dimanche 21 juin 2026

LE MENSONGE DERRIERE LA VERITE

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Par Eric Ruiz

Encore un sujet tabou. Encore un sujet que bien peu abordent par peur que la vérité soit dévoilée. Les menteurs à l’esprit religieux ont intérêt à ce que beaucoup de sujets soient tabous et le reste ainsi.


Dés que la lumière pointe sur eux, ils se cachent, car ils ont peur qu’elle montre leurs ténèbres. Ils vont même pour ne pas attirer les soupçons parler du sujet tabou. Ils vont le traiter d’une telle manière que l’opprobre atteindra une autre personne qu’eux-mêmes. C’est une manière habile qu’ils ont trouvé pour se protéger. Ils mentent afin de détourner l’attention.

Un sujet tabou trop souvent mal traité: La parole de vérité.

 

Ce n’est pas ce que dit la parole seule qui est vérité. C’est le fait de vivre la parole qui est vérité. Il est tellement facile d’affirmer que celui qui dit la vérité est saint. Qu’il est digne de louange. Qu’il est rempli de courage et de zèle parce qu’il annonce l’Evangile en toutes circonstances, favorables ou non. On croit que celui qui prêche, qui est sous la lumière est forcément purifié, parce qu’il est oint. Comme si la mission divine qu’il a reçue fait de lui un protégé du Seigneur, un Elu.

Mais Dieu ne connait pas tous ceux qui chassent les démons, qui font des miracles en son nom, ni tous ceux qui prophétisent en son nom.

***Or, si un chrétien ne vit pas ce qu’il dit, c’est un menteur. Il ment parce qu’il trompe les autres sur ce qu’il dit et qu’il ne fait pas lui-même.

De nos jours, des foules se réunissent derrière des orateurs (ou des oratrices ne les oublions pas) qui annoncent la parole de vérité. Ils suivent le plus souvent des menteurs. Celui qui ne vit pas ce qu’il dit est incohérent, hypocrite, plus même il a renié sa foi.

Voici 6 versets pour appuyer mes propos :

1 Jean 1 : 6 « « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons. » 

1 Jean 2 :24 : » « Celui qui dit : Je l’ai connu, et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur. » 

Tite 1 :16 : « Ils font profession de connaître Dieu, mais ils le renient par leurs œuvres. ».  Jacques 2 :17 : «  La foi, si elle n’a pas les œuvres, est morte en elle-même. »

Matthieu 23 :3 : « « n’agissez pas comme eux, car Ils disent et ne font pas. ».

Matthieu 15 :7-8 « Hypocrites, Esaïe a bien prophétisé sur vous, quand il a dit:Ce peuple m'honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi.

Tellement de chrétiens voient clairs devant un homme politique corrompu. Ils affirment qu’il est menteur parce qu’il annonce un programme qu’il ne fait pas ; parce qu’il dit qu’il va s’occuper des plus démunis et qu’il s’occupe des plus riches, et les voilà qui disent ensuite «  Amen » derrière les paroles d’un homme de foi qui est corrompu de la même manière. L’aveuglement spirituel est un mystère. L’idolâtrie  demeure la seule réponse à ce mystère. ***L’idole ne rend pas celui qui croit lucide et cohérent. L’idole fait du croyant un fou, un insensé. Il se refuse à voir l’évidence dans son assemblée, alors qu’il est lucide sur la corruption qui s’y fait à l’extérieur.

Sans me voir meilleur que les autres, cette contradiction,  je l’ai eu moi aussi. Combien de fois ai-je dis « Amen » à un menteur. Combien d’années ai-je approuvé le mensonge chez celui qui m’enseignait ?  Je ne voulais pas voir le mal qui était dans l’homme qui me dirigeait. Pourquoi ?

Je crois, parce que cela remettait en cause trop de choses dans lesquelles j’avais placé ma confiance. En voyant le mensonge chez mon prochain je découvrais en même temps mon propre reniement. Mais quand Christ est revenu dans ma vie, il m’a ouvert les yeux et la première chose que j’ai changé, ce n’est pas de chasser le menteur ou de condamner l’imposteur. C’est de chasser le mal qui était en moi. Puis j’ai été reprendre avec douceur et fermeté celui qui me dirigeait.

***Alors, révéler la vérité c’est bien évidemment  révéler l’imposture, le mensonge, et en premier c’est soi-même qui doit  être visé.

 

Le premier combat des communautés apostoliques a été de veiller sur la vérité. Et de quelle manière l’ont-ils fait ? Ils ont comme Jésus l’a fait avant eux, en dénonçant l’hypocrisie au sein de leurs assemblées.

1 Jean 3:18 « N’aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. ».

Romains 12:9 : « Que la charité soit sans hypocrisie. » Le mot grec pour "sans hypocrisie" (anupokritos : [an-oo-pok'-ree-tos]) signifie littéralement "non déguisé, sans jeu d'acteur", l’amour vrai, agapé était déjà attaqué par un comportement de personnes fourbes et masquées.

1 Corinthiens 13 :1 : « si je n'ai pas la charité, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit ». Un amour fraternel mêlé d’hypocrisie est comparable à un morceau de métal frappé qui produit un son très fort, éclatant et spectaculaire par sa résonnance. Mais il ne transmet aucun sentiment, aucune vie, aucune affection. On peut impressionner les autres par ses paroles, ses connaissances ses dons, ou même sa foi, mais la vérité c’est que sans amour cela reste un bruit vide. Beaucoup de bruit pour pas grand chose sans communion véritable avec Dieu.

Galates 6 :1-5 « Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté…. Si quelqu'un pense être quelque chose, quoiqu'il ne soit rien, il s'abuse lui-même. 4Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; 5car chacun portera son propre fardeau.»   

Un seul verset sur l’autre, sur le frère qui pèche et 4 versets sur soi-même. Là aussi il est tellement facile de mettre la lumière sur la faute de l’autre. Mais dans le contexte, Paul continue à exhorter davantage celui qui a vu la faute, celui qui surprend son frère à pécher. Paul continue son exhortation en soulignant l’importance de prendre garde à soi-même, de veiller sur la tentation pour qu’elle ne nous touche pas elle aussi. Tant de gens ont montré du doigt l’imposteur, sans voir qu’ils tombaient eux aussi dans le même péché. Ils se croient quelqu’un. Ils se croient même plus fort que celui qu’ils ont repris.  Jésus nous a montré l’exemple de Simon Pierre qui affirme solennellement sa piété et sa fidélité en étant prêt à donner sa vie pour Jésus, mais qui par trois fois le reniera ensuite.

1 Jean 4 :20 : » Si quelqu'un dit: J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; ».

Dans l’Eglise primitive la haine des frères était déjà présente. Mais là aussi sous prétexte de dénoncer le péché, de dire la vérité sur son frère, on se montre soi-même menteur parce qu’au fond de soi on exclue son frère de la communion. Parmi les premiers frères en Christ certains comme aujourd’hui essayaient de cacher leur vrai visage. Ils haïssaient sous un visage hypocrite d’amour et de bienveillance. C’était sans doute les premiers à reprendre les autres et à dire que si on aime Dieu on ne peut haïr son frère. Hors, sournoisement ils manifestaient un rejet pour certaines personnes.

3Jean1 :11 «Bien-aimé, n'imite pas le mal, mais le bien. Celui qui fait le bien est de Dieu; celui qui fait le mal n'a point vu Dieu. ». 

Là encore la vérité se trouve dans l’action. Agir c’est se placer sous la lumière. Voir Dieu consiste à faire le bien, pas seulement avec des mots.

L’hypocrite, et son jeu de masque, c’est un personnage que j’avais montré dans un message avec la pièce de Molière sur « Tartuffe ». Le théâtre est bien plus qu’un simple divertissement. Il permet de saisir la puissance du jeu d’acteur. Celle-ci transforme la réalité comme par magie puisqu’à un moment donné on ne voit plus l’acteur, mais un personnage réel. La vie est faite de pièces de théâtres où évoluent sans cesse des personnes qui jouent un rôle qui n’est pas le leur. Un rôle qui séduit leur entourage. La vie chrétienne n’a bien-sûr pas échappé à la règle. Pour échapper au mensonge nous devons être « un » avec nous-mêmes avant d’être « un » avec notre Père céleste.

Un menteur, même s’il proclame la vérité ne sera qu’un instrument dans les mains de Dieu. Jamais dans cette condition, il ne parviendra à entrer dans l’intimité du Seigneur, qui lui dira : « je ne t’ai jamais connu ».

Je ne cesse de le dire mais l’intégrité est un gage qui nous ouvre le chemin du royaume de Dieu. J’ai fais référence à environ quinze versets sur la vérité dite et vécue ; et le Nouveau Testament grouille de cette sorte de versets.

L’Eglise primitive était-elle sourde à ce point là, qu’il faille répéter sans cesse les mêmes avertissements ?

Jésus avec la parabole sur la maison bâtie sur le sable insiste encore et encore: « quiconque entend ces paroles que je dis, et ne les met pas en pratique, sera semblable à un homme insensé qui a bâti sa maison sur le sable. 27 La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et ont battu cette maison: elle est tombée, et sa ruine a été grande.».

C’est le même avertissement que pour l’Eglise de Sardes dans le livre de l’Apocalypse : « : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. »  Ce constat rejoint celui de Jésus : tu es semblable à un insensé qui a bâti sa maison sur le sable. Tu ne résisteras pas aux épreuves, ta ruine sera grande. Apparemment à Sardes, nombreux sont ceux qui proclament qu’ils ont la vie en Christ mais le constat est à l’opposé : ils sont morts spirituellement.  Là encore l’Evangile de Matthieu est sans appel avec le témoignage de Jésus : « Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts »

L’Eglise de Philadelphie cache aussi en elles des menteurs : « Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; » 

L’Eglise de Laodicée renferme des menteurs devenus aveugles : « je te conseille d'acheter de moi, ….un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. » Dans cette assemblée ceux qui sont aveuglés spirituellement forment la majorité. L’avertissement commence par ce constat : « parce que tu es tiède, je te conseille… ».

Je pose la question suivante : l’Eglise d’aujourd’hui est-elle supérieure à celle des débuts ?

A-t-elle progressé au point d’affirmer que partout les croyants sont bouillants, les uns pour les autres. Qu’ils ont mis en pratique les paroles de Jésus. Qu’ils n’y a aucune différence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font ? Qu’ils ont chassé l’esprit d’hypocrisie et que maintenant ils sont tous vrais et intègres.

Suis-je complètement à coté de la plaque avec cette exhortation que j’ai déjà faite maintes fois ? Dites-le moi dans les commentaires.

Parce que je sens l’Esprit Saint au contraire me pousser dans l’autre sens, comme s’il y avait urgence à annoncer que beaucoup dans l’Eglise se sentent vivants et sont en réalité morts spirituellement.

Mais revenons aux sources : d’où provient cet esprit de mensonge ? Adam en est-il le fautif ? Le péché certes est entré par un seul homme Adam,(Romains 5:12) mais le mensonge n’était-il pas déjà là, bien avant lui ?

Oui puisque le père du mensonge c’est Satan, le serpent ancien. Le serpent est donc cet esprit maléfique qui a séduit Adam. » Vous ne mourrez point; » dit-il à Adam et Eve. Mais cette parole mensongère devait non seulement être crue mais aussi manifestée par un acte. » La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence; elle prit de son fruit, et en mangea; elle en donna aussi à son mari, » Le mensonge se consomme comme un fruit, un fruit agréable et qui plus est, il se partage à plusieurs et il possède la qualité de rendre intelligent. Le mensonge permet de séduire et d’attirer à soi une multitude de personnes. Il permet l’idolâtrie parce que l’acteur s’est confondu avec le personnage qu’il joue. Il devient le véritable héros, la star. Celui qu’on ovationne, qu’on applaudit. Donc le mensonge est associé directement à l’idolâtrie qui est son fruit véritable si on peut parler ainsi. 

Dans les faits, Adam devait garder le jardin. Mais garder de quoi ? Garder du mensonge. C’est le mensonge qui y est entré et c’est lui qui a été consommé. Et sa consommation entraine la mort. Le diable est meurtrier dès le commencement. Donc le mensonge n’est pas une petite erreur. C’est le diable qui est « menteur et qui est le père du mensonge. Parce qu’il n’y a pas de vérité en lui », c’est ce que nous informe Jésus-Christ, par l’Evangile de Jean. Cet esprit était là avant même que l’homme fait à l’image de Dieu naisse sur terre. Et aujourd’hui c’est toujours l’ennemi numéro 1 des croyants. C’est bien lui qui ne cesse de tenter l’être humain.

Voilà pourquoi je crois que nous sommes dans une ère de mort spirituelle. Je vois tellement de chrétiens qui disent et qui ne font pas ce qu’ils disent. Gardons nous du mal, prions et agissons les uns envers les autres avec ce souci constant d’être vrai, authentique de la tête aux pieds, des paroles aux actes. Comme l’écrit l’auteur de la lettre aux Hébreux :

 « Approchons-nous avec un cœur sincère ( anupokritos, sans hypocrisie), dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d'une mauvaise conscience, et le corps lavé d'une eau pure. » 

Christ est la vérité. Si nous sommes comme Christ, nous sommes ses frères, donc nous sommes aussi vérité. Le mensonge reste attaché à celles et ceux qui refusent cette fraternité et optent pour l’idolâtrie.

Amen

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