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Par Eric Ruiz
« Quiconque demeure en lui (Christ) ne pèche point; quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu. » (1 Jean3 :6).
Ce verset ne concerne pas les péchés en tant que transgression, mais le péché en tant que nouvelle nature en Christ. La nature de Christ si elle demeure en nous n’accepte pas le péché, sinon c’est que nous ne lui appartenons pas.
Pour ce qui concerne les péchés Jean en parle deux chapitres avant, c’est : 1Jean1 : 10 : « Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. ». Attention au contexte : Ici Jean ne condamne pas celui qui pèche, il insiste (au verset précédent) sur la confession, une confession qui doit rester notre ligne de conduite face au péché. Et il montre pourquoi confesser ses fautes permet de se libérer du péché. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité ». Confesser : entraine la justice de Christ qui nous purifie en effaçant la faute commise.
Or, j’ai remarqué une
chose contradictoire chez les croyants en général. Ils se comportent souvent de
la même manière lorsqu’ils commettent un péché. Chacun se referme sur lui
plutôt que de s’ouvrir vers l’extérieur. Je m’explique. Après avoir confessé sa
faute et remercié Dieu pour sa purification, eh bien on ne passe
malheureusement pas à autre chose. Chacun demeure concentrer sur son expiation,
et se dit intérieurement : «Mais comment vais-je faire maintenant pour me
racheter de ma faute ? »
Et toute tristesse, toute souffrance, toute peine est immédiatement
identifiée comme une expiation nécessaire. Car
inconsciemment : une faute commise rime avec une expiation à faire.
Voilà comment beaucoup comprenne le péché : Une faute renvoie
systématiquement à un sacrifice donc à une souffrance obligatoire.
« Si je souffre c’est mérité, c’est
parce que j’ai commis une faute » Cela, c’est le leitmotiv du chrétien
face à ses fautes. « Si je souffre
c’est que je subis une punition à l’égard de ma faute commise. Je vis
naturellement la sombre conséquence de mon péché (bref je mérite le malheur qui
m’arrive) ».
Et les choses vont encore même plus loin. « Si je ne suis pas encore guéri, c’est normal, c’est que mon expiation
n’est pas terminée. Parce que c’est une faute grave, où une faute qui ne cesse
de se répétée, je dois avoir un châtiment plus long ». Alors pas
étonnant en pensant ainsi qu’on entend dire : « Arrêter de prier pour ma guérison, cela ne
sert à rien…je dois avant tout purger ma peine ».
Où est passé le disciple de Christ épanoui et libéré du péché ? Se condamner au moindre péché commis, cela ne libère pas du péché. Cela fait l’effet inverse. Cela fait que les péchés restent le combat numéro 1 du chrétien.
Croire que malgré la confession, le péché exerce toujours son pouvoir
dominateur et que c’est une malédiction qui dure, c’est avoir les yeux rivés sur
un constat réel, certes, mais sans y voir la
Promesse (et là j’écris promesse avec un P majuscule).
« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; »
Romains 3 :23 Cela, c’est un fait général,
indiscutable…Or, pourquoi, si Christ est mon avocat, craindre qu’un péché
commis me prive de la gloire de Dieu ? Paul dans sa deuxième lettre aux
Corinthiens est clair : « Si quelqu’un est en Christ il est une
nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, voici toutes choses sont
devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5 :17).
L’apôtre affirme avec force que les choses anciennes sont révolues. Le
poids du péché et la séparation qu’il crée entre l’homme et Dieu a disparu en
Christ. C’est une chose ancienne. Par conséquent subir une punition pour avoir
péché…ça n’existe plus, en Christ. En Christ on continue à affronter des
épreuves pour être édifier, mais le châtiment est une chose révolue.
Là aussi certains diront : « Oui
mais Christ a été puni lui aussi. Il a
été puni à notre place en mourant sur la croix ». A ceci je nuancerai.
Il n’a pas été punit. Il a porté volontairement le châtiment de nos fautes. Pas
les siennes, il n’en a jamais eu. Il s’est livré pour nous à notre place, pour que
nous ne subissions pas le châtiment qui nous revenait.
Par conséquent,
vouloir expier ses fautes, c’est valable, mais seulement pour un croyant qui
n’a pas revêtu la nouvelle nature de Christ.
Parce que, le sacrifice et la résurrection de Jésus-Christ nous ouvrent des
voies nouvelles. Dans l’épitre aux Romains 3 :24, Paul dit
ensuite : « voici toutes choses sont devenues
nouvelles, (car ceux qui ont péché) sont gratuitement
justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. »
Nous l’avons vu dans le message précédent, le Saint-Esprit Parakletos dans le texte original
ne signifie pas
seulement consolateur. Mais aussi avocat, un assistant qui porte secours.
C’est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir. Alors si nous
l’avons reçu, nous avons un avocat, qui nous
porte secours, en plaidant pour nous jour et nuit auprès du Père….Conséquence : nous n’avons
plus à subir la peine du péché. Christ a donnée sa vie pour que chaque péché soit
couvert par son sacrifice. « Le sang de Jésus son Fils nous
purifie de tout péché » (1 Jean 1 :7). Si bien qu’.un péché confessé est aussitôt effacé. Effacé afin aussi que nous puissions
librement nous tourner vers les autres.
Là nous touchons une chose fondamentale dans le processus de rédemption de
notre Seigneur : L’amour ; Et cet amour couvre une multitude
de péchés.
En vous donnant pour les autres, en les
soutenant par le pardon, la bienveillance ou l’exhortation, vous démontrez que
l'Esprit de Christ agit en vous. Notre Avocat plaide notre cause par Son propre
sang versé, et le Père, après avoir effacé nos fautes, contemple désormais avec
joie la charité que Son Esprit produit dans nos vies.
Je sais cela peut choquer. Mais ce n’est pas une nouvelle théologie, ce
sont les conséquences que produit l’esprit de vérité. C’est cet esprit qui témoigne en nous que Christ vit en
nous.
Quel est ce témoignage ? C’est de ne plus vivre comme un éternel fautif en se frappant la poitrine, à chaque faute commise. En se lamentant sur son sort et en disant : « j’ai encore fait ce péché, j’ai encore une fois manqué le but, je suis un bon à rien, je n’y arriverai jamais, je ne mérite pas la grâce de Dieu !». Notre réconciliation avec le Père est faite et scellée. Elle ne va pas être rompue par un péché. Vivons alors comme des disciples libres ; où nous pouvons laisser souffler l’Esprit comme il veut parce qu’aucune culpabilité ne vient se mettre en travers de notre route. Et notre liberté ne sert pas à pécher ou à assouvir n’importe quel désir charnel ; notre liberté sert à porter secours en aimant, en bénissant ou en édifiant.
« Aime ton prochain comme toi-même ».
Avec un tel commandement, comment peut-on s’aimer, se considérer de manière
juste si nous sommes culpabilisés et humiliés par un péché récurent ?
Dieu le sait et en Christ ce désamour de soi n’existe plus. La route est
dégagée pour que la charité s’exprime entièrement.
La liberté en Christ sert à secourir son prochain ; et ce secours sert aussi de témoignage. Nous ne sommes pas
sauvés par nos œuvres certes, mais nos œuvres témoignent que Christ vit en nous ou
pas. Nos œuvres témoignent aussi qu’il n’y a pas un péché commis qui
soit une raison suffisante pour s’empêcher d’exercer la charité.
Je m’arrête un instant sur l’amour et l’expiation. L’expiation est trop
souvent un frein à l’amour chez le chrétien. Sa culpabilité l’empêche d’aider
son prochain parce qu’il se sent indigne de le faire. Il se recroqueville alors
sur lui-même. Or, Christ est venu nous libérer de ce fardeau. « Il n'y
a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ »
(Romains 8 :1). La culpabilité ne sert à rien. Elle empêche le chrétien de
devenir un disciple accompli en le freinant dans ses élans de charité.
Il faut le souligner : c’est un miracle de pouvoir aimer malgré les
fautes commises.
Parce que là aussi certains se diront : « Encore une théologie qui permet au chrétien d’abuser de son impunité.
Il peut pécher autant de fois qu’il
le souhaite, son Dieu expie ses fautes ! »
Or, (je pose une question de logique) : Comment celui qui a reçu le
Saint-Esprit pourrait-il être rebelle à ce même esprit ?
Comment en recevant la vérité peut-on courir au mensonge ?
Et là je reviens au point de départ de mon message : ce qui nous
atteint momentanément dans notre marche, ne nous paralyse pas où ne nous
culpabilise pas au point de nous stopper, parce que nous marchons comme des
êtres libéré du péché.
Pensez ainsi, ce n’est pas un blasphème, c’est vivre la vérité en Christ.
Le blasphème c’est celui de se vanter d’être libre en Christ pour se complaire
dans le péché. Celui-là blasphème contre l’Esprit.
Et là je reviens avec mon verset du départ : « quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu.(pas
connu Christ) » (1Jean 3 : 6).Cette confusion entre le péché et les péchés est à la base des
fractures dans les églises. Le péché subsiste pour certains et leur but
alors c’est de séduire et de corrompre les autres. Comment ? En premier, en
les culpabilisant sur leur faute, en les maintenant prisonnier des péchés. En
un mot en les asservissant et en les contrôlant.
Ce sont des imposteurs parce qu’ils témoignent
d’une chose essentielle : c’est qu’ils n’aiment pas leurs frères. Ils les
manipulent pour en tirer une gloire personnelle. 1Jean 3 :14 : « Nous
savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les
frères ».
L’amour est le don le plus grand en Christ.
Mais pour que ce don soit totalement libéré, le croyant doit aussi se libérer
du faux joug que l’on fait injustement pesé sur lui. Le diable reviendra
toujours à l’expiation, au châtiment nécessaire. A la peur du jugement divin.
Les démons vous montreront toujours votre faiblesse, en vous culpabilisant de
vos fautes. Ils vous souffleront dans l’oreille : « Si tu as le Saint-Esprit tu ne peux agir
aussi légèrement avec le péché, tu dois le combattre ».
Vous devez vous rendre à l’évidence que la
tromperie existe au plus haut niveau des théologiens et des mouvements
chrétiens reconnus. Des personnes que Dieu ne connait pas viennent vous
enseigner sur la rédemption en Christ. Comment quelqu’un qui a conservé sa vieille
nature pécheresse peut-il vous enseigner sur le Saint-Esprit ? Et pourtant
c’est une évidence. Comment une personne qui a les mains et les pieds attachées
peut-elle vous dire comment on se libère de ses liens ? Qu’elle commence
par se délivrer elle-même. Concrètement : Regardez si dans votre assemblée
on parle plus du péché et si on porte moins secours par l’amour. C’est un très bon
baromètre que d’opposer le péché à l’amour.
Alors, plutôt que de pointer du doigt tel
péché ou tel autre, faisons comme le Saint-Esprit nous inspire et il nous
inspire quoi en premier ? A dépasser nos souffrances, à dépasser nos
limitations et nos peurs pour aimer de plus belle. Le Saint-Esprit se voit là
où il y a de la joie et de la bienveillance alors qu’il devrait y avoir de
l’inquiétude et du repli sur soi. Ce
n’est pas ce qui nous arrive mais comment nous le supportons qui révèle notre foi
et notre amour.
Je terminerai par ce verset situé dans 1jean
3 :18 : « Petits enfants, n'aimons pas en paroles
et avec la langue, mais en actions et avec vérité. ».
Comment savoir si le Saint Esprit nous anime ? En aimant par des actes vrais
authentiques, sans tricherie, ni calcul et pas avec des paroles. C’est ainsi
que se présente à Christ cette Eglise dont parle l’épître aux Ephésiens : « Une Eglise
glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et
irrépréhensible. »
Amen

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