dimanche 16 février 2020

JÉRICHO, UN MASSACRE ou UN LIEU PRÉPARÉ AU SALUT ?

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Par Eric Ruiz

Je savais qu’avec un message sur les religions et en particulier le fait de comparer l’Islam, le Coran, avec le christianisme, la Bible cela allait provoquer des vagues d’incompréhension et plus encore de colères et d’indignation.

Les religions (les terminaisons en « isme ») durcissent la parole et mettent des liens aux croyants par leurs écrits (comme avec le Coran), elles leurs posent des verrous par leurs interprétations (comme avec la Bible ou la Thora) ou encore elles leurs fixent des étaux par leur vécus (avec une vie religieuse où il manque le pardon et la justice).

Mais, je l’ai déjà dit à plusieurs, le Saint-Esprit vient éclairer nos ténèbres pour que chacun se sépare de sa partie sombre qui reste en lui.
Plus les liens sont puissants, plus l’étau est serré, plus les verrous sont indestructibles, et plus la douleur est forte.
Alors : je vous en supplie, renoncez à votre colère, elle ne montre que votre rébellion contre Dieu !
Car ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ai annoncé ces choses. Je sais que cela m’éloignera de certains d’entre vous, qui ne m’écouteront plus après, ou qui n’accorderont plus le même crédit à mes propos.
Mais je n’ai pas la vocation, la mission de plaire aux hommes et de faire des adeptes.

Je sais aussi que pour certains ce sera l’inverse : ils prendront conscience de l’aveuglement dans lequel ils vivaient et qu’ils pourront se séparer de ce qui les faisaient douter, et surtout de ce qui les oppressaient.
Car en fin de compte : c’est de l’oppression et de la crainte dont je parlais.
C’est de ces deux douleurs chroniques, avec lesquelles tellement de croyants vivent au quotidien.
Ils se sont habitués à cette souffrance, ils se sont résignés à ce qu’elle soit un compagnon de route de chaque jour. Et beaucoup n’ont pas mis de mots sur leur mal. Ils se sont, malgré eux, créés une image taillée (une idole) pour essayer d’exorciser leurs peurs, mais cela n’a pas fonctionné.
Il faut toucher la profondeur du problème, aller sous terre pour arracher la racine de la mauvaise herbe afin d’éviter qu’elle ne repousse.
Le Saint-Esprit ne fait heureusement pas les choses à moitié, et quand on appuie là où cela fait mal, ce sont les cris de douleurs qui se manifestent au travers de rejets, d’indignation ou par la colère.
La question, que chacun devrait se poser alors est :
« Suis-je prêt à vouloir aller extirper le mal dans les profondeurs de mon âme ? Ou préférais-je contenir la douleur que j’ai supporté jusqu’à aujourd’hui et qui me permets de rester néanmoins en paix avec mon entourage ? ».
Je disais, à l’un d’entre vous, que le fait qu’un musulman prenne conscience que malgré sa conversion à Christ, l’islam soit toujours présente dans son âme, eh bien que, c’est déjà voir la racine du mal.
La prière quotidienne, les efforts répétés ne suffisent pas le plus souvent à arracher le mal ; et nous savons que cette racine a commencé à disparaître lorsque la paix est venue remplacée la colère, lorsque la joie est venue remplacée la tristesse ; donc lorsque l’Esprit Saint a pris sa place.

Notre vraie nature doit se séparer à jamais de la religion qui est une subversion de la vérité.
Ce que nous avons nommé ou ce que nous nommons encore « Révélation » doit revenir à sa place : au feu de la destruction.

Alors je sais que cela est plus facile à dire qu’à faire.
Mais « l’humilité précède la gloire » et cette parole de Dieu fait toujours son effet un jour ou l’autre dans le cœur de ceux qui s’agenouillent.

Comme je le disais, le dieu de la guerre peut se révéler partout : dans toutes les religions comme dans toutes les Écritures proclamées« saintes » ; et surtout ce mauvais esprit va se renforcer là où vous trouvez de l’eau à votre moulin : en isolant les versets, en les faisant sortir de leur contexte ; car vous aurez des preuves de ce qui vous tient à cœur de voir.
Si je veux voir un dieu cruel qui massacre à tout va ses opposants, alors je le verrai dans la Bible et j’aurai des tas de versets en exemple.

Je vous donne un exemple de taille :
Josué et la conquête de Canaan (qui n’est d’ailleurs pas une conquête mais un héritage) ; Eh bien, l’héritage de Canaan a pour beaucoup été compris comme un massacre au « nom du Dieu cruel d’Israël ».
On y verrait la même stratégie impitoyable et d’extermination que celle du dieu de l’Egypte et des Pharaons.

Ma première Bible Segond avec les commentaires de  Scotfield attribue le thème principal du livre de Josué comme « la conquête de Canaan » (et il n’est pas le seul à voir les événements ainsi) ; Et le théologien n’hésite pas à justifier l’extermination des habitants de Jéricho par un peuple élu qui vient conquérir manu militari sa terre promise.
Alors oui… il y a une cruauté apparente si l’on ne prend en considération que ce verset : « Ils s'emparèrent de la ville, et ils dévouèrent par interdit, au fil de l'épée, tout ce qui était dans la ville, hommes et femmes, enfants et vieillards, jusqu'aux bœufs, aux brebis et aux ânes. » (Josué 6-20-21)
Oui, là on peut se dire que la ville de Jéricho et ses habitants ont tous été massacrés au nom de Dieu.

Mais est-ce-la réalité des faits ?

Ce verset est-il révélateur des 5 chapitres précédents sur les circonstances de la traversée du Jourdain et de la prise de Jéricho ?

Non, absolument pas, car déjà ce n’est pas une conquête que Josué fait en venant s’établir à Canaan. C’est un héritage que Dieu lui donne ; un héritage qu’il vient prendre, mais dans des circonstances très (très) spéciales.
Dieu ne lui dit pas : « va et empare-toi de Canaan, gagne-le par la force » non, il lui dit : « entre dans le pays que je donne aux enfants d’Israël »

Josué ne vient pas en tyran et en roi conquérant, en faisant comme lui pense être le mieux, (par exemple : en tuant les opposants infidèles et en laissant la vie à ceux qui se convertissent à la religion des Israélites).
Ici, ce n’est pas de conversion, ni de conquête (je le répète) dont il est question, mais si vous avez bien lu les cinq premiers chapitre du livre de Josué, vous vous êtes sans doute rendu compte que c’est Dieu lui-même qui intervient par des prodiges et des intentions précises, voire même irréalistes.
Ces intentions, Dieu va les communiquer progressivement à Josué, successeur de Moïse, au moment voulu.
Josué ne savait pas à l’avance comment il entrerait en Canaan et ce qui se passerait une fois devant Jéricho.
Et en tous les cas ce n’était surtout pas un massacre à l’aveugle dont lui et son armée était vouée.
Il y avait (juste pour en faire état) des choses saintes dévouées par interdit (consacrées à Dieu, qu’il ne devait pas toucher)).
Et puis, avant d’amener ses troupes, Josué reçoit d’abord l’ordre d’envoyer des éclaireurs (messagers) dans le secret.
Car le but de Dieu est d’aller préparer un peuple, celui qui habite Jéricho.
Comment le sait-on ?
Car, devant Jéricho, un ange apparaît à Josué, lui demandant d’ôter ses chaussures car ce lieu est saint. Eh oui, là où Elohim combat, le lieu est saint.

Maintenant, comment préparer ce peuple?

En se révélant à lui par la crainte (mais pas la crainte de la mort, mais la crainte dans le sens d’un grand respect, d’une grande estime ou d’une reconnaissance infinie pour le Dieu d’Israël).

Est-ce par la pratique de rites qu’il va préparer ce peuple ?

Non, pas du tout.
Elohim ne veut pas les circoncire, il veut avant tout que leur racine soit profonde et c’est par leur renoncement, leur sacrifice que se fera la séparation ;

Et ce n’est pas un hasard si les messagers rencontrent en premier  dans Jéricho, la prostituée Rahab qui va les recevoir comme des anges, dans l’humilité, en les suppliant de l’épargner, elle, et toute sa famille.
Elle va cacher les messagers dans sa maison, puis les aider à fuir les soldats en les faisant descendre par la fenêtre, pour éviter qu’ils se fassent lyncher.
Elle avouera que la crainte de leur Dieu l’a saisi elle aussi : « L’Eternel je le sais vous a donné ce pays, la crainte que vous inspirez nous a saisi, et tous les habitants du pays tremble aussi ».

Vous voyez que Jéricho et la vallée de Canaan avait eu connaissance du Dieu d’Abraham qui délivre et qui donne héritage.
Cet héritage n’est pas seulement pour les gens de Josué, il sera pour Rahab aussi et pour ceux qui pensent et agiront comme elle.
Les risques qu’elle prend alors, les efforts qu’elle emploie pour protéger et sauver les deux messagers d’une mort certaine, vont lui être salutaire.
« La ville sera dévouée à l'Eternel par interdit, elle et tout ce qui s'y trouve; mais on laissera la vie à Rahab la prostituée et à tous ceux qui seront avec elle dans la maison, parce qu'elle a caché les messagers que nous avions envoyés. »
Dieu va préparer d’abord les israélites de l’autre côté de la frontière, en les faisant se sanctifier, puis en leur faisant franchir la rivière : le Jourdain, à sec, (comme Moïse l’a fait avec la mer rouge) afin que par ce prodige ils aient tous la crainte de Dieu ; puis en faisant circoncire ceux qui ne l’avaient pas été… et ce n’est pas fini… Dieu  n’oublie pas les Cananéens, ceux de Jéricho qu’il va préparer.
Et Elohim (comme à son habitude) ne vient pas rassembler un peuple par un roi, ou par un homme illustre, mais ici, par une femme et qui plus est : est une prostituée, une femme de mauvaise vie.
Alors, Certains sûrement vont se joindre à Rahab la prostituée, car sa maison, seule, sera épargnée.
Le signe de protection et de reconnaissance sera un cordon rouge qu’elle mettra à sa fenêtre comme un signe de son sacrifice (le sang, la couleur rouge, le sang de la circoncision, mais celle de son cœur).
Rappelez-vous l’alliance de Dieu est une alliance de sang, elle se fait au moyen du sacrifice. Le sacrifice des élus, c’est celui de l’agneau immolé.

Maintenant, observons bien les étapes liées à la préparation :

-Les rois des Amoréens, les rois des cananéens, ont commencé à avoir la crainte de l’Eternel, quand ils apprirent les prodiges que l’Eternel avait fait pour Israël, « ils perdirent courage et furent consternés, leur cœur se fondit » (Josué 5 :1) ;
-Certains de Jéricho auront la crainte de Dieu, rien qu’en voyant les murailles s’effondrer au son des trompettes.
D’autres au contraire s’endurciront davantage et prépareront leur propre perte et celle de leur famille en s’équipant pour le combat.

Ceux qui éprouvent de la crainte dans Jéricho vont d’abord pendant sept jours (les jours pendant lesquels les sept sacrificateurs sonnaient de la trompette en faisant 6 fois puis à la fin 7 fois le tour de la ville) avoir le temps de prendre conscience de leur état, de s’humilier en voyant l’armée de Josué défiler en criant derrière l’Arche de l’Alliance ; il vont avoir le temps de se souvenir de ce que l’Eternel a fait en les faisant sortir d’Egypte, puis en passant à sec dans le Jourdain ; et bien sûr ils auront le temps de se repentir (rappelez-vous les sept jours de repentance de Lévitique 12, les mêmes jours que pour une femme impure mettant un enfant mâle au monde, cet enfant ici : c’est la nouvelle nature, c’est l’homme nouveau qui renaît).

Le Dieu d’Israël, nous montre toujours comment s’établit son alliance (et c’est le même procédé que l’alliance faîte plus tard avec Jésus-Christ),
-Il n’arrive pas dans un lieu sans informer les habitants de son plan, en sonnant de la trompette ;
-Il n’intervient pas sans donner les moyens à tous de se préparer à la délivrance.
-Il laisse du temps, il attend que la crainte saisisse les uns et les autres.
-Il est rempli de compassion pour ceux qui ont un cœur brisé et humble.
Il l’a fait avec Ninive quand Jonas est venu avertir, que dans quarante jours Dieu viendrait détruire la ville. Jonas connaissait parfaitement les plans divins : le signal de la destruction fait appel à la repentance. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil.
Et ce qui devait arriver arriva, il y eut de nombreuses conversion dans la grande cité de Babylone.

Croire alors, que seul Josué et les fils d’Israël sont seuls héritiers de la promesse, c’est encore restreindre considérablement Dieu et ses projets.
C’est oublier encore qu’il est celui qui greffe un autre bois au bois de Juda ; qui greffe un autre sarment au cep d’Israël. C’est oublié qu’il y a deux figuiers : Un figuier sec et un figuier fertile ; Et c’est mal connaître le caractère de notre Dieu qui se complaît dans le fait de sauver un misérable, un laissé pour compte, qui se complaît aussi à délivrer un prisonnier de ses chaines, un opprimé de ses oppresseurs. 
Dans le cadre de Jéricho, il y avait un bois à sauver, un bois à greffer sur le bois d’Israël.
Josué n’incarne pas seulement avec son nom : « l’Eternel est sauveur », c’est le plan du salut qui est dévoilé, ici avec lui. Et c’est en toute logique que l’entrée en Canaan va dévoiler comment et pour qui s’exerce le salut divin.

Car, du côté des enfants d’Israël, il y aura aussi, parmi eux un bois, qui sera émondé et mis au feu.
Parce qu’il n’y a rien d’automatique et de prédestiné dans le projet divin.

Dès le chapitre 7 du livre de Josué, le châtiment tombe. Il tombe sur Acan fils de Carmi, de la tribu de Juda qui s’empara de choses dévouées par interdit à Jéricho ; il s’est mis à voler, mentir et cacher de l’or et de l’argent consacrés à l’Eternel : Résultat : les enfants d’Israël s’enfuirent devant l’ennemi et beaucoup tombèrent dans un combat qu’ils auraient dû gagner haut la main.
Et ce n’est pas tout… on fit à Acan la même chose qu’aux habitants de Jéricho : Acan et toute sa famille, ses bœufs et ses ânes furent brûler et lapider (bref : massacré).
Je vous rappelle ce que j’avais écrit sur Moab qui est vis-à-vis de Jéricho, la première ville de Canaan, là où Moïse campa en vis-à-vis et y fit le dénombrement de son peuple et où coulaient d’abondantes eaux.

Moab comme Jéricho est sur la frontière ; et cette frontière (le nombre19) sert à séparer les justes des impies.

Dieu a envoyé souvent Moïse sur cette frontière pour juger son peuple.
Moïse y avait reçu l’ordre d’attribuer les terres et l’héritage pour chaque tribu.

Vous voyez, le temps du jugement venu, le trie se fait. ; Et il se fera de chaque côté de la frontière (d’un côté comme de l’autre).
Le prophète Jean Baptiste montrait lui aussi parfaitement cette justice, quand il répondit aux pharisiens : «  produisez donc des fruits dignes de repentance et ne prétendez pas dire en vous-mêmes : nous avons Abraham pour père ».
C’est trop facile de dire : « ce qui nous sauve, c’est que nous avons tous pour père Abraham ! »
Rien ne se fait par une filiation généalogique ou religieuse, mais tout se fait par des actes dignes de repentance.

Alors c’est vrai : Jésus ne fait que rappeler ce qui s’est déjà passé à Jéricho : « il y a beaucoup d’appelés et peu d’élu ».
A Jéricho, une seule maison fut épargnée et le nombre de personnes qui vont s’y réfugier à la suite sans doute du témoignage de Rahab, la prostituée, n’est pas un nombre impressionnant.
Mais il faut le surligner au trait rouge : Rahab a été la seule personne rassembleuse à Jéricho, la seule à exercer un ministère d’évangéliste (Elohim se choisit toujours une personne, et c’est toujours une voix d’archange qui rassemble les élus)  ; Rahab était la seule voix d’archange, la seule à avoir les épaules assez larges pour accueillir les élus chez elle. « Large » c’est ce que signifie son nom, mais c’est aussi pour montrer que sa force morale, son courage aussi était particulièrement large et imposant pour pouvoir endurer toutes les difficultés liées à sa position sociale et à son amour pour le Dieu d’Israël (tout allait contre elle).
A cause d’elle, Josué a été contraint d’enlever ses chaussures, car il entrait sur une terre sainte.

Pourquoi à cause d’elle ?
Parce que d’abord la prise de l’héritage de Canaan ne commence pas dans la cruauté et la barbarie, (ça c’est l’apparence) mais en premier dans la justice et…aussi l’amour.
Oui vous avez bien entendu : l’amour,
Rahab la cananéenne incarne l’alliance de Dieu avec les hommes, car elle fera bientôt alliance avec Salmon un Judaïte et ils auront un fils Boaz qui sera ni plus ni moins que le grand père du roi David (Matthieu 1 :5 Généalogie de Jésus-Christ :« Salmon engendra Boaz de Rahab ».

Elohim rassemble ses familles ; et en Jéricho, il y a avait la famille du fils de Dieu : Jésus-Christ. (encore un clin d’œil divin, car aujourd’hui nous somme le 16 février : 16, c’est le nombre des familles rassemblées)

Alors ne soyons pas obnubilés par le sang répandu après la chute des murailles de Jéricho.
L’odeur de mort qui s’est répandue là-bas, n’est pas la faute d’un dieu cruel, mais bien d’un peuple rebelle, endurci, qui a fait un choix terrible en préférant son plaisir plus que Dieu et donc qui a préféré la guerre à la paix, la mort à la vie.

Aujourd’hui, ne croyez pas que le jugement de Jéricho soit dépassé et du passé.
Nous sommes sur la même frontière du jugement. Les mêmes justes et les mêmes faux justes ou impies sont et seront dénoncés, dévoilés et pour finir trier comme on sépare le bon grain de l’ivraie.
Notre Dieu, nous dit simplement comme à Josué : « fortifie-toi et prends courage en agissant fidèlement selon la loi. »
Amen.

dimanche 9 février 2020

JÉSUS, ALLAH, JÉHOVAH NE SONT-ILS PAS UN ? LE CORAN, LES ÉVANGILES, LA THORA SE REJOIGNENT-ILS ?

316

Par Eric Ruiz

Souvent on a tendance à dire que les mots ne sont pas révélateurs de la vérité.
C’est vrai en parti, mais en parti seulement, car on ne peut pas dire, par exemple, que même si nous l’exprimons différemment, nous avons tous le même Dieu.

Souvent on fait l’amalgame avec les religions monothéistes entre elles : en disant : en fait, elles ont le même Dieu. Les musulmans, les chrétiens, les juifs, ils ont tous le même Dieu.  
Derrière les noms de Jésus, Allah, Jéhovah, n’est-ce pas la même entité spirituelle, non ?

Eh bien pas du tout.

Disons-le tout de suite : Le dieu de l’Islam, n’est pas un dieu de paix, c’est un dieu de colère qui aime la guerre.
Pour exemple, la sourate 5 verset 33 dit : « il y a une récompense pour ceux qui font la guerre contre Allah et son messager…c’est qu’ils soient tués ou crucifiés, ou que soient coupées leur main ou leur jambe opposées ou qu’ils soient expulsés du pays. ».

Le Coran montre Allah le très haut, l’unique, le souverain qui aime être adoré lui-seul ; il est d’une pureté inégaléé et inégalable ; il est « audient omniscient », parce qu’il sait tout et voit tout ;mais le hic et qu’il ne partage pas sa gloire avec l’homme, car c’est lui et lui seul la gloire. il n’a aucun fils incarné ou aucun fils à préparer («  il est trop glorieux pour avoir un enfant » sourate 4 verset 171) ; ce qui signifie qu’il ne permettra à aucun homme de pouvoir l’égalé ; et il est par-dessus tout : dur et intransigeant avec les infidèles et les mécréants.
On observe souvent à la fin des versets (comme pour rassurer un peu le lecteur) : « Allah est Pardonneur et Miséricordieux ».

Mais, où se trouvent la miséricorde, le pardon, la grâce divine ?

Pour les mécréants : « Allah leur montrera leurs actions source de remords pour eux, mais ils ne pourront pas sortir du feu »( sourate 2 verset 167).
Le salut d’Allah est pour ceux qui le méritent par leurs actes et leurs rites ; et pour les autres , c’est le feu (l’enfer) qui brûle éternellement. « Allah est dur en châtiment ! » (Verset 165) dur en punition (verset 196) dur avec les mécréants…
Donc beaucoup de ceux qui aiment l’islam sont inflexibles, ils aiment, la dureté, l’intolérance l’intransigeance, bref la guerre.
En tous les cas c’est ce que nous montre le Coran, qui n’est pas implicite (il n’y a pas de paraboles ou de récit voilé où l’interprétation est difficile, mais c’est une succession de lois, de préceptes, c’est un ensemble d’écrits juridiques comme un code civil ou un code militaire)

 Eh bien le Coran va dans le sens du talion (œil pour œil) et même parfois bien au-delà : «  s’ils vous combattent tuez-les ! telle est la rétribution des mécréants » (verset 191).

L’amour du prochain est moins mis en avant que la rétribution, la réprimande, le châtiment des actes de chacun.

« Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent », donner son manteau à celui qui le réclame, tendre l’autre joue…Mais ces actes qui mettent un comble à l’amour ne figurent pas dans les écrits coraniques qui vont plutôt dans un sens opposé et radical.

Vous me direz à raison : qu’il y a des islamistes modérés, qui aiment de la sorte en faisant du bien à ceux qui les méprisent ou les maltraitent.
Oui, parce qu’ils ne sont pas islamistes dans l’âme.
Ils ont décidés de ne pas s’opposer, de ne pas faire la guerre à la doctrine de guerre.
Ils aiment leurs ancêtres et veulent conserver la culture qui émane de l’Islam.
Mais (il faut le dire aussi) beaucoup ont peur de quitter cette religion. Peur des représailles, peur des conséquences,
La sourate 3 verset 85 dit : « Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agréé. Et il sera dans l’au-delà parmi les perdants » ;

« Craignez Allah ! »
Ce commandement revient sans cesse dans le Coran (« craignez-moi si vous êtes croyants » dit un verset). Pourquoi une telle menace, un tel appel à la crainte, alors que la Bible emploi ce mot plutôt dans le sens inverse « ne craignez pas » ? ou alors en montrant que la crainte vient naturellement avec l’Esprit : « ils furent saisis de crainte »?
La crainte donnée comme un ordre, fait se dresser une haute muraille religieuse et la captivité est une de ses principales forces.

Attention, je ne suis pas en train de faire un procès aux musulmans, mais en train de faire comme avec le christianisme ou le judaïsme : de relever, de mettre la lumière (Apokalopsis en grec : l’apocalypse) sur ce qui est vrai comme sur ce qui est faux.

Le chrétien, comme celui qui met sa foi dans la Thora et qui ne s’est pas converti et reconverti, deviendra inévitablement un islamiste dans l’âme, simplement parce que toute religion prône la crainte, qu’elle est rigide, intransigeante et qu’elle pousse au sectarisme et à la destruction.

Quand je vois la relation qu’ont des chrétiens avec Jésus, la relation qu’ont des juifs avec le Dieu d’Israël et des musulmans avec Allah, c’est le même dieu qu’ils invoquent et vers qui, ils se soumettent dans la crainte et la rigidité des préceptes stricts, appliqués point par point.
Ils sont si scrupuleux, si pointilleux, à la virgule, à la lettre près.

Ce qui passe en premier, c’est alors, l’obéissance stricte aux textes saints, l’obéissance à un ensemble de rites et de lois.
Le Coran veut dire « La récitation ». Des musulmans récitent des sourates en prières à heures fixes, comme des catholiques récitent des chapelets entier de prières, comme aussi des protestants récitent des versets bibliques… ne croient-ils pas tous dans le même rite : la récitation ?
La parole récitée posséderait alors un pouvoir inégalé.
Réciter inlassablement des paroles enivre l’esprit, cela fait tourner la tête et donne l’impression d’être rempli de mots saints ; cela donne l’apparence d’une sainteté plus grande.
Mais aussi cela donne l’impression que tout est prévu d’avance, alors que la vie avec Dieu est tout simplement l’inverse : une aventure au quotidien où justement, l’Esprit saint s’invite au moment où l’on ne l’attend pas forcément.
Mais cela prouve une chose :
Que ceux qui récitent ont peur d’être autre chose que des serviteurs d’un dieu inaccessible et c’est pourquoi ils  le resteront (serviteur). Ils n’auront jamais d’autre statut que celui de serviteur car ils auront toujours peur d’échapper au pardon de Dieu. Réciter par cœur, revient alors à se rassurer sans cesse. C’est une échappatoire tout simplement à la liberté en Christ.

Le Coran dévoile par conséquent cette  relation dominant-dominé : maître-serviteur par un constant monologue de Dieu envers l’homme. Ce monologue est exactement le même par celui aussi qui lit sa Bible avec des yeux légalistes : il ne voit pas un Dieu incarné, qui vit et se plait au milieu des hommes régénérés, mais un Dieu séparé de sa création, qui l’oblige d’une certaine manière à rentrer dans une histoire où tout est établi à l’avance, une histoire immuable où les jours de chacun sont prédestinés.

De plus, la vie de ses croyants-là et une lutte incessante. Ils luttent contre des adversaires, ils luttent contre un monde hostile et injuste envers eux, ils luttent tous, contre leurs mauvais instincts, sans jamais pouvoir s’en séparer.
ils veulent à force d’efforts revenir en arrière, à leur nature ancienne, mais ils devraient plutôt changer fondamentalement de nature (mais sans la conversion et la repentance, c’est impossible !).

Donc, dans ce sens pragmatique : toutes les religions se valent, car il y a beaucoup d’islamistes et très peu de vrais croyants dans toutes les religions.
Tout ce qui est « isme » renvoie à la subversion de la révélation, à la crainte, à la violence et pour finir à la guerre.
C’est pourquoi un musulman qui se converti au christianisme peut toujours rester musulman ; il n’a pas de gros efforts à faire, il a simplement à changer de livre (passer du Coran à la Bible, quoique la Thora et les Évangiles ne sont pas des écrits interdits…Allah les aurait lui-même envoyé, Sourate 3 verset 3). Mais celui qui a changé de lecture n’a pas changé de Dieu, s’il est toujours aussi légaliste et méchant.
Alors oui, vous aurez sans doute compris que les assemblées chrétiennes engendrent de nouveaux convertis….à l’islam ; elles engendrent le même monstre terrifiant légaliste et méchant.

Pourtant, dans la Bible, Le Dieu d’Abraham, le Dieu de Jacob montre dès le début un caractère bien opposé. Il n’est pas belliqueux, lui.
Il se présente comme un Dieu de paix : Le schilo
Genèse 49 :10 Jacob vient bénir ses fils et prophétiser sur Juda de la manière suivante :
« Le sceptre ne s'éloignera point de Juda, Ni le bâton souverain d'entre ses pieds, Jusqu'à ce que vienne le Schilo, Et que les peuples lui obéissent. »

Le fils de l’homme, le fils de Dieu, le prophète providentiel, c’est le schilo  C’est un mot hébreu qui signifie : le pacifique, Le tranquille, le repos.
Ici les peuples ne vont pas lui obéir par la peur ou par une soumission forcée, ce n’est pas un guerrier comme Mahomet qui vient établir son royaume, mais l’obéissance se fait par l’état de paix qu’il procure : le schilo.
Et le son de la voix de Dieu ne se fait pas dans un bruit de tonnerre, mais dans un doux murmure, comme avec le prophète Elie.

Donc le vrai croyant ne cherchera pas à savoir qui a raison dans les religions…Est-ce le dieu des chrétiens ou celui des musulmans ou encore celui des juifs ?
Non, il cherchera le seul et unique Dieu de paix et d’amour ; ce dont il a besoin au plus profond de lui.

Quand on a soif, on cherche de l’eau, pas de la nourriture.
Donc un assoiffé ne pourra ni se contenter de la nourriture du judaïsme, ni de celle du christianisme, ni de celle de l’islam car c’est le même dieu, elle n’étanchera pas sa soif.
La femme de Samarie, elle qui n’était pas juive, en venant boire à la source de Jésus ne venait pas embrasser une nouvelle religion. Jésus lui dit : « les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; ».
Voilà l’eau véritable qui seule désaltère définitivement: elle ne provient pas de la lettre, mais de l’esprit et de ceux qui préfèrent la vérité au mensonge, et donc qui ont choisi de se débarrasser du mensonge qu’ils abritaient eux-mêmes.

Maintenant, la Bible nous met en garde contre l’autre dieu, celui qui ne procure ni paix, ni tranquillité et qui oppresse et détruit :

Ce dieu de la colère va dès le début être congédié et séparé de l’assemblée des justes :
« Maudite soit leur colère, car elle est violente, et leur fureur, car elle est cruelle! Je les séparerai dans Jacob, et je les disperserai dans Israël….Que mon esprit ne s'unisse point à leur assemblée! Car, dans leur colère, ils ont tué des hommes… » (Genèse 49 :6-7).
Ici on ne s’adresse pas à des Égyptiens, c’est Jacob qui donne une prophétie pour ses fils et ici c’est pour Siméon et Lévi. «  leurs glaives sont devenus des instruments de violence ».
Le jugement est dur pour ceux qui ont le cœur dur !
La terreur, en fait, s’établit contre ceux qui courbent le dos devant ce dieu colérique qui est annoncé dès la Genèse, au sein même des 12 fils d’Israël.
La Bible ne montre pas une justice par les armes mais une justice faite par la paix.
Les âmes sont gagnées par l’amour, un amour empreint de force par le sacrifice et non par la crainte. Le véritable amour, bannit la crainte.

La colère, quant à elle : c’est la puissance de la première corne de la bête de l’Apocalypse.
Cette corne se caractérise par l’esprit d’Egypte. L’hébreu emploie "mitsrayim" signifiant double oppresseur.
Pharaon avait cet esprit doublement oppresseur en s’opposant à Moïse.
-La première oppression est la captivité.
C’est cet esprit qui crée l’esclavage, la colonisation, qui asservit les autres. L’histoire des nations et des religions abondent de récits qui vont dans ce sens.
-La deuxième oppression provient de l’arrogance qui finit inévitablement dans la guerre. L’arme est un glaive qui sert à exercer la domination et la vengeance, elle sert à étendre son territoire.
Lorsqu’on se réfugie en Egypte, on met sa « confiance dans les chars et les cavaliers », nous dit le deuxième livre des rois chapitre 18 verset 24.

Notre époque, mais aussi toute l’histoire des nations est flagrante de cette confiance émise dans le Dieu de la guerre.
Les chars et les cavaliers islamistes sévissent sur toute la surface de la planète ; pas seulement par « le djihad »  mais aussi par une autre forme de djihad, dans les assemblées chrétiennes qui aboutit à la guerre et à la destruction des lieux de culte.
Pareil, l’histoire des croisades ont révélées des esprits cruels et meurtriers dans tous les groupes, parmi toutes les nations (pas seulement chez les chefs musulmans ou les chez les croisés, mais aussi chez les petites gens, eux aussi remplis de haine et de vengeance) ;
De même l’empereur Constantin très catholique (soi-disant converti à la suite d’une vision de la croix de Christ dans le ciel) ne l’empêchait pas d’être un chef militaire cruel et meurtrier au point de tuer son beau-père.
Cet esprit mauvais s’associe à une autre corne de la bête : Balaam (prophète cherchant à égarer les israélites qui avaient suivi Moise) et qui signifie : « destruction du temple ».

(Juste une aparté pour revenir sur la prophétie d’Esaïe 30 :3
« La protection de Pharaon sera pour vous une honte, Et l'abri sous l'ombre de l'Egypte une ignominie. ».
Le déshonneur et la honte sont pour ceux qui viennent détruire et déporter des innocents, mais aussi ceux qui se sont mis sous la protection de ces meurtriers. Appartenir au groupe ou à la religion de ceux qui détruisent produit ce sentiment d’amertume, quel que soit la religion : musulmans, Juifs ou chrétiens.

Le Dieu biblique, quant à lui, n’incite pas au crime, ni à la violence proportionnée.
L’Evangile de Jésus-Christ n’est pas fondamentalement nouveau par rapport à celui de Moïse.
La circoncision de cœur, l’amour profond, le pardon est toujours ce qui va départager, diviser et séparer les personnes, les familles et les peuples.
Mais il n’y a jamais, pour personne, de condamnation définitive.
Salomon roi d’Israël, désobéit, se prend pour Dieu lui-même, sa sagesse, son or, sa réputation lui monte à la tête. C’est son Royaume, après lui, qui sera divisé ; lui tombe dans la dépression, mais il n’est pas détruit. Il est enterré aux côtés de ses ancêtres.
Car ce n’est pas l’homme qui a la possibilité de revenir vers Dieu, mais c’est Dieu lui-même qui a toujours décidé de revenir vers les hommes.

« Je ne veux pas contester à toujours, ni garder une éternelle colère, quand devant moi tombent en défaillance les esprits, les âmes que j'ai faites » (Esaïe 57 :16).
« Dieu ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours; » Psaumes 103 :9

Voilà ce que Dieu demande à tous en contrepartie :

« Reconnais seulement ton iniquité, Reconnais que tu as été infidèle à l'Eternel, ton Dieu, Que tu as dirigé çà et là tes pas vers les dieux étrangers, Sous tout arbre vert, Et que tu n'as pas écouté ma voix, dit l'Eternel. »(Jérémie 3 :13).

 Donc le Dieu de la Bible est compatissant, lent à la colère et pour finir libertaire ; il délie les liens, il fait grâce aux opprimés, il ne se détourne pas de celui qui crie à lui, et il adopte des fils en les baptisant de son esprit.
Quel grand écart comparé au dieu de l’Islam qui est très possessif, arrogant et intransigeant… et disons-le : extrêmement oppresseur comme l’Egypte.

Le prophète Jérémie avertit les croyants en leur interdisant d’aller en Egypte pour y demeurer.
Pourquoi ?
Des juifs se convertiraient-ils à l’Islam ?

Non, l’aveuglement va dans les choses profondes de la foi.
Se mettre en colère, rentrer en guerre contre les autres, les rendre captifs de ses passions, leur faire craindre ses réactions et ses propres idées, c’est cela être un Pharaon et forcer l’autre à rentrer en Egypte.
Instaurer une théocratie par la force, la cruauté en s’emparant de tous les pouvoirs (religieux, politique et juridique) c’est utiliser une force de dissuasion illicite que l’on retrouve partout ( dans les assemblées chrétiennes comme dans les synagogues ou les mosquées).

Les démons ont ce pouvoir lié à la colère. Daimon est une construction de deux mots grecs : « Daio »  qui signifie feu et de « Haima » qui signifie sang. Les démons c’est le feu dans le sang.
Lorsque nous prenons l’expression pour identifier un caractère : nous disons parfois c’est un sanguin.
Un « sanguin », c’est un colérique, une personne qui a le feu dans sang, qui part au quart de tour, qui s’emporte rapidement et devient violent.
Voilà comment peux s’exprimer le Pharaon qui est en nous si nous le laissons prendre place.

Le Coran est un autre évangile ; un évangile de guerre, il met en scène l’histoire biblique mais en retire l’essentiel : le sacrifice de Issa , (Jésus) et sa fonction de Fils né du Père pour accomplir la purification et le rachat dont chaque être humain a besoin.

La Thora n’est pas un ensemble de livres contradictoire, mais tout comme les Evangiles, si le cœur est mal disposé on y verra la même chose que dans les écrits du Coran.

Que recherchez-vous en Dieu ? Un esprit de guerre ou un esprit de paix ?

Si c’est celui de la guerre n’importe quelle religion vous l’apportera. Si c’est la paix : un seul et unique Dieu vous comblera : le Saint-Esprit.

Il s’agit par conséquent de ne pas montrer encore une fois un ennemi hors de soi mais un ennemi en soi, celui de « l’esprit de l’Egypte ».
C’est cet esprit mauvais et puissant qui vit dans le croyant sûr de sa voie, qui craint et se fait craindre et qui est intransigeant, violent (pas forcément en acte mais en tous les cas en paroles) vis-à-vis des incroyants ou de ceux qui ne croient pas comme lui.

Voilà le démon, voilà l’esprit mauvais qu’il faut chasser.
Si ce démon vit en vous, priez jeûner et éloigner-vous de toute violence, et de tout jugement sur les autres.
Amen

dimanche 2 février 2020

LA PASSIVITÉ: UN DÉFAUT ou UN DON SPIRITUEL ?

315

Par Eric Ruiz

Ce 19 janvier 2020, j'étais encore au lit le matin, vers 9h00, dans un demi-sommeil, quand une idée forte vint finir de me réveiller : la passivité est une force.


Je me suis vu alors faire l'éloge d'un caractère, qui n'est pas très à la mode surtout dans les temps qui cours :
La passivité.

Se contenter de subir les événements, de ne faire preuve d'aucune initiative; en n'accomplissant aucune action personnelle; avec même un certain manque d'énergie. Tout cela rebute celui qui trouve son plaisir et son accomplissement dans l'action (pour moi, c’est un vrai contre sens, mon métier d’enseignant en EPS est basé sur l’enseignement de l’action, l’opposé de la passivité).
Notre société moderne nous enseigne, dès notre plus jeune âge, à agir sur les événements, sans les subir ; et qu'il est négatif de rester sans ne rien faire.

"L'oisiveté est la mère de tous les vices". Ça c'est la leçon de morale ; et l'homme intelligent dira: c'est à nous de changer le court des choses et de maîtriser notre destiné.
Mais tout n'est pas aussi manichéen et aussi tranché que cela.

Être actif est une bonne chose, comme à d'autres moments être passif peut s'avérer être la meilleure attitude. D'ailleurs, la passivité ne veut pas dire forcément de ne pas agir.
L’immobilité prend racine le plus souvent, c'est vrai, dans la résignation, la peur ou la paresse.
Or, celui qui est passif peut avoir un comportement déterminé, qui demande une force morale, dans la volonté de rester sans réagir.
Il est parfois beaucoup plus difficile de rester sans réagir, que de se lancer à corps perdu dans l'action.
Déjà, parce que ne rien faire abîme sérieusement notre image de soi.
Eh oui : Qui aime passer pour un mou, pire pour un profiteur ou un lâche?

C’est pourtant l’idée que laisse se propager notre société qui a sacralisé le travail. Parce que : être oisif, ce n’est pas ne rien faire, c’est ne pas avoir de travail.
La morale qui s’est propagée est celle-ci : Travailler met à profit des connaissances, des compétences, un capital, des richesses et le travail rend libre et en cela le travail a été associé à la bénédiction.
L’oisiveté a même été considérée comme l’ennemi de l’âme : un véritable démon.

L’Eglise officielle, l’Eglise d’Etat,  sacralise le travail car derrière la souffrance et le don de soi se cache la véritable cause : la possibilité pour elle de bénéficier de revenus supplémentaires provenant de classes sociales différentes. L’ouvrier, le petit salarié peut ainsi ajouter sa pierre à l’édifice religieux par des dîmes, des offrandes et des dons, divers).

Pour Jésus, le travail n’a jamais été un combat, ou un lien. Bien au contraire
Jésus payait l’impôt par un miracle ou il multipliait la nourriture lorsque le besoin s’en faisait savoir.
Il savait que son Père pourvoirait à ses besoins et à ses proches d’une manière comme d’une autre.
Est-ce pour cela qu’il faille bannir le travail ? Non pas du tout.
Mais nous ne devons pas en faire un but d’émancipation et de réussite, comme aussi un instrument de jugement : « son travail lui rapporte beaucoup : c’est bien, il a de la valeur; il ne travaille pas où son travail est perçu comme peu honorable, cette personne est quelconque, pire c’est un parasite ».
C’est comme pour le sabbat. Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. Eh bien pour le travail c’est la même chose : Le travail est au service de l’homme, qui ne doit pas en être esclave lui-même.

Jésus n’était pas contre le travail, il a laissé Simon Pierre pêché toute la nuit ; mais il s’est opposé d’une certaine manière à l’attitude de Pierre. Lorsqu’il s’est impatienté, ou lorsqu’il perdit courage face à une pèche infructueuse (il avait pêché toute la nuit sans rien prendre).
Jésus, patiemment, s’est assis dans une des barques et enseignait, puis (toujours patiemment) « lorsqu’il eut fini de parler, il lui dit «  avance là où l’eau est profonde et jetez vos filets pour pêcher ».
Nous connaissons bien-sûr la fin : ce fut une pêche miraculeuse.
Jésus avait moins comme but d’en mettre plein la vue aux autres que de montrer une foi basée sur l’amour du Père. S’occuper du royaume en premier et tout nous sera donné en surplus (voilà le message que Jésus voulait faire passer !).
Donc, se retrouver démuni, sans travail, sans voir d’utilité sociale n’est pas forcément une malédiction.
C’est même parfois la porte ouverte à de nouvelles solutions.
Les ouvriers de la onzième heure qui attendaient là, sans aucun travail ; ont été quand même inspiré à être au bon moment et au bon endroit puisqu’ils ont été embauchés pour travailler dans la vigne du viticulteur ; et même si le travail était presque fini, ils ont été payé comme ceux qui ont travaillé la journée entière. Ils n’ont, par conséquent, pas perdu leur temps (un fameux pied de nez au dicton bien connu : «  le temps c’est de l’argent »).

Par conséquent Jésus-Christ, mais aussi les prophètes comme le prophète Jérémie confirment  cette attente salutaire : « …Pour l’âme qui le cherche, il est bon d’attendre en silence (« en repos » nous disent Ostervald, Martin…) le secours de l’Eternel » (Lamentations 3 :25-26).

N’oublions pas que c’est dans le désert que Dieu prépare ses prophètes. Il les amène dans un endroit où plus rien ne peut les aider. Ils sont coupés du monde pour une bonne raison : afin de devenir dépendants du secours de l’Eternel.
Ils se sentent mourir à eux-mêmes, mais le désert à cette vocation : l’abnégation, ne plus se sentir exister, pour regarder ailleurs que vers soi.
Jésus de Nazareth a souvent dérouté ses adversaires avec cette attitude d’abnégation, cet état reposé, complètement détaché et aucune réponse,  silencieux face aux mépris, aux insultes, à la violence physique même.
Et ce n’est pas tout : il dormait dans le bateau, avec ses disciples, pendant la tempête ;
il est aussi resté inactif, quand il a appris la maladie de Lazare.
Personne dans son entourage n'a compris pourquoi, pendant deux jours, il a attendu que Lazare se meurt de sa maladie, avant de prendre le chemin de Béthanie.
Maintenant qu'on le sait c'est beaucoup plus facile de le comprendre.

Dans le jardin de Gethsémani, Jésus est resté là à attendre qu'on vienne le chercher pour l'arrêter et l'amener devant les juges. Pierre ne comprenait pas que Jésus ne fasse rien contre les soldats qui venaient l'arrêter et il a sorti sa dague pour les repousser.

On reproche aux êtres passifs de ne pas prendre leurs responsabilités, et de laisser les événements agir à leur place.
Eh bien, dans le cadre de Jésus, c'était exactement ses intentions. Il laissait les événements suivre leur court. Comme s’il voulait laisser pourrir la situation. Il n'intervenait pas.
Pourquoi ?
Parce qu'il savait qu'une puissance invisible anticiperait les événements à sa place.
D'ailleurs, n'est-ce pas juste après eux qu'eurent lieu les plus grands prodiges?
Toutes les résurrections ont été précédées d'un long moment d'inertie (un peu comme le calme qui précède la tempête) : la résurrection de Lazare comme celle de Jésus ont été précédées d’une grande inactivité.
Car c'était encore sans compter sur un fait essentiel :

Le Père est en lui et lui est dans le Père.

L'action du Père est invisible. Donc quand Jésus n'agissait pas, le Père en lui, agissait.
Faire les œuvres du Père ce n'est pas s'étourdir d'œuvres en tout genre.

Je sais, cette position rebute fondamentalement l’esprit religieux qui aime influencer directement l’autre. L’évangélisation d’ailleurs est enseignée, dans beaucoup de congrégations chrétiennes, comme une guerre à mener : Il faut se battre contre l’ennemi, il faut lutter contre les démons, il faut se battre contre les esprits contraires qui sont implantés au plus profond de l’incroyant. Il faut prendre l’ascendant spirituel sur l’autre pour l’influencer et le motiver à agir différemment.
Cette guerre spirituelle est d’ailleurs beaucoup plus une forme de Djihad islamique qu’un acte purement chrétien. On parle du paganisme qui a influencé le christianisme, mais l’islam a aussi son lot d’influences sur les chrétiens.
Se battre pour établir quelque chose de nouveau : C’est une subversion du vrai christianisme. C’est l’esprit de l’Egypte (la double oppression) qui agit alors : l’esprit de l’islam (je développerai cette idée très bientôt).

Notez bien, la guerre spirituelle, avec Jésus, n’existe pas.

Jésus semble même capituler, renoncer face à la force extérieure.
Le fils de Dieu ne s'est pas défendu, il s'est même laissé conduire comme une brebis qu'on amènerait à la boucherie. Et là je fais référence bien-sûr au célèbre passage du livre d'Esaïe chapitre 53.
Pourquoi un tel comportement est signe aussi d'un caractère de disciple de Christ?
Parce que Jésus est fils de l'homme et par conséquent il montre au vrai homme, à l'homme qui veut devenir comme lui, accompli, où se trouve la puissance, la véritable sagesse : la puissance puise sa source dans l'obéissance.

Le disciple puise alors lui-aussi ses forces dans l'obéissance. L'obéissance à qui?
A un mentor, à celui qui a reçu un ministère, celui que beaucoup montre comme prophète ou peut-être tout simplement l’obéissance aux principes de la foi que la religion vous a enseigné depuis si longtemps ?

Non, ce schéma classique doit être abandonné ; l’obéissance, ici n’a aucun principe, aucune règle ; c’est envers une puissance invisible que se trouve la vraie soumission.

Cette puissance invisible c’est celle de notre Père, celui que personne ne voit, qui est au ciel, c'est-à-dire dans une dimension inaccessible.
Nous pouvons néanmoins correspondre et même s'unir à lui, en montrant notre soumission. Mais cette soumission est comme celle de Jésus, le fils avec le Père, il n'y a aucun rapport hiérarchique.

Pourtant Jésus semble dire le contraire : « Si vous m'aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père; car le Père est plus grand que moi. »
 La notion de grandeur par la force, par le pouvoir est une notion très proclamée par le philosophe grec ou par le dirigeant romain. Donc c’est très occidental de penser ainsi.
Est-ce pour autant qu’il faille coller cette idéologie aux orientaux qui ont écrits les Evangiles ?
Ici, c’est Jean (Jean 14 :28) qui relate les mots de Jésus.
L’idée maitresse de ce contexte est de montrer que le Père est plus grand car il n’a aucune limitation. Jésus dit qu’il s’en va mais qu’il revient et qu’il va vers une dimension supérieure : le Père.
Le Père n’est pas enfermé et réduit à un corps physique, dans un espace ou un temps donné. Il est dans une liberté totale pour agir.
La différence se voit tout simplement dans la comparaison entre un prisonnier ligoté et emmuré ; et un être totalement libre. La comparaison est d’ordre libertaire plutôt que hiérarchique.

L'image la plus parlante et la plus représentative, est celle des deux chérubins en or pur se faisant face à genoux et couvrant le propitiatoire de l'Arche de l'Alliance avec leurs ailes.
La relation homme-Dieu n'a rien à voir avec celle d'un valet avec son maître. Cette soumission au contraire permet que l'homme, comme Dieu, soient tous deux au même niveau.
Cette relation bannit de ce fait toute idolâtrie disant que Dieu est le maître absolu, qu'il est le Seigneur des Seigneurs, qu'il est le tout puissant devant sa créature qui, elle, n'est rien.
Cette relation n'existe que dans le cœur et la pensée du religieux qui pense s'abaisser en élevant l'autre.

Mais attention, n'inversons pas les rôles : c'est l'homme qui s'est remplit d'orgueil et de suffisance. C’est donc à lui de s'abaisser et non le contraire. Dieu le Père lui ne change pas, sa position d'humilité a toujours été la même. Il est toujours resté à genoux.
Voilà la vraie relation celle qui permet que Christ vive en nous par l'Esprit saint : se faire face à genoux et regarder dans la même direction (le cœur).

Mais pourquoi à un moment nous devenons sourds à ses recommandations ?
Lorsqu'on nous n'entendons plus le Seigneur, c'est qu'il nous parle à genoux tandis que nous, nous sommes relevés et passés debout.
Lui chuchote ou murmure, mais notre oreille est trop haute pour l’entendre distinctement. Elle n'entend que des mots par-ci par-là. Impossible alors de connaître sa volonté et ses projets. Et notre attention se fixe alors non plus vers le cœur, mais vers l’apparence.
Voilà pourquoi l'orgueilleux se coupe lui-même de la voix de Dieu.

Obéir à Dieu : c’est la seule loi qui rend libre, parce que lui seul est libre et qu’il peut tout.
Jésus de Nazareth en avait pleinement conscience et il montrait cette voie royale en étant entièrement soumis au Père ; et la liberté… commence par l’inaction complète.
Obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes c'est la seule porte possible vers le ciel.

Alors, nous devons persévérer dans la patience. Ce fruit de l’esprit montre une altitude calme, reposée et passive, qui  laisse la place à notre époux, car sans lui nous ne pouvons qu'agir humainement en refaisant toujours les mêmes erreurs.
Combien prient… et agissent dans la foulée, précipitamment, pour se montrer qu’ils ont une foi agissante.
Ils pensent que Dieu leur répondra dans l’action ; Mais ils n’ont pas entendu la voix du Père puisqu’ils ont choisi eux-mêmes, d’où viendrait leur secours.
Ils se sont précipités dans l’action en se forçant à croire que la foi sans les actes n’est rien.  Mais, ils ont oublié qu’ « il est bon d’attendre en silence, en repos, le secours de l’Eternel ».

Passons maintenant au degré supérieur, au premier commandement
": Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée".

Ce commandement montre en fait les limites humaines, car aimer Dieu de la sorte est impossible dans notre état d'homme et de femme.
En clair : nous devons pour aimer Dieu, cesser d'être aimé, ou être persécuté par la haine des autres, ou encore ne plus avoir de considération pour notre âme;
Pour l'aimer de toute nos forces, nous devons ne plus avoir de force pour aimer ;
Pour avoir une relation proche avec lui, nous devons ne plus avoir de communion avec les autres; et pour l'aimer de toute notre pensée, nous devons être rendu incapable d'élaborer une théologie quelconque, être rendu au point même d'être incapable d'élaborer un choix cohérent, être vide et sans réponse pour son avenir.
Donc l'incapacité humaine rend possible la capacité divine.
Rappelez-vous Jonas, et les marins prisonniers d’une tempête qui devait les amener inévitablement à périr, n’avaient plus aucune solution. Leur désespoir les rendait dans l’incapacité de réagir.
Et c’est alors que les marins se sont convertis.
Job disait dans sa résignation à mourir : « Pourquoi espérer quand je n’ai plus de force ? Pourquoi attendre quand ma fin est certaine? ».
Donc pour en revenir à la passivité, pour agir avec Dieu nous devons être capable d'attendre passivement son réveil, son signal qui est un cri d’amour qui vient de l’intérieur et qui nous motive à agir (rappelez- vous ce cri : c’est le voile du temple qui se déchire de haut en bas.
Il y a alors une prise de conscience lumineuse de sa propre condition humaine.
Le premier tonnerre a lieu dans ces conditions, où toute action est superflue et ne sert à rien ; mais où la lumière vient éclairer nos ténèbres ou celles des autres.

Exerçons notre force. Soyons passifs dans les moments difficiles pour que le secours nous vienne de l’Eternel, Christ notre sauveur.
Amen