dimanche 30 août 2026

DIEU EST LA SECONDE CHANCE DE LA SECONDE CHANCE

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Par Eric Ruiz

La foi sans la grâce ne serait pas la foi. Et, ne plus tenir compte de la faute de l’autre, ne plus lui en tenir rigueur, et l’effacer, c’est une forme de grâce.


Pourtant combien de parents exercent cette grâce de façon naturelle avec leurs enfants. Preuve que cette bonne action n’est pas extraordinaire. Un chrétien qui agit en faisant le bien donne une seconde chance à son prochain qui a péché contre lui. En agissant ainsi, il se sent à juste titre réconforter parce qu'il agit avec grâce, comme Christ agirait. Il agit selon la justice divine.


Eh bien non. Cette justice là est légaliste. Cette justice c'était pour un autre temps lorsque le peuple élu était sous la loi. Mais Christ n'agit pas ainsi. Christ va plus loin. Il ne donne pas une seconde chance, car Dieu ne donne pas de limite à son pardon. Quand Simon Pierre pose la question à Jésus : « Seigneur, combien de fois pardonnerai‑je à mon frère ? Jusqu’à sept fois ? »
  Jésus répond « Non pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante‑dix fois sept fois », C’est une manière de dire à l'infini.

Dieu donne par conséquent une seconde chance à la seconde chance, c’est-à-dire qu’il pardonne à l’infini. Ce sont exactement les mots que j’ai reçu comme un cadeau ce lundi 24 août alors que j’étais assis en famille et que la conversation allait sur un tout autre sujet. « Dieu donne une seconde chance à la seconde chance ».


L'être humain a une fâcheuse tendance à limiter ses actes de générosité. Il veut toujours contrôler ce qu’il donne et le faire par mérite ou pour une cause qu’il juge honorable et juste. Avoir de la générosité, c'est un don que l'on fait de bon cœur, sans anticiper quoi que ce soit, sans calcul et sans rien attendre en retour. Dès que l’on parle d’acte généreux chacun pense à un don financier ou matériel ou à une aide concrète ou encore à du temps sacrifié pour l’autre par sa présence. Mais qui penserait que pardonner est un acte généreux ? Le don du pardon n’est pas visible et pourtant il est bien réel.

Hors, attendre une reconnaissance à la suite d’un pardon c'est humain, c'est pour beaucoup tout à fait normal. « Il t’a pardonné, alors soit au moins reconnaissant ! »

Est-ce normal pour un disciple de s’attendre à un retour ? Doit-il-lui aussi se dire au fond de lui: « J’ai déjà pardonné, mais là, franchement il abuse de la situation. Il se moque de mon pardon puisqu'il continue a péché alors que je lui ai déjà pardonné. Il a pris mon pardon à la légère. C'est qu'il me considère moi-même comme insignifiant. Il me dénigre, et peut-être même qu’il me méprise. Comment peut-on dans ces cas-là continuer à lui être favorable ? »
Mon pardon devient alors sans que je m'en rende compte, une dette pour l'autre. Il m'est redevable.  « Comme je t'ai pardonné, tu me dois quelque chose maintenant». Quelles choses ? Ton estime, ta considération, plus encore une espèce de soumission ? Le pardon c'est alors le coup de grâce qui veut dire : « comme je t'ai libéré tu me dois ta fidélité ».

Ce n’est pas une libération, c’est une nouvelle forme d’asservissement.

Je te pose cette question : un disciple de Jésus qui aime ses ennemis peut-il être guidé par cet état d’esprit ? S’il aime son ennemi, alors il n’attend de lui aucun retour, aucun remerciement ni signe de considération de sa part. Sinon c’est un pardon orgueilleux. Le cadeau est enrobé de levain. Non, la grâce suppose une absence de réciprocité. Il n’y a pas de donnant-donnant.


Maintenant, transférez cette situation à la foi. Si Dieu a le même raisonnement : Si Dieu s’attend à ce que vous lui rendiez la pareil : la foi serait un cadeau oui, mais un cadeau empoisonné, car Personne n’aurait assez de jours et de force pour racheter tout ce que nous lui devons ; et qui sur terre serait sauvé ?
l’homme le plus saint de ce monde ne saurait y échapper.
Les nombreux récits bibliques confirment que Dieu n'a pas cessé d'être offensé. Ses commandements ont été pris trop souvent à la 
légère. Et la fidélité qu'il attendait de son peuple a été souvent bafouée et piétinée.
L’homme devait alors réparer ce qui avait été souillé ou brisé.
D’où la nécessité des sacrifices d'expiation qui revenaient périodiquement selon un calendrier de rendez-vous bien établi.

Chaque semaine au moment du sabbat (Nombres 28 :9-10) un animal était immolée pour expier les fautes. Chaque mois à la nouvelle lune (Nombres 28 :11-15). Chaque année à différentes fêtes comme la Pâque et sans oublier la grande fête des expiations (le Yom Kippour).

L’homme n’en finit pas d’expier ses fautes. Et Dieu n’en finit pas de le laver de ses péchés.

 Et pour nous qui marchons dans les pas de Christ, combien de fois avons nous eu besoin d'expiation pour la même faute ? Avec Christ, les fautes ne disparaissent pas. Même si Jésus de Nazareth est l’agneau qui ôte le péché du monde. La différence vient grâce au Saint-Esprit. Le souffle divin parle à chacun pour qu’il voit son sabbat dans sa semaine, ou qu’il cherche sa consécration à sa propre nouvelle lune. Qu’il fête aussi dans son année ses propres moments de délivrance parce que lui sait quand Dieu le justifie et le purifie. Dieu souhaite une relation intime avec le fils de l’homme et il agit pour que le plus souvent possible les confessions, les aveux, les repentances se fassent dans l’intimité, avec lui. Matthieu 6 :6 : « Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra ». Je fais encore, au passage un pied de nez à ces grands mouvements charismatiques de délivrances, où étaler ses péchés en public témoignent malheureusement d’un gros manque. Ils témoignent que Dieu est absent de la vie intime du croyant. Ici tout se passe à l’extérieur, publiquement parce que rien ne se fait par l’intérieur, par le cœur, l’âme et l’esprit.


Dans les faits, à la suite de nos fautes, Dieu nous a sans doute châtiés mais il n'a pas renié sa parole. Il nous pardonne. Encore et encore et encore et toujours lorsque nous revenons à lui avec un repentir sincère et profond.
"
Père, pardonne leurs ils ne savent ce qu'ils font "
Ce sont des mots forts (très forts) employés par Jésus-Christ avant de rendre son dernier souffle.

Ces mots pourtant semblent enlever une part de responsabilité à celui qui a été l'offenseur. Mais ce n’est qu’une impression, parce que dans la réalité la responsabilité incombe toujours à celui qui s’est rendu fautif. Mais avec le repentir, le poids de la culpabilité disparait, car l’ardoise est payée et effacée de nos comptes, au moment décidé par Dieu.


Alors non la responsabilité n'est pas enlevée. C’est l’expiation qui est partagée.

L’expiation ainsi vécue en Christ devient une gloire partagée. Dieu prend sur lui les conséquences de nos fautes, si nous sommes intègres dans nos voies. Sinon on payera jusqu'au dernier quadrant le tort qu'on aura causé. Mais en revenant à Dieu, en reconnaissant que l'on a agit sans savoir ce que l'on faisait, sans avoir mesuré l'étendu de son offense, alors un nouveau pardon pointe. Un nouveau ciel s’ouvre. Dieu nous inspire à réparer ce qui a été brisé tout en se chargeant de ce qui est impossible pour nous.  

J’ai vu des pardons qui ont rétablies des relations brisées impossibles à renaitre. Dieu a fait ce que personne n’aurait pu faire à sa place : Dieu a changé le cœur dur et inflexible de celui qui se sentait offensé. Il s’est montré conciliant et même (à la façon d’un miracle), il est devenu aimant. Le mot expiation a ce sens : celui de réparer entièrement le dommage causé. Mais avec Christ la réparation se fait sans douleur. La joie a remplacé la tristesse.


Par contre chez les chrétiens il y a tellement de cœurs endurcis, de rancœur gardée profondément. Le persécuteur, le vengeur se trouve là où on aurait cru trouver une compassion et une générosité sans borne ;

 

Et J'ai entendu dire de la bouche même d’un chrétien, que l'on peut pardonner à quelqu'un tant qu'il ne sait pas qu'il pèche. Et autant de fois qu'il pèche, le pardon peut se répéter. Mais maintenant qu'il a pris connaissance et conscience de son péché, que ses yeux se sont ouverts, le pardon ne s'exerce plus. C'est comme si Jésus avait dit : «  Père ne leur pardonne pas parce que maintenant ils savent ce qu’ils font ». Un homme averti en vaut deux comme dit le dicton bien connu.

Mais avoir une telle pensée est complètement diabolique. Parce qu’elle révèle un cœur dur comme de la pierre.  En fait, celui qui dit une telle hérésie ne sait pas ce qu’il dit. Il ne le sait pas parce qu’au fond de lui, ce chrétien ne se pardonne pas d'avoir pardonné.
Il a exercé le pardon divin a contrecœur. Il trouve injuste le fait de pardonner une faute répétée alors qu’il ne se la pardonne pas à lui-même. Combien ont ce sentiment qui provient d’un manque de communion intime avec son Seigneur.

Il prie sans doute dans le secret, mais il prie en cachant ses fautes ;
La folie va même jusqu'à demander pardon a Dieu pour ses fautes tout en sachant qu'il ne peut recevoir de pardon. Parce que ce qu'il a fait est impardonnable.
Oui un cœur non régénéré spirituellement est tortueux, c'est un cœur qui utilise sans cesse des détours. Il est rusé , plein de tromperies et méchant de surcroit. Voilà pourquoi le pardon ne peut se faire à l’infini pour une telle personne. Sa souillure venant sans cesse se répandre devant son visage.

« Père pardonne mes offenses comme je pardonne à ceux qui m’ont offensé ». La prière du Notre Père est bien plus profonde qu’un pardon exercé sans discernement. Si nous pardonnons sans que nous ayons dans le cœur  ce pouvoir de pardonner à l’infini, c’est que Christ ne règne pas. C’est qu’il est absent de notre communion et que nous y avons placé l’image de notre idole à sa place. Pardonner en sachant que c’est sous certaines conditions et pour certains cas fait encore de nous des légalistes. « Œil pour œil dent pour dent ». Cette forme de pardon ne sera alors jamais un acte de générosité mais un acte mesuré et anticipé. Ce sera faire justice tout en convoitant une récompense.

L’accusateur des frères, le diable a toujours une raison pour ne pas pardonner ou pour pardonner du bout des lèvres. Mais ceux qui ont le caractère de l’agneau ont un témoignage. Et ce témoignage c’est de montrer la grandeur infinie de Dieu. Le pardon infini de Dieu.

Apocalypse 12 :11 : « Et ils l'ont vaincu ( l’accusateur de nos frères, celui qui les accusaient devant notre Dieu jour et nuit) à cause du sang de l'Agneau, et à cause de la parole de leur témoignage… ». Si le sang de l’agneau coule dans nos veines, nous n’agissons plus comme de simples humains. C’est Christ en nous qui règne et nous témoignons de lui à travers nos choix et nos actes.

Et ceux qui accusent ne peuvent rien contre l’agneau. Car même sous des milliers d’accusations, le pardon serra toujours la seule et unique réponse.

Avec l’agneau comme caractère, pour certains nous passerons sans doute pour des faibles ou pour des hérétiques en pardonnant sans limite. Mais pour d’autres qui aspirent à la vérité, ils sauront qui vient délivrer et qui exercent cet amour désintéressé.

 

Maintenant, il y a une étape supplémentaire. A Simon Pierre, Jésus lui a laissé les clés du Royaume. Matthieu 16 :19 : « Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. ». Un disciple peut fermer l’accès au Royaume en retenant son pardon envers quelqu’un. Il liera cette personne sur la terre. Et la conséquence céleste c’est qu’elle aura la porte des cieux fermée. Elle ne pourra être justifiée par Dieu. La grâce ne s’exercera pas envers elle. Elle vivra toutes les conséquences négatives de ses actes. Elle paiera ses fautes jusqu’au dernier sou. Mais attention, cette possibilité n’est pas une loi. Et elle n’est pas à la merci ou au bon vouloir d’un croyant. Cette possibilité c’est un acte fait avec le Saint-Esprit et même impulsé par le Saint-Esprit. La personne est tellement endurcie et elle est tellement liée à ses démons que retenir le pardon est le seul remède au mal. Car elle devenue antichrist. Elle a pour père le diable. L’apôtre Paul a prit cette clé du royaume pour lier un frère Corinthien. 1 Corinthiens 5 :5 : « qu'un tel homme soit livré à Satan pour la destruction de la chair, afin que l'esprit soit sauvé au jour du Seigneur Jésus. ». 

Alors mes frères et sœurs notre vocation c’est vrai est celle de délier notre entourage en ne cessant de pardonner. Nous avons vocation à faire entrer un maximum d’âmes dans le royaume de Dieu. Mais n’oublions pas que Dieu est juste ; et si nous ne veillons pas et que nous nous laissons séduire par l’ennemi, et qu’aucun frère ne peut nous reprendre, Que le mensonge devient notre quotidien, Dieu suscitera un disciple pour nous lier et alors nous subirons de terribles tourments dont nous seront les seuls responsables.

Amen

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