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Par Eric Ruiz
Des frères se posaient cette question cette semaine : Quelle différence y a t-il entre péché et transgression ? Le péché est-il la conséquence d’une transgression ? Ou bien l’un et l’autre sont-ils deux notions indépendantes ?
C’est ce qu’on pourrait croire en lisant le Psaume 32 :1 : ». Cantique de David. Heureux celui à qui la transgression est remise, A qui le péché est pardonné! ».
LA TRANSGRESSION
Le péché c’est manquer le but d’une
manière générale, c’est une notion plus large que la transgression. Dans la
Bible, (comme dans la réalité), la transgression est un acte juridique. Et là,
je n’apprends rien à personne bien sûr : Toute société est régie par un
système de lois dictant notre conduite.
La transgression suppose qu’une loi ou qu’un commandement soit violé.
Ici, en transgressant c’est bien le but d’obéir
à une loi qui a été manquée.
Ainsi, lorsque Dieu ordonne à Adam
de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, la
désobéissance d'Adam devient une transgression parce qu'elle
consiste à franchir une limite clairement établie par Dieu. Puis est venue la
Loi de Moïse. Et avec Moïse, les commandements de Dieu sont formulés de manière
détaillée (selon le judaïsme 613 mitsvots ou commandements formeraient
l’ensemble des lois : un nombre très conséquent). Quoi qu’il en soit transgresser
un seul point de la Loi revient à se rendre coupable devant l'ensemble de la
Loi (Jacques 2:10). Le péché apparaît alors dans toute sa gravité et révèle la
condition du pécheur qui ne cesse à l’infini, d’être jugé et de se racheter de
ses fautes.
Paul écrit que « là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de
transgression » (Romains 4:15). Cela signifie que la transgression
est liée directement à la violation consciente d'un commandement.
Alors, cette connaissance suffit-elle pour affirmer
que le péché n’existe que parce que la loi existe ?
Penser ainsi est une grossière erreur.
LE PECHE BIEN AVANT
LA TRANSGRESSION
Paul écrit que « le péché était dans le monde avant la Loi » (Romains 5:13). Donc le péché est déjà dans l'homme avant de devenir une transgression. Nous transgressons des lois divines parce que le péché qui est en nous nous y pousse. Adam et Eve avaient donc déjà en eux un fort esprit de rébellion face à Dieu. Le Serpent en Eden n’a fait que de révéler le péché intérieur de l’homme et de la femme. Le péché est par conséquent plus profond que la simple transgression. La transgression est l'acte visible du péché ou en d’autres termes : c’est la partie immergée de l’Iceberg. Transgresser consiste à enfreindre une loi de Dieu, mais en révélant une réalité intérieure : la présence du péché dans l'homme. Nous transgressons parce que le péché agit en nous et nous pousse à désobéir à Dieu. Nous sommes esclaves de lui.
Maintenant, en Jésus-Christ, le croyant reçoit une nouvelle nature. Il est appelé à marcher selon l'Esprit et non selon la chair. Le péché n'est plus son maître, même si la lutte contre la chair demeure présente. Lorsque le croyant désobéit à Dieu, le Saint-Esprit qui habite en lui l'en convainc et en est attristé (Éphésiens 4:30). Cette conviction intérieure témoigne de la vie nouvelle qu’il a reçue en Christ et le conduit à la repentance.
Il ne s'agit plus d'obéir à des
commandements extérieurs, mais aussi et surtout de marcher selon l'Esprit.
C'est pourquoi Paul peut dire : «tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché» (Romains 14:23). Le problème dépasse la simple désobéissance
à une règle écrite, car c’est tout ce qui n'est pas accompli dans la
confiance et l'obéissance à Dieu. Le
péché ne se limite donc pas à la transgression d'un commandement explicite ; il
concerne également l'état du cœur et les motivations profondes de chacun. Sans
l'Esprit du Christ, (c’est-à
dire : concevoir, croire et agir selon son Esprit), l'homme
demeure incapable de satisfaire Dieu et ses exigences.
LE PECHE de SIMON PIERRE
Un exemple
très parlant : Lorsque Simon Pierre refusant que son maître meurt sur la
croix dit à Jésus : « À Dieu ne
plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas » (Matthieu 16:22), il ne
transgresse aucune loi morale. Au contraire, ses paroles semblent inspirées par
l'affection qu’il a pour son Maître et le désir de le préserver de la
souffrance.
Pourtant,
Jésus lui répond : « Arrière de moi,
Satan ! Tu m'es en scandale, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu,
mais celles des hommes » (Matthieu 16:23). Pierre s'oppose alors,
sans le savoir, au dessein de Dieu et à la mission rédemptrice de Jésus-Christ.
Son erreur, son péché ne réside pas alors dans la violation d'un commandement écrit, mais dans une pensée qui n'est pas celle de la volonté de Dieu. Son jugement est influencé par une logique humaine plutôt que par la foi. Ainsi, cet épisode illustre qu'il est possible de pécher sans nécessairement transgresser une loi explicite, lorsque notre cœur, nos pensées ou nos intentions s'écartent de la pensée du Seigneur. Et cela rejoint complètement la définition du péché qui est : de manquer le but.
C'est pourquoi Paul distingue
souvent le « péché » comme une puissance agissant dans l'être humain et les «
péchés » qui sont des actes commis. La Loi met en lumière les péchés en faisant
apparaître les transgressions, tandis que la grâce met en lumière le péché en
faisant apparaitre la rédemption par Christ.
Sans Christ : le péché règne sur
l'homme.
En Christ : le péché est vaincu, il n’est plus maître de l’homme. Mais sa présence reste encore un combat, car la chair est encore là avec ses péchés. Et elle fait comme avec Jésus de Nazareth, elle exerce une forte tentation. Mais, après notre mort et notre résurrection, les péchés disparaîtront totalement.
LE PECHE DE CAIN
Maintenant je te pose la question suivante : « Quand Caïn dit à
Dieu « suis-je le gardien de mon frère et qu’il l’a précédemment tué… Caïn
a-t-il péché en transgressant une loi ou a-t-il péché tout simplement ?
Eh bien, dans le cas
de Caïn, on peut dire qu'il a péché
sans qu'il ait transgressé une loi écrite
ou une loi explicitement formulée comme le sera plus tard la Loi de Moïse.
Pourtant avant le
meurtre, Dieu l'avertit :
« Si tu agis mal, le péché se couche à
la porte, et ses désirs se portent vers toi ; mais toi, domine sur lui » (Genèse 4:7).
Remarquez bien que
Dieu parle déjà du péché comme d'une puissance qui cherche à dominer
Caïn avant même qu'il tue Abel. Le problème commence dans son cœur par la
jalousie, la colère, et la haine. Ses sentiments n’émergent pas par hasard. C’est
le péché qui les excite.
Quand Caïn tue son
frère, il commet assurément un péché grave. Mais a-t-il transgressé un
commandement explicite du type « Tu ne tueras point » ? Le texte de la Genèse
ne mentionne pas encore une telle loi donnée à l'homme.
En fait, le péché
est déjà présent dans le cœur de Caïn. La preuve : il savait que son acte
était mauvais puisqu'il cherche ensuite à cacher son crime et il ment à Dieu :
« Je ne sais pas où il est. Suis-je le gardien de mon frère ? »
Le meurtre est la
manifestation extérieure de ce péché.
Mais il n’y a pas
transgression d’une loi car pas de limite connue et pas de commandement donné.
On pourrait donc
résumer les choses ainsi :
Le meurtre d'Abel montre que le péché était déjà à l'œuvre dans l'homme avant toute loi prononcée par Dieu. Caïn pèche parce que sa nature pécheresse produit et attise la haine et le meurtre. Dans le jardin d’Eden, il n’y a pas d’innocence comme le font croire ceux qui sont favorables aux dispensations. En Eden avant la transgression, le cœur d’Adam était déjà prêt. Le péché ne demandait qu’à se révéler. Le diable est meurtrier dès le départ (Jean 8 :44). Par conséquent la loi ne sert qu’à révéler l’âme pécheresse et la nature de l’être humain.
Aujourd’hui
la loi est une loi d’amour : Tu aimeras ton Dieu de toutes tes forces, de
toutes tes pensées et de toute ton âme, ainsi que tu aimeras ton prochain comme
toi même. Jésus-Christ ne joint à ce commandement aucun écrit, aucun article
juridique détaillant une liste de transgressions possibles.
Peut-on
alors de nos jours, transgresser la loi d’amour en Christ ? Eh bien oui
tout à fait. On le peut.
Car malgré tout, la loi est écrite, mais son encre est invisible puisqu’elle est écrite dans les cœurs. C’est la prophétie du prophète Jérémie qui se réalise. Jérémie 31 :33 : « Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Eternel: Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur cœur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple »
Un rappel
toutefois : La maison d’Israël : ce sont tous ses fils justifiés.
L’Israël de Dieu fait référence à un peuple dont les fautes sont rachetées.
Aujourd’hui la maison d’Israël inclus premièrement des païens convertis.
Maintenant,
on pourrait me rétorquer ceci : Oui, mais tu nous disais il y pas si
longtemps que la loi n’existe plus en Jésus, que la grâce l’a remplacé ?
N’est pas une erreur quand l’épître de Jean stipule que « celui qui hait son frère est un meurtrier » ?
N’est-ce pas une nouvelle loi ce verset ?(Et on peut en trouver d’autres
du même genre).
Non, il n’y a pas de confusion. Ce que dit Jean n’est pas une loi. Il n’y a pas un catalogue de lois, comme le Lévitique nous le montre; Mais des exemples de faits qui contredisent ce qui est écrit dans le cœur de ceux qui ont reçu Christ. Haïr son frère est incompatible avec ce que Christ a mis dans le cœur du disciple. Jérémie continue à dire comment est l’alliance que Dieu fera, et il dit au verset 34: « Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l'Eternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ». C’est au Saint-Esprit de nous renseigner sur nos transgressions et non à un registre juridique de le faire ou à un envoyé de Dieu.
Ne tournons pas en rond en nous
posant mille questions sur la loi : « Qu’est-ce que j’ai fait ?
Ai-je transgressé cette loi ou pas ? Peut-être celle-ci ou bien
celle-là ? ». Je le redis :
la foi ce n’est pas la loi. La foi ce n’est pas une loi de plus. (C’est ce que j’ai déjà dis au mois d’août dans « Sommes-nous héritier de la promesse ? »)
DIEU : AVOCAT ou JUGE ?
Alors, maintenant, se poser la question de
la loi, c’est montrer la transgression de la grâce. Tout ce qui fait loi dans
notre cœur révèle que la grâce a été transgressée. Pourquoi ? Simplement parce que la loi qui prescrit le
bien et le mal a été remplacée par la grâce, une nouvelle forme de justice. Et
la justice: c’est comme la grâce, c’est au Saint-Esprit de l’exercer. Et comment
l’exerce-t-il ? Eh
bien, en Christ, il est notre avocat
et non notre juge. Notre avocat, car nous avons déjà été jugé en recevant le
Saint-Esprit. Et Christ efface toutes transgressions quand nous les confessons
et que nous manifestons une juste repentance. Il ne tient alors pas compte de
notre égarement. Pourquoi ? Parce que nous sommes de sa nature et que le
péché ne se couche plus à notre porte. Dans les faits, la transgression, comme
le péché commis nous procure de la honte et de la tristesse.
David qui
était oint de l’Esprit dit dans un psaume : 32 :5 : « Je t'ai fait connaître mon péché,
je n'ai pas caché mon iniquité; J'ai dit: J'avouerai mes transgressions à
l'Eternel! Et tu as effacé la peine de mon péché. »
A l’inverse
de David, Si cet état d’âme de peine face au péché commit n’existe pas, c’est
bien que le péché est toujours attaché à notre âme et que nous le servons comme
un esclave sert un maitre inique. Si nous en sommes encore là…. alors Dieu
reste notre juge. Mais si Christ vit en nous, il est notre avocat. Il plaide
pour nous, il nous innocente. Il montre au juge qu’il s’est lui-même chargé de
nos offenses et qu’il n’y a plus rien qui nous accuse. Pourquoi ? Car tout
péché a été effacé. La fin du verset 34 de Jérémie 33 est sans équivoque à ce
sujet :
« Car
je pardonnerai leur iniquité, Et je
ne me souviendrai plus de leur péché ».
Nous
accuser aboutirait à l’accuser lui-même. Si vous êtes en Christ pensez à cette
plaidoirie où tout accusateur en vous accusant, accuse Dieu lui-même de péché.
L’ennemi, le diable, les démons n’ont plus alors aucune possibilité de vous
atteindre. A peine la transgression apparait-elle qu’elle est déjà effacée.
Alors ne jugez pas votre frère qui a le meilleur avocat. Mais donnez-lui
l’occasion de laisser son avocat le disculper en lui montrant son erreur et en
lui permettant de se repentir. Que votre privilège et votre liberté en Christ
édifient et élèvent plutôt qu’ils ne jugent et ne condamnent. Annoncez ce nouvel
Evangile où Dieu est avocat et non juge.
Car la grâce de Dieu est
qu’il soit notre avocat. C’est la plus belle des réalités de l’Evangile.
Amen

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