samedi 28 février 2026

LA FOI CONTAMINEE

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Par Eric Ruiz

 

Nous devons toujours considérer comme urgent, le fait de veiller sur son état spirituel. Surtout quand les beaux jours arrivent. C’est là, à ce moment là que nous sommes en réalité les plus fragiles. C’est au moment où nous sommes guéris que nous nous croyons invulnérable.


C’est ce sentiment de puissance qui nous envahit qui nous pousse vers le déclin. Bref : C’est étrange, mais ce n’est pas quand nous sommes blessés que nous sommes les plus fragiles…
c’est quand nous sommes guéris
.

 

Lors de mon dernier message je vous avais parlé de plusieurs hôpitaux. L’Hôpital du bon samaritain, celui du Lévite Obed-Edom, et pour finir celui de la foi. Mais je ne vous aie pas encore parlé de l’hôpital du troisième roi de Juda Asa. Asa : un nom prophétique.

Asa : un nom qui porte le sens hébraïque de guérisseur, médecin, celui qui soigne, qui soulage, et par extension celui qui répare et qui restaure. En lisant les versets du 2ème livre des Chroniques, j’étais loin d’imaginer que ce roi allait dans le sens de ce que j’avais reçu avec « l’hôpital de la foi ».

Son nom comme beaucoup d’autres noms bibliques témoigne de la mission de celui qui le porte.

Asa débute son règne sur un peuple malade ; infecté par des fausses croyances, tributaire de ses mauvaises convictions. Son père Abijam a favorisé l’épidémie de l’idolâtrie, qui s’est multiplié un peu partout. Abijam fut un roi puissant. il eut 14 femmes 22 fils et 16 filles. Sa puissance a été sa principale faiblesse devant Dieu. Il se permettait tout comme s’il était Dieu lui-même.  

La tâche donc d’Asa fut très importante. Il a énormément contribué à  restaurer la foi. « Il fit ce qui est bien et droit » nous dit le texte des Chroniques. il porte secours en supprimant l’idolâtrie. Il brise toutes les statues de son père, fait disparaitre les autels, il restaure un culte véritable à Dieu, il fait disparaitre les hauts lieux consacrés au dieu soleil. Il fait déchoir même du trône de reine, sa propre mère Maaca idolâtre. Et il amène son pays dans une paix durable. Pendant 35 ans de son règne, qui a duré 41 ans (2 Chroniques 15 :19).

Asa donc restaure l’âme des judaïtes, en les incitants à se purifier de leurs péchés.

Mais n’oublions pas ce détail qui n’en est pas un : « le pays fut tranquille et il n'y eut pas de guerre contre lui pendant ces années-là, parce que l'Eternel lui donna du repos. » (2Chroniques 14 :5) et au verset 6 : « car nous avons recherché l'Eternel, notre Dieu, nous l'avons recherché, et il nous a donné du repos de tous côtés. ».

Le repos, comme la guérison vient en premier par la recherche de Dieu. Et cette recherche porte ses fruits au moment où le mal nous attaque.

Asa fut attaqué par une armée Ethiopienne trois fois plus nombreuses et mieux équipée que la sienne. Mais c’est en Dieu qu’il se confia. Et Dieu lui rendit justice et il obtint la victoire. Les Ethiopiens s’enfuirent.

Tant qu’Asa marchait fidèlement avec Dieu, il était son principal assistant. Et le peuple se restaurait et guérissait des maux de l’idolâtrie. L’hôpital d’Asa fonctionnait admirablement bien parce que le roi avait plus en ligne de mire l’état de son peuple que lui-même.

Lors de sa quinzième année de règne, Asa fit assembler tout les judaïtes et un grand nombre d’israélites à Jérusalem pour célébrer et jurer fidélité de tout leur cœur à l’Eternel Dieu.

 

Mais à la 36ème année de son règne, tout bascule : Asa trahit sa vocation divine. L’hôpital de la foi s’effondre. Je rappelle que le nombre 36, j’en ai déjà parlé, c’est le passage soudain dévoilé de la lumière aux ténèbres. Et ici les ténèbres ce sont : La maladie principale de l’âme, l’idolâtrie, celle que Asa avait combattu toute sa vie.

Comment ce qui a été conçu pour guérir peut-il finir par empoisonner ?

 

Eh bien l’idolâtrie l’atteint au plus profond de lui. Son cœur étant partagé, le grand médecin avec un « M » majuscule n’est plus aussi clair en lui. Ce « m » est devenu minuscule ; et le grand médecin céleste rentre en compétition avec le médecin terrestre. Ce constat n’est pas une impression. (2 Chroniques 16 :12 « La trente-neuvième année de son règne, Asa eut les pieds malades au point d'éprouver de grandes souffrances; même pendant sa maladie, il ne chercha pas l'Eternel, mais il consulta les médecins. »).

Ici, il n’est pas question de remettre en cause la compétence des médecins, ni de refuser d’aller les consulter pour se faire soigner par eux. Ce qui est reproché à Asa c’est qu’il a fini par placer sa confiance plus dans l’homme que dans le créateur. Asa s’est en tiédit.

 

Quand on commence à faire taire la vérité, c’est que ce qui est divin a commencé déjà à mourir à l’intérieur de soi.

Asa dévoile son cœur quand il entre dans une colère noire et finit par mettre en prison le prophète Hanani, qui lui, dit la vérité : Qu’il aura maintenant des guerres, parce qu’il a agit comme un insensé. il a préféré faire des alliances avec la Syrie pour se délivrer de ses ennemis plutôt que de se confier et de s’appuyer sur son Dieu.

Les alliances militaires : se sont des compromis qui visent à devenir plus fort. C’est compter sur ses forces propres. C’est avoir peur que l’ennemi, les guerres qui se multiplient prennent alors le dessus sur son royaume. C’est se glorifier soi-même de ses victoires.

Asa a sacrifié tout l’argent et tout l’or qu’il avait de la maison de Dieu, pour des causes iniques : payer ses alliances. Faire des présents aux rois de Syrie.

Il est à souligner aussi que le roi de Juda a réagi ainsi parce qu’il ne supporte plus l’oppression de son frère de foi : le roi d’Israël Baescha qui a fermé sa frontière. Asa perd patience. Il s’énerve rapidement. Ses colères deviennent plus nombreuses et rapprochées.

Alors, s’énerver contre le prophète, celui qui dit la vérité, c’est ne pas admettre ses fautes, c’est résister à Dieu et cela traduit un cœur qui s’endurcit. Le roi de Juda ne voit plus la vérité. Il est aveuglé par la nouvelle idole qu’il s’est fait de son propre règne.

Il se met à rebâtir les villes de Gueda et de Mitspa. Deux villes situées en hauteur, sur des collines, qui ont historiquement une importance majeure pour convoquer l’assemblée et renouveler l’alliance faite à L’Eternel. Encore un témoignage de plus dévoilant un besoin de protection et de reconnaissance personnelle.

Asa ne recherche pas Dieu mais il cherche à se sentir maître de sa destinée. 

 

Il ne voit pas non plus le sens de sa maladie des pieds. Lui le guérisseur tombe à son tour malade. Les pieds sont le symbole de la stabilité, de la fidélité et de la direction spirituelle. La douleur le fait boiter, tituber. Ses pieds révèlent qu’il marche un peu avec Dieu d’un coté et un peu avec d’autres puissances de l’autre. Sa maladie aurait dû lui parler et lui ouvrir les yeux.

L’idole était enfouie. Elle a changé de forme. Elle n’a pas disparu, elle s’est déplacée. Asa ne devient pas idolâtre au sens où il retourne aux statues.
Son idolâtrie devient plus subtile : Il fait confiance dans sa diplomatie, dans ses alliances, dans son or, ses ressources, ses médecins et refuse la correction.

Un autre indice nous montre comment Asa glissa vers le culte centré sur lui-même : Un indice (que l’on trouve uniquement pour ce roi) et dans le deuxième livre des Chroniques, il est écrit :« on l'enterra dans le sépulcre qu'il s'était creusé dans la ville de David ». Vouloir a tout pris figurer près du tombeau de David jusqu’à préparer lui-même sa place, c’est unique dans les récits bibliques.  Focaliser ainsi sur sa propre personne sur des rituels de prestige allant jusqu’à son propre tombeau, cela montre à quel point le roi de Juda se souciait de lui-même.

 

En fait, tout ce qui se passe là avec Asa, se passe de la même manière avec ceux qui sont des soigneurs, des pasteurs médecins, des croyants qui ont de la notoriété parce qu’ils règnent, ils dominent sur un groupe ou sur une institution religieuse. Adulés, respectés pour avoir guérit leur proche dans un lieu saint, hospitalier et réparateur comme peut l’être l’église ; ils peuvent tomber à leur tour. Combien se confient dans leur richesse et tombent par le mal qu’ils avaient identifié.  A la fin, l’idolâtrie les rattrape. L’hôpital, l’Hôtel-Dieu ne soigne plus, pire il provoque des maladies : les mêmes qu’il avait autrefois éradiquées. L’hôpital contamine à son tour.

Dans les assemblées, les démons qui avaient été chassés reviennent alors en plus grand nombre qu’avant, plus fort qu’avant. Les récalcitrants sont opprimés et l’idolâtrie redouble de puissance, par le culte de la personnalité. L’idolâtrie moderne n’est pas forcément visible.

·        L’idolâtrie qui revient par la porte arrière :

Dans les assemblées modernes :

C’est l’orgueil qui revient de plus belle

C’est la recherche de reconnaissance qui revient

C’est à nouveau la dépendance aux finances

C’est le retour de la compétition entre frères

Ce sont des formes de manipulation qui reviennent

Ce sont les abus spirituels qui resurgissent jusqu’à faire taire ceux qui contredisent

Sans oublier de nouveaux rituels mettant en scène le culte de la personnalité.

Et souvent, cela arrive dans les lieux mêmes où l’on avait proclamé la fidélité et un culte exclusif à Dieu.

 

Et qu’en est-il des malades dans les assemblées ?

 

Lors d’un réveil spirituel, comme se fut le cas avec le roi Asa pendant son règne, les guérisons affluent et beaucoup brisent leurs idoles. Mais ces idoles sont-elles définitivement abandonnées ?

Le fils d’Asa, Josaphat, succéda à son père sur le trône de Juda. Il marcha dans les voies de David et dans ceux de son père.  Il fit ce qui est juste. Mais l’intégrité de son peuple était loin d’être incontestable. 2 Chroniques 17 :6 : « Son cœur grandit dans les voies de l'Eternel, et il fit encore disparaître de Juda les hauts lieux et les idoles. ». La guérison spirituelle est fragile, progressive, et jamais acquise. Et puis, on peut soigner les autres tout en laissant sa propre âme s'infecter. Le mal qu’on a brulé devant Dieu peut renaître. Asa avait brisé son idole et l’avait brulé au torrent de Cédron. Combien aujourd’hui ont brulé leurs idoles en se faisant baptiser.  Ces deux rites forts n’ont rien à voir avec une disparition magique. Ce qui compte réellement c’est la profondeur de l’acte et la persévérance à vouloir rester humble et soumis à Dieu.

 

La plus grande fragilité arrive souvent après la victoire. C’est comme avec la restauration d’Asa, c’est après que son peuple a été soigné, purifié, restauré, reposé… que son cœur s’est élevé, que le levain a fait monter la pâte. Ce n’est pas uniquement la maladie qui nous met en danger, c’est aussi l’illusion d’être guéris pour toujours.

La sagesse crie à la vigilance. Nous devons veiller et prier pour persévérer dans la foi. Pour que le Médecin céleste continue à avoir ses assistants et ses guérisons sur terre. Car c'est seulement dans la conscience de notre propre fragilité que la puissance de Dieu peut pleinement s'exprimer.

Alors… je terminerai par une petite parabole, très simple :

La Parabole du Roi Guérisseur

 

Il y avait un roi Qui avait guéri un peuple infirme. Il avait renversé les autels, Brisé les statues, Purifié le temple. Il avait réappris à marcher droit, Et le pays était en paix.

Puis un jour… Sans s’en apercevoir… Il est devenu ce qu’il avait combattu.

Il n’a pas reconstruit les idoles, Il en est devenu une. Elle n’était ni de pierre, Ni de bois. Elle avait son visage, Sa voix, Son autorité.

Et il brisait celui qui voulait la briser.

Alors ses pieds ont commencé à céder. Ce qu’il refusait d’entendre Est entré dans son corps. Et le roi qui faisait marcher les autres A fini sa vie incapable de marcher lui-même.


Jésus dit :
« Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »

 

Ainsi, lequel de ces deux hommes voulons-nous imiter ?


Le roi qui s’accroche à sa propre gloire jusqu’à perdre ses pas ?
Ou le roi qui, comme David, accepte de descendre,
reconnait sa faute, paye le prix de son orgueil
et retrouve la vigueur en redevenant serviteur ?

 

Car la question est : Que faisons-nous lorsque la vérité se révèle à nous ?

Amen

 

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