dimanche 12 juillet 2020

LES HOMMES DE L’OMBRE (qui tire les ficelles ?)

339

Par Eric Ruiz

Les chrétiens aujourd’hui reçoivent un commandement de leur responsables : « c’est la fin du temps des nations, nous devons annoncer l’Evangile, nous devons prêcher partout que Christ revient ! »


Prêcher, d’accord, mais quel Evangile ?
Est-ce celui de se repentir et de se tourner vers Christ ?
D’accord… mais pourquoi ceux qui annoncent l’Evangile sont-ils autant concernés que les autres ?
Jean-Baptiste ne prêchait-il pas lui aussi la venue de Christ ?
Bizarre, car il ne l’annonçait pas du tout comme le prêche aujourd’hui les chrétiens.
Lui, il disait :

Déjà la cognée (la hache) est mise à la racine des arbres: tout arbre donc qui ne produit pas de bons fruits sera coupé et jeté au feu."

Cet avertissement du prophète est devenu célèbre et a traversé les siècles en passant même dans nos expressions courantes pour signifier : commencer un travail de démolition.

Est-il nécessaire d'expliquer ce verset alors que la métaphore est si claire ?
L'arbre, on le sait bien, a pris le rôle d'un autre.
Il faut rappeler le contexte de cet avertissement funeste :
"Voyant venir à son baptême beaucoup de pharisiens et de sadducéens, Jean-Baptiste leur dit: Races de vipères, qui vous a appris à fuir la colère à venir?"

Voilà ce que voit venir à lui le prophète : des arbres de l’ombre, des hommes de l’ombre. Ils ont une noirceur qu’ils essaient de dissimuler. Cette noirceur c’est : L'INIQUITÉ.

L’homme de l’ombre (comme la femme aussi) agit caché, son feuillage est épais et imposant et il produit en proportion une ombre tout aussi importante.
Cette ombre qu’ils ont avec eux, c’est l’iniquité qui se multiplie et produit ses effets : une colère animée par un jugement divin.
Dans le concret :
« L’impie est brisé comme un arbre » (Job 24 :20)
L’impie ici, c’est le même mot hébreu qu’ iniquité :  « ‘evel » ;
Donc, c’est la même signification.
  • L'iniquité qu’est-ce que c’est ?

Bien-sûr l'iniquité est pécher, mais c'est une forme particulière du péché.
Le péché c’est la désobéissance envers Dieu.
L’iniquité, quant à elle, fait appel à l’injustice. C’est une personne qui connait le droit, le droit divin, mais qui pratique son propre droit. L’iniquité renvoie donc à la corruption.

Les pharisiens et les sadducéens connaissaient la loi de Moïse, mais quand ils se présentent devant Jean-Baptiste, leur hypocrisie est nauséabonde. Ils sont corrompus, car derrière leur allure de « saints hommes » se cachent des intentions malhonnêtes.
Mais comment est brisé celui qui commet l’iniquité ?
On nous dit qu’il est brisé comme un arbre.
La cognée quand elle frappe, va créer à un moment donné un bruit impressionnant : l’arbre craque avant de tomber ; les craquements, ce sont les bruits de scandales que nous entendons qui retentissent si fort.

De nos jours cette expression : « la cognée est mise à la racine des arbres » est encore plus d’actualité : Notre société est qualifiée de corrompue, mais pas en partie, de A à Z.
Elle est vomissable et les derniers événements liés au Covid-19 n’ont fait que de donner de l’eau à ce moulin immonde.
Ne vous-y trompez pas les premiers concernés sont les croyants eux-mêmes. « Pharisiens et sadducéens » ont des noms différents au vingt et unième siècle, c‘est : catholiques, protestants, évangéliques, mormons, orthodoxe, juifs, etc.. des centaines et des centaines de dénominations.
Mais le jugement s’abat en premier sur la maison de Dieu.
Celui qui est corrompu et qui par son impunité se croit saint est en danger de mort. De mort physique et de mort spirituelle.
Jésus, appelle ceux qui pratiquent l’iniquité : des voleurs.
Le voleur dans ce cas-là agit en mercenaire dans un troupeau. Il s’empare de quelques brebis perdus et fait fuir les autres (parabole de la porte et du bon berger de Jean 10).

Alors, on voit déjà un peu partout quelques arbres tomber ; c’est un juste retour des choses (c’est vrai).
Car, après avoir égaré certaines brebis et fait fuir les autres, les voilà eux-mêmes perdus, abandonnés et obligés de fuir ; ce sont des prédicateurs qui perdent leurs églises, des prêtres obligés de démissionner, puis emprisonnés pour pédophilie, des pasteurs traînés en justice pour avoir détourner l’argent du culte à leur profit, ou fait du blanchiment d’argent etc, etc

Mais c’est juste l'arbre qui cache la forêt.

Pourquoi ?
Parce que l’iniquité a frappé beaucoup plus de monde qu’on le pense et pas seulement les têtes d’affiche.
  • Les hommes de l’ombre

Comme je le disais, il y a des hommes de l’ombre, comme des femmes de l’ombre et tous ces gens agissent incognito, en sous-main, ils sont légions. Mais on ne les connait pas, ou très peu, ils n’ont, en fait, pas officiellement la fonction qu’ils exercent et passent pour des saints, pour des personnes providentielles, des bienfaiteurs.
Pourtant, bien souvent ce sont eux qui donnent les idées, qui inspirent les pires stratégies, qui ont les cartes en main et qui poussent à la décision, leur supérieur ; ce sont eux souvent les plus iniques.
Le premier homme de l’Elysée on le sait ne fait rien sans les conseils d’un groupe de conseillers, comme aussi sans l’appui de son chef de cabinet, qui lui-même tient conseil d’autrui.
Qui tire les ficelles, alors ?
Des hommes de l’ombre.

Le parrain, le chef de la mafia a ses informateurs, ses agents doubles, ses infiltrés, qui sans faire de bruit, ont les oreilles qui traînent partout, et ils sont d’autant plus efficaces, qu’ils prennent la couleur, des murs qui les entourent. C’est eux, qui vont influencer le parrain dans ses prises de décisions.
Personne n’irait soupçonner par exemple un haut fonctionnaire policier réputé intègre et couvert de médailles d’être lui-même un indicateur d’un complot malfaisant, et pourtant, combien l’ont été…

Pour connaître les intentions d’un personnage illustre, il faudrait, par conséquent, s’enquérir de qui se cache dans l’ombre de son entourage.
Ces hommes de l’ombre sont les vrais manipulateurs et ils prêtent un faux serment comme celui d’être des serviteurs fidèles jusqu’à la mort, alors qu’ils agissent d’abord et en premier pour leur compte. Se faisant passer pour serviteur, ils convoitent une place bien supérieur et n’ont en fait aucun égard pour celui qu’ils servent.

Car la graine de l’iniquité commence à partir du moment où l’on privilégie par intérêt personnel, une personne plutôt qu’une autre, dans ses jugements.
Et le résumé de tout cela, c’est : Lévitique 19 :15 :

« Tu ne commettras point d'iniquité (d’injustice) dans tes jugements: tu n'auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice. ».

Donc, tous ceux qui agissent injustement mettent le pied à l’étrier.
Tous ceux qui agissent par motif d’intérêt personnel ont donné accès au démon de l’iniquité. Ils ont déplacé les bornes de la justice.
Et ce mal, s’il est entretenu ou caché finira par pourrir l’arbre, et les fruits produits, montreront de quel bois il était. Ce vers qui rentre dans le bois n’est pas à sous-estimer. Il ne sortira pas tout seul, et la prière n’y fera rien.

Qui peut prendre le nom de pervers et d’abominable ?
« l’être pervers et abominable, c’est l’homme qui boit l’iniquité comme de l’eau » (Job 15 :16)
Et cet être devenu maléfique, abominable agit en lieu saint comme le voyait Daniel dans sa vision du chapitre 9. Il agit comme un dévastateur parmi les croyants.

Donc, chacun est concerné ;
Et encore plus celui qui se confie en Dieu. Car sa responsabilité est engagée. Et si sa responsabilité est engagée, sa vie aussi.
Sa vie ? Oui, j’insiste sa vie.

On n’aurait jamais connu les deux fils d’Aaron que sont Nadab et Abihu, si le livre du Lévitique n’avait pas fait mention de leur nom et de leur mort brutale et inattendue.
Pourtant ces deux sacrificateurs, apportèrent une offrande sur l’autel, mais cette offrande fut un feu, un feu étranger.
Le feu est révélateur. Révélateur de quoi ?
C’est 1 Corinthiens 3 :13 qui le confirme
« l'œuvre de chacun sera manifestée; car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun ».
Le feu de Dieu les consuma immédiatement.
Pourquoi ?
Parce qu’ils avaient revêtu une fausse apparence de piété. Le parfum qu’ils posèrent sur le feu était nauséabond.
Ils étaient devenus pervers et abominables, ils buvaient l’iniquité comme de l’eau. Ils ne distinguaient plus ce qui était impur, voilà leurs œuvres mauvaises révélées.

Donc, si nous ne voulons pas finir comme eux : emportés loin du sanctuaire et loin de l’assemblée des justes, sans aucune possibilité de retour, nous ne pouvons pas annoncer aux autres l’Evangile sans s’être auparavant, examiné en profondeur.
Si nous ne voyons plus ce qui est impur, nous sommes comme les deux fils d’Aaron, impropres à annoncer l’Evangile.

Moïse, ensuite a interdit aux deux autres enfants d’Aaron de quitter l’entrée de la tente d’assignation, avant qu’ils soient en mesure de distinguer objectivement ce qui est saint de ce qui est profane, avant qu’ils réalisent ce qui est pur de ce qui est impur dans leur vie.
Ils devaient par conséquent pour avoir l’esprit clair, pendant ce temps, s’abstenir de boire de l’alcool. Et cette interdiction était d’autant plus importante, parce qu’ils avaient sur eux l’onction de l’Eternel (Lévitique 10 :6-11).

Nous, qui sommes des sacrificateurs ayant reçu l’onction de Dieu, l’avertissement est le même, il est perpétuel comme le souligne le texte biblique :
Restons le plus lucide possible, abstenons-nous de boire de l’alcool ou toute autre substance qui pourrait troubler notre jugement et posons-nous la question : Seigneur Dieu, qui ai-je privilégié ?
Quelle personne ai-je favorisée au détriment d’une autre dans mon entourage?

Puis, seulement après s’être converti ou reconverti enseignons-le, annonçons-le comme un axe essentiel de l’Evangile. C’est ce qu’a dit Moïse au verset 11.
On ne peut annoncer l’évangile, s’occuper des choses saintes sans s’être au préalablement examiner soigneusement, sans s’être séparé des choses impures qui infestent notre existence.

Job, lui aussi demandait à voir son iniquité en face:
« Montre-moi ce que je ne vois pas, si j’ai commis des injustices (‘evel) je n’en commettrai plus »
Mais le constat ne s’arrête pas là, j’irai plus loin. Je dirai donc, qu’on en ai plus, avec l’iniquité, au stade de l’arbre qui cache la forêt ; mais qu’en 2020, c’est : l'arbre qui enflamme, et brûle la forêt ».

Aujourd'hui un arbre qui tombe, fait tomber la foret en entier et même plus : une forêt à l’autre bout du monde.
Autrefois un arbre qui tombait, tombait seul, ou entraînait seulement quelques arbres avec lui. Les temps sont arrivés où nous assistons à un véritable effet domino planétaire.

Pourquoi une telle différence ?
La mondialisation est passée par là et elle a laissé derrière elle la région, le canton.
Autrefois les catastrophes économiques ne concernaient souvent qu’une zone locale, ou au pire, la nation.
Aujourd'hui les épreuves sont mondiales, parce que le commerce inique, parce que les stratagèmes et les complots sont planétaires ; d'où cette « Grande tribulation ».

Pour reprendre l’exemple de l’arbre :
aujourd’hui, la déforestation est mondiale. Le chaos est mondial.
Les forêts disparaissent en même temps au Brésil, en Amazonie, mais aussi en Indonésie,  en Sibérie, au Canada, et à un rythme qui ne permet pas au reboisement de renouveler les pertes. C’est l’équivalent de 2400 arbres qui disparaissent, chaque minute sur la terre, soit 144 000 arbres en 1 heure, un nombre qui devrait nous interpeller, nous qui aimons la Bible.

L’analogie avec l’homme devrait nous sauter aux yeux. Les hommes sont déracinés comme les arbres, pour des raisons d’effondrement ou de scandales économiques et géopolitiques.
Leur iniquité les rattrape.

Alors, ce célèbre questionnement illustre bien la théorie du chaos.
" Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?"
Nous comprenons mieux l'effet papillon.
On en a l’exemple sous nos yeux avec cette tribulation mondialisée. La chasse à la corruption a été donné aux 4 coins de la planète, et nombreux sont ceux qui ont pris la cognée ou la hache.

La gangrène n’est pas une fiction. Au moment où j’écris ces lignes : une chaîne infos nationale nous présente des élus de la république ayant été condamnés dans des affaires graves de corruption et retrouvant leur poste d’élus, absouts par une population consentante et permissive. D’autres, eux aussi condamnés par la justice, se sont même retrouvés promus à des postes de contrôleur fiscal. Des cas isolés ? Non une pratique du commun.
On marche sur la tête.
Les autres nations n’ont pas, elles, à rebomber le torse, elles ne font rien de meilleur, elles mangent au même plat de la corruption.
Alors s’attendre à voir des jours paisible se dérouler là devant nous … c’est pure illusion.

La colère divine laisse éclater la colère des hommes.

Alors pourquoi, un croyant tombe-t-il, lui, si facilement dans le piège de l’iniquité ?
Lui, qui est averti, lui, qui sait pertinemment que l’injustice est un péché, un mal à fuir absolument.
Parce qu’il sous-estime la puissance de l’orgueil. Il pense toujours pouvoir maîtriser le mal.
Sa foi le rend fort et c’est là que commence la dégringolade :
 « Car tu as eu confiance dans ta voie, Dans le nombre de tes vaillants hommes.(et résultat)
Vous avez cultivé le mal, moissonné l'iniquité, Mangé le fruit du mensonge »  (Osée 10 :13)… 14Toutes tes forteresses seront détruites ».

Face à cette déforestation, il ne restera pas grand monde. Les arbres qui resteront debout se compteront.

Sophonie 3 :13 (version Martin) « Les restes d'Israël ne feront point d'iniquité, et ne proféreront point de mensonge, et il n'y aura point dans leur bouche de langue trompeuse; aussi ils paîtront, et feront leur gîte, et il n'y aura personne qui les épouvante ».

 Ce dernier caractère traduit l’état intérieur du croyant sanctifié ; celui qui s’est éloigné de toute iniquité : il n’a plus peur de rien.  Personne ne l’inquiète, aucun antichrist, aucune mauvaise nouvelle, rien ne lui fait perdre sa paix et ne l’empêche de dormir.

Qui et quoi pourrait lui faire peur ?

Le calme au milieu des tempêtes, une vie paisible et abondante d’amour et de justice, séparé de tout être de l’ombre : Voilà ce que produit la puissance de l’esprit.
Amen

dimanche 5 juillet 2020

RÉENCHANTONS LA FOI

338

Par Eric Ruiz

Nous vivons des temps désenchantés. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est dans l’air.


Un mot m’a fait réagir récemment, justement à la suite de la grande désaffection en France, pour la cause politique. Avec presque 60% d’abstention aux dernières élections municipales, le mot à répétition sur les chaines d’infos était : «ré-en-chanter ». 
Nous devrons réenchanter la politique qui ne plait plus du tout…

Bizarre, quelques années auparavant, j’avais assisté à une journée pédagogique dont le thème était : « réenchantons l’école »; 
Et l’intervenant était un conteur.

Il partait du fait, que le désenchantement régnait, car on ne racontait plus d’histoire à l’école. Quand il commença à nous raconter une histoire avec des brebis, un bélier et un loup, j’ai tout de suite fait le rapprochement avec les histoires de Jésus, construites en paraboles.
C’est vrai, qu’elles ont un effet d’enchantement, les paraboles de l’Evangile, et qu’elles suscitent l’attention, l’imaginaire, voire la fascination même.

En fait le message est clair, réenchanter, incite à revenir à un état  lumineux, déjà connu auparavant et qui a été perdu avec le temps.
Il s’agit de retrouver le merveilleux, retrouver ce qui fait appel à l’idéal, le parfait, et à ce qui nous donnait l’occasion de rêver pour accéder au bonheur.

Mais, qu’en est-il dans les assemblées chrétiennes ?
Ont-elles besoin de réenchanter leur culte ?

Le verbe « enchanter » donne des frissons aux chrétiens. Même s’il veut dire : « douer de pouvoirs surnaturels », il est tellement porteur de connotations négatives liées à la magie, aux fées, à la divination.
L’image leur évoque instantanément celle d’une flûte enchantée qui possède des pouvoirs magiques : une flûte qui vole qui fait de la musique toute seule dans le but de séduire pour faire perdre le contrôle à tout esprit.

Très proche du verbe enchanter, il y a aussi son nom : l’enchantement, un enchantement se définit à partir du dictionnaire comme : une opération mystique produisant une véritable possession d’esprit, un envoûtement exercé par des actes de sorcellerie, par des prières en forme de sortilèges.

Mais il faut le dire : les ténèbres sont bien là :
Où ça ?
Eh bien, parmi ceux qui dénoncent l’enchantement : ne sont-ils pas eux-aussi enchantés, comme envoûtés ? Lorsqu’on souhaite dénoncer l’enchantement, la divination, rejeter les merlins enchanteurs ne retournons-nous pas aussi l’accusation sur nous-mêmes ?
L’inquisition, elle, n’est pas seulement liée à l’attaque de l’autre. Nous pouvons être un inquisiteur sans le savoir.
Et puis, la contradiction saute aux yeux, le surnaturel est tellement recherché dans les cultes chrétiens paganisés :
Sentir la présence de l’esprit, témoigner de miracles spectaculaires, élever son âme par la louange, jusqu’au frisson dans l’dos, tomber au sol sous l’imposition des mains, voir dans la sainte cène un procédé magique qui nous relie plus fortement à Christ, croire que le baptême a une fonction purificatrice, croire aussi qu’après avoir écouté un sermon, les événements vont enfin se changer en bien etc, etc…
Il y a quand même une recherche du magique, du sensationnel à l’intérieur du croyant moderne.
Il aime les miracles, les prodiges et il est attiré par les témoignages qui vont dans ce sens…
Jusqu’au jour, où à la place de l’enchantement apparaît le désenchantement. Tout cela n’était en fait que de l’illusion, de la poudre aux yeux, rien d’autres…Quelle bien triste réalité !

Alors, est-ce cela la vraie foi ?
Surtout quand on sait que Jésus après une guérison, demandait au miraculé de n’en parler à personne. Mais de se montrer uniquement au sacrificateur. N’y-a-t-il pas là un message inverse, celui de laisser les autres s’apercevoir du changement, tout ceci afin qu’ils montrent, eux, leurs véritables intentions. (Veulent-ils suivre un faiseur de miracle, ou suivre celui qui leur ouvre les yeux sur qui ils sont vraiment, ou veulent-ils détruire celui qui les empêche de briller ?)

Alors la question est : doit-on réenchanter la foi ?

Je dirai oui, parce que celle véhiculée par la religion ne pousse pas tellement à rêver.
Cette magie-là ressemble à un tour de passe-passe réalisé en public.
L’illusion a fait son effet, les sens ont été réveillés. Mais le spectacle terminé… rien n’a changé.

Donc pour réenchanter, il va falloir déchanter d’abord.
Et le réenchantement va se faire autrement.
La  vraie foi, va nous pousser, elle,  vers un autre surnaturel.

La foi a quelque chose de mystérieux, peu perceptible par l’esprit humain, une sorte de 6ème sens.
David dans un psaume disait au sujet de la parole de Dieu: « Une science aussi merveilleuse (dans le sens de miraculeuse) est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir  (donc pour que je puisse l’a comprendre)».
Par conséquent, le premier élément miraculeux de la foi consiste bien à comprendre quelque chose d’incompréhensible au départ.
Le premier miracle, j’en parlais dans le message précédent tient de la révélation. Et son effet est double, elle change ceux qui la reçoivent et fait fuir les autres.

La foi, c’est aussi croire à quelque chose de merveilleux, de contre nature face à une situation dont l’issu fatale ne fait plus aucun doute.
Et en cela l’expérience, comme les récits bibliques, nous montre que Dieu agit miraculeusement très souvent à la dernière minute.

L’exemple biblique de Sara, la femme d’Abraham est très parlant. Elle a ri tellement la prophétie que l’ange lui avait donné lui semblait irréaliste et farfelue.
Imaginez, l’enchantement : elle, stérile depuis tant d’années et là, on vient lui prédire qu’elle tombera prochainement enceinte…est-ce possible à 80 ans ? Mais, c’est de cette façon qu’Isaac, le père d’Israël vint au monde.

Et Jésus… prophétisé par Esaïe au chapitre 9…
« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné … On l'appellera Admirable ».
Je m’arrête un instant sur ce nom : Admirable; en hébreux pele [peh’-leh]  va plutôt dans le sens de miraculeux, de prodiges.
Donc le nom même du fils de Dieu est lié au miracle : On l’appellera miracle, prodige, comme sa venue, ; il est né à partir d’une vierge et par le Saint-Esprit.
Jésus est le premier-né d’une lignée miraculeuse.

Moi j’affirme, qu’à chaque fois qu’un enfant naît d’eau et d’esprit, un enfant nous est né, un fils nous est donné on l’appellera miraculé.

Vous voyez, ne réduisons pas le miracle à un seul homme, mais à tous ceux qui seront appelés « fils » par notre Père ; tous ceux qui seront adoptés par lui. La promesse est pour tous ceux qui croient dans le fils de l’homme.

Là aussi le miracle, l’enchantement fait-il appel à un grand nuage de fumé, et à une apparition soudaine d’un personnage fantastique, à l’image d’une fée providentielle?
Non, absolument pas.

Tout se passe à l’intérieur de la personne. Et l’enchantement ne reste pas que dans l’étincelle du regard, plus brillant qu’autrefois ; il se traduit par des actes charitables, une humeur constante, une porte toujours ouverte pour le malheureux, ou une épée en forme de pardon.
Il y a de quoi être enchanté et reconnaissant face à l’œuvre d’un fils adopté par le Père de l’univers.

Maintenant, en guise d’illustration,  je souhaiterai revenir à ma journée pédagogique, là où un conteur a répondu à la question : « comment réenchanter l’école ? »
Et, il n’a pas argumenté, il a simplement raconté une histoire.
J’aimerai raconter la même histoire, car elle risque aussi de réenchanter la foi.

Attention, une parenthèse : c’est une fable, mais ne la confondons pas avec ce qu’appelle « fable » la Bible : dans les épîtres, l’apôtre nous met en garde sur les fables, il ne s’agit pas de conte pour enfants, mais d’histoires inventées semant le mensonge, amenant une fausse doctrine, servant à égarer ceux qui l’entendent…

Alors, voici l’histoire :
·       Le petit mouton et le grand bélier
Le contexte :
Un troupeau de mouton broute dans une vaste prairie, surveillé par un grand bélier, chef.
Un petit mouton ose à un moment donné, allé vers lui et lui poser une question : 
« Dis-moi grand bélier : pourquoi alors que nous broutons tous la même herbe, y a-t-il des moutons différents ? »
Le grand bélier lui répond vaguement : qu’il est trop jeune pour comprendre cela et qu’il le saura plus tard.
Arrive un loup, qui s’approche du troupeau. Certains moutons le voit et apeurés demandent au grand bélier « que devenons faire grand bélier ? » qui répond alors tranquillement : ne vous inquiétez de rien et continuer à brouter.
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant un mouton à 3 pattes…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant qu’un mouton a disparu, s’inquiète, s’affole et demande au grand bélier : quoi faire grand bélier ?
Celui-ci répond : «  ne vous inquiétez pas il avait trois jambes, nous en avons 4, nous risquons rien ! Continuez à brouter»
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant un mouton sans oreilles…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant qu’un mouton a disparu s’inquiète s’affole et demande au grand bélier : quoi faire grand bélier ?
Celui-ci répond : «  ne vous inquiétez pas il n’avait pas d’oreilles, nous, nous en en avons, nous risquons rien ! Continuez à brouter»
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant un mouton noir…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant qu’un mouton a disparu s’inquiète s’affole et demande au grand bélier : quoi faire grand bélier ?
Celui-ci répond : «  ne vous inquiétez pas il était noir, nous, nous sommes blanc, nous risquons rien ! Continuez à brouter»
Survint le soir, le soleil se couche, la nuit arrive et le loup voyant le grand bélier se reposer…se précipite sur lui, le tue, l’enlève, le traîne jusqu’à la foret et le dévore.
Le troupeau voyant que leur chef a disparu s’inquiète, s’affole et veulent tous alors se précipiter du haut de la falaise?
A cet instant petit mouton prend la parole et dit : « je connais bien les loups, ils attaquent à la tombée du jour et uniquement les moutons isolés. Restons groupés, puis dès que le loup arrivera, éloignez-vous rapidement. Je me tiendrais, moi alors immobile, juste devant la falaise, et quand il se précipitera sur moi pour me dévorer, je n’aurai qu’à m’écarter pour qu’il tombe.
Ce scénario plut a tout le troupeau et
C’est ce qui arriva, le loup se précipita sur petit mouton qui par un écart, fit tomber le loup de la falaise. Fin de l’histoire.

Alors tout le monde attend une moralité.
Mais je n’en donnerai pas.
Je ferais comme Jésus le faisait à son époque : je poserai d’abord quelques questions.
   -Première question : l’histoire a-t-elle répondu à la question que petit mouton avait posé à grand bélier : « Pourquoi y a-t-il des moutons différents, alors qu’ils mangent la même herbe ? » ou en d’autres termes, qu’est-ce qui rend différent un mouton d’un autre ?
   -Deuxième question : Qui est le grand ennemi du troupeau ?
   -Troisième question : Pourquoi le fait de voir des moutons disparaître est plus rassurant parce qu’ils sont handicapés, différents des autres que chercher la vérité : sommes-nous égaux devant la mort ?
   -Ensuite : Qui a permis au troupeau d’être sauvé ? A partir de qui la lumière est-elle venue sur le troupeau ?
Petit mouton va-t-il remplacer grand bélier ?
Toutes ces questions doivent en fait nous questionner en profondeur sur nous-mêmes.
Nous avons tous eu des loups dans nos vies, nous avons tous suivi un grand bélier aveuglément, et nous côtoyons tellement de moutons bien différents. Comment les voyons-nous chacun ?

Cette histoire est loin d’être une simple fable pour enfants ou une simple banalité, elle révèle avec quel regard nous voyons les choses.
D’autres questions peuvent bien-sûr ressortir du conte ; et à chaque question, il y a évidemment plusieurs réponses possibles.
Il n’y a pas une réponse meilleure qu’une autre, mais une réponse qui correspond à chacun, à ce qu’il désire voir au plus profond de lui.

L’enchantement dans le conte, n’est pas relié par des sortilèges ou des miracles spectaculaires : il n’y a pas de résurrection, il n’y pas d’apparition d’êtres surnaturels, ni de transformation spectaculaire comme le ferai une baguette magique dans un scénario Walt Disney.

Pourtant un enchantement existe bien.

Cette histoire va réenchanter celui qui comprend en qui il a mis sa foi, sa confiance et vers qui il a placé le mal.

      -Pour « petit mouton », un chrétien va forcément y voir l’agneau immolé, celui qui se sacrifie dans le groupe, qui est prêt à donner sa vie pour la survie des autres. Un don de discernement mêlé à une totale abnégation.
     -« Grand bélier » lui, c’est le mâle dominant, protecteur, qui donne l’apparence d’être rempli de force et de sagesse, mais qui se croyant protégé et invincible ne se soucie pas du troupeau, il se réjouit même que les moins considérés disparaissent. Il est fourbe et menteur et ne voit que ses intérêts personnels. Alors, il sera pris à son propre piège. Il dort, il ne veille pas et cette condition sera sa perte.
     -« Le loup » qui apparaît comme le mal, le destructeur, souvent invisible, attaquant la nuit venue, pour ne pas être reconnu ; ce loup n’est-ce pas le même qui prend une apparence d’épidémies, de catastrophes, de mauvaises nouvelles dans nos vies ?
Pourtant le loup, c’est bien le mal nécessaire qui va permettre au troupeau de savoir qui est qui.
Le loup n’est-il pas celui qui va par ses attaques et pour finir, sa mort, réenchanter le troupeau ?
Si le loup n’était pas venu les attaquer, petit mouton n’aurait jamais été considéré comme le plus sage de tous, et grand bélier aurait toujours porté la couronne du digne chef sage et protecteur.

Alors, certains peuvent aussi n’y voir aucun enchantement dans cette histoire.
Elle est beaucoup trop puérile, nous ne sommes plus des enfants,  jamais les choses ne se passent ainsi et les animaux que nous sommes aussi ne répondent qu’à leur instinct de survie.
Nous sommes de simples moutons et nous suivons toujours un leader, un groupe et chacun est un peu prédestiné par ce qu’il est au départ (un prédateur, un meneur ou un suiveur).
Ceux qui pensent ainsi ont parfaitement le droit de le faire, mais ils sont en fait comme « grand bélier » et ils répondent à ma troisième question : ils préfèrent voir disparaître en premier les moutons qu’ils considèrent comme moins méritants, (les plus faibles, ou les différents des autres).

Cette vision des choses, les protègent, eux, et ils se réfugient dans le déni.
C’est leur moyen pour dissimuler leur peur, grâce à un mensonge qui les rassure ; un mensonge qui leur fait croire à une sanctification gagnée par leur supériorité.
Mais quand vient la disparition de grand bélier, en qui mettront-ils leur confiance ? Toujours dans leur bonne étoile ?

Jésus dans une de ses paraboles (Jean chapitre 10) ne prend pas l’exemple de grand bélier mais parle d’un mercenaire : « le mercenaire, qui n'est pas le berger, et à qui n'appartiennent pas les brebis, voit venir le loup, abandonne les brebis, et prend la fuite; et le loup les ravit et les disperse.
Le mercenaire s'enfuit, parce qu'il est mercenaire, et qu'il ne se met point en peine des brebis ». 

Alors, bizarrement parmi ceux qui écoutaient Jésus de Nazareth raconter l’histoire, les mercenaires se sont mis à réagir en premier et ceux qui ont été enchantés ensuite:
Les mercenaires qu’ont-ils répliqués ?
 « Il a un démon, il est fou; pourquoi l'écoutez-vous? 
Et les enchantés ?
 « Ce ne sont pas les paroles d'un démoniaque; un démon peut-il ouvrir les yeux des aveugles? »

Cette histoire, décidément, montre qu’il y a un moment pour chacun et un temps pour chacun aussi, pour que l’enchantement du début se transforme en désenchantement, et pour finir en un nouvel enchantement.
Le mensonge, la peur, l’idolâtrie quand ces esprits auront fini de régner, ils laisseront place à un véritable enchantement.
Voilà le nouvel enchantement voulu par Christ: « Détruisez ce temple (cette bergerie) et en trois jours je le reconstruirai ».
Amen

dimanche 28 juin 2020

LE FORT CONTRASTE DE LA RÉVÉLATION

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Par Eric Ruiz

Si vous vous poser la question : qu’est-ce que la révélation ? Ou comment savoir si la révélation correspond à ce que nous comprenons de la parole ?


Eh bien, je dirai d’abord que la révélation se réfère, à des exemples concrets.
Je disais à ma sœur dimanche dernier (21 juin),  comment je voyais la révélation aujourd’hui.

Je l’a voyais comme des gens ouvrant un livre et ne pas pouvoir lire à cause d’une trop forte obscurité. Ce manque de lumière rendait la lecture impossible.
Pourtant malgré cette obscurité un bon nombre disait pouvoir déchiffrer et analyser ce qu’il lisait grâce à une petite lumière artificielle.
Eh bien la révélation : c’est l’inverse, et rare sont ceux qui ont cette humilité et l’honnêteté de le reconnaître. La révélation arrive aussi sur un livre obscur, mais elle consiste à attendre et à ne pas faire confiance à son esprit d’analyse ou à son expérience et à ne pas mettre d’éclairage artificiel pour éclairer l’obscurité, mais à attendre que vienne une lumière naturelle.

Que vous soyez novice ou prêtre,  pasteur ou théologien, vous ne devez pas interpréter ce que vous lisez avec votre lumière à vous.
En fait, il faut attendre que la lumière naturelle vienne éclairer la partie du texte que vous devez comprendre, ou peut-être une autre partie.
Dieu nous dit la même chose que le jeune prophète Elihu disait à Job : «  écoute-moi! Tais-toi, et je t'enseignerai la sagesse ». En d’autres mots : Arrête de t’écouter, arrête de prendre tes pensées pour celles de Dieu, sois humble et reçoit un autre enseignement, une autre lumière.

Ce que je vous dis là, c’est mon expérience, c’est comme cela que je procède depuis 6 ans. Quand j’ouvre la Bible par exemple, je m’attends à ce qu’une lumière vienne éclairer ce que je lis. Si rien ne vient, je tourne les pages, puis je referme le livre et je passe à autre chose ; Ou il m’arrive parfois de me souvenir d’un verset, et pendant que je le cherche, c’est un autre qui attire mon regard.

Mais, comme la Parole de Dieu ne se limite pas à la Bible, eh bien il m’arrive souvent de m’arrêter juste sur un mot prononcé, une phrase lue quelque part, une allocution, un dialogue de film, une entrevue, un titre, ou encore de m’entendre en priant, et de m’entendre dire des choses qui me viennent à l’esprit que je n’ai moi-même jamais entendu.

C’est troublant et en même temps rassurant, parce que l’on sait que cela ne vient pas de soi, mais d’un autre esprit.
Donc, la lumière peut venir depuis n’importe où et arriver sur n’importe quel objet de notre environnement.

Mais attention, ne passons pas le cap de l’infidélité, nous ne sommes pas dépositaire de la lumière, nous ne maîtrisons ni son origine ni sa destination.
Donc, comme un bon tailleur de pierre, ne rajoutons rien qui vient de l’extérieur et n’enlevons pas l’essentiel de ce joyau.
L’autre soir, une chose aussi m’a fait penser à la révélation.
C’est quand le ciel est devenu noir, que les nuages se sont amoncelés, comme s’il allait pleuvoir et qu’entre deux nuages, la lumière est apparue subitement pour venir éclairer la nature.
Alors, j’ai vu quelque chose d’extraordinaire. Tout est devenu comme en relief, comme avec des lunettes 3D. Et le contraste des choses mises en lumière sur fond de noirceur était très fort.
Eh bien j’associe ce fait naturel, ce paysage contrasté à un autre fait qui lui est spirituel : la révélation.
Nature et esprit ont des caractéristiques semblables : elles ont le même contraste.
   -La nature : les arbres ressortent et leur couleur est différente ; les couleurs pastels deviennent foncées, comme le vert, le jaune, ou le marron devient plus contrasté et brillant.
    -L’esprit : il fait de même, il met en relief les événements naturels et il donne un éclairage nouveau, un tableau de couleurs que nous n’avons pas l’habitude de voir habituellement.
C’est un peu comme un faisceau de lumière qui vient s’immiscer entre la nuit et le jour.
Je dirai plutôt : c’est la lumière qui vient éclairer les ténèbres.
D’ailleurs, il arrive souvent que vienne se former dans le ciel, à ce moment-là, un arc-en-ciel.
L’arc-en-ciel : le signe de l’alliance entre Dieu et l’homme, donné à Noé.

Et là, la nature devient prodige tout comme la révélation, parce que l’événement est rare et qu’il émerveille celui qui a les yeux ouverts. C’est le vin de la révélation.
C’est aussi la même chose avec les éclipses. La lune qui cherche à prendre la lumière du soleil ou le soleil qui cherche à se cacher derrière la lune.

·       LE SENS DE MAOWR (lumière)

Alors, il y a aussi le sens étymologique des mots.
Il existe plusieurs mots pour désigner la lumière en hébreu. Nous allons prendre Maowr [maw-ore’]
Maowr, c’est la lumière qui est décrite, dans les premiers versets du livre de la Genèse et traduit par « les luminaires du ciel » qui viennent mettre une distinction entre le jour et la nuit. Et qui éclaire la terre. Donc il y a le grand luminaire pour le jour (le soleil) et des luminaires pour la nuit (la lune et les étoiles). 
Ça, c’est le mot utilisé dans le livre de la Genèse, et il est souvent traduit en français par « la lampe ».
Dans les livres du Pentateuque, maowr va aussi s’employer, mais cette fois-ci pour désigner le chandelier ou les lampes du chandelier.  
Le chandelier c’est la parole de Dieu qui vient à travers les 7 lampes du chandelier.
Vous voyez la Bible confirme la même chose que ce que je viens de vous dire : la lumière du jour ou la lumière de la nuit montre le même éclairage que celui du chandelier d’or du Tabernacle ; cette menora qui symbolise la lumière de la révélation, et qui éclaire de jour comme de nuit et qui révèle des mystères de Dieu lorsque la nuit cherche à se confondre avec le jour.
C’est pourquoi le lever du soleil est associé à la révélation, dans la Bible.

Il y a donc deux révélations distinctes : une révélation pour ceux de la lumière(le jour) et une révélation pour ceux des ténèbres (la nuit).
Voilà pourquoi aussi Jésus parlait en parabole.
Il y a un discours compris différemment pour les uns, les aveugles et pour les autres, les éclairés. La parabole est une lumière, une lampe qui sert à distinguer ceux de la nuit de ceux du jour.

J’avais parlé le 24 avril 2016 dans le message : «  le jour de l’Eternel » de la signification des astres. Le niveau de gloire des hommes correspond à la clarté des étoiles, ou à celle du soleil ou encore à celle de la lune : donc 3 clarté, 3 niveaux de gloire dans le ciel et sur la terre.
Le prophète Joël insiste, lui, plutôt sur la nuit : le soleil qui s'obscurcit, et la lune et les étoiles qui perdent de leur clarté; Esaïe, lui insiste sur le jour : Il décrit un soleil qui brille sept fois plus fort, comme la lumière de sept jours.

C’est comme avec les éclipses lunaires ou solaires, ces signes dans le ciel cherchent à nous montrer ou à nous rappeler que Dieu est révélation et qu’il révèle par sa lumière ce qui est caché de nuit comme de jour ; Et il révèle son plan, nous avons pu le voir récemment : tantôt par un anneau de feu comme le 21 juin dernier, tantôt par une super lune comme le 7 mai dernier, tantôt par une lune rousse le 15 avril.

Mais revenons à la lumière et au mot hébraïque Maowr ; il est aussi employé 16 fois dans 7 livres de l’Ancien Testament.
Vous voyez 16, c’est le nombre des familles rassemblées, ceux qui se consacrent, qui sont mis en lumière et réunis ; et 7 c’est le chiffre qui marque un temps d’aboutissement pour la foi, comme la fin de la repentance.
Exode 16 :7, nous dit justement : « Et, au matin, vous verrez la gloire de l'Eternel, parce qu'il a entendu vos murmures contre l'Eternel; car que sommes-nous, pour que vous murmuriez contre nous? »
Tout d’abord, ici la révélation commence au matin, dès le lever du soleil, Moise prévient son peuple que la lumière, la gloire de Dieu va alors révéler ceux de la nuit. Dieu va mettre sa lumière sur ceux des ténèbres et les mettre à part en confirmant qui sont ceux qui en murmurant par derrière disaient du mal des autres et répandaient la calomnie et la rébellion.

La signification de cette « lumière-jugement », qui montre où est le mal, est très intéressante car elle est à la base de la révélation.

D’ailleurs, Maowr, dans le livre des Psaumes chapitre 90 verset 8 : Moïse dit alors de Dieu « Tu mets devant toi nos iniquités, Et à la lumière (Maowr) de ta face nos fautes cachées ».
Et revoilà le sens numéro 1 de la révélation qui met la lumière sur nos fautes dissimulées, comme avec ceux qui murmuraient sur Moïse.
La révélation : ce n’est pas de savoir et de connaître la couleur de peau de Jésus, ou de savoir s’il faisait le sabbat le samedi ou le dimanche, ou de connaître la meilleure version biblique qui nous rapprocherait au mieux de la vérité ou encore de connaître le jour de l’Eternel.
Non, la lumière de Dieu sert en premier à dévoiler l’hypocrisie qu’il y a dans chaque être humain.
Mais ce n’est pas fini…
Le dernier livre qui emploie le mot Maowr, c’est le livre du prophète Ezéchiel et curieusement, c’est pour montrer un temps où il n’y a plus du tout de lumière dans le ciel :Tout est devenu obscur.

Ezéchiel 32 :8 « J'obscurcirai à cause de toi tous les luminaires (maowr) des cieux, et je répandrai les ténèbres sur ton pays, dit le Seigneur, l'Eternel. ».

Lorsque la lumière ne brille plus que se passe-t-il sur terre ?
Jésus nous le dit dans Matthieu 17 :12 : «  Mais je vous dis qu'Elie est déjà venu, qu'ils ne l'ont pas reconnu, et qu'ils l'ont traité comme ils ont voulu. »
Les ténèbres font qu’on ne reconnait plus d’où provient la lumière (maowr) On ne sait plus par qu’elle prophète Dieu parle ; et on a sous-estimé, on s’est moqué même de celui à qui Dieu à confier sa lumière ; C’est ce que dit Jésus dans Matthieu :«  ils feront souffrir de la même manière le fils de l’homme », pourquoi ? Parce qu’ils ne le reconnaissent pas ».

Et concrètement : l’absence de révélation, veut dire : que les péchés de chacun restent cachés… seulement pour les impies et les non-croyants ?
Non, pour tous les habitants du pays.

Et le signe terrestre de tout ça, c’est le verset suivant du livre d’Ezéchiel 32, verset 9 : « Et je troublerai le cœur de beaucoup de peuples, quand je ferai parvenir la nouvelle de ta ruine parmi les nations, dans des pays que tu n'as pas connus. »

La ruine, la stupeur, le trouble, l’angoisse, la peur, voilà les signes de notre temps ; des signes qui vont se répandre et créer une réputation à ceux qui connaitront la ruine, qui a leur tour provoqueront aussi ailleurs les mêmes troubles et la même angoisse.  
N’y voyez-vous pas déjà les conséquences du virus à couronne, qui provoque la ruine sur beaucoup de têtes couronnées et qui font trembler les habitants de l’autre côté de l’hémisphère ?

Des signes, qui montrent aussi que nous sommes bien dans l’obscurité et que la révélation est éteinte dans les Eglises, les synagogues, tout ce qui fait office de maison de Dieu.
Dieu parle peu, mais toujours par un Elie qu’il aura choisi, lui personnellement, et qui sera isolé comme dans le désert, loin, très loin des temples connus, comme il l’a fait autrefois avec ses prophètes. Elie, venait de l’autre côté du Jourdain (un pays étranger, puis il a été caché et nourri dans le désert).

Dans la Bible le mot hébreu « Ore » est plus employé que Maowr. Il désigne une lumière au sens plus large, puisque les méchants possèdent eux aussi une lumière (Ore) ; et cette lumière-là s’éteindra nous dit Job 18 :5. Et les méchants : ce sont les faux prophètes qui brillent avec leur propre lumière artificielle.

Cela signifie que vous devez agir comme l’apôtre Jean l’a indiqué, avec ceux qui vous disent qu’ils ont une révélation du Seigneur,
« N’ajoutez pas foi à tout esprit; mais éprouvez les esprits, pour savoir s'ils sont de Dieu, car plusieurs faux prophètes sont venus dans le monde.» (1 Jean 4 :1)

·       Alors, C’EST QUOI EPROUVER LES ESPRITS?

Eh bien, c’est reconnaître l’origine de la lumière ; savoir si cette lumière provient d’une énergie artificielle ou au contraire si cette énergie est naturelle et provient du Saint-Esprit.
·       Alors premièrement, il faut redoubler de prudence, car la quasi-totalité des prophéties sont fausses, elles ressemblent plus à de la divination, car nous sommes dans un temps de ruine et la lumière n’est qu’artificielle, le soleil ne brille plus sur terre, il n’est plus le bienvenu.
Aucune Eglise reconnue, aucun système religieux officiel ne reçoit la lumière naturelle, il n’y a plus de ministère prophétique.

« La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue. »

Tous ces systèmes ténébreux de la religion ne reçoivent pas la lumière.

·       Deuxièmement, éprouvez les esprits, c’est voir si la prophétie met en lumière des fautes cachées que beaucoup auraient cherché à dissimuler par tous les moyens. Si la prophétie ne concerne pas de fautes à confesser et à expier, cela ne provient pas de la lumière du ciel (maowr).
·       Troisièmement ; on vient de le lire : « je troublerai le cœur de beaucoup de peuples, ».

Là, il faut être patient, et attendre le moment du jugement : quel jugement ?
« ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, ».
Comment saurons-nous qui d’un tel ou d’un tel a préféré les ténèbres à la lumière ?
Observez attentivement, regardez comment est le cœur de ces croyants étoiles : brillent-ils artificiellement ou naturellement ? 
Pour le savoir : C’est au moment où arrivent les soucis, les problèmes, les malheurs, observez-les : sont-ils troublés, nerveux, inquiets ? Comment réagissent-ils vis-à-vis de leurs biens personnels ? Sont-ils paisibles tout le temps ou font-ils tout pour cacher leur anxiété ?
Ont-ils des moments d’euphorie, de jubilation, de joie extrême et à d’autres moments se cachent-ils pour dissimuler leur tristesse, leur peur et leur découragement, (parce qu’ils ressentent cette culpabilité d’avoir préféré les ténèbres à la lumière) ?

Un croyant qui possède un comportement excessif comme s’exalter dans la louange puis, qui  courre pour se faire très discret, comme  pour aller prier dans son coin ;
Ou bien un autre croyant qui a la réputation d’être très pieux, mais qui alterne un état d’extrême bonté avec des moments de forte irritabilité et des éclats de colère, c’est qu’il ne se sent pas bien et qu’il cherche à fuir et à dissimuler quelque chose.
Il y a un combat en lui, entre la lumière et les ténèbres.
Le livre de Job le décrit très bien ce combat qui atteint les ennemis de la lumière (Job 24 : 14-17)
: 14«L’assassin se lève à la lumière du  jour (juste à la fin de la nuit) et tue le pauvre et l’indigent »
Celui qui pratique le mal se voit le faire, mais il se cache pour ne pas être vu ni reconnu.
L’assassin (l’ennemi de la lumière) fait mine de s’intéresser aux nécessiteux mais il les dénigre et n’a les yeux que sur l’argent;
D’ailleurs, 14« …ils dérobent pendant la nuit »
Mais que volent-ils ?
L’argent oui, mais pas seulement, ils s’emparent de l’or de Dieu : la foi, la saine doctrine.

15« Il met un voile sur sa figure…La nuit il force les maisons ». 

C’est en période de ténèbres qu’ils sont les plus actifs et les plus violents, puisqu’au verset 16 : « le jour ils se tiennent enfermés, ils ne connaissent pas la lumière.17 Pour eux, le matin c’est l’ombre de la mort, ils en éprouvent toutes les terreurs ».
Eh oui, quand vient la lumière en même temps que la ruine, la mort rôde autour d’eux et la terreur les surprend. Leur attitude terrifiée, épouvantée fait effet de lumière, ils sont trahis par leur réaction.

Cette connaissance, je l’a tient aussi de mon expérience. J’ai connu des personnes pieuses manifestant cette bipolarité, qui passe en un rien de temps de la joie à la tristesse. Je ne les condamne pas, je dis simplement qu’elles ont préféré les ténèbres en dissimulant leurs crimes et que pour sortir de cette génération perverse, elles doivent absolument confesser leurs fautes.
Le feront-elles ?
Hélas, pour beaucoup : non, car le prix à payer est trop cher. Elles préféreront mourir plutôt que de perdre leur image en passant pour des voleurs et des êtres violents et sans scrupules ; leur image de princesses, ou de princes bienfaiteurs fait qu’elles préféreront se cacher encore plus.

Donc, la révélation divine est une puissance qui est trop souvent détournée de sa fonction principale. Lorsqu’elle dévoile le mal, la lumière brille au plus fort et les conséquences sont terribles pour un peuple endurci. S’il ne se repend pas, ce peuple s’exclura de lui-même de la terre promise, de son héritage promis. Dieu agit avec le pervers selon sa propre perversité (Psaumes 18 :26).
C’est du donnant donnant.  Tu veux et tu aimes la corruption, alors tu te souilleras encore plus.

Pour les autres, c’est le verset suivant, le 27 cette prière sage du roi d’Israël, David, qui doit être sincère et profonde :

« Tu sauves le peuple qui s'humilie, Et tu abaisses les regards hautains.
Oui, tu fais briller ma lumière; L'Eternel, mon Dieu, éclaire mes ténèbres
 ».

Soyons profond dans la révélation et acceptons le contraste ; Car ma lampe sert en premier à m’éclairer.
Si je dois me glorifier de cette lampe qui est révélation, je dois alors témoigner que cette lampe a révélé, révèle et révélera toujours mes ténèbres.
Amen