dimanche 29 septembre 2024

« LA CAVERNE » Mythe ou réalité ?

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Par Eric Ruiz

Ce n’est vraiment pas mon habitude de parler de philosophie. Mais je me suis rappelé un très ancien cours de philo sur Platon.


Platon, philosophe du Vème siècle, plus de 400 ans avant Jésus-Christ (un contemporain du prophète Malachie) est considéré comme un des pères de la philosophie. C’est un incontournable des étudiants. 

Platon est le seul à avoir donné une allégorie (une image) très parlante de ses théories. Et en relisant le texte sur « le mythe de la caverne », j’y ai vu tellement de parallèles avec la Bible et de similitude avec la foi chrétienne.

Platon y révèle la nature de notre réalité tout en montrant que la quête de la vérité a toujours été dans nos gènes, mais qu’elle est un combat. Je vous dresse ici les grandes lignes :

 

Imaginez une caverne sombre où un groupe de prisonniers est enchaîné depuis leur naissance.

Ces prisonniers sont enchainés aux pieds et au cou de telle manière qu'ils ne peuvent regarder que vers un mur devant eux.

Derrière les prisonniers, il y a un feu, et entre le feu et les prisonniers, il y a un chemin surélevé.

Le long de ce chemin, des gens passent en portant des objets et des figures de formes diverses qui projettent des ombres sur le mur que les prisonniers peuvent voir.

Pour ces prisonniers, ces ombres sont la seule réalité qu’ils connaissent.

 

Les ombres dans la grotte symbolisent l’ignorance et la perception limitée de ceux qui n’ont pas atteint la vraie connaissance.

Ces ombres représentent une réalité déformée et superficielle. Les ombres sont la façon dont les apparences et les perceptions peuvent tromper notre compréhension de la vraie nature des choses.

Nous sommes en fait là dans l’illusion de notre savoir. Nous pensons parce que nous avons une idée ou une opinion de ce que nous percevons (les ombres sur le mur) que c’est la réalité. Ces ombres, en fait montrent même pour un croyant en Dieu, qu’il se fit à ce qu’il voit ou perçoit par ses sens. Et c’est sa conception personnelle des choses qui le rend prisonnier de lui-même.

« Ce n'est pas à l'intelligence que l'insensé prend plaisir, C'est à la manifestation de ses pensées. » (Proverbes18 :2)

Ces chaines qui immobilisent sont bien moins importantes que celles que chacun a dans son esprit. Celui qui a la foi dira « mais non, j’ai la foi et je vois la vraie réalité ». Mais attention sa foi ne s’est-elle pas mélangée avec un conditionnement humain ?  Toutes ses figures sombres qui passent et repassent sont toutes des projections de la réalité. Ce sont des images par exemple d’un oiseau. Mais ce n’est pas un oiseau. Il lui manque une dimension, la couleur, l’épaisseur, la vie en somme.  

Or,  ces ombres sont des reflets de la réalité. A force de passer devant eux, le sens donné à ces ombres va conditionner les prisonniers. Platon montre avec son allégorie, ce qui se passe dans l’esprit de n’importe qui : l’être humain naturellement fixe sa croyance sur des opinions qui sont par nature subjectives. Il confond le réel qu’il perçoit avec la réalité. Et cette croyance est d’autant plus forte qu’il n’est pas le seul à y croire. Ici le groupe des prisonniers  peuvent s’entretenir et donc ils vont partager les opinions qu’ils ont des figures ou des formes des ombres ; et ils vont finir par baser leur conviction sur une opinion admise par tous. Et le fait qu’ils aient tous été prisonniers depuis leur naissance, produit le même effet que les traditions font sur nos convictions. Elles renforcent leur crédibilité, les rendent encore plus vraies.

C’est l’erreur qu’a fait aussi Thomas le disciple de Jésus en ne regardant qu’aux ombres (ce que font toujours une majorité de croyants d’ailleurs). Thomas plaça sa foi sur ce qu’il voyait (les plaies sur le corps de Jésus).  « Jésus lui dit: Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! » ; C’est : heureux ceux qui placent leur foi ailleurs que dans leurs sens et leurs opinions parce qu’ils verront alors la vérité.

 

Maintenant Le mythe de la caverne va prendre une tournure très différente à partir du moment où l’un des prisonniers est libéré. Et là un verset de l’Evangile de Jean me saute à l’oreille : (« Et vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres ». Jean 8 :32 )

Au début, ce prisonnier ressent une douleur aiguë et une confusion intense lorsqu'il est exposé à la lumière du feu et, éventuellement, au soleil du monde extérieur.

La lumière est aveuglante et le prisonnier peine à comprendre cette nouvelle réalité.

Petit à petit, ses yeux s'habituent et il commence à voir le monde tel qu'il est : les couleurs, les formes, l'immensité du ciel et l'éclat du soleil.

Pour le philosophe, ce processus symbolise le chemin vers la connaissance et l’illumination intellectuelle. Pour lui, c’est un voyage ardu et douloureux, mais profondément transformateur.

Pour Platon, c’est le passage d’un monde dominé par les sens vers un monde intelligible.

 

Pour un homme qui découvre la vraie foi, je dirai qu’il entre petit à petit dans un nouvel univers qui le transforme de l’intérieur. Et Dieu progressivement lui ouvre les yeux sur sa réalité qui est la vérité. La révélation se fera pas à pas. Dieu l’enseignera sur ce nouveau chemin en détruisant toutes les vérités qu’il s’était fait avec les ombres. Mais sa progression nécessitera qu’ils se maintiennent toujours dans un niveau d’humilité afin de voir juste et qu’il se lave régulièrement de tout péché.

A ce moment-là, le prisonnier libéré se rend compte que les ombres dans la grotte ne sont pas la réalité, mais de simples illusions.

Dans son désir de partager cette révélation, il retourne dans la grotte pour libérer les autres.

Cependant, à son retour, il rencontre une résistance et est incompris par ceux qui sont encore enchaînés.

Pour eux (les prisonniers), ce qu’ils ont compris des ombres restent la seule réalité valable. Et la proposition d’une réalité différente est inconcevable et menaçante. Elle menace surtout leur orgueil. Ils se croyaient sages à leurs yeux. Pour moi, ils ont fait de ces ombres une parole divine, un dogme, un credo.

Pour le philosophe, ce retour met en lumière la difficulté de transmettre et d’accepter la vérité dans un monde habitué aux illusions, c’est un reflet de la résistance humaine au changement et c’est un reflet de la non acceptation de nouvelles vérités.

C’est vrai aussi, mais la cause essentielle n’est-elle pas ailleurs ?

La cause est beaucoup plus profonde.

Car pour nous disciples de Christ, nous savons que la vérité est synonyme de jugement. C’est un combat spirituel intense.  « Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. »(Jean 3 :19). Arrivé ici nous sommes au cœur même du sens profond de l’allégorie de la caverne.

 

Le philosophe souligne la difficulté à guider les autres vers la lumière de la connaissance supérieure. Pour un disciple cela va plus loin qu’une simple incompréhension et qu’une simple résistance. C’est un choix délibéré que de rejeter la lumière. Interpréter des ombres sur un mur et en tirer une opinion ne font que conforter ceux qui persévèrent dans leurs mauvaises pensées et leurs mauvais agissements.

Donc comme Christ, nous n’avons pas à éduqué et à enseigner de force en voulant à tout prix libérer des prisonniers qui ne veulent pas être libéré. Ils s’accommodent très bien de leur situation. « Celui qui ne croit pas est déjà jugé » (Jean 3 :18)

Le philosophe, comme le prisonnier libéré,  comme le religieux aussi, se sent animer par la responsabilité de guider les autres vers la lumière de la connaissance, quitte à affronter l'incompréhension et la résistance. Le terme « évangéliser » est approprié à tous.

Parce qu’en fin de compte, ils nous invitent tous (prisonniers, philosophes, religieux) à remettre en question notre propre perception de la réalité. Ils reconnaissent l’importance de rechercher la connaissance au-delà des apparences.

Mais, pour un vrai croyant, la quête de connaissance est vaine. Notre vraie quête nous place face à un défi supérieur, bien différent de celui de briser nos propres chaînes et de sortir de nos grottes personnelles pour aller à la recherche d’une compréhension plus profonde et plus vraie du monde. Ce défi est fondamental puisque il répond à un BESOIN, une soif d’une nouvelle vie plutôt que d’une nouvelle compréhension. C’est pourquoi, pour moi, celui qui brise ses chaines et qui sort de sa caverne c’est celui qui découvre la Vie (avec un V majuscule). Christ est la vie et la vérité. C’est lui qui nous rend libre. La connaissance ne fera que nous enchainer à nouveau, ailleurs dans une autre grotte. Nous aurons toujours à cœur d’interpréter ce que nous percevons pour en faire une vérité.

 

Mais je n’ai pas terminé avec l’allégorie de la caverne. Car au final, les prisonniers de la caverne ont la ferme décision de faire mourir leur ancien compagnon.

Ce dernier acte, montre parfaitement non pas leur résistance au changement, au progrès à la connaissance nouvelle, mais il montre l’état mauvais de leur cœur. Ce n’est pas leurs préjugés, qu’ils ont besoin d’éliminer, mais leur esprit arrogant, fourbe, menteur et criminel. C’est leur nature pécheresse qu’ils doivent sacrifier sur l’autel.

« Ils n'ont ni savoir ni intelligence, Ils marchent dans les ténèbres; Tous les fondements de la terre sont ébranlés. » (Psaumes 82 :5)

 

Alors cette allégorie de la caverne dévoile celui qui marche dans les ténèbres, c’est l’arrogant, le soi-disant croyant, c’est celui qui place la connaissance au sommet. La révélation ne peut en aucun cas être pour lui. Pourquoi ?

« La révélation de tes paroles éclaire, Elle donne de l'intelligence aux simples. »(Psaumes 119 :130)

Les simples ont une âme d’enfants, ils reçoivent la révélation.

 

 Alors, je sais que des chrétiens s’arrêteront aux premières lignes de ce message en s’insurgeant de ce que je me joins aux philosophes. Ils affirmeront que je fais de la philosophie et plus de la théologie ! Ils s’arrêteront sur leur opinion qui voit la philosophie, comme des fables ; et nous n’avons pas à nous laisser guider par ces fables.

D’abord, je ne me suis pas laissé guider par elles. Ensuite, en lisant ce texte, j’ai pensé aussi qu’il aurait pu être un songe, le songe d’un chrétien.  Sans dire que Platon en est l’auteur, je suis persuadé qu’un tel songe aurait été très bien reçu dans une assemblée chrétienne. Et même mieux je suis sûr aussi qu’il aurait été interprété à la façon philosophique, en montrant l’importance de la connaissance spirituelle sur la connaissance humaine matérielle et subjective.

 

L’existence de ces deux mondes doit faire réfléchir tout croyant. Il doit ouvrir les yeux pour savoir s’il est encore prisonnier de sa caverne ou bien s’il est vraiment libre en Christ. La réponse ne coule pas forcément de source.

 

Pour Platon apparemment, il était toujours dans sa caverne. Voilà une de ses citations célèbre : « L’homme n’est qu’un jouet inventé par Dieu ». Eh bien, si nous étions juste un jouet pour Dieu, ce Dieu serait cruel comme le chat qui joue avec la souris avant de la tuer. Mais un Dieu sauveur ne joue pas avec sa créature. Son respect et son abnégation et même son sacrifice pour elle, fait de sa créature son meilleur ami, ou sa future épouse.

 

Par conséquent, considérons que la caverne de Platon doit-être revisitée par la foi.

Et la question des philosophes est la même pour un chrétien : Sommes-nous toujours influencés par des chimères, par des opinions formulées comme des vérités toujours apprises, ou sommes-nous dans une connaissance qui nous amène toujours plus à nous connaitre et à faire grandir notre âme ?

Parce que l’aveuglement est sur chacun au départ. Les prisonniers de la caverne se croyaient dans la lumière. Ils pensaient que l’extérieur était ténèbres. C’est ce que croit aussi la très grande majorité de l’humanité. Se croire libre alors que ses pensées et son âme sont en prison.

Rappelons-nous que l’allégorie de la caverne montre un jugement. Il montre l’état de notre âme. S’est-elle attachée à une foi emmurée par la connaissance (une connaissance sombre et rigide comme ces ombres sur le mur) ? Ou bien notre âme est-elle libérée du péché, est-elle abreuvée par une connaissance divine ?

 «  La sagesse d'en haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde et de bons fruits, exempte de duplicité, d'hypocrisie. ». Que cette connaissance-là en fin de compte soit l'objet de nos pensées. C’est le fruit de la justice semé dans la paix nous dit l’épître de Jacques.

Amen

dimanche 22 septembre 2024

LES DESSOUS DE LA CHARITE CHRETIENNE

555


Par Eric Ruiz

 

Nous vivons un temps de jugement très impressionnant où les icones religieuses tombent du ciel. Leurs péchés les éclaboussent comme de la boue. De la même manière d’autres édifices religieux tombent. La charité chrétienne en fait partie. Il existe une vieille stratégie liée à l’argent, une stratégie très sournoise. Elle fait vivre et prospérer beaucoup de gens, et par extension beaucoup de membres du clergé et d’institutions religieuses.

Il n’y a pas de repas gratuit « There is no free lunch ».


Oui je parle avec des mots anglais, car c’est une expression anglaise et une expression marketing à la base reprise par le prix Nobel de l’économie : Milton Friedman. 

Il n’y a jamais rien de gratuit. Tout se paye au bout du compte. L’expression fait référence à une pratique commerciale qui avait cours aux Etats-Unis à la fin du XIXème siècle. Les patrons de bar offraient un repas gratuit, à ceux qui s’engageaient en échange, à acheter au moins une boisson. Le tenancier en pratiquant ainsi faisait le pari que les consommateurs seront plus nombreux à venir ou qu’ils consommeront davantage ; et que leur fidélité rembourserait les repas offerts. Donc que la surconsommation qui s’en suivrait, générerait par la suite un profit supplémentaire.

Pourquoi je prends cet exemple ?

Parce que bizarrement ce procédé commercial bien qu’il fonctionnait à merveille, fut interdit pour cause d’incitation à la consommation d’alcool favorisant ainsi l’alcoolisme.

Mais ce procédé marketing n’a jamais vraiment disparu. Je dirai même qu’il s’est développé de manière totalement fou en prenant tellement de formes différentes.  Rien n’est gratuit. Tout se paye au bout du compte.

Cette stratégie marketing, c’est la face cachée de la gratuité :

C’est de faire croire à un geste généreux et gratuit envers l’autre alors que l’intention est de retrouver son argent, doublé d’un profit supplémentaire.

Lorsque ce procédé est fait dans le cadre commercial, ce principe reste assez visible et accepté. Mais il y a des cas qui dépassent l’activité commerciale et où ce principe est très opaque pour ne pas dire ténébreux.

Par exemple en politique : Un Etat corrompu va annoncer à sa population que les transports seront gratuits. Mais il omettra volontairement de dire que les impôts augmenteront pour payer cette gratuité.

Je pense que vous me voyez arriver aussi avec la religion. Eh oui, la religion est passée maitre dans ce genre de stratégie marketing. Ah bon me direz-vous, mais la religion n’est pas un débit de boissons, elle n’a rien à vendre.

Apocalypse 18 : « Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un repaire de tout esprit impur…les marchands de la terre se sont enrichis par la puissance de son luxe. v 11Et les marchands de la terre pleurent et sont dans le deuil à cause d'elle, parce que personne n'achète plus leur cargaison, 12cargaison d'or, d'argent, de pierres précieuses, de perles, de fin lin, de pourpre, de soie, d'écarlate, de toute espèce de bois de senteur, de toute espèce d'objets d'ivoire, de toute espèce d'objets en bois très précieux, en airain, en fer et en marbre, 13de cinnamome, d'aromates, de parfums, de myrrhe, d'encens, de vin, d'huile, de fine farine, de blé, de boeufs, de brebis, de chevaux, de chars, de corps et d'âmes d'hommes. ».

Babylone c’est cette ville de lumière et d’argent dont le monde entier rêve. Derrière Babylone se cache un esprit de démon religieux. Un démon hypocrite qui cache ses intentions, celles de s’enrichir en allant même jusqu’à faire un commerce humain, et à vendre des âmes (nous venons de le lire : cargaison de corps et d'âmes d'hommes.).

Alors oui, la religion est un organisme commercial qui ne porte pas son nom.

Le christianisme dans son ensemble prône la charité. Mais cette charité suit un plan marketing très bien ficelé. Les donations bien qu’elles paraissent gracieuses se font à la manière des tenanciers américains « il n’y a pas de repas gratuit ».

Les Eglises vivent au moyen des dons et de la générosité de leurs bienfaiteurs comme du commerce qu’elles entretiendront par la suite avec d’autres.  L’acte marketing des assemblées chrétiennes, comme il ne saute pas aux yeux est très pervers. Alors, quand un membre qui est démuni reçoit une aide financière, ou une aide matérielle, sans qu’il le sache au départ, il devient redevable. Rien n’est gratuit. Tout se paye au bout du compte.

C’est-à-dire que la personne ou l’institution religieuse qui lui a fourni cette aide en disant qu’elle provient de la générosité de la communauté, s’attend à ce que le démuni paye néanmoins ce qu’on lui a offert gracieusement (oui, oui vous avez bien entendu ; il s’attend à ce que le démuni paye). Et comment va-t-il payé, lui qui n’a rien ? 

D’abord avec son âme

En devenant lui-même un fidèle de la communauté, en épousant sa foi. Et même en amenant d’autres à devenir fidèles eux aussi. Mais ces démunis s’ils restent dans leur conditions ne vont pas être utiles pour le mouvement religieux. Ils doivent évoluer socialement. Et c’est alors le nouveau but des donateurs : de faire évoluer une population démunie pour qu’elle devienne à son tour une source de gains, de nouveaux donateurs.  

On doit alors les aider à gagner leur vie, on doit les aider à gagner de l’argent. Ils donneront certes de petits dons, mais qu’importe. Le nombre de donateurs grandissant permettra de dégager des profits de plus en plus grands. Ce procédé machiavélique est celui de vendre son corps. Puisque une partie du revenu du travail ira à l’institution ou au représentant de cette institution, sous forme de dons, d’offrandes ou de dîmes.

N’oubliez pas ce que faisaient ces bars en échange du repas gratuit, on consommait juste une boisson en échange.  Le repas certes devait valoir quelque chose comme 10€ et la boisson : 1 €, quelque chose donc d’insignifiant.  Mais tous ces 1€ allaient faire une grosse somme en se multipliant à l’excès.

L’Eglise catholique, qui n’est pas la seule à le faire (Quel est le système religieux qui ne le fait pas aussi ?), a investi partout dans le monde. Ses projets humanitaires sont considérables.

Un nombre incalculable d’associations ou d’ONG ont proliférées surtout à partir de 1945.

Et, combien de catholiques animés par un désir brûlant de venir en aide, partent en mission ou en voyage humanitaires. Ils vont partager leurs compétences, ils vont les enseigner. Il y a de très nombreux chantiers dans le monde, en Afrique, en Asie, en Amérique du sud pour aider des communautés défavorisées. Le but est louable puisqu’il vise à les rendre plus autonome, et à élever leur niveau de vie.

Mais ne soyons pas dupes, les intentions sont toujours les mêmes.

Dans un premier temps disons-le, le projet humanitaire permet à celui qui fait un don financier ou en nature de s’acheter une bonne conscience. L’acte n’est pas si gratuit qu’il n’en parait, puisqu’il sert de faire valoir personnel. On paye pour reluire son image, pour paraitre plus empathique aux yeux de son public, pour paraitre plus saint aux yeux de son assemblée.

En Grèce au VI ème siècle les riches notables appelés évergètes manifestaient  une générosité intéressée par des dons et des bienfaits. Leur grand cœur leur donnaient droits à de très hautes récompenses et honneurs. Une stèle était érigée. Sur ce monument était gravé leur nom et leurs bienfaits pour influencer les générations suivantes et ils recevaient publiquement une couronne en or. On réservait pour eux les premières places lors des grandes fêtes.

Donc, ici le repas n’est pas gratuit et il est même payé double. Le donateur paye sa part et le donataire la sienne.  

La charité chrétienne se paye double au bout du compte.

La générosité exceptionnelle des donateurs est pervertie.  Les donateurs sont comme les évergètes grecs. Les démunis quant à eux, profitent des grâces humanitaires. Mais ils payent à leur tour leur part, car une fois élevés socialement, ils n’ont qu’une envie, montrer leur reconnaissance envers ceux qui les ont aidé. Montré leur reconnaissance au dieu de leur religion. Ces nouveaux petits producteurs et petits consommateurs viendront remplir les Eglises locales. Alors bien-sûr je ne parle que d’un aspect de l’humanitaire. Il serait trop long de parler de toutes les autres dérives.

Maintenant revenons à une échelle beaucoup plus petite, à un petit groupe de croyants.

Tant que ce groupe exerce une aide sans rien espérer ni rien attendre en retour, et sans instituer un système rituel de dons, l’aumône est faite avec vérité.

Matthieu 6 :3 :« Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta droite ».

Tant que les donateurs ne regardent pas ce que leur main droite donne, en attendant des récompenses alors tout va bien. Tant que les aidés ne se sentent pas redevable tout est bien. Mais le jour, où ils vont regarder ce que leur main droite donne, et ce que leur main gauche reprend, alors la stratégie commerciale va reprendre ses droits. Le démuni (son corps et son âme) se sentira redevable. Il sera à son tour absorbé par ce mouvement spirituel et cela malgré lui.

Gardons-nous mes frères et sœurs d’une telle influence, elle est diabolique. Dieu n’est plus là sur son trône. Il ne règne plus. Mais c’est Mammon, la richesse, le prince de ce monde qui est honoré.

Or, « se garder soi-même », en connaissant simplement que ce procédé marketing est mauvais, ce n’est pas suffisant. La connaissance ne peut à elle seule nous convaincre de la vérité. Vous aurez un jour ou l’autre cette stèle gravée à votre nom dans votre cœur, ou vous aurez envie que ceux qui ont reçu vos dons témoignent de votre générosité.

Le dicton populaire « un homme avisé en vaut deux » n’est pas infaillible. Vous aurez beau être prévenus d’un danger et être doublement sur vos gardes, la séduction du « tout se paye en fin de compte » vous rejoindra. Pourquoi ? Parce que manger à l’arbre de la connaissance du bien et du mal, vous permettra uniquement d’avoir des règles de bonne conduite, de vous donner des principes moraux ; donc de vous battre pour le bien. Mais tous ces beaux principes seront transgressés bien rapidement. Le mal aura raison de vous. Ce combat est perdu d’avance. Le roi Salomon qui avait reçu la sagesse de Dieu tomba dans ce système pernicieux où on lui devait à chaque fois son tribu en or.

2 chroniques 9 :13 : « Le poids de l'or qui arrivait chaque année à Salomon était de six cent soixante-six talents d'or, ». Se croyant juste, il avait oublié le don d’amour. Il avait la connaissance du bien et du mal, mais il lui manquait autre chose.

 

Vous l’aurez sans doute compris, manger à l’arbre de vie, c’est alors l’unique solution. Mais l’accès à l’arbre de vie, n’est-il pas bien gardé ? « L'Eternel Dieu dit: Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement. » (Genèse 3 :22).

L’arbre de vie n’est pas seulement l’arbre qui donne la vie éternelle. C’est un arbre qui donne une nourriture éternelle. Cette nourriture redonne la vie là où il y avait la mort.

Seul Christ ou ceux qui ont reçu Christ par l’esprit peuvent y accéder. Ce chemin, c’est une onction. Par conséquent c’est un don divin ; ce n’est pas une simple inspiration ou un sentiment généreux.

Le fait de posséder l’onction, fait que l’arbre de vie parle directement au cœur. Cet arbre inspire oui, mais directement non pas pour dire ou faire ce qui est bien et pour dénoncer le mal, mais à faire ce qui est juste et à dire ce qui est juste. La véritable compassion nait de cet arbre. L’arbre de vie donnera une réponse équitable sans émettre de jugement de valeur, sans rien n’attendre en retour. Cette réponse est directe, intentionnelle et pratique. Elle permet alors de pratiquer la justice de Dieu. Elle permet véritablement de dire : « tout est gratuit » tout est une grâce de Dieu. Le repas donné par le disciple est gratuit.

 

Alors, c’est vrai tout se paye au final. Mais pour l’aumône, Christ a tout payé par son sacrifice. Il le prouve lorsqu’il dit dans l’Evangile de Matthieu : « Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger…Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous les avez faites ».

L’amour n’est pas un lien. Il n’est pas redevable. Ce n’est pas parce que tu m’as aidé qu’obligatoirement je dois t’aider. Car si ce principe existe, il devient une loi. Une loi, une obligation qui transgresse le cœur, un tue l’amour. Le sacrifice de Jésus-Christ  nous permet juste d’aider notre prochain parce que nous le faisons naturellement pour nous-mêmes. La nuance est un gouffre avec l’obligation d’aimer. S’obliger à aimer pour des causes aussi bonnes soient elles, n’aboutira qu’à pervertir son cœur. Par contre aimer en Christ, ne donnera jamais de perversion.

Amen

 

 

 

 

dimanche 15 septembre 2024

LE MARIAGE est-il SACRE ?

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Par Eric Ruiz

Il y a 15 jours de cela j’ai marié ma fille ainée Julie. Et une chrétienne me posait la question si elle s’était mariée dans le Seigneur. Sur le moment je n’ai rien répondu un peu interloqué et surpris par sa question.


Et puis une idée comme une affirmation est venue : Toute union entre mari et femme quel qu’elle soit est forcément faite dans le Seigneur.

La raison est simple et Jésus l’a rappelle dans l’Évangile de Matthieu au chapitre 19 : « Il répondit aux pharisiens: N'avez-vous pas lu que le créateur, au commencement, fit l'homme et la femme 5et qu'il dit: C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et les deux deviendront une seule chair. ».

Jésus, là ne fait que citer un verset du livre de la Genèse en précisant que Dieu a conçu le mariage dès le début et sans y joindre aucune restriction. Tout mariage est béni au départ.

Genèse 1 : 28 : « Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds.. ».

 

Dieu n’a jamais mis de loi sur l’obligation de passer par une cérémonie officielle. Il n’a jamais donné d’indication sur quelle partie les époux devaient s’engager. Il n’a jamais dit aussi qu’un sacrificateur, un ecclésiastique, ou un membre religieux éminent devait présider la célébration, tout comme aucun disciple n’a reçu un appel pour cela.

Les traditions, sont venues des hommes. Elles ne sont pas un mal en soi. Célébrer cet évènement comme une fête est tout à fait légitime. Cette fête, d’ailleurs rassemblait de tout temps des membres de la famille et des invités. Parce qu’on voulait célébrer ce moment, cette union devant les hommes (au sens large).

Ainsi tout mariage est une chose naturelle comme la volonté aussi d’avoir une descendance. Ce commandement : « Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, » est inscrit dans l’ADN de nos cellules, tout comme le mariage.

Donc, disons-le bénir un mariage, c’est une aberration. C’est un coup d’épée dans l’eau. Ça ne sert à rien puisqu’il est déjà béni.

Jésus a tout dit en une seule phrase : « Ainsi ils ne sont plus deux, mais ils sont une seule chair. ». Quoi rajouter de plus ? Qu’ils se doivent fidélité, dans les meilleurs jours comme dans les mauvais, qu’ils se respectent mutuellement, etc., etc. ? On ne fait que de rajouter de l’évidence.

« Une seule chair », cela veut bien dire : fidélité, engagement, respect mutuel et bien plus que cela encore. Un sacrifice total pour l’autre. Aimer l’autre comme sa propre chair .

Dieu connait l’homme et il sait encore une fois que la tradition allait remplacer la foi. Combien, croyant comme non croyants, ne conçoivent pas le mariage sans une cérémonie religieuse ?

La cérémonie fait office de bénédiction et en cela, elle apaise les mariés (ou la famille des mariés) qui se sentent inconsciemment sous la voûte d’une protection céleste. On appelle cela de la superstition.

La peur de subir un échec, amène à exagérer le poids, l’importance d’un rituel. Ici la cérémonie religieuse ; la bénédiction nuptiale a pris la place de la bénédiction divine.

Voulant proclamer cette bénédiction, le rituel l’a remplacé.

Le membre du clergé en prononçant des mots bien choisi de la bénédiction du mariage aura la même perception qu’une eau bénite tombant sur les mariés.

Et aujourd’hui reconnaissons-le les mariages dans l’ensemble sont sous la bannière de la superstition.

« Quoi, mais ta fille ne s’est pas marié à l’Église ? Tu n’as fait qu’un mariage civil ?

Mais tu laisses les époux sans protection ! Tu es inconscient !

Voilà l’inquiétude religieuse dévoilée encore une fois dans les réactions des uns et des autres.

Et puis l’autre question qui brûle les lèvres : « Les époux ont-ils épousé la même foi ? » (La foi catholique, la foi protestante, la foi juive ?).

C’est la même réaction qu’on eut les disciples de Jésus après qu’il ait dit aux pharisiens que l’homme s’attachera à sa femme ; et « Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a joint. ». Les disciples ont eu une réaction de rejet à l’égard des enfants qu’on amenait à Jésus: ils les repoussèrent. Les disciples repoussent les enfants des parents qui n’ont sans doute pas la réputation d’être de bons croyants. Alors, Jésus les prend à contre-pied. Sa réponse est suivie d’actes et de paroles d’inclusion. « Et Jésus dit: Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. Il leur imposa les mains, et il partit de là. ». Un enfant va aller vers un autre pour jouer avec lui sans se poser la question de sa religion ou si ses parents sont bons ou mauvais. Trop souvent l’homme veut choisir à la place de Dieu. Et trop souvent il rejette celui ou celle qui est son enfant.

Les disciples eux-mêmes se trompent entre ce qui est sacré et profane, puisqu’ils rejettent les enfants.

De la même façon, combien de soi-disant bons croyants jugent-ils un mariage comme sacré face à un autre qu’ils jugeront profane simplement en jugeant à l’apparence, à la religion, à la cérémonie ou à la personne qui célèbre le mariage.

 

Ne diront-ils pas que Dieu fait de même ? Qu’il approuve certaines unions et en désapprouve d’autres.  Le Dieu de Moïse n’a-t-il pas interdit certains mariages ?

 

(Deutéronome 7 :3). « Lorsque l'Eternel, ton Dieu, te les aura livrées et que tu les auras battues, tu les dévoueras par interdit, tu ne traiteras point d'alliance avec elles, et tu ne leur feras point grâce. 3Tu ne contracteras point de mariage avec ces peuples, tu ne donneras point tes filles à leurs fils, et tu ne prendras point leurs filles pour tes fils ».

 

Ce texte a servi tellement de fois à condamner des unions jugées comme illicites parce que les époux n’avaient pas la même religion, le même culte, le même cérémonial. On n’a séparé des peuples, comme on a interdit des unions parce les religions ne s’accordaient pas entre elle.

Est-ce juste de procédé ainsi ?

La question légitime est pourquoi Dieu a-t-il interdit ce genre de mariage à ce moment-là ?

 

Le contexte est encore une fois primordial.

Israël entrait en possession du pays promis par Dieu et elle devait s’opposer à des nations terribles, des peuples d’une idolâtrie féroce, d’une méchanceté, d’une cruauté sans borne. S’ils s’unissaient à ce peuple qui déifiait la violence, qui déshonorait le mariage en opprimant l’épouse, en la rendant esclave de son mari, en donnant tout droit au mari, jusqu’au meurtre, en sacrifiant jusqu’aux enfants, comment alors Israël aurait-elle pu rester une nation sainte et accomplir le destin que Dieu lui attribuait ?

Les israélites connaîtraient alors une condition pire que celle qu’ils avaient connue en Égypte.

Dieu est fidèle à son alliance. Il a promis un pays où coulent le lait et le miel, pas un pays où s’exercent l’oppression et la honte. Si bien qu’il prévient du danger et interdit une union qui sera, c’est sûr désastreuse.

 

Mais cet avertissement est néanmoins à prendre aussi au sérieux pour tous ceux qui se disent descendant de la foi d’Abraham aujourd’hui.

Non pas qu’ils doivent se méfier des autres religions. Non, ils doivent se méfier de ce que procure l’idolâtrie chez certaines personnes.

Par exemple : Un bon père qui a la foi devrait mettre en garde sa fille si celui qu’elle désire épouser à une tendance à manifester la même cruauté que ces peuples qui ont été chassés par Israël. Je veux parler des Héthiens, des Guirgasiens, des Amoréens, des Cananéens, des Peréciens, des Héviens et des Jébusiens. Ces peuples nommés dans le chapitre 7 du livre du Deutéronome, ce sont des esprits mauvais.

S’unir avec un homme ou une femme possédant le même esprit fourbe et destructeur, c’est aller droit dans le mur. C’est-à-dire, aller droit aux excès de colère, à la tyrannie, à l’adultère, à la séparation, au divorce sans oublier les diverses maltraitances physiques et morales qui seront légions sur l’autre et sur les enfants.

Dieu demande à ceux qui l’aiment de discerner le cœur des futurs époux pour savoir si l’union a de bonnes chances d’être auréolée de joie et de bonheur ou au contraire si tous les signes d’une malédiction sont là. Parce que la malédiction ne vient pas de Dieu mais de l’homme et de la femme qui s’unissent alors que l’un a un cœur très endurci et que son idolâtrie l’aveugle et le pousse à de terribles excès.

Les exemples bibliques ne manquent pas. Samson en s’unissant à Dalila ruina sa vie. Il en perdit la vue et la force. Le roi de Juda Achab en s’unissant à Jézabel, fut manipulé par elle, qui l’excita à la violence, à exterminer les prophètes de Dieu et à commettre le crime.

Les pharisiens aussi provoquent de mauvaises unions. Ils abordèrent Jésus en lui posant des questions pour l’éprouver, parce qu’ils avaient ce cœur endurci, un cœur bâtit pour provoquer les malédictions. « Ils dirent, pour l'éprouver: Est-il permis à un homme de répudier sa femme pour un motif quelconque? » (Matthieu 19)

Jésus est obligé de préciser que le divorce est une loi donnée à Moïse parce qu’elle est venue avec la dureté du cœur, parce qu’au commencement il n’en était pas ainsi. Jésus ne fait que montrer que ces israélites se sont, dans les faits, unis aux mauvais esprits des Amoréens, de ces peuples violents qui condamnent et lapident à tout va. Ils devraient exercer cette violence contre eux-mêmes d’abord, pour se repentir.

 

Pour Jésus-Christ les noces ont toujours été un moment particulier où les cœurs se dévoilent. Regardez la parabole du festin des noces. Elle commence ainsi

Matthieu 22 : 2 ; « 2Le royaume des cieux est semblable à un roi qui fit des noces pour son fils ».

Les serviteurs conviés refusent l’invitation. Les conviés ne sont pas dignes pourquoi ? Parce qu’ils dénigrent, ils haïssent. Ils sont méprisants à l’égard des autres. Ce cas n’est pas rarissime, bien au contraire.  Des proches refusent d’honorer le mariage ou même s’y opposent frontalement. Ils se refusent d’honorer un mariage qu’ils jugent peu à leur goût, et surtout qui est profane à leurs yeux. Ce n’est pas une union sainte, c’est un véritable sacrilège.

Et l’homme qui vient sans habits de noces. De qui se moque-t-il en négligeant sa tenue, en méprisant les mariés et le roi. Il montre lui aussi un cœur tortueux et idolâtre. Oui idolâtre car son amour pour lui-même exclut celui des autres.

Le contraste est flagrant avec l’attitude de Jésus aux noces de Cana, qui lui se soucie de la joie des convives. Ainsi, face au manque de vin, il fait un miracle. Mais il le fait dans des vases d’ablution. Des vases destinés à la purification. Les uns se sont réjouis du vin qui ne manquait plus et qui était meilleur que celui du début, tandis que d’autres ont du se scandaliser que quelqu’un ait pu ainsi profaner des ustensiles saints ainsi qu’une eau bénite.

 

Jésus à un autre moment parle de cette attitude orgueilleuse à vouloir se mettre aux premières places pour des noces.

Lui-même ne se plaçait pas aux places d’honneur. Il ne prenait pas la parole pour se mettre en avant. Il ne venait pas y annoncer une bénédiction particulière, parce qu’il respectait ce moment sacré qu’avait instauré son Père dès le départ.

Dieu connait ce moment particulier des noces qui attire tous ceux qui aiment le pouvoir. C’est un moment où il chassera les intrus et bénira les humbles, les doux et les bienveillants.

Ses noces avec ses élus ressembleront à nos noces traditionnelles.

Car c‘est là que se dévoilent les cœurs et les esprits.

 

Donc pour résumer : que peut-on faire si nous sommes conviés à un mariage ?

Surtout bien-sûr, ne jamais s’y opposer. S’y opposer ferait de nous des êtres qui maudissons. Mais aussi, ne pas se mettre en avant, rester discret. Intervenir que si les mariés le sollicitent vraiment.  Et si on nous donne la parole : Annoncer que le mariage est déjà béni parce Dieu l’a fait au départ et que les époux ne forment qu’une seule chair. Leur dire que la réussite comme l’échec dépend d’eux et non d’une bénédiction particulière. Insister sur leurs qualités qui seront leurs atouts pour rester fidèle. Et observer les réactions des uns et des autres qui montreront leur cœur et leurs esprits. Sans oublier l’essentiel : vivre l’instant présent, honorer les époux, se vêtir de ses plus beaux habits, se réjouir avec les mariés et ceux qui partagent leur joie. Car avant tout c’est une grande fête qui célèbre ceux que Dieu a uni.

Amen

dimanche 8 septembre 2024

PROPHETISER EN PARTIE, c’est quoi?

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Par Eric Ruiz

Avant je voudrais dire certaines choses sur la prophétie. Pourquoi la prophétie ne ressemble en rien à de la voyance ? Aujourd’hui comme hier très peu voient la différence. Pourquoi ? Parce que les indices ne sont pas les bons. L’autorité prophétique est attribuée à celui qui est reconnu par ses pairs, à travers un mouvement religieux ou par une renommée publique. Or l’indice n’a rien à voir avec la notoriété.


L’indice principal réside dans la connaissance du vécu.

Parce que la voyance se moque de ce qu’est la personne dans sa vie propre. Elle lui montre un avenir sans savoir si son âme est bonne ou mauvaise. Sans savoir si ses actes sont droits ou pervers.

La voyance, revient à croiser un frère ou une sœur de foi et lui dire. « Dieu m’a monté que tu dois rester dans le métier que tu fais car tu vas y prospérer bientôt ».

Le prophète lui, aura discerné les ténèbres du cœur et dira « détourne-toi de tes mauvaises voies sinon Dieu t’opprimera dans ton travail et il te retranchera de sa vigne ». Ici l’avertissement concerne d’abord et en premier le présent ; car c’est ce présent qui va conditionner le futur.

Parce que, le présent montre ce que sera le futur. Ce que nous faisons aujourd'hui montre ce que nous serons plus tard. La prophétie devrait tenir compte du présent et non la plupart du temps, de prédire un futur utopique à partir de rien. Si la prophétie part du présent, c’est bien que lire dans les cartes, regarder dans une boule de cristal ou s’en remettre à des visions est une chose totalement différente. La prophétie n'est pas de la devinette ou de l’astrologie. Elle n’est pas non plus, ce que l’on remarque dans de trop nombreuses assemblées chrétiennes : des ZAD (des zones à délirer). Ce terme entre parenthèse, c’est un député français qu’il a employé pour qualifier l’Assemblée Nationale de nos jours (vous voyez où toutes les assemblées en sont arrivés).

Pour aller plus loin, je dirai qu’il n’y a pas un seul futur. Il y a plusieurs futurs et les prophètes, eux, annonçaient toujours plusieurs futurs. Ils ne se bornaient pas à prédire ce que Dieu leur montrait, mais c'est en constatant le degré présent de sanctification ou de corruption que la prophétie prenait forme.
Dieu leur montrait simplement l'état d’âme du peuple et les sanctions ou les récompenses qui vont avec.

Dieu immergeait complètement le prophète  dans un milieu social pour que ses yeux soient grands ouverts sur l’état du monde qui l’entoure. Jamais Dieu n’a parlé à un prophète alors qu’il n’avait pas encore vécu la condition du peuple, ou qu’il vivait tout autre chose ailleurs. Toute épreuve nous révèle, elle révèle ce que nous sommes… que nous soyons bons ou mauvais. L’épreuve c’est un révélateur de haute précision.

 

Moïse vivait au milieu des Hébreux. Sa plus grande prophétie concerne le chapitre 28 du livre du Deutéronome. Elle concernait tous ceux qui l’avaient suivi dans le désert. Sa prophétie verset 2 commence par ceux qui dans le peuple ont un présent intègre : « Voici toutes les bénédictions qui se répandront sur toi et qui seront ton partage ».

Au verset 4 Moïse fixe la réalité du présent : « tout ce que tu as fait, tout ce que tu as semé comme bonnes choses vont maintenant devenir une réalité, tu vas en manger les fruits ».

Mais au verset 15, Moïse s’adresse à une autre portion du peuple qui suit sa mauvaise voie, un présent mauvais. « Mais si tu n'obéis point à la voix de l'Eternel, ton Dieu, si tu n'observes pas et ne mets pas en pratique tous ses commandements et toutes ses lois que je te prescris aujourd'hui, voici toutes les malédictions qui viendront sur toi et qui seront ton partage: »  

 

Gédéon vivait lui aussi au milieu d’Israël quand Dieu l’appela à prophétiser. Et il vivait cette situation dramatique que l’on voit dans Juges 6 :1 : « Les enfants d'Israël firent ce qui déplaît à l'Eternel ».

Gédéon fut appelé alors qu’il vivait un présent très douloureux : « 13Gédéon lui dit (à l’ange qui le visitait): Ah! Mon seigneur, si l'Eternel est avec nous, pourquoi toutes ces choses nous sont-elles arrivées? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent…Maintenant l'Eternel nous abandonne, et il nous livre entre les mains de Madian!».

Le prophète n’est pas arrivé de contrées lointaines pour juste annoncé un oracle. Il était là au milieu d’eux et c’est là que Dieu l’a révélé. Il souffrait avec ceux qui souffrent.

Ensuite la prophétie de Gédéon prédisant la victoire sur Madian concernait-elle tout le monde ?

Non, seulement une partie qui s’était préparée. Un tout petit nombre était concerné directement par cette victoire, bref une centaine d’hommes (verset 19).

Auparavant Gédéon avait brisé les idoles de son père et le peuple voulait le tuer pour cet acte.

Pourquoi les prophètes sont-ils en danger et pourquoi risquent-ils la mort ?

Parce qu’ils révèlent les idoles, la gangrène qui s’est développée parmi le peuple. Bref parce qu’ils révèlent le présent avant l’avenir. Ils montrent la noirceur du cœur et les conséquences directes de cette noirceur. S’ils  prédisaient l’avenir comme les devins ou les astrologues, ils ne seraient  pas en danger.

 

Par contre un faux prophète est un menteur. Il ment parce qu’il prédit lui aussi en partant du présent.

Mais il est dans le déni, parce qu’il va donner une fausse interprétation du présent.

Il va dire par exemple à une personne qui aime corrompre la vérité : «  Dieu a vu ta fidélité, il te comble de bénédiction en retour ». S’il avait donné cette prophétie à la bonne personne, elle serait juste. Mais ici ce prophète corrompu aime par-dessus tout, l’admiration ou la reconnaissance de celui qui reçoit ses paroles. D’une certaine manière, il se prostitue. Puisqu’il préfère les présents à la vérité, et qu’il ne sera pas rejeté, mais adulé. C’est typiquement la voie de Balaam.

Alors face à cet indice du présent servant à prédire l’avenir, le livre de l’Apocalypse fait-il exception à la règle ?

Parce qu’on pourrait se méprendre avec l’apôtre Jean. Il n’était plus en contact avec ses frères. Il prophétisait isolé, sur l’ile de Patmos. Or, les visions qu’il recevait étaient bien en parfaite adéquation avec ce qu’il connaissait déjà des différents peuples. Les 7 Églises qu’il voit non rien d’une chimère sans fondement réelle ou d’une vue de l’esprit. Ces Églises sont bien vivantes à son époque et Jean les connait très bien pour les avoir fréquentées et pour tous les détails qu’il donne.

A la première Église, celle d’Éphèse Jean dit : « Je connais tes œuvres, ton travail, et ta persévérance. Je sais que tu ne peux supporter les méchants; que tu as éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas, et que tu les as trouvés menteurs »

A la deuxième Église, à Smyrne, il lui dit : « Je connais ta tribulation et ta pauvreté bien que tu sois riche, et les calomnies de la part de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas »

À celle de Pergame, il lui dit : « Je sais où tu demeures, je sais que là est le trône de Satan. Tu retiens mon nom, et tu n'as pas renié ma foi, même aux jours d'Antipas, mon témoin fidèle, qui a été mis à mort chez vous, là où Satan a sa demeure. 14Mais j'ai quelque chose contre toi ».

Par conséquent après avoir dit ce qu’il sait de chaque Église, de leurs actes, de leurs épreuves, de leur combat, Jean prophétise leur avenir, comme il l’écrit à l’Église d’Éphèse ou Dieu ôtera le chandelier à ceux qui ne se repentes pas.

Maintenant Paul nous parle de la fin des prophéties dans le chapitre 13 de la première épitre aux Corinthiens. Et ce mystère n’est en fait pas si compliqué que cela paraît.

« 8La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. 9Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, 10mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra ».

Qu’entend Paul avec ce mot « partiel ou en partie »?

Là aussi sorti du contexte, on pense tout de suite que la prophétie n’est pas parfaite, qu’elle sort de la bouche d’un humain qui en donne une part vraie et une part erronée.

Or, ce n’est pas du tout le sens biblique.

Car, c’est bien tout ce qu’on a vu auparavant. Moïse prophétisait en partie. Des bénédictions pour les uns, des malédictions pour les autres.

Esaïe, pour Juda et Israël, lui aussi prophétisait en parti. Lisons le chapitre 3 :8 «

8Jérusalem chancelle, Et Juda s'écroule, Parce que leurs paroles et leurs œuvres sont contre l'Eternel… Tes hommes tomberont sous le glaive, Et tes héros dans le combat. ».

Mais Esaïe annonçait aussi un peu plus loin au chapitre 4 : « Pour les réchappés d'Israël. 3Et les restes de Sion, les restes de Jérusalem, seront appelés saints, Quiconque à Jérusalem sera inscrit parmi les vivants, 4Après que le Seigneur aura lavé les ordures des filles de Sion, Et purifié Jérusalem du sang qui est au milieu d'elle, Par le souffle de la justice et par le souffle de la destruction ».

Deux prophéties bien différentes. Dieu souffle d’une façon pour les uns (le souffle de la destruction) et d’une autre façon pour les autres (le souffle de la justice).

Eh bien, les prophéties sont des souffles divins qui ne s’appliquent qu’à des parties. Une partie des peuples qui obéissent et une partie qui désobéit.

Mais à partir du moment où « ce qui est parfait est venu » (c’est Christ ? non), c’est-à-dire où l’obéissance devient la norme, il n’y a plus différents futurs, parce qu’il n’y a plus qu’un seul présent ; et donc comme il n’y a plus différentes parties, alors cessent les prophéties. Quand un peuple est réveillé, il n’a plus besoin de réveil, donc de prophétie pour le réveiller.

La connaissance du bien et du mal elle aussi disparait à ce moment-là. Car cette connaissance-là sert à ceux qui ne connaissent pas Christ. Mais la connaissance du bien et du mal n’a aucune nécessité pour un peuple obéissant à Dieu. Et la prophétie n’a plus de raison d’exister. On ne va pas sans cesse prononcer des évidences. Pourquoi ? Parce qu’en Christ tout est parfait.

Et comme pour l’Église d’Éphèse, A celui qui a vaincu on lui donne à manger de l’arbre de vie (pas de la connaissance du bien et du mal).

Un chrétien qui commence sa question par « Ai-je le droit de… », Dévoile déjà qu’il est du mauvais côté, qu’il se nourrit encore de l’arbre du bien et du mal ; et  par conséquent qu’il a besoin d’une prophétie le ramenant vers la vérité.

 

Donc, pour le moment ce message a pour but de nous enseigner. Et de nous enseigner aussi sur nos rêves : sont-ils des songes ? Ne sont-ils pas au contraire justes de simples rêves, issus de notre imagination, pour échapper au réel, ou pour satisfaire des désirs inassouvis ?

Si le rêve ne concerne aucun présent identifié, alors ce rêve n’est pas un songe car il ne peut être attribué à personne de particulier ; et dans ce cas il ne sert à rien, sinon à créer du trouble, ou à poétiser dans tous les sens sans que cela serve d’enseignement.

Car, sans une référence claire à un présent… à qui peut-on attribuer le rêve ?

 

La prophétie se doit d’être partielle et non totale.

 

Le mot grec employé dans la lettre aux Corinthiens est  Meros. Ce mot signifie : « une part due ou assignée à quelqu’un. On retrouve ce même mot meros, dans le livre des Actes où : « une partie (meros) de l’assemblée était composée de Sadducéens ». Dans le livre aux Romains, on lit : « Une partie (meros) d’Israël est tombée dans l’endurcissement »

Vous voyez, une prophétie prendra parti pour une cause juste, une autre pour une cause injuste ; Chacune s’adressera à un peuple différent : une partie, meros, qui s’est sanctifiée, une autre partie (meros) à des impies tombée dans l’endurcissement comme une partie d’Israël l’a été. S’il est impossible d’identifier la part de l’un ou la part de l’autre, alors la prophétie est fausse, elle ne sert à rien. On erre, on divague, on poétise, au pire on maudit… mais on ne prophétise pas.

Une remarque toutefois :

Pourquoi, Moïse prophétisait les deux partis en même temps dans le chapitre 28 du Deutéronome ?

Eh bien, parce que prophétiser une cause juste devrait secouer celles et ceux qui vivent dans le péché, pour les inciter à changer de voie. Pour qu’ils réalisent que leur impureté les disqualifie et qu’ils aspirent à un autre futur, beaucoup plus glorieux.

 

Alors ne soyons pas ballotés au gré du vent et des vagues de nos sentiments. Examinons nos rêves avec cette connaissance de la vérité. Et gardons ce qui est édifiant, c’est-à-dire, ce qui permet l’exhortation, la conversion, et le retour à Christ. Ne croyons pas non plus que parce que nous avons des songes, ou que nous prophétisons en partie nous sommes forcément agréables à Dieu.

J’ai reçu ce message du Saint-Esprit, mais cela fait-il de moi quelqu’un de meilleur que vous ? Pas du tout.

Tout ce qui nous arrive demande du discernement et de l’humilité. Rien n’est acquis, alors mes frères et sœurs persévérons dans la justice et la vérité jusqu’au bout.

Amen