dimanche 19 février 2023

DIEU ou MAMMON : DIRE LA VERITE OU CONVAINCRE ?

 473

Par Eric Ruiz


Pourquoi, lorsqu’on témoigne en disant Jésus-Christ est la vérité, certains n’en n’ont rien à faire ?

La vérité ne les intéresse pas.

Un grand patron de la grande distribution, dont les profits se chiffrent en dizaine de milliards d’euros a dit (en aparté) dans une interview : «  ce n’est pas la vérité le plus important c’est de convaincre ».

Cette grande idée de convaincre est beaucoup plus réjouissante pour ne pas dire jouissive que de dire la vérité.

Dans le verbe convaincre, il y a vaincre, l’idée de gagner un combat sur l’autre.

Comment ne pas faire référence au premier cavalier de l’Apocalypse qui « part en vainqueur et pour vaincre » (Apocalypse 6 :2).

Ce cavalier a déjà reçu une couronne. On compte sur lui pour répandre ses idées comme le ferait un bon propagandiste.

Il ne part pas pour apprendre, recevoir des autres, mais pour diriger, transmettre, influencer, convaincre ; bref se vendre comme le ferai une prostituée. C’est lui qui sait. Son cheval est blanc, c’est lui la sagesse.

Son combat : c’est de faire adopter ses propres idées. Ce n’est pas qu’elles soient justes, c’est qu’elles soient les meilleures. Quelles soient justes ou fausses, n’est pas le plus important ; ce qui importe pour lui, c’est que ses idées deviennent maintenant les nôtres.

Il se dit en lui-même : « Si je retrouve mes idées chez l’autre, j’aurai comme enfanté, engendré quelque chose de vivant qui se duplique de moi. Je me sentirai plus fort ».

Cette mentalité de guerrier, d’influenceur (c’est le néologisme de notre époque) c’est la mentalité qui règne dans ce monde pour réussir. Toutes les méthodes de pensées positives passent par cet incontournable : Comment convaincre

Plus qu’un manuel de commerce, c’est un manuel de la réussite sociale, politique, religieuse (mais aussi et surtout un manuel du développement personnel que l’on retrouve actuellement dans le New Age).

Cette forme de pensée, c’est elle qui se propage parmi les élites. Et c’est elle qui forge le ciment des élites. Une personne faisant partie d’une élite sait convaincre avant tout, elle sait transmettre ses vérités.

La bonne foi, la compétence, la vérité ne comptent pas vraiment. Ce qui compte c’est ce que l’on dit de c’qu’on fait, comment on le dit ; ce sont les arguments que l’on avance pour toucher l’autre, lui faire naitre une émotion ; l’amener à croire en vous ; parce que croire ce qu’on dit revient à faire croire en soi. Voilà la victoire !

Dans les faits, vous avez si bien parlé que votre auditeur croit en votre bonne foi.

La couronne de gloire du monde se traduit donc dans ce grand étalon qui est de convaincre, de créer la conviction chez l’autre.

« Qui a tu convaincu et je te dirai si tu as la foi » ?

Voilà un verset satanique annoncé par un si grand nombre de croyants aujourd’hui.

Parce que tout artifice est bon pour convaincre :

1- faire croire à l’autre qu’il est notre intérêt premier.

2- Faire croire à l’autre que toutes nos intentions sont généreuses, bonnes et louables.

3-faire croire même à l’autre que nous sommes prêts à perdre, à nous sacrifier pour la vérité. Le leitmotiv c’est : faire croire.

Adopter une telle mentalité, poussera toujours celui qui cherche à avoir raison, à mentir, à se renier même, pour se sauver la face, pour gagner le débat.


Le fils du monde ou le prince de ce monde (satan) est venu pour convaincre et par conséquent faire croire qu’il n’a que de bonnes intentions. Or, « Le fils de l’homme (Christ) est venu dans ce monde pour un jugement » (Jean 9 :39) : pour révéler la vérité en dévoilant le mensonge.

Prêcher l’Évangile ne devrait pas avoir comme but de convaincre, mais d’amener la vérité ; De dévoiler ce qui est ténèbres, de mettre en lumière la stratégie du mensonge (en montrant de quelle façon il se cache et se propage).

D’ailleurs le premier sens de convaincre quelqu’un se trouve dans le sens juridique. Convaincre quelqu’un est : « amener la preuve irréfutable de son crime ou de son délit ». Par exemple : il est convaincu de meurtre par des preuves accablantes.

Et, c’est dans ce sens aussi que l’Esprit saint convainc de péché, de justice et de jugement (Jean 16 :8). L’esprit Saint amène la preuve de notre péché, de notre justice et de notre jugement.

Convaincre, dans le sens d’amener des preuves de sa bonne foi n’est pas dans la nature divine. C’est plutôt dans la nature humaine.

 

Quand Pilate demande à Jésus s’il est le roi des juifs, il s’attend à une réponse convaincante, avec des preuves à l’appui.

Or, il ne reçoit en échange que cette réponse de Jésus : « tu le dis toi-même ».

Dans l’Évangile de Jean, nous avons une précision supplémentaire : « Jésus répondit: Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix ».

Pilate sans alla restant sur sa faim et sur sa dernière question sans réponse : « Qu’est-ce que la vérité ? »

Plutôt que de convaincre, Jésus ne parla pas, il montrait la vérité, comme si elle ne venait mystérieusement qu’à travers une écoute attentive de ce qu’il dit.

Toujours cette opposition entre deux richesses : convaincre et se mettre à la disposition de la vérité.

Et Hérode interrogea lui aussi longuement Jésus en s’attendant à voir enfin des preuves par des miracles. Mais Jésus ne lui répondit rien.

Christ voile la vérité, parce que l’impur ne peut la connaître. Il doit changer d’état. Et c’est au « grand jour de l’Éternel » qu’elle se révèle à tous comme une évidence.


Si on prend le ministère de Jésus de Nazareth, sur le plan de la conviction, il n’a pas été un maître. Seulement douze disciples l’ont suivi… et encore l’un d’entre eux l’a trahit. Les autres, l’ont tous bien avant, abandonné.

Le fils de Dieu n’a jamais cherché à prouver, à démontrer son identité.

Lorsqu’on lui demanda de faire des miracles, il refusa et répondit qu’ils n’auront de miracles que celui de Jonas.

Et, sur la croix, les passants l’insultaient et lui disaient : « Hé! toi qui détruis le temple, et qui le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, en descendant de la croix!  Les principaux sacrificateurs aussi, avec les scribes, se moquaient entre eux, et disaient: Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même! Que le Christ, le roi d'Israël, descende maintenant de la croix, afin que nous voyions et que nous croyions! Ceux qui étaient crucifiés avec lui l'insultaient aussi » (Marc 15 :30-32).

Ses trois années passées à annoncer le royaume de Dieu semblaient un échec. Jésus aurait échoué dans sa mission de bâtir son Église parce qu’il n’a pas convaincu la majorité, et surtout qu’il n’a pas convaincu ceux qui détenaient le pouvoir religieux.

Par contre les chefs religieux, eux, eurent une grande influence sur la foule lorsqu’elle décida d’élire le brigand Barabbas à la place de Jésus pour être libéré, par Ponce Pilate.

Une preuve encore que le mal agit à ses dépens. La conviction de toute une foule a servi Christ dans sa mission de mourir sur la croix et de ressusciter.

Et, face à toute cette propagande religieuse, Jésus-Christ n’a pas manqué sa cible pour autant. Il n’avait pas à prouver quoique ce soit. C’était bien aux autres de prouver leur intégrité, de démontrer leur foi ;

De démontrer par leurs paroles et leurs actes en qui ils croyaient réellement.

Jésus-Christ voulait surtout montrer que la foi n’a rien à voir avec une conviction intellectuelle mais qu’elle s’adresse au cœur. Et que, seul, le Père attire à lui qui il veut pour le faire naitre de son esprit.

La foi semble injuste, parce que ceux qui en sont touchés n’ont pas forcément parcouru un long chemin pour l’acquérir et qu’elle réclame un esprit simple et non supérieur. La foi trouble parce que ceux qui portent l’habit saint ne sont pas ceux forcément qui nous veulent du bien.

Convaincre se voit, s’écoute, se prouve. Tout à l’opposé de la foi qui est invisible, indicible, improuvable.

La foi agit dans l’ombre. Elle agit comme la lumière, elle surprend. Elle parait là où les ténèbres régnaient depuis toujours.

Bizarre… bizarre quand même cet esprit humain, il a besoin d’être convaincu et de convaincre alors que le cœur ne réclame, lui, que la vérité.

L’être humain, au bout du compte se fatigue, s’épuise en voulant toujours avoir raison sur l’autre. Il met toutes ses forces dans la bataille. Et lorsqu’il a utilisé tous ses atouts, toutes ses ruses et ses stratagèmes, puis qu’il constate son influence périr, il lâche prise, pire il se fait emporter par la colère, il renie, insulte et maudit parfois au point de passer même au crime.

Regardez les trois hommes qui répondaient à Job pour le convaincre de son péché. Ils cessèrent de lui parler. Le texte nous dit : « parce que Job se regardait comme juste. » Job 32 :1

Convaincre : c’est se placer en connaisseur, en donneur de leçons, mais quand le combat est perdu à un moment donné, on abandonne son auditeur.

Abandonner : c’est condamner. C’est comme dire à l’autre « tu es trop buté et inculte pour que tu comprennes ce que je te dis. Tu n’as pas assez de sagesse pour comprendre la mienne ».

Face à l’abandon de Job par ses trois amis qui étaient venus le convaincre, Elihu prit la parole.

Job 32 :12 : « Je vous ai suivis attentivement, pas un de vous n’a convaincu Job» verset 13 : « C’est Dieu qui peut le confondre, ce n’est pas un homme » C’est ce que répondit le tout jeune prophète Elihu.

Mais Elihu, lui aussi ne l’a pas convaincu.

Au chapitre 38, c’est Dieu qui parle lui-même au milieu de la tempête ; c’est lui et lui seul qui finira par le convaincre. Job dira : « Oui j’ai parlé, sans les comprendre, de merveilles qui me dépassent,… c’est pourquoi je me condamne et je me repens… ».

La grandeur de Dieu n’est pas dans celle des hommes. Dieu détruit les desseins des hommes qui cherchent toujours à avoir raison et il béni ceux qui célèbrent son nom, celui de sauveur. Car c’est lui qui les sauvent en ouvrant leurs yeux pour qu’ils comprennent.

Aimer convaincre, c’est aimer Mammon (qui a le sens de richesses opposées à Dieu) : Convaincre devient alors un idéal, une idolâtrie comme le dit la Bible. C’est une richesse car elle place la persuasion, cet intérêt intellectuel, au-dessus des savoirs et le pire, elle provoque une malédiction.

Proverbes 11 :28 : » Celui qui se confie dans ses richesses, tombera ».

Nous sommes dans le siècle où la richesse intellectuelle est portée aux nues. Elle se dresse comme une capacité capitale, majeure, indispensable pour réussir.

Tout va dans le sens de développer l’art d’avoir toujours raison.

Le philosophe Schopenhauer  en affirmant que cette vanité est innée et qu’elle montre la médiocrité de l’être humain, a au passage recensé 38 stratagèmes, (des façons différentes d’élaborer des stratégies pour convaincre et battre l’adversaire).

Une autre preuve de cette richesse décadente, c’est cette nouvelle épreuve au baccalauréat coefficient 10.

Ce fameux « grand oral », où l’on demande au jury d’évaluer en premier la capacité de l’élève à convaincre par un discours bien structuré.

Adorer ce pouvoir de l’esprit n’amènera que corruption et mensonge.

Nous devons au contraire : aimer les conseils de Dieu, qui aime la vérité plus que tout. Confions-nous dans ses richesses éternelles et non les nôtres.

Proverbes (du roi Salomon fils de David) 1 :30-33 « Parce qu'ils n'ont point aimé mes conseils,(donc mes richesses) Et qu'ils ont dédaigné toutes mes réprimandes, 31Ils se nourriront du fruit de leur voie, Et ils se rassasieront de leurs propres conseils, (de leurs richesses) 32Car la résistance des stupides les tue, Et la sécurité des insensés les perd; Mais celui qui m'écoute reposera avec assurance, Il vivra tranquille et sans craindre aucun mal. ».

Le stupide, l’insensé c’est celui qui a acquis de l’intelligence pour se convaincre et convaincre les autres qu’il a raison.

Son sort ne sera que dans la perdition. L’intelligeant, lui, c’est celui qui écoute son Père, le laisse agir dans sa vie et dans ses relations. Il n’a pas peur de perdre et sait se taire dans les joutes d’opinion.

 Quand le témoin fidèle et véritable frappe à notre porte (Apocalypse 3 :14), il nous demande de vaincre : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône ».

Les mots clés de ce passage sont « comme moi j’ai vaincu ».

Celui qui vaincra n’est pas celui qui aura convaincu par sa foi.

C’est celui ou celle qui se laissera convaincre par l’esprit de Christ, de péché, de justice et de jugement.

Car le vrai combat du disciple est d’avancer non pas sur un cheval de course vers la victoire, mais d’avancer lentement sur un âne comme l’a fait Jésus entrant dans Jérusalem, en toute humilité, en toute simplicité. S’il se fait accepter ou rejeter dans la ville c’est parce qu’il aura témoigné de la vérité et non de sa vérité. Seul ce disciple connaitra la première résurrection.

Amen.

dimanche 12 février 2023

FAUSSE & VRAIE HOSPITALITE

 472

Par Eric Ruiz

 

Le chrétien aujourd’hui, n’a pas les mêmes réactions que le disciple du temps des apôtres.

Qui me fait être si affirmatif ?

Ce qui me fait dire cela, c’est d’abord que les premiers disciples n’avaient pas tous les écrits d’Esaïe avec eux, et encore moins les autres anciens livres de la Bible ; et aussi, que les Évangiles n’étaient pas encore écrits. Quant aux apôtres, ils ne passaient pas leur temps avec les croyants, en restant là disponible pour répondre à toutes leurs questions.

Comment faisaient-ils alors pour s’édifier ? Comment faisaient-ils pour trouver des réponses lorsque la peur, l’angoisse les saisissait ?

De nos jours la Bible est présente dans tous les foyers chrétiens. La réaction est donc de se tourner vers sa Bible pour méditer.

D’ailleurs, on trouve facilement toute une liste de versets à lire et à méditer pour de multiples cas. Qui n’a pas ses versets clés qu’il relit lorsqu’il est dans la peur et la crainte ? Qui n’a pas ses versets pour être dans la joie ? Ceux pour être béni ? Ceux encore pour être guéri, etc ?

Ne sommes-nous pas étourdis avec toute cette connaissance aussi merveilleuse soit elle ?

Nous devons rétablir ce qui est vrai.

Je devrais en choquer plus d’un au passage, mais lire la Bible, la méditer ne sert à rien dans ces cas-là. Pourquoi ?

Parce qu’on trouvera toujours des versets pour s’apaiser momentanément. Mais cette paix ne sera que provisoire.

C’est comme si on mettait un petit pansement sur une grande plaie, où l’hémorragie nécessiterait plutôt d’ôter les corps étrangers, d’abord, de désinfecter abondamment, ensuite, avant de faire plusieurs points de suture.

Alors que faire ?

Les premiers disciples, eux, mettaient en pratique ce que l’Esprit Saint leur montrait. Il ne leur montrait pas une connaissance nouvelle. Il leur montrait leur péché tout simplement.

Parce qu’il n’y a que le péché qui met une séparation entre nous et Dieu.  Le péché, c’est ce corps étranger qui est entré en nous et qui doit être ôté, sans quoi tout le corps va s’infecter et sombrer dans la maladie.

Cette connaissance à elle seule suffit à s’édifier.

Si nous avons péché, le réflexe tout simple, nous le connaissons, nous nous éloignons de lui après l’avoir confessé, sachant que Jésus-Christ nous purifie en retour.

Mais il y a aussi l’action. Les actes sont notre témoignage et ils sont aussi importants que de voir son péché.

L’amour, nous le savons aussi couvre une multitude de péchés. Les premiers disciples le savaient sans qu’on le leur enseigne forcément ; et ils le pratiquaient.

Mais quand l’amour se refroidissait parmi plusieurs membres, alors les apôtres rappelaient ce que tous avaient exercé avec passion dans leur début. Ils exerçaient ce que l’apôtre Pierre nomme une « ardente charité » (1Pierre 4 :8)

En quoi consistait cette ardente charité ?

A exercer l’hospitalité.

Ils s’accueillaient entre frères.

« (1Pierre 4 :9) Exercez l'hospitalité les uns envers les autres, sans murmures. ».

Pourtant l’hospitalité se fait envers n’importe qui, croyants d’abord puis non croyants ensuite. Et, philoxenos en grec, montre une grande générosité envers ceux que l’on accueil).

 

Mais Pierre rappelle et insiste sur une forme d’hospitalité particulière, ici.

Il ne s’agit pas seulement d’ouvrir sa porte et d’offrir le gite et le couvert à des frères et sœurs ; mais aussi de le faire à ceux qui n’ont pas forcément l’attitude que nous attendons d’eux.

Quand Pierre demande de le faire « sans murmures », sans vous plaindre, dit la version Semeur, sans récriminer (ressentir du mécontentement empreint d’amertume) dit la version Bible liturgique.

Pierre montre bien qu’il y a de la crainte, une sorte de grognement sourd, de mécontentement caché derrière cette hospitalité.

Une hospitalité qu’on dirait presque forcée. On fronce les sourcils, on hausse les yeux, on parle à voix basse, dès que l’on invoque certains frères ou certaines sœurs.

On n’a pas trop envie de les voir se pointer devant le palier de notre porte.

Donc, l’hospitalité reste toujours une loi dans le cœur de beaucoup. On l’exerce parce que c’est écrit dans la loi de Dieu, dans la Bible.

Or, si le croyant se force à la pratiquer pour se faire juste à ses yeux, la grâce qu’il a reçu de Christ est vaine, inutile.

Il se forcera à ouvrir sa porte espérant recevoir une bénédiction spéciale, une prospérité qui lui apportera une maison plus grande, une assemblée plus nombreuse.

J’en ai pour preuve que la prophétie d’Esaïe 54 s’est répandue dans le monde hébraïque comme aussi dans le monde chrétien. Lisons-la :

« Les fils de la délaissée seront plus nombreux…Elargis l'espace de ta tente; Qu'on déploie les couvertures de ta demeure: Ne retiens pas! Allonge tes cordages, Et affermis tes pieux!
3Car tu te répandras à droite et à gauche; Ta postérité envahira des nations, Et peuplera des villes désertes » (Esaïe 54 :1-3)

Quel croyant ne souhaite pas faire partie de cette grande famille de la foi, parce qu’il aura contribué à ouvrir la porte de sa demeure à d’autres croyants?

(aujourd’hui, on a laissé cette hospitalité à l’église, c’est plutôt ouvrir la porte du bâtiment de son église. Non le contexte c’est bien notre chez soi dont il est question).

Les juifs ont cette réputation d’être hospitalier. En tous les cas c’est aussi l’image que nous renvoient d’autres peuples du monde.

Des païens l’exercent par tradition, ou pour conserver une bonne image d’eux-mêmes. D’autres le font aussi, mais avec certains groupe de personnes. Il y a des conditions pour exercer l’hospitalité. On ne peut le faire avec tous, ce serait aller au-devant des difficultés et parfois même, se mettre en danger.

Cette vision est la même chez beaucoup de chrétiens. Ils sont réticents parce qu’il y en a parmi eux qui sont peu aimables, c’est vrai, un peu casse-pieds, certains accaparants, d’autres bourrées de manies ; et ceux qui sont toujours à se plaindre, et ceux qui sont réputés pour se vanter sans cesse de leur bénédictions et d’autres encore qui abusent et profitent de la situation d’invité (les pique assiettes, les sans gènes, les culottés…). Et puis il y en a d’autres qui auraient un don, un enseignement à partager qui ne nous réjouis pas forcément.

Sommes-nous dans le monde pour y exercer leur mode de vie satanique ou sommes-nous dans le monde pour y faire régner Christ ? Et dans ce cas-là, répondre à notre prière : « Père que ton règne vienne  » ?

Ne soyons donc pas dans le jugement pour trouver des conditions à notre accueil et pour refouler certains, en les retranchant de notre communion, sous prétexte que leur fréquentation ne nous emballe pas forcément.

Pierre dit : « que chacun de vous mette au service des autres le don qu'il a reçu, ».

Pierre montre que le partage est bien au-dessus de nos valeurs. Et que ce que nous avons reçu par la grâce est bien supérieur à ce que nous montrons de notre personnalité.

L’hospitalier se doit d’agir « comme un bon dispensateur des diverses grâces de Dieu » nous dit toujours la première épitre de Pierre.

Le bon dispensateur dépasse tous ces petits inconvénients pour ne se centrer que sur l’essentiel : le partage avec l’autre qui l’édifie.

Les grâces de Dieu en notre faveur  devraient nous montrer son infinie clémence qui ne s’embarrasse pas de nos petites bizarreries ou de nos anomalies de caractère.

Nous devons, dans les faits, dépasser nos idées sur l’accueil. Notre manière de penser ne doit pas être façonnée par ce que fait le monde, mais par le Saint-Esprit, qui met tous, petits et grands, fréquentables ou non fréquentables sur le même pied d’égalité.

Qui mérite d’être laissé sur le bord du chemin ? Est-ce à nous disciple de le savoir ? Non, c’est à Christ de le gérer. Et l’hospitalité qu’il nous propose est parfaite parce qu’elle est inconditionnelle.

Car « si nous aimons seulement ceux qui nous aiment » que fait-on d’extraordinaire, les païens en font autant, et Jésus rajoute : « les pécheurs aussi agissent de même » (Luc 6 :32).

Jésus termine sa pensée en affirmant : « Soyez donc miséricordieux, comme votre Père est miséricordieux ».

Alors, Dieu nous sonde, il examine nos intentions, il sonde nos reins. Que fait-il dans la réalité avec ces organes particuliers ?

Nos reins sont l’organe par excellence qui filtre les toxines et les déchets de l’organisme. Nous croyants, sommes invités à brûler, à détruire ce qui nous domine.

Donc Dieu pèse, évalue la valeur de notre sacrifice par nos reins. 

En clair, pour en revenir à l’accueil : si nous sommes soumis à nos idées sur l’hospitalité, nous ne montrons que notre soumission à la chair ; et  nous prouvons ainsi que nos reins ne sacrifient rien, qu’ils sont inutiles, qu’ils ne fonctionnent pas.

Le rein c’est le baromètre de nos sacrifices et de notre renoncement pour Dieu.

Si par motif d’intérêt personnel nous discriminons ceux que nous accueillons, où se trouve notre sacrifice ? (et l’accueil se fait de nos jours en priorité dans l’église)

Alors tournons nos regards vers ceux qui ont besoin de nous, d’abord vers nos proches.

Renonçons à nos idées sur la bienveillance ou sur la bonté qui nous renvoie toujours sur les imperfections des autres et sur notre état forcément meilleur.

Certains ont trouvé un subterfuge avec une forme de « garde alternée ».  Ici, il ne s’agit pas d’une garde d’enfants, mais d’une pratique un peu perverse.

La garde alternée consiste à ne pas se séparer des indésirables pour ne pas ressentir de la culpabilité.  Pour cela certains ont institué une forme d’accueil provisoire chez les uns et chez les autres. On supporte les cas difficiles par moment seulement (une fois par mois ou à certaines occasions comme lors de fêtes).

C’est hélas encore là, agir comme dans le monde.

Car notre paix ne reviendra qu’avec une affection profonde manifestée pour les autres.

L’apôtre Pierre quand il prend le mot philoxenos (traduit dans nos Bibles par hospitalité), parle d’avoir une grande générosité envers ses hôtes. La relation est loin d’être superficielle et elle n’attend rien de l’invité en retour.

Ce n’est pas juste ouvrir sa porte. Notre attitude bienveillante serait bien plus importante encore.

Ne soyons pas tournés sans cesse vers nous-mêmes. Mais soyons conséquent et exerçons l’amour divin envers tous, sans condition.

D’autant que Christ nous demande d’aller plus loin, de mettre le comble à notre amour.

Accepter l’hôte qui a un comportement pas toujours simple, nous permet aussi de lui laver les pieds, comme Jésus la fait à ses disciples.

C’est-à-dire, plus que d’exercer un rite, il s’agit de pardonner ses fautes, surtout si nous avons ressenti une offense de sa part. Et lui, par la même occasion constatant une offense de notre part, pourra faire de même, pardonner nos fautes. 

Mettre le comble à son amour, c’est aussi accueillir le casse-pied de la même façon que s’il était un hôte très important, une sorte de prince d’Israël. Nous n’avons pas à lui faire la morale ou à lui mettre des conditions comme : « si tu continues à te servir et à te resservir sans cesse à table, tu ne reviendras plus partager le repas chez nous ».

Ce genre de réaction nous place comme étant les seuls juges du mérite à accorder à l’accueil.

Laissons-le au contraire faire ce qu’il a à cœur de faire. Prions plutôt afin qu’il se rende compte que vous avez sacrifié votre repas et qu’il prive certains d’aliments.

C’est votre sacrifice ou ceux des autres qui doit lui faire honte pour qu’il convertisse sa position.

Mais attention, ne tombons pas dans un autre jugement qui consisterait à tout faire pour qu’il se rende compte de son état ; ne provoquons rien de négatif ou d’implicite qui le rendrait redevable envers nous, comme un petit pic du genre : « on voit bien que c’est pas toi qui paye » 

Sinon, nous rentrons dans le même jugement. Et la pensée suivante est si commune : « C’est un égoïste qui ne pense qu’à lui et à son ventre ».

Mais qui sait s’il n’a peut-être pas une boulimie liée à un manque affectif, ou un autre problème ?

Alors, si nous pouvons faire autre chose que des pâtes jambon (c’est un exemple), mais agrémenter les plats le mieux possible faisons-le, sans émettre de conditions et sans attendre de retours. N’oublions pas ce que l’auteur de la lettre aux Hébreux nous recommande fortement:

«.N'oubliez pas l'hospitalité; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir » (Hébreux 13:2)

Si nous savons que nous accueillons des anges de Dieu, quelle serait notre réaction ?

Nous ne nous mettrions pas en quatre pour les accueillir comme des princes ?

Christ ne nous demande pas de surestimer les autres, comme il ne nous demande pas de les sous-estimer non plus. Là aussi soyons sobres, modérés, tout en étant généreux dans nos relations.

Pour résumer :

Exercer l’hospitalité, même à grande échelle ne nous libère pas forcément de nos peurs et de nos angoisses. Pourquoi ?

Parce que si l’hospitalité n’est pas réalisée dans l’amour fraternel, elle ne sert à rien.

Dieu ne peut pardonner nos fautes parce que nous ne les pardonnons pas aux casse-pieds qui viennent nous visiter. Nous tenons rigueur de leur manque de savoir-vivre, nous les jugeons et nous attirons sur nous alors le même jugement, la même condamnation.

Par contre, un accueil fait sans condition, sans attendre de bénédiction en retour, en mettant toute son énergie pour le confort et le bonheur de nos hôtes, couvrira une multitude de péchés et nous libéra bien mieux que de lire et méditer mille versets bibliques.

Amen

dimanche 5 février 2023

ÊTRE LIVRÉ à SATAN

471

Par Eric Ruiz


1Corinthiens 5 :5 « qu'un tel homme soit livré à satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. ».

Ce verset fait émerger une question fondamentale. C’est inattendu, elle ne concerne pas un païen, c’est celui qui confesse de sa bouche Christ qui est visé ici. Un tel homme, croyant en christ, peut-il être livré à satan ? N’est-il pas scellé du Saint-Esprit et par-là sous la protection du Père, maintenant qu’il est devenu chrétien ?

D’abord, je voudrais être tout à fait clair avec vous qui m’écouter ou vous qui me lisez. J’ai été dans cette situation. On m’a livré à satan. Ce sont en tous les cas les paroles rendues publique de mon ancien pasteur.

Je ne cherche pas à vous émouvoir, ou à attirer une compassion dont je n’ai pas besoin, ni à attendre une délivrance salutaire, mais je voudrais dire que cette pratique, se fait d’une certaine manière encore de nos jours ; et si vous avez été l’objet vous aussi d’une telle révocation ne craignez pas satan, ni la malédiction mais comme il est écrit dans Éphésiens :

« prenez par-dessus tout…le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin ».

Je dirais pour plagier ce verset : Ne cessez de pratiquer l’amour envers votre prochain. Ayez le souci du besoin de vos proches avant le vôtre. C’est cela s’occuper du Royaume de Dieu.

Alors, de nos jours, livrer son frère à satan se pratique très différemment des premières Églises. Elle se pratique sous une forme très religieuse, selon des protocoles liturgiques précis.

Ce verset de 1Corinthiens 5 :5, je pense qu’il est pour certains prédicateurs, ou dirigeants d’Église une arme secrète qu’ils dégainent (comme un révolver), quand la situation leur échappe ; ou qu’ils l’emploient pour faire naitre ou faire régner la crainte dans leur assemblée.

Dieu leur aurait donné le pouvoir de livrer certains « mauvais disciples » à satan !?

Ainsi on entend cette prière publique accompagnée d’une voix forte : « Je le livre à Satan dans le nom du Seigneur Jésus-Christ ! ».

Croyez-vous que lorsqu’une personne n’est plus soumise à l’ancien de l’Église, il a alors le même péché que Paul a discerné chez les Corinthiens, la même impudicité ?

Voilà comment certains anciens considèrent l’insoumis :

La pâte de sa chair a levé considérablement. Il est imbibé de levain. Comme il est devenu sourd aux avertissements de son pasteur, il devra alors être jeté en pâture à satan ; cela lui apprendra à être désobéissant aux autorités que Dieu a placées sur la terre.

A ce moment-là, on est très proche des messes noires ou de certaines pratiques occultes.

Je vous l’accorde, c’est vraiment faire dire à la Bible ce que l’on souhaite. C’est de la manipulation mentale. Car dans le contexte de Paul, il ne s’agit pas d’une soumission vis-à-vis d’un homme serait-il aussi saint que notre Seigneur, mais d’une pratique honteuse.

Il s’agit de l’impudicité. Et d’une impudicité qui va même plus loin que celle des païens, puisque Paul témoigne qu’elle se situe au point où quelqu’un a pris la femme de son père (1 Corinthiens 5 :1).

L’impudicité, j’en aie parlé dans mes messages tout au long du mois de janvier 2023.

Elle montre d’abord le fait d’avoir oublié les exemples donnés par ceux qui ont eu des mauvais désirs au temps de Moise et qui périrent en un seul jour. Ce sont ceux qui laissèrent l’animal dominer sur eux, ceux qui refusèrent de verser leur sang pour les autres ; et qui ont préféré se divertir à la place.

Ceux qui ont célébré leur propre corps plutôt que celui de Christ (le pain brisé pour nous) bref, l’impudicité dévoile les idolâtres, les méchants, les insensés de la Bible.

Et d’une manière encore plus précise, c’est la source de l’impudicité qui devrait nous guider comme elle a guidé Paul, pour extirper le mal.

Cette source, c’est quoi ? C’est deux mots : enflé et orgueil, « enflés d'orgueil! » qu’on lit au verset 2 (1Corinthiens 5 :2).

Une extrême arrogance qui nous fait passer en premier dans toutes situations. Je résume :

-Premier placé,

-Premier à mettre la main dans le plat de nourriture

-premier écouté,

-premier servi,

-premier béni.

 Cette arrogance-là, c’est ce même démon appelé diable qui a tenté Jésus dans le désert : « Si tu es le fils de Dieu ordonne à cette pierre de devenir du pain ». Je dirai (et cela reviens au même) « Si tu es le premier servi alors fais que tout sur cette terre te sois soumis ».

Je pose la question fâcheuse: Celui qui souhaite livrer son frère à satan n’est-il pas en danger lui aussi, d’être dans cette impudicité (si lui souhaite aussi être le premier béni) ?

Toute décision spirituelle doit-être le fruit d’un discernement. Et le premier discernement commence par soi-même. Il commence par constater : si la paille que je vois chez l’autre ne correspond pas à la poutre que j’ai dans mon œil.

Mais Paul, continue, et loin de tirer avantage de la situation, il identifie le mal à partir du verset 6 : « Ne savez-vous pas qu'un peu de levain fait lever toute la pâte? 7Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain, car Christ, notre Pâque, a été immolé ».

 Christ est immolé si nous avons une pâte nouvelle sans levain. Sinon, la Pâque, comme Christ ne servent à rien ; et notre vue ne sera jamais véritable. Et nous ne pourrons avoir à « nos reins la vérité pour ceinture » (selon ce que dit Paul aux Éphésiens);

Pour le péché, qui révèle l’impudique, il y a des étapes qui ont été franchies de la part du croyant.  Le levain a agi dans le temps faisant au final lever toute la pâte.

Ce qui signifie qu’un être humain à ce niveau d’élévation possède une arrogance telle, qu’il ne peut plus être repris par ses frères et sœurs de foi.

Ils n’ont plus d’influence sur lui. Ce qu’ils pensent ou ce qu’ils peuvent lui dire, lui passe bien au-dessus. L’impudique continue à pratiquer ses mauvaises œuvres en toute impunité, pensant même être plus sage que les autres.

Alors attention, livrer quelqu’un à satan, ne veut pas dire invoquer le diable ou les démons, ou encore manifester une puissance divine que seuls certains disciples seraient dotés.

Comme je l’ai dit avant ne tombons pas comme beaucoup dans une pratique occulte.

Il n’y a aucun rite, aucune évocation divine ou satanique.

Livrer quelqu’un à satan, c’est agir de manière pratique dans la vie quotidienne.

Il s’agit simplement de ne plus avoir de communion avec lui, de ne plus manger avec un tel homme, bref de le retrancher de ses fréquentations.

Il s’agit d’agir avec lui comme avec un pestiféré. Il est comme ces israélites qui avaient contracté une maladie infectieuse et qu’on isolait du camp pendant toute la durée de leur infection. Ils étaient impurs.

 1Corinthiens 5 : 9 : « Je vous ai écrit dans ma lettre de ne pas avoir des relations avec les impudiques…de ne pas même manger avec un tel homme…Ôtez le méchant du milieu de vous. ».

 Cet acte, c’est un retranchement. Et retrancher ce n’est pas le condamner à mort, c’est l’excommunier, se couper du mal et de celui qui l’incarne volontairement.

Le but étant de faire ce que Jésus à dit à Pierre en lui donnant les clés du royaume : « je bâtirai mon Eglise, et … les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle ».

L’enfer n’est pas fait pour l’Église, les impudiques non plus.

Alors, Jésus demande d’émonder, de retrancher les branches contaminées et de les liées sur terre, car elles seront liées aussi au ciel.

Donc « être livré à satan », c’est garder une sainte communion en ôtant le mal au milieu de soi.

Dans les faits, satan n’est pas une personne, c’est un esprit méchant, un esprit de rébellion qui a débuté dans le ciel pour ensuite se répandre dans le monde (message : »satan fait-il partie  du corps de Dieu ? ».

Le monde est satanique. Le monde est soumis aux règles des désirs du corps.

L’impudique, celui qui aime briller par lui-même y est mis en valeur, promu aux yeux des autres qui vivent selon les lois du monde.

Alors tout simplement, celui qui aime le monde va y retourner. Il veut tellement se conformer au siècle présent (qui est satanique), qu’il va retourner à ce qu’il aime le plus.

1 Jean 2 :16 « …la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais vient du (diable, non, du) monde ». Le diable a établi son royaume dans le monde.

Alors attention, ce n’est pas un aveu d’échec de la part des croyants qui ont livré leur frère à satan.

C’est simplement, comme je le disais, le laisser se salir dans la boue de son péché en espérant que son esprit soit sauvé, un jour, par le brisement de sa chair.

« Son esprit soit sauvé » a le sens ici de réaliser, de comprendre ce qui lui arrive ; de retrouver une conscience perdue (car on ne parle pas d’âme ici mais d’esprit).

Car cette fois-ci, la chair sera brisée dans tous les sens, physiquement comme spirituellement. C’est une réelle descente aux enfers pour cette personne. Elle a ouvert les portes du séjour des morts, le Hadès, l’enfer.

Alors ne pensons pas que le fait de livrer quelqu’un à satan soit une œuvre exceptionnelle, pas du tout.

Cela se fait assez couramment et bien souvent à l’insu des personnes, sans qu’elles en aient conscience.

Le livre de Job, nous montre aussi que Job fut livré à satan, sans qu’il le sache directement. Job 1 :12 : « L'Eternel dit à Satan: Voici, tout ce qui lui appartient, je te le livre; seulement, ne porte pas la main sur lui. »

Job va connaitre un véritable enfer sur cette terre, au point de préférer la mort à son épreuve.

Paul à Timothée, lui écrit qu’il a livré plusieurs frères à satan dont deux qu’ils nomment : « Cette conscience, quelques-uns l'ont perdue, et ils ont fait naufrage par rapport à la foi. 20De ce nombre sont Hyménée et Alexandre, que j'ai livrés à Satan, (il aurait pu dire : « que j’ai livré au monde ») afin qu'ils apprennent à ne pas blasphémer. » (1Timothée 1 :18-20).

Et je rappelle que Blasphémer (blasphemeo), c’est calomnier, outrager, dire du mal…c’est encore se placer en premier et en juge et partie de tout.

Tite en fait part aussi lorsqu’il dit au verset 22 : « sauvez-en d'autres en les arrachant du feu; ». Cela peut paraitre contradictoire, mais c’est en mettant ces faux frères dans le feu de l’épreuve qu’on les sauvera, en les arrachant du feu destructeur.

Et que dire de Deutéronome 19 où Dieu demande à Moise, qu’une fois établi en terre promise, il sépare trois villes et le territoire en trois parties?

Dans quel but ? « pour que tout meurtrier puisse s’enfuir dans ses villes ».

« Cette loi s'appliquera au meurtrier qui s'enfuira là pour sauver sa vie, lorsqu'il aura involontairement tué son prochain, sans avoir été auparavant son ennemi. ».

Les villes refuges permettaient de livrer à satan tous ces israélites devenus comme incompatibles avec une sainte communion.

Dans la première épitre de Jean, « celui qui hait son frère est un meurtrier » Or, il n’était pas son ennemi au départ, mais en le haïssant il est devenu comme un meurtrier, comme ces meurtriers des villes refuges.

Deutéronome 19 :13, on lit que « Tu ne jetteras pas sur lui un regard de pitié, tu feras disparaître d'Israël le sang innocent, et tu seras heureux ».

L’attitude de ceux qui livrent l’autre à satan est d’être heureux d’exercer la justice. Ils n’ont pas honte, parce qu’ils savent qu’ils ne sont pas coupable de meurtre, eux. C’est vrai qu’ils font comme les israélites, ils font appel au vengeur du sang (qu’est satan) « ils le livreront entre les mains du vengeur du sang afin qu'il meure. » Deutéronome 19 :12.

 En Christ, c’est la chair qui mourra par le vengeur du sang, par satan.

Vous voyez, comme cette pratique était instituée depuis bien longtemps parmi les croyants, et je suis certains que dans maintes assemblées, des croyants ont été volontairement écartés, parce qu’ils avaient une attitude et un comportement outrageant, méprisant et impudiques, recherchant constamment comme une addiction, leurs propres intérêts et adorant la tunique souillée par la chair (Là je reprends un peu ce que dit Jude, qui parle lui, de haïr la tunique souillée par la chair).

Mais à l’inverse, adorer cette tunique souillée par la chair, c’est aimer l’habit saint, le prestige, l’apparence comme l’envie la plus forte.

Cette tunique souillée par la chair, je l’ai vu chez des hommes soit disant pieux qui en livrant à satan, leurs frères et sœurs, en se séparant d’eux, se sont  eux-mêmes livrés au diable, à leur insu, et en pensant faire une œuvre juste. En les fuyant, il se sont retranchés eux-mêmes.

Par conséquent ceux qui livrent à satan comme ceux qu’on a livré au diable peuvent être tous deux des impudiques. Là aussi le discernement prime sur tout.

Ce qui me fais revenir à la question du départ : Un croyant en christ, peut-il être livré à satan ? N’est-il pas scellé du Saint-Esprit et par-là sous la protection du Père ?

 Nous pouvons y répondre maintenant. «  A celui qui n’a pas on enlèvera même ce qu’il a ».

Ce triste constat fait référence à la parabole du semeur, à celui qui s’est contenté de sa foi comme d’un absolu.

L’erreur est de considéré que sa foi est pure et qu’elle n’a plus besoin de rien, elle est finie, achevée et qu’elle a atteint sa maturité en Christ.

C’est le reproche que fait l’ange à l’Église de Laodicée :

« Tu es tiède…je te vomirai de ma bouche… Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien »

Or, Jésus nous dévoile que toute semence divine qui nait doit croitre dans un bon terrain. Et nous devons travailler pour que ce terrain reste fertile et bien disposé, sinon notre foi sera vaine.

Notre foi est pure si nous sommes pure, sinon, elle nous reniera.

Ce terrain c’est notre cœur. C’est lui en premier sur lequel nous devons veiller. Sinon, nous serons comme ces arbres séchés, coupés (retranchés) et au final, brulés. Parce que dans l’Eglise de notre Seigneur il ne doit plus couler de sang innocent.

Le scellement du Saint-Esprit ne viendra que plus tard quand nous serons trouvés persévérant dans l’amour agapéo et dans notre fidélité à Dieu ; Comment ? en ayant tué l’animal qui était en nous au départ. Cet animal qui aime les querelles, la calomnie, la jalousie, bref tout ce qu’aime le monde et qui ne fait qu’enfler l’orgueil.

«Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend ; il porte du fruit, et un grain en donne cent, un autre soixante, un autre trente » (Matthieu 13 :23).

Amen.