dimanche 18 octobre 2020

SATAN NOUS BARRE LA ROUTE…Comment ?

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Par Eric Ruiz

 

Lors du dernier message  je vous parlais de la terre où s’est réfugié Esaü ; Cette terre où s’est multiplié un peuple du nom d’édomites ; Ce lieu étrange, désertique, couvert de cavernes et de grottes : qu’est Paran [Paw-rawn’].

Paran que l’on trouve onze fois cités dans la Bible ; 11 comme pour nous dire qu’il y a des ouvriers de la onzième heure qui y seront sanctifiés.

Mais, comme tout ce qui est naturel se retrouve dans le spirituel, nous savons maintenant que la grotte et le désert prennent leur source (si on peut dire), dans le recueillement solitaire, tel un moine cloitré comme un ermite, cherchant au fond de sa grotte, au fond de lui-même, la sanctification.

Nous devons dans ce lieu ingrat, ce lieu de solitude, ce lieu sec et aride de notre cœur, chercher la paix et arracher les racines d’amertume qui s’y trouvent et qui nous empêchent de pardonner, pour aimer.

Ce n’est pas un hasard non plus, si c’est dans ce lieu (Paran) que Moïse planta sa tente avec les enfants d’Israël, juste avant d’aller explorer le pays de Canaan, la terre promise.

Le livre des Nombres, au chapitre 13 (le nombre de la justice) nous dévoile dans les détails, les circonstances de cette expédition : de la préparation, à sa réalisation, jusqu’à son retour.

Vous allez voir, l’histoire de cette épopée biblique est remplie de pédagogie, pour nous instruire sur la grâce divine.

Le texte ne nous dit pas combien de temps les enfants d’Israël campèrent dans cette partie du désert, mais en tous les cas, le temps de l’épreuve a été suffisamment long pour se préparer ; Car la tache de Moïse n’était pas facile.

Il avait dû auparavant contenir une vague de contestation, de mécontentement quasi généralisée.

La colère de Dieu tomba sur le peuple qui réclamait de la viande à la place de la manne ; et la colère de Dieu tomba aussi sur Aaron et Marie qui répandaient des calomnies sur Moïse. Mais à un moment donné le temps de Dieu arriva et l’Eternel parla à Moïse pour qu’il envoie des éclaireurs monter et explorer le pays de Canaan.

Moïse commença donc par sélectionner les chefs de chaque tribu des enfants d’Israël : Un chef par tribu.

Ce n’est pas ce qu’ils y ont vu de l’autre côté de la frontière qui est important, mais c’est leur retour qui est très significatif ; le retour des 12 chefs de chaque tribu à Kadès (Kadech) dans le désert de Paran.

En fait, ce qu’ils vont raconter chacun de leur périple, montrera leur niveau de sanctification, celui qu’ils avaient acquis dans le désert avant de partir.

Moïse leur avait dit de la part de Dieu que cette terre était celle que L’Eternel leur avait promise, là où coulent le lait et le miel, là où les fruits sont abondants et de grandes qualités.

Mais, l’esprit de rébellion était toujours présent, car mis à part Josué, fils de Nun de la tribu d’Ephraïm et Caleb, fils de Jephunné de la tribu de Juda, tous rapportèrent que le peuple adverse était puissant, des géants y régnaient et les villes fortifiées étaient très grandes, et qu’ils allaient à coup sûr s’y casser les dents.

Bref, ils furent effrayés par l’adversaire. Et ils murmurèrent encore, ils protestèrent à nouveau contre Moïse (en fait, ils remirent carrément en cause sa fonction de prophète).

L’enseignement que nous donne ce passage est essentiel ; et c’est exactement la situation que nous vivons en 2020.

Le chemin de la terre promise, met en lumière… une grande tribulation. Et cette grande tribulation a pour but de révéler les cœurs.

La tribulation révèle les sanctifiés, ceux qui sont vraiment d’Israël ; en fait elle pose sa lumière sur le petit groupe de sanctifiés que formeront ces ouvriers, ces guerriers de la dernière heure.

Deux hommes seulement, se sont sanctifiés dans le désert de Paran [Paw-rawn’], les autres ont gardé leur amertume et leur mauvais cœur.

Moïse avait vu la consécration de Josué bien avant, dès sa jeunesse (Nombre 11 :28) puisque c’est lui qui changea son nom de Hosée en Josué.

En changeant son nom, Moïse officialise le fait que Dieu délivrera maintenant par Josué.

Moïse avait vu son successeur, puisque Josué c’est celui qui délivre, qui sauve, c’est l’hébreux Yehoshua, « l’Eternel est salut », la même étymologie que Jésus, Yeshua. Il n’y a pas une grande différence entre les deux noms (Hosée et Josué) vous en conviendrez, mais la syllabe Yah, abréviation de YHWH lui confère le ministère de serviteur de Dieu. Et la différence est de taille, puisque Josué sera oint pour conduire le peuple hébreu en Canaan.

Et pour Caleb, alors ?

« Et Caleb (Nombre 13, verset 30) fit taire le peuple devant Moïse, et dit : Montons, et emparons-nous du pays, car c’est sûr nous y serons vainqueurs ».

Le courage : c’est ce qui sélectionne les hommes de foi comme au temps du juge Gédéon.

Donc, les contestataires (les chefs des 10 autres tribus) auraient dû se rappeler aussi l’ancienne prophétie de Jacob-Israël pour Ephraïm que l’on peut lire dans Genèse 48:

Lorsqu’il prophétise que : « son frère cadet (Ephraïm) sera plus grand que lui (Manassé), et que sa postérité deviendra une multitude de nations… Et il mit Ephraïm avant Manassé

Eh oui, Josué est de la tribu d’Ephraïm ; n’arrive-t-il pas devant Manassé qui n’a pas le courage d’aller combattre les habitants de Canaan?

Et Caleb, ne vient-il pas de la tribu de Juda,  n’est-ce pas « celui qui reçoit la louange de ses frères… celui qui revient du carnage… et qui met sa main sur la nuque de ses ennemis », (exactement comme l’a prophétisé Israël sur Juda) ?

Alors pourquoi sont-ils encore si incrédules, alors que Moïse ne fait que de répéter leur avenir qui a déjà été dicté par Jacob-Israël ?

Nous en avons la certitude maintenant, mais Dieu savait que Juda et Ephraïm seraient les seuls unis dans le même combat, parce qu’ils avaient un cœur humble et qu’ils se sont vraiment sanctifiés dans le sac et la cendre.

Les autres n’ont pas voulu comprendre que ce passage de frontière vers la terre promise, était comme la Pâque (Pessah qui signifie passage, ou encore sacrifice) et qu’ils devaient se libérer du levain, sacrifier leur orgueil pour passer en terre promise.

Le retour des chefs des tribus se sont faits précisément à Kadès (Kadech). Kadesh : lieu qui signifie « saint, consacré ».

Seuls, Josué et Caleb ont montré par leur parti pris pour Moïse, qu’ils étaient bien saints et consacrés.

Et beaucoup plus tard, le prophète Ezéchiel le rappellera dans sa prophétie : « Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d'Ephraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées; je les joindrai au bois de Juda, et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ma main. ».

Donc Caleb et Josué, ou Juda et Ephraïm ne formaient plus qu’une entité dans la main de Dieu, un seul bois.

Caleb, dont le nom signifie « chien » était sans doute aussi fidèle que cet animal envers Josué (envers qui il avait décelé l’homme consacré) et devait le suivre comme son maître. Ce qu’il disait il le disait aussi, ce qu’il faisait il l’imitait à son tour.

Alors pour nous, ce que nous enseigne l’expérience de Kadès (Kadech) : c’est surtout comment entrer en terre promise, comment entrer dans le royaume de Dieu, sans y être refoulé.

Kadès (Kadech) est une ville frontalière située entre Edom et Juda, entre l’incrédule et l’homme de foi. Il y a un rendez-vous divin sur ce lieu ; un rendez-vous à ne pas manquer.

Si lors de ce rendez-vous notre préparation ne vise pas une vraie consécration ; si la solitude, le retour sur soi-même n’efface pas l’amertume, nous refuserons alors les tribulations à venir.

Nous refuserons d’être ces ouvriers de la dernière heure qui vont travailler dans la vigne du Seigneur.

Les géants de Canaan nous montreront alors un visage de démons prêts à nous engloutir.

L’épreuve à venir sera trop forte pour un peuple incrédule, qui n’aura pas placé sa foi sur la parole révélée comme au départ, mais qui aura placé sa foi sur ses propres forces, donc sur un dieu étranger.

Kadès (Kadech) est un lieu terrible où éclate un jugement. Un lieu où l’on pleure sa défaite en réalisant son manque d’obéissance à la parole de Dieu ; comme un lieu, aussi, où l’on conteste, où l’on se dispute avec le droit divin et c’est un lieu où l’on meurt (c’est là qu’est décédé Marie sœur d’Aaron) ; mais… c’est aussi un lieu où l’on proclame la victoire face à un ennemi redoutable, parce que la parole demeure en soi.

Psaumes 29 :8 : «  La voix de l'Eternel fait trembler le désert; L'Eternel fait trembler le désert de Kadès. ». 

Quand Dieu parle, quand il sonne de la trompette, tout être vivant devrait s’agenouiller pour prier, s’abaisser dans l’humilité en méprisant ses passions et ses désirs charnels.

Il devrait comme l’indique David dans le Psaume 29 « se prosterner devant Dieu avec des ornements sacrés ». Quels sont ces ornements sacrés ?

Le parfum de la repentance, la saveur du sacrifice, la douceur de l’humilité.

David finit son Psaume 29 par au verset 11 : « L'Eternel donne la force à son peuple ».

N’est-ce pas cette force qui a manqué aux 10 chefs des tribus revenant de Canaan ?

Ils manquaient de force, car plutôt que s’abaisser en entendant la voix de Dieu, ils se sont retournés contre la voix, ils se sont opposés à la parole de Dieu, en l’apostrophant, sans égard, ni respect. Alors, ils se sont eux-mêmes jugés incapables, et le résultat…

Voyons la réalité :

Deutéronome 32 :51 « parce que vous avez péché contre moi au milieu des enfants d'Israël, près des eaux de Meriba (dispute), à Kadès, dans le désert de Tsin, et que vous ne m'avez point, sanctifié au milieu des enfants d'Israël. Tu verras le pays mais tu n’y entreras point».

Où se trouve maintenant Kadès (Kadech) pour nous croyants dispersés dans les nations ?

C’est évident comme la nouvelle Jérusalem, ce n’est pas au Moyen-Orient qu’il faut aller chercher ce lieu mystique, ce n’est pas non plus dans un quelconque désert.

Mais où alors ?

Eh bien, Dieu nous amène, comme si c’était naturel, chacun vers notre lieu désertique, là, où soit nous nous rebellerons contre lui, trouvant de l’injustice dans ce qu’il nous fait vivre, ou soit, là, où nous déciderons de nous abandonner en lui et d’accepter un combat qui semble perdu d’avance.

C’est ce qui arriva à Agar, servante d’Abraham.

Maltraitée par Sara, parce qu’elle portait l’enfant d’Abraham, Agar fuya enceinte dans le désert.

Elle arriva tout près de Kadès, précisément à l’ouest, là où se trouvait un puit. Et un ange la visita… et étonnamment, pas pour lui dire qu’elle avait eu raison de se rebeller, mais au contraire, pour lui ordonner de faire demi-tour et d’aller s’humilier devant sa maitresse.

C’est après seulement qu’elle verra la terre promise : C’est-à-dire… qu’elle verra son enfant être un fils qu’elle appellera du nom d’Ismaël, qui engendrera une postérité si nombreuse qu’on ne pourra la compter,(c’est ce que lui prophétisa l’ange) mais son fils sera comme un âne sauvage, (c’est-à-dire que personne, ne pourra le domestiquer et le soumettre à des lois religieuses) et il habitera en face de tous ses frères, pas avec eux…la même destinée qu’Esaü.

Vous savez, Kadès est cité 18 fois dans la Bible (A.T). Ce nombre n’est pas un hasard. Et à ce moment-là, il m’a sauté aux yeux tout comme la date d’aujourd’hui 18 octobre ; Tout comme l’écran de ma télévision dont j’avais coupé le son pour écrire et où passait la carte de la France avec les températures maximales grossies et en relief : 18°.

18, est point de repère pour ceux qui se consacrent, mais aussi pour ceux qui se souillent.

Le 18 marque souvent une opposition, un barrage contre les œuvres sacrées.

Il y a ce moment-là un essai de prise de pouvoir par la force, comme un coup d’état (je pense par exemple à celui du 18 brumaire)

J’ai une image frappante qui me parvient. C’est celle d’un camion de pompiers, qui arrive dans un quartier populaire pour porter secours…et là il se font agressés, caillassés, insultés.

Vous savez à la fin de l’exode des hébreux, c’était la même situation.

Il y avait 10 chefs qui refusèrent violemment que les fils d’Israël rentrent en Canaan ; et cela s’est répété dans l’histoire biblique une fois, deux fois etc…  il y a eu d’autres chefs (comme des anciens et des scribes à Jérusalem), qui se sont opposés par la suite à Pierre et à Jean

Actes 4 :18: « Et les ayant appelés, ils leur défendirent absolument de parler et d'enseigner au nom de Jésus. »

L’apôtre Paul (un autre exemple)a été empêcher de visiter les croyants de Thessalonique.

1 Thessalonociens 2 :18 « Aussi voulions-nous aller vers vous, du moins moi Paul, une et même deux fois; mais Satan nous en a empêchés ».

Tiens, Satan… comment savoir si notre route est barrée par le Saint-Esprit, ou bien par Satan ?

Le Saint-Esprit avait plusieurs fois dirigé Paul vers d’autres contrées, comme dans Actes 16 :6, lorsqu’il a un songe qui lui montre des croyants dans le besoin ; il voit alors dans son rêve un macédonien qui prie : « Passe en Macédoine, secours-nous! ».

Paul alors au matin change ses plans, il décide d’aller vers la Macédoine plutôt que vers l’Asie qu’il avait projeté au départ. Voilà comment le Saint-Esprit oriente ceux qui lui sont soumis.

Mais ici c’est différent.

En quoi est-ce différent ?

Là aussi, le contexte de la lettre écrite aux Thessaloniciens nous oriente vers la vérité.

Lisons 1 Thessaloniciens chapitre 2 quelques versets avant le verset 18,

à partir du verset 15 « Ce sont ces Juifs (des judéens qui ont fait de la loi de Moise une religion) qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes, qui nous ont persécutés, qui ne plaisent point à Dieu, et qui sont ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux païens pour qu'ils soient sauvés, en sorte qu'ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés. Mais la colère a fini par les atteindre ».

Paul est très clair, il nomme ceux qui ont Satan comme maître. Ce sont des croyants, religieux, persécuteurs qui ont fait de la loi de Moïse une religion; ils sont sectaires, ils envoient les païens, comme ceux qui ne croient pas comme eux en enfer, ils empêchent que la parole se propage, (excuser moi l’expression : ils tirent sur l’ambulance), ils créent comme avec Moïse : des eaux de Mériba (des eaux de dispute) des divisions, des querelles.

Voilà comment satan inspirent certains, à Kadès à bloquer le chemin qui mène à la vie et à la vérité.

Paul ailleurs, (mais spirituellement, à Kadès) s’est opposé aussi aux démons, il les chassa comme Jésus

Actes 16 :18 « Paul fatigué se retourna, et dit à l'esprit: Je t'ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir d'elle. Et il sortit à l'heure même ».

Mais parfois les choses tournent autrement.

Ceux qui empêchent au Saint-Esprit de s’exprimer sont chassés par les païens eux-mêmes sans que nous, croyants, ayons à intervenir.

Il y a bien-sûr Elie dans le 18ème chapitre du premier livre des rois, où ce sont les gens du peuple qui de saisissent des faux prophètes

Mais au chapitre 18 verset 18 du livre des Actes nous lisons que : «  Paul resta encore assez longtemps à Corinthe. » Alors qu’il était persécuté par des chefs religieux.

Le verset précèdent nous dit comment cette possibilité a pu lui être offerte.

« tous, se saisissant de Sosthène, le chef de la synagogue, se mirent à le battre devant le tribunal, sans que Gallion ne s’en soucie »(Gallion était le proconsul romain de l’Archaïe, et c’est lui qui a rétabli l’ordre des choses, en ouvrant les yeux du peuple sur l’injustice faite à Paul et en plus sans que Paul ait eu besoin d’ouvrir la bouche, nous dit le verset 14).

Voilà encore comment dans un lieu saint, un lieu comme Kadesh, la justice de Dieu est rendue. Le mal se dénonce lui-même en rentrant en opposition avec ceux qui se consacrent. Ce lieu « vient séparer la lumière d’avec les ténèbres » (Genèse 1 :18) : Comment ?

simplement parce les victimes en feu tirent sur les pompiers qui viennent pour les sauver.

Paul dit une chose (sur laquelle peut s’arrêtent) dans Colossiens 4 :18 :  « Je vous salue, moi Paul, de ma propre main. Souvenez-vous de mes liens. »

Paul est en train de dire aux Colossiens : Souvenez-vous de comment ont été mis mes liens et comment je m’en suis séparé.

L’esprit de persécution, l’esprit de rébellion, l’esprit qui veut fermer la bouche de la révélation a mis mes liens en voulant m’empêcher d’agir pour Christ ; et moi-même ou d’autres ont chassé ces mauvais esprits pour que la vie continue et que le Royaume de Dieu soit annoncé.

Voilà ce que Paul voulait dire en écrivant à la fin de sa lettre : Souvenez-vous de mes liens. » : Souvenez-vous de Kadech !

Je finirai par ce verset de Matthieu 8 :18 : » Jésus, voyant une grande foule autour de lui, donna l'ordre de passer à l'autre bord. »

L’ordre divin est de passer de Kadesh a la terre promise, mais sans trembler pour soi, en se libérant de ses liens, pour passer de l’autre bord.

Chassez les démons d’incrédulité et vous vivrez libre !

Libre car : « Nous savons que quiconque est né de Dieu ne pèche point; mais celui qui est né de Dieu se garde lui-même, et le malin ne le touche pas » (1 Pierre 5 :18).

Amen

dimanche 11 octobre 2020

ÉSAU, FILS d’ISAAC est-il LE GRAND PERDANT DE L’HISTOIRE ?

 352


Par Eric Ruiz

 

Nous avons vu avec le message précédent que Jacob a reçu sa bénédiction et qu’il l’a vécu pleinement.

Or, cette bénédiction ressemblait à un plat délicieux : du blé et du vin en abondance, la parole de Dieu le matin, un pouvoir de domination sur son entourage,  des admirateurs venant de très loin et la bénédiction partagée parmi l’assemblée ;


Mais cette nourriture avait dans le ventre, quand même un goût amer.

Ce plat délicieux de bénédiction n’a jamais éloigné les malheurs comme les deuils, comme les souffrances à répétitions.

Non pas que cette bénédiction était fausse, mais elle montrait par celui qui l’avait reçu, le cœur trompeur (le sens du nom de Jacob), le cœur de la personne qui luttait avec Dieu.

C’est pourquoi de nos jours les larmes, le sang et la joie se sont entremêlées dans les assemblées. Car les assemblées sont pleines de Jacob, de croyants trompeurs.

Ésaü, lui, a suivi une autre voie ; D’abord, il n’a jamais cherché à lutter avec Dieu, comme son frère. Il n’a pas cherché à dominer sur son frère Jacob.

Hélas pourrions-nous dire, son malheur et de n’être pas entré dans l’histoire comme Israël l’a été.

Car ce sont les vainqueurs qui écrivent l’histoire nous disent les historiens ; Et à l’évidence Israël est sorti vainqueur malgré sa traitrise ; car pour Israël, le récit biblique est abondant, et les personnages sont devenus illustres par leurs actions, alors que pour Esaü le vaincu, il n’y a pas grand-chose d’écrit autour de lui, il est celui qui ère dans les montagnes comme un nomade.

Si on se réfère à cette conclusion, c’est l’idée généralement retenue, le paradigme, et les choses pourraient en rester là…sauf que.

Sauf que Dieu, on le sait, laisse la vérité un temps enfouie, pour la révéler au temps convenable.

Alors pour Ésaü appelé Edom, sa postérité sera le peuple Edomites.

Et Ésaü avec ce peuple est-il finalement  bien considéré ?

Dieu ne l’a-t-il pas abandonné, en l’exilant ? Sa faiblesse, de s’être laissé berner par son frère Jacob, lui est-elle finalement préjudiciable ?

 Tout d’abord, Isaac, son père, lui dit qu’il ne pourra jamais retrouver la bénédiction qu’il aurait dû recevoir (en gros : tant pis, donner c’est donner).

Mais Isaac, va le bénir quand même autrement.

« Bénis-moi aussi, mon père! Et Esaü éleva la voix, et pleura.
Isaac, son père, répondit, et lui dit: Voici! Ta demeure sera privée de la graisse de la terre et de la rosée du ciel, d'en haut.

Tu vivras de ton épée, Et tu seras asservi à ton frère; Mais en errant librement çà et là, Tu briseras son joug de dessus ton cou. ».

A priori la théorie du perdant se confirme : c’est une bien maigre consolation pour Esaü.

Priver de la graisse de la terre, il ne pourra s’établir dans un lieu pour y prospérer ; et en étant privé de la rosée du ciel, il n’aura pas de paroles de Dieu au quotidien, pour lui et son peuple.

D’où viendra alors sa puissance ?

Parce qu’il ne fera pas comme Jacob en s’établissant dans un lieu ; il ne créera comme lui, ni maison de Dieu, ni autel et il ne dominera sur aucun de ses frères.

Cela signifie-t-il forcément une malédiction pour lui ?

Eh bien, en y regardant de plus près :

Isaac, lui montre comment il vivra sa foi : différemment: Il la vivra de son épée ;

C’est-à-dire qu’il aura de nombreux combats. Mais ces combats ne seront-ils pas au final des luttes personnelles ?

Spirituellement, c’est évident, ce sont des combats liés à sa chair.

Isaac, lui montre cette nouvelle voie, il lui montre qu’il pourra mettre fin à la servitude et à la domination de son frère, en brisant son joug : « En errant çà et là », bref en prenant des chemins différents et en s’éloignant de lui.

Esaü choisi d’autres voies… la preuve : il s’éloigne de son frère en s’abaissant plutôt qu’en cherchant à lui ressembler par l’ambition personnelle… et la première voie qu’il choisit est celle de la sagesse ;

Par exemple, après s’être fait avoir, 20 ans plus tard, on retrouve Esaü qui ne s’est pas vengé de son frère. Il n’est pas resté haineux et rancunier, il n’est jamais entré en rivalité avec lui pour récupérer ce qu’il lui avait usurpé.

Il s’est éloigné de lui, en se rapprochant du fils d’Abraham, Ismaël et en s’établissant dans les montagnes de Séir, au sud d’Israël. C’est là qu’il y trouvera une qualité de vie, ainsi qu’une grande famille.

A-t-il vraiment perdu au change ?

Eh bien contre toute attente, je ne le crois pas.

-Même si aujourd’hui, beaucoup pensent qu’Esaü a coupé définitivement avec ses racines juives ;

-même s’ils considèrent qu’Esaü, s’est joint au peuple arabe, parce qu’il a pris pour une de ses femmes une des filles d’Ismaël;

-Même si les montagnes de Séir, là où il s’est établi, correspondent à la Jordanie actuelle et non à Israël… Malgré tout cela, je ne crois pas du tout qu’Esaü soit répudié.

Alors, quels indices me font dire qu’Esaü serait encore joint à sa famille et à sa bénédiction ?

Reprenons son histoire au moment où après plus de 20 ans, Esaü retrouve son frère Jacob.

Que constate-t-on ?

Le désir de vengeance d’Esaü a disparu, il s’est transformé en compassion, en paix ; d’ailleurs lorsqu’Esaü est venu devant son frère, il s’est prosterné devant lui, refusant ses présents, lui disant qu’il ne manquait de rien, lui proposant même de lui laisser quelques-uns de ses hommes pour le raccompagner.

« Que je trouve seulement grâce aux yeux de mon seigneur! », voilà ses intentions (Genèse 33 :15) ;

C’est lui, Esaü qui a fait alliance par la paix avec son frère, n’exigeant aucun dédommagement pour son préjudice et pleurant même avec lui à leur rencontre.

Et puis Esaü, c’est Edom (Genèse 25 :30 ; Genèse  36 :1 ; Genèse 36 :8 et 9);

Edom est inscrit dans la loi de Moïse; Et c’est une confirmation officielle que Dieu ne l’a pas oublié : « Tu n'auras point en abomination l'Edomite, car il est ton frère; » (Deutéronome 23 :7)

Alors, on a l’explication du pourquoi Israël s’est très souvent refusée de lever l’épée contre ce peuple, lui aussi béni.

Moïse, comme Josué ont choisi de contourner leur territoire plutôt que de forcer leurs frontières et de s’attaquer aux édomites.

Nombres 20 à partir du verset 18: « Edom lui dit: Tu ne passeras point chez moi, sinon je sortirai à ta rencontre avec l'épée….Et Edom sortit à sa rencontre avec un peuple nombreux et à main forte. Ainsi Edom refusa de donner passage à Israël par son territoire. Et Israël se détourna de lui ».

Mais, il y a plus encore, j’en avais déjà parlé… des édomites se sont joints à Israël à des moments très précis (comme s’ils sortaient de leur caverne). Obed-Edom l’a fait avec le roi David.

David était complètement abattu, après que l’arche de l’alliance soit tombée et que le lévite Uzza soit mort ; C’est alors qu’il décida de s’arrêter chez Obed-Edom pendant trois mois pour qu’il abrite l’Arche de l’alliance, car il avait su que ce lévite-là était vraiment consacré et qu’il pourrait recevoir de lui l’enseignement dont il avait besoin pour retrouver la foi.

C’est après cette relation, que David a pu reprendre sa route vers la cité sainte, celle de Jérusalem, avec l’Arche de l’Alliance.

Alors, quels sont les enseignements à tirer pour nous, croyants ?

Eh bien, les fils de Dieu sont là aussi, où on ne les attend pas.

Ils ont pu, pendant un temps vivre sous la bénédiction de Jacob, en étant soumis à des prêtres trompeurs, en passant sans cesse de la joie aux larmes, ou des larmes à la joie… mais ils se sont écartés de cette bénédiction, à un moment donné.

En faisant cela, Ils semblent alors s’être écartés de la grande histoire, puisqu’on parle d’eux que comme des perdants, comme des croyants en marge de la société religieuse, parce qu’ils sont comme des nomades, ils errent çà et là.

Mais ils ont l’épée à la main.

Pourquoi ?

Parce qu’ils se battent contre leurs désirs charnels (ils brisent d’abord leurs vases d’argile) et c’est pourquoi à un moment donné, ils briseront leur joug.

Comme Ésaü, ils s’éloignent des sentiers connus des Eglises référencées, ils prennent leurs distances vis-à-vis des groupes religieux qui, avec leurs chefs dominateurs convoitent la bénédiction.

Ils sont retranchés mais préparés par Dieu pour agir.

Bien qu’ils ne vivent pas à Bethel avec Jacob, ils sont dans le désert de Paran, cachés dans des cavernes.

Mais attention, ils réapparaitront dans l’histoire d’Israël  ou de l’Eglise, pour traiter une alliance de paix (exactement comme l’a fait Esaü).

Dans la Bible, on ne parle pas d’eux sur de longs chapitres, mais il faut avoir l’œil ouvert sur des moments précis où ils sortent de leur tanière, où ils jaillissent de l’obscurité pour venir croiser la route de croyants plus connus.

Obed-Edom n’a pas la notoriété, c’est vrai d’un lévite comme Aaron, et pourtant, il est déterminant pour la consécration du roi David, qui le sera, grâce à lui, à son tour pour l’ensemble du peuple d’Israël.

Tout ça pour dire que : quel que soit votre attitude, le grand plan de Dieu, celui du salut se fait. Tout le monde sert Dieu à sa manière. Jacob a servi Dieu à sa manière, en luttant contre lui, en étant fourbe et arrogant ; et Esaü a servi Dieu en étant gentil (trop gentil), se laissant berner, mais si peu rancunier, si humble, pardonnant tout à son frère 20 ans plus tard. Quelle belle leçon d’amour !

Le premier a vécu de terribles épreuves, lui qui pensait avoir gagné contre Dieu et contre les hommes….mais pour le deuxième, rien dans la Bible ne nous montre qu’il ait été fortement éprouvé (bien qu'il eut de grands combats par l'épée c'est évident).

Esaü a eu une descendance nombreuse et un grand (grand) silence sur sa vie.  La Bible est très évasive sur les circonstances de son existence.

Les enfants d’Israël descendirent en Egypte pour y être esclave, tandis que les enfants d’Edom montèrent sur les montagnes de Séir (Josué 24 :4), près du désert de Paran ( Paran : qui signifie lieu de cavernes, c’est peut-être dans ces lieux désertiques qu’on finit par régner sur la tentation, après tout ?).

Il n’y a pas deux lignées, l’une plus bénie que l’autre mais, cette histoire c’est celle de l’entremêlement de deux peuples.

Deux peuples (qui, même si Edom barrait souvent la route à Israël), qui ont traité au final la même alliance de paix avec Dieu.

Qui sont les élus parmi les enfants d’Israël ? Comme : qui sont les élus parmi les enfants d’Edom ; d’où proviennent les rameaux du figuier fertile ?

Impossible de le savoir précisément. Les voies de Dieu sont impénétrables. Les élus d’Edom sortiront comme tirés au sort, c’est ce que nous dit Esaïe 34 :17.

Mais lisons d’abord le verset 5

« Mon épée s'est enivrée dans les cieux; Voici, elle va descendre sur Edom, Sur le peuple que j'ai voué à l'extermination, pour le châtier (comme Israël aussi)…Consultez le livre de l'Eternel, et lisez!. C'est son esprit qui les rassemblera. 17Il a jeté pour eux le sort, Et sa main leur a partagé cette terre au cordeau, Ils la posséderont toujours, Ils l'habiteront d'âge en âge ».

Lorsque Dieu tire au sort, il « rassemble par son esprit » verset 16, il rajoute, il greffe des rameaux sur le figuier fertile.

En bref, il rajoute des élus.

C’est ce qui a été  fait en rajoutant par tirage au sort Matthias aux autres 11 disciples de Jésus-Christ..

Par conséquent la Bible n’est pas si muette que cela au sujet de ceux qui ne sont pas dans la grande histoire.

Revenons à Esaü : il y a une bénédiction pour cette partie de lui qui est tirée au sort ;

Et disons-le : la bénédiction d’Edom est considérable et elle n’a surtout rien à envier avec celle de Jacob.

Lisons Josué 15 :21 :

Voilà « l'héritage des fils de Juda, selon leurs familles.
Les villes situées dans la contrée du midi, à l'extrémité de la tribu des fils de Juda, vers la frontière d'Edom, étaient: Kabtseel, Eder, Jagur, »

Les fils de Juda, qui je le rappelle, sont issu de la lignée d’Israël héritent de trois villes frontalières. Et Dieu a bien choisit leur nom :

Juda a hérité de Kabtseel qui signifie : « Dieu recueillera », de Eder «un troupeau » et de Jagur : «il demeure ».

La phase complète avec ces mots nous révèle l’intention divine :

Sur la frontière d’Edom, il demeure un troupeau que Dieu recueillera pour Juda.

Voilà la partie fertile du figuier d’Israël : elle est composée d’un rameaux du peuple édomite, descendant directement d’Esaü.

Alors, pour Esaü, pensez-vous encore qu’il soit le vaincu, le perdant de l’histoire ?

Non, il a été vainqueur, car en lui sa progéniture a été sanctifiée, elle a été mise à part par Dieu, pour la joindre au « bois de Juda ».

Revenons à nous, croyants de Christ, laissés pour compte, éloignés des "Temples chrétiens", et trompés par des Jacob sans scrupules, ou trompés par notre propre arrogance d’avoir cru dans ces temples: être les élus de Dieu ;

Ne sommes-nous pas, nous qui lavons les taches de nos vêtements, un peuple tiré au sort, préparé, pour édifier en dernier ressort ceux qui perdront pieds dans la tribulation ? (ces fameux ouvriers de la onzième heure)

Le bois de Juda où beaucoup de tribu seront rajoutées est encore bien mystérieux, mais pas si mystérieux que cela quand même.

Les livres qui font office de « Nouveau Testament » semblent eux aussi passer littéralement au-dessus d’Esaü et d’Edom ;

Or Paul, lors de sa lettre aux Romains, au chapitre 9, se voit obligé de souligner un fait très important : qu’il n’y a pas d’erreurs dans la parole de Dieu:

« Ce n'est pas que la parole de Dieu ait failli; car tous ceux qui descendent d'Israël, ne sont pas Israël; (et Paul rajoute) 7 Et pour être la postérité d'Abraham, ils ne sont pas tous ses enfants; mais il est dit: En Isaac sera une postérité de ton nom; 8 C'est-à-dire, que ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu; mais que ce sont les enfants de la promesse qui sont réputés être la postérité ». (Romains 9 :­6-8)

Il y a donc selon Paul, des enfants de la promesse qui ne proviennent pas de la chair, donc de la lignée généalogique d’Israël, de sa descendance logique, mais d’une autre famille.

De qui peut-il bien parlé Paul, d’autant qu’il parle d’Esaü quelque verset plus loin ?

Il dit : que l’on est enfant de la promesse non à cause de nos œuvres mais grâce à l’appel de Dieu ; et il dit (une chose qui a été complètement controversé) : « L’ainé sera assujetti au plus jeune. Selon qu’il est écrit : j’ai aimé Jacob, et j’ai haï Esaü. »

Alors, attention, Paul n’est pas en train de dire que l’enfant de la promesse saute aux yeux :  et que c’est celui qui est aimé et qui domine sur son frère aîné : Jacob ;

D’ailleurs Paul, plus loin, cite le prophète Osée de la manière suivante :

25Selon ce qu'il dit en Osée : j'appellerai mon peuple celui qui n'était point mon peuple; et la bien-aimée, celle qui n'était point la bien-aimée;
Et il arrivera, qu'au lieu où il leur a été dit : vous n'êtes point mon peuple, là ils seront appelés les enfants du Dieu vivant.
 »

Alors, non, Paul est en train de montrer l’inverse des choses qui sauteraient aux yeux naturellement , comme la prédestination qui ferait d’être un élu avant la naissance, sans avoir fait aucune œuvre, simplement par le choix des parents envers l’enfant.

Avec Rebecca enfantant Jacob et Esaü, il y a eu deux enfants jumeaux issus d’une même mère.

Ce qui veut dire spirituellement que d’une même assemblée, d’une même Eglise, il y a l’enfant de la promesse qui sera souvent le mal aimé.

Mais avec Abraham, il y a deux mères différentes et deux enfants différents : Isaac fils de Sara et Ismaël fils d’Agar. Là aussi Ismaël, qui est un laissé pour compte dans la famille, ne le sera pas pour Dieu.

En effet Dieu fera aussi alliance avec sa mère, la servante de Sara : Agar.

Ce passage de Romains 9 déplait fortement aux esprits religieux qui cherchent une élection dès le ventre de leur mère. La bonne Eglise, la bonne mère engendrerait naturellement les bons enfants, elle baptiserait les élus, tandis que la mauvaise Eglise, la mauvaise mère, y ferait pousser l’ivraie, les enfants de la perdition.

Cette fausse vison se retrouve dans les notes de beaucoup de Bibles, en bas de page, qui émettent la conclusion suivante : « Jacob est choisi par Dieu contrairement à Esaü ». Voilà le terrible faux Evangile annoncé aujourd’hui.

Dieu choisirait celui qui a trompé, et répudierait celui qui a dénigré ses droits et qui s'est endurci pour un temps? Nous avons bien-là, des aveugles enseignants d’autres aveugles. La grâce de Dieu est bien au-dessus de cela.

Mes frères et sœurs, quel que soit votre mère, quel que soit votre Eglise vous qui écoutez ce message n’endurcissez pas vos cœurs, mais revenez à la vraie vie, celle qui se fait par l’épée. Libérerez-vous du joug de votre chair et marchez selon l’esprit.

Nous montrerons, sans forcer notre nature, par nos actes, par nos bonnes intentions que nous sommes bien enfants de la promesse.

 Amen 

dimanche 4 octobre 2020

QUI EST VRAIMENT JACOB, FILS d’ISAAC ?

351

Par Eric Ruiz

 

Je disais dans mon dernier message, celui de la semaine dernière, que Dieu se laisse dépouiller de ses dons. Il va plus loin encore, il se laisse même vaincre.

Si vous luttez avec lui, il vous laisse gagner le combat.

Où lit-on cela dans la Bible, que Dieu se laisse vaincre ?

 

C’est avec Jacob, fils d’Isaac qui a lutté contre l’ange de Dieu et qui a gagné le combat. L’ange a capitulé.

Genèse 32 :28 : « ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur ».

L’ange lui a laissé juste une marque en le blessant à la hanche.

 

Pourquoi Dieu fait-il cela ?

D’abord parce qu’il ne cherche pas à nous détruire ; ensuite parce qu’il n’a pas le même combat a mené que nous et qu’il veut nous montrer la vérité : là où se trouve la vraie victoire.

La victoire se fait dans la soumission, la faiblesse, le renoncement, ou l’obéissance, car c’est là que se trouve la vraie sainteté…mais cette victoire ne se voit pas tout de suite, elle ne se dévoile que bien plus tard, qu’à la fin.

Alors quel trophée Jacob visait-il dans le combat avec l’ange ? Une promesse plus importante ? Une puissance supérieure ?

Jacob a obtenu exactement ce qu’il désirait : une puissance supérieure. Après avoir convoité le droit d’ainesse pour obtenir la bénédiction (qu’il s’est emparé d’une manière très critiquable, vis-à-vis son frère Esaü, en trompant son père), il voulait plus encore.

Il voulait plus, car il souffrait d’un sentiment d’infériorité. 

C’est beaucoup plus tard que cela saute aux yeux, Jacob n’avait finalement pas très confiance en lui.

Il va recroiser la route de son frère plus de 20 ans après.

Mais là Jacob se fait tout petit ;

Quand son frère Esaü arrive vers lui avec ses quatre cents hommes, il prend peur, il est dans l’angoisse nous dit l’écrit de la Genèse.

Il avait séparé son camp en deux pour qu’une partie puisse fuir au cas où les choses s’envenimeraient, et il avait préparé une quantité impressionnante d’offrandes et plusieurs scénarios pour apaiser le désir de vengeance de son frère. En bref, il voulait acheter la paix. Où était sa foi en Dieu ?

Par conséquent, quand l’ange est venu combattre avec lui, juste la nuit d’avant qu’il rencontre son frère, Jacob était seul et devait prié. Mais que priait-il ?

On le devine. Il ne priait pas d’être dans l’humilité.

Non, il priait plutôt dans le sens d’avoir sa foi augmentée, pour être beaucoup plus fort et plus puissant qu’il ne l’était.

Les chrétiens de nos jours, eux aussi cachent leur peur et prient dans le même sens. On leur enseigne d’ailleurs, de prier ainsi.

Car le graal sacré, c’est la puissance. Celui qui est revêtu de la puissance de Dieu serait celui qui a l’onction la plus élevée. Car, c’est une évidence, c’est la puissance qui force à l’admiration.

On a confondu comme avec Jacob : puissance et sainteté.

Que risque-t-on à vouloir s’élever ainsi ?

Parce que Jacob, en fin de compte, n’est-il pas devenu Israël (celui qui a lutté avec Dieu et qui a gagné), le père d’une nation renommée et sainte qui a donné naissance à de nombreux prophètes et rois, dont le prestigieux roi David, sans oublier bien-sûr, Jésus-Christ fils de Dieu qui naitra de la tribu de Juda ?

Oui mais, la grande histoire ne montre pas forcément la petite.

La petite histoire, celle de la vie de Jacob est un vrai calvaire, une succession de supplices et de chagrin.

Quand on met en avant seulement sa grande famille dont les fils seront les pères des 10 tribus, on occulte ou bien, on minimise souvent les terribles épreuves qu’il a traversées.

Jacob est devenu un boiteux.

Sa hanche va lui rappeler constamment que le mal est attaché à sa puissance ; et que son chemin tortueux, lié à sa nature trompeuse est son vrai combat.

Le mal, va se traduire dans sa vie par de longs moments d’attente pour obtenir satisfaction, des deuils à répétitions, la trahison et les complots criminels de ses enfants à l’égard des autres mais aussi entre eux, ou encore des années de famines.

Rentrons dans les détails :

-Jacob luttera des années durant, avec Laban son oncle, pour prendre Rachel pour Epouse.

-Il devra travailler pour lui pendant 14 années.

-Sa femme bien-aimée sera stérile.

-Il devra épouser aussi sa fille cadette Léa pour plaire à Laban ;

-Et ce n’est pas tout, Rachel deviendra amère, jalouse à cause de sa stérilité, et lui reprochera le fait de recourir à des servantes et à sa sœur pour avoir des enfants.

-Et pour finir, lorsque Rachel, l’élue de son cœur, pourra enfin mettre au monde, il la verra mourir après avoir accouchée de Benjamin.

On pourrait croire que l’épreuve va s’arrêter-là ; mais pas du tout (pas du tout).

-Son unique fille, Dina va être déshonorée, considérée comme une prostituée par Sichem ;

-cela engendrera une vengeance sanglante de ses fils, un massacre suivi d’un pillage généralisé chez les Cananéens et les Phérésiens.

-Ensuite, Joseph, son fils préféré, sera jalousé par ses autres frères qui le jetteront dans un trou pour le tuer, mais ne voulant pas avoir son sang sur les mains, ils le vendront à des étrangers ; -mais pour Jacob, la seule information qu’il aura de sa disparition sera les lambeaux de ses vêtements couverts de sang (Jacob sera inconsolable par la terrible déchirure de perdre le premier fils de Rachel).

-Ensuite, Canaan connaitra des années de famines, Et Jacob finira par envoyer ses fils en Egypte pour acheter des provisions, mais en retour, on lui annoncera que son dernier fils, Benjamin est en prison, retenu en otage et accusé de vol.

- S’il devait en être ainsi, et qu’il doit perdre encore un autre fils (tous ceux de Rachel), il ne survivra pas à cette nouvelle épreuve, c’était sa prière pour que Dieu abrège ses vieux jours ; et c’est seulement à la fin de sa vie qu’il aura une bouffée d’air en voyant le retour de la bénédiction par son fils Joseph et ses enfants, qui vont revenir en terre de Canaan.

Quelle existence chaotique et terriblement éprouvante !

Mais, c’est la récompense d’être Israël, de lutter avec Dieu.

Quand on s’engage à vouloir à tout prix la puissance de Dieu, les premières places, et les meilleures bénédictions, on paye un prix de malheur très fort, trop fort.

En fait, Esaü n’aurait jamais pu être Israël.

Alors la question qui chatouille…

Esaü n’a-t-il pas fait, lui, de meilleurs choix ?

Genèse 25 :24 «il y avait deux jumeaux dans son ventre. » (le ventre de Rebecca femme d’Isaac).

Rien à l’origine ne nous montre qu’un jumeau sera meilleur que l’autre, qu’une malédiction sera sur un des fils d’Isaac.

Un indice toutefois, Jacob nait juste après Esaü mais en lui tenant le talon (comme s’il essayait de se cramponner à lui pour le retenir et le doubler).

Jacob, c’est clair, dès le ventre de sa mère était déterminé à passer en première position.

Esaü quant à lui, était roux et très poilu. Son apparence physique l’a sans doute desservie, notamment vis-à-vis de sa mère qui préféra de loin Jacob et qui l’incitera à s’accaparer du droit d’ainesse de son frère.

Le verset 24 par son nombre nous indique plutôt 2 parcours de vie de prophètes :

Celui d’Esaü et celui de Jacob. Chacun aura pour sa vie un prix à payer différent.

Le verset 23 « Et l'Eternel lui dit (à Rebecca): Deux nations sont dans ton ventre, et deux peuples se sépareront au sortir de tes entrailles; un de ces peuples sera plus fort que l'autre, et le plus grand sera assujetti au plus petit. ».

Jacob devait être assujetti à son frère ainé Esaü, et c’est l’inverse qui eut lieu. Esaü s’est fait doubler.

Qui a eu la meilleure attitude ? Celui qui a été soumis ou celui qui a dominé sur l’autre ?

Parce que Dieu, ne se complait-il pas au contraire dans celui qui est soumis, trompé, outragé, dominé, opprimé ?

Celui qui veut être le plus grand, nous dit Jésus-Christ, qu’il soit le serviteur de tous.

Et là, Dieu agirait différemment avec Esaü et Jacob ?

Il bénirait davantage celui qui est plus malin et plus fourbe que l’autre, qui agit de manière détournée ?!

Alors, certains ont été jusqu’à dire que Dieu est lié par sa parole et qu’il ne pouvait plus faire marche arrière. Ce qu’il a béni au départ le sera toujours et tant pis si c’est injuste.

Dieu se serait pris au piège de sa parole?!!!

Mais jusqu’où est capable d’aller la folie de l’homme pour croire cela ?

Revenons au contexte :

Esaü était complètement éreinté et affamé quand il est rentré du travail des champs. Il aurait dévoré un mouton tellement il avait faim.

Jacob a profité de son état de faiblesse, pour lui proposer son délicieux plat de potage et de lentilles, en échange de son droit d’ainesse (lui qui restait sous les tentes près de sa mère, à cuisiner).

Question : Esaü a-t-il plus mal agit que Jacob ?

Esaü, c’est vrai, s’est rendu compte un peu plus tard qu’il n’aurait jamais dû échanger ce droit qui allait entrainer la perte de la bénédiction de son père, puisqu’il est rentré en furie une fois son frère bénis par son père. Il le haïssait alors au point de vouloir le tuer.

Isaac aussi était furieux d’être trompé par son fils Jacob, qui s’était déguisé en prenant les vêtements de son frère pour le duper, alors que lui était presque devenu aveugle.

C’est l’apôtre Jean qui met tout le monde sur le même pied d’égalité : « Celui qui dit qu'il est dans la lumière, et qui hait son frère, est encore dans les ténèbres ».

Jacob était disons-le, dans les ténèbres, car il n’a fait aucun cas de son frère et il a trompé son père.

Esaü lui-aussi était dans les ténèbres avec un cœur remplit de haine et de vengeance.

En fait, regardons bien ce que Jacob révèle par ses actes.

La maison de Jacob qu’il fera à Bethel, c’est l’Eglise des nations.

D’abord, Jacob reçoit la même chose que reçoivent les faux prophètes qui ont pris par ruse une bénédiction qui ne leur était pas destinée.

Ils sont comme Jacob, des usurpateurs.

Jacob porte bien son nom qui signifie « qui supplante, qui prend par le talon », qui s’accapare des biens d’autrui en le faisant tomber ; Qui prend la place de quelqu’un…

Cette manière d’agir ne vous fait-elle pas penser aux imposteurs de la foi ?

Eh bien, ces imposteurs ont pris une bénédiction qui ne leur était pas adressé (tout à fait) : la même bénédiction que celle d’Isaac pour Jacob (elle ne lui était pas adressée). Mais rappelons-le, Dieu le savait, il n’a pas été trompé, lui.

Alors, voilà cette bénédiction proférée par Isaac : Genèse 27 :28

« Que Dieu te donne de la rosée du ciel Et de la graisse de la terre, Du blé et du vin en abondance! Que des peuples te soient soumis, Et que des nations se prosternent devant toi! Sois le maître de tes frères, Et que les fils de ta mère se prosternent devant toi! Maudit soit quiconque te maudira, Et béni soit quiconque te bénira ».

Reprenons chaque point de cette bénédiction, pour la comparer aux chefs des Eglises, de nos jours (ces chefs qui luttent avec Dieu en convoitant sa puissance).

« Que Dieu te donne de la rosée du ciel et de la graisse de la terre, du blé et du vin en abondance »

Ici, c’est surprenant, mais Dieu fait don, aux prophètes proclamés dans leur système religieux, de la richesse. Ils reçoivent de Dieu la rosée du ciel, c’est-à-dire une partie de la parole de Dieu qui vient d’elle-même, au matin et, Ils sont dans l’abondance (ils ont la graisse de la terre, du blé et du vin en abondance).

Le vin en abondance, ce sont aussi les nombreuses paroles prophétiques qu’ils déversent sur un peuple conquis.

Ces prophètes semblent vraiment être bénis de Dieu…Et ils le sont c’est indéniable.

Et que des nations se prosternent devant toi!

 Ces pasteurs prophètes, attirent à eux des gens de toute part qui forment un peuple nombreux, qui vient de loin, au-delà des frontières ; et c’est vrai qu’ils sont idolâtrés puisqu’on se prosterne devant eux ; et qu’ils passent pour des êtres particulièrement sages et intelligents (la reine de Saba qui venait du continent africain, se prosternait devant la sagesse du roi Salomon)

Sois le maître de tes frères, Et que les fils de ta mère se prosternent devant toi!

Tiens, d’un seul coup, la bénédiction change de ton, c’est l’impératif qui domine ; Ils reçoivent comme un ordre, un commandement : celui de dominer sur leurs frères (sois le maitre !).

Ils ne font pas que de dominer sur les frères, ils font aussi en sorte que les fils convertis, nés d’en-haut se prosternent eux-aussi devant eux, comme devant une idole.

Il faut absolument qu’ils soient considérés comme des maitres, dans leur religion, ou dans leur groupe de référence et aussi, qu’ils soient reconnus par leurs pères, voilà cet impératif (Salomon, pouvait tout se permettre, c’était le fils de David reconnu officiellement comme étant son successeur par le roi David lui-même et en plus il fut oint par son prêtre)

« Maudit soit quiconque te maudira, Et béni soit quiconque te bénira ».

Oui, vous avez bien lu, et c’est la vérité, la bénédiction d’Israël se perpétue, elle est pour l’Eglise aussi; Et des Jacob, des trompeurs, il y en a partout.

L’onction de Dieu leur fait tourner la tête, à tous : ils se sentent inatteignables au sommet de leur trône.

Ils se permettent de juger ceux qui les critiquent en pointant le mal qu’ils ont (regardez, ils sont maudits !).

Le mal qui atteint les autres les rend, eux, encore plus saints. Le malheur des autres fait leur bonheur (puisque les autres sont maudits et eux sont bénis).

On voit bien, que c’est cette immunité spirituelle, qui leur fait franchir des frontières et briser des alliances.

Ainsi l’adultère physique comme spirituel est devenue une constante macabre pour Israël et pour l’Eglise.

On influence alors les croyants à faire des choix iniques, à fermer les yeux sur des pratiques injustes, à accepter des privilèges.

Mais ces prophètes ont aussi le pouvoir de bénir. C’est ce qui les rends encore plus imbus d’eux-mêmes ; et c’est pourquoi même les élus pourraient être séduits.

Parce que la bénédiction est là, présente dans les assemblées. L’ambiance y est sécurisante, il y règne une force d’attraction spirituelle et une espèce de havre de paix.

Pourquoi ?

Parce qu’ils bénissent leur pasteur, parce qu’ils louent leurs prophètes. Cette loi mise en pratique, fait qu’en bénissant leurs chefs religieux, ils reçoivent à leur tour des bénédictions. Et cela renforce bien-sûr la conviction de tout le monde.

Mais à l’inverse, ceux qui vont combattre contre eux, vont récolter des blessures.

C’est pourquoi, nous devons bénir et ne pas maudire, pardonner et ne pas chercher vengeance. Et surtout, ne pas rentrer en opposition directe avec celui que nous voyons usurper une identité. Tout est sous contrôle par notre Seigneur et Sauveur ; s’il doit y a avoir justice, (et il y aura justice) alors à lui la vengeance et à lui la rétribution.

 Vous voyez, ces chefs iniques sont comme Jacob, Ils sont gardés par Dieu, protégés par lui…Mais ils ne sont pas exempt d’épreuves liées à leurs actes cruels et injustes, et à leur iniquité.

Ils ont un prix à payer… Et ils le paieront.

Alors pour Esaü sa destinée sera-t-elle plus glorieuse ou sera-t-il, lui, un laissé pour compte ?

Esaü, certes n’est pas meilleur que son frère, s’il garde un cœur haineux et un désir de vengeance.

Mais nous verrons que son parcours est bien différent.

Nous n’avons pas à  chercher à savoir qui est l’élu dans l’affaire en idolâtrant  qui que ce soit ; mais à comprendre que les choix que nous faisons, nous font vivre des épreuves différentes.

Si nous pensons que par nos prières et nos actes nous allons faire revenir Dieu sur sa parole, nous nous fourvoyons.

Le grand plan de Dieu, lui, ne bougera pas d’un iota quoi qu’il arrive, comme cela s’est fait avec Jacob et Esaü.

Ne croyez surtout pas que Dieu est surpris des positions des uns et des autres ; Dans toutes les assemblées de croyants, Dieu savait à l’origine qu’il y aurait des Jacob (des prédateurs, dominateurs, trompeurs) et des Esaü (des victimes ne soupçonnant pas le mal et manipulables).

Mais Dieu a planifié sa justice et chacun reçoit en rapport à ce qu’il a semé.

En tous les cas, convoiter les choses sacrées, chercher la gloire et les premières places ne vous fera vivre que des chagrins. Mais chercher l’humilité, l’amour et la justice ne vous amènera à vivre que des satisfactions.

Amen