dimanche 24 mai 2026

"JE CHATIERAI LES BOUCS" (Bouc : une identité définitive?)

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Par Eric Ruiz

 

Jésus-Christ a cette ferme intention : dans un premier temps, de montrer les boucs et les brebis, puis ensuite de les séparer.


En fait, dans un même troupeau se côtoient boucs, chèvres, brebis. Ceux qui ont un instinct grégaire, qui suivent le troupeau sans se rebeller et sans exercer de violence sont les brebis. Leaders, individualistes, fonceurs, dominants, et agressifs se sont les boucs. Et pourtant, ce sont ceux qui ouvrent le chemin. Les chèvres feront comme les cabris de leur espèce, elles auront tendance à sauter les enclos pour passer de troupeaux en troupeaux
Dans toute organisation humaine et sociale il y a ce phénomène.
Alors : « 
quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, il mettra les boucs à sa gauche et les brebis à sa droite ».

Le bouc n’a pas bonne réputation. Il est nommé 50 fois dans la Bible. 50 : c’est une identité ; c’est le nombre biblique de l’identité.

La nature révèle le spirituel. Le bouc a l’identité d’un animal dominateur : Chèvres comme boucs sont plus individuels que les moutons. Les boucs ne parlent pas tout à fait le même "langage" social. Le bouc aura tendance à s'imposer naturellement pour l'accès aux meilleures places ou à la nourriture (au râtelier d’où l’expression très parlante pour les boucs : « manger à tous les râteliers » ; c’est l’image d’un animal qui va picorer partout, qui est sans loyauté ; il n’est pas fidèle à une seule source, il est opportuniste, il va partout où il peut tirer un avantage, cherchant constamment son propre intérêt. Les brebis, plus grégaires et soumises, lui laisseront la place sans chercher la bagarre. La brebis s'éloignera ou elle pliera les genoux devant le bouc. 

 

LE BOUC SYMBOLE DU MAL A EXPIER

 

Le bouc est aussi un animal de sacrifice et de jugement. Moïse l’utilisait pour le sacrifice d’expiation. Cet animal est toujours destiné à expier les fautes. Lévitique chapitre 16 nous décrit l’ordonnance du sacrifice d’expiation. Deux boucs étaient sacrifiés. L’un servait d’holocauste, l’autre était chassé du troupeau loin du camp dans le désert (le bouc émissaire). Il portait avec lui les péchés du peuple.

Le sang des boucs est symbole de sang impur, souillé par le péché. Ce sang rachetait les péchés du peuple. (Jésus-Christ s’est substitué au bouc prenant l’iniquité de tous sur lui). Pendant le sacrifice d’expiation, Aaron le souverain sacrificateur posait ses deux mains sur la tête du bouc vivant, celui destiné à l’exil et il confessait sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël. De même, celui qui avait la tâche de chasser le bouc devait laver ses vêtements, et laver tout son corps dans l'eau; avant de rentrer dans le camp.

 

A travers cet animal, nous voyons la confession des péchés comme leur purification par la mort et par l’exil de l’animal ; mais aussi la purification en se lavant des péchés comme lors d’un baptême de repentance. En Christ cette confession demeure et la prière et le renoncement aux œuvres mortes chassent très loin les démons qui s’agitent dans l’esprit humain.

Donc, dans la volonté de se séparer du mal, le bouc n’est pas anodin. Il symbolise le mal, le diable parfois même; ce mal qu’il faut expier absolument pour plaire à Dieu.

Spirituellement le bouc possède son identité propre et son jugement qui lui ait accolé.

 

LE PASTEUR BOUC

 

Ma colère s'est enflammée contre les pasteurs, Et je châtierai les boucs; » Zacharie10 :3

 

Il y a des boucs parmi les pasteurs. Des êtres dominateurs et pervers. Qui font passer leurs désirs avant celui du groupe. « Les devins prophétisent des faussetés, Les songes mentent et consolent par la vanité. C'est pourquoi ils sont errants comme un troupeau, Ils sont malheureux parce qu'il n'y à point de pasteur » (Zacharie10 : 2). La colère de Dieu n’est pas sans raison : Les boucs prennent souvent l'habit de brebis et parmi les brebis se cachent des boucs qui attendent leur opportunité pour agir ; Ou qui agissent en se forçant à faire comme les autres moutons, en attendant de se manifester tels qu’ils sont vraiment. Ils sont têtus et résistent à Dieu jusqu’à ce que Dieu les arrête et les châtie.
Dieu nous demande d'être prudents et patient. Car c'est lui qui fera le tri au moment opportun. « 
L’homme regarde à ce qui frappe les yeux mais l'Eternel regarde au cœur » (1 Samuel 16:7). Dieu laissera le pasteur bouc agir à sa guise car il conduira son troupeau là où est nécessaire qu'il aille: Dans des prés ou règnent l'injustice, l'oppression, la soumission forcée et la désolation pour finir.

Mais la partie n’est pas terminée pour autant. Car à partir de là, les cartes vont être rebattues par notre Seigneur. Il suscitera parmi les brebis suiveurs, des pasteurs, et il dénoncera les boucs imposteurs. Ils seront chassés du troupeau.

 

LA COMPLEXITE DE L’IDENTITE

 

Mais c’est lui, notre Dieu qui séparera le troupeau. Personne d’autres. Pourquoi ?

D’abord, parce que l’identité d’une personne est complexe. Elle est tellement difficile à cerner. Nous voyons des brebis là où se trouvent des boucs et inversement, nous jugeons trop précipitamment le mal chez un croyant.

Alors, c’est Dieu qui vient dans sa gloire trier. Il chasse les boucs, dévoile les mercenaires et s’empare d’une partie des brebis. Il rétabli un nouveau troupeau où les derniers seront les premiers. Dans l’Evangile de Jean 10, Jésus dans sa parabole montre que ceux qui ne passent pas par la porte sont « des voleurs et des brigands » qui ne cherchent qu’à dérober, égorger et détruire.

L’identité n’est pas une simple déclaration : Il ne suffit pas de dire ce que nous sommes ; comme « je suis chrétien » ou « je suis athée » ou « je suis pasteur ».

Il y a tellement de situations qui révèlent la dualité de notre identité :

1-     ce que vous faites, lorsque personne ne vous voit et qu’aucune récompense n’est attendue.

2-     Les excuses que vous utilisez continuellement pour vous justifier.

3-     Les vérités que vous refusez d’affronter sur vous-même.

4-     Ce à quoi vous revenez toujours, même après avoir essayé de changer.

5-     Tout ce qui vous met en colère ou vous touche profondément

6-     Ce que vous êtes prêt à sacrifier pour rester fidèle à vos engagements.

7-     La manière dont vous réagissez à la honte et à l’humiliation.

8-     La manière dont vous traitez ceux qui ne peuvent rien vous apporter.

9-     Ce que vous faites lorsque vous avez peur.

10-  Ce que vous faites lorsque vous avez du pouvoir.

11-   Qui vous admirez et ce que vous enviez chez les autres

12-  Ce que vous faites de votre souffrance : devenir plus conciliant ou plus dur.

13-  La manière dont vous aimez — ou dont vous évitez d’aimer ou haïssez.

 

Vous voyez, face à ces 13 manières d’agir, juger de l’identité demande de très bien connaitre l’autre et de très bien se connaitre soi-même aussi. Connaitre l’autre, se dévoile à partir de ses peurs, de ses contradictions et de ses réactions lorsqu’il est sous pression ou lorsque son pouvoir s’accroit. Pourquoi ? Parce que l’être humain est très souvent double.

Dieu connait les cœurs, et il ne fait pas de compromis. Il ne cherche pas à vous rendre un peu plus tolérant, moins colérique, à faire que vous admiriez plus ce qui est saint que profane.  Il veut changer en totalité votre identité. Pas pour en prendre une plus avantageuse mais pour que nous revêtions la sienne. Il va par conséquent vous faire passer par une nouvelle naissance spirituelle. Il ne gardera pas les boucs. Il en a horreur. Leur odeur forte l’insupporte. Ils sont faux. Ils font avec lui une fausse alliance. Ils font mine de se revêtir de son autorité pour mieux suivre leur voie corrompue.


LA BOUC : UNE PREDESTINATION QUI N’EST PAS IRREMEDIABLE

 

C'est là qu’une forme de prédestination existe.

 

Nous sommes des esprits incarnés. Et « nous avons péchés et nous sommes tous privés de la gloire de Dieu » (Romains3 :23). Alors, connaissant ce principe lié à la vie : Qui a été bouc et qui a été brebis ? Le hasard a-t-il influencé la distribution des rôles ?  Ou autre question plus pertinente : Quelle sorte d'ange avons-nous été avant d'être précipité dans des corps sur la terre ? Des leaders ou des suiveurs ? Des Lucifers, des porteurs de lumière ou des suiveurs de lumière ; des caractères de bouc ou des caractères de brebis ?

Ce que je crois vrai, en fait, la prédestination : c'est nous même qui l'avons provoqué. Nous l'avons provoqué quand nous étions des anges au service de notre Seigneur. Ce que nous avons manifesté a alors contribué à notre élection sur terre. Si nous étions des leaders assoiffés de pouvoir, nous cherchons naturellement à l'être sur terre. Alors bien-sûr dès que l’on parle de bouc, la prédestination, vient comme un couperet définitif. Il n’y aurait plus rien à faire. Mais la question : Dieu est-il seulement le Dieu du jugement ? N’est-il pas aussi le Dieu sauveur le Dieu du Salut ? Jésus-Christ a-t-il seulement donné sa vie pour ses brebis ? En d’autres mots : il ne sauvera pas les boucs, MAIS un bouc ne peut-il pas changer est devenir une brebis ? Lorsque son masque de brebis sera tombé, que l’imposture sera dévoilée, et qu’il aura reçu son jugement, ne peut-il pas devenir une brebis ?

 

Saul de Tarse avant de devenir Paul, n’était-il pas un bouc ?

 

En tous les cas, il en avait toutes les caractéristiques. Saul l’avoue : il était « animé d’un zèle excessif « (Galates 1 :14) ;

Lui qui était entêté, fonceur, en poursuivant inlassablement les chrétiens au-delà des frontières, jusqu’à Damas;

Lui, qui dominait du haut de son autorité de pharisien ;

Lui, qui défendait la loi comme un territoire sacré et

Lui, qui écrasait, persécutaient les chrétiens jusqu’à la mort, « Saul, respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur » (Actes 9 :1). Dieu l’a épargné. Plus encore, il l’a rendu apôtre des gentils.

 

Dieu n’a-t-il pas ce pouvoir de transformer l’âme, de chasser les mauvais esprits, et de briser les cœurs ? Sinon à quoi sert-il de naitre d’en haut si la nature charnelle demeure à jamais sa seule identité ? Celui qui affirme : «  je suis né bouc, je mourrais bouc », n’a pas encore connu le Seigneur.

Jésus devant l’homme riche, l’homme autosuffisant, a dit qu’il serait « difficile » d’entrer dans le royaume (en précisant que c’était comme de faire entrer un chameau dans une aiguille.) Mais Il n’a pas dit « impossible ».

Dans le peuple de Dieu, il y a toutes sortes de personnes saintes. Brebis et boucs s’y côtoient.

PSAUME 78 :71 :« Jacob son peuple et Israël son héritage ». Jacob est le peuple de Dieu. Et ce peuple est hybride, car cohabitent brebis et boucs. Mais Dieu sépare les uns des autres. Les boucs sont une race qui n’hérite pas des promesses divines. Esaïe 58 :1 « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, Élève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés! »


Alors, un détail qui n’en est pas un : Jacob et Israël sont la même personne. Mais avec un « sacré » changement toutefois.

-Jacob a acquis une identité forgée par la lutte ; c'est le caractère de celui qui se trouve justifié parce qu’il est fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham. Parce que ses aïeux ont bien insisté sur le fait que sa vie serait bénédiction. Jacob montre un caractère autosuffisant. Il veut la bénédiction promise. Il veut manger à tous les râteliers. Il refuse par conséquent d'être le frère cadet sans héritage. Il convoite les premières places celles que l'on garde pour les aînés. Il domine son frère en le volant. Mais il domine aussi son père Isaac en le trompant. Jacob s’associe avec sa mère pour monter un stratagème et s’emparer de la bénédiction d’Isaac. Jacob c'est celui qui supplante, qui trompe. Le refus de perdre est central chez lui. C'est un vrai bouc. Il incarne complètement cet animal et l’impureté qui va avec. Les autres membres de sa famille, il les voit comme des brebis qui doivent se soumettre à lui, à lui le bouc.

Or, son jugement repose sur lui et il ne tardera pas à le recevoir.


-Israël quant à lui a été transformé par les épreuves et le chaos. Il est devenu par la souffrance docile comme un agneau.  Et quelle souffrance ! Tout bascule au gué de Jabbok. Où en retrouvant son frère Esaü Il croit y perdre toute sa famille. Au matin, blessé à la hanche, en luttant avec Dieu, il deviendra Israël, mais boiteux ; Avant cet épisode sa rencontre amoureuse avec Rachel tournera à une forme d’esclavage. blessé dans sa relation. Il perd le contrôle, et se fait manipuler à son tour. il mettra 14 ans pour obtenir la main de Rachel en étant soumis au bon vouloir de son oncle Laban.  Rachel sera longtemps jalouse et stérile. Puis elle mourra juste après la naissance de Benjamin. Son unique fille Dina sera déshonorée par Sichem un chef Cananéens. Sans compter les décennies où il a cru son fils préféré de tous, Joseph, mort.  Avec les épreuves, et les nombreuses années de souffrance, Israël s’est adoucit. Il n’est plus le « leader individualiste et voleur du début. Maintenant il ne se suffit plus à lui-même. Il plie les genoux devant Dieu et attend de lui son secours.
Il est alors prêt à faire partie de l'héritage de Dieu. Jacob héritera mais en devenant Israël.

D’Israël, et de Juda en particulier sortira Jésus de Nazareth. « Un rédempteur viendra pour Sion, Pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, Dit l'Éternel ».

 

 En conclusion :

Le bouc sera sauvé en devenant brebis comme Jacob a été sauvé en devenant Israël. Ainsi nous ne devons pas juger celui qui agit comme un bouc, comme à l’inverse celui qui agit tel un agneau avec une bienveuillance qui peut être trompeuse. Le fait d’agir comme un bouc ou une brebis ne fait pas de nous des êtres perdus ou sauvés. Parmi ceux que nous croyons perdus, prions pour que de bouc ils deviennent brebis du Seigneur. Prions pour que ce temps difficile traversé par le peuple de Dieu aboutisse à de nombreuses conversions. Que tous ces boucs et leur autosuffisance soient mis à terre devant notre Seigneur pour qu’ils entendent le son de la trompette du rassemblement et naissent véritablement d’en haut.

Amen

 

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