dimanche 12 juillet 2020

LES HOMMES DE L’OMBRE (qui tire les ficelles ?)

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Par Eric Ruiz

Les chrétiens aujourd’hui reçoivent un commandement de leur responsables : « c’est la fin du temps des nations, nous devons annoncer l’Evangile, nous devons prêcher partout que Christ revient ! »


Prêcher, d’accord, mais quel Evangile ?
Est-ce celui de se repentir et de se tourner vers Christ ?
D’accord… mais pourquoi ceux qui annoncent l’Evangile sont-ils autant concernés que les autres ?
Jean-Baptiste ne prêchait-il pas lui aussi la venue de Christ ?
Bizarre, car il ne l’annonçait pas du tout comme le prêche aujourd’hui les chrétiens.
Lui, il disait :

Déjà la cognée (la hache) est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu."

Cet avertissement du prophète est devenu célèbre et a traversé les siècles en passant même dans nos expressions courantes pour signifier : commencer un travail de démolition.

Est-il nécessaire d'expliquer ce verset alors que la métaphore est si claire ?
L'arbre, on le sait bien, a pris le rôle d'un autre.
Il faut rappeler le contexte de cet avertissement funeste :
"Voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, Jean-Baptiste leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?"

Voilà ce que voit venir à lui le prophète : des arbres de l’ombre, des hommes de l’ombre. Ils ont une noirceur qu’ils essaient de dissimuler. Cette noirceur c’est : L'INIQUITÉ.

L’homme de l’ombre (comme la femme aussi) agit caché, son feuillage est épais et imposant et il produit en proportion une ombre tout aussi importante.
Cette ombre qu’ils ont avec eux, c’est l’iniquité qui se multiplie et produit ses effets : une colère animée par un jugement divin.
Dans le concret :
« L’impie est brisé comme un arbre » (Job 24 :20)
L’impie ici, c’est le même mot hébreu qu’ iniquité :  « ‘evel » ;
Donc, c’est la même signification.
  • L'iniquité qu’est-ce que c’est ?

Bien-sûr l'iniquité est pécher, mais c'est une forme particulière du péché.
Le péché c’est la désobéissance envers Dieu.
L’iniquité, quant à elle, fait appel à l’injustice. C’est une personne qui connait le droit, le droit divin, mais qui pratique son propre droit. L’iniquité renvoie donc à la corruption.

Les pharisiens et les sadducéens connaissaient la loi de Moïse, mais quand ils se présentent devant Jean-Baptiste, leur hypocrisie est nauséabonde. Ils sont corrompus, car derrière leur allure de « saints hommes » se cachent des intentions malhonnêtes.
Mais comment est brisé celui qui commet l’iniquité ?
On nous dit qu’il est brisé comme un arbre.
La cognée quand elle frappe, va créer à un moment donné un bruit impressionnant : l’arbre craque avant de tomber ; les craquements, ce sont les bruits de scandales que nous entendons qui retentissent si fort.

De nos jours cette expression : « la cognée est mise à la racine des arbres » est encore plus d’actualité : Notre société est qualifiée de corrompue, mais pas en partie, de A à Z.
Elle est vomissable et les derniers événements liés au Covid-19 n’ont fait que de donner de l’eau à ce moulin immonde.
Ne vous-y trompez pas les premiers concernés sont les croyants eux-mêmes. « Pharisiens et sadducéens » ont des noms différents au vingt et unième siècle, c‘est : catholiques, protestants, évangéliques, mormons, orthodoxe, juifs, etc.. des centaines et des centaines de dénominations.
Mais le jugement s’abat en premier sur la maison de Dieu.
Celui qui est corrompu et qui par son impunité se croit saint est en danger de mort. De mort physique et de mort spirituelle.
Jésus, appelle ceux qui pratiquent l’iniquité : des voleurs.
Le voleur dans ce cas-là agit en mercenaire dans un troupeau. Il s’empare de quelques brebis perdus et fait fuir les autres (parabole de la porte et du bon berger de Jean 10).

Alors, on voit déjà un peu partout quelques arbres tomber ; c’est un juste retour des choses (c’est vrai).
Car, après avoir égaré certaines brebis et fait fuir les autres, les voilà eux-mêmes perdus, abandonnés et obligés de fuir ; ce sont des prédicateurs qui perdent leurs églises, des prêtres obligés de démissionner, puis emprisonnés pour pédophilie, des pasteurs traînés en justice pour avoir détourner l’argent du culte à leur profit, ou fait du blanchiment d’argent etc, etc

Mais c’est juste l'arbre qui cache la forêt.

Pourquoi ?
Parce que l’iniquité a frappé beaucoup plus de monde qu’on le pense et pas seulement les têtes d’affiche.
  • Les hommes de l’ombre

Comme je le disais, il y a des hommes de l’ombre, comme des femmes de l’ombre et tous ces gens agissent incognito, en sous-main, ils sont légions. Mais on ne les connait pas, ou très peu, ils n’ont, en fait, pas officiellement la fonction qu’ils exercent et passent pour des saints, pour des personnes providentielles, des bienfaiteurs.
Pourtant, bien souvent ce sont eux qui donnent les idées, qui inspirent les pires stratégies, qui ont les cartes en main et qui poussent à la décision, leur supérieur ; ce sont eux souvent les plus iniques.
Le premier homme de l’Elysée on le sait ne fait rien sans les conseils d’un groupe de conseillers, comme aussi sans l’appui de son chef de cabinet, qui lui-même tient conseil d’autrui.
Qui tire les ficelles, alors ?
Des hommes de l’ombre.

Le parrain, le chef de la mafia a ses informateurs, ses agents doubles, ses infiltrés, qui sans faire de bruit, ont les oreilles qui traînent partout, et ils sont d’autant plus efficaces, qu’ils prennent la couleur, des murs qui les entourent. C’est eux, qui vont influencer le parrain dans ses prises de décisions.
Personne n’irait soupçonner par exemple un haut fonctionnaire policier réputé intègre et couvert de médailles d’être lui-même un indicateur d’un complot malfaisant, et pourtant, combien l’ont été…

Pour connaître les intentions d’un personnage illustre, il faudrait, par conséquent, s’enquérir de qui se cache dans l’ombre de son entourage.
Ces hommes de l’ombre sont les vrais manipulateurs et ils prêtent un faux serment comme celui d’être des serviteurs fidèles jusqu’à la mort, alors qu’ils agissent d’abord et en premier pour leur compte. Se faisant passer pour serviteur, ils convoitent une place bien supérieur et n’ont en fait aucun égard pour celui qu’ils servent.

Car la graine de l’iniquité commence à partir du moment où l’on privilégie par intérêt personnel, une personne plutôt qu’une autre, dans ses jugements.
Et le résumé de tout cela, c’est : Lévitique 19 :15 :

« Tu ne commettras point d'iniquité (d’injustice) dans tes jugements: tu n'auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. ».

Donc, tous ceux qui agissent injustement mettent le pied à l’étrier.
Tous ceux qui agissent par motif d’intérêt personnel ont donné accès au démon de l’iniquité. Ils ont déplacé les bornes de la justice.
Et ce mal, s’il est entretenu ou caché finira par pourrir l’arbre, et les fruits produits, montreront de quel bois il était. Ce vers qui rentre dans le bois n’est pas à sous-estimer. Il ne sortira pas tout seul, et la prière n’y fera rien.

Qui peut prendre le nom de pervers et d’abominable ?
« l’être pervers et abominable, c’est l’homme qui boit l’iniquité comme de l’eau » (Job 15 :16)
Et cet être devenu maléfique, abominable agit en lieu saint comme le voyait Daniel dans sa vision du chapitre 9. Il agit comme un dévastateur parmi les croyants.

Donc, chacun est concerné ;
Et encore plus celui qui se confie en Dieu. Car sa responsabilité est engagée. Et si sa responsabilité est engagée, sa vie aussi.
Sa vie ? Oui, j’insiste sa vie.

On n’aurait jamais connu les deux fils d’Aaron que sont Nadab et Abihu, si le livre du Lévitique n’avait pas fait mention de leur nom et de leur mort brutale et inattendue.
Pourtant ces deux sacrificateurs, apportèrent une offrande sur l’autel, mais cette offrande fut un feu, un feu étranger.
Le feu est révélateur. Révélateur de quoi ?
C’est 1 Corinthiens 3 :13 qui le confirme
« l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun ».
Le feu de Dieu les consuma immédiatement.
Pourquoi ?
Parce qu’ils avaient revêtu une fausse apparence de piété. Le parfum qu’ils posèrent sur le feu était nauséabond.
Ils étaient devenus pervers et abominables, ils buvaient l’iniquité comme de l’eau. Ils ne distinguaient plus ce qui était impur, voilà leurs œuvres mauvaises révélées.

Donc, si nous ne voulons pas finir comme eux : emportés loin du sanctuaire et loin de l’assemblée des justes, sans aucune possibilité de retour, nous ne pouvons pas annoncer aux autres l’Evangile sans s’être auparavant, examiné en profondeur.
Si nous ne voyons plus ce qui est impur, nous sommes comme les deux fils d’Aaron, impropres à annoncer l’Evangile.

Moïse, ensuite a interdit aux deux autres enfants d’Aaron de quitter l’entrée de la tente d’assignation, avant qu’ils soient en mesure de distinguer objectivement ce qui est saint de ce qui est profane, avant qu’ils réalisent ce qui est pur de ce qui est impur dans leur vie.
Ils devaient par conséquent pour avoir l’esprit clair, pendant ce temps, s’abstenir de boire de l’alcool. Et cette interdiction était d’autant plus importante, parce qu’ils avaient sur eux l’onction de l’Eternel (Lévitique 10 :6-11).

Nous, qui sommes des sacrificateurs ayant reçu l’onction de Dieu, l’avertissement est le même, il est perpétuel comme le souligne le texte biblique :
Restons le plus lucide possible, abstenons-nous de boire de l’alcool ou toute autre substance qui pourrait troubler notre jugement et posons-nous la question : Seigneur Dieu, qui ai-je privilégié ?
Quelle personne ai-je favorisée au détriment d’une autre dans mon entourage?

Puis, seulement après s’être converti ou reconverti enseignons-le, annonçons-le comme un axe essentiel de l’Evangile. C’est ce qu’a dit Moïse au verset 11.
On ne peut annoncer l’évangile, s’occuper des choses saintes sans s’être au préalablement examiner soigneusement, sans s’être séparé des choses impures qui infestent notre existence.

Job, lui aussi demandait à voir son iniquité en face:
« Montre-moi ce que je ne vois pas, si j’ai commis des injustices (‘evel) je n’en commettrai plus »
Mais le constat ne s’arrête pas là, j’irai plus loin. Je dirai donc, qu’on en ai plus, avec l’iniquité, au stade de l’arbre qui cache la forêt ; mais qu’en 2020, c’est : l'arbre qui enflamme, et brûle la forêt ».

Aujourd'hui un arbre qui tombe, fait tomber la foret en entier et même plus : une forêt à l’autre bout du monde.
Autrefois un arbre qui tombait, tombait seul, ou entraînait seulement quelques arbres avec lui. Les temps sont arrivés où nous assistons à un véritable effet domino planétaire.

Pourquoi une telle différence ?
La mondialisation est passée par là et elle a laissé derrière elle la région, le canton.
Autrefois les catastrophes économiques ne concernaient souvent qu’une zone locale, ou au pire, la nation.
Aujourd'hui les épreuves sont mondiales, parce que le commerce inique, parce que les stratagèmes et les complots sont planétaires ; d'où cette « Grande tribulation ».

Pour reprendre l’exemple de l’arbre :
aujourd’hui, la déforestation est mondiale. Le chaos est mondial.
Les forêts disparaissent en même temps au Brésil, en Amazonie, mais aussi en Indonésie,  en Sibérie, au Canada, et à un rythme qui ne permet pas au reboisement de renouveler les pertes. C’est l’équivalent de 2400 arbres qui disparaissent, chaque minute sur la terre, soit 144 000 arbres en 1 heure, un nombre qui devrait nous interpeller, nous qui aimons la Bible.

L’analogie avec l’homme devrait nous sauter aux yeux. Les hommes sont déracinés comme les arbres, pour des raisons d’effondrement ou de scandales économiques et géopolitiques.
Leur iniquité les rattrape.

Alors, ce célèbre questionnement illustre bien la théorie du chaos.
" Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?"
Nous comprenons mieux l'effet papillon.
On en a l’exemple sous nos yeux avec cette tribulation mondialisée. La chasse à la corruption a été donné aux 4 coins de la planète, et nombreux sont ceux qui ont pris la cognée ou la hache.

La gangrène n’est pas une fiction. Au moment où j’écris ces lignes : une chaîne infos nationale nous présente des élus de la république ayant été condamnés dans des affaires graves de corruption et retrouvant leur poste d’élus, absouts par une population consentante et permissive. D’autres, eux aussi condamnés par la justice, se sont même retrouvés promus à des postes de contrôleur fiscal. Des cas isolés ? Non une pratique du commun.
On marche sur la tête.
Les autres nations n’ont pas, elles, à rebomber le torse, elles ne font rien de meilleur, elles mangent au même plat de la corruption.
Alors s’attendre à voir des jours paisible se dérouler là devant nous … c’est pure illusion.

La colère divine laisse éclater la colère des hommes.

Alors pourquoi, un croyant tombe-t-il, lui, si facilement dans le piège de l’iniquité ?
Lui, qui est averti, lui, qui sait pertinemment que l’injustice est un péché, un mal à fuir absolument.
Parce qu’il sous-estime la puissance de l’orgueil. Il pense toujours pouvoir maîtriser le mal.
Sa foi le rend fort et c’est là que commence la dégringolade :
 « Car tu as eu confiance dans ta voie, Dans le nombre de tes vaillants hommes.(et résultat)
Vous avez cultivé le mal, moissonné l'iniquité, Mangé le fruit du mensonge »  (Osée 10 :13)… 14Toutes tes forteresses seront détruites ».

Face à cette déforestation, il ne restera pas grand monde. Les arbres qui resteront debout se compteront.

Sophonie 3 :13 (version Martin) « Les restes d'Israël ne feront point d'iniquité, et ne proféreront point de mensonge, et il n'y aura point dans leur bouche de langue trompeuse; aussi ils paîtront, et feront leur gîte, et il n'y aura personne qui les épouvante ».

 Ce dernier caractère traduit l’état intérieur du croyant sanctifié ; celui qui s’est éloigné de toute iniquité : il n’a plus peur de rien.  Personne ne l’inquiète, aucun antichrist, aucune mauvaise nouvelle, rien ne lui fait perdre sa paix et ne l’empêche de dormir.

Qui et quoi pourrait lui faire peur ?

Le calme au milieu des tempêtes, une vie paisible et abondante d’amour et de justice, séparé de tout être de l’ombre : Voilà ce que produit la puissance de l’esprit.
Amen

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