Par Éric
Ruiz
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Il n’y a
pas que les Égyptiens, mais tous les modèles humains se sont construits à partir
de la pyramide.
La forme
triangulaire ou la pyramide cache-t-elle, alors, un mystère particulier ?

Qui est à
l’origine de cette inspiration ?
Les désirs et les besoins de
l’Homme, tous deux
sont provoqués par le sentiment de manque ou par celui de l’absence.
Ils sont,
par conséquent, à l’origine de l’idolâtrie. (On se représente un objet pour
pallier à l’objet manquant du désir ou pour palier à l’absence de l’objet
manquant). C’est ce qu’on fait les Israélites : l’absence de leur prophète
Moïse (qui a été un objet d’idolâtrie) a provoqué le besoin de se faire un veau
d’or (un autre objet à idolâtrer).
La psychologie
sociale, avec la pyramide des désirs de Scapiro, a placé au sommet le désir
de valorisation de soi, comme étant le désir le plus élevé. La
pyramide des besoins de Maslow, elle, a placé au plus haut le besoin de
s’accomplir et le besoins d’estime (estime de soi, estime des autres
pour soi) comme étant le besoin le plus recherché de l’homme après ceux lié à
sa survie.
Ce n’est
donc pas un hasard, si de nos jours, il y a tant de mouvement religieux ou
spirituels reliés à l’épanouissement personnel, au développement personnel.
Par
ailleurs, le modèle social est toujours représenté par les plus riches au sommet
de la pyramide, ne formant que la pointe, la pierre de faîte, alors que la base
la plus grande représente la population la plus pauvre.
Le modèle politique,
mais aussi sportif et scolaire, reflètent également cette pensée générale, en plaçant
les élites au sommet, les bons ensuite, au milieu et à la base, la masse.
La masse :
qui sert toujours de réservoir à une élite dont l’objectif est de jouer le rôle
d’ascenseur, d’attraction et bien-sûr alimenté par la convoitise.
Tout est
régit par la convoitise qui est l’énergie principale pour évoluer dans la
pyramide : Les élites, les experts convoitant toujours plus, influençant
la masse ; et aspirant les meilleurs vers le haut, donc vers elle.
Le 666 est
vraiment partout.
Nous
pouvons constater qu’il n’y a pas que les francs-maçons qui possèdent cette
structure et ce symbole ; Eux dont les niveaux des loges les plus élevés (33ème
degré) illustrent cette élite de décideurs et de dirigeants, qui se cachent
comme les parrains de la mafia le font.
Donc pour
résumer :
Tout doit servir le sommet de la
pyramide et tout doit converger vers elle.
Tous ces
modèles ne font que de montrer, en fait, une seule chose : l’enfermement
de la réflexion humaine. L’homme, l’humanité ne peut évoluer qu’à l’intérieur de
cette sphère très étroite.
Cette
sphère (qui ressemble à une prison) est celle d’un comportement très
instinctif, que l’on peut assimiler à celui de l’animal, dont les actes sont
motivés par des réflexes conditionnés primaires. On est bien-sûr devant le
modèle de la bête de l’Apocalypse écrit par Jean.
Comment
sortir de ce modèle sclérosant animé par ce qu’appellent les
biologistes : notre cerveau reptilien?
La Bible nous offre-t-elle un autre
modèle pyramidal plus juste?
Tout
d’abord ne cherchons surtout pas à voir dans la pierre angulaire, dont se
réfère le fils de Dieu, une quelconque allusion à ce symbole triangulaire ou à
un mystère caché. La pierre angulaire fait référence à la partie la plus solide
d’un édifice ; et Jésus est cette partie inébranlable lorsque notre foi
repose sur lui. Il n’y a rien à prendre à un autre degré.
S’il faut
chercher un objet de culte, alors faisons comme l’enseigne Paul : » offrons nos corps comme un sacrifice vivant,
saint, agréable à Dieu.. » (Romains 12 :1).
Mais, une
question : il y a l’apôtre Pierre, lui aussi, ne parlerait-il pas d’une
pyramide dans 2 Pierre 1 :3-8 ?
Une
pyramide qu’il opposerait à celle de l’homme ? Il y aurait donc 2
pyramides : une humaine et l’autre divine ? Une pyramide qui
partirait de la base, la foi pour atteindre la pierre de faîte, la
perfection ?
Alors on
va lire 2 Pierre 1 :3-8 :
« Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui
contribue à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous
a appelés par sa propre gloire et par sa vertu, lesquelles nous assurent de sa part les plus grandes et les plus
précieuses promesses, afin que par elles vous deveniez participants de la
nature divine, en fuyant la corruption qui existe dans le monde par la
convoitise, à cause de cela même, faites tous
vos efforts pour joindre à votre foi
la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la
tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la
charité. Car si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles
ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de
notre Seigneur Jésus-Christ. »
Alors,
pour commencer, les versets cités ici sont très très long et les choses j’en
conviens à la première lecture ne sont pas si simples à comprendre.
Pour ma
part, on m’a enseigné et j’ai toujours lu et compris ce texte comme une
succession de qualités divines à développer. Nous devions faire tous nos
efforts pour joindre, pour atteindre un sommet qui est la charité, c’est-à-dire
l’amour divin absolu, l’amour agapao.
J’avais
trouvé, comme beaucoup, l’idée d’une pyramide, intéressante et très pédagogique
pour nous amener à comprendre comment nous devions, dans notre vie chrétienne,
faire des efforts pour aller vers la perfection en Christ. Et là, il fallait rajouter à la foi, une chose
puis une autre et encore une autre, jusqu’à l’amour agapé.
Mais
aujourd’hui en relisant ce passage, cette conception me parait fausse,
absolument fausse. Pourquoi ?
Pour
plusieurs choses.
1°) parce
que tout ce que Pierre vient d’énumérer avec la foi, la vertu, la science etc,
sont des qualités qu’un croyant possède déjà.
Pierre,
dès le premier verset, s’adresse à des croyants ayant reçu la même foi que lui.
« à ceux qui ont reçu en partage une foi du même prix que la
nôtre, par la justice de notre Dieu et du Sauveur Jésus-Christ… ».
Pierre
insiste sur la nature divine, que nous avons tous reçu par la foi, mais qui
peut être attaquée par 2 choses. Ces choses se sont 2 mots dans le texte :
la convoitise et la corruption.
Donc ce
qui est important ici de saisir, c’est que la nature divine que nous avons
revêtu dès le départ par notre foi, peut être corrompue.
Cette
nature divine n’est pas un revêtement définitif.
Cette nature peut être souillée par la
convoitise qui amène la corruption. Voilà l’idée de base du discours de Pierre.
Nous devons
réaliser que nous ne sommes pas « scellés » par notre foi ; et
Pierre nous met en garde contre une certaine dégénérescence de notre appel
divin.
Mais
attention ! Il n’est pas en train de nous dire comment faire pour arriver
à la perfection. Le contexte reconnaissons-le est totalement différent.
2°) Ce qui
nous fait arriver à la deuxième conception : les mots employés par Pierre (joindre à votre foi la vertu, à la vertu la
science, à la
science la tempérance,…) sont sortis de leur contexte.
D’abord « joindre » ne veut pas dire rajouter, mais réunir, mettre
ensemble;
Donc : foi vertu, science tempérance ne
sont pas rajoutés les uns aux autres ; ils ne sont pas hiérarchisés, mais
organisés par deux, deux par deux (la foi va avec la vertu ; la vertu va avec
la science, la science va avec la tempérance, etc…).
Il ne faut
oublier que c’est à cause de la corruption et pour éviter son développement que
Pierre développe l’idée de « joindre » d’assembler des éléments les
uns avec les autres.
Pourquoi
fait-il ainsi ?
C’est
justement ce que nous allons voir maintenant.
·
1er
élément : Pierre joint la foi avec la vertu : Pourquoi ?
Parce que
la foi, l’amour de Dieu se voit au travers de la vertu.
La vertu :
c’est la manifestation visible de la foi.
La vertu
nous dit le dictionnaire, c’est un comportement permanent, une disposition
habituelle. Et ce comportement se porte volontairement vers le bien, et cela en
dépit des obstacles qu’il rencontre.
En bref,
la foi se voit dans les actes. C’est Jacques 2 :18 qui nous le
redit :
« Mais
quelqu'un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j'ai les œuvres. Montre-moi ta foi
sans les œuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes œuvres. » Je te montrerai ma foi par ma vertu.
·
Alors
la vertu est associée aussi à la science.
Dans quel
but ?
Eh bien,
si vous avez de la science, c’est-à-dire : de la connaissance des choses
de Dieu…Mais sans un comportement permanent à vouloir faire le bien
(vertu), vous montrez que la convoitise vous a séduit.
En bref,
vous parlerez beaucoup du bien, vous aurez plein de mots estimable dans votre
bouche, mais vous n’agirez pas en faisant le bien. Vous deviendrez juste
« un beau parleur ». Comme le dit l’expression, vous ramener toujours
votre science, pour montrer que vous connaissez beaucoup de chose et que votre
instruction biblique, ou que votre culture vous place en supériorité mais où se
trouve votre vertu ?
La foi
sans vertu est morte tout comme la science sans vertu est morte aussi.
·
Ensuite
Pierre associe la tempérance à la science.
La
tempérance, c’est de la sobriété, de la retenue, c’est le fait de maîtriser et de
mesurer ses excès.
Ici Pierre
met en opposition une connaissance des choses du Seigneur avec un comportement
excessif, ressemblant plutôt à un orateur grec qui s’enivre de ses propres
discours :
La
séduction par la rhétorique (l’art de discourir).
Nous
assistons aujourd’hui à de tel débordement dans les assemblées chrétiennes,
avec des prédicateurs, comme des croyants d’ailleurs, qui se croient investis
d’un enseignement et qui se laissent aller à toutes sortes de jeux d’acteurs et
de mises en scènes plus manipulatrices les unes que les autres. La convoitise est entrée par l’absence de
tempérance. Et par-là même, le manque de tempérance nous montre la fausse
science (déformée, empoisonnée, idolâtrée).
« O Timothée,
garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes, et les disputes de
la fausse science » (1
Timothée 6 :20).
·
Ensuite
Pierre oppose la tempérance à la patience. Pourquoi ?
Eh bien, parce
que l’excès, l’emportement, ne peut faire bon ménage avec la patience. Cette
œuvre charnelle, qui consiste à se laisser aller à exercer ses passions, elle rend des gens
impatient, qui désire recevoir au plus vite ce qu’ils convoitent.
Et
l’inverse est vrai aussi ; vouloir obtenir rapidement les choses (par un
caractère impatient) vous amène naturellement à vous laisser aller à toute
sorte d’excès (poussé par l’intempérance).
Mais si
ces deux choses (tempérance et patience) demeurent en vous : c’est que
vous avez laissé croître le fruit de l’Esprit (Galates 5 :22).
·
Ensuite
la
patience avec la piété.
L’apôtre Paul en écrivant à Timothée, nous
dit que dans les derniers temps, il y a aura beaucoup de croyants montrant une
fausse piété, ayant l’apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la
force. La piété s’il est besoin de le rappeler c’est l’attachement à Dieu. Cet
attachement peut être très superficiel. Pierre en nous demandant de joindre la
patience à la piété, nous montre à quoi nous pouvons mesurer notre véritable
attachement :… à notre patience. Le manque de patience, par le refus
d’endurer et de supporter les épreuves c’est un révélateur d’une piété bien
faible. Vous n’avez pas besoin de vous vanter de la force de votre attachement
au Seigneur. Votre impatience vous trahira dès que les premiers malheurs
jailliront.
·
Ensuite
joindre la piété à l'amour fraternel.
L’amour entre frères et sœurs en Christ sert
aussi de baromètre quant à la qualité de notre attachement au Seigneur. Et là,
un verset de l’apôtre Jean vient tout de suite à ma conscience : « Si quelqu'un
dit: J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur; car celui qui
n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas? Et
nous avons de lui ce commandement: que celui qui aime Dieu aime aussi son
frère. » (1 Jean 4 :20-21).
Dans le concret, c’est vrai, nos gestes
d’amour les uns envers les autres démontrent la profondeur ou au contraire, la
superficialité de notre attachement à Dieu.
·
Enfin
l’amour fraternel joint, réunit à l’amour charité.
Pierre met la barre de l’amour là où elle
doit être. La charité c’est un don de Dieu. Ce don n’a pas d’équivalence
humaine, puisqu’il est par essence exprimé sans calcul, ni arrière-pensée, ni
discrimination (« Si vous aimez
(agapao) ceux qui vous aimes (agapao), quelle récompense méritez-vous ? »).
Le mot charité en grec se dit donc « agapao ». Jésus l’emploie par
exemple dans le contexte suivant : Tu
aimeras (agapao) ton prochain comme toi-même »
Pourquoi Jésus préfère-t-il l’amour agapao à
l’amour phileo (filiale,
familiale) ?
Eh bien rien ne sert d’y voir une mise à
l’épreuve. La raison est que sans cet amour charité, Jésus ne peux pas
accomplir avec nous, ses projets. Le projet numéro 1, est que l’homme comme la
femme agapao, épouse complètement notre Dieu qui, lui aussi, est agapao.
Cette union est le commencement de la vie éternelle. « La vie éternelle c’est qu’il te connaisse
toi le seul vrai Dieu ». La véritable union commence là.
Alors, pourquoi
une telle erreur d’interprétation ?
D’abord,
bien sûr, pour montrer les vrais adorateurs de Dieu et les faux. Et comme
toujours, l’esprit satanique se glisse parmi les croyants pour leur faire
passer l’idée séductrice d’une évolution pyramidale.
Dieu, unique source d’adoration n’a
pas de pyramide.
L’élévation
se fait dans l’humilité, l’abaissement, puis l’encerclement : Dieu au
milieu des siens, le tabernacle entouré des 12 tribus, Jésus entourés de ses
douze disciples.
Alors à la
base de cette erreur nous trouvons un petit mot dans le texte de Pierre, qui
n’a l’air de rien mais qui change tellement de choses : « pour »
qui a été traduit à la place de « en ».
Verset 8 »Car
si ces choses sont en vous, et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront
point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur
Jésus-Christ. »
Un petit
mot grec « eis » [ice] que l’on peut traduire par : « en,
dans, à, pour, sur, parmi »
Donc en
choisissant de traduire le texte grec par « pour », le sens de la
phrase change du tout au tout. Cela signifierait
que pour avoir, pour acquérir « la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ », nous
devons avoir en abondance ces choses en nous (foi, vertu, science...). En bref,
qu’il faudrait rajouter constamment beaucoup de choses à notre foi pour
atteindre finalement la perfection.
Martin,
dans sa version de 1744 a décidé de traduire par « en » le mot grec
« eis ». Et nous ne pouvons que constater qu’il a bien fait. Le sens du
texte de Pierre est fondamentalement différent.
« En la connaissance de notre Seigneur »
(à partir du moment où nous avons cette connaissance divine en nous) ces choses
(foi, vertu, science..) doivent restées en abondance et elles ne peuvent nous
laisser oisif, sans rien faire, ni sans rien produire.
Vous
voyez le sens ?
C’est la
connaissance de Jésus-Christ en nous
qui produit foi, vertu, patience, science, etc… qui produit donc :le fruit
attendu.
D’ailleurs
ce que confirme Pierre à la suite de ses recommandations ; il le disait
juste avant au verset 3 (que nous avons lu précédemment) : « Comme sa divine puissance nous a donné tout ce qui contribue
à la vie et à la piété, au moyen de la connaissance de celui qui nous a appelés
par sa propre gloire et par sa vertu, »
En clair, Il nous a donné TOUT par sa puissance, TOUT ce
qui contribue à sa vie et à sa piété.
Comment l’a-t-il fait ?
Eh bien au moyen de la connaissance.
Si nous avons déjà tout reçu, nous n’avons pas besoin de
les rechercher. Dieu ne nous demande pas une chose différente à chaque fois. Là
aussi nous ne pouvons que constater que son testament est unique.
Il nous demande, comme en Eden, de garder son jardin pour
que tout soit récolté en abondance.
Si nous laissons le serpent ancien refaire sa séduction,
nous retomberons dans les mêmes travers et la corruption sera notre lot
quotidien, amenant chagrin après chagrin, souffrance après souffrance et pour
finir la mort.
Ici Pierre nous parle d’une seule stratégie : Il veut nous faire comprendre comment nous
nous sommes fait séduire par la tentation : La convoitise et les effets
qu’elle a produits.
La convoitise et ses effets, cela se voit concrètement dans
nos actes et nos fruits. Et la foi associée à la vertu joue le rôle de
révélateur (comme l’amour fraternel associé à la charité).
Pierre veut délivrer ses frères et sœurs qui
ont été séduits par leur convoitise et là, il leur révèle le comment de la
chose. Il ouvre les yeux aux aveugles.
Il s’y
prend comme un médecin le ferait avec son patient. C’est la perte des cheveux, ou les ongles cassants
qui montrent un manque de vitamine. Eh bien ici c’est lorsque le comportement
n’est plus en adéquation avec l’Esprit que l’on constate que la foi n’est plus
jointe à la vertu, par exemple
Alors vous qui me lisez ou qui m’écoutez, ne
cherchez pas à montrer du doigt ceux qui utilise un modèle pyramidal comme
ligne de mire, mais reconnaissez, reconnaissons tous, d’abord, que nous avons
tous bu de cette eau amère et empoisonnée.
Et remercions
notre Seigneur qui ne nous laisse pas sans solution pour sortir de nos ténèbres
et ouvrir nos yeux d’abord sur nous-mêmes.
Pour
écraser cette pyramide…Brûlons cet esprit de convoitise qui n’amène que
corruption, afin (comme le dit Pierre) de participer entièrement à la nature
divine de Christ en nous.
Questions :
Avons-nous joint à notre foi la vertu, joint à la vertu, la science,
etc… ?
Amen