dimanche 3 février 2019

LE POISON DE LA COMPARAISON

261
 Par Éric Ruiz

Nous vivons dans une société où la compétition règne en roi. Il faut pour réussir être meilleur que l’autre.
C’est ce poison qui est d’ailleurs enseigné dès le plus jeune âge à l’école. Il insuffle aux enfants l’idée que leur valeur se mesure non par rapport à eux-mêmes mais par rapport aux autres, comme si la satisfaction se trouvait davantage dans le dépassement des autres que dans son propre perfectionnement.

Ce poison s’appelle la comparaison.

https://youtu.be/lNExGiMEuN4
Rappelons-nous notre enfance à l’école : Dans une grande majorité de scènes d’enfance, c’est la comparaison qui nous a fait souffrir.
L’école française est une école de classements, de rangs, avec les copies rendues devant tout le monde, elle sait (cette école) distiller le poison de la comparaison dès le plus jeune âge.

L’Eglise, elle, échappe-t-elle à ce lien social (je parle là aussi du lien comme d’une chaîne qui paralyse, ou d’un fardeau lourd à porter) ?

A force de comparaison, l’esprit du monde est entré dans l’Eglise.
Le croyant est toujours en train de se comparer aux autres. On met dans la balance les témoignages des uns, des autres. Certains sont tellement embellis ou romancés à l’extrême, et  d’autres, sont si dévalués, si dévalorisés.
 
Alors des chrétiens chevronnés, se voient plus saints que ceux qu’ils côtoient, ou qu’il croit connaître, ou ils s’évaluent plus bénis que les autres et donc leur estime de soi brille au grand jour.
Ils se sentent d’une certaine manière par leur « meilleure connaissance »,  avoir reçu le don d’enseigner, celui d’instruire l’autre, ou celui de pouvoir reprendre son frère comme ils le veulent.

A contrario, d’autres croyants sont toujours en train de se sous-estimer, pensant que les autres sont meilleurs, qu’ils agissent avec plus de foi, qu’ils sont plus dans la vérité ; et pour certains ils sont même tombés dans un fatalisme qui les pousse à dire que c’est leur façon de porter leur croix après tout, c’est une souffrance nécessaire, et que dans le corps de Christ il doit y avoir aussi, comme dans le corps humain, des organes moins importants que d’autres (comme l’appendice, cette petite excroissance intestinale, par exemple) : c’est horrible de penser cela de soi.

Et puis il y a aussi (et je pense un bon nombre, pour ne pas dire la majorité) qui oscillent entre les deux.
Ils sont parfois bénis, au point où si Dieu revenait là, ils seraient immédiatement sauvés et à d’autres moments ils se sentent indignes du salut et rejetés de la grâce.
Je ne leur jette pas la pierre, je faisais moi-même parti de ce troisième groupe de croyants il n’y a pas si longtemps.

Dieu bannit la comparaison, car elle n’amène que de l’idolâtrie.

Pour le premier cas, l’excès de confiance fait mousser, briller l’ego de la personne, on devient le centre du monde.
Dans le deuxième cas, se voir toujours en dernier, provoque une soumission vis-à-vis de ceux considérés comme des gens de foi, des oints, des enseignants, des maîtres, ceux appelés à un meilleur ministère.
Et dans le dernier cas, l’instabilité montre une foi fragile et un état facilement influençable qui pousse le croyant pour se sécuriser, à se construire aussi des modèles, des étoiles de la foi.

Dans les Eglises, la bénédiction est vécue comme un baromètre.
Sur l’échelle des degrés, celui qui est au plus haut se croit béni plus que les autres ; et celui qui est au plus bas n’a visiblement rien reçu.
Le premier se sent alors investi d’un devoir d’exhortation, de moralisation sur le deuxième.


Ces trois cas cités ici, sont des perversions de notre chair et par extension des productions du système babylonien qui est un système de classement, qui distribue médailles, diplômes et félicitations au meilleur et qui classent les plus riches et les plus influent à la tête de la pyramide sociale.

Ce système date, c’est vrai, de la nuit des temps.
Mais Dieu nous met en garde contre les dangers qu’il porte.
Derrière la comparaison se cache toutes sortes de fruits empoisonnés : la convoitise, la jalousie, la frustration.
Ces fruits, une fois consommés entraînent des réactions violentes : querelles, animosités, conflits et pour finir la guerre.

Regardez le roi David (quand il fit le dénombrement de ses troupes, alors que Dieu ne le lui avait rien demandé) a sauté à pieds joints dans ce danger.
Il est même écrit que : « Satan se leva contre Israël, et il excita David à faire le dénombrement d'Israël » (1 Chronique 21 :1)

En quoi David pécha contre Dieu ?

Eh bien parce qu’il voulait par le recensement, comparer l’état de son armée, donc mesurer sa puissance, à celle des autres.
C’est une pensée diabolique, qui enflamme la chair, dans la sens où elle la pousse à dominer là ou Dieu n’a pas établi de droit.
Le roi David outrepassait ses droits en voulant par lui-même étendre ses frontières. Il voulait alors plus de ce que Dieu avait promis à Abraham.

Dieu nous met en garde des plaies, des souffrances qui incombent à ceux qui se perdent dans la comparaison.

« " Lorsque tu compteras les enfants d'Israël pour en faire le dénombrement, chacun d'eux paiera à l'Eternel le rachat de sa personne, afin qu'ils ne soient frappés d'aucune plaie lors de ce dénombrement. "(Exode 30:11-14).

Dieu demandait, avant de faire l’acte de recensement, de racheter à l’avance sa faute.
Pourquoi ?
Car il savait que cette tentation serait évidente (pour ne pas dire inévitable) pour chaque être humain.
Dieu savait que Satan attiserait cette part de Lucifer qu’il y a en chacun de nous ; C’est-à-dire que chacun aime se mesurer aux autres pour apprécier sa valeur, pour apprécier sa lumière (une valeur superficielle bien-sûr, basée sur ses propres forces…
Qui n’aime pas porter une lumière artificielle qui brille pour soi-même, et qui n’aime pas attirer la gloire à lui ?
Si vous souhaiter davantage de détail, j’ai fait le 11février 2016 un message sur le dénombrement).

Donc dans le concret pour nous : Racheter à l’avance sa faute revient à vouloir briser le pain chaque jour, c’est-à-dire, maintenir captif les envies de briller et de se comparer aux autres.
Et aussi, remettre dans la prière tout ce qui nous est apparu comme un recensement. « j’ai fait ceci, j’ai fais cela pour Dieu…je mérite donc… ou «  je n’ai pas fait ni ceci, ni cela, donc je ne mérite pas ».
Ce pain-là possède un levain, qui fait monter notre pâte, nos désirs, notre estime de soi au-delà de toute maîtrise possible.
Le résultat on le connait, on se fait davantage confiance ou on fait davantage confiance à un ministre de Dieu et par là on devient suffisant, on ne cherche plus la face de Dieu, mais on multiplie les actions « saintes ».

Ne pensons pas que faire des actes généreux à répétition font de nous un meilleur croyant.

Nous ne faisons pas pour avoir un cœur, c’est notre cœur qui nous amène à faire.

Alors, c’est vrai, Jésus, donne un commandement nouveau: celui d’aimer les autres comme soi-même.

Mais le nœud du problème est bien là : comment s’aimer soi-même ?
Comment s’aimer autrement que dans le but de briller davantage ?

La réalité, c’est que le véritable amour de soi est incompatible avec la comparaison.
La comparaison ne peut être que subjective et partiale, donc faussée.

Pour aimer les autres, nous avons besoin de nous aimer tel que nous sommes réellement.

Cela demande un jugement, dans le sens de discerner l’état de notre cœur.
Cet acte correspond spirituellement à un tonnerre ; c’est le premier tonnerre. L’éclair qui jaillit alors de ce tonnerre illumine complètement notre être intérieur et nous nous voyons alors comme Christ nous voit.

Revenons au départ :
Dans les assemblées, rien de nouveau, on reproduit ce qui se faisait déjà à l’école. Le prédicateur pense vous encourager en disant : « Soyez la tête et non la queue !»
 Il reprend à sa manière (Deutéronome 28 :13), qui dit :
« L'Eternel fera de toi la tête et non la queue, tu seras toujours en haut et tu ne seras jamais en bas, lorsque tu obéiras aux commandements de l'Eternel, ton Dieu, que je te prescris aujourd'hui, lorsque tu les observeras et les mettras en pratique ».

Là aussi, qui ne se culpabilise pas avec ce passage en se sentant à la queue, inutile pour l’œuvre de Dieu parce qu’il est en bas ; ou au contraire, qui ne se sent pas pousser des ailes, parce qu’il se voit en haut à la tête ?

C’est le Saint-Esprit qui fait de nous la tête et non pas nous, à notre manière, et selon nos désirs.
Et la bénédiction ne ressemble sans doute pas à celle qu’imagine notre vieille nature, comme de briller sur les autres ou d’être dans une abondante sécurité matérielle).

« Fais de l’Eternel tes délices et il te donnera ce que ton cœur désire ».

Avec ce verset des Psaumes, les Eglises ont flatté les désirs charnels de leurs membres, en pointant en ligne de mire: la convoitise.
Qui n’a pas alors apprécié la réussite sociale des autres comme des bénédictions ?  
Qui ne s’est pas trompé de richesse en évaluant les signes extérieurs de richesse comme un sceau de Dieu sur des êtres en odeur de sainteté ?
Voilà la pensée fausse qui a été véhiculée alors : Comme ils ont fait de l’Eternel leur délice c’est normal, c’est logique, ils ont été exaucés. (Une bien triste interprétation du Psaume).

Alors, à quoi fait référence notre Seigneur quand il promet des bénédictions ?

On ne devrait même pas en parler… car l’Esprit saint en nous créé nos désirs.
Le cœur d’un disciple n’aspire pas à la fortune et à la gloire (même si les richesses matérielles ne lui sont pas exclues).
Il aime naturellement ce que son Père céleste désir et aime. Il aime les choses d’en haut, comme :
·       voir des gens se libérer de leur péché, de la maladie, de la souffrance.
·       voir le péché reculer et ne plus avoir d’effet dévastateur sur eux,
·        il aspire à voir sa famille recevoir le même héritage que lui, (l’héritage spirituel : c’est l’esprit saint et les fruits qu’il procure)
·       il se réjouit de partager une communion fraternelle vraie et authentique avec des frères et sœurs simples et sans masques.
Les victoires sont bien là, plus dans la qualité de nos relations que dans le chiffre et le nombre.
Remarquez bien une chose d’ailleurs, quand Dieu vient nous réveiller, il le fait dans un environnement presque hostile, avec une communion restreinte. On peut croire extérieurement à un abandon, alors que c’est un travail en profondeur qui se réalise.
Gédéon après avoir échappé à son propre lynchage collectif, a été préparé avec quelques membres de sa famille et une petite troupe de soldats réputés pour leur humilité.

Mais ce n’est pas fini…le poison de la comparaison va encore plus loin.

Le pire, je crois est d’avoir comparé Christ à ses disciples.

D’avoir mis Christ comme le maître et le disciple comme serviteur ; et à partir de là, d’ériger cette relation comme un dogme absolu, une certitude théologique.
Cette relation est fausse, Jésus lui-même affirme autre chose : « Le disciple n'est pas plus que le maître; mais tout disciple accompli sera comme son maître. »

Jésus annonce lui-même une finalité d’égalité et non de hiérarchie.

Le dogme religieux (qui a toujours eut un problème avec la pureté) part de la pureté du Fils né de l’esprit saint par une vierge… pour aller plus loin : il le rend incapable d’aucune souillure.
S’il est incapable de péché, alors pourquoi a-t-il appris bien qu’il fut Fils, l’obéissance au Père ; l’obéissance en souffrant, car c’est un homme, comme les autres après tout ?
« Il a été exaucé à cause de sa piété, a appris, bien qu'il fût Fils, l'obéissance par les choses qu'il a souffertes » (Hébreux 5 :7)
« Il a été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péchés. »(Hébreux 4 :15)

Pour nous, hommes et femmes pécheurs, même si le départ est différent (car nous ne sommes pas né par le Saint-Esprit d’une vierge), l’objectif reste le même : finir la course à égalité sur la ligne d’arrivée.
Car ce n’est pas pour Christ que nous courrons vers le but.
Ce n’est pas pour Christ que nous souffrons.
La différence est cruciale : c’est EN Christ que nous gagnons la course et c’est en Christ que nous souffrons.
Si nous faisons les choses avec lui, nous nous comparons à lui. Si nous les faisons en lui, nous nous épousons mutuellement.
Il n’y a aucune différence entre Christ et un disciple accompli, c’est une égalité parfaite.
Christ et son épouse c’est l’égalité parfaite.
« Christ en vous, disait Paul, l’espérance de la gloire »
Oui, Christ en nous, pour partager sa gloire. « afin de présenter à Dieu tout homme, devenu parfait en Christ »(Colossiens 1 :28).

Mais voilà, pour atteindre l’égalité avec lui, nous devons auparavant atteindre un autre but.
Cet autre but c’est l’équité.
L’équité ce n’est pas l’égalité. L’équité précède l’égalité
Je m’explique :
L’équité : c’est que nous devons au préalable vivre les mêmes souffrances, les mêmes injustices.
Parce que je le répète : nous ne devons pas souffrir pour lui mais bien : souffrir en lui.
Alors, pourquoi comparer ce que nous sommes, nous disciple impur mais purifié par Christ à Christ lui-même, qui est pur par essence et par naissance ?

A quoi sert concrètement cette comparaison, sinon à refuser de marcher sur le chemin de la purification ?

Toute doctrine religieuse a un but charnel.
Quand nous ouvrons les yeux sur ce but, nous y voyons le poison de la comparaison.

La comparaison, nous devons en être persuadé est née de l’esprit diabolique.
La comparaison est de naissance diabolique.

Un homme charnel sait en lui qu’il ne pourra jamais se soustraire au péché. Il aime trop ses fautes qu’il essaye de cacher par toutes sortes d’actes religieux.
Voir Christ parfait et inatteignable dans sa vie mortelle, a pour intention et effet de se protéger et de faire admettre l’impuissance à pouvoir devenir comme Christ, parfait, ici-bas.
Christ nous verrait-il parfait mais par la foi ? (un parfait en devenir, au ciel seulement ?)

Cette idéologie religieuse est en fait un aveu d’impuissance.

Qui est plus fort : la chair ou l’Esprit ?
Si la chair est plus forte, le Saint-Esprit n’est pas de grande utilité, la résurrection de Christ n’est alors pas meilleure que la loi mosaïque.

Non décidément, nous n’avons rien à voir avec cette idéologie restrictive.
Le but bien réel est d’être participant à la nature divine, d’atteindre la stature parfaite de Christ, pas une stature miniature ou incomplète, non la stature, c’est-à-dire : la position humaine, la hauteur de corps parfaite.

Mais comment vouloir atteindre la stature parfaite de Christ sans la vertu ?
Pierre le rappelle : Nous devons joindre, à la foi la vertu.
Tous ceux qui comparent (avec un but inavoué de se cacher) ont choisi une foi sans vertu. Une foi sans les actes.
La vertu c’est (nous dit le dictionnaire) « un comportement permanent et volontaire qui nous pousse vers le bien, et cela en dépit des obstacles ».

Alors en tenant compte de tout cela, cessons de comparer ce qui n’est pas comparable. Cessons de nous comparer nous qui aimons Christ et qui voulons faire sa volonté.
Notre Dieu veut une relation qui suit une évolution horizontale, égalitaire et non verticale et hiérarchisée.
La relation entre Jésus, Fils, Père et Saint-Esprit n’est qu’horizontale et nous devons devenir des disciples accomplis, comme notre maître et suivre cette logique dans nos rapports entre nous.
« Jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Éphésiens 4 :13)

Par conséquent, brisons le pain chaque jour en reconnaissant nos fautes ; reconnaissons nos actes de comparaison et bénissons le Seigneur qui nous permet d’être comme lui, un maître.
Amen

dimanche 27 janvier 2019

QUI SONT LES FILS D’ISRAEL AUJOURD’HUI ?

260
Par Éric Ruiz

Une pensée me venait fréquemment à l’esprit et me poussa à écrire, une question importante qui est: quelle est le sens profond du sacrifice de Jésus-Christ sur la croix ?
Parce qu’avant lui, Dieu avait fait alliance avec tous ceux qui étaient circoncis de cœur et de chair. Eux-seuls étaient sauvés. Il fallait être passé par le huitième jour et être rattaché de manière généalogique à la lignée d’Israël.
https://youtu.be/TSjCxebR1-k
Ce sont les fils d’Israël les sauvés d’autrefois ;
Et on le voit bien, même avec Ismaël, le but était d’être joint au bois de Juda, à la lignée royale, au figuier fertile.
Cela concernait une petite partie de la population mondiale, quand on y regarde bien. Une infime petite partie, une goutte d’eau dans la mer.
Alors, c’est vrai que des Philistins, des Amoréens, des Egyptiens, ou des Babyloniens ont été par alliance joints à cette race, à cette sainte famille (par circoncision, par mariage, adoption, droit de rachat, ou encore par serment, comme Abimelec au puits de Beersheba). Ils ont obtenu le même héritage.
Donc, des étrangers faisaient déjà office de nouveaux rachetés.

Mais, Jésus-Christ par son sacrifice n’a pas donné sa vie uniquement pour cette lignée ; Sinon il n’aurait fait que de faire perdurer ce qui existait déjà.

Le prophète Esaïe, prophète d’Israël, avait déjà, lui aussi, prophétiser (plus de 600 ans avant JC) cette chose incroyable au chapitre 45: 21
« Qui a prédit ces choses dès le commencement, Et depuis longtemps (qui) les a annoncées? N'est-ce pas moi, l'Eternel? Il n'y a point d'autre Dieu que moi, Je suis le seul Dieu juste et qui sauve. 22Tournez-vous vers moi, et vous serez sauvés, Vous tous qui êtes aux extrémités de la terre! Car je suis Dieu, et il n'y en a point d'autre…Tout genou fléchira devant moi, Toute langue jurera par moi…A lui viendront pour être confondus, tous ceux qui étaient irrités contre lui.»

Esaïe annonce quand même une chose incroyable ici : Jésus, le sauveur, son plan de rédemption, même pour ses ennemis …tout était déjà annoncé ; même par son nom Esaïe, Yesha‘yah en hébreu, l’Eternel a sauvé.
Pour sauver ceux qui sont aux extrémités de la terre, il fallait le recours à un rédempteur universel : LE Sacrifice perpétuel, l’agneau immolé sans défaut, pour le rachat des fautes de tous.

Donc, Jésus est comme le cite Esaïe, « tu es un Dieu qui te cache, Dieu d’Israël sauveur ! » (Esaïe 45 :15)
C’est pour cela que le fils de Dieu a été beaucoup plus loin ; que de se sacrifier pour un peuple ; Il s’est livré pour tous.
Voilà le médiateur d’une alliance nouvelle.
« Tous » signifient aussi bien les habitants du pôle nord : les Inuits, que ceux vivants au fin fond de la brousse amazonienne, comme la tribu des Mashco-Piro, une tribu coupée du reste du monde.
Donc, tous les descendants d’Abraham, tous les êtres humains sans exception, ont cette porte ouverte vers le ciel, par l’œuvre de la croix.
Mais Esaïe finit son chapitre 45 par : « Par l'Eternel seront justifiés et glorifiés tous les descendants d'Israël »

Esaïe revient encore sur Israël et sur ses descendants. Pourquoi ? (alors qu’il prophétise pour tout le monde)
Non, il ne montre pas une Israël souveraine et dominatrice sur les peuples étrangers comme le pense la majorité.
N’est-il pas plutôt en train de montrer une nouvelle descendance à Israël, une Israël planétaire ? Et disons-le : c’est une (La) Bonne Nouvelle pour tous.
La religion juive y a vu plutôt une conquête. Les juifs se sont alors mis en tête qu’ils iront conquérir le monde pour que le judaïsme devienne universel ; et dans la foulée toutes les religions ont eu cette intention majeure de conquête (mais avec un but inavoué, parce qu’inavouable : faire des serviteurs, des gens assujettis, des esclaves).
Les juifs, s’est vrai, ne font pas de prosélytisme, ni de campagne d’évangélisation.
Non, ils cherchent au contraire à se regrouper entre eux.
Mais à partir des différentes diasporas, ils ont investi des places privilégiées, des postes clés dans le monde entier (banquiers, hommes d’Etat, politiciens, journalistes, commerçants, show-business…).
Leur réputation de gens riches et de gens de pouvoir leur colle aujourd’hui à la peau ;
Mais, leur renommée penchent en leur défaveur (le courant sioniste, qui est né à partir de l’exil des juifs et de la constitution de leur nouvel état d’Israël en 1948 constitue aux yeux de beaucoup un mouvement complotiste, dominateur, qui vise un seul but : diriger le monde).

Les juifs en rejetant Christ, n’ont pas vu une chose très importante.
Les juifs (comme les autres mouvements religieux d’ailleurs) n’ont pas discerné que c’est le Saint-Esprit qui est devenu universel. Et que sans le sacrifice de Jésus cela n’aurait jamais pu être possible (sans Jésus, pas de Saint-Esprit).

Jésus le dit lui-même dans Jean 16 :« Cependant je vous dis la vérité: il vous est avantageux que je m'en aille, car si je ne m'en vais pas, le consolateur (le Saint-Esprit) ne viendra pas vers vous; mais, si je m'en vais, je vous l'enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra ( qui les judéens, les juifs ? non) le monde…». Le monde c’est le grec « Kosmos » ; c’est le monde entier au-delà des frontières naturelles et humaines.

Ce ne sont pas des disciples ou pire une religion quelconque qui va convaincre le monde, mais le Saint-Esprit appelé le consolateur.
Pourquoi ce nom de consolateur ?
Parce qu’en venant sauver, le Saint-Esprit vient d’abord consoler les cœurs brisés (il ramène le cœur des pères à leurs enfants, en essuyant les yeux des enfants qui se convertissent).

En fait, cette vision des choses n’est pas si évidente que l’on croit (elle n’est pas du tout évidente même).

Elle n’a pas été un simple « amen » pour Pierre.
L’apôtre Pierre, lui, pourtant si proche du Seigneur, n’avait pas vu venir Corneille.
Il n’avait pas vu la possibilité que ce chef militaire romain puisse être touché par l’Esprit Saint.
Pierre ne concevait pas un salut ailleurs qu’en Judée ou un salut pour d’autres que des Judéens.
Pourtant il avait lu les rouleaux d’Esaïe, il avait vu Jésus s’asseoir au côté d’une femme de Samarie, alors que le judaïsme rejette toute relation avec un étranger non circoncis (et de surcroît une étrangère).
Et même s’il n’a posé aucune question à Jésus de cette situation (équivoque pour lui), les échanges entre Jésus et la femme samaritaine, ont dû remontées jusqu’à ses oreilles, vus que cela figure dans les évangiles et que Jean l’a rapporté. Et puis la bonne nouvelle c’est que le salut est pour tous ; c’est le fond des Évangiles (non ?...).
Mais Pierre semble être vraiment passé à côté de ce fond-là.

D’ailleurs, Pierre, avait-il vraiment compris quand Jésus a dit à la femme de Samarie : « Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père » (Jean 4 :21) ?

Avait-il compris qu’en disant cela, Jésus montrait que le salut et l’adoration se feraient partout où se trouve un cœur brisé qui invoque le Seigneur ?

Pas besoin d’être à Jérusalem ou là où se trouvent des judéens pour être dans la vérité ; en fait, il n’y a plus de capitale de la foi, de lieu plus saint qu’un autre et par extension il n’existe plus un peuple identifié par sa généalogie, ou par une marque physique visible comme l’est la circoncision (ou encore comme se verrait un sceau marqué sur le front des serviteurs de Dieu, Apocalypse 7 :3) ?
Pierre, je pense, avait compris le verset 22, comme un verset qui décrit clairement et qui confirme un peuple élu : les juifs (les judéens) «  Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs (judéens) ».

Oui au départ le salut provient de ce peuple mais après…
Au verset 23, que dit Jésus ?

Le fils de Dieu va insister sans le dire ouvertement, sur un changement de chandelier, qui passe par d’autres mains : Nous avons lu au verset 22 que nous adorons ce que nous connaissons, mais c’est en partie seulement que nous connaissons. Donc l’adoration des judéens est partielle, elle aussi… alors qui sont les vrais adorateurs ?
Jésus y répond (verset 23) :

« Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité ». 

Jean insiste (on le voit bien) sur l’esprit l’adoration et la vérité.
Pourquoi ?
Pour montrer et remontrer que le chandelier passe bien par de nouveaux adorateurs qui témoignent de leur élection par l’esprit (l’esprit qu’ils ont reçu) et par la vérité (la vérité qu’ils manifestent) ; et plus du tout par la chair.

Voilà la vérité :

L’esprit a supplanté la chair.
Les marques extérieures visibles (de la chair) ont laissé place aux marques intérieures invisibles (de l’esprit).
C’est l’esprit qui règne en maître absolu.
La chair a disparu… cela veut dire qu’on ne peut plus voir (discerner, juger) un peuple sanctifié, au travers de ses traditions, de sa religion ou à partir de sa généalogie et même plus :on ne peut plus voir un peuple saint par le nom du Dieu qu’ils disent adorer), ce temps-là est révolu.

Et ce discernement n’est que spirituel, la preuve : cela n’a même pas suffi à Pierre pour le convaincre, puisque Dieu lui envoya une vision pour l’aider à réaliser le caractère universel du salut.
Après sa vision et son interprétation, Pierre dira,  Actes 10 :28 : « Dieu m'a montré qu'il ne faut déclarer aucun être humain souillé ou impur ». 

Oui, tout être humain a le droit de devenir pur ;
Oui, l’Eglise est universelle, mais elle n’est pas catholique ; elle ne porte aucun nom, car elle est cachée en Christ et non dans une organisation déclarée officiellement.
Jésus, en donnant les clés du royaume à Pierre, ne lui a pas donné une forme d’organisation qui va avec.

Il lui a donné un mode de relation à avoir avec les autres et un mode de relation à avoir avec le Saint-Esprit, c’est tout, un point c’est tout. (Un mode de relation, pas un mode d’organisation).

C’est le cœur humain qui cherche une organisation, surtout quand il perd sa paix et qu’il ne se sent plus en sécurité.
A ce moment-là, il refuse de marcher sur l’eau et préfère organiser la traversée en la sécurisant lui-même.

L’organisation : c’est le bateau et son équipage qui ensemble cherchent la sécurité dans la tempête et dans l’épreuve.
Jésus, lui, veut autre chose, il souhaite simplement que l’on soit disponible pour traverser les eaux comme lui, l’entend.
Dans la tempête, Jésus dort. Il ne se soucie nullement des conséquences. Peu importe qui tient la barre, aucune importance de savoir si l’équipage est bien formé et si la tempête est surmontable ou pas.

Cela n’a rien à voir avec les Eglises que nous connaissons.
La première chose qui est instituée c’est l’ordre des réunions et la nomination du prédicateur… et aussi la crainte de l’épreuve qui tourne en boucle comme sujet d’inquiétude et de prière principal.
Il y a bien, ici, une organisation qui est terrestre et non céleste.

Pourquoi Dieu n’est jamais aussi près de ceux qui ont les cœurs brisés (Psaumes 34 :18) ?

Eh bien, parce ces cœurs-là ont cessé de se sécuriser avec leur entourage. Ils sont nus et abandonnés. Ils ne se rattachent plus à rien ; ils ne croient plus dans l’homme, ni en eux ; c’est là leur force. Ils sont forts et puissants parce qu’ils deviennent enfin disponibles, pour l’Esprit saint.

Par conséquent, quel intérêt existe-t-il dans les actes de ceux qui se réclament chrétien, mais qui restent attachés à des pratiques judaïques, à des traditions chrétiennes, (et on le sait) à des coutumes païennes ou encore attachés à des symboles tirées des différentes religions ?

C’est encore une fois Jésus-Christ qui vient rattacher lui-même un peuple (ou plutôt une femme par ci, un homme par-là) au bois de Juda, comme les gentils, les païens, tous ceux qui semblent être aux antipodes du « bon croyant bien correct ».

Les fils d’Israël sont des croyants, oui, mais ce sont des croyants que l’Esprit saint a sélectionnés, lui et lui seul.

La chair et les marques visibles ont disparu à jamais avec Jésus-Christ.
La marque, le sceau de Dieu sur les vrais croyants reste imperceptible par nos sens, (invisible).
Jésus en a parlé indirectement à un autre moment important : juste avant la crucifixion, lors du repas pascal.
Quand il dit à ses apôtres de se souvenir de lui en rompant le pain et en buvant le vin, il ne dit rien de moins que : là où seront les corps brisés, là où s’assembleront ceux qui sacrifient la chair pour l’esprit et qui feront alliance par son sang, (qui seront prêt à donner leur vie pour leur foi) là seront les fils d’Israël.

Cette marque n’est pas révélée à ceux qui ne croient pas, mais pour ceux qui croient, elle est évidente : C’est à l’arbre que l’on reconnait le fruit.

Comme l’a très bien expliqué Paul : le spirituel ne vient jamais en premier. C’est le naturel, l’animal d’abord.
La chair est venue en premier juger avec Adam (premier homme déchu, premier homme animal), puis avec Moïse qui jugeait au moyen de l’animal immolé (le pardon des péchés s’obtenait par le sang animal).
L’esprit vient ensuite juger avec Jésus-Christ qui a lui-même remplacé l’animal, l’agneau.
Le premier Adam, le premier homme était terrestre et devait se juger à travers les lois terrestres.
Le deuxième Adam est spirituel, il ne se juge que par l’esprit, et donc ne se laisse pas juger par la chair (les hommes charnels).

On comprend mieux maintenant jusqu’où voulait en venir Paul dans 1 Corinthiens 2 :14 « Mais l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui, et il ne peut les connaître, parce que c'est spirituellement qu'on en juge. L'homme spirituel, au contraire, juge de tout, et il n'est lui-même jugé par personne. Car qui a connu la pensée du Seigneur, pour l'instruire? Or nous, nous avons la pensée de Christ ».

Voilà la folie des croyants qui se croient sage et intelligent et qui viennent juger avec la chair ce qui n’est compréhensible qu’avec l’esprit.
Ils devraient reconnaître leur ignorance, mais leur arrogance ne montre-t-elle pas qu’ils sont encore sous le sang animal et non sous celui de Christ ? Ou bien, qu’ils sont guidés par les lois terrestres et non par les lois célestes ?
Poursuivons :
« Et de même que nous avons porté l'image du terrestre, nous porterons aussi l'image du céleste » (1Corinthiens 15 :49).
Une image terrestre est visible par des êtres terrestres, tandis qu’une image céleste ne peut être visible que par des êtres célestes.
Nous sommes devenus des êtres célestes en Jésus-Christ, même si malgré notre apparence nous restons terrestres.

A quoi sert de savoir tout cela ?

C’est fondamental : 
Pour en revenir à l’exemple du bateau : notre barreur, notre équipage n’est pas d’ordre terrestre, il est d’abord céleste. C’est le Saint-Esprit, c’est lui et lui seul le maitre à bord.
Si ce n’est pas le cas, c’est que vous portez encore l’image du terrestre et que vous jugez tout par rapport à cette image qui est complètement dépassée. Vous cherchez alors un peuple plus saint qu’un autre pour vous y rattacher ; pour vous sécuriser.

Une dernière question :
Alors puisque c’est le Saint-Esprit qui rassemble, quel est notre travail ? Qu’avons-nous à faire comme travail dans sa vigne ?
Surtout, n’essayons pas de greffer de nouveaux sarments. C’est lui (le Saint-Esprit) qui fait des disciples.
La greffe elle peut prendre ou au contraire échouer ; et ce n’est pas à l’homme de s’acharner pour qu’elle prenne. Enseigner, c’est tout autre chose. Enseigner, c’est entretenir.
Nous avons à entretenir la vigne, enlever les mauvaises herbes (les mauvaises pensées) de soi-même d’abord puis de notre frère et de notre sœur ; tailler les pousses (se séparer des habitudes humaines), récolter les fruits (montrer le caractère du disciple) et bien-sûr arroser continuellement le plan de vigne avec une eau pure venant du ciel, la parole de Dieu révélée pour notre temps, et transmise par le Saint-Esprit aux apôtres.

Nous avons la pensée du Seigneur pour nous instruire, et les fruits que nous portons, c’est eux qui témoignent de la réussite ou non de notre greffe, qui révèlent si nous sommes bien fils d’Israël.
Amen

dimanche 20 janvier 2019

BRISONS NOS CŒURS !


259
Par Eric Ruiz

Ce commandement est plus que d’actualité, c’est urgent ; c’est la première œuvre de justice à faire.

Mais…
Briser son cœur, que cela veut-il bien vouloir dire ?

Le cœur est souvent pris un peu à la dérision chez beaucoup de personnes. On l’associe soit à un organe vital (et là, il est plus que respectable) soit au siège des sentiments amoureux.

« Je t’aime de tout mon cœur » :

https://youtu.be/FXEOyDSfMOw
Une expression qui veut dire en fait je t’aime passionnément ou de tout mon être.
L’amour exprimé avec le cœur a longtemps été la caractéristique du sentiment féminin. Comme s’il était honteux pour un homme de l’avouer.
Montrer l’état amoureux de son cœur a longtemps été considéré comme un moment de faiblesse pour l’homme dont la morale a toujours minimisée le cœur (fait pour la femme, qui est faible) alors que l’esprit, supérieur (est fait pour l’homme fort).

Au moment où j’ai commencé à écrire ce message, je suis tombé sur une pub d’une émission de télé réalité : «  la villa des cœurs brisés » ; on devrait plutôt dire « la villa des faux cœurs brisés »
Non, un cœur brisé n’a rien à voir avec ces jeunes séducteurs qui ont subi une déception amoureuse peut-être, mais qui tournent rapidement la page puisqu’ils sont en quête d’une nouvelle relation amoureuse dont l’aspect superficiel trahi leurs désirs complètement charnels.
Un cœur brisé c’est beaucoup plus profond que cela.

Mais d’abord, pourquoi doit-on briser ce cœur ?
Faut-il absolument avoir vécu une déception amoureuse qui nous aurait complètement anéanti ?

Le cœur (il faut bien le comprendre) a un sens : celui  d’être le siège de nos émotions, de nos affects.
Tout l’affectif passe par ce centre, qui influence bien-sûr l’état de notre âme.
Car le siège de l’affectivité ne se trouve pas forcément quelque part dans une zone bien précise de notre cerveau. Il concerne notre être en entier.

Le dictionnaire Larousse nous dit : que notre cœur renferme, lui, un mode de connaissance intuitif opposé généralement à l’intelligence rationnelle, rigoureuse et logique.
Il y aurait donc une manière spéciale de penser avec le cœur.
Une intelligence du cœur ; vous savez, cette réplique bien connue : « c’est mon cœur qui me le dit »

Il y a donc une vérité à chercher, mais avec son cœur et non avec son esprit.

Les grands écrivains de la littérature française qui proclamaient que « les grandes pensées viennent du cœur » avaient compris qu’il existe un chemin irrationnel menant à la vérité.
Le célèbre écrivain français Pascal avait donné sa définition de la foi en disant que « c’est le cœur qui sent Dieu et non la raison » Dieu était selon lui plus sensible au cœur qu’à la raison : «  le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas ».

Alors, j’en reviens à la question du brisement qui est essentielle dans la Bible.
Le prophète Joël en donne même un commandement salutaire.
(Joël 2 :13) « Déchirez vos cœurs et non vos vêtements, Et revenez à l'Eternel, votre Dieu; Car il est compatissant et miséricordieux, lent à la colère et riche en bonté, Et il se repent des maux qu'il envoie ».
Psaume 34 :18 : « L'Eternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, Et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement ».

Pourquoi doit-on déchirez ou briser cette partie intuitive, affective qui est en nous ?

Parce que cette partie (écoutez bien) est une infidèle, elle est adultère, elle nous a trahi.
Elle nous a fait croire qu’elle était notre amie en nous occasionnant de la joie, du bien-être, du bonheur aussi, mais c’est tout l’inverse qu’elle nous à donner en réalité. Elle nous a dominé de façon même tyrannique ;
Et briser son cœur revient à se libérer,  même de manière brutale, des liens de cet esclavage forcé.

Oui, il nous faut passer par une déception amoureuse forte ; Oui la peine de cœur est un chemin libérateur (seulement s’il nous amène à invoquer le nom du Seigneur sur nos vies).

Nous devons dans la réalité, réaliser que notre malheur provient de notre cœur (pas de notre raison).

Nous devons prendre conscience qu’il est instable et qu’il ne nous révèle pas toujours la vérité, mais nous pousse à mentir, à changer nos raisonnements rationnels pour des choix auxquels nous n’avons jamais adhéré.
Notre motivation, notre détermination à agir va alors montrer l’inverse de ce que nous sommes.

 L’apôtre Paul l’exprimait ainsi : «  je ne sais pas ce que je fais: je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais…Et maintenant ce n'est plus moi qui le fais, mais c'est le péché qui habite en moi ».
Un exemple : nous pouvons mentir, trahir poussé par notre cœur, alors que notre raison nous l’a toujours interdit.

A partir de là, il est évident que va se développer une déception ; un sentiment affligé et accusateur, en nous.

Cette déception répétée, intensifiée va produire alors un abattement profond, un effondrement qui se nomme aujourd’hui : DÉPRESSION.

La dépression c’est une maladie reconnue, déclarée et soignée médicalement.
Pourtant, force est de constater que tous les remèdes ne sont qu’un sparadrap sur une jambe de bois et que si vous chassez le cœur naturel, il revient au galop, quelque temps plus tard.

La dépression pour de nombreuses personnes hélas, n’a été qu’un constat de départ et une cause de départ. Ils sont partis dans la mort avec elle. Ils n’ont jamais réussi à s’en séparer.

Pourquoi ?
Parce que la dépression n’aurai pas dû être un état final… mais un commencement.
C’est, en fait, le début d’un changement.

Le prophète Joël,  nous montre que c’est en brisant ce cœur, que nous rencontrons l’amour de Dieu. C’est celui du départ, celui que nous avons toujours connu, qui est l’état de notre cœur d’origine.
C’est pourquoi, le prophète dit « revenez à l’Eternel » !

Briser son cœur : c’est alors s‘apercevoir que nous nous sommes trompés d’être aimé.
·       Nous avons aimé quelqu’un d’autre qui n’est pas notre âme sœur.
·       Nous avons aimé un reflet de nous-mêmes.
·       Nous nous sommes aimés nous-mêmes.
·       Nous avons préféré notre être à Dieu.
·       Nous avons idolâtré la création au lieu du créateur. Voilà l’infidélité de notre cœur.
Et cette infidélité ne date pas d’hier.

Paul dit : «  Ce qui est bon, je le sais, n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans ma chair: j'ai la volonté, mais non le pouvoir de faire le bien ».

Donc, Dieu ne nous demande pas de faire des efforts pour changer de cœur, il ne nous demande pas de nous détourner de ce qu’il y a de mauvais dans notre cœur ; il sait que c’est impossible ; (et c’est la religion qui nous fait croire que oui, oui on peut par la volonté se changer);
Alors que Jésus insiste en nous donnant une image claire lorsqu’il prend l’exemple du tissus neuf que l’on vient de coudre sur un vêtement usé et qui se déchirera tôt ou tard, à nouveau bien-sûr, alors que la solution est tout simplement d’avoir un vêtement neuf.

Non, Dieu nous change lui-même ce cœur, mais à une seule condition : c’est qu’il soit brisé ; mis en pièces, immolé, sacrifié pour lui.

Pourquoi le briser à ce point ?

Parce que Jésus vient sauver ce cœur, lorsqu’il est complètement perdu et détruit.

« Misérable que je suis! Qui me délivrera du corps de cette mort? », s’insurge Paul.

Jésus-Christ, le fils de Dieu est mort sur la croix dans ce but.
Il a cloué aussi notre cœur sur la croix (votre cœur).
Mais il ne peut le faire à votre place.
En clair, il le fait avec nous, avec vous et pour vous si vous le faite en premier.
Il ne vient pas vous obliger à faire.
Il vient vous accompagner dans votre décision.
Où trouve-t-on cette explication dans la Bible ?

C’est dans le livre du Lévitique ; cela concerne la loi sur le sacrifice d’expiation, qui a pour but le pardon de nos péchés.
Lévitique 6 à partir du verset 17.
Cette « chose très sainte » (c’est comme cela qu’elle est nommée au verset 22), se pratiquait devant la tente d’assignation, là, où le sacrificateur faisait cuire la viande sacrifiée ; et au verset 21, on lit : « le vase de terre dans lequel elle aura cuit, sera brisé ».
La viande sacrifiée qui est consumée et mangée par le sacrificateur représente tout ce qui sort de mauvais de notre cœur ; et ce vase de terre, c’est notre cœur, qui contient toutes sortes de pensées impures, et qui est brisé à la fin.

Alors…
« Pourquoi mon Dieu m’as-tu abandonné ? »
C’est ce que criait Jésus, crucifié à la neuvième heure.

Mais, Jésus à la neuvième heure ne criait pas seul ce soir-là.
C’est aussi notre cri de désespoir au moment où notre cœur se brise.
Notre cri pose la question un peu différemment : « Mon cœur pourquoi m’as-tu abandonné ? » ou « Mon cœur divin pourquoi m’as-tu abandonné ? »  Pourquoi avons-nous eu un cœur différent de celui que nous avions reçu à l’origine, ce cœur divin ? Puisque le psalmiste dit que Dieu l’avait formé dans le ventre de sa mère et qu’il était à ce moment-là son Dieu (Psaume 22)

La réponse nous l’a connaissons : C’est nous qui avons abandonné Dieu en désobéissant à ces commandements, déjà dans le jardin d’Eden en Adam et Ève. C’est nous qui avons choisi un cœur de péché.

Maintenant pourquoi Jésus criait-t-il, lui, le fils de Dieu, sans péchés
« Pourquoi mon Dieu m’as-tu abandonné ? », alors qu’il avait un cœur pur ?

Croyez-vous que son cœur soit si pur que cela à cette neuvième heure ?

Je vais dire quelque chose qui apparaît comme un outrage pour une majorité de chrétiens, mais le cœur de Jésus était encore plus impur que le mien ou le vôtre (à la neuvième heure).
Car son cœur lui aussi a été changé.
Mais à l’inverse du nôtre, d’un cœur pur il est devenu impur.
N’oublions pas qu’il s’est chargé de nos péchés, qu’il est venu porter nos iniquités sur la croix ; toutes les iniquités, de tout le monde.
Esaïe 53 :6 : « Et l'Eternel a fait retomber sur lui l'iniquité de nous tous ».
Il a eu à ce moment précis tous les péchés en lui, pour mourir avec eux.
C’est bien pourquoi, il se sent abandonné de son Père, séparé de lui, par le péché qu’il porte.
Jésus se trouve à sa mort dans un état inacceptable, son temple est souillé.
Même à sa résurrection, il avait toujours ce cœur chargé de péchés puisqu’il ne voulait pas que Marie de Magdala le touche, parce qu’il n’était pas encore monté vers le Père (Jean 20 :17). Ce n’est qu’ensuite qu’il est remonté vers son Père pour que son cœur redevienne pur.
Maintenant, il est pur, car il est assis à la droite du Père.
Je vous dis tout cela pour en arriver aussi à ce point précis :
Qu’il est faux de croire, et que c’est une grave hérésie de penser : qu’on peut accepter Jésus dans son cœur, qu’on peut s’abandonner à lui, qu’on est en mesure de l’accepter comme son sauveur personnel, juste par une simple prière ou en levant nos mains au ciel, en signe de louange.

« Prions le Seigneur pour que ceux qui lèvent la main accepte Jésus dans leur cœur aujourd’hui, qu’il l’accepte comme leur sauveur et Seigneur ».

Tant de prières (de fausses prières) et de louanges (de fausses louanges) montent vers Dieu dans ce sens alors, que nous ne devons jamais demander cela, ni pour nous, ni pour aucune personne.

Jésus ne nous accepte pas dans notre état d’origine (un état où par la chair nous sommes esclave et prisonnier du péché).
Même si vous l’invoquez, vous l’incommodez au plus fort, votre odeur lui est insupportable ; il ne vient pas habiter votre cœur, il vient le changer une fois qu’il a été brisé, c’est bien différent.
Il vient ressusciter ce qui doit mourir en premier. Il est le Dieu de la résurrection, pas celui de l’amendement, du perfectionnement. Il ne vient pas réformer, il ne nous rend pas meilleur, il nous rend nouveau.

Je le répète, Dieu pour nous est intouchable, la relation avec lui est impossible ; il est trop haut, trop saint, trop pur et nous, nous sommes trop bas, trop vil, trop impur… sauf ( et voilà la condition) si l’homme a contrit son cœur (si le sacrifice d’expiation a été fait).
Contrir : c’est le mot hébreu « dakka » qui a le sens aussi de poussière… le cœur poussière.
Nous devons renaître à partir de la poussière, donc à partir de rien.
Alors briser son cœur n’est pas une mince affaire ; puisqu’à ce moment précis il ne devrais plus y avoir grand-chose, et même rien qui nous rattache à la vie et au monde dans lequel nous vivons ; tout est alors devenu fade, insipide, insupportable.

David dans le Psaumes 23 disait : « je ne crains aucun mal dans la vallée de l’ombre de la mort ».
Ézéchiel quant à lui, fut transporté en esprit dans cette vallée de la mort. Il y a vu des ossements nombreux et desséchés.   En fait, Il y a vu des cœurs morts, détruits à cause de leur nature charnelle.
 Que lui as dit l’esprit de Dieu ?
Ézéchiel 37 : 4 : « Prophétise sur ces os, et dis-leur: Ossements desséchés, écoutez la parole de l'Eternel! Ainsi parle le Seigneur, l'Eternel, à ces os: Voici, je vais faire entrer en vous un esprit, et vous vivrez; ….je mettrai en vous un esprit, et vous vivrez. Et vous saurez que je suis l'Eternel.»
« …10Je prophétisai, selon l'ordre qu'il m'avait donné. Et l'esprit entra en eux, et ils reprirent vie, et ils se tinrent sur leurs pieds: c'était une armée nombreuse, très nombreuse ».

L’armée de Dieu a été morte avant d’être vivante. Et cette armée une fois vivante ne craint plus aucun mal.

Le roi David ne craignait aucun mal dans la vallée de la mort, car il savait qu’avec le cœur de Dieu le mal serait anéanti.
Et comme le confirme la prophétie d’Ezéchiel, c’est l’esprit divin qui souffle sur les os et sur les cœurs contrits.

Parce qu’il faut le dire et le redire : le sacrifice de Jésus-Christ ne peut rien face à un cœur qui reste humain, déchu, sa condamnation, la mort, le poursuit.

« Car ainsi parle le Très-Haut, Dont la demeure est éternelle et dont le nom est saint: J'habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; Mais je suis avec l'homme contrit et humilié, Afin de ranimer (ressusciter)  les esprits humiliés, Afin de ranimer les cœurs contrits » (Esaïe 57 :15).

Jésus revient pour cela, en faisant quoi exactement ?

En faisant ce que Malachie prophétisait au chapitre 4 :5 en « ramenant le cœur des pères à leurs enfants »
C’est-à-dire : en révélant ce qu’était exactement ce cœur qu’avaient nos ancêtres dans la foi, nos pères dans la foi. Le cœur de Jean une fois contrit et apôtre a été changé. Eh bien le nôtre doit suivre le même chemin. L’onction sainte des prophètes est dans l’impatience de couler sur de nouveaux cœurs comme les leurs.

Mais Malachie prophétise  aussi « qu’il ramènera le cœur des enfants à leurs pères ».

Il y a une filiation divine qui se fait uniquement par le cœur et non par la raison rappelons-le. Et cette filiation commence à partir du brisement, pas avant.

Alors dernière question : cet état de brisement est-il unique, ou doit-on repasser régulièrement par lui ?

Lisons ou relisons Lévitique 6 :21
«Le vase de terre dans lequel elle aura cuit sera brisé (elle, c’est la viande sacrifiée), si c’est dans un vase d’airain, qu’elle a cuit, il sera nettoyé et lavé dans l’eau. »
Curieusement, il y a deux réceptacles, deux ustensiles utilisés ici : un, en terre et un autre en airain.
Le vase de terre est voué à la destruction, il est vil, n’a aucune valeur, c’est notre vielle nature. C’est lui qui est utilisé en premier.
Le vase d’airain, lui, est en bronze, c’est un métal sacré, un vase qui possède de la valeur, c’est une œuvre d’art, puisque ce métal est travaillé, sculpté. Il porte même en lui des symboles de justice ; Ce vase de métal précieux est utilisable et réutilisable à l’infini car il est résistant ; il ne se détériore pas avec le temps qui passe (les pièces de monnaies étaient souvent faites en bronze).
Donc ce vase d’airain sera utilisé lors des prochaines expiations.

Alors, je dirais ceci :
Au départ, en tout premier, nous devons briser ce vase de terre qui représente notre cœur déchu, mais ensuite, nous devons aussi régulièrement laver notre nouveau cœur en bronze en nous repentant et en y brûlant ce qui attaque ou nuit à nôtre consécration.

Voilà comment cette loi d’expiation doit être vécue aujourd’hui pour nous qui avons le souci de suivre Christ et de nous préparer à son avènement.
Amen