dimanche 21 juin 2020

UN RETOUR AU JARDIN D’EDEN ?

336

Par Eric Ruiz

Au jardin d’Eden, il s’est passé une fracture terrible : Adam et Ève ont été chassés du jardin. Mais qu’ont-ils quitté concrètement en n’ayant plus accès à l’arbre de vie ?
Eh bien, ils ont quitté les conséquences de leurs actes.

Je m’explique : 
Tout ce qu’ils faisaient n’avait que des conséquences positives. Rien ne pouvait les faire souffrir et les attrister. Ils ne connaissaient ni lassitude, ni douleur encore moins de haine, et de maladie, ou d’abandon ; et la mort leur était étrangère.
Mais ils ont fait un choix terrible : ils ont choisi de désobéir et de prendre du fruit de l’arbre qui allait leur donner la connaissance du bien comme du mal.

La connaissance, il faut bien le comprendre n’est pas au départ un processus intellectuel, elle se fait par l’expérimentation, à partir d’une expérience vivante.
Le philosophe Kant dans « critique de la raison pure » affirme que ; «  toute connaissance commence avec l’expérience, cela ne fait aucun doute ».
Je crois la même chose.
Par exemple : connaître l’alphabet, c’est un concept qui se développe mentalement, mais connaître la misère, c’est la vivre, c’est expérimenter le fait d’avoir souvent faim, connaître le ventre vide  ; on ne peut connaître l’abandon si on ne vit pas le manque d’amour, ou à l’inverse pour connaître l’opulence il faut vivre avec de l’argent plein les poches, savoir ce que procure une vie facile où aucun bien matériel ne manque. On connait donc pour l’avoir vécu et expérimenté une multitude de choses, la santé et la maladie, c’est encore un autre exemple.

Par conséquent le bien comme le mal, c’est le lot de tout humain aujourd’hui :
  • Les hommes comme les femmes auront à vivre les conséquences négatives de tout même de leur victoire, même de leur réussite.


Leur temps de réjouissance sera court, Ils ne pourront jamais se réjouir complètement de ce qu’ils auront vaincu ou de ce qu’ils auront créé parce qu’il y aura toujours des conséquences négatives.

Dieu a averti Adam de la peine qu’il aura à travailler le sol pour le cultiver et à Ève, qu’elle  : « enfanteras dans la douleur ».

Une des plus belles choses à faire sur cette terre, c’est quand même de mettre un enfant au monde… eh bien même ce miracle ne se fait malheureusement jamais dans un bien-être total. Il est associé à de la fatigue, à des nausées, à des douleurs abdominales, à un long temps de souffrance, qui fait de l’accouchement venue, une vraie libération.
  • Ah, mais l’homme et la femme pourront quand même dominer le mal…

Le croyez-vous ?

Le livre de la Genèse nous donne un fait établi :
« Ta semence écrasera la tête du serpent. Et la tête de ce dernier te blessera le talon. »
Le mal sera écrasé, c’est vrai, mais il ne disparaîtra pas totalement; une fois tourné le dos, il t’attaquera à nouveau par derrière et son venin continuera à couler dans tes veines.
Tu ne connaîtras jamais une paix durable. La plénitude ne durera qu’un instant éphémère.

Quelle désolation au sortir du jardin d’Eden.
La perte est considérable, et Adam comme Ève n’ont pas mesuré objectivement les conséquences de leurs choix.
Leur vie va les amener à comprendre ce qu’ils ont réellement perdu eux (et sans oublier leur postérité, nous et nos enfants aussi).

Je dis cela non pas pour vous accabler encore plus vous qui êtes peut-être dans le creux de la vague ; Mais pour vous faire prendre conscience de cet environnement pré déterminé, organisé selon un ordre précis où se joue en alternance bonheur et malheur.
Nous évoluons dans une espèce de matrice.
La matrice est un organe reproducteur, où la vie se créé et évolue selon un mode déterminé génétiquement, par l’ADN ;
A partir de là nous allons reproduire toujours le même schéma, qui est celui de notre espèce. Et notre espèce alterne avec le bon et le mauvais. Ce qui fait que personne de l’espèce humaine ne peut échapper à ce destin, car il est inscrit dans notre ADN. Voilà la part de prédestination !

Et celui qui pense qu’il connaîtra plus de temps de bonheur ou moins de temps de malheur que les autres est comme ce que dit l’Ecclésiaste. « Vanité des vanités, il n’y a rien de nouveau sous le soleil…car Il y a un temps pour tuer, et un temps pour guérir; un temps pour abattre, et un temps pour bâtir;
« un temps pour pleurer, et un temps pour rire; un temps pour se lamenter, et un temps pour danser;
un temps pour lancer des pierres, et un temps pour ramasser des pierres; un temps pour embrasser, et un temps pour s'éloigner des embrassements;
un temps pour chercher, et un temps pour perdre; un temps pour garder, et un temps pour jeter;
un temps pour déchirer, et un temps pour coudre; un temps pour se taire, et un temps pour parler;
un temps pour aimer, et un temps pour haïr; un temps pour la guerre, et un temps pour la paix. 
».
Moi je rajouterai et je conclurai ; un temps pour le bien, un temps pour le mal, un temps pour être heureux, un temps pour être malheureux.

Quel enfermement !

Les psychologues parlent même d’aliénation ! Car le bien et le mal poussent vers cette prise de conscience de n’être pas libre de sa vie, en fin de compte.
Paul dit en quoi nous sommes prédestinés dans la lettre aux Romains : « je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. ». Voilà encore un aperçu de la prédestination.

Ce sentiment d’impuissance fait, que le désespoir gagne de nombreuses personnes qui en arrivent à perdre la tête ! Et la mégalomanie, cette maladie mentale qui obsède l’être humain à se vouloir toujours être supérieur aux autres, à dominer son prochain, ne permettra personne d’échapper à ce cycle ; les malheurs redoubleront même pour le mégalomane.

Alors, heureusement notre Dieu est amour, compatissant et sa colère ne dure pas toujours.
Il y a une lumière dans ces ténèbres,  il y a un moyen d’échapper à cette spirale infernale.
Bien que Dieu ait posté des anges à l’Est du jardin d’Eden, pour y barrer l’accès, il y a un moyen pour accéder à l’arbre de la vie.
Il y a un jour qui ne ressemble pas aux autres. Et ce jour commence à se révéler lorsque l’on casse la matrice, on casse ce moule.

Quelqu’un qui se rend compte que seul Dieu peut intervenir dans sa vie et changer le cours des choses, casse ce système aliénant et prédestiné ; il met à part un temps pour Dieu. Et il lui sacrifie sa journée, son temps et son amour tout en humiliant son âme.
Ce moment hors du temps, hors du cycle du bien et du mal se nomme : le sabbat.

Je le dis, je l’affirme : toute personne qui se tourne vers Dieu, qui se convertis ou se reconvertis rentre dans un sabbat, dans son sabbat. C’est comme cela que se fait la célébration de cette fête.

Quand il est écrit que Dieu « hait nos sabbats », c’est parce qu’il y voit une fausse conversion, une fête d’hypocrites ; et en cela le jour choisi est mauvais.

Donc cette fête, marque un vrai temps de repos, de paix, de plénitude. Mais ce temps ne viendra jamais au départ, il n’interviendra qu’après 6 jours de travail, de souffrance, de sueur et il durera un seul jour.
Je ne vous parle pas ici, d’un temps religieux établi à l’avance dans le calendrier en le nommant samedi ou dimanche, celui-là n’est encore qu’aliénation parce qu’il met l’obligation, le devoir en premier ; Comme si cette loi était en mesure de briser la connaissance du bien et du mal ; Non, je vous parle d’un jour sanctifié, où on réalisera personnellement que toutes nos semences ont poussées, que les fruits sont là, que là où nous pensions encore récolter quelque chose de mal, il s’est, en fait, passé quelque chose de bien, il s’est produit un résultat : un résultat magnifique, prodigieux, inespéré, une réponse à nos prières. 
  • Le sabbat : c’est un temps de contemplation.



Mais pas une contemplation humaine, ce n’est pas regarder le ciel et se laisser aller à rêver, ce n’est pas non plus fermer les yeux et ne plus penser à rien, c’est une prise de conscience véritable de ce qui a poussé : ce sont des fruits qui étaient à l’origine dans le jardin d’Eden.
Car ce jour de sabbat, c’est le « jour de l’Eternel », il nous renvoie au premier jardin, à l’originel. Et nous pouvons alors voir l’arbre de vie.
Ce jour, du Sabbat est un jour spécial où les œuvres du Père sont manifestées pour nous.
Moi personnellement, je peux vous citer plusieurs jours bien précis dans ma vie qui ont marqué ma foi et qui sont des sabbats.

Ces jours-là m’ont ouvert les yeux, car j’ai pu alors prendre conscience et vivre une autre réalité.

Ce jour du Seigneur qui amène une lumière nouvelle sur notre existence a été magnifiquement présenté dans l’évangile de Jean au chapitre 9.
  • Le sabbat : l’aveugle recouvre la vue



Le jour du sabbat, Jésus a fait alors une œuvre très porteuse de sens. Il a rendu la vue à un aveugle de naissance. Il a mélangé de la terre avec sa salive pour en faire de la boue, puis il a appliqué cette boue sur les yeux du non-voyant et lui a demandé d’aller se laver. Après s’être lavé l’aveugle a recouvré la vue.
Toute cette mise en scène a un objectif pour l’être humain, pas seulement pour ce miraculé, pour nous tous.
Nous sommes tous aveugles de naissance en étant aveugle d’esprit (une des définitions de la cécité) ; et nous avons tous besoin d’un jour de sabbat pour recouvrer la vue. Mais ce n’est pas tout. Nous avons besoin de comprendre que c’est notre boue qui nous empêchait de voir et qui doit être ôtée de notre regard obscurci.
Ce jour de sabbat est le même pour tous, nous croyons que le bien et le mal régira notre vie, mais le bien et le mal représente la boue de notre jardin qui s’accumule sans cesse sans laisser pénétrer la lumière.
Au passage, Dieu ne vient pas nous laver, il nous demande de le faire, c’est à nous de laver cette boue de désobéissance qui nous a enfermé dans ce système aliénant de bien et de mal.
Cette action va alors laisser passer la lumière et venir toucher notre regard au plus profond de nous.

Par conséquent ; ce dernier jour de la semaine donne naissance à une autre semaine, un jour nouveau ; un nouveau commencement, comme une résurrection.
Jésus ne l’oublions pas est ressuscité le premier jour de la semaine, le lendemain du sabbat.
Quel jour exactement ? On s’en moque, là n’est pas la question, là n’est pas l’important.
Ce qui est important : c’est que tout est devenu nouveau à partir de ce jour. L’arbre de vie qui n’est accessible qu’une seule fois par semaine…c’est fini ;
Il peut vivre (cet arbre) constamment 24 heures sur 24 par le Saint-Esprit dans tous ceux qui croient au fils de Dieu. 
  • On ne mesure pas suffisamment l’immensité de la résurrection du Christ.


L’apôtre Paul, lui, l’avait expérimenté : « Dieu en nous, c’est l’espérance de la gloire »
Mais avec le Saint-Esprit, il n’y a plus le bien et le mal, le bonheur et le malheur. Tout est redevenu comme au départ, tout est bon, tout est bien. Le mal est changé en bien comme l’eau est changée en vin. Et ce n’est pas l’homme qui le fait par sa connaissance, c’est le Saint-Esprit qui agit par la sienne.
Le monde nouveau de Christ se vit d’abord de l’intérieur. Il est en nous, avant d’être manifesté devant nous : « l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la fidélité, la douceur, la tempérance » tout ce que nous dit (Galates 5 :22).

Souvenez-vous, ne vous ai-je pas dit que c'est au moment où nous vivront des prodiges et des miracles que nous saurons que nous fêtons le Sabbat ; Et non l'inverse 
Et qu’il y aurait un repos pour tout, sauf pour une seule chose : Aimer ?
  • Mais alors, ce jardin d’Eden, où se trouve-t-il exactement ?


Si vous avez bien suivi cette première partie, l’idée principale est celle de l’âme.
Adam et Ève déchus, c’est l’âme qui pèche, qu’elle soit homme ou femme, cette âme mourra, ce jardin se dessèchera.

Christ c’est le second Adam, c’est le chemin de notre nouvelle âme.

Si nous devons partir à la recherche de ce jardin, ce n’est surement pas en nous que nous allons trouver le chemin. En nous, nous allons y voir le chemin opposé, le même que celui du mégalomane.

Non, le jardin d’Eden est comme la nouvelle Jérusalem, il descend du ciel. Mais attention, il est comme l’âme, il n’est pas visible ; puisque l’âme n’est pas localisée à un organe ou à un membre. Elle est présente dans l’ADN de toutes nos milliards de cellules ;
L’âme régénérée, elle, est un nouvel ADN, car la vie de Christ a changé notre ADN.
J’en reviens à l’aveugle miraculé de l’évangile de Jean : C’est la salive de Jésus mêlée à la terre qui a changé l’ADN de l’aveugle (la salive).
Dieu nous donne son ADN. Et c’est lui qui change notre âme.

Et oui à notre naissance ; un jardin existe déjà dans chaque âme, mais les arbres qui y sont ont déjà donné des fruits tantôt bons et tantôt mauvais. Tout y pousse et l’ivraie comme les mauvaises herbes sont nombreuses ; et ce jardin finira par devenir un désert aride, ou un champ de boue (s’il ne l’est pas déjà au départ).
Y travailler pour l’améliorer ne fera jamais venir la vie. La mort sera à chaque recoin.
Notre nouvelle naissance spirituelle se déverse autrement : c’est par un fleuve qui se trouve à l’extérieur du jardin d’Eden.
Ce fleuve va apporter une eau différente et c’est par cette eau qui coule sans fin, que le jardin va renaître : C’est le sens du baptême d’eau
C’est notre âme qui renaît, c’est elle qui est lavée de la souillure, c’est elle qui ne connaitra plus le bien et le mal ; et le mal sera bannit à jamais, lorsque le baptême de l’esprit interviendra.

L’eau qui vient couler dans ce jardin, ce n’est pas une eau quelconque, c’est la parole, celle qui émane de la bouche de Dieu.
Cette eau qui arrose le jardin n’était pas dans notre âme, elle vient d’en haut, et elle descend en nous à partir de la tête. Ce fleuve d’eau vive possède 4 bras (Genèse 2 :10-14) : 4 noms : Pischon, Guihon, Hiddékel et Euphrate.
Chronologiquement chaque nom identifie: 1-une eau pure, 2-une huile d’onction, 3-une révélation, et 4-pour finir l’alliance, l’adoption le nouvel être, l’âme de Christ en nous.
  • Alors, le mal, est-il vaincu ?


Vous me direz, même avec le Saint-Esprit le mal n’est toujours pas vaincu, on le voit.
Paul lui-même parle d’un dernier ennemi qui sera vaincu : la mort ; Car tant que nous serons dans notre corps de chair, le péché comme le mal aura une puissance sur nous.
A ceux qui pensent comme-cela, je répondrais la chose suivante : Ceux qui ont été baptisé du Saint-Esprit ne vivront plus les conséquences négatives de leurs actes, plus de malheur, c’est fini…puisque tous leurs actes seront inspirés, tous ce qu’ils feront sera digne de louange. Ce n’est plus la même eau qui coule en eux.

Paul aux Philippiens nomme ce qui fait l’objet des pensées du disciple dont l’âme est renouvelée : il manifeste «  tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, ».

Oui, un tel disciple existe humainement il pourra subir des souffrances, des malheurs, mourir même en martyr, mais peu importe, tout sera transformé en bienfaits. Il ne connaîtra plus la tristesse, l’abattement, l’abandon. Rien ni personne ne pourra changer son être intérieur, son nouveau jardin.

Comme nous le montre Jérémie 31 :12 : « Ils viendront, et pousseront des cris de joie sur les hauteurs de Sion…Leur âme sera comme un jardin arrosé, Et ils ne seront plus dans la souffrance ».

Pourquoi une telle différence, pour eux seuls?

Parce que leur âme sera purifiée et l’arbre de vie sera là pour toujours.
Ils portent en eux la résurrection et la vie.
Ce qui veut dire qu’ils sont prédestinés à ressusciter ou à être transfigurés, à la dernière trompette.

Mais, une question me vient, alors dans ce jardin d’Eden retrouvé, l’arbre du bien et du mal, sera-t-il encore là ?

D’abord contrairement à l’arbre de vie, ce n’est pas un arbre éternel. Il est comme l’homme et la femme qui en mange son fruit : il vie, il meurt et il renait, mais son cycle prendra fin un jour.
Alors, je pencherai pour le fait qu’un croyant régénéré ne succombera plus à la tentation d’en manger.
Un disciple de Christ a acquis la connaissance des fruits de la connaissance du bonheur alterné au malheur et il ne regardera plus ces fruits avec convoitise.


Pour conclure, j’aurai envie de vous dire : cultivez votre jardin, Mais pas avant que Christ y ait mis son ADN, pas avant que la boue n’y ait été ôtée. Cela ne sert à rien de donner des encouragements à faire le bien, si votre jardin n’est qu’une terre aride. Chassez le naturel il reviendra au galop. 

Mais, pourquoi y a-t-il encore autant de malheureux, dans la maison de Dieu ?

C’est parce que leurs habitants voient bien qu’au fond d’eux même, leur jardin n’a pas changé. Ils parlent d’un renouveau qu’ils n’ont pas, puisqu’eux même se disent encore attaqués par le mal. Une preuve que le mal reste toujours attaché au bien. Une preuve qu’ils se nourrissent encore au même arbre.
Non, il faut passer par un vrai sabbat
Car si le sabbat est passé par là alors, le mal ne pourra plus y poussé, il ne reconnaîtra plus son environnement. Le mal sera alors identifié comme un étranger puis expulsé par le disciple dont l’âme est régénérée.
Un seul fruit poussera en abondance dans ce jardin, un seul fruit alimenté par la vie : le fruit de l’esprit.
Amen

dimanche 14 juin 2020

LA PRISON DE NOS PENSÉES

335

Par Eric Ruiz

Ce message, je tiens à le dire dès le début, est très important pour comprendre pourquoi un croyant peut se retrouver dans une impasse et malgré ses prières et ses lamentations continuer à tourner en rond sans solution.


Je lisais récemment un post d’un chrétien qui disait des choses justes :
« J’en veux aux pasteurs et aux prophètes, qui se sont érigés en serviteurs de Dieu, et qui disent des choses contraires à l’enseignement de notre Seigneur Jésus-Christ.
j’en veux aux pasteurs qui changent la grâce de Dieu en dissolution, en commettant crimes financiers, viols, adultères.
j’en veux aux pasteurs qui baptisent des inconvertis,
j’en veux aux pasteurs sadiques animés par l’esprit du mal qui condamnent sorciers, vaudou, guérisseurs, alors qu’eux-mêmes sont charlatans, diseurs de bonne aventure.
j’en veux aux femmes, qui se disent prophétesses et pasteurs et qui prennent autorité sur l’homme, etc etc » la liste est longue.

J’avais envie de dire : Amen, c’est la vérité !
Mais, voilà, une chose me retenait de le dire.
Cette chose ce sont les trois premiers mots de chaque phrase : « j’en veux aux… »

Jésus de Nazareth disait presque la même chose, mais il commençait, lui , ses sommations par « Malheur », « Malheurs scribes et pharisiens, hypocrites… Malheur à vous conducteurs aveugles »
Tout comme le prophète Esaïe avant lui qui disait :
« Malheur à vous qui nommez le mal bien et le bien mal, vous qui changez la lumière en ténèbres, les ténèbres en lumière, vous qui changez l’amertume en douceur et la douceur en amertume.
Malheur à vous qui vous prenez pour sages et vous croyez intelligents » 

Dire « malheur » plutôt que « j’en veux aux » n’est pas un détail, croyez-le.
Car d’abord, la conséquence sera douloureuse pour tous ceux qui ont changé la loi, ils auront en retour des malheurs, de terribles malheurs. Leur sort est plus à plaindre que celui d’un païen même.
Alors une chose est vraie à toutes les époques, (et cela saute peut-être encore plus aux yeux aujourd’hui, car la communication a augmenté considérablement) :

  • L’EGLISE EST PRÉSOMPTUEUSE, c’est une femme arrogante.


Une Église très sûr d'elle et de son élection qui a une opinion, comme le dit le dictionnaire, très avantageuse d'elle-même. Elle promène ses atouts proéminents en montrant ses infinies possibilités spirituelles et intellectuelles.
Elle exhibe au grand public, une estime de soi et une confiance à toute épreuve, qu’elle nomme être de la foi.
Cette Église porte en elle une fausse sagesse. Elle a comme les 27 états membres de l'UE (Union Européenne) une fausse union.
Voilà où les mènera ce nombre 27 qui identifie leur sagesse.
"Leurs habitants sont impuissants, Epouvantés et confus ; Ils sont comme l’herbe des champs et la tendre verdure, Comme le gazon des toits Et le blé qui sèche avant la formation de sa tige. " (Esaïe 37:27)
Un blé qui sèche : c’est une production stérile ; Un blé impropre à la consommation, c’est une récolte juste bonne à être jetée ou brûlée.
Plus loin Dieu insiste sur le mobile de cette stérilité :"tu es furieux contre moi, ton arrogance est montée à mes oreilles ".

Maintenant, pour en revenir à la formule : «  j’en veux aux…pasteurs, prophètes, prophétesses…», ce terme est à proscrire définitivement du cœur d’un croyant. Je n’ai pas dit de la bouche, mais du cœur d’abord (car « c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle »)
Si un croyant pense ainsi : « j’en veux…», c’est qu’il n’a pas résolu son problème personnel. Et son problème est de pardonner à ceux, à celui, ou à celle qui lui a causé du tort ; Car en vouloir à quelqu’un, c’est garder rancune, c’est conserver une image noircie de la personne et creuser un fossé de séparation avec elle.

Matthieu 5 :25 dit : « Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu'il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que tu ne sois mis en prison ».

  • Vous voyez, comment JÉSUS ASSOCIE LA PRISON AVEC LE MANQUE DE RÉCONCILIATION.


Cette réconciliation doit se faire avec une personne ou avec toutes les personnes incluent dans cette Eglise présomptueuse et arrogante.
Et, plutôt que de se disputer sur la parole, sur des opinions, ou sur des pensées, plutôt que de créer encore des divisions, en voyant l’autre comme la cause de nos soucis, pratiquons la justice de notre Seigneur Jésus-Christ.
« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent ».

J’en reviens à ce que dit Jésus :  «Accorde-toi vite avec ton adversaire de peur qu’il ne te livre au juge pour te mettre en prison » ;

LA PRISON : c’est d’abord celle que nous construisons en refusant de se réconcilier avec notre adversaire, qui pense différemment de nous ;

En refusant de nous remettre en cause, nous agrandissons les murs de notre prison.
Les murs de cette prison, ce sont d’abord nos idées fortes, nos certitudes qui jugent l’autre, le condamnent mais nous enferment nous, en endurcissant notre cœur.
La prison que nous voyons chez l’autre est sans doute aussi notre propre prison que nous avons projetée (un peu à la façon d’une image contre un mur).
Mais, ce n’est pas en accusant l’autre de sa condition de prisonnier, que nous allons nous libérer de nos murs.
C’est même le contraire. Nous fortifions ainsi les verrous de notre propre prison.
Et croire que nous pouvons nous présenter de la sorte devant Jésus-Christ et venir le louer est un leurre.
Avec un tel cœur, toute louange quelle quel soit est fausse et non reçue.
Jésus va encore plus loin :
 « Quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges… celui qui lui dira: Insensé! mérite d'être puni par le feu de la géhenne » (Matthieu 5, verset 22).

Il y a bien une autodestruction à entretenir des mauvaises pensées sur les autres, et à les exprimer.
Au début, les conséquences sont la prison, l’isolement… puis au final, le feu destructeur.
Concrètement : le mal s’exprime par l’amertume, la rancœur qui ronge le cœur, puis la maladie qui ronge le corps. Chacun ronge sa partie.

Jésus au verset 24 dit : « Laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande ».

Et les choses doivent se faire non pas superficiellement, comme si on se débarrassait d’un vulgaire détritus, mais avec un esprit de douceur et d’humilité.
C’est une loi, celle de Lévitique 26 :41 « Leurs cœur incirconcis s’humiliera et ils paieront la dette de leurs iniquités ».
Il y a bien deux phases successives à cette loi : D’abord on s’humilie, on change de cœur, et ensuite on paye, on rachète nos erreurs.
C’est exactement ce même état d’âme, que Jésus nous propose lorsqu’il nous invite à porter son fardeau « je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger ».
Sans un cœur doux et humble comme celui de Jésus on ne pourra jamais déposer son fardeau et trouver le repos.
Alors bien-sûr, avoir un cœur doux et humble demande, d’abord, de s’être repenti en profondeur.

Si nous continuons à apporter des offrandes amères, la dette que nous accumulons sera de plus en plus lourde, c’est un fardeau pesant qui crée des tourments ; et puis Jésus ne viendra pas l’enlever de sitôt puisque c’est à nous de faire le nécessaire : « Je te le dis en vérité, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé le dernier quadrant » (Matthieu 5, verset 26)
  • LE PAIEMENT DE LA DETTE


Lorsque nous accusons l’autre de créer des malheurs, nous lui mettons des dettes sur le dos.
Or, si Jésus nous incite fortement à remettre la dette à nos débiteurs, ce n’est pas un geste de cœur que l’on fait à l’autre, ni une grâce, une largesse, un excès de générosité.
C’est que les dettes que nous laissons aux autres sont en fait nos propres dettes.
Elles doivent être remboursées dans leur totalité.
«… ils paieront la dette de leurs iniquités, parce qu’ils ont méprisé mes ordonnances et que LEUR ÂME a eu mes lois en horreur » (Lévitique 26 :43).
Vous voyez, avec la dette il est question de l’âme qui s’est nourrie depuis longtemps de rancœur.
Et puis, n’allez surtout pas croire ce mensonge : que Jésus auraient détruit toutes les dettes en versant son sang sur la croix.

Sur la croix, Jésus a détruit la dette de tous ceux qui avaient contribué à sa mort de près comme de loin en confessant : « Père pardonne-leur ils ne savent ce qu’ils font ».
Mais tous ces gens pardonnés avaient accumulés aussi d’autres dettes ; et ils devront aussi s’en acquitter en pardonnant à ceux qui les ont offensés. Car c’est la loi de Christ, chacun doit payer jusqu’au bout, jusqu’au dernier quadrant, jusqu’à la dernière offense ;
Sinon, nous marchons en ennemi de la croix de Christ.
Donc en pardonnant, il faut bien comprendre que c’est nos dettes que nous effaçons.

La croix, représente bien deux parties comme deux bois différents : la partie divine et la partie humaine du paiement de la dette.
La partie verticale a été payée par Jésus-Christ sur la croix.
Mais la partie horizontale, c’est à nous humain de la payer ; et en effaçant nos dettes, l’œuvre de la croix sera complète.
La paix que Jésus-Christ a faite avec tous par le sang de la croix devient effective, si nous aussi nous pardonnons, Sinon Christ est mort et ressuscité pour rien.

Donc au final, nous ne devons rien devoir à personne.
Les seuls reproches que nous devons faire sont à nous-mêmes ; Nous excusant pour notre propre arrogance à juger l’autre moins digne que nous.

Cela peut paraître complètement absurde au premier abord, mais pour être apte à juger, il faut avant tout, arrêter de juger.
Pour être capable de juger les autres selon l’esprit, il faut avant tout, arrêter de les juger selon la chair.
Tant que nous sommes emprisonnés dans nos pensées de jugement nous ne pouvons pas être juge.

Dans nos sociétés humaines, un juge n’exerce pas son métier en prison, il le fait une fois libre, une fois rétabli dans sa fonction. 
Il ne juge pas celui qui a trop de dettes en étant lui-même accablé par les dettes, son verdict serait faussé et il y aurait là un manque évident de neutralité.
C’est la même chose d’un point de vue spirituel.
Tant que nous sommes dominés par des liens, nous ne pouvons agir librement en Christ. Et juger les autres est le lien le plus important qui existe pour soi-même, d’abord.

Et le pire dans tout cela, c’est que dès que nous mettons le pied à l’étrier, il est pratiquement impossible, sans un prodige de Dieu, de revenir à la raison.

Dans un premier temps, le fait de juger l’autre va provoquer des malheurs ; puis ces malheurs vont ensuite alimenter le jugement de celui qui les vit, parce qu’il va trouver encore plus de raisons de devoir juger les autres.
Et il redoublera de leçons de moral.
Il aura tendance à se dire :
« S’il m’arrive cette maladie, si je reçois ces mauvaises nouvelles, si je suis accablé par le chagrin : c’est la faute d’un tel.
Ensuite, ses accusations prendrons une autre forme, il se dira par exemple : « comme je suis dans l’épreuve et le manque, si un frère vient à m’ouvrir sa porte, attention qu’il le fasse comme je le conçois, sinon c’est qu’il a mauvais cœur, c’est que sa foi n’est pas affermie, c’est à lui de changer et de se repentir ». Il fera encore de la morale, toujours plus de morale, parce qu’il ne supportera plus la moindre contradiction.

Vous voyez, un tel croyant tourne en rond dans sa propre cellule ; et les chaines de ses pieds et de ses mains se resserreront de plus en plus; il verra le mal partout autour de lui et même dans les lieux, où autrefois il louait les bienfaits.
Tous ceux qui lui résisteront seront alors, mauvais à ses yeux.
Il bannira sa propre famille en pensant faire une œuvre juste, en pensant rendre gloire à Dieu.
En pensant se séparer du péché parce qu’il s’est séparé de personnes qu’ils jugeaient toxiques, il se créera de nouvelles dettes.
Et le point culminant est là : «  Ils vous excluront des synagogues; et même l'heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu ».
Se croyant persécutés, ils deviendront des persécuteurs.

Voilà le processus mental du jugement sur les autres. Vous vous créez une prison dorée au départ, dont vous ne pourrez plus vous échapper, et qui vous servira de tombeau, au final.

Dieu, ne nous a jamais condamnés et il ne nous condamnera jamais, mais il nous a avertis des conséquences ; il nous a montré le tableau de malheur qui est attaché aux mauvaises pensées sur les autres.
Nous sommes, je le répète, les seuls artisans de notre perte.
Nous n’avons pas besoin qu’on nous révèle un grand ennemi…C’est ce qui émane de notre cœur, puis de notre bouche qui vient nous combattre.

Alors, n’en voulez à personne de ce qui vous arrive, si ce n’est à vous-mêmes et remettez les dettes aux autres en vous réconciliant avec eux.
Si, physiquement cela est impossible, c’est en priant pour eux, en priant pour que le bien leur arrive que vous sèmerez de bonne chose dans votre cœur.
Vous aurez agi selon la loi de Christ, vous aurez libéré vos pensées de la prison et lavé votre âme de la souillure; alors, Christ vous purifiera en retour.
Amen.

dimanche 7 juin 2020

LA TENTATION DE JEAN-BAPTISTE (DIEU OBJET DE SCANDALE)


334
Par Eric Ruiz

Aujourd’hui, nous allons partir d’une méthode de lecture biblique, nouvelle, que le Saint-Esprit m’a montré : Les versets et chapitres miroirs.


Si vous projetez dans un miroir par exemple le chapitre 11 verset 24, cela donnera le chapitre 24 verset 11 ; J’ai pris cet exemple parce que ces deux références de l’Evangile de Matthieu, je les ai mis en relation le 24 mai  pour expliquer ce qu’est l’abomination dans les 70 semaines de Daniel.

En fait, le miroir nous renvoie notre image naturelle ou charnelle, pour un but : que nous voyons nos péchés face à face pour nous en séparer.
Jacques, l’apôtre le disait bien :
« Car, si quelqu'un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s'être regardé, s'en va, et oublie aussitôt quel il était ».

Alors commençons notre effet miroir:
Matthieu 6 :11 : « Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien »
Matthieu 11 :6 : c’est Jésus qui parle « Heureux celui pour qui je ne serai pas une occasion de chute! (une occasion de scandale)»
Voilà, la scène est posée.
Nous avons ici, deux versets et deux chapitres miroirs qui au premier abord semblent sans aucun rapport ;

Mathieu 6 :11 c’est une prière adressée au Père ; Matthieu 11 :6 c’est Jésus qui traite de bienheureux ceux qui ne seront pas scandalisés par lui.

Mais, quand on y regarde bien, il y a une  loi de causalité cachée derrière; ou si vous préférez, une situation de cause à effet entre le fait de prier pour obtenir sa nourriture quotidienne et le résultat qui est : d’en perde la foi ;
Puisqu’un croyant qui chute, qui tombe,  qui se scandalise contre son propre Dieu, c’est bien une perte de foi qu’il éprouve alors.
Donc, si on essaye de comprendre : Une personne qui prie, « donne nous aujourd’hui notre pain quotidien » s’attend naturellement à être exaucée dans sa prière ; elle s’attend à ne pas être dans le besoin, mais à recevoir de son Seigneur, de son Dieu, un salaire, un revenu, un travail qui va lui permettre d’acheter de la nourriture et d’être bien considérée parce qu’elle n’est pas dans le besoin. Or, c’est tout le contraire qui va se produire.
La disette, le manque, la ruine… pour un croyant c’est un affront à sa foi, c’est une malédiction.

Pour une très large majorité, cette situation d’appauvrissement, marque une terrible incompréhension.
Qui ne connait pas le Psaume 37 verset 25 ?

« J'ai été jeune, j'ai vieilli; Et je n'ai point vu le juste abandonné, Ni sa postérité mendiant son pain.»

Et le voilà, justement, ce juste, à devoir mendier sa nourriture, à devoir réclamer de l’aide pour obtenir à manger.
Force est de constater que cette humiliation amène ou amènera des croyants à perdre la foi.
Pour eux, ils sont devenus pire que des malheureux, des parias.
Comment peuvent-ils encore être justes aux yeux de Dieu et par conséquent aux yeux des autres croyants en vivant cet affront ?

Pourtant, si on continue à lire avec attention Matthieu Chapitre 11 après le verset 6, nous pouvons constater que Jésus va en profondeur et explique ce qui se passe dans le cœur de ces croyants-là, car on le comprend bien, c’est dans le cœur que se trouvera la solution.

Jésus fait exprès de prendre l’exemple de la richesse matérielle qu’ont ceux qui habitent avec les rois.
 « Ceux qui portent des choses précieuses sont dans les maisons des rois » dit-il; et il a l’air de dire de ne pas être scandalisé parce que Jean était plus qu’un prophète.

Ce que Jésus semble dire sans le dire explicitement : c’est que la condition plus que rudimentaire de Jean-Baptiste (qui après avoir habité le désert, se nourrissant de sauterelles, finira même en prison) n’était pas une occasion de rébellion pour lui, il n’était pas scandalisé de sa condition puisque l’essentiel était fait : 
Il faisait la volonté de Dieu et il exerçait pleinement son rôle de prophète et même plus, puisqu’il avait préparé le chemin de Jésus.
Or, très curieusement, Jean-Baptiste pose quand même la question aux disciples, parce qu’il se demande, lui étant enchaîné en prison, s’il y a un autre Christ qui doit venir.
(Je vous avoue que jusqu’à maintenant je n’ai jamais compris ce passage et obtenu de réponse satisfaisante)
Mais lui aussi s’impatiente et aspire à la liberté, lui aussi montre à ce moment-là qu’il a cette tentation vis-à-vis de sa condition. Il ne pèche pas, mais il est tenté, car il se demande si un autre Christ ne viendra pas le libérer de cette condition liée à sa situation de prisonnier, qui l’empêche d’agir, qui l’empêche d’annoncer l’Evangile.

Alors Jésus prend son exemple personnel pour que les disciples aillent dire à Jean comment il fait la volonté du Père : les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, « les sourds entendent, et les morts sont ressuscités, et l'évangile est annoncé aux pauvres ». …c’est une manière de dire que la condition du disciple est entre les mains du Père et que Jean même emprisonné peut faire la même chose, il le peut lui aussi, car en prison, il y a des malades, des sourds, des décès et l’évangile peut être annoncé aussi là, même en prison. C’est une condition que Dieu veut pour lui.

Donc, pour résumer : le fait de juger sa condition et celle des autres par rapport à des choses matérielles, nourriture comprise (comme considérer aussi, la bénédiction par l’abondance de biens et de confort) doit faire comprendre à celui qui pense ainsi, que sa foi est fausse et qu’il ne fait pas la volonté de Dieu puisque ses yeux sont centrées sur sa condition, sur sa situation du moment.

C’est vrai aussi, que dans les assemblées chrétiennes, c’est une tradition de pointer du doigt celui qui se retrouve démuni.
Le grand paradigme religieux actuel attribue la pauvreté à l’échec, au manque de foi (on juge ainsi ceux qui ne sont pas béni : leur manque de confort monterait leur manque de foi).
Là aussi les démons sont mis au premier rang ; on les laisse dénoncer et accuser celui qui a tendance à s’appauvrir. Et on le culpabilise avec Matthieu 6 :33 en lui disant de s’occuper du royaume de Dieu et de sa justice et tout le reste lui seras donné par-dessus.

De quelle nourriture avons-nous besoin réellement ?

Je vous rappelle un passage  dans l’Evangile de Jean au chapitre 4 à partir du verset 32 où les disciples pressent Jésus de manger, car eux, ils ont faim.
Ils ont les yeux sur leur condition.
Et quand Jésus leur dit qu’il a à manger « une nourriture qu’ils ne connaissent pas », eux ils pensent qu’on lui a déjà donné à manger.
Mais verset 34 Jésus leur dira : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ».

Alors, revenons aux chapitres et aux versets 11 et 6. Nous avons-là deux chiffres. Le 11 (j’en ai déjà parlé dans de nombreux messages : c’est le nombre du jugement ; et le 6 qui est le chiffre du caractère de l’homme naturel soumit à ses instincts, à ses désirs, à ses pulsions,)
Donc, l’association de ces deux nombres (11:6 ou 6 :11) nous montre un jugement pour celui qui a un caractère charnel, très humain et pas du tout un caractère spirituel, de disciple.

Attention, je ne suis pas en train de me moquer de celui qui reçoit ce châtiment d’appauvrissement, ou pire, de le condamner définitivement.
C’est un enfant de Dieu qui s’est éloigné de son Père céleste parce qu’en étant dans le confort, il se croyait sous sa bénédiction.
C’est pour cela que la chute est d’autant plus haute et douloureuse. C’est qu’il avait mis sa confiance dans sa condition…Alors, « Il ne sait plus vers quel saint se vouer ». Il ne sait plus où il en est spirituellement ; Et d’où proviendrait son erreur ?

Voilà ce que je viens de recevoir :
C’est une situation salutaire que beaucoup vont rencontrer.
Car c’est toujours dans la détresse qu’un sauveur nous vient en aide, (si bien-sûr on demande de l’aide).

Et la détresse se fait voir avec le PIB (le produit intérieur brut) qui devrait chuter de 11% cette année (du jamais vu en France). 11 millions de français se sont retrouvés en chômage partiel. Ce sont des chiffres donnés au 1er jour du déconfinement, le 11 mai 2020.
Le ministre parle « d’une crise économique brutale dont on ne mesure pas encore tous les effets ».
On voit le choc, mais il y a l’onde de choc, qui lui, crée des perturbations incontrôlables ; vous savez :c’est comme dans un accident de voiture.
La personne peut avoir l’apparence d’être hors de danger et sans le soupçonner, cachée de nombreux réactions d’hémorragie interne.
On ne saura, parfois que bien plus tard, que des organes vitaux ont été touchés et la personne décédera de ses blessures qui ont demeurées invisibles.

Eh bien, c’est ce qui ce passe économiquement : on ne saura que bien plus tard les conséquences désastreuses occasionnées par ce fléau sanitaire.
Donc, je ne suis pas en train de lire dans le marc de café pour vous annoncer des temps économiques catastrophiques, cela se voit, c’est ce qui préoccupent la majorité des gens de tout bord aujourd’hui.

Mais mon devoir est de vous avertir que beaucoup de croyants se retrouveront dans la pauvreté, alors qu’ils pensaient être protégés d’une telle honte (parce qu’ils considèrent cela, je le répète, comme honteux).
Et si vous êtes touchés et si je suis touché… d’abord, ce ne sera pas le fruit d’un hasard ; et ensuite, et surtout notre réaction montrera si notre condition compte plus que celle de faire la volonté de Dieu.
En tous les cas, pour la grande majorité, ce sera le signe évident d’un abandon. Ils crieront eux aussi «  Père pourquoi m’as-tu abandonné ?»

C’est le scénario identique à celui du  roi de Juda, Roboam. Une fois devenu fort et puissant, Roboam abandonna Dieu. Et la conséquence : c’est que cinq ans après, la ruine s’abattit sur lui ; et il réalisa comment Dieu aussi l’avait abandonné, puisqu’il devint l’esclave d’un Roi d’Egypte.
La honte, pour lui, c’est voir sa puissance qui le rendait invincible, s’effondrer.
La grandeur de sa foi s’est montrée aux yeux de tous : elle reposait uniquement sur sa force et son assurance.
Il avait abandonné Dieu, car il s’appuyait sur ses richesses extérieures et intérieures (sa convoitise). Sa désillusion et celle des judaïtes fut donc brutale et violente, puisqu’ils perdirent tout (le trésor du temple, le trésor du roi et la souveraineté).

Donc, on ne devient pas victime par fatalité ou à cause des autres ; on devient victime que de soi-même. L’abandon est toujours au départ provoqué par celui qui se croit abandonné.

Par conséquent, deux cas de figure se présentent, si nous tombons dans la disette et le manque comme les non croyants.

1er cas de figure : nous nous satisfaisons très bien de c’qui nous arrive. Nous sommes comme Jean-Baptiste, rivés sur notre mission ; et nous ne revendiquons aucun confort matériel pour faire la volonté de Dieu. Tout va bien.
2ème cas de figure : Nous sommes insatisfaits, frustrés. Cette condition inférieure nous accuse et nous accable.
Notre état d’âme va alors jouer le rôle de révélateur de notre conduite qui n’est pas bonne car nous avons continué malgré les avertissements de Dieu à nous confier dans nos richesses plutôt qu’à faire sa volonté.

C’est très important de voir les choses ainsi.

Où avons-nous placé le curseur de la bénédiction ? Sur les richesses matérielles ou sur les richesses spirituelles ?
Sommes-nous venus à Christ pour avoir une meilleure condition de vie ? (un meilleur travail, une maison plus grande, une église renommée, des enfants qui grimpent les échelons de la société…) ou pour faire sa volonté quel qu’en soi le coût à payer (manger son sang et sa chair)?

Pourquoi voir les choses ainsi ?

Parce que voir les choses autrement c’est encore prendre d’autres détours. En se posant les bonnes questions, le chemin est plus court et moins douloureux, ;
Cela fait gagner du temps et cela réduit considérablement notre temps de détresse.
Chacun doit reconsidérer très rapidement ses intentions profondes.

Et là, si Christ est pour moi une protection sociale, une assurance vie, un frigo toujours plein, bref un nouveau moyen de convoitise alors, la question doit couler de source: « Pourquoi ai-je offensé mon Dieu à ce point-là ? qu’est-ce qui ne va pas en moi ? »

La contrition, le cœur contrit est le seul remède.

La lumière de la condition en générale, arrive la fin du chapitre 11 de Matthieu, Jésus nous montre, alors, la bénédiction réelle que Dieu promet à ceux qui viennent à lui : ce n’est pas un changement de condition sociale et économique, mais bien un changement d’état d’âme.

Matthieu 11 :28-30 ; « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger ».

La promesse divine est que nous prenons son fardeau et lui le nôtre.
C’est un fardeau qui ne pèse pas lourd, facile à porter, puisque c’est d’avoir bien peu de soucis, beaucoup de repos, c’est-à-dire peu de combats, peu d’activité stressante et éreintante et le tout dans une ambiance de douceur et d’humilité.
On est quand même loin de la Cadillac, des premières places et de la grande villa sur les iles du Pacifique que certains promettent aux élus.
C’est vrai que Dieu souhaite nous donner tout ce que notre cœur désire (mais tout ce qu’un cœur régénéré désire).


Maintenant et pour finir : il y a Apocalypse 12 :6 qui nous renvoie à une drôle de nourriture. « la femme s'enfuit dans un désert, où elle a un lieu préparé de Dieu, afin qu'on la nourrisse là mille deux cent soixante jours ».

Nous savons par le verset précèdent, que cette femme a eu un fils qui est monté vers Dieu et qui doit gouverner les nations. Donc ce fils, c’est le nouvel homme né de l’Esprit. La femme représente tous ceux qui sont nés d’en haut formant cette Eglise, cette épouse. Ils seront à un moment donné obligés de fuir ; Fuir non pas dans le but d’échapper à une catastrophe, mais parce que la vie fera qu’ils seront obligés de s’adapter, de chercher autrement et ailleurs. Ah, Ils ne fuiront pas vers des palais et des châteaux dans des paradis fiscaux, non, dans des déserts, des endroits qu’eux seuls vont connaître (adapté à chacun) où ils dépendront complètement de Dieu pour leur nourriture spirituelle mais aussi pour leur travail, pour leur moyen de subsistance ; et cela pendant 3 ans et demi (mais ils ne seront pas dans le manque et la disette).

J’insiste parce que ce temps est lui aussi un jugement, qui a séparé deux sortes de croyants : ceux qui font la volonté de Dieu, en prenant la nourriture céleste, et les autres toujours centrés sur leur condition, sur la nourriture terrestre.
Et revoilà apparaître cette fameuse marque de la bête : Ceux qui sont accaparés par leur condition de vie.
D’ailleurs, c’est ce que le diable, le dragon essaie de manger. Il veut manger la consécration de celui qui est né d’esprit pour le recentrer sur ses conditions d’existence. « Regarde ton existence, pour un disciple de Christ, ce n’est pas glorieux » (là, c’est le diable qui vous parle).
« Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant ». Satan dévore le Saint-Esprit (l’enfant) lorsque nos richesses ne deviennent plus que matérielles.

Le verset miroir d’Apocalypse 12 :6 est 6 :12 ;
Et il nous dit : «  quand il eut ouvert le sixième sceau, et voici, il se fit un grand tremblement de terre, et le soleil devint noir comme un sac fait de poil, et la lune devint toute comme du sang. »

C’est cet aveuglement général (le soleil noir) ;Le temps de détresse (le grand tremblement de terre) et le fait que les croyants soient à verser leur sang (la lune comme du sang) qui déclenche la fuite dans le désert et l’ouverture du sixième sceau.

Ayons donc du discernement pour savoir dans quel temps nous vivons et surtout pour reconnaître si nous avons perdu la foi en ayant nos yeux accaparés par nos conditions d’existence ou si nous sommes en train de la retrouver par une contrition salutaire, ou encore si nous sommes déjà nourris dans un désert préparé.
Amen