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Par Eric Ruiz
Encore un sujet tabou. Encore un sujet que bien peu abordent par peur que la vérité soit dévoilée. Les menteurs à l’esprit religieux ont intérêt à ce que beaucoup de sujets soient tabous et le reste ainsi.
Dés que la lumière pointe sur eux, ils se cachent, car ils ont peur qu’elle montre leurs ténèbres. Ils vont même pour ne pas attirer les soupçons parler du sujet tabou. Ils vont le traiter d’une telle manière que l’opprobre atteindra une autre personne qu’eux-mêmes. C’est une manière habile qu’ils ont trouvé pour se protéger. Ils mentent afin de détourner l’attention.
Un sujet tabou trop souvent mal traité: La parole de vérité.
Ce n’est pas ce que dit la parole seule qui est vérité. C’est le fait de
vivre la parole qui est vérité. Il est tellement facile d’affirmer
que celui qui dit la vérité est saint. Qu’il est digne de louange. Qu’il est
rempli de courage et de zèle parce qu’il annonce l’Evangile en toutes
circonstances, favorables ou non. On croit que celui qui prêche, qui est sous la
lumière est forcément purifié, parce qu’il est oint. Comme si la mission divine
qu’il a reçue fait de lui un protégé du Seigneur, un Elu.
Mais Dieu ne connait pas tous ceux qui chassent les démons, qui font des
miracles en son nom, ni tous ceux qui prophétisent en son nom.
***Or,
si un chrétien ne vit pas ce qu’il dit, c’est un menteur. Il ment parce
qu’il trompe les autres sur ce qu’il dit et qu’il ne fait pas lui-même.
De nos jours, des foules se réunissent derrière des orateurs (ou des
oratrices ne les oublions pas) qui annoncent la parole de vérité. Ils suivent
le plus souvent des menteurs. Celui qui ne vit pas ce qu’il dit
est incohérent, hypocrite, plus même il a renié sa foi.
Voici 6
versets pour appuyer mes propos :
1 Jean 1 : 6 « «
Si nous disons que nous sommes en communion avec lui,
et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons. »
1 Jean
2 :24 : » « Celui qui dit :
Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur.
»
Tite
1 :16 : « Ils font
profession de connaître Dieu, mais ils le renient par leurs œuvres. ». Jacques
2 :17 : « La foi, si elle n’a pas les œuvres, est morte en elle-même. »
Matthieu
23 :3 : « « n’agissez pas comme
eux, car Ils disent et ne
font pas. ».
Matthieu 15 :7-8 « Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit:Ce
peuple m'honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi.
Tellement de chrétiens voient clairs
devant un homme politique corrompu. Ils affirment qu’il est menteur parce qu’il
annonce un programme qu’il ne fait pas ; parce qu’il dit qu’il va
s’occuper des plus démunis et qu’il s’occupe des plus riches, et les voilà qui
disent ensuite « Amen » derrière les paroles d’un homme de foi qui
est corrompu de la même manière. L’aveuglement spirituel est un mystère.
L’idolâtrie demeure la seule réponse à
ce mystère. ***L’idole
ne rend pas celui qui croit lucide et cohérent. L’idole fait du croyant un fou,
un insensé. Il se refuse à voir l’évidence dans son assemblée, alors
qu’il est lucide sur la corruption qui s’y fait à l’extérieur.
Sans me voir meilleur que les autres,
cette contradiction, je l’ai eu moi
aussi. Combien de fois ai-je dis « Amen » à un menteur. Combien
d’années ai-je approuvé le mensonge chez celui qui m’enseignait ? Je ne voulais pas voir le mal qui était dans
l’homme qui me dirigeait. Pourquoi ?
Je crois, parce que cela remettait
en cause trop de choses dans lesquelles j’avais placé ma confiance. En voyant
le mensonge chez mon prochain je découvrais en même temps mon propre reniement.
Mais quand Christ est revenu dans ma vie, il m’a ouvert les yeux et la première
chose que j’ai changé, ce n’est pas de chasser le menteur ou de condamner
l’imposteur. C’est de chasser le mal qui était en moi. Puis j’ai été reprendre
avec douceur et fermeté celui qui me dirigeait.
***Alors, révéler la vérité c’est bien
évidemment révéler l’imposture, le
mensonge, et en premier c’est soi-même qui doit être visé.
Le premier combat des communautés apostoliques a été de veiller sur la
vérité. Et de quelle manière l’ont-ils fait ? Ils ont comme Jésus l’a fait
avant eux, en dénonçant l’hypocrisie au sein de leurs assemblées.
1 Jean 3:18 « N’aimons pas en paroles et avec
la langue, mais en actions et avec vérité. ».
Romains 12:9 :
« Que la charité soit sans hypocrisie. » Le
mot grec pour "sans hypocrisie" (anupokritos : [an-oo-pok'-ree-tos]) signifie littéralement
"non déguisé, sans jeu d'acteur", l’amour vrai, agapé était déjà
attaqué par un comportement de personnes fourbes et masquées.
1 Corinthiens 13 :1 : « si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ». Un amour fraternel mêlé d’hypocrisie est comparable à un morceau de métal frappé qui produit un son très fort, éclatant et spectaculaire par sa résonnance. Mais il ne transmet aucun sentiment, aucune vie, aucune affection. On peut impressionner les autres par ses paroles, ses connaissances ses dons, ou même sa foi, mais la vérité c’est que sans amour cela reste un bruit vide. Beaucoup de bruit pour pas grand chose sans communion véritable avec Dieu.
Galates 6 :1-5 « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté…. Si quelqu'un pense être quelque chose, quoiqu'il ne soit rien, il s'abuse lui-même. 4Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; 5car chacun portera son propre fardeau.»
Un seul verset sur l’autre, sur le frère qui
pèche et 4 versets sur soi-même. Là aussi il est tellement facile de mettre la lumière
sur la faute de l’autre. Mais dans le contexte, Paul continue à exhorter
davantage celui qui a vu la faute, celui qui surprend son frère à pécher. Paul continue
son exhortation en soulignant l’importance de prendre garde à soi-même, de
veiller sur la tentation pour qu’elle ne nous touche pas elle aussi. Tant de
gens ont montré du doigt l’imposteur, sans voir qu’ils tombaient eux aussi dans
le même péché. Ils se croient quelqu’un. Ils se croient même plus fort que
celui qu’ils ont repris. Jésus nous a
montré l’exemple de Simon Pierre qui affirme solennellement sa piété et sa
fidélité en étant prêt à donner sa vie pour Jésus, mais qui par trois fois le
reniera ensuite.
1 Jean 4 :20 : » Si quelqu'un dit: J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère,
c'est un menteur; ».
Dans l’Eglise primitive la haine des frères
était déjà présente. Mais là aussi sous prétexte de dénoncer le péché, de dire
la vérité sur son frère, on se montre soi-même menteur parce qu’au fond de soi
on exclue son frère de la communion. Parmi les premiers frères en Christ certains
comme aujourd’hui essayaient de cacher leur vrai visage. Ils haïssaient sous un
visage hypocrite d’amour et de bienveillance. C’était sans doute les premiers à
reprendre les autres et à dire que si on aime Dieu on ne peut haïr son frère. Hors,
sournoisement ils manifestaient un rejet pour certaines personnes.
3Jean1 :11 «Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu; celui qui fait le mal n'a point vu Dieu. ».
Là encore la vérité se trouve
dans l’action. Agir c’est se placer sous la lumière. Voir
Dieu consiste à faire le bien, pas seulement avec des mots.
L’hypocrite, et son jeu de masque, c’est un personnage que
j’avais montré dans un message avec la pièce de Molière sur « Tartuffe ».
Le théâtre est bien plus qu’un simple divertissement. Il permet de saisir la
puissance du jeu d’acteur. Celle-ci transforme la réalité comme par magie
puisqu’à un moment donné on ne voit plus l’acteur, mais un personnage réel. La
vie est faite de pièces de théâtres où évoluent sans cesse des personnes qui jouent
un rôle qui n’est pas le leur. Un rôle qui séduit leur entourage. La vie
chrétienne n’a bien-sûr pas échappé à la règle. Pour échapper au mensonge nous
devons être « un » avec nous-mêmes avant d’être « un » avec
notre Père céleste.
Un menteur, même s’il proclame la vérité ne sera qu’un
instrument dans les mains de Dieu. Jamais dans cette condition, il ne
parviendra à entrer dans l’intimité du Seigneur, qui lui dira : « je
ne t’ai jamais connu ».
Je ne cesse de le dire mais l’intégrité est un gage qui
nous ouvre le chemin du royaume de Dieu. J’ai fais référence à environ quinze
versets sur la vérité dite et vécue ; et le Nouveau Testament grouille de
cette sorte de versets.
L’Eglise primitive était-elle sourde à ce point là, qu’il
faille répéter sans cesse les mêmes avertissements ?
Jésus avec la parabole sur la maison bâtie sur le sable
insiste encore et encore: « quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera
semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. 27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et
ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande.».
C’est
le même avertissement que pour l’Eglise de Sardes dans le livre de
l’Apocalypse : « : Je connais tes œuvres. Je sais que tu
passes pour être vivant, et tu es mort. » Ce constat rejoint celui de Jésus : tu es
semblable à un insensé qui a bâti sa maison sur le sable. Tu ne résisteras pas
aux épreuves, ta ruine sera grande. Apparemment à Sardes, nombreux sont ceux
qui proclament qu’ils ont la vie en Christ mais le constat est à
l’opposé : ils sont morts spirituellement. Là encore l’Evangile de Matthieu est sans appel
avec le témoignage de Jésus : « Malheur à vous, scribes et
pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui
paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts »
L’Eglise de Philadelphie cache aussi en elles des menteurs : « Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; »
L’Eglise de Laodicée renferme des menteurs devenus aveugles : « je te
conseille d'acheter de moi, ….un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu
voies. » Dans cette assemblée ceux qui sont aveuglés
spirituellement forment la majorité. L’avertissement commence par ce constat :
« parce que tu es tiède, je te conseille… ».
Je pose la question suivante : l’Eglise d’aujourd’hui
est-elle supérieure à celle des débuts ?
A-t-elle progressé au point d’affirmer que partout les
croyants sont bouillants, les uns pour les autres. Qu’ils ont mis en pratique
les paroles de Jésus. Qu’ils n’y a aucune différence entre ce qu’ils disent et
ce qu’ils font ? Qu’ils ont chassé l’esprit d’hypocrisie et que maintenant
ils sont tous vrais et intègres.
Suis-je complètement à coté de la plaque avec cette exhortation
que j’ai déjà faite maintes fois ? Dites-le moi dans les commentaires.
Parce que je sens l’Esprit Saint au contraire me pousser dans l’autre sens, comme s’il y avait urgence à annoncer que beaucoup dans l’Eglise se sentent vivants et sont en réalité morts spirituellement.
Mais revenons aux sources : d’où provient cet esprit
de mensonge ? Adam en est-il le fautif ? Le péché certes est entré
par un seul homme Adam,(Romains 5:12) mais le mensonge n’était-il pas déjà là,
bien avant lui ?
Oui puisque le père du mensonge c’est Satan, le serpent ancien. Le serpent est donc cet esprit maléfique qui a séduit Adam. » Vous ne mourrez point; » dit-il à Adam et Eve. Mais cette parole mensongère devait non seulement être crue mais aussi manifestée par un acte. » La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, » Le mensonge se consomme comme un fruit, un fruit agréable et qui plus est, il se partage à plusieurs et il possède la qualité de rendre intelligent. Le mensonge permet de séduire et d’attirer à soi une multitude de personnes. Il permet l’idolâtrie parce que l’acteur s’est confondu avec le personnage qu’il joue. Il devient le véritable héros, la star. Celui qu’on ovationne, qu’on applaudit. Donc le mensonge est associé directement à l’idolâtrie qui est son fruit véritable si on peut parler ainsi.
Dans les
faits, Adam devait garder le jardin.
Mais garder de quoi ? Garder du
mensonge. C’est le
mensonge qui y est entré et c’est lui qui a été consommé. Et sa consommation entraine la mort. Le
diable est meurtrier dès le commencement. Donc le mensonge n’est pas une petite
erreur. C’est le diable qui est « menteur et qui est le père du
mensonge. Parce qu’il n’y a pas de vérité en lui »,
c’est
ce que nous
informe Jésus-Christ, par l’Evangile de Jean. Cet esprit était là avant même
que l’homme fait à l’image de Dieu naisse sur terre. Et aujourd’hui c’est
toujours l’ennemi numéro 1 des croyants. C’est bien lui qui ne cesse de tenter
l’être humain.
Voilà pourquoi je crois que nous sommes dans une ère de mort spirituelle. Je vois tellement de chrétiens qui disent et qui ne font pas ce qu’ils disent. Gardons nous du mal, prions et agissons les uns envers les autres avec ce souci constant d’être vrai, authentique de la tête aux pieds, des paroles aux actes. Comme l’écrit l’auteur de la lettre aux Hébreux :
« Approchons-nous avec un cœur sincère ( anupokritos, sans hypocrisie), dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure. »
Christ est la vérité. Si nous sommes comme Christ, nous sommes ses frères, donc
nous sommes aussi vérité. Le mensonge reste attaché à celles et ceux qui refusent
cette fraternité et optent pour l’idolâtrie.
Amen

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