dimanche 19 juillet 2020

Le nombre 13 : LA JUSTICE et L'INIQUITÉ

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Par Eric Ruiz

 

« Les lèvres justes sont le plaisir des rois, et le roi aime celui qui parle droitement. »

Ce verset 13 du chapitre 16 des Proverbes, place le parler juste, au sommet du pouvoir. La justice n’est pas le fait d’un hasard des rencontres mais bien, le choix délibéré de toute personne désirant s’élever.

Et pourtant, combien pensent (et dans tous les milieux) que la justice intervient selon une loi hasardeuse et providentielle (j’ai été volé, j’ai obtenu justice, j’ai eu de la chance !) ; ou que l’on peut détourner la justice, car mentir à certains moments peut s’avérer être la meilleure des réponses (je ne voulais pas l’attrister, j’ai préféré lui mentir).

 

Mais les nombres parlent aussi: Je suis toujours aussi étonné de voir comment les nombres peuvent être associés au malheur ou au bonheur. Le fameux nombre 13, relié au bien connu vendredi 13 et à son lot de superstitions :  Il en a évoqué des scénarios catastrophes.

D’un côté un nombre qui évoque la malédiction, et de l’autre, la bénédiction :

On va refuser, par exemple, un treizième couvert à table en pensant à la trahison de Jésus, mais on va se ruer dans les bureaux de tabac pour acheter un billet de loto car on pense à un jour semblable aux sommes à gagnées, un jour providentiel.

La chance d’un côté, la malchance de l’autre. Qui et quoi croire dans cet imbroglio ?

Oui, il est en effet question de malheur et de bonheur, avec ce nombre, je le crois, mais le tirage au sort n’existe pas. Il n’y a qu’une seule alternative possible : la justice ou l’iniquité.

Le 13 dans la Bible évoque la justice de Dieu et à l’opposé, il pointe l’iniquité (la justice des hommes corrompus).

La vraie justice, la justice divine ne repose pas sur le hasard et encore moins sur des soi-disant privilèges octroyés par des soi-disant prédestinés.

·       Nous sommes les acteurs de notre destinée car nous provoquons nous-mêmes notre jugement.

 

Genèse13 :13 « Les gens de Sodome étaient méchants, et de grands pécheurs contre l'Eternel. » Résultat : Sodome a été détruite.

«  Le pays sera dévasté à cause de ses habitants, à cause du fruit de leurs œuvres » (Michée 7 :13)

« A cause de », il y a toujours une raison à tout et cette raison s’appelle l’iniquité.Ce n’est pas moi qui l’affirme sans réfléchir, je le dis avec la Bible à la main.

Osée 10 :13 «  Vous avez cultivé le mal, moissonné l’iniquité, mangé le fruit du mensonge ».

Voilà ce qui fait pencher la balance de la justice du mauvais côté : Avec le 13, le mal est cultivé et consommé.

Jésus, pour connaître ceux qui était sous une malédiction ou une bénédiction, ne leur demandait pas s’ils croyaient en lui, ou s’ils lisaient la Thora ou s’ils priaient tous les jours, il posait une question très simple : « … Jésus demanda à ses disciples: Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'homme? » (Matthieu 16 :13).

A la réponse de Pierre, qui lui dit qu’il était le Christ, Jésus, lui répondit qu’il était « heureux » d’avoir eu cette révélation de l’esprit et non de la chair. Donc, ne pas y voir Christ montre bien le malheur, le malheureux.

De la même manière un chapitre plus loin, Matthieu 17 :13 « Les disciples comprirent alors qu'il leur parlait de Jean-Baptiste. » lorsqu’il évoquait le prophète Elie.

La justice de Dieu ouvre les yeux et l’intelligence.

Proverbes 3 :13 : «  Heureux l'homme qui a trouvé la sagesse, Et l'homme qui possède l'intelligence! »

L’injustice, l’iniquité, elle, rend aveugle et bornée ;

Dans Actes 13 :11

Paul,  face à un « homme plein de toute espèce de ruse et de fraude, fils du diable, ennemi de toute justice », lui dit : « 11Maintenant voici, la main du Seigneur est sur toi, tu seras aveugle, et pour un temps tu ne verras pas le soleil. »

L’intelligence opposée à la cécité : c’est ce que veut nous faire comprendre le nombre 13, qui s’affiche en premier par nos croyances.

Ce que nous croyons comme juste, pur ou impur va révéler l’iniquité ou la justice que nous avons choisie ; et ce n’est pas le mauvais sort, ou la bonne étoile qui en est l’auteur.

Trop facile aussi de rejeter la faute sur les mauvais esprits qui viendraient à être trop menaçant.

Proverbes 13 :13 « Celui qui méprise la parole se perd, Mais celui qui craint le précepte est récompensé. »

Nous manifestons toujours ce que nous avons dans le cœur : le mépris s’exprime par la violence, l’accusation… mais aussi, par une réponse inadéquate, ou encore, par une foule de questions dont les réponses ne satisferont jamais celui qui les posent.

L’injuste se dévoile, il montre qu’il est perdu et dépendant des autres.

La crainte de Dieu s’exprime, elle aussi, mais par une récompense ;

A la différence, c’est que celui qui a vraiment la crainte de Dieu n’est pas à chercher les réponses dans sa vie et à dépendre d’un tel ou d’un tel pour faire des choix. Il connait Galates 5 :13 intuitivement ; donc il sait que la liberté en Christ, c’est d’abord de se rendre serviteur les uns des autres.

Dieu ne tient pas les comptes au hasard :

Jérémie 33 :13 « Les brebis passeront encore sous la main de celui qui les compte, dit l’Eternel ».

Dieu tient les comptes de nos actes (que nous soyons croyants ou non croyants).

Alors je ne reviens pas sur la notion très importante d’iniquité, pour en avoir largement parlé dans mon dernier message sur « les hommes de l’ombre », mais elle se voit aussi par nos choix, et le résultat de nos choix s’exprime à travers:

Le salaire de l’iniquité. Le malheur ne touche pas au hasard.

« Celui qui rend le mal pour le bien le mal ne quittera point la maison. » (Proverbes 17 :13)

« Celui qui ferme son oreille au cri du pauvre criera lui-même et n'aura point de réponse » (Proverbes 21 :13).

« Leur langue n'est que tromperie dans leur bouche.
C'est pourquoi je te frapperai par la souffrance, Je te ravagerai à cause de tes péchés » (Michée 6 :13)

Dès que nous prenons parti pour une cause injuste, nous devenons iniques et la malédiction s’attachera à nous.

C’est la loi de Christ, celle qu’il a adopté au départ : l’alpha et c’est celle qui finira le cycle : l’Omega (Apocalypse 22 :13)


·       Le tribunal de Christ

Certains, je sais attendent un tribunal qui se fera en dernier, au temps de la fin.

Mais ce tribunal est déjà constitué depuis le départ et il n’arrête pas de fonctionner sur terre, pour chaque génération.

Ephésiens 5 :13 : « Tout ce qui est réprouvé apparait en pleine lumière, car tout ce qui est ainsi manifesté est lumière ».

Voilà comment la vie terrestre sert de lumière pour le tribunal de Christ.

Christ en a donné, donc, tous les éléments.

L’équité selon Dieu commence avec ce verset de Paul :

« Ce ne sont pas, en effet, ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés »(Romains 2 :13)

Et qui peut être justifié ? Tous, sans exception, nous le pouvons.

« Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. »(Romains 10 :13).

Qui siège aux instances judiciaires ?

2 Corinthiens 13 :1 «  toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins ».

Y-a-t-il d’autres juges ? Oui, soi-même,

2 Corinthiens 13 :5 : «  Examinez-vous vous-mêmes pour savoir si vous êtes dans la foi. Eprouvez-vous vous-mêmes »

Voilà les éléments essentiels du jugement.

Mais ce jugement serait incomplet si on ne faisait pas mention des 4 êtres vivants.

Je vous rappelle que ce jugement est exercé par la parole révélée (1er être vivant), la communion fraternelle, la fraction du pain et les prières.

Et ce jugement est juste pour tous, car :

 « toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s'y trouve, je les entendis qui disaient : A celui qui est assis sur le trône, et à l'agneau, soient la louange, l'honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles! Et les quatre êtres vivants disaient: Amen! «  (Apocalypse 5 :13)

Alors ceux qui se croient justifiés parce qu’ils agissent soi-disant pieusement, encore faut-il que leurs intentions soient justes et qu’ils ne cachent rien.

Ezéquiel 33 :13

« Lorsque je dis au juste qu'il vivra, -s'il se confie dans sa justice et commet l'iniquité, toute sa justice sera oubliée, et il mourra à cause de l'iniquité qu'il a commise. »

Le nombre 13 est un nombre implacable. Dieu ne laisse pas la place à l’à peu près et ne se laisse pas intimider par des prières sans profondeur.

Dès que l’iniquité entre dans l’assemblée, Dieu est-il conciliant ? Se laisse-t-il fléchir par les remords de certains ?

Paul, inspiré par l’esprit affirme :

« Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous. » (1 Cor 5 :13)

Juges 20 :13 « Livrez maintenant les gens pervers qui sont à Guibea, afin que nous les fassions mourir et que nous ôtions le mal du milieu d'Israël. »

Pourquoi Dieu est-il si tranchant avec ceux qui font le mal ?

2 Timothée 3 :13 «les hommes méchants et imposteurs avanceront toujours plus dans le mal, égarant les autres et égarés eux-mêmes ».

Dieu ne fait-il pas, alors miséricorde même au méchant ?

« le jugement est sans miséricorde pour qui n’a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement » (Jacques 2 :13).

Donc la question est : le méchant est-il capable de miséricorde ? La réponse ne fait aucun doute : sépare-toi de lui.

Pourquoi s’en séparer ?

Pour qu’il puisse porter la peine de son iniquité. La loi de Moise le dit : « celui qui sera retranché portera la peine de son iniquité »

De même quand nous nous déplaçons de maisons en maisons, devons-nous être indulgent et rester en acceptant l’opprobre, les insultes ?

« si la maison en est digne, que votre paix vienne sur elle; mais si elle n'en est pas digne, que votre paix retourne à vous » (Matthieu 10 :13).

Il n’y a pas de compromis, mais un jugement juste qui a identifié le mal.

Le mal est identifié par les paroles trompeuses, par ce qui est produit et manifesté.

« Leur gosier est un sépulcre ouvert; Ils se servent de leurs langues pour tromper; Ils ont sous leurs lèvres un venin d'aspic; » (Romains 3 :13)

« Ils produisirent de faux témoins, qui dirent: Cet homme (Etienne) ne cesse de proférer des paroles contre le lieu saint et contre la loi; » (Actes 6 :13)

2 Cor 11 :13 : « Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs déguisés en apôtre de Christ ».

Alors attention, pas d’amalgame, il ne faut pas confondre l’impie avec l’incrédule.

L’incrédule agit en étant persuadé de faire le bien, mais il n’a pas un cœur trompeur comme celui qui aime l’iniquité.

Paul, nous dit 1 Timothée 1 :13, qu’il « était auparavant un blasphémateur, un persécuteur, un homme violent, mais il agissait par ignorance et incrédulité », pas par malice.

« Les impies se livrent à la colère. Ils ne crient pas à Dieu quand il les enchaîne. » (Job 36 :13)

Le feu de l’épreuve révèle lui aussi le cœur, car poussé dans ses retranchements, l’impie ignore Dieu.

Cela rejoint les Évangiles où deux sortes de religieux venaient voir Jésus.

Le premier, manifestait de la malice :

« Quelqu'un dit à Jésus, du milieu de la foule: Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. » (Luc 12 :13)

Cet homme au premier abord cherchait à faire le bien, la justice, mais quelle justice ? La sienne. Et Jésus l’a très vite remarqué

Puisqu’il rétorqua : « Gardez-vous avec soin de toute avarice ».

Eh oui, son cœur était trop attaché à ses richesses terrestres.

 « Il est un mal grave que j'ai vu sous le soleil: des richesses conservées, pour son malheur, par celui qui les possède. »(Ecclésiaste 5 :13 )

Un autre homme vint aussi vers lui, un publicain :

« Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. » (Luc 18 :13)

Vous voyez deux attitudes différentes. La première, un individu vient haut et fort, du milieu de la foule, réclamer son droit, sa part d’héritage ; la deuxième c’est un publicain qui n’ose s’approcher de près et qui n’ose lever la tête, et qui supplie d’avoir droit à la paix. Il ne réclame pas, il supplie.

Dans les assemblées, combien aujourd’hui se tiennent debout les mains et le regard vers le ciel en réclamant leur droit ? Ils réclament justice, ils réclament la grâce, ils réclament leur héritage, ils revendiquent le royaume. Mais qui sont-ils pour agir ainsi ? Ne devraient-ils pas se courber en deux et se frapper eux aussi la poitrine ?

L’arrogance et la tromperie se sont généralisées, au point où Jésus affirme  dans Matthieu 24 13 : que « celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » ; mais persévérer de quoi ?

Au verset 12 Jésus dit : « parce que l’iniquité se sera accrue… ».

C’est donc en s’éloignant constamment de toute iniquité que le salut sera possible, pas autrement.

Nous sommes dans ce temps ténébreux où règnent des êtres malicieux, calculateurs, revendiquant leur droit, leurs richesses, mais dont l’amour s’est refroidi.

Les gens ne donnent plus que pour soulager leur conscience ou redorer leur réputation.

Alors manifestons la justice de Dieu à travers les actes du Saint-Esprit, et des actes, il y en a pléthore. Les versets 13 du Nouveau Testament en regorgent. 

Parmi eux :

« Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jean 15 :13)

« et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils »(Jean 14 :13)

« Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. » (Luc 14 :13)

« Pourvoyez aux besoins des saints. Exercez l'hospitalité. » (Romains 12 :13)

« Ne nous jugeons donc plus les uns les autres; mais pensez plutôt à ne rien faire qui soit pour votre frère une pierre d'achoppement ou une occasion de chute. » (Romains 14 :13) 

 « Marchons honnêtement, comme en plein jour, loin des excès et de l'ivrognerie, de la luxure et de l'impudicité, des querelles et des jalousies. » (Romains 13 :13)

Toutes ces choses manifestent l’amour et la justice, mais est-il si nécessaire que cela, de rappeler ces versets ? Un croyant justifié et qui a été ensuite purifié ne peut-il pas de lui-même avoir « le vouloir et le faire » pour vivre ces choses sans un prescripteur derrière lui, pour lui répéter constamment  ce qu’il doit faire?

Car : « Quand le consolateur sera venu, l'Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu'il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir » (Jean 16 :13).

C’est le consolateur, l’esprit de vérité qui nous inspirera à prier pour d’autres, à imposer les mains, à chasser les démons, à oindre d’huile un malade comme le Père le montrait à Jésus. L’esprit de vérité nous montrera alors les actes justes comme :

« Et il lui imposa les mains. A l'instant elle se redressa, et glorifia Dieu » (Luc 13 :13).

« Va, qu'il te soit fait selon ta foi. Et à l'heure même le serviteur du centenier fut guéri. » (Matthieu 8 :13)

« Ils chassaient beaucoup de démons, et ils oignaient d'huile beaucoup de malades et les guérissaient. »(Marc 6 :13), etc etc.

L’esprit de vérité nous mettra à cœur aussi d’agir avec vérité dans les moments difficiles.

« calomniés, nous parlons avec bonté; nous sommes devenus comme les balayures du monde, le rebut de tous, jusqu'à maintenant. » (1 Cor 4 :13)

« Et qui vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien? » (1 Pierre 3 :13)

« Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, »(1Pierre 4 :13).

Voilà comment le nombre 13 révèle la justice de nos choix ; comment il révèle la pureté de notre cœur. Sommes-nous agréable à Dieu, ou sommes-nous centrés sur nos richesses ?

Je finirai par cette exhortation de Paul pour l’exercice de la justice divine dans Romains 6 :13 « Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d'iniquité; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. »

Amen.

dimanche 12 juillet 2020

LES HOMMES DE L’OMBRE (qui tire les ficelles ?)

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Par Eric Ruiz

Les chrétiens aujourd’hui reçoivent un commandement de leur responsables : « c’est la fin du temps des nations, nous devons annoncer l’Evangile, nous devons prêcher partout que Christ revient ! »


Prêcher, d’accord, mais quel Evangile ?
Est-ce celui de se repentir et de se tourner vers Christ ?
D’accord… mais pourquoi ceux qui annoncent l’Evangile sont-ils autant concernés que les autres ?
Jean-Baptiste ne prêchait-il pas lui aussi la venue de Christ ?
Bizarre, car il ne l’annonçait pas du tout comme le prêche aujourd’hui les chrétiens.
Lui, il disait :

Déjà la cognée (la hache) est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu."

Cet avertissement du prophète est devenu célèbre et a traversé les siècles en passant même dans nos expressions courantes pour signifier : commencer un travail de démolition.

Est-il nécessaire d'expliquer ce verset alors que la métaphore est si claire ?
L'arbre, on le sait bien, a pris le rôle d'un autre.
Il faut rappeler le contexte de cet avertissement funeste :
"Voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, Jean-Baptiste leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?"

Voilà ce que voit venir à lui le prophète : des arbres de l’ombre, des hommes de l’ombre. Ils ont une noirceur qu’ils essaient de dissimuler. Cette noirceur c’est : L'INIQUITÉ.

L’homme de l’ombre (comme la femme aussi) agit caché, son feuillage est épais et imposant et il produit en proportion une ombre tout aussi importante.
Cette ombre qu’ils ont avec eux, c’est l’iniquité qui se multiplie et produit ses effets : une colère animée par un jugement divin.
Dans le concret :
« L’impie est brisé comme un arbre » (Job 24 :20)
L’impie ici, c’est le même mot hébreu qu’ iniquité :  « ‘evel » ;
Donc, c’est la même signification.
  • L'iniquité qu’est-ce que c’est ?

Bien-sûr l'iniquité est pécher, mais c'est une forme particulière du péché.
Le péché c’est la désobéissance envers Dieu.
L’iniquité, quant à elle, fait appel à l’injustice. C’est une personne qui connait le droit, le droit divin, mais qui pratique son propre droit. L’iniquité renvoie donc à la corruption.

Les pharisiens et les sadducéens connaissaient la loi de Moïse, mais quand ils se présentent devant Jean-Baptiste, leur hypocrisie est nauséabonde. Ils sont corrompus, car derrière leur allure de « saints hommes » se cachent des intentions malhonnêtes.
Mais comment est brisé celui qui commet l’iniquité ?
On nous dit qu’il est brisé comme un arbre.
La cognée quand elle frappe, va créer à un moment donné un bruit impressionnant : l’arbre craque avant de tomber ; les craquements, ce sont les bruits de scandales que nous entendons qui retentissent si fort.

De nos jours cette expression : « la cognée est mise à la racine des arbres » est encore plus d’actualité : Notre société est qualifiée de corrompue, mais pas en partie, de A à Z.
Elle est vomissable et les derniers événements liés au Covid-19 n’ont fait que de donner de l’eau à ce moulin immonde.
Ne vous-y trompez pas les premiers concernés sont les croyants eux-mêmes. « Pharisiens et sadducéens » ont des noms différents au vingt et unième siècle, c‘est : catholiques, protestants, évangéliques, mormons, orthodoxe, juifs, etc.. des centaines et des centaines de dénominations.
Mais le jugement s’abat en premier sur la maison de Dieu.
Celui qui est corrompu et qui par son impunité se croit saint est en danger de mort. De mort physique et de mort spirituelle.
Jésus, appelle ceux qui pratiquent l’iniquité : des voleurs.
Le voleur dans ce cas-là agit en mercenaire dans un troupeau. Il s’empare de quelques brebis perdus et fait fuir les autres (parabole de la porte et du bon berger de Jean 10).

Alors, on voit déjà un peu partout quelques arbres tomber ; c’est un juste retour des choses (c’est vrai).
Car, après avoir égaré certaines brebis et fait fuir les autres, les voilà eux-mêmes perdus, abandonnés et obligés de fuir ; ce sont des prédicateurs qui perdent leurs églises, des prêtres obligés de démissionner, puis emprisonnés pour pédophilie, des pasteurs traînés en justice pour avoir détourner l’argent du culte à leur profit, ou fait du blanchiment d’argent etc, etc

Mais c’est juste l'arbre qui cache la forêt.

Pourquoi ?
Parce que l’iniquité a frappé beaucoup plus de monde qu’on le pense et pas seulement les têtes d’affiche.
  • Les hommes de l’ombre

Comme je le disais, il y a des hommes de l’ombre, comme des femmes de l’ombre et tous ces gens agissent incognito, en sous-main, ils sont légions. Mais on ne les connait pas, ou très peu, ils n’ont, en fait, pas officiellement la fonction qu’ils exercent et passent pour des saints, pour des personnes providentielles, des bienfaiteurs.
Pourtant, bien souvent ce sont eux qui donnent les idées, qui inspirent les pires stratégies, qui ont les cartes en main et qui poussent à la décision, leur supérieur ; ce sont eux souvent les plus iniques.
Le premier homme de l’Elysée on le sait ne fait rien sans les conseils d’un groupe de conseillers, comme aussi sans l’appui de son chef de cabinet, qui lui-même tient conseil d’autrui.
Qui tire les ficelles, alors ?
Des hommes de l’ombre.

Le parrain, le chef de la mafia a ses informateurs, ses agents doubles, ses infiltrés, qui sans faire de bruit, ont les oreilles qui traînent partout, et ils sont d’autant plus efficaces, qu’ils prennent la couleur, des murs qui les entourent. C’est eux, qui vont influencer le parrain dans ses prises de décisions.
Personne n’irait soupçonner par exemple un haut fonctionnaire policier réputé intègre et couvert de médailles d’être lui-même un indicateur d’un complot malfaisant, et pourtant, combien l’ont été…

Pour connaître les intentions d’un personnage illustre, il faudrait, par conséquent, s’enquérir de qui se cache dans l’ombre de son entourage.
Ces hommes de l’ombre sont les vrais manipulateurs et ils prêtent un faux serment comme celui d’être des serviteurs fidèles jusqu’à la mort, alors qu’ils agissent d’abord et en premier pour leur compte. Se faisant passer pour serviteur, ils convoitent une place bien supérieur et n’ont en fait aucun égard pour celui qu’ils servent.

Car la graine de l’iniquité commence à partir du moment où l’on privilégie par intérêt personnel, une personne plutôt qu’une autre, dans ses jugements.
Et le résumé de tout cela, c’est : Lévitique 19 :15 :

« Tu ne commettras point d'iniquité (d’injustice) dans tes jugements: tu n'auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. ».

Donc, tous ceux qui agissent injustement mettent le pied à l’étrier.
Tous ceux qui agissent par motif d’intérêt personnel ont donné accès au démon de l’iniquité. Ils ont déplacé les bornes de la justice.
Et ce mal, s’il est entretenu ou caché finira par pourrir l’arbre, et les fruits produits, montreront de quel bois il était. Ce vers qui rentre dans le bois n’est pas à sous-estimer. Il ne sortira pas tout seul, et la prière n’y fera rien.

Qui peut prendre le nom de pervers et d’abominable ?
« l’être pervers et abominable, c’est l’homme qui boit l’iniquité comme de l’eau » (Job 15 :16)
Et cet être devenu maléfique, abominable agit en lieu saint comme le voyait Daniel dans sa vision du chapitre 9. Il agit comme un dévastateur parmi les croyants.

Donc, chacun est concerné ;
Et encore plus celui qui se confie en Dieu. Car sa responsabilité est engagée. Et si sa responsabilité est engagée, sa vie aussi.
Sa vie ? Oui, j’insiste sa vie.

On n’aurait jamais connu les deux fils d’Aaron que sont Nadab et Abihu, si le livre du Lévitique n’avait pas fait mention de leur nom et de leur mort brutale et inattendue.
Pourtant ces deux sacrificateurs, apportèrent une offrande sur l’autel, mais cette offrande fut un feu, un feu étranger.
Le feu est révélateur. Révélateur de quoi ?
C’est 1 Corinthiens 3 :13 qui le confirme
« l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun ».
Le feu de Dieu les consuma immédiatement.
Pourquoi ?
Parce qu’ils avaient revêtu une fausse apparence de piété. Le parfum qu’ils posèrent sur le feu était nauséabond.
Ils étaient devenus pervers et abominables, ils buvaient l’iniquité comme de l’eau. Ils ne distinguaient plus ce qui était impur, voilà leurs œuvres mauvaises révélées.

Donc, si nous ne voulons pas finir comme eux : emportés loin du sanctuaire et loin de l’assemblée des justes, sans aucune possibilité de retour, nous ne pouvons pas annoncer aux autres l’Evangile sans s’être auparavant, examiné en profondeur.
Si nous ne voyons plus ce qui est impur, nous sommes comme les deux fils d’Aaron, impropres à annoncer l’Evangile.

Moïse, ensuite a interdit aux deux autres enfants d’Aaron de quitter l’entrée de la tente d’assignation, avant qu’ils soient en mesure de distinguer objectivement ce qui est saint de ce qui est profane, avant qu’ils réalisent ce qui est pur de ce qui est impur dans leur vie.
Ils devaient par conséquent pour avoir l’esprit clair, pendant ce temps, s’abstenir de boire de l’alcool. Et cette interdiction était d’autant plus importante, parce qu’ils avaient sur eux l’onction de l’Eternel (Lévitique 10 :6-11).

Nous, qui sommes des sacrificateurs ayant reçu l’onction de Dieu, l’avertissement est le même, il est perpétuel comme le souligne le texte biblique :
Restons le plus lucide possible, abstenons-nous de boire de l’alcool ou toute autre substance qui pourrait troubler notre jugement et posons-nous la question : Seigneur Dieu, qui ai-je privilégié ?
Quelle personne ai-je favorisée au détriment d’une autre dans mon entourage?

Puis, seulement après s’être converti ou reconverti enseignons-le, annonçons-le comme un axe essentiel de l’Evangile. C’est ce qu’a dit Moïse au verset 11.
On ne peut annoncer l’évangile, s’occuper des choses saintes sans s’être au préalablement examiner soigneusement, sans s’être séparé des choses impures qui infestent notre existence.

Job, lui aussi demandait à voir son iniquité en face:
« Montre-moi ce que je ne vois pas, si j’ai commis des injustices (‘evel) je n’en commettrai plus »
Mais le constat ne s’arrête pas là, j’irai plus loin. Je dirai donc, qu’on en ai plus, avec l’iniquité, au stade de l’arbre qui cache la forêt ; mais qu’en 2020, c’est : l'arbre qui enflamme, et brûle la forêt ».

Aujourd'hui un arbre qui tombe, fait tomber la foret en entier et même plus : une forêt à l’autre bout du monde.
Autrefois un arbre qui tombait, tombait seul, ou entraînait seulement quelques arbres avec lui. Les temps sont arrivés où nous assistons à un véritable effet domino planétaire.

Pourquoi une telle différence ?
La mondialisation est passée par là et elle a laissé derrière elle la région, le canton.
Autrefois les catastrophes économiques ne concernaient souvent qu’une zone locale, ou au pire, la nation.
Aujourd'hui les épreuves sont mondiales, parce que le commerce inique, parce que les stratagèmes et les complots sont planétaires ; d'où cette « Grande tribulation ».

Pour reprendre l’exemple de l’arbre :
aujourd’hui, la déforestation est mondiale. Le chaos est mondial.
Les forêts disparaissent en même temps au Brésil, en Amazonie, mais aussi en Indonésie,  en Sibérie, au Canada, et à un rythme qui ne permet pas au reboisement de renouveler les pertes. C’est l’équivalent de 2400 arbres qui disparaissent, chaque minute sur la terre, soit 144 000 arbres en 1 heure, un nombre qui devrait nous interpeller, nous qui aimons la Bible.

L’analogie avec l’homme devrait nous sauter aux yeux. Les hommes sont déracinés comme les arbres, pour des raisons d’effondrement ou de scandales économiques et géopolitiques.
Leur iniquité les rattrape.

Alors, ce célèbre questionnement illustre bien la théorie du chaos.
" Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?"
Nous comprenons mieux l'effet papillon.
On en a l’exemple sous nos yeux avec cette tribulation mondialisée. La chasse à la corruption a été donné aux 4 coins de la planète, et nombreux sont ceux qui ont pris la cognée ou la hache.

La gangrène n’est pas une fiction. Au moment où j’écris ces lignes : une chaîne infos nationale nous présente des élus de la république ayant été condamnés dans des affaires graves de corruption et retrouvant leur poste d’élus, absouts par une population consentante et permissive. D’autres, eux aussi condamnés par la justice, se sont même retrouvés promus à des postes de contrôleur fiscal. Des cas isolés ? Non une pratique du commun.
On marche sur la tête.
Les autres nations n’ont pas, elles, à rebomber le torse, elles ne font rien de meilleur, elles mangent au même plat de la corruption.
Alors s’attendre à voir des jours paisible se dérouler là devant nous … c’est pure illusion.

La colère divine laisse éclater la colère des hommes.

Alors pourquoi, un croyant tombe-t-il, lui, si facilement dans le piège de l’iniquité ?
Lui, qui est averti, lui, qui sait pertinemment que l’injustice est un péché, un mal à fuir absolument.
Parce qu’il sous-estime la puissance de l’orgueil. Il pense toujours pouvoir maîtriser le mal.
Sa foi le rend fort et c’est là que commence la dégringolade :
 « Car tu as eu confiance dans ta voie, Dans le nombre de tes vaillants hommes.(et résultat)
Vous avez cultivé le mal, moissonné l'iniquité, Mangé le fruit du mensonge »  (Osée 10 :13)… 14Toutes tes forteresses seront détruites ».

Face à cette déforestation, il ne restera pas grand monde. Les arbres qui resteront debout se compteront.

Sophonie 3 :13 (version Martin) « Les restes d'Israël ne feront point d'iniquité, et ne proféreront point de mensonge, et il n'y aura point dans leur bouche de langue trompeuse; aussi ils paîtront, et feront leur gîte, et il n'y aura personne qui les épouvante ».

 Ce dernier caractère traduit l’état intérieur du croyant sanctifié ; celui qui s’est éloigné de toute iniquité : il n’a plus peur de rien.  Personne ne l’inquiète, aucun antichrist, aucune mauvaise nouvelle, rien ne lui fait perdre sa paix et ne l’empêche de dormir.

Qui et quoi pourrait lui faire peur ?

Le calme au milieu des tempêtes, une vie paisible et abondante d’amour et de justice, séparé de tout être de l’ombre : Voilà ce que produit la puissance de l’esprit.
Amen

dimanche 5 juillet 2020

RÉENCHANTONS LA FOI

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Par Eric Ruiz

Nous vivons des temps désenchantés. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est dans l’air.


Un mot m’a fait réagir récemment, justement à la suite de la grande désaffection en France, pour la cause politique. Avec presque 60% d’abstention aux dernières élections municipales, le mot à répétition sur les chaines d’infos était : «ré-en-chanter ». 
Nous devrons réenchanter la politique qui ne plait plus du tout…

Bizarre, quelques années auparavant, j’avais assisté à une journée pédagogique dont le thème était : « réenchantons l’école »; 
Et l’intervenant était un conteur.

Il partait du fait, que le désenchantement régnait, car on ne racontait plus d’histoire à l’école. Quand il commença à nous raconter une histoire avec des brebis, un bélier et un loup, j’ai tout de suite fait le rapprochement avec les histoires de Jésus, construites en paraboles.
C’est vrai, qu’elles ont un effet d’enchantement, les paraboles de l’Evangile, et qu’elles suscitent l’attention, l’imaginaire, voire la fascination même.

En fait le message est clair, réenchanter, incite à revenir à un état  lumineux, déjà connu auparavant et qui a été perdu avec le temps.
Il s’agit de retrouver le merveilleux, retrouver ce qui fait appel à l’idéal, le parfait, et à ce qui nous donnait l’occasion de rêver pour accéder au bonheur.

Mais, qu’en est-il dans les assemblées chrétiennes ?
Ont-elles besoin de réenchanter leur culte ?

Le verbe « enchanter » donne des frissons aux chrétiens. Même s’il veut dire : « douer de pouvoirs surnaturels », il est tellement porteur de connotations négatives liées à la magie, aux fées, à la divination.
L’image leur évoque instantanément celle d’une flûte enchantée qui possède des pouvoirs magiques : une flûte qui vole qui fait de la musique toute seule dans le but de séduire pour faire perdre le contrôle à tout esprit.

Très proche du verbe enchanter, il y a aussi son nom : l’enchantement, un enchantement se définit à partir du dictionnaire comme : une opération mystique produisant une véritable possession d’esprit, un envoûtement exercé par des actes de sorcellerie, par des prières en forme de sortilèges.

Mais il faut le dire : les ténèbres sont bien là :
Où ça ?
Eh bien, parmi ceux qui dénoncent l’enchantement : ne sont-ils pas eux-aussi enchantés, comme envoûtés ? Lorsqu’on souhaite dénoncer l’enchantement, la divination, rejeter les merlins enchanteurs ne retournons-nous pas aussi l’accusation sur nous-mêmes ?
L’inquisition, elle, n’est pas seulement liée à l’attaque de l’autre. Nous pouvons être un inquisiteur sans le savoir.
Et puis, la contradiction saute aux yeux, le surnaturel est tellement recherché dans les cultes chrétiens paganisés :
Sentir la présence de l’esprit, témoigner de miracles spectaculaires, élever son âme par la louange, jusqu’au frisson dans l’dos, tomber au sol sous l’imposition des mains, voir dans la sainte cène un procédé magique qui nous relie plus fortement à Christ, croire que le baptême a une fonction purificatrice, croire aussi qu’après avoir écouté un sermon, les événements vont enfin se changer en bien etc, etc…
Il y a quand même une recherche du magique, du sensationnel à l’intérieur du croyant moderne.
Il aime les miracles, les prodiges et il est attiré par les témoignages qui vont dans ce sens…
Jusqu’au jour, où à la place de l’enchantement apparaît le désenchantement. Tout cela n’était en fait que de l’illusion, de la poudre aux yeux, rien d’autres…Quelle bien triste réalité !

Alors, est-ce cela la vraie foi ?
Surtout quand on sait que Jésus après une guérison, demandait au miraculé de n’en parler à personne. Mais de se montrer uniquement au sacrificateur. N’y-a-t-il pas là un message inverse, celui de laisser les autres s’apercevoir du changement, tout ceci afin qu’ils montrent, eux, leurs véritables intentions. (Veulent-ils suivre un faiseur de miracle, ou suivre celui qui leur ouvre les yeux sur qui ils sont vraiment, ou veulent-ils détruire celui qui les empêche de briller ?)

Alors la question est : doit-on réenchanter la foi ?

Je dirai oui, parce que celle véhiculée par la religion ne pousse pas tellement à rêver.
Cette magie-là ressemble à un tour de passe-passe réalisé en public.
L’illusion a fait son effet, les sens ont été réveillés. Mais le spectacle terminé… rien n’a changé.

Donc pour réenchanter, il va falloir déchanter d’abord.
Et le réenchantement va se faire autrement.
La  vraie foi, va nous pousser, elle,  vers un autre surnaturel.

La foi a quelque chose de mystérieux, peu perceptible par l’esprit humain, une sorte de 6ème sens.
David dans un psaume disait au sujet de la parole de Dieu: « Une science aussi merveilleuse (dans le sens de miraculeuse) est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir  (donc pour que je puisse l’a comprendre)».
Par conséquent, le premier élément miraculeux de la foi consiste bien à comprendre quelque chose d’incompréhensible au départ.
Le premier miracle, j’en parlais dans le message précédent tient de la révélation. Et son effet est double, elle change ceux qui la reçoivent et fait fuir les autres.

La foi, c’est aussi croire à quelque chose de merveilleux, de contre nature face à une situation dont l’issu fatale ne fait plus aucun doute.
Et en cela l’expérience, comme les récits bibliques, nous montre que Dieu agit miraculeusement très souvent à la dernière minute.

L’exemple biblique de Sara, la femme d’Abraham est très parlant. Elle a ri tellement la prophétie que l’ange lui avait donné lui semblait irréaliste et farfelue.
Imaginez, l’enchantement : elle, stérile depuis tant d’années et là, on vient lui prédire qu’elle tombera prochainement enceinte…est-ce possible à 80 ans ? Mais, c’est de cette façon qu’Isaac, le père d’Israël vint au monde.

Et Jésus… prophétisé par Esaïe au chapitre 9…
« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné … On l'appellera Admirable ».
Je m’arrête un instant sur ce nom : Admirable; en hébreux pele [peh’-leh]  va plutôt dans le sens de miraculeux, de prodiges.
Donc le nom même du fils de Dieu est lié au miracle : On l’appellera miracle, prodige, comme sa venue, ; il est né à partir d’une vierge et par le Saint-Esprit.
Jésus est le premier-né d’une lignée miraculeuse.

Moi j’affirme, qu’à chaque fois qu’un enfant naît d’eau et d’esprit, un enfant nous est né, un fils nous est donné on l’appellera miraculé.

Vous voyez, ne réduisons pas le miracle à un seul homme, mais à tous ceux qui seront appelés « fils » par notre Père ; tous ceux qui seront adoptés par lui. La promesse est pour tous ceux qui croient dans le fils de l’homme.

Là aussi le miracle, l’enchantement fait-il appel à un grand nuage de fumé, et à une apparition soudaine d’un personnage fantastique, à l’image d’une fée providentielle?
Non, absolument pas.

Tout se passe à l’intérieur de la personne. Et l’enchantement ne reste pas que dans l’étincelle du regard, plus brillant qu’autrefois ; il se traduit par des actes charitables, une humeur constante, une porte toujours ouverte pour le malheureux, ou une épée en forme de pardon.
Il y a de quoi être enchanté et reconnaissant face à l’œuvre d’un fils adopté par le Père de l’univers.

Maintenant, en guise d’illustration,  je souhaiterai revenir à ma journée pédagogique, là où un conteur a répondu à la question : « comment réenchanter l’école ? »
Et, il n’a pas argumenté, il a simplement raconté une histoire.
J’aimerai raconter la même histoire, car elle risque aussi de réenchanter la foi.

Attention, une parenthèse : c’est une fable, mais ne la confondons pas avec ce qu’appelle « fable » la Bible : dans les épîtres, l’apôtre nous met en garde sur les fables, il ne s’agit pas de conte pour enfants, mais d’histoires inventées semant le mensonge, amenant une fausse doctrine, servant à égarer ceux qui l’entendent…

Alors, voici l’histoire :
·       Le petit mouton et le grand bélier
Le contexte :
Un troupeau de mouton broute dans une vaste prairie, surveillé par un grand bélier, chef.
Un petit mouton ose à un moment donné, allé vers lui et lui poser une question : 
« Dis-moi grand bélier : pourquoi alors que nous broutons tous la même herbe, y a-t-il des moutons différents ? »
Le grand bélier lui répond vaguement : qu’il est trop jeune pour comprendre cela et qu’il le saura plus tard.
Arrive un loup, qui s’approche du troupeau. Certains moutons le voit et apeurés demandent au grand bélier « que devenons faire grand bélier ? » qui répond alors tranquillement : ne vous inquiétez de rien et continuer à brouter.
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant un mouton à 3 pattes…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant qu’un mouton a disparu, s’inquiète, s’affole et demande au grand bélier : quoi faire grand bélier ?
Celui-ci répond : «  ne vous inquiétez pas il avait trois jambes, nous en avons 4, nous risquons rien ! Continuez à brouter»
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant un mouton sans oreilles…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant qu’un mouton a disparu s’inquiète s’affole et demande au grand bélier : quoi faire grand bélier ?
Celui-ci répond : «  ne vous inquiétez pas il n’avait pas d’oreilles, nous, nous en en avons, nous risquons rien ! Continuez à brouter»
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant un mouton noir…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant qu’un mouton a disparu s’inquiète s’affole et demande au grand bélier : quoi faire grand bélier ?
Celui-ci répond : «  ne vous inquiétez pas il était noir, nous, nous sommes blanc, nous risquons rien ! Continuez à brouter»
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant le grand bélier se reposer…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant que leur chef a disparu s’inquiète, s’affole et veulent tous alors se précipiter du haut de la falaise?
A cet instant petit mouton prend la parole et dit : « je connais bien les loups, ils attaquent à la tombée du jour et uniquement les moutons isolés. Restons groupés, puis dès que le loup arrivera, éloignez-vous rapidement. Je me tiendrais, moi alors immobile, juste devant la falaise, et quand il se précipitera sur moi pour me dévorer, je n’aurai qu’à m’écarter pour qu’il tombe.
Ce scénario plut a tout le troupeau et
C’est ce qui arriva, le loup se précipita sur petit mouton qui par un écart, fit tomber le loup de la falaise. Fin de l’histoire.

Alors tout le monde attend une moralité.
Mais je n’en donnerai pas.
Je ferais comme Jésus le faisait à son époque : je poserai d’abord quelques questions.
   -Première question : l’histoire a-t-elle répondu à la question que petit mouton avait posé à grand bélier : « Pourquoi y a-t-il des moutons différents, alors qu’ils mangent la même herbe ? » ou en d’autres termes, qu’est-ce qui rend différent un mouton d’un autre ?
   -Deuxième question : Qui est le grand ennemi du troupeau ?
   -Troisième question : Pourquoi le fait de voir des moutons disparaître est plus rassurant parce qu’ils sont handicapés, différents des autres que chercher la vérité : sommes-nous égaux devant la mort ?
   -Ensuite : Qui a permis au troupeau d’être sauvé ? A partir de qui la lumière est-elle venue sur le troupeau ?
Petit mouton va-t-il remplacer grand bélier ?
Toutes ces questions doivent en fait nous questionner en profondeur sur nous-mêmes.
Nous avons tous eu des loups dans nos vies, nous avons tous suivi un grand bélier aveuglément, et nous côtoyons tellement de moutons bien différents. Comment les voyons-nous chacun ?

Cette histoire est loin d’être une simple fable pour enfants ou une simple banalité, elle révèle avec quel regard nous voyons les choses.
D’autres questions peuvent bien-sûr ressortir du conte ; et à chaque question, il y a évidemment plusieurs réponses possibles.
Il n’y a pas une réponse meilleure qu’une autre, mais une réponse qui correspond à chacun, à ce qu’il désire voir au plus profond de lui.

L’enchantement dans le conte, n’est pas relié par des sortilèges ou des miracles spectaculaires : il n’y a pas de résurrection, il n’y pas d’apparition d’êtres surnaturels, ni de transformation spectaculaire comme le ferai une baguette magique dans un scénario Walt Disney.

Pourtant un enchantement existe bien.

Cette histoire va réenchanter celui qui comprend en qui il a mis sa foi, sa confiance et vers qui il a placé le mal.

      -Pour « petit mouton », un chrétien va forcément y voir l’agneau immolé, celui qui se sacrifie dans le groupe, qui est prêt à donner sa vie pour la survie des autres. Un don de discernement mêlé à une totale abnégation.
     -« Grand bélier » lui, c’est le mâle dominant, protecteur, qui donne l’apparence d’être rempli de force et de sagesse, mais qui se croyant protégé et invincible ne se soucie pas du troupeau, il se réjouit même que les moins considérés disparaissent. Il est fourbe et menteur et ne voit que ses intérêts personnels. Alors, il sera pris à son propre piège. Il dort, il ne veille pas et cette condition sera sa perte.
     -« Le loup » qui apparaît comme le mal, le destructeur, souvent invisible, attaquant la nuit venue, pour ne pas être reconnu ; ce loup n’est-ce pas le même qui prend une apparence d’épidémies, de catastrophes, de mauvaises nouvelles dans nos vies ?
Pourtant le loup, c’est bien le mal nécessaire qui va permettre au troupeau de savoir qui est qui.
Le loup n’est-il pas celui qui va par ses attaques et pour finir, sa mort, réenchanter le troupeau ?
Si le loup n’était pas venu les attaquer, petit mouton n’aurait jamais été considéré comme le plus sage de tous, et grand bélier aurait toujours porté la couronne du digne chef sage et protecteur.

Alors, certains peuvent aussi n’y voir aucun enchantement dans cette histoire.
Elle est beaucoup trop puérile, nous ne sommes plus des enfants,  jamais les choses ne se passent ainsi et les animaux que nous sommes aussi ne répondent qu’à leur instinct de survie.
Nous sommes de simples moutons et nous suivons toujours un leader, un groupe et chacun est un peu prédestiné par ce qu’il est au départ (un prédateur, un meneur ou un suiveur).
Ceux qui pensent ainsi ont parfaitement le droit de le faire, mais ils sont en fait comme « grand bélier » et ils répondent à ma troisième question : ils préfèrent voir disparaître en premier les moutons qu’ils considèrent comme moins méritants, (les plus faibles, ou les différents des autres).

Cette vision des choses, les protègent, eux, et ils se réfugient dans le déni.
C’est leur moyen pour dissimuler leur peur, grâce à un mensonge qui les rassure ; un mensonge qui leur fait croire à une sanctification gagnée par leur supériorité.
Mais quand vient la disparition de grand bélier, en qui mettront-ils leur confiance ? Toujours dans leur bonne étoile ?

Jésus dans une de ses paraboles (Jean chapitre 10) ne prend pas l’exemple de grand bélier mais parle d’un mercenaire : « le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse.
Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis ». 

Alors, bizarrement parmi ceux qui écoutaient Jésus de Nazareth raconter l’histoire, les mercenaires se sont mis à réagir en premier et ceux qui ont été enchantés ensuite:
Les mercenaires qu’ont-ils répliqués ?
 « Il a un démon, il est fou; pourquoi l'écoutez-vous? 
Et les enchantés ?
 « Ce ne sont pas les paroles d'un démoniaque; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles? »

Cette histoire, décidément, montre qu’il y a un moment pour chacun et un temps pour chacun aussi, pour que l’enchantement du début se transforme en désenchantement, et pour finir en un nouvel enchantement.
Le mensonge, la peur, l’idolâtrie quand ces esprits auront fini de régner, ils laisseront place à un véritable enchantement.
Voilà le nouvel enchantement voulu par Christ: « Détruisez ce temple (cette bergerie) et en trois jours je le reconstruirai ».
Amen