dimanche 24 septembre 2017

ORDRE DIVIN ET DÉSORDRE HUMAIN

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Par Eric Ruiz

"Mais que tout se fasse avec bienséance et avec ordre" (1Corinthiens 14:40)

Quand Paul donne ce conseil, il conclut en fait tout un discours sur la question suivante:
"Que faire quand vous vous assemblez?"

Une assemblée de croyants ne se comporte pas dans leur fonction et dans leur relation de manière instinctive et libertaire.
Paul insiste pour que ceux qui reçoivent la parole puissent l'exercer en toute liberté et de manière complète, mais… toutefois sans que tout le monde s'exprime n'importe comment, selon son intuition et son envie du moment. 
Il y a des règles pour que chacun se maîtrise et ne coupe pas la parole à l'autre ou n’accapare pas la parole.
Il y a une succession ordonnée dans les manifestations spirituelles et surtout dans l'instruction.
Quand une parole parvient à un prophète, elle est soumise à son bon vouloir pour la diffuser habilement.
Paul rajoute" Dieu n'est pas un Dieu de désordre mais de paix."
Ici deux choses essentielles sont mises en opposition : L’ORDRE et le DESORDRE.

L'ordre ("taxis" en grec) provoque une ambiance : une ambiance de paix, de calme et de tranquillité.
Le désordre, lui, provoque la confusion, le trouble, la frustration, l'irritation, l'angoisse, la peur.
Cette deuxième ambiance est propice à la destruction.
D'ailleurs dans l'hébreu, le mot désordre est le même que destruction."Hamam" [haw-mam']
Quand notre Seigneur tolère le désordre, c'est pour le détruire.
Le désordre a une raison d’être : celle de montrer les œuvres inutiles et nuisibles.
Pourquoi ?
Pour s'en séparer. 

Afin de mettre l'ennemi d'Israël en déroute, l'Eternel le laissait dans son désordre.
Et bien souvent le désordre provoquait chez lui, une grande agitation et pour finir le poussait à s'autodétruire.
Lisons 2Chroniques 15:16 " On se heurtait peuple contre peuple, ville contre ville, parce que Dieu les agitait (Hamam) par toutes sortes d'angoisses ".
Le péché se manifeste à travers le désordre. Et c'est de lui que l'on doit se séparer.
Dans le jardin d'Eden l'ordre au départ était fixé. Adam en obéissant à Dieu respectait l'ordre. En protégeant le jardin de toute intrusion extérieure, il maintenait l'ordre à l'intérieur.
Sa désobéissance et celle d'Eve amenèrent le péché et le désordre.
L'ordre était qu’Eve écoute son mari.
Le désordre est venu quand Adam s'est soumis à elle et l’a écouté;  (puisqu'il a mangé aussi de l'arbre de la connaissance du bien et du mal). 
Quand notre Seigneur tolère le désordre chez son peuple, il sait (lui, Dieu) qu'il va se repentir à un moment donné de cette décision car il n'a de plaisir que dans l'ordre qu’il a établi par sa parole.
C'est pour cela que l'on peut lire des passages bibliques où Dieu se repent de laisser un désordre qui amène le chaos.
"Et l'Eternel se repentit du mal qu'il avait déclaré vouloir faire à son peuple."(Exode 32:14), c'était là, à propos de la corruption de son peuple par le veau d'or .

Notre Seigneur insiste sur l'ordre dès les premiers versets bibliques, dans la Genèse. Il créé les cieux et la terre en 7 jours. Mais remarquez bien, il ne créé pas l'ordre à partir de rien ou à partir du néant ; il créé l’ordre à partir du désordre.
Certaines sectes l’ont bien compris puisqu’elles en ont fait leur devise (Ordo ab chao, trois mots latins qui signifient l’ordre à partir du chaos, c’est la devise des francs-maçons)
Eh oui, la terre était tohu-bohu, elle était dans le désordre le plus total ; tohwu signifiant en hébreu lieu de chaos et bohuw ; destruction. Et les ténèbres qui se trouvaient à la surface de l’abîme manifestaient ce lieu d'égarement ou un nouvel ordre autre que le sien a été créé.
L'ordre divin se définit, dans le nouveau testament, à partir du mot grec cosmos, employé plus de 150 fois.

D'ailleurs le mot grec "kosmos", indique le travail du créateur dans l'univers mais aussi pour un monde particulier  comme un peuple (un peuple comme Israël ou l’Eglise de Christ est un kosmos).
Kosmos d’une manière générale: c'est l'ordre des choses.
"Allez par tout le Kosmos prêcher la bonne nouvelle "
Mais aussi " ne savez-vous pas que l'amour du kosmos est inimitié devant Dieu? " Ici c'est de deux mondes spirituels dont il est question : les plaisirs charnels forment un cosmos, un monde à part, un ordre différent.

Dans l'ancienne alliance l'ordre divin prend tout son sens, quand Yahvé se montre au milieu de son peuple, pour inspirer à Moïse un ordre nouveau. Cet ordre nouveau c’est le tabernacle, un lieu saint ordonné, planifié, organisé.
Le lieu saint possède des ustensiles ordonnés, placés à des endroits précis, confectionnés avec des matériaux bien particuliers.

"Tu apporteras la table, et tu la disposeras en ordre ('Arak).Tu apporteras le chandelier, et tu en arrangeras les lampes." Exode 40: 4
"...il y déposa en ordre ('Arak) les pains, devant l'Eternel, comme l'Eternel l'avait ordonné à Moïse".

Les pains de propositions font allusion aux corps humains et la table, à la communion fraternelle. 
Là encore, ce qui est montré à Moïse, est identique à ce qui sera plus tard inspiré à Paul.
L'ordre est à la base de tout édifice ou édification. L'ordre est à la base de toutes nos relations. 

Pour ceux qui croient qu'un retour à la vraie assemblée se fait dans la liberté la plus totale, ils se trompent complètement.
Paul devant l’Eglise de Thessalonique l’affirmait : "Vous savez vous-mêmes comment nous imiter, car nous n’avons pas vécu parmi vous dans le désordre".
Ce n'est donc pas celui ou celle qui parle le plus fort ou qui pense avoir quelque chose de plus important à dire qui prend la parole.
Ça c'est une assemblée de marchands sur la place du marché.
Et excusez-moi, mais c'est ce que l'on voit dans les commentaires sur le Net ou dans les réseaux sociaux. Mais c'est aussi ce que l'on voit dans les Eglises païennes, où des orateurs ont pris la place des prophètes, où des "prophétesses" font la morale aux hommes et dirigent des assemblées.
L'ordre dans l'Eglise de Jésus-Christ est bien différent. Le Saint-Esprit s'exprime dans un contexte divin où la soumission est la règle de base. La soumission des uns vis-à-vis des autres provoque la véritable liberté.
Disons-le tout de suite mais:
Le but d'une communion véritable est dans le fait que les lampes brûlent continuellement.

"Aaron arrangera ('Arak) les lampes sur le chandelier d'or pur, pour qu'elles brûlent continuellement devant l'Eternel."

Voilà l'objet de la rencontre : La lumière provenant du chandelier.
Transposée de nos jours cela donne : la Parole révélée. 
La Parole est révélée si l’huile est présente chaque jour dans le chandelier.
Et cette Parole, c'est elle qui doit vivre au centre de toute communion.
Ce chandelier à sept branches éclairait le lieu saint et en particulier la table où étaient disposé les pains de propositions.
La lumière du chandelier permettait de savoir s'ils étaient rangés correctement.
Très curieusement, il y a une loi hebdomadaire attachée à cette pratique.
" Chaque jour de sabbat, on rangera ces pains devant l'Eternel, continuellement : c'est une alliance perpétuelle qu'observeront les enfants d'Israël"
Transposé encore aujourd'hui, on y trouve les moments hebdomadaires où se retrouvent les croyants devant une réunion souvent dominicale.
L'objet de ces réunions est donc d'éclairer par la lumière du chandelier les pains pour les ranger.
En d'autres mots: l'objet de nos réunions  n'est-il pas de laisser s'exprimer l'Esprit saint pour qu'il remette de l'ordre dans l'assemblée, qu'il éclaire ceux qui ne sont pas ou qui ne sont plus à la bonne place?

L'exhortation sert à redonner ou à redéfinir la place de chacun dans le corps de Christ. 

Maintenant, il y a un autre moment qui est identique et qui doit lui-aussi rétablir l'ordre dans l'assemblée: c’est le pain et le vin qui permettent au moment du repas de s'examiner sur sa propre position en Christ. 

Mangeons-nous sa chair et buvons-nous son sang continuellement ?
En d'autres termes : Jésus-Christ est-il toujours le chef de l'assemblée ?
Au moment où nous brisons le pain, avons-nous pris conscience que notre chair est brisée elle aussi?
Lorsque le vin coule, notre sacrifice est-il de bonne odeur pour notre Seigneur ?

Maintenant, ce chandelier qui éclaire les pains, (donc la chair), pourquoi a-t-il 7 lumières?
N'y-a-t-il pas là aussi une référence aux sept tonnerres d'Apocalypse 10?
Nous devons mettre d'abord la lumière sur nos péchés (1er tonnerre) puis mettre la lumière sur nos œuvres de repentance (2ème tonnerre) puis regarder à nos œuvres de justice (3ème tonnerre) et de renoncement (4ème tonnerre) etc, etc...

Remarquez bien que l'ordre divin par le chiffre 7 de la révélation se rend visible et s’exprime dans les tonnerres comme dans les moindres détails des ustensiles utilisés dans le tabernacle. L’ordre divin parle partout.

Pourtant curieusement aujourd'hui rien de tout cela.
On parle d’un ordre nouveau différent, qui n’a rien à voir avec les 7 tonnerres ; c’est un nouvel ordre mondial. Un nouveau gouvernement mondial ; un ordre humain mondialisé.
Mais derrière cette fausse imitation divine se cache un plan diabolique qui a pour conséquences le chaos, la destruction ; 
Non pas parce que les esprits qui veulent cela ont ce but mais parce que ce plan est séparé de Dieu, 
Tout ce qui est séparé de Dieu est ténèbres et n'est que tohu bohu : désordre et destruction. 
Construire une tour comme celle de Babel et se rassembler autour d'un roi comme celui de Nimrod, n'est pas en soi un mal.

Le mal, le désordre comme le péché aussi, c’est la séparation avec Dieu.

Cette vision plus juste des événements nous permet de considérer ceux qui font le mal un peu autrement. 
Leur intention première n'est pas forcément de détruire. Ils veulent surtout s'enrichir, acquérir du pouvoir, de la reconnaissance et placer haut le symbole de la liberté sur leur vie.
Mais comme ils s'écartent du plan divin, la conséquence de leurs actions est vouée inévitablement à détruire et à apporter le chaos.

En fait, la frontière entre l'ordre divin et le désordre humain est très proche et le passage au désordre se fait de manière souvent très subtil.

La brèche prend souvent des allures de compromis. 

Le compromis : voilà la déviance et le venin.

Adam au lieu de reprendre sévèrement Eve a fait un compromis en acceptant ce que sa femme lui proposait. 
De la même façon, le roi Saül avait reçu l'ordre de Dieu d'exterminer tout Amaleck et tout ce qui appartenait à cette ville, sans exception.
Mais Saül trouva bon d'agir différemment. Il s'est senti inspiré et il s’est senti poussé à faire des compromis pour avoir aussi le peuple avec lui.
Il fit des exceptions, il prit vivant leur roi, Agag et se garda pour lui et son peuple, les meilleures brebis, les meilleurs bœufs, et agneaux de leurs troupeaux.
Il laissa seulement ce qui était méprisable et chétif (1Samuel 15).

Il s'est permis de choisir lui-même sa bénédiction pensant que tout ce qu'il faisait était béni.
Mais, il a fait en parti seulement la volonté de Dieu. 
Il s'en est bien rendu compte puisqu'il s'est empressé de dresser un monument à Carmel et d'aller à Guilgal, comme pour se laver de ce péché.

Et nous dans notre vie...la glissade est vite réalisée.
Nous nous salissons avec les compromis ; nous passons alors de petits compromis en petits compromis.

Dieu nous demande de faire comme avec Saül de nous séparer de tout péchés sans exception ; mais  voilà, certains nous arrangent…

Oh, à la base l'intention peut apparaître louable, c'est pour avoir la paix avec son entourage ou pour gagner sa sympathie et sa confiance (tout comme le roi Saül l’a fait).

Ce ne sont pas des péchés très spectaculaires, mais ce sont comme de petits animaux qui viennent grignoter la sainteté qui est en nous, pour au final nous séparer de notre sauveur. 
On accepte alors ce que l'on avait refusé (faire des compromis avec la parole) en se disant que le fait de l'avoir confessé nous nettoiera de la tâche faite sur notre vêtement (comme Saül avec son monument). Mais ce péché revient nous tenter et nous y succombons une fois, deux fois, trois fois et plus …car la situation se renouvelle jusqu'à ce que l'habitude aie finalement pris le pas sur l'occasionnel. 
Pour Saül, le roi d’Israël avait pris l'habitude de s'octroyer le butin et les hommes vils et puissants comme Agag qui lui permettraient d'asseoir sa suprématie. Au final Samuel se sépara de Saül qui vit son manteau se déchirer de la même manière, c’est-à-dire avec la même brutalité et violence, que la royauté de Saül se déchira.

La moralité de tout cela : c’est que l’on ne peut pas prier " Père, délivre–nous du mal "si de l’autre côté nous aimons et recherchons certaines tentations.

L'ordre divin n'est pas à prendre à la légère ; Dieu ne nous demande pas de ressentir ses bienfaits, ou de sentir son amour. Nous devons nous conformer à son plan.

L’ordre humain, n’a rien à voir avec l’ordre divin. Il n’y a pas de passerelle entre les deux mais une séparation nette comme un abîme infranchissable.

 Le mot hébreu (´Arak) ne signifie pas seulement mettre en ordre, il signifie préparer, se préparer. 
Le roi David qui affronta les Syriens, assembla tout Israël, il se prépara (‘arak) à les attaquer.
Cette préparation, cette mise en ordre est la même pour l'Epouse de Christ qui se prépare à aller à la rencontre de son Epoux.
Pensez-vous qu'un époux choisira une épouse qui fait des compromis et qui est dans le désordre ?
Ou, pensez-vous que Dieu se satisfera d'une épouse dont les pains sont mal disposés, qui a mélangé l'ordre divin avec l'ordre humain pensant que l’ordre humain, c’est au final aussi bien que l’ordre de son époux. Une épouse tiède comme celle-là, Dieu la vomira de sa bouche.
Non! Cette préparation-là ressemble trop à celles des 5 vierges folles qui ont oublié l'huile.
Cet huile, qui aurait mis en lumière leurs imperfections et qui leur aurait permis de se nettoyer de leurs fautes plutôt que de se complaire dans une fausse sainteté.
Lorsque nous réalisons que nous avons fait des compromis, confessé ses fautes c’est nécessaire, c’est bien, mais ce n’est pas suffisant.

La profondeur de notre repentance doit être à la hauteur de l’ordre établi par Dieu.

Revenons à l’ordre de l’ancienne alliance qui nous éclaire sur "le comment revenir à Dieu. "
(Un petit mot au passage pour dire que L’ancienne alliance stipulait comment se séparer du péché.  Quand nous péchons nous revenons à l’ancienne Alliance. C’est seulement une fois purifié que nous nous plaçons sous la nouvelle alliance).

Lévitique 13 :4-5 " S’il y a sur la peau du corps une tâche blanche qui ne paraisse pas plus profonde que la peau, et que le poil ne soit pas devenu blanc, le sacrificateur enfermera pendant sept jours celui qui a la plaie. Le sacrificateur, l’examinera le septième jour…si la plaie est devenue pâle, le sacrificateur déclarera cet homme (humain, Adam) pur ".

Quel enseignement doit-on tirer de ce passage pour nous aujourd’hui ?

Eh bien, tout d’abord, la peau du corps est notre vêtement (Genèse 2 :21 " Elohim fit à Adam et Eve des habits de peau, et il les en revêtit "); s’il y a une impureté qui s’y forme, c’est comme une tâche au vêtement sacré. Ici, la profondeur de la tâche indique un péché récent, qui ne s’est pas installé depuis des années (sinon il faudra sept jours de plus, Lévitique 13 :5-6).

Ensuite le sacrificateur, c’est nous-mêmes ou plutôt ici un frère ou une sœur en Christ, puisque un circoncis de cœur est sous la grâce, sacrificateur de Dieu.
Donc un ami en Christ pourra rendre témoignage que notre vêtement est bien redevenu pur.
Enfin, pendant sept jours nous devons faire abstinence.
Mais abstinence de quoi ?
Déjà, du péché que nous avons confessé ou que d’autres ont remarqué, mais aussi nous mettre à part dans le sens de nous écarter des autres ;  oui, de rompre notre communion fraternelle, pour n’exercer aucun jugement sur autrui et aussi ne subir aucune influence extérieure.
Ce sont des jours où l’on s’examine seul, soi-même ; Et des moments de jeûne et de prière ne sont pas à exclure, dans ce cas-là.

Force est de constater que, ici encore, l’ordre s’établit dans la communion fraternelle.
J’insiste : c’est un autre membre de l’assemblée qui nous déclare pur et non nous-mêmes.

Nous avons besoin des autres pour voir nos tâches et pour constater leur disparition.
Aucun disciple même apôtre ne peut déroger à cette règle, qui est l’ordre conçu en Elohim.

Alors, exerçons notre amour pour l’Eglise et rétablissons l’ordre qui doit y régner.

Juste une petite précision pour finir. Je ne reviens pas en arrière, sous la loi Mosaïque avec le Lévitique. Je voudrais dire que j’ai des témoignages de frères et de sœurs qui ont appliqué cette loi, sans qu’ils en aient pris conscience, simplement guidés par le Saint-Esprit.
Car ne l’oublions pas la loi est d’abord dans le cœur, elle nous enseigne pour revenir à Christ.
Mais il est bon et louable de lire en Lévitique 13 une confirmation supplémentaire de notre inspiration.

Alors, faisons comme Paul le disait à l’Eglise de Thessalonique :

 "Avertissez ceux qui vivent dans le désordre… et abstenez-vous de tout espèce de mal…afin que vous soyez conservés irrépréhensibles, lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ "

Amen.

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