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Par Eric
Ruiz
Ce matin, du samedi 10 janvier 2026, je n’avais pas encore ouvert les yeux que le souvenir d’un rêve me poursuivait. Une impression étrange d’avoir rêvé toute la nuit.
Dans ce
rêve, j’étais d’abord avec un frère que je fréquentais autrefois au sein la
communauté chrétienne dans laquelle je vivais. Je lui posais la question
suivante : « Pour toi, qu’elle
est la chose la plus importante à faire pour plaire à Dieu ? » Il
me donna plusieurs réponses. Alors, c’est là que je lui affirmais avec force
qu’il n’y a qu’UNE SEULE et UNIQUE REPONSE et pas deux, trois ou quatre. Un homme qui se
repent, voilà ce qui plait à Dieu. Or ma réplique sembla le rendre
dubitatif.
Puis, je
me trouvais en face de mes anciens dirigeants et je ne cessais sans relâche de
leur dire en quoi la repentance est la SEULE chose qui plaise à notre Seigneur.
Et je n’arrêtais pas d’insister sur le repentir.
Je leur rappelais
comment le roi David qui était loin d’être intègre et sans péché plaisait à
Dieu…parce qu’il se repentait de ses fautes.
Rappelons-nous aussi Job, qui pendant 41 chapitres essaie d’argumenter, et d’expliquer qu’il rend la justice divine, qu’il est meilleur que les autres ; qu’il a toujours placé Dieu en premier dans sa vie, et qu’il ne mérite pas l’épreuve qui lui arrive… pour admettre finalement au chapitre 42 qu’il s’est trompé, s’est fait des illusions, qu’il ne voit pas Dieu et qu’il se condamne et se repent sur la poussière et sur la cendre.
Sans
repentance, on perd son temps, on s’épuise et il est impossible ainsi pour un
être humain de plaire à Dieu. Qu’il soit prophète, docteur, apôtre, disciple
accompli, ou que sais-je, la repentance est l’unique porte de notre salut.
Il y a un Evangile
qui nous éclaire particulièrement : c’est celui de Marc.
L’Evangile de Marc ne débute pas au premier chapitre avec
des indications sur la vie de Jésus, mais il commence dès les premières lignes sur
ce qui est prédit dans le rouleau d’Esaïe le prophète à savoir : qu’un
messager sera envoyé pour préparer le chemin du Seigneur. Ce messager ne prêche
pas autre chose que la Repentance. Il ne baptise pas autrement que par le seul
baptême de repentance.
L’Evangile
de Marc a la réputation d’être plus en actes qu’en paroles, tout en montrant
Christ comme le serviteur. Christ est venu non pour être servi mais pour servir
(Marc 10 :45). Il se donne en offrande.
Pour un disciple, se donner soi-même en offrande c’est servir
Dieu ; et ce service commence avant tout par le chemin du repentir.
De la même
façon, revenir à Dieu, après s’être égaré consiste à reprendre ce même chemin
de conversion.
Marc
verset 1 écrit : « C’est ainsi qu’à
commencé la Bonne Nouvelle (ou l’Evangile) de Jésus-Christ… »
Marc est
direct, sans détour, il ne laisse aucune place à l’ambigüité : la Bonne Nouvelle
de l’Evangile commence par se repentir soi-même. Toute autre action
est inutile et nous fait prendre un chemin d’égarement.
Alors, à quoi nous sert-il de faire des vœux de fidélité et de droiture, si nous sommes allergiques à la repentance ? A quoi nous sert-il de parcourir la Bible jour et nuit si l’idée même de la repentance nous est étrangère (plus encore insupportable) ? Et s’astreindre à tant de privations, tant de règles et de lois à suivre à la lettre, pour voir au final la porte du ciel fermée parce que se repentir n’a pas été notre première aspiration. Quel malheur !
Ah, que
d’hommes et de femmes ont pourtant annoncé publiquement leur repentance et continue
à le faire sans se sentir indigne.
Combien
ont montré une attitude de repentie.
Le premier
roi d’Israël, le roi Saül, confessa son péché au prophète Samuel. Il avoua
avoir transgressé l’ordre de Dieu (1 Samuel 15 :24-31). Il avoua avoir
désobéi aux paroles du prophète. Il se prosterna même devant Dieu. Mais, rien
n’y a fait. Parce que son principal péché était son manque de repentance.
Saül explique pourquoi il ne pouvait se repentir au verset 29 : « Celui qui est la force d'Israël ne ment point et ne se repent point, car il n'est pas un homme pour se repentir. ».
Ce verset dévoile la vérité cachée de l’état d’âme du roi. La royauté, le pouvoir, sa fonction hiérarchique, son onction ne pouvaient être comparable avec l’état d’un homme lambada, avec l’état d’un simple citoyen. Lui, est roi, et possède l’onction divine. Il est au-dessus du peuple. Il est plus fort que lui. La repentance est pour les faibles et non pour les forts.
Celles et ceux qui pensent être fort avec Dieu ne voient dans la repentance qu’un aveu d’échec ou d’impuissance.
Alors, ne voulant pas passé pour des
rebelles ou des faux oints, ils font comme ce roi déchu, ils courbent le dos.
Ils arborent un visage défait, ils imitent l’être repenti. Mais ils s’arrêtent
tous là, à cette fausse démonstration. Ils ne vont pas plus loin. Ils agissent
comme ce riche qui avait de grands biens et pour qui Jésus a dit qu’il sera
difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.
Je ne dis
pas cela pour les montrer du doigt afin de les juger, mais pour que eux
puissent se reconnaître et qu’ils tombent réellement sur leur genoux.
On ne se détourne pas de ses mauvaises voies en les nommant ou en faisant des efforts pour ne pas y retomber. Mais en brisant son cœur premièrement. C’est ce qu’aime le plus notre Dieu. Il est indispensable de se mettre à nu devant lui. Un état de dépendance absolu devant notre Seigneur. Il ne s’agit pas de compter encore sur une partie de ses forces, ou de regarder autour de soi qui est en état de venir nous aider. Le riche : c’est celui qui compte toujours sur ses capacités, ou sur une situation, sur un conseiller, ou sur des ressources extérieures qui le sauvera de la ruine. Et c’est pourquoi la repentance est si difficile pour lui.
Alors, je
sais que certains pensent que je manque de nuance dans mes propos parce que la
repentance n’est pas la seule chose qui plaise à Dieu. Que j’ai oublié que la
vie chrétienne est remplie d’autres choses. Des choses aussi belles et élogieuses ;
Dieu se plait dans la louange, l'amour du prochain, l'exercice des dons, la prière,
etc. À ceux-là, je répondrai avec franchise : ne cherchez-vous pas des excuses
pour vous convaincre que vos œuvres ne sont pas vaines ?
Je n’exclue pas le reste de la vie chrétienne, mais je refuse de confondre les fruits avec la racine. La vie chrétienne découle de la repentance qui est la condition de validité de tout le reste. Parce la repentance n’est pas une activité, c’est une fondation. La fondation de notre temple personnel. Sans cette fondation nos actes de foi ne sont que du bruit.
C’est donc
une porte. Et il n’y a qu’UNE SEULE porte étroite. Parce c’est celle d’un
baptême essentiel. Et sans ce baptême de repentance, sans ce tonnerre… tout ce
que nous bâtissons se fait sans communion avec Dieu. Sans cette fondation, Job
ne se serait jamais sorti de sa tribulation. Elle l’aurait détruit. Sans cette
fondation, Jésus-Christ n’aurait pas eu de chemin préparé, il ne se serait pas
présenté devant Jean le baptiste pour honorer le baptême de repentance par son
propre baptême.
Nuancer, ici ne serait pas être plus ouverts d’esprit mais ce serait apporter une fausse vérité en laissant croire qu’il existe une possibilité différente de venir à Dieu. Un chemin de traverse qui éviterait le brisement de l’âme.
Alors,
maintenant si de terribles épreuves vous arrivent. Si ces épreuves vous
semblent insurmontables, injustes, et que les forces vous manquent, que la
situation semble irréversible, et que vous risquez de tout perdre. Loin d’être
une malédiction, c’est une bénédiction cachée qui vous arrive-là. Un rendez-vous plutôt qu’une impasse. Pourquoi ?
Regardez
bien, la situation : n’est-elle pas idéale pour une repentance ?
En étant
totalement submergé, et nu devant l’épreuve, vous ne dépendez plus que de Dieu
seul ; Et la porte de votre salut peut alors s’ouvrir et un nouveau chemin
de délivrance se dévoiler devant vous.
Cette
épreuve, cette tribulation aussi terrible qu’elle puisse paraître, Dieu l’a
connait pour l’avoir laissé apparaitre. Il l’a vu comme votre point de salut. Et
il s’en réjouit d’avance.
Figurez-vous
que caché dans ces montagnes infranchissables, il se trouve un petit chemin
aplanit que Dieu souhaite vous montrer. Alors ne perdez pas courage, Dieu n’est
pas un Dieu qui attend votre chute. Il est là, la main tendue près à relever un
peuple à genou.
Et il
relève celle ou celui qui se repend.
Amen




