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Par Eric Ruiz
Il y a des choses qu’on ne parle pas, qu’on n’ose aborder parce qu’elles touchent au sacré. Et le sacré fait peur. Parce qu’on se trouve sur la frontière entre la bénédiction et la malédiction. Si bien que le sacré engendre des tabous.
Ecoutez celui-ci :
Je pense que beaucoup de chrétiens sont « utilisés » par Dieu parce que Dieu ne les connait pas.
J’ai beaucoup entendu cette affirmation provenant
de frères chrétiens. Cela me choquait même quand ils témoignaient ainsi :
« Dieu m’a utilisé ».
« Il m’a utilisé pour faire le bien,
il m’a utilisé pour prêcher la bonne parole, il m’a utilisé dans mon travail
etc ».
Mais la loi du miroir fait que ce que nous voyons de l’extérieur est notre propre
reflet, alors ceux qui témoignent de l’utilisation divine le font aussi pour
les autres. Ils se servent des autres pour leur projet. Ceux qui manipulent seront
eux-mêmes manipulés. La politique ou la
religion ont le même but : « c’est l’art de se servir des gens ».
Or ceux qui utilisent les autres ne font
pas parti des bien aimés du Seigneur.
« 21Ceux qui me disent: Seigneur, Seigneur! N’entreront pas
tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon
Père qui est dans les cieux. 22Plusieurs me diront en ce jour-là: Seigneur, Seigneur,
n'avons-nous pas prophétisé par ton nom? N’avons-nous pas chassé des démons par
ton nom? Et n'avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? 23Alors je leur dirai ouvertement:
Je ne vous ai jamais connus,
retirez-vous de moi, vous qui commettez l'iniquité ». (Matthieu
7 :21-23)
1- Dieu « n’utilise » jamais
celui qui fait sa volonté
Alors, j’affirme que Dieu « n’utilise » jamais celui qui fait sa
volonté. Par contre et c’est là que provient la confusion, Dieu « utilise » celui qui commet
l’iniquité (Quelque soit sa croyance) afin d’exécuter ses desseins.
Psaume 9 :16 : « L'Eternel se montre, il fait justice, Il
enlace le méchant dans l'œuvre de ses mains ».
Un des exemples les plus frappants de la Bible se trouve au moment de
l’Exode des Hébreux.
Lors de la
sortie d'Égypte (l'Exode), après dix plaies terribles, les Égyptiens étaient
historiquement les oppresseurs et les ennemis des Hébreux. Pourtant, au moment
du départ, Dieu changea radicalement leur cœur en inspirant aux Égyptiens une
immense générosité envers leurs anciens esclaves.
Exode
12:36
« L'Éternel fit trouver grâce au peuple aux yeux des
Égyptiens, qui répondirent à leur demande. Et ils dépouillèrent les
Égyptiens. »
(Ils leur donnèrent de l'or, de l'argent et des vêtements, ce qui a permis plus
tard de construire le Tabernacle au désert).
La Bible montre que Dieu ne dépend pas
de la piété d'un être humain pour faire le bien ; Il sait incliner le cœur des
plus rebelles, le plus souvent même à leur insu, pour que Sa volonté et Sa
bonté s'accomplissent.
Dans l’exemple
que j’ai pris, le dessein de Dieu est de libérer son peuple de l’oppression et de lui donner ce dont il a
besoin pour réaliser les projets divins. Dieu a utilisé (et disons-le manipulé)
le peuple oppresseur en l’inspirant malgré lui à faire le bien.
Et que
dire du prophète Balaam qui commet
l’iniquité, qui est attiré par l'argent et qui veut prononcer des
malédictions ? Mais à chaque fois qu'il ouvre la bouche, l'Esprit de Dieu
prend le contrôle de ses paroles pour lui faire prononcer des bénédictions sur les Israélites. N’est-il pas utilisé par
Dieu ? Lisons Nombres 23 :11-12 « Balak dit à Balaam: Que m'as-tu
fait? Je t'ai pris pour maudire mon ennemi, et voici, tu le bénis! Il répondit, et dit: N'aurai-je pas soin de dire ce que
l'Eternel met dans ma bouche? ». Balaam prophétise au nom de l’Eternel quoique son cœur commette
l’iniquité.
Encore un autre exemple : Cyrus le Grand : L'empereur païen
qualifié de « Messie » par Esaïe. Dans le texte original en hébreu, le mot
utilisé est Mashiach (מָשִׁיחַ), qui a donné « Messie » en
français. Dans nos Bibles modernes, il est le plus souvent traduit par le mot «oint
» (celui qui a reçu l'onction d'huile, signe d'une mission divine).
Ésaïe
45:1
« Ainsi parle l'Éternel à son oint, [Messie], à Cyrus, qu'il tient par la main pour terrasser les nations devant lui ». C'est sans doute l'exemple le plus spectaculaire. Cyrus était le roi de Perse, un adorateur des dieux babyloniens et perses (comme Marduk). Pourtant, Dieu l'a inspiré et utilisé pour libérer le peuple juif en exil et sonner de la trompette pour que le peuple de l’Eternel rebâtisse le Temple de Jérusalem. C’est quand même un cas unique et je tiens à le souligner : Cyrus est un roi païen qui n’est pas descendant d’Israël ou de Juda.
Le livre
d'Esdras confirme que c'est Dieu lui-même qui a agi directement sur l'esprit de
ce roi païen :
Esdras
1:1
« L'Éternel réveilla
l'esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette
publication dans tout son royaume...».
2- Dieu « utilise » ceux qu’il
ne connait pas
Avec ces
exemples, nous voyons que Dieu peut oindre pour un temps un ennemi pour qu’il
fasse sa volonté, puis le laisser. Il
est oint pour un temps imparti pourquoi ? Parce que cet ennemi ne se
converti pas et qu’il persévère dans ses mauvaises voies. L’onction réveille, inspire, provoque un changement d’état d’âme, une
très forte détermination. Mais parfois en vue d’une seule mission divine.
La mission terminée, chacun répond de l’état de son cœur. Si l’iniquité y est bannie,
alors la mission de Dieu peut changer et l’onction continue d’exister autrement.
C’est pourquoi, Dieu ne se repend pas de ses dons. Si des croyants aspirent et
prient pour diriger un peuple. Dieu les oints pour cela. Ils deviennent évêque,
pasteur, apôtre, prophète. Leur mission terminée, s’il se trouve de l’iniquité
en eux, Dieu se retire, l’onction les quitte ; sauf s’ils se sont repentis
et convertis. Oui on peut agir pour le Dieu de la Bible sans le connaître et ce
fut le cas de Cyrus. « Ésaïe 45:4-5
« Je t'ai appelé par ton nom, je t'ai donné un titre
d'honneur, alors que tu ne me connaissais pas. [...] Je t'ai armé, avant que tu
me connusses... ». Pour résumer l’ennemi reçoit une onction différente de l'onction de celui qui fait sa volonté.
3- Dieu utilise les uns, il guide les
autres
Alors,
pour celles et ceux qui font la volonté de Dieu, si Dieu ne les utilisent pas,
comment agissent-ils alors?
Par leur libre-arbitre ? En fin de compte, l’inspiration que Dieu
leur donne n’est-elle pas elle aussi un moyen détourné d’être un simple outil
dans les mains de Dieu ?
Quand on utilise un objet. Quand on se sert de lui. On ne lui demande
pas son avis, on le prend pour exécuter la tâche que l’on souhaite. On tire un
avantage de cet outil par ses qualités. Mais alors, Dieu n’a-t-il pas utilisé l’apôtre
Paul à sa guise dans ses voyages ?
Parce que : « Le Seigneur dit à Paul en vision pendant la nuit: Ne crains
point; mais parle, et ne te tais point, 10Car je suis avec toi, et personne ne mettra la main sur toi pour
te faire du mal: parle, car j'ai un peuple nombreux dans cette ville. 11Il y demeura un an et six mois, enseignant parmi les Corinthiens
la parole de Dieu » (Actes 18-9-11).
Dieu ne
l’a pas utilisé pourquoi ? Parce
que Paul n’est pas un simple exécutant. Il est
guidé. Sa vision en témoigne. Il n’a jamais été contraint d’aller vers les
Corinthiens. Dans ce contexte, Dieu ne lui a pas donné d’ordre, ni de mots
précis à dire. Il ne lui a pas dit d’y rester un an et demi. Dieu se sert juste
d’une vision, oui certes, mais afin de fortifier Paul. Dieu guide Paul parce
qu’il marche avec lui. Guider quelqu’un demande une proximité avec lui, une
communion, des qualités propres à l’amitié. Si bien que Paul a eu le désir,
l’envie de se rendre à Corinthe. Et son enseignement provient de l’inspiration.
D’où provenait cet aspiration ?
Il y a une phrase que Jésus de Nazareth a employée et qui révèle la
vérité :
« Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur
ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître TOUT ce
que j'ai appris de mon Père. »
(Jean 15 :15)
L’ami possède « toute » la connaissance venant du Père. Cela
signifie qu’il connait véritablement les projets de Dieu.
« enseignez-leur à observer tout ce
que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la
fin du monde ». Cette partie du verset de Mathieu 28, met en évidence deux
choses.
-La première chose : c’est d’enseigner « tout ce que Jésus le Messie a
prescrit». Ce « tout »
s’arrête où exactement ? (Sachant que beaucoup de choses demeurent
cachées, ou qu’elles sont sujettes à interprétations comme avec les paraboles,
ou encore que ce sont des choses que le Nouveau testament n’a pas révélées).
-La deuxième chose : c’est la réponse à ce « tout ». Jésus
est avec nous jusqu’à la fin du monde pour nous révéler ce « tout ».
Son Saint-Esprit est la source inépuisable de connaissances.
Et puis, le Saint-Esprit n’agit pas dans une relation de « maitre à serviteur »
mais dans une relation « d’ami à ami » : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous
commande ». (Jean 15 :14) ; Et la
relation va même au-delà de l’amitié puisque grâce à Jésus-Christ nous devenons
fils, et cohéritier avec lui.
Par Jésus-Christ, la droite du Trône est promise à l’agneau, à
celles et ceux qui ont le caractère de Dieu en Jésus-Christ. Alors l’onction du
Saint- Esprit promise à ceux qui croient par Jésus n’est pas la même onction
que celle qui s’offre à un homme pour qu’il serve Dieu et qui est utilisé et
missionné pour un but bien précis.
4- Utilisés et
guidés dans une même assemblée ?
Sachant comment Dieu s’y prend, il est évident que dans toute assemblée chrétienne, il y a
des frères qui sont utilisés par Dieu et d’autres qui sont guidés parce que nés
d’en haut et qui sont sous l’inspiration du Saint-Esprit.
Dieu agit comme la religion le fait : « c’est l’art de se servir des hommes en leur faisant croire qu’on les
sert ».
Or, le but n’est pas de chercher qui est qui. Mais, il est bon de savoir
que même le
pasteur mal intentionné, rempli d’iniquité fait la volonté de Dieu parce que
Dieu l’utilise. D’ailleurs il est conscient d’avoir reçu une onction
spéciale pour une mission. Nous comprenons alors pourquoi nous ne devons pas
juger. Car nous devons laisser Dieu agir dans l’assemblée. Et c’est lui et lui
seul qui jugera sa maison. Jésus connaissait dès le début Judas Iscariote celui
qui allait le livrer. Il était utilisé par Dieu le Père. Jésus le savait et il
ne s’y est jamais opposé.
Alors, quand on pointe un « grand réveil spirituel ». Il est
toujours sage d’y mettre des guillemets.
Parmi ceux qui réveillent et se réveillent, il y a ceux qui sont utilisés
par Dieu malgré leur iniquité. Ils ne sont que des instruments de justice. Et
ils sont nombreux les Cyrus, les Balaam, les Egyptiens compatissants prêts à se
dépouiller de tout ; les Assyriens qui se ventent d’avoir conquis le monde
par leur propre force. Alors que Dieu
leur rappelle qu'ils n'ont été qu'un outil jetable dans Sa main pour punir
d'autres nations (Esaïe 10 :15). Ceux qui sont de simples outils dans la main de Dieu
représentent la porte large et spacieuse qui mène à la perdition. La porte
étroite qui mène au Royaume : c’est celle des vrais convertis, de ceux qui
marchent par l’esprit et non par la chair.
Toutefois, nous avons des indices
sur celui qui témoigne toujours d’être un simple instrument dans les mains de
Dieu. Cette personne est très légaliste et moralisatrice. Elle ne cesse de se
protéger avec la loi. Elle oriente toujours l’autre vers l’obéissance. « Tu dois obéir pour être malléable entre ses
mains ». Ce type d’exhortation renvoie constamment au rôle de
serviteur. Concevoir Dieu comme un maitre et sa foi comme étant au service du
maître, cela montre une soumission forcée et un statut imposé par le maître.
Jésus-Christ est venu révéler le serviteur mais aussi l’ami, l’épouse. Le
serviteur est sous la loi même s’il parle beaucoup de la grâce. L’ami, l’épouse
parle peu mais agit avec la grâce de Dieu. Le premier ne fait qu’en parler,
tandis que le deuxième l’exprime à travers ses actes.
Alors si Dieu t’utilise, c’est bien, parce tu fais sa volonté, et souvent à
ton insu. Mais le salut est attaché à celui qui aime Dieu. L’aimer c’est beaucoup
mieux. Cela n’a même aucune comparaison possible. Lui ressembler et agir selon ses
aspirations, c’est un partage et une joie inégalée.
Nous devons, par conséquent, juger nos cœurs pour
savoir si nous avons ce sentiment fort d’être un outil dans les mains de Dieu,
ou si nous sommes guidés par notre nouvelle nature qui nous amène naturellement
à pratiquer des œuvres justes. Parce que rien n’est encore déterminé. Un serviteur de
Dieu peut changer est devenir l’agneau de Dieu. Un moabite peut être rajouté au
bois de Juda (C’était devenu une réalité avec Ruth). Alors prions pour avoir les yeux ouverts sur notre
relation à Dieu, même si nous sommes certains de faire sa volonté.
Amen.

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