dimanche 26 mai 2024

QUE NOUS APPREND ABEL, premier oint du Saint-Esprit ?

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Par Eric Ruiz

Une question sur les réseaux sociaux m’a interpellée la semaine passée :

Qui a été oint en premier du Saint-Esprit dans la Bible, après la chute d’Adam et Ève ?


Encore une question qui parait simple et surtout qui ne va pas apporter grand-chose à notre savoir. Juste un petit quizz biblique, comme on en trouve maintenant, un jeu de questions réponses sur la culture religieuse. Mais détrompez-vous : Et si c’était une question débouchant sur une révélation ?

Alors à cette question, des chrétiens répondent comme par évidence, en général : Jésus-Christ. C’est Jésus-Christ le premier qui a reçu le Saint-Esprit. D'autres moins nombreux choisissent Moïse.

Personne ne pense au deuxième enfant d'Adam et d'Ève: Abel, Hebel son étymologie hébraïque qui signifie pourtant " Souffle. Respiration".  L’esprit c’est ruwach [roo-arr] en hébreu, pneuma en grec, le souffle, la respiration.

L'esprit Saint est un souffle avant d'être une onction. Abel montre par ses fruits quel souffle le touche, de quelle nature il est. Il avait un cœur contrit et repentant. Ses offrandes plaisaient à Dieu parce qu’elles lui coutaient vraiment. « Il offrit les premiers-nés de son bétail », « et de leur graisse » (Genèse 4 :4).

 Là le rédacteur insiste sur une offrande supérieure, faite à partir de morceaux de choix, sans doute un sacrifice de quelques jeunes agneaux sans défauts pris parmi les meilleurs. Cela devait lui coûter beaucoup à Abel, parce qu'un berger s'attache à ses bêtes.

Mais son choix était sans compromis, puisque son cœur débordait d’amour et de reconnaissance pour Dieu.


L'inspiration qu'Abel manifestait montre qu'il avait reçu de la sagesse pour plaire à Dieu.
Avez-vous remarqué qu’Abel a été le premier être humain à verser son sang. Il est mort comme Christ dans l'injustice. Il a été méprisé par son frère Caïn, qui avait le même esprit que Judas Iscariote (égocentrique, jaloux, mégalomane). Tout coïncide, dans le récit biblique de la Genèse pour confirmer ce qui est écrit dans l’épitre aux Hébreux 11:4 :

« C’est par la foi qu'Abel offrit à Dieu un sacrifice plus excellent que celui de Caïn ; c'est par elle (la foi) qu'il fut déclaré juste, Dieu approuvant ses offrandes; et c'est par elle (la foi) qu'il parle encore quoique que mort ».

Par trois fois le mot « foi » est annoncé, comme pour montrer un témoignage complet. La foi d’Abel est parfaite, accomplie.


Alors, de cette manière, la voix d’Abel nous parle toujours aujourd’hui. Sa foi nous enseigne encore.

D'une manière générale, Dieu répète les situations pour que nous comprenions déjà qu'en face du mal, en face de Caïn, de Balaam, de Coré, de Jézabel, de Judas, il y a toujours eu un homme oint de Dieu.


Parce que Dieu souhaite montrer aussi l'attitude de l'homme de Dieu face au mal. Ce vis-à-vis sanctifié, c’est un homme de foi, un être juste parce qu’il agit en donnant sa vie pour la justice.
Moi, je crois qu'Abel était rempli de l'Esprit saint dès le sein de sa mère, de la même façon que Jean-Baptiste l’était. Et qu'il avait déjà l'esprit d’Elie  (je le rappelle ce même esprit qui est en Jésus-Christ), la même mission qu’Elie.

Abel avait pour mission de ramener le cœur de son frère Caïn vers son Père céleste ; Ramener son frère rebelle à la sagesse des justes. Qu’il ait un cœur bien disposé. (Luc 1:15-17). C’est la fonction de Jean-Baptiste.

Eh bien à l'évidence quel échec !  Abel aurait échoué dans sa fonction, puisque Caïn n’a tenu compte de rien. Il a persévéré dans ses mauvaises voies et il a même tué son frère cadet.

Où se trouve la victoire de l’esprit prophétique ?
Si l'on pense ainsi, on pense alors que Jésus, lui aussi a échoué dans une partie de sa mission. Il n’a pu ramener tous ces scribes et ces pharisiens à la raison de la foi. On pense qu’Elie n’a pas pu ramener Achab dans la voie juste et droite.

Or, on oublie que la mission des prophètes est d’annoncer aussi des jours de malheurs pour celles et ceux qui aiment le mal.  Il n’y a pas de hasard, Dieu envoie ses prophètes, ses oints, là où le mal règne au plus haut.  

Le prophète croise fatalement la route de l’impie

En ce sens la destinée de Caïn et d’Abel était liée. En agissant bien envers l’autre, les jours se succédaient pour Abel, en étant heureux ; alors que pour Caïn puisqu’il agissait mal, le soleil perdait de sa clarté et le malheur s’attachait à sa vie.  Pourtant, Abel n’a pas survécu, alors peut-on parler de bonheur ? 

On pourrait se dire que pour Abel le malheur est tombé sur lui à cause du crime de son frère. Mais jusqu’au jour de sa mort, Abel se réjouissait parce qu’il se savait aimer de Dieu. Il savait qu’il pratiquait la justice. Abel montrait à Caïn les visages de l’amour et de la justice. Caïn, quant à lui en regardant son frère, se voyait dans un miroir, il ne voyait que ce qu’il n’était pas. Et cela l’irritait au plus haut point.

De plus, voir le martyr d’Abel comme un malheur, c’est oublier que la mission d’un prophète s’accompagne d’un état : celui d'être heureux lorsqu'il est persécuté pour la justice.

« Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, lorsqu'on vous chassera, vous outragera, et qu'on rejettera votre nom comme infâme, à cause du Fils de l'homme! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d'allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel; car c'est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes.».

Caïn, en s’attaquant à Abel s’en prenait plus qu’à son frère. Il s’en prenait à un prophète.

Oui, il faut s’enlever de la tête tout ce qu’on a appris au sujet des prophètes. On nous a montré des ministères qui ressemblent plus à des diseurs de bonne aventure, à des guérisseurs, ou à de grands orateurs grecs qu’à des véritables oints.

Un prophète rétablit ce qui a été piétiné et sali. Il met la justice là où règne l’injustice.
La mission d’Abel n'était pas de convertir Caïn mais de lui montrer par son exemple qu'il aurait dû agir autrement.


 « Suis-je le gardien de mon frère ? » verset 9 ;  À travers ce verset : C’est Caïn qui répond à Dieu, alors que le sang de son frère assassiné crie contre lui.  Caïn, qui a compris, mais qui en désobéissant à Dieu n’a pas accepté cette mission qui était bien celle d’Abel et qui aurait dû être la sienne aussi. Caïn s’aime plus que Dieu, plus que son frère, plus que tout. En se manifestant ainsi, il montre que satan est son père. 


Par contre Abel, le frère cadet, bien que plus petit par l’âge, se sentait le gardien de son frère ainé, comment ? Par sa foi ; Et comment le sait-on ? Par une simple déduction.


Tout simplement parce qu’un oint reçoit dans le cœur le désir de veiller sur ceux de son entourage. Un frère prend soin de son autre frère. Il devient son pasteur. Il l’exhorte à faire le bien, il le reprend en douceur. Il l’avertit des malheurs s’il se lie au mal.

Abel était intègre, il n’était pas divisé. Sa parole ne contredisait pas ses actes. Il manifestait la même intention pastorale pour Caïn que pour ses brebis.


1 Timothée 5 : 7-8 : « Déclare-leur ces choses, afin qu'elles soient irréprochables (Paul parlait des veuves). 8Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle. ».


Cette mission d’aider ses proches, ceux de sa famille  tenait particulièrement à cœur à Abel.  Sa foi le conduisait naturellement à prendre soin des siens.

Mais que pouvait-il faire face à cette jalousie maladive et sans limite de Caïn ?

Pouvait-il le convaincre d’arrêter de proférer la violence et la révolte ;  l’empêcher de concevoir et de méditer dans le cœur des paroles de mensonge ?


Rien de tout cela. Au mieux Abel pouvait juste lui manifester de l’attention et de l’amour. Caïn l’a rejetté simplement parce qu’un être animé du mal ne supporte pas la véritable sainteté. Elle ne fait que de lui renvoyer son image négative, mauvaise, impure. C’est pourquoi le texte de la Genèse nous dit que « le visage de Caïn fut abattu ».


Le malheur à partir de ce moment-là ne le quitta plus.  Malgré les remarques que Dieu lui fit sur le fait que son péché soit couché à sa porte, il ne put dominer sur ses désirs et décider de prendre des sentiers droits.

Alors, le jugement est tombé et ce jugement commence là où des frères demeurent ensemble.  Si leur communion n’est pas douce et agréable, c’est que l’esprit a soufflé, mais l’onction a été retenue parce que pécher est naturel. C’est que les pieds courent au mal sans connaitre la paix.


Abel a été enlevé des vivants, pour que Caïn (c’est dur à dire mais c’est la vérité) puisse purger sa peine.

« Caïn dit à l'Eternel: Mon châtiment est trop grand pour être supporté. » (Verset 13)

 

La disparition de son frère cadet allait être sans qu’il le sache, un terrible fardeau pour lui.  Dieu a jugé  qu’il n’était plus nécessaire qu’Abel reste en vie.

Abel avait une mission précise. Certes il n’est pas le fils de Dieu, celui qui devait ôter le péché du monde. N’empêche qu’Abel devait ôter néanmoins le péché de son frère. Et sa mission s’arrêta au verset 8 du quatrième chapitre de la Genèse.


Au verset 8, nous lisons que « Caïn parla avec son frère Abel ». 

Caïn fait la démarche d’aller vers Abel, sans doute pour essayer d’apaiser sa colère contre lui. Caïn fait tous les efforts qu’il peut pour avoir une attitude de repenti. Mais il est à nouveau confronté à son image impure. Sa colère ne fait que de s’attiser et les circonstances favorables (en se retrouvant seul avec son frère dans les champs) l’amèneront au crime. En éliminant Abel, il croira inconsciemment chasser définitivement cette image trop pure de son frère.

Mais, c’est l’inverse qui se produira, Abel continuera à vivre dans son esprit. Caïn recevra les effets de son crime. Il sera fugitif et vagabond sur la terre et tout ce qu’il voudra faire pousser ne portera pas de fruit.

Qui dira la vérité ? Que la mission d’Abel a servi à montrer les conséquences du mal (causées par l’endurcicement, l’opiniâtreté, l’oppression sur l’autre) ?

Qui dira que la mission d’Abel nous sert à comprendre l’évolution du mal chez son frère ? Mais aussi à savoir pourquoi Caïn doit rester en vie malgré son crime, et pourquoi une marque divine le protège de la mort ?


Ce n’est pas un privilège qu’il reçoit, mais bien une dure pénitence, une très longue peine expiatoire imposée.  À chaque échec, qu’il vivra, Caïn repensera à son frère.

La comparaison avec Abel ne cessera jamais. Abel sera pour lui une éternelle image mentale qui le hantera jusqu’à la fin de ses jours.  Abel sera un feu éternel, la marque de son enfer sur terre.

Abel sera pour lui l’image du Saint-Esprit qu’il a bannit de sa vie.

 

Pourquoi le texte biblique insiste davantage sur la vie misérable de Caïn plutôt que sur la consécration d’Abel ?

 

Tout simplement parce nombreux seront ceux qui suivront la voie de Caïn.

L’épitre aux Hébreux, la première épitre de Jean et l’épitre de Jude, nous enseignent à nouveau à partir de Caïn.

Dieu reprend les impies de trois manières : par son esprit, par ses prophètes, par ses écrits saints. Il ne les extermine pas définitivement, il crée les dures conditions d’expiation et de rachat.

 

Alors oui, Abel qui est un exemple de foi et d’amour n’a pas un rôle aussi excellent que Jésus-Christ, c’est vrai. Mais sa mission continue toujours d’être d’actualité. Abel restera vivant dans tous les siècles aussi longtemps qu’il y aura des frères comme Caïn qui suivront leurs mauvaises œuvres.


Si bien qu’aujourd’hui soyez convaincu qu’il y a encore beaucoup de Caïn sur terre car le mal sévit et se déchaîne partout; Et par conséquent, s’il y a beaucoup de Caïn, il doit y avoir nécessairement des Abel en vis-à-vis.


Esaïe chapitre 59 insiste sur le but de Dieu : ceux qui ne craignent pas Dieu le craindront forcément un jour ou l’autre ;

« 18 Il rendra à chacun selon ses œuvres, La fureur à ses adversaires, La pareille à ses ennemis; Il rendra la pareille aux îles.
19On craindra le nom de l'Eternel depuis l'occident, Et sa gloire depuis le soleil levant; Quand l'ennemi viendra comme un fleuve, L'esprit de l'Eternel le mettra en fuite. ».

 

Alors mes frères et sœurs, notre rôle, si nous sommes animés du Saint-Esprit, n’est pas de s’acharner contre nos frères et sœurs rebelles ; Notre fonction ne se résume pas à ramener celles et ceux de nos familles dans le droit chemin en ne cessant de leur prêcher l’Évangile ; Mais c’est l’amour et la justice que nous manifestons envers eux qui auront un effet à très long terme.


Nous serons sans doute considérés comme des démons, des diables par eux. Mais un jour, leurs yeux s’ouvriront lassés, éreintés meurtris, d’avoir fait le mal et d’en récolter de perpétuels tourments.

Alors en ce jour, ils reconnaitront cet Abel que nous avons été pour eux… Et ils reviendront vers celui qu’ils ont trahi : Jésus-Christ.

Amen

dimanche 19 mai 2024

ELIE DOIT-IL REVENIR ?

538


Par Eric Ruiz

Elie doit-il revenir ?

Cette question est revenue tellement de fois sur le tapis, lorsque j’étais enseigné par un pasteur…cela fait 10 ans maintenant.


Et des réponses aussi j’en ai reçu plusieurs, différentes les unes des autres, selon les tendances religieuses.

Mais il est indispensable de repartir à zéro et en revenir aux origines, à cette question a été posée en premier par les scribes et les pharisiens, d’abord à Jean-Baptiste puis à Jésus de Nazareth.

 

-1-Pourquoi les scribes et les pharisiens étaient-ils si empressés d’avoir une réponse, si pressés de trouver Elie ?

 

Parce qu’ils s’attendaient à voir s’accomplir la prophétie du prophète Malachie.

« Voici, je vous enverrai Elie, le prophète, Avant que le jour de l'Éternel arrive, Ce jour grand et redoutable. » (Malachie 4 :5).


Pour eux, Elie devaient revenir en premier, et Jésus était d’accord avec leur supposition (Marc 9 :11).  Mais, ces religieux juifs cherchaient mal. Ils cherchaient d’une part un homme de Dieu manifestant un ministère de prodiges et de miracles dans le but de s’attacher à lui ; et d’autre part, ils cherchaient à mettre à l’épreuve tout homme ayant l’apparence de ce prophète.

Puisque pour eux, le retour d’Elie devait répondre à leur critère. Quels critères ?

Le premier critère : c’est qu’Elie est un homme puissant de Dieu qui a fait descendre le feu du ciel pour consumer 50 hommes (2 Rois 1 :12)


Pour eux, le temps était venu de connaitre cet homme prodigieux, ce libérateur, parce que le mal était en face d’eux.  Satan c’était les colonisateurs Romains et plus précisément leur cruel chef Hérode (celui qui a ordonné la mort de tous les nouveau-nés à la naissance de Jésus). Ce gouverneur romain régnait sur la terre d’Israël.  Hérode était le roi des juifs. Il incarnait le mal qui avait atteint son paroxysme avec toutes ces années d’humiliation dues à la captivité.  L’asservissement des juifs à leur égard étaient devenus  insupportable.


Aujourd’hui rien n’a changé, puisque satan est encore représenté par un homme du même acabit qu’Hérode et que beaucoup attendent un Elie, un Christ qui les délivrera de ce satan (de cet adversaire comme son nom l’indique) en faisant des prodiges.

C’est ce même esprit menteur qui donna à boire à Jésus-Christ sur la croix « en disant: Laissez, voyons si Elie viendra le descendre ».

 

-2-En fait, avons-nous la conviction que la MISSION de ce prophète était plus importante que lui ?

 

 Car, les intentions des élites juives étaient déjà maléfiques. À l’évidence, ces élites cherchaient plus la personne que la mission donnée au prophète. La preuve : Jésus dit à ses disciples: « Mais je vous dis qu'Elie est déjà venu, et ils ne l'ont point connu; mais ils lui ont fait tout ce qu'ils ont voulu; ainsi le Fils de l'homme doit souffrir aussi de leur part ». (Matthieu 17 :12).


Et de nos jours, c’est pareil : un peuple de chrétiens comme de juifs aussi cherchent leur libérateur. Un libérateur identique, puisqu’ils l’attendent sous une forme humaine. Ils n’ont pas les yeux rivés sur la mission, ils ont les yeux rivés sur l’identité de la personne. Qui est-elle ?

C’est la même question qu’ils ont posé à Jean-Baptiste et à Jésus : «  Qui es-tu ?...Quoi donc, est-tu Elie ? » (Jean 1 :21).


Jésus dit : « parce qu’ils ne l’ont pas reconnu, ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu ».

Le problème est clairement dit. Ils ont fait ce qu’ils voulaient d’Elie, et par leurs actes impurs, par leur mépris envers lui, ils ont provoqués, sa souffrance et sa persécution.


Alors que le prophète Malachie, insiste lui, sur la mission.


Malachie 4 : 6 : « Il ramènera le cœur des pères à leurs enfants, Et le cœur des enfants à leurs pères, De peur que je ne vienne frapper le pays d'interdit ».

Sa mission est surprenante : « ramener le cœur » se traduit aussi dans d’autres versions (Martin) par « convertir le cœur ».


Il s’agit bien ici de transformer des cœurs de pierre en cœur de chair ; des cœurs remplis de légalisme, de « tu ne dois pas…il est interdit de…tu te forceras à obéir » ou des cœurs remplis de condamnation. Il s’agit bien de mettre de l’amour, là où il y avait la haine ; puis de rassembler des enfants et des pères qui se sont affrontés parfois violemment avec un langage différent puis qui se sont séparés, divisés.


Il s’agit bien de réconcilier les familles. Mais aussi, et en premier de réconcilier les enfants de Dieu avec leur Père spirituel, parce que c’est là à la base, qu’a eu lieu la fracture.


Il ne s’agissait pas d’être libérer des Romains, de leur roi Hérode ou d’une autre servitude. La réconciliation est d’ordre de la cellule familiale et de la relation avec Dieu. Et de nos jours il en est de même. Ne cherchez pas un Hérode, un satan à l’extérieur de vous. Cherchez le royaume de Dieu en premier et sa justice.

 

Alors maintenant, il y a un truc qui cloche avec Elie. Jean-Baptiste nie complétement être ce prophète.

Dans Jean 1 :21, des sacrificateurs et des Lévites furent envoyés de Jérusalem pour lui demander : « Es-tu Elie ? Et il dit : je ne le suis point. Es-tu prophète. Et il répondit : Non » alors que Jésus affirme l’inverse : « Matthieu 11 :13-15 : « Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu'à Jean; et, si vous voulez le comprendre, c'est lui qui est l'Elie qui devait venir. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende. ».

Jésus dit un mystère que beaucoup n’entendent pas, ne comprennent pas. Ceux qu’on des oreilles comprennent seulement.

 

-3-Pourquoi Jean-Baptiste nie être Elie et de surcroît, il nie être un prophète, alors qu’à l’évidence, il l’est bien ?

 

Tout d’abord, deux témoins rendent la vérité selon la loi de Moïse. Le premier témoin c’est Jésus-Christ (on a entendu son témoignage). Mais le deuxième témoin, c’est l’ange Gabriel qui prophétisa à Zacharie le père de Jean baptiste que son fils...

« …sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l'Esprit-Saint dès le sein de sa mère; 16il ramènera plusieurs des fils d'Israël au Seigneur, leur Dieu; 17il marchera devant Dieu avec l'esprit et la puissance d'Elie, pour ramener les cœurs des pères vers les enfants, et les rebelles à la sagesse des justes, afin de préparer au Seigneur un peuple bien disposé. ».


Alors maintenant que la preuve est faite :

-Pourquoi Jean Baptiste semble obligé de mentir ? Est-ce une ruse de sa part ? Un moyen peut-être d’échapper à une persécution ?

 

Ce n’est ni l’un ni l’autre.

Le contexte est encore une fois primordial. 

Jean-Baptiste est venu pour rendre témoignage à la lumière. Sa mission est de préparer le chemin de Christ. Sa mission est de mettre la lumière sur celui qui vient après lui : Jésus-Christ. D’ailleurs Jean Baptiste verra Jésus le lendemain et dira : « C'est celui dont j'ai dit: Après moi vient un homme qui m'a précédé, car il était avant moi. ».  C’est là encore une confirmation que Jean passe bien après le fils de Dieu. S’il dit qu’il est Elie, alors il met la lumière sur lui. Jean-Baptiste veut mettre la lumière sur l’Elie de Jésus-Christ en s’effaçant complètement.

 

-4-Jésus-Christ est-il lui aussi Elie ?

 

Je vais vous dire quelque chose de choquant ;  Il y a deux Elie en même temps pour la première fois. Et le premier doit s’effacer pour laisser la place au deuxième (qui est le premier). Il y a Elie dans Jean-Baptiste et Elie dans Jésus-Christ.


D’abord, Jésus s’associe lui aussi à Elie par les souffrances qu’il va recevoir. « Elie est déjà venu… et c’est le même traitement que va subir de leur part le fils de l’homme». (Matthieu 17 :12).

Ensuite, Jésus, en se faisant baptiser par l’Esprit saint, montre qu’il va plus loin que Jean, mais aussi sans omettre de continuer ce qu’il a commencé.


Je le redis, si on considère Elie comme une personne, on ne voit plus la mission et on reste aveugle sur les intentions de Jean-Baptiste et de Jésus.

On ne voit que les hommes, la chair, ce qui frappe le regard, et non l’esprit.

 

Pour Jésus-Christ, Elie est en lui, de la même façon qu’il l’a été lors de la transfiguration. Le mystère de ce prodige est que Jésus est caché en Elie comme Elie est caché en Jésus-Christ (je vous renvoie sur un message ancien : la transfiguration : le retour du Seigneur).

 

-5-Mais en quoi la mission d’Elie est-elle aussi celle de Jean-Baptiste et de Jésus-Christ ?

 

Voilà la réponse : La mission a pour but de Préparer un peuple bien disposé à recevoir l’Esprit saint ; et cela demande en premier à convertir son cœur.

 

Rappelons-nous cette vocation d’Elie. Jean baptisait dans le Jourdain Marc 1 :4 « Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour la rémission des péchés… ».

Mais Jean a été agressé, méprisé parce qu’il disait à la foule : «Produisez donc des fruits dignes de la repentance...  race de vipères qui vous a appris à fuir la colère à venir ».


Jean en parlant de colère à venir ne dit-il pas ce qu’annonce Elie avec le jour de l'Éternel qui arrive, Ce jour grand et redoutable ?


D’autre part, Elie est très mal accepté par beaucoup quand il dévoile les ténèbres des gens.  Elie dénonçait à son époque les ténèbres du roi Achab et de sa femme Jézabel, ceux des innombrables faux prophètes qui gravitaient autour d’eux. 


Et là, plusieurs siècles plus tard, beaucoup viennent à Jean-Baptiste pour se faire baptiser.  Mais n’ont-ils pas eux-aussi à l’intérieur des cœurs durs, non convertis ? Craignent-ils Dieu réellement ? N’ont-ils pas dans leur cœur cette idolâtrie du faux prophète ?

Quant à Jésus, est-il différent dans sa mission lorsqu’il dévoile les ténèbres des scribes et des pharisiens ?


« … vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés. 28Vous de même, au dehors, vous paraissez justes aux hommes, mais, au dedans, vous êtes pleins d'hypocrisie et d'iniquité ».

Pour Jean comme pour Jésus ceux qu’ils rencontrent, ne doivent-ils pas tous convertir leur cœur ?

La mission d’Elie entraine les mêmes conséquences que Jésus explique dans Marc 9 :12. Jésus revient sur les écritures anciennes et pose la question  « Pourquoi est-il écrit du Fils de l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé ? ».


Le signe de la venue d’Elie est confirmé par l’éternel mépris dont il fait l’objet.

 

-6-Alors pour répondre à la question du message, Elie doit-il revenir ?

 

Oui, évidemment qu’Elie doit revenir au XXIème siècle, comme il l’a déjà fait à chaque génération. Jésus l’annonce ainsi dans Marc 9 :12 « Jésus leur répondit: Elie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. ».

Ce prophète à la mission de rétablir la vérité et de montrer le mensonge, pour que chaque croyant fasse un choix raisonné. La vérité a été grignotée par le mal. Nous devons retrouver la nourriture spirituelle qui a été dévorée par les démons.


Mais là aussi celles et ceux qui chercheront un homme, ne le trouveront pas.

Ils croiseront peut-être cet homme mais ne le reconnaitrons pas. Pire, ils le mépriseront, le chasseront, le persécuteront, le traiterons d’imposteur.


Ils en trouveront d’autres, publieront leurs noms, les acclameront et les suivrons croyant suivre Christ.

Mais ceux qui aspirent à une vrai libération, se regardant eux-mêmes dans le miroir, recevrons Elie, et leur baptême de repentance sera authentique. Pourquoi ? Parce qu’ils se préparent dans leur cœur. Ils se convertissent pour recevoir ce que Christ leur a promis : Et la promesse est : un vrai baptême de l’Esprit-Saint.

 

Pour ceux qui croient que Christ agit seul avec son esprit, et qu’il n’y a plus besoin d’un Elie pour préparer encore son chemin,  ils croient encore voir de leurs yeux alors qu’ils sont aveugles.

 

Elie revient toujours premièrement pour préparer le chemin du Saint-Esprit.

 

Si les cœurs ne sont pas convertis, l’œuvre du Saint-Esprit s’arrête à la porte des croyants. Le Saint-Esprit ne peut alors entrer dans leur maison et venir souper avec la famille qui s’y trouve.  Il est ignoré et rejeté par les habitants, tout comme il l’a été bien avant en se présentant aux Églises, dont les membres actifs sont bien des marchands du temple.


Alors je ne dirai qu’une seule chose «  Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent ce que l’esprit dit à chaque croyant : Convertissez-vous et produisez des fruits dignes de la repentance ».

Amen

dimanche 12 mai 2024

Y-a-t-il une LANGUE DE LA FOI ?

537


Par Eric Ruiz

Nous avons vu dans le message précédent que la confusion entre langue et langage montre un mensonge au sujet de la Tour de Babel. Maintenant, bénir une personne, qui plus est dans la langue de la Bible, c’est-à-dire en hébreu, c’est peut-être un langage du diable.


Surprenant ? Oui, mais dans qu’elles circonstances ? C’est ce que je vais montrer avec ce message.

Mais tout d’abord, parlons de la langue.

 

LA LANGUE DES NATIONS

 

La langue est un enjeu planétaire aujourd’hui. Il se joue une bataille au niveau mondial : une bataille de pouvoir entre l’occident et l’orient. Ce duel pour la domination se concrétise  dans les 2 langues les plus parlées au monde que sont l’anglais et le chinois (le mandarin). L’occident est dominé par les américains et l’orient par la Chine. Ces deux grandes nations se font une guerre commerciale et économique sans répit pour être le premier mondial.

 

Or, on est en droit de se demander si cette domination linguistique est, elle aussi, ressentie à partir des écrits bibliques ?

 

La langue au sens linguistique, est un dialecte qui permet à un groupe social de communiquer entre eux, mais aussi d’être reconnu par les autres. Beaucoup de croyants ont des idées très arrêtées sur les langues. Avec cette fausse croyance que même dispersé, un peuple dominant serait sorti de la tour de Babel. Ils pensent qu’il y a eu une distribution des langues, comme une distribution des récompenses au moment où Dieu a décidé de la dispersion des peuples sur la terre.  Le peuple des élus aurait semble-t-il reçut une langue significative, plus proche de celle des anges.


Il y aurait donc des langues saintes et d’autres impures ou des dialectes plus propices à se rapprocher de Dieu. Ils ont placé souvent le grec, l’araméen, et surtout l’hébreu en haut de la pyramide, parce ces dialectes sont à l’origine du plus grand livre : LA BIBLE ;

Et parce que ces langues sont rattachées à un peuple, une culture sainte, la fameuse lignée d’Abraham.

 

Alors cette intrusion de plus en plus grande de la langue anglaise dans le français se remarque aussi dans l’intrusion de l’Hébreu dans le français pour certains chrétiens. Ils se saluent dans la langue de Moïse. Ils louent Dieu en hébreu, ou chantent des cantiques avec une dominante hébraïque.

 

Mais pour Dieu il n’existe aucune langue plus pure ou impure.

 

LE PARLER EN LANGUES (LES LANGUES INCONNUES)

 

Parlons justement du parler en langues, que bon nombre de chrétiens considèrent comme pur.

Ce don certes, nous le recevons de l’Esprit Saint. 2 sortes de dons existent (c’est ce qui a été manifesté à la pentecôte). Un don pour répandre l’évangile au-delà des frontières. C’est un don surnaturel (mon frère Benito, Congolais, le possède à l’évidence puisqu’il parle au moins 6 langues et traduit mes messages dans plusieurs langues sans avoir suivi des cours d’apprentissage. Il a une facilité déconcertante pour apprendre vite et bien. Lorsqu’il a été pour la première fois au Rwanda, voir des frères en Christ, les gens là-bas croyaient qu’il était Rwandais et non congolais puisqu’il parlait sans accent) ;


L’autre don,  c’est un don de communication avec Dieu dans un langage inconnu. Il sert à notre édification. Mais ces deux dons ne sont pas forcément purs. Ils peuvent aussi être souillés et devenir des langages de démons.


Le problème est qu’ils  peuvent devenir un subterfuge, c‘est-à-dire, un moyen habile et détourné pour se croire soi-même saint et inspiré, alors que l’on cache un cœur impur.

Il est à remarquer l’importance grandissante du don du parler en langues, ce don que personne ne comprend (ou parfois seulement quand une prophétie en langue est interprétée).

Mais l’importance se voit dans la place que cette langue occupe dans les cultes évangéliques ou dans les messes charismatiques.

On accorde à un langage incompréhensible le signe du baptême du Saint-Esprit. Pourquoi le fait de parler en langues inconnues confère-t-il à ceux qui ont reçu ce don, le sceau du Saint-Esprit ?


J’ai moi aussi reçu ce don, mais je sais que ce langage ne témoigne pas de ma consécration. Il ne purifie pas mon être, non plus. C’est simplement une aide à mon édification ou à celle d’autrui.  Encore faut-il que je reste à l’écoute et que j’obéisse aux paroles que je reçois par l’esprit.


D’ailleurs, il est très intéressant de constater cette dérive de la foi qui met en avant les mystères, les émotions, la sensation d’être plus fort. Parce qu’en parlant en langue en élevant la voix avec des mots qui sorts sans qu’on les contrôle, avec un débit de paroles démultiplié ou saccadé, les sensations sont décuplées. L’impression de grande ferveur, de grande ardeur, de grande combativité trompent complètement sur la réalité.

Par conséquent, la langue qui est pure se trouve ailleurs.

Ce qui est pur ou impur n’est ni un don des langues surnaturel, ni la langue de nos ancêtres, c’est le langage que nous employons.

 

LES LANGUES IMPURES

 

Par exemple : secourir une personne dans la détresse fait partie du langage de la foi quel que soit la nationalité et la langue employée. L’hébreu n’est pas supérieur à l’arabe par exemple.

Le roi de Perse Assuérus qui allait épouser la juive Esther avait bien compris qu’aucune langue ne devait s’imposer à la place les autres. Elles ne doivent pas être un instrument de domination. Dans le livre d’Esther, nous lisons:


 « qu’il (Assuérus) envoya des lettres à toutes les provinces du royaume, à chaque province selon son écriture et à chaque peuple selon sa langue; elles portaient que tout homme devait être le maître dans sa maison, et qu'il parlerait la langue de son peuple. »


. Dès le premier chapitre du livre, à partir du verset 21, le ton de l’humilité est donné et surtout le cœur de ce roi Perse se présente comme juste et droit.


Alors où se trouve la langue impure ?


Maudire, juger, condamner, même bénir si c’est dans le but de mettre un lien, un joug sur les épaules de l’autre, c’est un langage satanique quel que soit la langue utilisée.

Avoir un langage double même en disant « Yeshoua Ha Mashiah » (Jésus le Messie en hébreu), c’est la pensée de satan qui est véhiculée.


Beaucoup se disputent en affirmant comme une révélation, que Yeshoua c’est mieux que Jésus, mieux que Issa ou Salvador, mais ces batailles linguistiques ne cachent-elles pas une arrogance spirituelle qui elle-même ne cache-t-elle pas une soif de gloire personnelle ?


Si nous voulons alors nous présenter comme plus instruits, nous devenons des imposteurs.


L’être humain aime sauver les apparences en prenant un habit de sainteté.

C’est pourquoi la religion n’est pas un mal en soi. Ce qui est mal, c’est de mentir et de cacher ses fautes en se couvrant d’un manteau de religion. Ce manteau est cousu alors avec une doublure de langues impures.

Si je parle hébreu et que je prononce plein de mots de bénédictions sous un manteau religieux, je ne fais que couvrir ma honte. Suis-je pour autant un bon témoin de Christ ?

 

LE LANGAGE DE BALAAM

 

Ne croyez pas que ce mensonge répandu vous sauvera. Dire des mots saints, pour agir mal ensuite, c’est se jeter tête baissée dans l’égarement de Balaam.

Moi, je crois ce que l’apôtre Pierre dit dans sa deuxième épitre « Après avoir quitté le droit chemin ; ils se sont égarés dans la voie de Balaam ».

Qu’est-ce que faisait Balaam ? Balaam prophète du roi de Moab Balak bénissait Israël avec des mots justes. Mais ce n’était qu’un manteau saint cachant des mensonges, puisqu’ils poussaient les femmes Israelites à l’adultère avec les Moabites, de l’autre côté. Pour Dieu, Balaam avait un langage de démons.

 

Vous savez, la Bible évoque très peu la langue en tant que dialecte du peuple.

 

La langue possède d’autres sens qui la rendent plus lumineuse ou ténébreuse. L’apôtre Jacques n’hésite pas à dire que « la langue c’est le monde de l’iniquité ».

 

Par conséquent, Notre Dieu sait très bien que la langue, ce petit organe composé de 17 muscles que l’on a dans la bouche, sert à tuer. Elle sert trop souvent à mentir plutôt qu’à prononcer la vérité.

Les Psaumes, c’est le livre de la Bible qui nous parle le plus de la langue : 33 versets. La vérité émane de ses textes où la très grande majorité des versets parle négativement de « la langue », et c’est  (écoutez bien) de cette manière : « ils ont sur la langue des paroles flatteusesil y a sous sa langue de la malice et de l’iniquitéla langue discourt avec arroganceNous sommes puissants par notre langue…. Il  Jette l’opprobre et la calomnie avec sa langueA ma langue s’attache des paroles trompeusesTu aimes toutes les paroles de destruction, langue trompeuse ! …la langue est un glaive tranchant…».

 

LES LANGUES DE LA FOI

 

Alors si l’on suit ce que pointe notre Dieu, eh bien plutôt que d’être des experts en linguistiques, en étudiant les langues de la Bible par exemple, en décortiquant chaque mot, chaque expression, nous devrions plutôt devenir des experts des langues divines qui servent à nous éloigner du mal, pour répandre la vérité, ou ôter les chaines de nos frères, ou encore à témoigner en toute transparence.

 

Psaume 37 :30 : «  la bouche du juste annonce la sagesse et sa langue proclame la justice ».

Proverbes 12 :18 : »…la langue des sages apporte la guérison ».

 

La véritable sagesse n’est donc pas dans les mots que l’on prononce, mais avec quel cœur et quelles intentions nous prononçons ces mots.


Les conséquences bénéfiques sont autant pour celui qui reçoit ses mots, que pour celui qui les émet. Tous deux reçoivent leur guérison. L’arroseur est lui-même arrosé (Proverbes 11 :25).


Alors la sagesse, c’est d’avoir le même langage.  


Mais attention pas un langage répétitif, appris par cœur. Il ne s’agit pas de répéter bêtement les mêmes doctrines ou de se référer aux mêmes versets.

Paul le dit ainsi : « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous, mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même sentiment. »(1 Corinthiens 1 :10).


Paul insiste sur une forme de langage commun à tous disciples. Celui d’avoir des mots qui favorisent l’unité, l’union, la bonne entente plutôt que d’en avoir d’autres qui favorisent la division.

Quel que soit la langue que nous utilisons, les mots que nous prononçons doivent aller dans ce sens. Je dirais doivent aller naturellement dans ce sens.

Il n’y a pas besoin de penser à ce que l’on va dire avant, mais simplement à préparer son cœur dans la prière.


Une autre remarque concerne le début du verset où Paul dit : « Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ ». Paul n’emploie pas le nom de Jésus-Christ comme une signature ou un sceau pour donner plus de poids à ce qu’il dit, mais la subtilité est là : Jésus-Christ est nommé pour l’associer au langage juste qu’ils ont et que nous avons.  Nous parlons en accord avec Jésus-Christ, le même langage que lui parle, et cela quel que soit notre langue d’origine. Nous sommes tous unis alors dans un même esprit.


Et lorsqu’il écrit être « unis dans un même sentiment… » De quel sentiment parlait Paul ici ? Un sentiment qui va avec le sens de notre langage, à savoir : un sentiment de bien-être, de se savoir aimé, encouragé, exhorté en toute amitié ; un sentiment d’inclusion, où chacun dans cette communion à l’impression de tenir la main de l’autre, ou bien un sentiment saint par le fait de ressentir les bienfaits du geste d’avoir donné ou d’avoir reçu avec une main généreuse.


Avec ce sentiment amical, nous devons tous ressentir un sentiment de bonne conscience, le même sentiment que nous avons eu à notre baptême.  La bonne conscience : C’est un sentiment qui nous donne une pleine satisfaction d’avoir été aidé ou d’avoir aidé une autre personne dans ses besoins. Ce sentiment alors est vrai parce que nous ressentons un état d’irréprochabilité. Parce que nous avons agi avec amour et justice.


Nous sommes très (très) loin alors de la communion superficielle et oppressante  que nous avons connu autrefois ; une communion où nous nous reprochions d’avoir mal agi. «  Ah, mais j’aurai du faire comme cela, je n’aurai pas dû lui parler sous la colère, dans l’emportement, j’aurai dû être plus gentil, moins cassant, plus patient, moins empressé, plus conciliant, moins distrait, plus à l’écoute, etc… ».

 

Alors, je pense que tous nous l’avons compris, le langage dépasse de loin la langue de notre groupe social. Le langage donne le sens, le ton juste, vrai, à notre relation.

 

Le langage de la foi ne s’apprend pas, il se reçoit comme un cadeau divin ; et il se reçoit petit à petit. C’est notre persévérance dans la fidélité à notre Dieu qui nous enseigne les mots ; Des mots qui, rappelons-le émergent au milieu d’actes profonds, vécus par les élus.

Amen