut-être cassé. Plus encore, le vrai
rituel se voit quand les évènements nous déstabilisent.
Notre chair, cet être naturel qui vit en nous, aime le confort dans tous
les domaines. Et spirituellement, on est prêt même à entrer dans un déni pour
ressentir du confort et de l’aisance.
Notre chair peut aussi nous inspirer. Comme nous inspirer à louer Dieu
par des chants ou des psaumes. Elle nous dit : « Regarde-toi, tu es
apaisé, ta tristesse est partie et maintenant tu peux continuer tes occupations
car Dieu t'a parlé et il t'a renouvelé ». On s’est mis simplement soi-même dans un état de
repos qui a permis à notre corps de souffler. Mais Dieu a-t-il agit pour
autant?
Dieu nous aime. Alors viendrait-il nous le dire comme une mère viendrait
embrasser son enfant chaque soir avant qu’il s’endorme ?
Non, je ne crois pas. Dieu nous a donné un esprit de paix, de
consolation et sa grâce nous suffit.
Quand Dieu nous parle c’est que notre routine, prend trop de place ou
que nos journées sont faites sans que lui en soit le principal instigateur.
Par exemple, une crise de foie (je parle de l’organe situé dans le ventre) peut être le déclenchement d’un moment où Dieu te met à part pour te parler. D’abord, il utilise un état fébrile pour que tu sois couché, pour te faire jeûner. Puis ton corps mit en état de veille, l’esprit de Dieu s’invite dans tes pensées. Il s’immiscie dans tes rêves, au moment où tu somnoles et il parasite tes projets. Parce qu’à ce moment-là tu n’as plus la force d’en avoir. A un moment donné tu te sentiras découragé, fatigué, lassé de tout. Tu n’auras gout à rien. La nourriture te fais vomir, l’eau n’étanche pas ta soif, et tu n’as pas la force de tenir une conversation plus de quelques secondes. Cet état est propice au réveil spirituel. La chair a des désirs contraires à l’esprit. L’esprit agit souvent à l’opposé de nos désirs naturels. Alors, ne soyons pas surpris lorsque le mal s’invite dans notre vie. Et nous met à plat physiquement et moralement.
L’affaiblissement du croyant ne fait pas taire Dieu. Au contraire c’est un moment où sa voix est le plus audible.
La première chose que Christ nous dit à tous, nous qui croyons en
lui : c’est : « Es-tu prêt à casser tes habitudes pour
moi ? Es-tu prés à tout quitter pour moi ? ».
En réalité,
Dieu interrompt notre quotidien pour nous appeler à rompre nos habitudes.
Manger la Pâque debout, à la hâte, vêtements attachés, chaussures au
pied, bâton à la main signifie : se rappeler d’être prêt à tout quitter
pour Dieu subitement. Pas seulement arrêter son train-train quotidien pour
écouter sa voix. Mais quitter sa famille, sa région, son travail, ses amis, sa
religion, ses fausses croyances. C’est cela « cassé la routine » avec Christ. C’est aller là où il
est allé.
Et le suivre dans ses pas, ce n’est pas l’imiter en se mettant une couronne
d’épines sur la tête et en montant sur un âne, par exemple. Ce n’est pas non
plus en partant avec son bâton de pèlerin évangéliser loin de chez soi, parce
que ton pasteur en a reçu la mission et qu’il te l’enseigne à toi aussi. Non
rien de tout cela. Aller où Christ est allé : C’est en endossant son manteau d’opprobre et d’opposition.
Oui ce manteau là n’a pas belle allure et il ne se prête à aucune convoitise. Le voilà qui apparait d’une façon très insolite dans Luc 10 :16 :
« Celui qui vous écoute m'écoute, et celui qui vous rejette me rejette; et celui qui me rejette rejette celui qui m'a envoyé », a dit Jésus aux 70 disciples.
Alors, un disciple de nos jours doit passer lui aussi par 6 lieux où
Jésus n’a pas bien été reçu lors de ses trois années de ministère. Ces mêmes
endroits où nous-mêmes (si nous faisons sa volonté) nous serons rejetés et
châtiés.
-Premièrement, passer par Nazareth
et se voir rejeté par ses proches, incrédules quant au ministère que Dieu nous a
donné et doutant fortement sur les paroles que Dieu nous donne à dire ;
-Ensuite Passer par Chorazin et
Bethsaïda et souffrir de voir ses
frères rejeter nos appels à une repentance sincère et profonde.
-Quatrièmement, Passer par
Capharnaüm où ce que vous direz et manifesterez comme étant de la vérité
n’aura comme conséquence que de l’indifférence et du mépris. Cette ville de la
cote ouest d’Israël signifie « village de confort ». (Cette cité
luxueuse et florissante fait forcément penser à Laodicée, à cette Eglise tiède
qui n’a besoin de rien et qui se croit riche et dans le confort spirituellement)
-Cinquièmement, Passer par Jérusalem
(La capitale d’Israël mais aussi un symbole religieux fort : c’est la
terre sainte par excellence. Pourtant c’est une terre asséchée par le grand temple
des crédos chrétiens copie conforme du temple des crédos juifs du temps de
Jésus). Passer par ce lieu qualifié de saint, c’est affirmer sa foi en risquant
la violence et la lapidation du système religieux établi.
-Ou enfin sixièmement, Passer par Gethsémani, par la solitude,
la souffrance, la trahison, et par la mort s’il le faut.
Ces 6 endroits forment la réponse à la question : pourquoi Dieu vient-il casser la routine et
nous surprendre dans notre quotidien bien ritualisé ? La réponse c’est : Il vient mettre à
l’épreuve ce que nous avons construit avec ou sans lui.
Si les matériaux de notre construction sont périssables, eh bien notre
réveil ne tiendra pas longtemps. Nous serons secoués et nous sortirons de notre
sommeil juste pour quelques temps. Mais, à la première tempête, il ne restera
que des ruines. Au premier lieu
d’opposition traversée et aux premières pressions et humiliations, nous ferons
machine arrière. Si par contre nous avons construit avec de l’or (la foi véritable est l’or pur qui est passé
par le feu), notre construction durera éternellement. Notre cœur est alors prêt
à tout lâcher pour suivre le Saint-Esprit.
La Pâque n’est pas un moment de consécration juste pour un autre temps et un autre peuple. La hâte de la Pâque est une réalité même pour un chrétien actuel. Le mot « Pâques » de l’hébreu pessah signifie « le passage ou passer outre ». Sommes nous passés de l’autre côté… du coté de Christ ? Ou sommes encore du coté religieux où le rite triche, où les habits, les symboles, les attitudes mentent parce qu’ils ne montrent pas ce que nous sommes en réalité. Il ne suffit pas de manger de l’agneau à la hâte debout, les habits serrés, les chaussures au pied, le bâton à la main pour se couronner fils du très-haut? Nos œuvres doivent nous suivre.
Alors ne faisons pas comme beaucoup qui invitent Dieu dans leur
célébrations. Qui prient Dieu de venir là où ils sont assemblés. Ils pensent
qu’ils sont plus spirituels en priant ainsi. Ils pensent qu’ils peuvent se
permettre un tel affront. Leur orgueil leur a voilé la vérité. C’est Dieu qui a l’improviste s’invite dans
notre quotidien (et pas le contraire). C’est lui comme il l’a toujours montré
qui fait le premier pas vers nous. C’est vrai qu’il répond à nos prières avant
même que nous ayons pu les formuler. Mais il parle souvent là où il n’y a plus
d’espoir, là où tout semble terminé. Là où la détresse a pris l’habitude de
s’installer.
Pour Agar, pour Elie le Thisbite ou pour Paul l’apôtre des gentils, Dieu
les a surpris dans leur moment de détresse. Pour Jean, Simon Pierre et les
autres apôtres, ils ont été surpris de voir Jésus cerné par la souffrance au
jardin de Gethsémani. Ils ne pensaient pas qu’il avait besoin d’eux pour prier.
Zacharie nous montre que les circonstances de l’apparition divine sont
aléatoires. Elles sont visibles dans un moment de trouble intense mais connu
seul de Dieu : « En ce jour-là, il n'y aura point de
lumière; Il y aura du froid et de la glace. 7Ce sera un jour unique, connu de l'Eternel, Et qui ne sera ni
jour ni nuit; Mais vers le soir la lumière paraîtra. » (Zacharie 14 :7)
Avec ce message, Dieu surprend tout le monde.
Sa fiancée, son Eglise sainte et irréprochable se prépare au milieu du chaos ou
dans les moments de détresse. La robe blanche de mariée se prépare au milieu
d’un amas de détritus et de cris de désespoir. Qui aurait pu avoir une telle
vision. C’est tellement le contraire qui a été prophétisé par une large
majorité de chrétiens.
Ne soyons pas surpris lorsque ces jours
apparaitrons. Mais soyons reconnaissants à Christ notre sauveur, de nous parlé
alors que nous nous sentirons indigne d’entendre sa voix.
Amen

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