dimanche 8 novembre 2026

EXPIER ses fautes : Une chose NOUVELLE en CHRIST?

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Par Eric Ruiz

« Quiconque demeure en lui (Christ) ne pèche point; quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu. » (1 Jean3 :6).

Ce verset ne concerne pas les péchés en tant que transgression, mais le péché en tant que nouvelle nature en Christ. La nature de Christ si elle demeure en nous n’accepte pas le péché, sinon c’est que nous ne lui appartenons pas. 

Pour ce qui concerne les péchés Jean en parle deux chapitres avant, c’est : 1Jean1 : 10 : «  Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous. ». Attention au contexte : Ici Jean ne condamne pas celui qui pèche, il insiste (au verset précédent) sur la confession, une confession qui doit rester notre ligne de conduite face au péché. Et il montre pourquoi confesser ses fautes permet de se libérer du péché. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité ». Confesser : entraine la justice de Christ qui nous purifie en effaçant la faute commise.

Or, j’ai remarqué une chose contradictoire chez les croyants en général. Ils se comportent souvent de la même manière lorsqu’ils commettent un péché. Chacun se referme sur lui plutôt que de s’ouvrir vers l’extérieur. Je m’explique. Après avoir confessé sa faute et remercié Dieu pour sa purification, eh bien on ne passe malheureusement pas à autre chose. Chacun demeure concentrer sur son expiation, et se dit intérieurement : «Mais comment vais-je faire maintenant pour me racheter de ma faute ? »

Et toute tristesse, toute souffrance, toute peine est immédiatement identifiée comme une expiation nécessaire. Car inconsciemment : une faute commise rime avec une expiation à faire.

Voilà comment beaucoup comprenne le péché : Une faute renvoie systématiquement à un sacrifice donc à une souffrance obligatoire.

« Si je souffre c’est mérité, c’est parce que j’ai commis une faute » Cela, c’est le leitmotiv du chrétien face à ses fautes. « Si je souffre c’est que je subis une punition à l’égard de ma faute commise. Je vis naturellement la sombre conséquence de mon péché (bref je mérite le malheur qui m’arrive) ».

Et les choses vont encore même plus loin. « Si je ne suis pas encore guéri, c’est normal, c’est que mon expiation n’est pas terminée. Parce que c’est une faute grave, où une faute qui ne cesse de se répétée, je dois avoir un châtiment plus long ». Alors pas étonnant en pensant ainsi qu’on entend dire : « Arrêter de prier pour ma guérison, cela ne sert à rien…je dois avant tout purger ma peine ».

Où est passé le disciple de Christ épanoui et libéré du péché ? Se condamner au moindre péché commis, cela ne libère pas du péché. Cela fait l’effet inverse. Cela fait que les péchés restent le combat numéro 1 du chrétien.

Croire que malgré la confession, le péché exerce toujours son pouvoir dominateur et que c’est une malédiction qui dure, c’est avoir les yeux rivés sur un constat réel, certes, mais sans y voir la Promesse (et là j’écris promesse avec un P majuscule).

« Car tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu; » Romains 3 :23  Cela, c’est un fait général, indiscutable…Or, pourquoi, si Christ est mon avocat, craindre qu’un péché commis me prive de la gloire de Dieu ? Paul dans sa deuxième lettre aux Corinthiens est clair : « Si quelqu’un est en Christ il est une nouvelle créature. Les choses anciennes sont passées, voici toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Corinthiens 5 :17).

L’apôtre affirme avec force que les choses anciennes sont révolues. Le poids du péché et la séparation qu’il crée entre l’homme et Dieu a disparu en Christ. C’est une chose ancienne. Par conséquent subir une punition pour avoir péché…ça n’existe plus, en Christ. En Christ on continue à affronter des épreuves pour être édifier, mais le châtiment est une chose révolue.

Là aussi certains diront : « Oui mais Christ a été puni lui aussi. Il a été puni à notre place en mourant sur la croix ». A ceci je nuancerai. Il n’a pas été punit. Il a porté volontairement le châtiment de nos fautes. Pas les siennes, il n’en a jamais eu. Il s’est livré pour nous à notre place, pour que nous ne subissions pas le châtiment qui nous revenait.

Par conséquent, vouloir expier ses fautes, c’est valable, mais seulement pour un croyant qui n’a pas revêtu la nouvelle nature de Christ.

Parce que, le sacrifice et la résurrection de Jésus-Christ nous ouvrent des voies nouvelles. Dans l’épitre aux Romains 3 :24, Paul dit ensuite : « voici toutes choses sont devenues nouvelles, (car ceux qui ont péché) sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ. »

Nous l’avons vu dans le message précédent, le Saint-Esprit Parakletos dans le texte original ne signifie pas seulement consolateur. Mais aussi avocat, un assistant qui porte secours. C’est l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir. Alors si nous l’avons reçu, nous avons un avocat, qui nous porte secours, en plaidant pour nous jour et nuit auprès du Père….Conséquence : nous n’avons plus à subir la peine du péché. Christ a donnée sa vie pour que chaque péché soit couvert par son sacrifice. « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1 :7). Si bien qu’.un péché confessé est aussitôt effacé. Effacé afin aussi que nous puissions librement nous tourner vers les autres.

Là nous touchons une chose fondamentale dans le processus de rédemption de notre Seigneur : L’amour ; Et cet amour couvre une multitude de péchés.

En vous donnant pour les autres, en les soutenant par le pardon, la bienveillance ou l’exhortation, vous démontrez que l'Esprit de Christ agit en vous. Notre Avocat plaide notre cause par Son propre sang versé, et le Père, après avoir effacé nos fautes, contemple désormais avec joie la charité que Son Esprit produit dans nos vies.

Je sais cela peut choquer. Mais ce n’est pas une nouvelle théologie, ce sont les conséquences que produit l’esprit de vérité. C’est cet esprit qui témoigne en nous que Christ vit en nous.

Quel est ce témoignage ? C’est de ne plus vivre comme un éternel fautif en se frappant la poitrine, à chaque faute commise. En se lamentant sur son sort et en disant : « j’ai encore fait ce péché, j’ai encore une fois manqué le but, je suis un bon à rien, je n’y arriverai jamais, je ne mérite pas la grâce de Dieu !». Notre réconciliation avec le Père est faite et scellée. Elle ne va pas être rompue par un péché. Vivons alors comme des disciples libres ; où nous pouvons laisser souffler l’Esprit comme il veut parce qu’aucune culpabilité ne vient se mettre en travers de notre route. Et notre liberté ne sert pas à pécher ou à assouvir n’importe quel désir charnel ; notre liberté sert à porter secours en aimant, en bénissant ou en édifiant.

« Aime ton prochain comme toi-même ». Avec un tel commandement, comment peut-on s’aimer, se considérer de manière juste si nous sommes culpabilisés et humiliés par un péché récurent ?

Dieu le sait et en Christ ce désamour de soi n’existe plus. La route est dégagée pour que la charité s’exprime entièrement.

La liberté en Christ sert à secourir son prochain ;  et ce secours sert aussi de témoignage. Nous ne sommes pas sauvés par nos œuvres certes, mais nos œuvres témoignent que Christ vit en nous ou pas. Nos œuvres témoignent aussi qu’il n’y a pas un péché commis qui soit une raison suffisante pour s’empêcher d’exercer la charité.

Je m’arrête un instant sur l’amour et l’expiation. L’expiation est trop souvent un frein à l’amour chez le chrétien. Sa culpabilité l’empêche d’aider son prochain parce qu’il se sent indigne de le faire. Il se recroqueville alors sur lui-même. Or, Christ est venu nous libérer de ce fardeau. « Il n'y a maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ » (Romains 8 :1). La culpabilité ne sert à rien. Elle empêche le chrétien de devenir un disciple accompli en le freinant dans ses élans de charité.

Il faut le souligner : c’est un miracle de pouvoir aimer malgré les fautes commises.

Parce que là aussi certains se diront : « Encore une théologie qui permet au chrétien d’abuser de son impunité.  Il peut pécher autant de fois qu’il le souhaite, son Dieu expie ses fautes ! »

Or, (je pose une question de logique) : Comment celui qui a reçu le Saint-Esprit pourrait-il être rebelle à ce même esprit ?

Comment en recevant la vérité peut-on courir au mensonge ?

Et là je reviens au point de départ de mon message : ce qui nous atteint momentanément dans notre marche, ne nous paralyse pas où ne nous culpabilise pas au point de nous stopper, parce que nous marchons comme des êtres libéré du péché.

Pensez ainsi, ce n’est pas un blasphème, c’est vivre la vérité en Christ. Le blasphème c’est celui de se vanter d’être libre en Christ pour se complaire dans le péché. Celui-là blasphème contre l’Esprit.

Et là je reviens avec mon verset du départ : « quiconque pèche ne l'a pas vu, et ne l'a pas connu.(pas connu Christ) » (1Jean 3 : 6).Cette confusion entre le péché et les péchés est à la base des fractures dans les églises. Le péché subsiste pour certains et leur but alors c’est de séduire et de corrompre les autres. Comment ? En premier, en les culpabilisant sur leur faute, en les maintenant prisonnier des péchés. En un mot en les asservissant et en les contrôlant.

Ce sont des imposteurs parce qu’ils témoignent d’une chose essentielle : c’est qu’ils n’aiment pas leurs frères. Ils les manipulent pour en tirer une gloire personnelle. 1Jean 3 :14 : « Nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie, parce que nous aimons les frères ».

L’amour est le don le plus grand en Christ. Mais pour que ce don soit totalement libéré, le croyant doit aussi se libérer du faux joug que l’on fait injustement pesé sur lui. Le diable reviendra toujours à l’expiation, au châtiment nécessaire. A la peur du jugement divin. Les démons vous montreront toujours votre faiblesse, en vous culpabilisant de vos fautes. Ils vous souffleront dans l’oreille : « Si tu as le Saint-Esprit tu ne peux agir aussi légèrement avec le péché, tu dois le combattre ».

Vous devez vous rendre à l’évidence que la tromperie existe au plus haut niveau des théologiens et des mouvements chrétiens reconnus. Des personnes que Dieu ne connait pas viennent vous enseigner sur la rédemption en Christ. Comment quelqu’un qui a conservé sa vieille nature pécheresse peut-il vous enseigner sur le Saint-Esprit ? Et pourtant c’est une évidence. Comment une personne qui a les mains et les pieds attachées peut-elle vous dire comment on se libère de ses liens ? Qu’elle commence par se délivrer elle-même. Concrètement : Regardez si dans votre assemblée on parle plus du péché et si on porte moins secours par l’amour. C’est un très bon baromètre que d’opposer le péché à l’amour.

Alors, plutôt que de pointer du doigt tel péché ou tel autre, faisons comme le Saint-Esprit nous inspire et il nous inspire quoi en premier ? A dépasser nos souffrances, à dépasser nos limitations et nos peurs pour aimer de plus belle. Le Saint-Esprit se voit là où il y a de la joie et de la bienveillance alors qu’il devrait y avoir de l’inquiétude et du repli sur soi. Ce n’est pas ce qui nous arrive mais comment nous le supportons qui révèle notre foi et notre amour.

Je terminerai par ce verset situé dans 1jean 3 :18 : «  Petits enfants, n'aimons pas en paroles et avec la langue, mais en actions et avec vérité. ». Comment savoir si le Saint Esprit nous anime ? En aimant par des actes vrais authentiques, sans tricherie, ni calcul et pas avec des paroles. C’est ainsi que se présente à Christ cette Eglise dont parle l’épître aux Ephésiens : « Une Eglise glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irrépréhensible. »

Amen


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