631
Par Eric Ruiz
Le vent souffle sur les arbres comme sur nous-mêmes.
Parfois ce sont plus que des tempêtes, ce sont des tornades que nous devons traverser. Ces cataclysmes sont fatals pour certains arbres. Dans une même forêt certains seront arrachés et tomberont alors que d’autres fortifierons leur racine. C’est une loi naturelle. Les arbres les plus robustes ne sont pas ceux qui ont échappés aux tempêtes mais ceux qui ont résistés aux nombreuses tempêtes.
L’esprit religieux très légaliste sera toujours là pour te dire comment te
comporter dans la tempête. Il te dira d’obéir davantage à sa parole, de t’attacher
encore plus aux lois divines. Il te dira alors de prier plus souvent. Il te
poussera à louer Dieu par des Psaumes bien approprié. Il te culpabilisera en te
montrant que tes faiblesses sont toujours là et qu’elles n’ont pas été guéries
parce que tu ne fais pas assez attention aux enseignements ; ces
enseignements qui te donnent un code moral à suivre, des rites à pratiquer. Il
pointera la loi au lieu de la foi. Même en pratiquant le bien à la place du
mal, au final, cela ne te justifiera pas aux yeux de Dieu.
Alors quand tu te sens affaibli et que l’ennemi attaque là où tu es le plus
faible, si tu puises à la source de la vie, tu ne seras pas déraciné mais au
contraire tu seras fortifié.
Tes
faiblesses sont en fait des points de croissance.
Le corps montre cet état de fait. Un adolescent a souvent mal sous le
genou. Je le sais par mon métier d’enseignant en sport où j’ai vu tellement ce
cas se répéter. Cette douleur ne lui indique pas une maladie, elle lui indique
que les os de sa jambe grandissent et qu’il doit faire moins d’effort pendant
un certain temps pour laisser la croissance se dérouler. Sa faiblesse au genou
montre un point de croissance et rien d’autre. Sa faiblesse est nécessaire pour
qu’il devienne plus fort par la suite.
C’est aussi le sens de ce verset si répété lorsque le juste se sent
attaqué : 2 Corinthiens 12 :10 : « C'est
pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les
calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c'est alors
que je suis fort. ».
Paul qui écrit ces mots, n’est pas épargné par les
épreuves. Mais, il voit plus loin que l’épreuve en elle-même. Il voit les
intentions de Dieu. Et ici Paul parle d’édification. Il n’est pas en train de
se persuader qu’il est fort. Il est en train de dire comment se construit la
force. Elle se construit à partir de nos faiblesses. En Christ, ce qui parait
destructeur pour la majorité va en fait devenir constructif pour une minorité.
La sagesse de Dieu est une folie pour le commun des mortels.
Parler d’édification,
là où il y a perte, destruction et douleur c’est un non sens. Et pourtant c’est
la parole de Dieu.
Maintenant, être justifié par Christ passe par un chemin où
les ténèbres semblent régner. Mais c’est la grâce qui s’exerce aussi en
sanctifiant le croyant. « Père pourquoi m’as-tu abandonné ? »
Cette prière confirme cet état conscient d’être laissé dans un environnement des
plus hostiles. Mais c’est pour donner de la stabilité à celui qui en manque. Là où l’instabilité est au plus haut, la
stabilité de Dieu est une conséquence pour celui qui est debout dans la
tempête.
Ne prions pas pour être arraché de la tempête, où pour que
le vent se calme. Si la volonté de Dieu est que le vent soit fort pour nous
fortifier, il ne calmera pas la tempête. Il l’a laissera faire ce pour quoi elle
est destinée.
Par trois fois Paul a prié que son écharde soit enlevée.
Et Dieu lui a dit: « Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans
la faiblesse. »
Les
éléments naturels aussi destructeurs soient-ils ont un rôle
dans l’édification du corps de Christ. Ne soyons pas subjugués ou paralysés
lorsqu’ils surgissent. Ils ne
viennent pas détruire ce que Christ a commencé à construire. Ne viennent-ils pas fortifier plutôt les fondements de son
édifice ? Le mal fait toujours une œuvre qui le trompe. Car ce sont
toujours les desseins de Dieu qui se réalisent.
Devant une catastrophe où des habitants ont vu leurs
églises brûlées, le premier réflexe a été de constater une attaque de l’ennemi
ou une persécution. « Le feu qui a
touché notre bâtiment sacré est un acte volontaire et criminel ». Ok,
mais qui a pensé qu’il y avait peut être aussi une relation avec ce que Jésus
dit aux juifs qui lui demandent un miracle ? « Détruisez
ce temple, et en trois jours je le relèverai. », leur dit-il.
Il ne s’agit pas bien-sûr de détruire pour reconstruire
à l’identique, mais bien de détruire une mauvaise œuvre pour en reconstruire
une nouvelle qui n’aura rien à voir avec la première. Le projet est de détruire
un temple de pierre pour reconstruire un temple de chair où l’esprit de Dieu
habitera.
Alors oui, ceux qui pensent à une persécution ont raison. Mais
là où ils ont sans doute tort, c’est de croire que cela s’arrête à ce constat. Persécution et Edification vont
dans bien des cas ensemble.
Romains 8 :35 : « Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la
tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le
péril, ou l'épée? ».
Si on suit le raisonnement que j’ai développé
dès le départ : l’épreuve, l’angoisse ou la persécution, le manque de nourriture,
la pauvreté ou les conflits sont des ingrédients qui fortifient l’amour de Christ
en nous. Ces différents périls sont en fait une bénédiction déguisée. C’est un
moyen puissant pour que Christ croisse en nous.
« Aussi
nous glorifions-nous de vous dans les Eglises de Dieu, à cause de votre
persévérance et de votre foi au milieu de toutes vos persécutions et des
tribulations que vous avez à supporter. »
(2 Thessaloniciens1 : 4)
Paul se glorifie de la persévérance comme de la
foi de ses frères, parce qu’elle grandit au milieu des persécutions. La
persécution fait office de creuset pour que le fruit de la maturité spirituelle
émerge ; et cette maturité spirituelle c’est la persévérance et la foi.
Lorsque l'Eglise de Jérusalem a été persécutée, puis
que ses membres se sont dispersés, Dieu avait un plan de reconstruction bien
supérieur. La maturité de ses disciples devait passer par cet état d’affliction,
pour qu’ils puissent ailleurs grandir. Et grandir ce n’est pas forcément en
nombre mais plutôt en stature. ; Pour atteindre cette stature parfaite de
Christ.
Dans la réalité, Dieu souhaite que nous revenions après
notre épreuve, plus fort qu’avant.
Cette intention est d’ailleurs ressentie par le monde païen,
comme une véritable bénédiction.
Regardez les sportifs ; combien sont placés dans la lumière parce qu’ils ont subit une lourde épreuve qui les ont éloignés des stades pendant un long moment. Mais à leur retour, leur résilience associée à la performance qu’ils ont réalisée a été leur gloire. On parle alors plus d’eux que des autres parce que leur faiblesse c’est transformée en force. Le prodige, le miracle, c’est de voir une faiblesse devenir une force.
Aujourd’hui, les temps sont très difficiles. L’angoisse
touche de plus en plus de personnes. Cette angoisse est même devenue le fléau de
ce siècle. Luc 21 : 26 (version Martin) « De sorte que les hommes
seront comme rendant l'âme de peur, et à cause de l'attente dès choses qui
surviendront dans toute la terre; car les vertus des cieux seront ébranlées.. » Beaucoup
voient des signes dans le ciel annonciateurs d’une grande détresse sur la
terre. Ces signes concernant le soleil, la lune, les étoiles sont bien réels. Luc
21 : 25 : «Il y aura des signes dans le soleil, dans
la lune et dans les étoiles. Et sur la terre, il y aura de l'angoisse chez les
nations qui ne sauront que faire, au bruit de la mer et des flots, » Le
soleil qui devient noir à cause d’une éclipse solaire, c’est les ténèbres qui
règnent au plus haut point sur terre. Quant à l’éclipse de lune rouge sang,
elle est annonciatrice d’une forte tribulation pour le monde et aussi pour les
chrétiens. De même des étoiles filantes qui ne brillent plus ou qui s’éteignent
en tombant annoncent des temps où les idoles s’effondrent où les premiers
seront les derniers. Mais allons un peu plus en profondeurs ; qu’annoncent
aussi ces signes ?
Luc 21 : 27 nous dit (version Martin) : « on verra le Fils de l'homme venant sur une nuée avec
puissance et grande gloire. »
oui mais aussi : « quand
ces choses commenceront d'arriver, regardez en haut, et levez vos têtes, parce
que votre délivrance approche. ».
Et comment se matérialisera cette grande gloire sur les
croyants ?
C’est en fait ce qui s’est passé avec Paul : la force se manifeste dans la faiblesse. La délivrance s’exerce bien là. Parce que nous avons regardé en haut et levé nos têtes, alors que la détresse était bien visible ; parce que nous avons mis en arrière ce qui nous causait des soucis, alors nous avons dépassé nos faiblesses. Elles ne nous écraserons plus. La tempête passera sans nous arracher du sol. Ce temps de détresse se terminera car la puissance et la gloire se manifestera dans le fils de l’homme. (Je le rappelle ce fils de l’homme c’est l’homme régénéré en Christ et qui évolue). Et sa croissance se voit comme le sportif blessé qu’on croyait définitivement condamné, qui est revenu de sa convalescence plus fort qu’avant et qui va retrouver le podium des médailles. Attention, « Regardez en haut et levez vos têtes », ce n’est pas redressez vous, car vous êtes des fils de Dieu, ou encore levez-vous pour louez Dieu par des chants et des prières. Ca c’est de l’autosuffisance.
Notre « délivrance approche », c’est une invitation à constater sur nous-mêmes le
changement qui va s’opérer à la suite de ces jours de détresse : Notre
délivrance : c’est quand nous pourrons dire : « la puissance de Dieu s’est accomplit dans ma
faiblesse ».
Maintenant, si on continue la lecture du chapitre 21 de
l’Evangile de Luc, Jésus fait une comparaison entre le figuier qui est en train
de pousser et l’été. La croissance du figuier se voit par des signes naturels .Jésus est en train de nous dire que notre
croissance à nous disciple, figuier du Seigneur se voit dans des temps précis.
Et les temps de tribulations, de persécutions, de nudité, de faim, sont des
signes avant coureur de notre délivrance et plus encore, c’est ce qu’il dit
ensuite : « quand vous verrez arriver ces
choses, sachez que le Règne de Dieu est près. ». Jésus ne parle pas de lui ou d’un
évènement céleste particulier. Il parle du règne de Dieu sur terre et plus
précisément de son règne en esprit dans le cœur de ses disciples.
Quand nous voyons ces choses arrivées (détresse,
persécutions, angoisse, tribulation..) nous
devons avoir ce reflexe spirituel qui consiste à ne plus regarder en nous mais
en lui, comment ?
En levant nos têtes parce que notre délivrance approche, parce
que le règne de Dieu est près, c’est-à-dire parce que Christ agit pour que nous
nous glorifions avec lui de nos faiblesses. Ce qui nous limitait est devenu notre
force.
Le fait de ne plus voir ses faiblesses comme des obstacles,
mais de les vivre comme des forces, fait de nous des êtres régénérés par
l’Esprit saint. Notre regard a changé. Nos intentions aussi. Nous pouvons
devenir parfaits comme notre Père céleste est parfait. Alors tant que nous
sommes encore enchainés à nos faiblesses, comme des prisonniers à leur cachot,
nous ne pouvons croître en Christ ; et si Christ ne peut croître, c’est
tout son plan qui tomberait à l’eau. La promesse faite à Abraham ne concernerait
plus grand monde : Plus de fils adoptés, donc plus d’héritiers et donc plus
de trône à partager. Le règne de l’agneau deviendrait une utopie.
C’est pourquoi notre Père ne cesse de mettre des signes dans le ciel, comme le fait visible de multiplier les temps de détresse sur terre. C’est afin que son peuple se prépare non pas à vivre constamment dans l’angoisse des tribulations ; mais à ce qu’il puisse les voir et les vivre comme des bénédictions. Un moyen puissant de croitre en lui. « Ce n’est plus moi qui vis mais c’est Christ qui vit en moi ».
Jésus continue son enseignement ainsi (toujours
version Martin): « 34Prenez
donc garde à vous-mêmes, de peur que vos cœurs ne soient appesantis par la
gourmandise et l'ivrognerie, et par les soucis de cette vie; et que ce jour-là
ne vous surprenne subitement. 35Car il surprendra comme un filet tous ceux qui habitent sur le
dessus de toute la terre ».
Ce verset confirme bien que ceux qui ont les yeux sur leurs faiblesses les ont
pareillement sur les passions de la chair. Ils se font du souci, ils ont
tendance à se divertir dans l’alcool ou dans toutes sortes de satisfactions
alimentaires pour diminuer leur angoisse. Ils agissent comme les païens et ils
seront surpris quand les tribulations les toucheront. Plutôt que de lever les
yeux, ils les garderont fixés sur eux-mêmes et sur l’objet de leur souci ;
Comment seront-ils régénérés alors ?
Au verset 36, Jésus nous rappelle comment veiller pour avoir les yeux
ailleurs que sur nos faiblesses : « Veillez donc, priant en tout temps,
afin que vous soyez faits dignes d'éviter toutes ces choses qui doivent
arriver; et afin que vous puissiez subsister devant le Fils de l'homme. ».
Vous voyez ici, la dignité s’acquiert à travers le travail fait sur nos
faiblesses à partir des persécutions. Etre trouvé digne d’éviter ces choses qui
arrivent consistera à rester debout comme cet arbre bravant la tempête. Mes
frères et sœurs c’est à ce prix et à cette veille que nous nous retrouverons
devant le fils, semblable à lui. Nous seront alors debout et non anéantis.
1 Pierre 1 :7 est maintenant beaucoup plus lumineux
et il rejoint tout à fait le chapitre 21 de Luc: « que l'épreuve de votre foi, plus précieuse
que l'or périssable qui cependant est
éprouvé par le feu, ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur,
lorsque Jésus-Christ apparaîtra, »
Amen

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire