dimanche 25 janvier 2026

QUAND DIEU PRESSE L’AME POUR EN FAIRE JAILLIR L’ESPRIT

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Par Eric Ruiz

 

Nous sommes entrés dans des temps difficiles. Dieu, par le Saint-Esprit avertit son peuple afin qu’il se détourne de ses mauvaises voies et qu’il se consacre de nouveau. Mais qui y prête attention ? Qui en mesure réellement la gravité ?


Tant de prières semblent témoigner que la grâce est là , qu’il nous suffit d’invoquer notre Seigneur pour recevoir les dons de l’esprit qui nous manquent. Il nous manque de la puissance… eh bien prions Dieu pour la recevoir. Mais la puissance du Saint-Esprit est-elle liée à la puissance de nos prières ?  Dans bien des assemblées chrétiennes, on entend des prières enflammées et ardentes du type : « Père que ma coupe déborde ! Rempli moi d’une double onction du Saint-Esprit ! ». Alors faut-il simplement prier avec force, conviction et persévérance pour obtenir cette coupe de bénédiction ? Oui, d’une certaine manière, la prière est importante, mais… ce n’est pas le seul élément en jeu.  Le contexte dans lequel se trouve le croyant est primordial. L’enjeu même de la prière est de tout premier ordre. Pourquoi prier ainsi ? Pourquoi cette prière doit-elle être si pressante et urgente dans les faits ? Pourquoi doit-elle naître d’une angoisse intérieure ou d’un cri de détresse ? Avez-vous remarqué…C’est souvent dans ces moments-là que Dieu commence son œuvre la plus profonde.

 

Jésus nous montre ce contexte des temps difficiles, au moment de ses derniers instants passés avec ses disciples ; Lorsqu’il pria ainsi : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe s'éloigne de moi! ».

Après le repas de la Pâques, Jésus se rend dans un endroit proche de Jérusalem, avec ses disciples, dans un jardin, celui de Gethsémani. Il prend à part Pierre, Jacques et Jean pour prier.

Jésus exprime alors une immense tristesse, et une profonde angoisse. « Mon âme est triste à en mourir ». L’intensité est extrême «sa sueur devient comme des gouttes de sang ». Malgré la demande de Jésus de veiller et de prier, les disciples s’endorment à plusieurs reprises.

Puis la foule et des soldats arrivent avec Judas Iscariote, le traitre, celui qui a payé pour que l’on s’empare de lui, qu’on l’arrête et qu’on l’amène devant les autorités afin d’être jugé.

·        La Gethsémani du croyant

Dans ce lieu devenu mythique celui du jardin de Gethsémani, Jésus est en train de boire une coupe qu’il ne voudrait pas boire en tant qu’homme mais qu’il boira pour faire la volonté de son Père qui est dans les cieux. Dans ce jardin, l’épreuve devient de plus en plus intense. Dès son arrivé Jésus y ressent une pression extrême qui se traduira même par un malaise corporel (des gouttes de sang). Ce cas appelé hématidrose et très rare. Il a été observé lors de stress extrême, où des petits vaisseaux se rompent laissant passer un peu de sang dans la sueur.

 

Je m’arrête un instant pour signifier que le projecteur est sans cesse pointé en direction de Jésus, sur la passion du fils de Dieu ; afin que la foi du croyant s’émeuve de compassion et de reconnaissance devant la souffrance et ce sacrifice cruel et injuste qui aboutira (on le sais) à sa crucifixion. Et c’est juste : le chrétien doit mesurer le prix très élevé payé par Dieu pour un châtiment que nous méritions nous et nous seuls.

Avoir compassion de notre Dieu c’est une très bonne chose, bien-sûr. Mais ne voir que cela occulte malheureusement une autre partie de la vérité. Le projecteur doit aussi se tourner vers nous, croyants. Ce récit à d’autres vocations. Les détails de la vie de Jésus sont des enseignements, des exhortations, pour nous qui désirons lui ressembler et marcher dans ses pas. Car l’enjeu pour nous disciples, est d’être appelé « ami « et non plus « serviteur ». L’ami est intime, il connait ce que fait Jésus et il passe lui aussi par des épreuves similaires.

 

Le jardin de Gethsémani est un passage obligatoire pour le disciple. Et Jésus lui-même en fait référence.

Matthieu 20 :22-23 « jésus répondit : Vous ne savez ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? Nous le pouvons dirent-ils. 23 Et il leur répondit : il est vrai que vous boirez ma coupe. ».

Ce qui s’est passé à Gethsémani est une coupe de souffrance, d’épreuve difficile mais aussi de transformation. C’est une épreuve que tous doivent boire : le fils de Dieu comme petits et grands dans la foi. Gethsémani se trouve sur les pentes inférieures du Mont des oliviers, là où l’on y trouve encore de nos jours des oliviers. C’était par conséquent un endroit tout à fait logique pour y trouver un pressoir. Gethsémani  en hébreu et en Araméen signifie : « le pressoir à huile ». Ce n’est pas sans intention que Jésus s’y est arrêté. Ce n’est pas non plus un hasard si ce lieu justifie pleinement son nom.  Sous des meules de pierre on y pressait des olives pour en extraire l’huile.

A Gethsémani est confronté la volonté humaine et la volonté de Dieu car la pression de l’épreuve est au plus haut.

Mais pour bien comprendre la profondeur de cette coupe à boire, nous devons aussi comprendre comment fonctionne en parallèle ce pressoir à huile.

·        LE PRESSOIR A HUILE matériel et spirituel

Avant de passer au pressoir, les olives sont lavées, et elles doivent être transformées en pâte. Alors, afin d’obtenir une pâte épaisse et luisante, les olives, noyaux compris, sont écrasées par de grandes meules puis malaxées, brassées pendant près d’une heure.

A notre arrivée à Gethsémani, nous disciples sommes lavées de nos fautes, comme ces olives écrasées pour ne formées qu’une pâte. Pourquoi ? Pour que nous soyons malléables par Dieu. Ce changement d’état est visible. Ce principe du brisement s’applique à nos cœurs lors de la repentance. La repentance prépare le chemin à l’Esprit saint tout comme ce broyage d’olives. Notre tristesse et notre état d’âme est au plus bas. Il est écrasé par le poids de l’épreuve. Mais c’est dans cet état que notre pâte (notre chair) est la plus malléable.

Maintenant peut commencer le pressoir. La pression exercée avec beaucoup de force est immense (400 bars, l’équivalent à 160 fois la pression d’un pneu de voiture) a pour but alors d’extraire le liquide en emprisonnant la peau, les fragments du noyau et la pulpe de l’olive. Un peu comme une conversion le ferait en écrasant tout ce qui nuit à la sainteté dans nos vies (mensonges, adultères, hypocrisies, médisances, calomnies etc). Jésus, lui, était au bord de l’agonie, tant la pression de l’épreuve qu’il allait subir était lourde et écrasante physiquement et émotionnellement. Sa propre volonté humaine elle même était écrasée. Lorsque nous sommes pressés à ce point, il n’y a plus de place alors à autre chose qu’à la volonté de Dieu. La notre disparait elle-même sous la pression. Matthieu 26 :39 : «Toutefois, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ». C’est avec ces mots-là que Jésus priait son Père céleste.

A ce moment là,  la tentation étant vaincue, l’étape ultime peut avoir lieu. C’est cette étape ou l’huile coule et surabonde. C’est l’étape de la séparation entre l’huile et l’eau. Car l’huile auparavant n’était pas encore pure, toujours mélangée à une eau impure. C’est là qu’à lieu la décantation. Un phénomène naturel où l’huile plus légère que l’eau remonte naturellement à la surface. On peut alors la récupérer délicatement. Il est à noté que dans cette troisième étape tout se fait sans efforts. L’huile laissée au repos remonte d’elle-même à la surface. Notre force est dans le repos. Se reposer en Dieu s’est laissé remonter huile- l’onction à la surface

D’un fruit comme l’olive, le pressoir extrait de l’huile. C’est une transformation. Un état nouveau.

Concrètement si on a bien compris les 3 étapes du pressoir à huile, on comprend comment le disciple progresse dans l’acquisition d’une onction puissante par le Saint-Esprit. La décantation : l’eau de la chair disparait au profit de l’huile de l’Esprit.

Et, je le redis la prière seule ne suffit pas. L’épreuve qui devient insurmontable humainement a besoin de la prière des autres. Mais elle a aussi besoin de ce moment où l’on se voit abandonné par eux, eux ces autres croyants qui comme Pierre Jacques et Jean s’endorment. A la deuxième étape, tout soutien disparaît. Pourquoi tout aide disparait ? Car la volonté de Dieu est que nous lâchions prise ; Que nous réalisions que Lui Seul est salutaire. Et qu’il n’y a de Sauveur en aucun autre.

Tous ont fui et ont renié Jésus. La peur, la tentation les ont saisis faute de veille et de prière.

Quelle était la plus grande tentation ? Celle de s’en remettre encore à sa propre volonté, et d’écouter sa chair hurler.

Il y a des épreuves dans la vie du chrétien qui deviennent comme un Gethsémani. Certaines portent dès le départ l’odeur de l’agonie, de l’abandon, de l’humiliation et de la trahison comme Jésus l’a vécu : abandonné d’abord par l’endormissement de ses disciples, puis humilié par le peuple armé de bâtons et d’épées venu le prendre pour le livrer comme un vulgaire brigand et enfin, trahit par Judas qui le livra aux autorités religieuses pour quelques pièces d’or.

Mais, les choses puissantes ne sont pas toujours saisissantes pour l’œil humain. L’esprit saint devient puissant par un effet chimique de décantation. A la manière d’un procédé naturel, la purification se fait en chassant ce qui est impur pour ne conserver en nous que l’huile pure du Saint-Esprit.

La puissance du Saint-Esprit ne vient pas en claquant des doigts ni comme par magie, ni à la suite d’une prière où l’épreuve serait absente.  Elle ne vient pas non plus parce qu’un prophète l’a annoncée pour son époque ou pour son assemblée. Cette puissance vient pour une raison et une seule : Il n’y a plus d’autres issus possibles pour le croyant. Le prodige divin devient sa seule porte de sortie.

En fait ce procédé d’extraction se fait à froid comme l’huile. Le disciple passe par cette sueur froide avant de connaître la chaleur divine. Sa chair réalise qu’elle ne peut rien faire que de trembler. Mais la chaleur, le calme et la confiance viennent de l’Esprit dont la mission est d’opérer ce changement. Parce que, pour un croyant le feu est mis à l’huile. C’est son baptême de feu. Là où l’épreuve est au plus fort, l’esprit de Dieu brûle au plus haut degré.

Par conséquent, dans les combats les plus difficiles, Dieu ne fait pas appel à une armée forte, mais à des soldats démunis de force. Ou pire à des gens qui ne sont que des amateurs et pour qui personne ne miserait un kopeck.

Et là je fais un détour par Gath, cette grande ville des philistins qui autrefois vit naitre ; Goliath le terrible géant qui terrifiait Israël. Gath est un mot intéressant parce qu’il signifie aussi « pressoir ». Et ce n’est pas une armée puissante qui vainquit Goliath. L’armée d’Israël était pétrifiée par ce géant de 3 mètres. Mais ce fut un enfant, un simple berger du nom de David qui releva le défi et le tua. Ce petit berger ridicule aux yeux des hommes, mit le géant à terre par la foi et avec une fronde et 5 pierres prises dans un torrent. Et tous les philistins prirent la fuite.

Ainsi, en passant par Gath, par ce pressoir, nous rencontrons un adversaire redoutable, certes. Cet adversaire semble même nous terrasser puisque c’est un moment de doute extrême où nous nous sentons abandonné, trahi, humilié. C’est peut-être aussi une maladie grave, un accident mortel, ou une situation mettant notre propre vie en péril. Et apparemment, c’est un ennemi invincible. Cet ennemi dans un premier temps nous terrifie mais…

Quand l’huile est extraite, alors la volonté de Dieu exerce toute sa puissance : elle brise cet ennemi et nous donne la victoire.

Voilà ce que représentent Gath et Gethsémani. Ce sont nos lieux de détresses. Ces mêmes lieux qui nous transforment, nous remplissent de l’esprit saint et nous font partager la victoire de Dieu.

·        Pour résumer :

Au bout du pressoir, il ne reste plus rien de l’olive… sauf l’huile. Tout ce qui était dur, tout ce qui résistait, tout ce qui empêchait la lumière de passer a été brisé, écrasé, séparé. Il en est ainsi du disciple. Lorsque Dieu nous conduit à Gethsémani, ce n’est jamais pour nous détruire, mais pour faire jaillir de nous ce que nous ne pouvions produire par nous-mêmes : l’huile pure et puissante du Saint- Esprit.

Dans ces moments où tout soutien disparaît, où la prière des autres s’éteint, où la solitude devient écrasante, Dieu n’est pas absent. Il travaille. Il presse. Il purifie. Il sépare. Il fait remonter à la surface ce qu’Il a déposé en nous. Et lorsque notre volonté cesse de lutter, lorsque notre chair se tait enfin, alors Sa volonté peut s’accomplir pleinement.

Gethsémani n’est pas la fin du croyant. C’est un nouveau commencement.
Gath n’est pas le lieu de la défaite. C’est celui de la victoire.
Car là où la pression est la plus forte, la puissance de Dieu se révèle la plus grande.

Ainsi, lorsque nous traversons nos pressoirs, souvenons-nous :
l’huile ne coule jamais sans pression,
la lumière ne brille jamais sans brisement,
et la puissance ne naît jamais sans Gethsémani.

Que celui qui est pressé ne désespère pas. Que celui qui se sent vidé et démunie de toute puissance ne perde pas la foi.
Car c’est précisément là que Dieu façonne ses vainqueurs.

Amen

dimanche 11 janvier 2026

L’UNIQUE CHOSE QUI PLAISE A DIEU

606


Par Eric Ruiz

 

Ce matin, du samedi 10 janvier 2026, je n’avais pas encore ouvert les yeux que le souvenir d’un rêve me poursuivait. Une impression étrange d’avoir rêvé toute la nuit.


Dans ce rêve, j’étais d’abord avec un frère que je fréquentais autrefois au sein la communauté chrétienne dans laquelle je vivais. Je lui posais la question suivante : « Pour toi, qu’elle est la chose la plus importante à faire pour plaire à Dieu ? » Il me donna plusieurs réponses. Alors, c’est là que je lui affirmais avec force qu’il n’y a qu’UNE SEULE et UNIQUE REPONSE et pas deux, trois ou quatre. Un homme qui se repent, voilà ce qui plait à Dieu. Or ma réplique sembla le rendre dubitatif.

Puis, je me trouvais en face de mes anciens dirigeants et je ne cessais sans relâche de leur dire en quoi la repentance est la SEULE chose qui plaise à notre Seigneur. Et je n’arrêtais pas d’insister sur le repentir.

Je leur rappelais comment le roi David qui était loin d’être intègre et sans péché plaisait à Dieu…parce qu’il se repentait de ses fautes.

Rappelons-nous aussi Job, qui pendant 41 chapitres essaie d’argumenter, et d’expliquer qu’il rend la justice divine, qu’il est meilleur que les autres ; qu’il a toujours placé Dieu en premier dans sa vie, et qu’il ne mérite pas l’épreuve qui lui arrive… pour admettre finalement au chapitre 42 qu’il s’est trompé, s’est fait des illusions, qu’il ne voit pas Dieu et qu’il se condamne et se repent sur la poussière et sur la cendre.

Sans repentance, on perd son temps, on s’épuise et il est impossible ainsi pour un être humain de plaire à Dieu. Qu’il soit prophète, docteur, apôtre, disciple accompli, ou que sais-je, la repentance est l’unique porte de notre salut.

Il y a un Evangile qui nous éclaire particulièrement : c’est celui de Marc.

L’Evangile de Marc ne débute pas au premier chapitre avec des indications sur la vie de Jésus, mais il commence dès les premières lignes sur ce qui est prédit dans le rouleau d’Esaïe le prophète à savoir : qu’un messager sera envoyé pour préparer le chemin du Seigneur. Ce messager ne prêche pas autre chose que la Repentance. Il ne baptise pas autrement que par le seul baptême de repentance.

L’Evangile de Marc a la réputation d’être plus en actes qu’en paroles, tout en montrant Christ comme le serviteur. Christ est venu non pour être servi mais pour servir (Marc 10 :45). Il se donne en offrande.  Pour un disciple, se donner soi-même en offrande c’est servir Dieu ; et ce service commence avant tout par le chemin du repentir.

De la même façon, revenir à Dieu, après s’être égaré consiste à reprendre ce même chemin de conversion.

Marc verset 1 écrit : « C’est ainsi qu’à commencé la Bonne Nouvelle (ou l’Evangile) de Jésus-Christ… »

Marc est direct, sans détour, il ne laisse aucune place à l’ambigüité : la Bonne Nouvelle de l’Evangile commence par se repentir soi-même. Toute autre action est inutile et nous fait prendre un chemin d’égarement.

Alors, à quoi nous sert-il de faire des vœux de fidélité et de droiture, si nous sommes allergiques à la repentance ? A quoi nous sert-il de parcourir la Bible jour et nuit si l’idée même de la repentance nous est étrangère (plus encore insupportable) ? Et s’astreindre à tant de privations, tant de règles et de lois à suivre à la lettre, pour voir au final la porte du ciel fermée parce que se repentir n’a pas été notre première aspiration. Quel malheur !

Ah, que d’hommes et de femmes ont pourtant annoncé publiquement leur repentance et continue à le faire sans se sentir indigne.

Combien ont montré une attitude de repentie.

Le premier roi d’Israël, le roi Saül, confessa son péché au prophète Samuel. Il avoua avoir transgressé l’ordre de Dieu (1 Samuel 15 :24-31). Il avoua avoir désobéi aux paroles du prophète. Il se prosterna même devant Dieu. Mais, rien n’y a fait. Parce que son principal péché était son manque de repentance.

Saül explique pourquoi il ne pouvait se repentir au verset 29 : « Celui qui est la force d'Israël ne ment point et ne se repent point, car il n'est pas un homme pour se repentir. ». 

Ce verset dévoile la vérité cachée de l’état d’âme du roi. La royauté, le pouvoir, sa fonction hiérarchique, son onction ne pouvaient être comparable avec l’état d’un homme lambada, avec l’état d’un simple citoyen.  Lui, est roi, et possède l’onction divine. Il est au-dessus du peuple. Il est plus fort que lui. La repentance est pour les faibles et non pour les forts. 

Celles et ceux qui pensent être fort avec Dieu ne voient dans la repentance qu’un aveu d’échec ou d’impuissance

Alors, ne voulant pas passé pour des rebelles ou des faux oints, ils font comme ce roi déchu, ils courbent le dos. Ils arborent un visage défait, ils imitent l’être repenti. Mais ils s’arrêtent tous là, à cette fausse démonstration. Ils ne vont pas plus loin. Ils agissent comme ce riche qui avait de grands biens et pour qui Jésus a dit qu’il sera difficile d’entrer dans le royaume de Dieu.

Je ne dis pas cela pour les montrer du doigt afin de les juger, mais pour que eux puissent se reconnaître et qu’ils tombent réellement sur leur genoux.

On ne se détourne pas de ses mauvaises voies en les nommant ou en faisant des efforts pour ne pas y retomber. Mais en brisant son cœur premièrement. C’est ce qu’aime le plus notre Dieu. Il est indispensable de se mettre à nu devant lui. Un état de dépendance absolu devant notre Seigneur. Il ne s’agit pas de compter encore sur une partie de ses forces, ou de regarder autour de soi qui est en état de venir nous aider. Le riche : c’est celui qui compte toujours sur ses capacités, ou sur une situation, sur un conseiller, ou sur des ressources extérieures qui le sauvera de la ruine. Et c’est pourquoi la repentance est si difficile pour lui.

Alors, je sais que certains pensent que je manque de nuance dans mes propos parce que la repentance n’est pas la seule chose qui plaise à Dieu. Que j’ai oublié que la vie chrétienne est remplie d’autres choses. Des choses aussi belles et élogieuses ; Dieu se plait dans la louange, l'amour du prochain, l'exercice des dons, la prière, etc. À ceux-là, je répondrai avec franchise : ne cherchez-vous pas des excuses pour vous convaincre que vos œuvres ne sont pas vaines ?

Je n’exclue pas le reste de la vie chrétienne, mais je refuse de confondre les fruits avec la racine. La vie chrétienne découle de la repentance qui est la condition de validité de tout le reste. Parce la repentance n’est pas une activité, c’est une fondation. La fondation de notre temple personnel. Sans cette fondation nos actes de foi ne sont que du bruit.

C’est donc une porte. Et il n’y a qu’UNE SEULE porte étroite. Parce c’est celle d’un baptême essentiel. Et sans ce baptême de repentance, sans ce tonnerre… tout ce que nous bâtissons se fait sans communion avec Dieu. Sans cette fondation, Job ne se serait jamais sorti de sa tribulation. Elle l’aurait détruit. Sans cette fondation, Jésus-Christ n’aurait pas eu de chemin préparé, il ne se serait pas présenté devant Jean le baptiste pour honorer le baptême de repentance par son propre baptême.

Nuancer, ici ne serait pas être plus ouverts d’esprit mais ce serait apporter une fausse vérité en laissant croire qu’il existe une possibilité différente de venir à Dieu. Un chemin de traverse qui éviterait le brisement de l’âme.

Alors, maintenant si de terribles épreuves vous arrivent. Si ces épreuves vous semblent insurmontables, injustes, et que les forces vous manquent, que la situation semble irréversible, et que vous risquez de tout perdre. Loin d’être une malédiction, c’est une bénédiction cachée qui vous arrive-là. Un rendez-vous plutôt qu’une impasse. Pourquoi ?

Regardez bien, la situation : n’est-elle pas idéale pour une repentance ?

En étant totalement submergé, et nu devant l’épreuve, vous ne dépendez plus que de Dieu seul ; Et la porte de votre salut peut alors s’ouvrir et un nouveau chemin de délivrance se dévoiler devant vous.

Cette épreuve, cette tribulation aussi terrible qu’elle puisse paraître, Dieu l’a connait pour l’avoir laissé apparaitre. Il l’a vu comme votre point de salut. Et il s’en réjouit d’avance.

Figurez-vous que caché dans ces montagnes infranchissables, il se trouve un petit chemin aplanit que Dieu souhaite vous montrer. Alors ne perdez pas courage, Dieu n’est pas un Dieu qui attend votre chute. Il est là, la main tendue près à relever un peuple à genou.

Et il relève celle ou celui qui se repend.

Amen

dimanche 4 janvier 2026

LE VŒU DE JEPHTE, UNE ABOMINATION ?

605


Par Eric Ruiz

La Bible a toujours les mêmes conséquences : Elle plonge le lecteur à interpréter les évènements selon ce que pense sa tradition ou son entourage religieux ou encore selon l’état de son cœur (contrit, souffrant ou endurci).


Le récit de Jephté dans le livre des Juges au chapitre 11 a toujours suscité beaucoup de polémique et d’interprétations à son sujet. Le vœu que fit Jephté a été perçu pour les uns comme un acte de foi peu éclairé, tandis que pour d’autres il a émané d’une pensée abominable, qui ne peut-être celle de Dieu, mais d’un être tombé dans la folie de ses propres pensées charnelles ; d’autres encore ne prennent pas partie. Ils optent pour la neutralité dans ce domaine.

 

Le contexte est le suivant : Jephté, juge en Israël, fait un vœu à Dieu avant de combattre les Ammonites :

 Juges 11 :30-31 : « Jephthé fit un voeu à l'Eternel, et dit: Si tu livres entre mes mains les fils d'Ammon, 31quiconque sortira des portes de ma maison au-devant de moi, à mon heureux retour de chez les fils d'Ammon, sera consacré à l'Eternel, et je l'offrirai en holocauste. ».

A son retour victorieux, c’est sa fille unique qui sort à sa rencontre pleine de joie et d’allégresse. Jephté est alors dans l’abattement, il déchire ses vêtements, et émet plein de déconvenues devant sa fille sachant qu’il ne peut revenir sur son vœu.

Ce qui pose problème en fait, ce n’est pas le vœu en lui-même, c’est son interprétation à savoir : de quelle manière sa fille sera consacrée à l’Eternel ; comment sera-t-elle offerte en holocauste ? Est-ce un holocauste semblable à une offrande de bétail que l’on place sur l’autel des sacrifices? Ou bien une autre forme d’holocauste qui ne fait pas passer le corps par le feu jusqu’à la mort ?

 

Pour les juifs, pour ne citer qu’eux, cela ne fait aucun doute, c’est un sacrifice mortel. Jephté a fait un vœu irréfléchi et Dieu ne lui a jamais demandé de faire cela en son nom. Ce récit est une exhortation à consulter le grand prêtre avant toute décision. Un vœu ne doit jamais être pris seul sans concertation avec un supérieur qui a le discernement divin, sinon le croyant peut tomber dans une abomination.

Vous l’aurez compris je ne suis pas de cet avis, qui repose sur un enjeu fondamental de la religion : la soumission aux autorités religieuses.

Alors, regardons le texte biblique. Il y a un indice fort qui se trouve juste avant au verset 29 : « L'esprit de l'Eternel fut sur Jephthé… il marcha contre les fils d'Ammon. ».

Ce verset dit clairement que l’esprit de Dieu est sur Jephté pour le diriger et l’accompagner dans sa guerre contre Ammon. L’Esprit de Dieu se retire-t-il ensuite ? Vient-il le oindre juste pour l’inspirer à gagner la guerre. L’esprit divin l’est-il aussi ensuite pour son vœu ? Si ce vœu est une abomination, alors ce serait la première fois que Dieu laisserait tomber à ce point dans l’iniquité, celui qu’il appelle,.

Même pour Balaam, ce faux prophète, qui s’opposa à Moïse, Dieu a fait parler une ânesse pour le dissuader de changer de chemin. Et là pour un libérateur comme Jephté, Dieu demeure silencieux. Pour le roi David, lorsqu’il fit le recensement du peuple, Dieu le châtia fortement par une violente épidémie qui tua 70 mille hommes en Israël. Pour Sanson, il fut trahit, eut les yeux crevés et fut enchainé par ceux qu’il devait combattre et vaincre. 

Question : Comment l’esprit de Dieu peut-il alors conduire son juge à faire une abomination, sans le reprendre aussitôt ? Comment peut-il le laisser formuler un vœu contraire à sa parole ? Pour que des siècles après on ne retienne plus que ce vœu infâme oubliant le sauveur qu’il a été en Israël. Pour rappel dans le livre du Lévitique 18 :21 c’est une abomination de sacrifier son enfant par le feu comme le font ceux qui adorent Moloch.

Jephté parlait bien d’un holocauste, mais l’offrande entièrement consumée représente aussi la consécration entière et à vie de ceux qui viendront à lui.  Après que les Hébreux aient reçu la loi, ils savaient tous ce que signifiait une consécration véritable. Un rappel : c’est aussi ce que demande Jésus-Christ pour tous ceux qui viennent à lui. Ne demande-t-il pas lui aussi un holocauste sous la forme d’un sacrifice brûlant et entier jusqu’à la fin de nos jours ?

D’autres indices se trouvent à partir du verset 36 où sa fille demande à Jephté de la laisser pendant deux mois, partir dans les montagnes pleurer sa virginité.

Elle ne part pas pleurer sa mort, son sacrifice ultime, mais le fait qu’elle restera à jamais vierge en se consacrant totalement à l’Eternel.

Ensuite  prenons le thème de ce onzième chapitre des juges ? A-t-il vocation à juger de l’idolâtrie du juge Jephté (Qui au passage serait tombé dans la même idolâtrie que les israélites qui rendaient un culte aux dieux Baal et Astartés chap 10 : 6) ou bien a-t-il vocation (ce chapitre 11) de mettre en évidence l’idolâtrie du peuple d’Israël qui a besoin de jugement, qui a besoin d’un juge, qui a besoin d’un être éclairé pour être ramené à la foi de leurs pères ? Le verset 10 du chapitre 11 annonce clairement ce pourquoi Jephté a été appelé : « Les anciens de Galaad dirent à Jephthé: Que l'Eternel nous entende, et qu'il juge, si nous ne faisons pas ce que tu dis ».

Jephté a été appelé pour rétablir la foi en Israël. Si lui a une foi critiquable au point d’être abominable à Dieu, comment peut-il être pris au sérieux et accomplir sa mission ? Jephté a une foi remarquable dans le fait qu’il ne se met pas en avant, qu’il ne cherche aucune gloire et qu’il attend même que les gens de Manassé viennent le trouver, lui qui était si méprisé par eux autrefois, (regardez le verset 10 : « Jephté répondit aux anciens de Galaad: N'avez-vous pas eu de la haine pour moi, et ne m'avez-vous pas chassé de la maison de mon père? Pourquoi venez-vous à moi maintenant que vous êtes dans la détresse? ». 

Le vœu de ce juge montre justement sa foi bouillante et son désir de s’élever dans la sainteté. Pour moi, c’est un élan de foi que je retiens de ce passage. Jephté aime sa fille ; et il prophétise sans savoir que sa fille sera la première à sortir de sa maison. Le juge a le cœur lourd de son sacrifice qui a des conséquences terribles pour sa famille. C’est une malédiction de ne pas avoir de descendance en Israël. Eh bien lui, par son vœu n’aura aucune descendance. Ici l’engagement de Jephté est total comme celui de sa fille unique, son seul enfant, qui ne connaitra jamais d’hommes, mais qui vouera son existence à la piété.

Cette foi magistrale est reprise dans le livre des Hébreux au chapitre 11 : 33-34 : « Et que dirai-je encore? Car le temps me manquerait pour parler de Gédéon, de Barak, de Samson, de Jephthé, de David, de Samuel, et des prophètes, 33qui, par la foi, vainquirent des royaumes, exercèrent la justice, obtinrent des promesses, fermèrent la gueule des lions,  teignirent la puissance du feu, échappèrent au tranchant de l'épée, guérirent de leurs maladies, furent vaillants à la guerre, mirent en fuite des armées étrangères » .

D’abord… le temps manque au rédacteur de ce texte pour parler de Jephté. Pourquoi Dieu laisse ainsi une interprétation en suspend ? Je crois que Dieu a fait exprès de laisser les uns et les autres donner leur avis, afin de montrer l’état de leur foi. Et je crois que le vœu était celui du Saint-Esprit, qu’il n’était pas comme certains le croit un vœu précipité, sans clairvoyance et inconsidéré.

Ici, (Au chapitre 11)l a foi de Jephté se retrouve félicitée par ses œuvres de justice. C’est parce qu’il redonne accès à Dieu, pour un peuple devenu infidèle. Et par le fait qu’il chasse l’ennemi sans déroger et sans mentir à son vœu. C’est un homme intègre et qui rempli sa mission jusqu’au bout.

Jephté n’aura pas de descendance, certes. Mais sa fécondité, il l’obtiendra autrement, par les convertis qui viendront à lui. Sa fille est son premier fruit.  C’est elle qui montre comment d’autres feront le vœu aussi de jurer dans leur cœur fidélité et piété envers le Dieu d’Israël. Le fait de voir des frères de sa maison redevenir bouillant pour Dieu sera sa seule raison de se réjouir.

C’est vrai que constater les problèmes des juges avec leur chair aident d’une certaine façon à se dédouaner de ses propres fautes.  Samson, se laissa séduire par son orgueil et par les femmes (et en particulier par la philistin Dalila à qui il révèlera le secret de sa force). Dieu ne l’a-t-il pas prévenu ? Par 3 fois Dalila trahira Samson et par 3 fois Samson consentira à rester avec elle.

Pour Jephté, Ses victoires s’enchainèrent. Après celles sur les Ammonites, il obtient aussi des victoires sur Ephraïm (Juges chapitre 12). 40.000 morts. Je le redis le péché de Samson qui s’est laissé séduire par Dalila et qui s’est cru invincible a reçu un châtiment spectaculaire. Si Jephté avait commis ce que font les adorateurs de Moloc, son châtiment aurait été spectaculaire et une trêve sur ses victoires aurait été la moindre des choses.

Mais admettons que Jephté emporté par un excès d’orgueil fasse un vœu dont il ne voit pas la portée… Quel a été son intention ?  De s’approprier encore plus de gloire ? A l’évidence, il souhaitait une consécration supérieure pour ceux qui sortiraient de sa maison. Ce que l’on peut lui reprocher est certes qu’il n’a pas vue que sa fille unique pouvait en faire partie et que sa descendance pourrait s’arrêter là, lui qui est né bâtard puisque sa mère était une prostituée.

Il y a toujours un prix à payer pour la consécration. Pour Samson, il a payé cher son péché, sa relation avec les femmes. Trahi, les yeux crevés, la perte de sa force, prisonnier de l’ennemi, enchainé. Pour Jephté, le prix de sa consécration allait jusqu’à celle de sa fille unique. Ce n’est pas un châtiment qu’il a reçu.

Au verset 39 et 40 du chapitre 11 du livre des juges, nous lisons : « Dès lors s'établit en Israël la coutume que tous les ans les filles d'Israël s'en vont célébrer la fille de Jephté, le Galaadite, quatre jours par année ». La consécration de sa fille est une commémoration perpétuelle. Une célébration est instaurée, en souvenir de sa soumission au vœu de son père. Difficile d’imaginer une fête en l’honneur d’un sacrifice humain. Cette fête est plutôt dirigée vers les femmes qui font vœu de servir Dieu totalement, en sacrifiant leur destinée humaine (comme le choix de rester vierge et de refuser la maternité comme l’a choisie de son plein gré la fille de Jephté). 

 

Pour conclure, je dirai, que le récit de Jephté est un regard profond sur le niveau de consécration de chacun. La génération actuelle manque cruellement d’engagement. Leurs promesses sont superficielles. Un mariage sur 2 finit par un divorce. Et que dire des baptêmes qui ne sont pas honorés. Cette génération adultère se donne mille excuses pour rompre les engagements qu’elle s’était fixée au départ. Jephté est un homme qui a des défauts. C’est un homme qui est peu apprécié, qui a des blessures, une fragilité. Mais sa qualité essentielle, est qu’il a pris Dieu au sérieux. C’est un homme de parole, de foi et d’intégrité malgré qu’il soit dés le départ rejeté par ses frères et méprisé par les siens. Il n’a pas trahi son vœu. Alors, les vœux que nous formulons ne doivent pas non plus être pris à la légère. Proverbes 20 :25 : « C’est un piège pour l’homme que de prendre à la légère un engagement sacré. »

Un disciple de Christ s’engage sérieusement et totalement pour son Dieu.  Son offrande sacrée, c’est le don de sa vie, le vœu qu’il a émit le jour de son baptême. Il a offert sa vie comme une offrande (son ambition, ses priorités, ses relations, son confort, comme ses principes). Jephté a fait don de ce qui lui était le plus cher. Cela lui a couté. Jephté a accepté que sa fille — son unique héritière — appartienne entièrement à Dieu. Il a accepté que sa lignée disparaisse, pour que la fidélité à Dieu continue. Il s’est sacrifié pour que la foi règne dans son pays.

Car nous avons un Dieu qui aime le sacrifice qui coute au disciple. Il hait les faux sacrifices ceux qui ne coutent rien ou si peu. C’est un engagement qui exige de nous un renoncement profond. C’est à ce prix que nos victoires seront réelles et complètes.

C’est pourquoi en ce début d’année je ne fais pas de vœu de bonheur et de prospérité, mais le vœu d’être fidèle malgré les embuches. Est-ce un vœu inconsidéré ? Oui si je le fais à la légère.

Maintenant je me posais la question qu’ont-ils a gagné ceux qui voient dans le vœu de Jephté et les vœux en général, une abomination ? Peut-être qu’ils cherchent eux-mêmes des excuses pour ne pas s’engager à fond avec Dieu, ou peut-être qu’ils veulent aussi contrôler le vœu des autres et que leur foi restent aussi tiède que la leur. Pour que les autres attendent de leur part leur sainte approbation. En tous les cas, ces croyants ont peur de perdre.  Ils ont mal calculé à la dépense. Le sacrifice est trop couteux pour eux. Ils se contredisent : ils renoncent à la foi tout en proclamant leur engagement profond. Ils ont choisi l’hypocrisie à la vérité. Se croyant sage, ne sont ils pas devenus fous ?

Ils ont reproché à Jephté son manque de discernement, mais en l’accusant ainsi n’ont-ils pas révélé le leur ? Eux qui se réclament de la vraie foi, ne sont-ils pas une abomination aux yeux de Dieu ?

Ce qui est certain en tous cas, c’est que Jephté avait dans le cœur le même vœu que celui de l’apôtre Paul et le même vœu qui m’attire : Romain 10 :1 : « … le voeu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, (« eux » ce sont ceux qui se sont heurtés à la pierre d’achoppement)»c'est qu'ils soient sauvés ».

Amen

dimanche 28 décembre 2025

ES-TU ÉPHRAïM ou MANASSÉ ?

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Par Eric Ruiz

·        L’HÉRITAGE  DE JOSEPH

La Bible possède ce côté prodigieux :


elle renvoie des reflets comme dans un jeu de miroirs ; Les évènements du passé projettent des images pour notre présent.  Les fils de Joseph, par exemple, Manassé et Éphraïm, à travers leurs choix et leur histoire, offrent des symboles très actuels de nos propres conditions d’existence en tant que disciples de Christ au XXIᵉ siècle.

En premier lieu,  les fils de Joseph présentent un double héritage spirituel. Un héritage des nations, une culture Egyptienne de par leur mère et leur naissance en Egypte ; mais ils ont aussi une culture hébraïque par leur père.  Ce double héritage est aussi celui d’un disciple de Christ. Né dans le monde, dans les nations et né spirituellement comme fils d’Abraham. Ce double héritage va nous aider à comprendre les combats et les victoires qui sont les nôtres dans l’Eglise des nations.

Cette Église est le prolongement de la prophétie qu’Israël donna à son fils Joseph pour lui et ses deux fils. » Dieu m'a dit: Je te rendrai fécond, je te multiplierai, et je ferai de toi une multitude de peuples ; » (Genèse 48 :4). Cette bénédiction faite en Egypte par Israël s’inscrit donc aussi dans le prolongement de celle faite à Abraham. Elle relie l’Eglise des nations au plan divin. Israël avait reçu auparavant cette promesse divine en Canaan et ce n’est pas un hasard si là en Égypte, Israël transmet son héritage à Joseph. L’Eglise est comme les deux fils de Joseph le sont : greffée sur l’olivier d’Israël (Romains 11 :17).

 

·        ÉPHRAïM et MANASSÉ 2 ARCHÉTYPES

 Maintenant, allons plus loin. Il est très curieux de constater que la Bible parle beaucoup plus d’Ephraïm que de Manassé, lorsqu’elle évoque les fils de Joseph. Ephraïm par son nom montre une prophétie : il est doublement fécond. Ce qu’il a au fond de lui s’imposera. Il s’impose beaucoup plus comme un leader, un chef de guerre que Manassé. Dès le départ la bénédiction de l’ainé fut pour Ephraïm alors que Manassé aurait dû avoir cet héritage parce qu’il est le premier-né. Mais, Israël leur grand-père le voulu autrement. Israël a peut-être vu en plus de sa vision prophétique, un caractère plus fort pour diriger de la part d’Ephraïm. Car pendant de nombreuses années après la division d’Israël en deux royaumes, le royaume du nord fut attribué à Ephraïm (prenant ainsi le nom de 10 tribus) tandis que le royaume du sud fut celui de Juda. Ephraïm est un rempart puissant de part sa situation géographique (au nord) et ensuite par sa faculté à rassembler un peuple nombreux. Manassé, quant à lui, agit de manière moins visible, mais il protège et amène des bénédictions autrement.

Lisons Josué 17 :12-13 : «  Les fils de Manassé ne purent pas prendre possession de ces villes, et les Cananéens voulurent rester dans ce pays. Lorsque les enfants d'Israël furent assez forts, ils assujettirent les Cananéens à un tribut, mais ils ne les chassèrent point. ».

Ce verset est très lumineux concernant l’attitude de Manassé. Manassé a conservé ce que Dieu a demandé d’éliminer. Plutôt que de chasser les Cananéens, (qui était l’ordre qu’ils avaient reçu de Josué qui lui-même l’avait reçu de Dieu), ils les assujettirent à un impôt. Manassé aime les compromis. Il préfère un choix qui l’arrange et dont il peut tirer un bénéfice ou un profit. Ce comportement s’est répété à l’identique plus tard et avec d’autres villes (c’est ce que nous lisons dans Juge 1 : 27).

Ephraïm et Manassé représentent bien l’Eglise des nations et en particulier ces deux groupes de frères et de sœurs dans les assemblées chrétiennes.  Ephraïm, c’est un groupe de leaders très conquérants, qui aime influencer, se montrer très actif et entreprenant ; Osée 13 :1 le décrit ainsi : « Lorsqu’Ephraïm parlait s’était une terreur : il s’élevait en Israël » et l’autre, Manassé, qui semble avoir tendance à suivre le premier et à se conformer à leurs exigences, (et dont les résultats sont peu visibles car ils sont assimilés au premier).

A l’évidence, Manassé étant soumis à Ephraïm, cette tribu faisait des compromis pour ne pas déplaire à la première. Son silence faisait donc office de consentement.

Un autre fait notoire, la Bible ne fait aucune mention d’une porte nommée Manassé à Jérusalem (puisqu’elle n’existe pas). Seule la porte d’Ephraïm y figure et cette porte a même été reconstruite à l’époque de Néhémie. La porte du nord. Ephraïm c’est la porte, la gloire, l’étendard, pourquoi ?

-        Ephraïm et ses fils sont très ambitieux et combatifs, ils cherchent tous à triompher et à remporter des couronnes. Ils sont avides de victoires et aiment se mettre en avant, sur la chair devant leurs frères ou pour témoigner de leurs réussites. Esaïe les traitera d’Ivrogne tellement leur soif de victoire les aveugle. « Malheur à la couronne superbe des ivrognes d'Ephraïm, A la fleur fanée, qui fait l'éclat de sa parure » (Esaïe 28 :1).

-        Manassé et ses fils montrent moins de combativité (bien qu’il compte aussi parmi eux de grands guerriers). Ils sont plus discrets, moins exubérants, ils sont plus sur la retenue. D’ailleurs, ce trait de caractère est celui de Gédéon qui surprendra tout le monde y compris son propre père quand il viendra renverser et détruire ses idoles. Cette attitude n’était pas dans son caractère. Gédéon dit à l’ange : « Voici, ma famille est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit (le plus faible) dans la maison de mon père ».

Et par la suite, ceux d’Ephraïm reprochèrent à Gédéon de ne pas les avoir placés à leur rang pour la guerre. Poussés par un excès de confiance en eux-mêmes, ils estimaient que c’était à eux d’être aux premières places. « Les hommes d'Éphraïm dirent à Gédéon: Que signifie cette manière d'agir envers nous ? Pourquoi ne pas nous avoir appelés, quand tu es allé combattre Madian ? Et ils eurent avec lui une violente querelle ».

La colère des hommes d’Ephraïm s’est apaisée quand Gédéon, très intelligemment, leur a montré qu’ils avaient remportés des victoires prestigieuses et bien visibles : « C'est entre vos mains que Dieu a livré les chefs de Madian, Oreb et Zeeb. Qu'ai-je donc pu faire en comparaison de vous ? Lorsqu'il eut ainsi parlé, leur colère contre lui s'apaisa ».

 Quoi qu’il en soit, le péché d’Ephraïm n’est pas supérieur à celui de Manassé. Leur  désobéissance est réelle pour tous deux. Mais ils désobéissent différemment. Ephraïm aime le pouvoir et le prend directement, il impose, il dicte ses propres règles, il influence fortement son prochain (c’est aussi son châtiment, car Osée (Osée 9 :3  dit qu’il retournera en Egypte et que ce sera sa mort). Manassé, lui, se livre sans cesse à des compromis avec le péché. Mais sa rébellion est moins visible, plus cachée, parce que moins exprimée et extériorisée publiquement. Il n’est pas question ici de dire que l’un est meilleur que l’autre ou que le premier est pire que le deuxième. Le poids de la désobéissance est le même (ils seront ennemi de la maison de Dieu, car plongés dans la corruption-ils sont devenus abominables comme l’objet de leur amour- Osée 9 : 8-11) 

Or, Parmi les membres de chaque tribu tous deux auront une partie rajoutée au bois de Juda. Dans les faits, des élus sortiront des deux groupes de croyants. Mais le salut ne viendra pas par Ephraïm, pourquoi ? Parce que Manassé est plus petit, moins fort, et qu’il n’a pas l’habitude de choisir les premières places. C’est ce nous montre le récit de Gédéon issu de la tribu de Manassé.  Dieu se choisit un homme, le plus petit de sa famille et de la tribu la moins élogieuse ; et par la puissance de l’Esprit il délivre un peuple opprimé et esclave de ses fautes. C’est le cadet qui sauve l’aîné. Le plus petit qui aide le plus grand. C’est pour cela que Jacob a croisé ses mains lors de la bénédiction de Joseph. En désignant Ephraïm par sa main droite comme le plus grand, il désignait la supériorité spirituelle d’un peuple par les victoires acquises, mais par sa main gauche sans le dire clairement il montra celui qui aidera l’autre.  Éphraïm devenu l’ainé (qui symbolise l’ambition, la victoire sur l’ennemi) sera délivré par Manassé (symbolisant la guérison, la victoire sur les traumatismes du passé).

Revenons sur le caractère de Manassé. Manassé, est une tribu nombreuse ; Manassé aime le nombre, comme son frère, mais pas pour influencer, parce qu’elle s’y sent en sécurité. Pas étonnant qu’elle soit une part importante des membres d’une assemblée. Mais, et c’est contradictoire cette tribu se trouve en situation d’infériorité spirituelle. On ne lui demande pas son avis. D’ailleurs dans la Bible vous remarquerez  qu’aucun roi d’Israël n’est sorti d’elle. Son influence est décidément dérisoire.  Attention, sa discrétion n’en fait pas pour autant plus un spectateur qu’un acteur. Manassé est bien acteur de sa foi. Or ce caractère plus effacé n’est pas forcément une qualité. Cela ne le rend pas plus humble. 

Bien qu’il soit moins ambitieux, il est aussi orgueilleux, et idolâtre que son frère. Par ses compromis, il aboutira sans qu’il le veuille ou qu’il en soit conscient à la division. Il se séparera de ses frères parce qu’il rentrera en conflit avec eux. Ephraïm reprochera le silence, la passivité, ou le manque d’implication de son frère tandis que Manassé reprochera à son frère son excès de zèle et son oppression à le contraindre à se mettre davantage en avant. Mais quelle contradiction : lorsque Manassé finit par prendre l’initiative, Éphraïm lui reproche alors son zèle et entre même en guerre contre lui.

C’est le récit du livre des juges au chapitre 12. Le juge Jephté de Galaad (terre de Manassé) reproche à Ephraïm de n’avoir pas répondu à son besoin. Ephraïm ne l’a pas secouru lorsqu’il était confronté aux fils d’Ammon. Blessé dans leur orgueil,  les hommes d’Ephraïm rentrèrent en guerre contre Jephté et Manassé. Résultat : 42.000 morts parmi les fils d’Ephraïm. Jephté avait un nom prémonitoire à sa fonction : « il ouvrira, il libérera » Les fils d’Amon eux aussi avaient un nom prophétique : « appartenant à la nation » Quand Manassé prend les devant et fait une œuvre de délivrance, en voulant chasser le péché qui vient des nations (Ammon) dans l’assemblée, il se heurte violemment à la jalousie sans limite d’Ephraïm. En fait, lorsqu’Ephraïm se sent en faute et repris, il ne supporte pas de passer en second derrière Manassé. Il préfère alors la violence à la repentance. Dans les assemblées ce conflit déclenche systématiquement des schismes entre frères. Mais nous l’avons vu avec Gédéon, c’est de cette façon que Dieu délivre et délivrera son peuple.

L’héritage de Manassé est unique et tellement prophétique. C’est la seule tribu à avoir son territoire coupé en deux. Une demi-tribu à l’est du Jourdain et une demi-tribu à l’ouest. Cette séparation est un symbole prophétique puissant.  L’Ouest représente la stabilité,  l’accomplissement spirituel, tandis que l’Est est plus désertique, c’est l’épreuve, le manque d’eau, la pénurie de parole de Dieu et le sentiment d’inutilité. Le territoire de Manassé c’est un peu le combat entre stabilité et anxiété, souffrance et guérison, l’abandon et l’enracinement. Ce combat montre que sa foi est devenue tiède. Il est tiraillé entre Israël à l’ouest et les nations à l’est.

 Manassé signifie « oublieux, ou oublie du passé » ; Le problème de Manassé est lié à sa mémoire qui lui procure de la tristesse et de la souffrance. Son passé d’Egyptien lui revient sans cesse. Il n’a pas guérit de son passé. Lui aussi a ses racines dans les nations. Celle ou celui qui vient des nations, pour un chrétien aujourd’hui se serait son ancienne condition charnelle qui le tente à nouveau. Mais son passé l’aide aussi à se souvenir de ce qu’aime Dieu véritablement. Quel sacrifice il agrée le plus. Manassé nous rappelle que Dieu guérit le passé, mais attend que nous marchions pleinement dans l’appel que nous avons reçu, sans vivre: moitié dans l’Esprit, moitié dans les nations.

 

·        Es-tu Ephraïm ou Manassé ?

Alors surtout ne faites pas de comparaison. Ne vous dites pas en lisant mon message, « ah bien je suis de la tribu de Manassé » (c’est ce que je pourrais me dire à moi-même) et d’autres : « eh bien moi c’est celle d’Ephraïm ma tribu ». Le but c’est vrai est de voir nos origines et de comprendre notre caractère et notre comportement. Mais, avant tout, c’est l’avenir le plus important… et l’avenir c’est le bois de Juda sur lequel nous sommes greffés. Nous sommes une nouvelle créature en Christ.  Gédéon une fois revêtu de l’esprit de Dieu n’agissait plus avec le caractère de Manassé mais avec celui de Dieu. Il faisait strictement ce que l’ange lui disait de faire. D’autre part la porte d’Ephraïm située au nord de Jérusalem, représente la restauration à venir. C’est par là que les exilés, reviennent. Le retour à Dieu se fait bien par cette porte. Esaïe nous le confirme, « la jalousie d’Ephraïm disparaitra ». Donc, ne soyons pas fataliste en s’excusant de ses fautes parce que c’est le caractère d’une tribu. Par contre si nous voyons notre ancienne nature revenir, c’est vrai qu’elle reviendra par les marques de notre tribu spirituelle ; Pour certains ce sera par les traits de Manassé (les compromis, la tiédeur, une certaine passivité) et pour d’autres, par les excès d’Ephraïm (très sûr de sa position de dominateur, ambitieux, se remettant que très peu en cause). N’oublions pas que pour Christ tout sert à notre édification et à notre sanctification. Loin de nous enfermer dans un rôle ou un caractère, Dieu nous libère de tous ces carcans pour que nous manifestions notre vraie nature qui en fin de compte est la sienne (tout simplement). C’est quand nous adoptons Juda non pas la tribu mais l’autorité de Christ que son caractère prend forme en nous.

Pour moi, je suis quelqu’un qui a été formé dans l’héritage d’Éphraïm, j’ai guéri dans Manassé, et je cherche aujourd’hui à marcher avec le sceptre de Juda.

Amen

lundi 22 décembre 2025

LA FOI de l’EGYPTE entre outrage et bénédiction

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Par Eric Ruiz

Je préfère le dire tout de suite, l’Egypte biblique présente un paradoxe ;


un lieu de souffrance, d’oppression et de servitude, mais aussi surprenant que cela puisse être un lieu de refuge de protection et de bénédiction. Je vais développer ce paradoxe et les conséquences que cela entrainent pour un disciple de Christ aujourd’hui. L’Égypte en fin de compte ne serait-elle pas l’image de notre condition humaine rachetée, car elle est à la fois un lieu d’oppression par le péché et la manifestation de la foi et de la grâce divine ?

  • L’Egypte spirituelle

Dans la Bible le mot Egypte occupe une place majeure. Il apparait plus de 680 fois dans les textes. Mitsrayim en hébreu, qui signifie « terre de dépression, lieu étroit et contraignant » et Egyptiens signifiant « doublement oppresseurs ». On nous parle souvent de l’Egypte, comme d’un lieu de vie sans Dieu ou plutôt avec plusieurs dieux, des faux dieux.

Le dieu de la guerre, de la richesse, le dieu de l’abondance, de la magie, le dieu des sciences, celui des plaisirs etc, etc.  Nos conducteurs dans la foi nous rappellent qu’au temps où nous étions païens, nous vivions en Egypte. Mais avec la foi, nous sommes sortis de ce lieu de domination et de contraintes pour traverser notre mer rouge, en contractant une nouvelle alliance par notre baptême. Et aujourd’hui avec Christ nous sommes entrés dans notre héritage, la terre d’Israël. L’Egypte c’est un lieu spirituel pour chaque croyant du XXIème siècle. Un lieu où nous avions été autrefois esclave ; l’esclave d’un roi et d’un peuple oppresseur et tyrannique, nous poussant à obéir et à nous soumettre à de faux dieux. Un pharaon dominateur, un peuple et des dieux méchants et cruels qui exerçaient leur loi sur nous, nous empêchant de vivre heureux et libre.  En fait, ce qu’à vécu Moïse et le peuple hébreu est une réalité historique. 

Mais là où cette réalité devient éternelle c’est quand elle devient spirituelle, quand elle traverse les siècles et les générations. Dieu de tout temps appelle ses enfants à sortir d’Egypte, il leur parle une fois qu’ils sont à l’extérieur. L’Egypte est par conséquent intemporelle vue du côté spirituel et malheureusement pour un peuple rebelle à Dieu, l’Egypte demeure toujours une réalité maléfique. Comment ?

  • Sortir de l’Égypte intérieure pour vivre en Christ 

L’Egypte, qui est assimilée souvent au ventre  (lieu de la digestion des aliments) c'est la partie charnelle en chacun de nous. Et cette part nourricière doit devenir étrangère et même complètement morte, car c'est elle qui nous incite à faire de mauvaises alliances.  Alors quitter cette nation se fait dans la douleur. Mais...le plus compliqué pour la plus grande majorité c'est d’admettre et se repentir du fait d’avoir fait alliance avec Christ, pour ensuite se retourner vers ses anciennes alliances Egyptiennes ; c’est-à-dire de continuer à faire alliance avec le péché brisant ainsi par leurs actes ce qu’ils louent de leur bouche, car ils préfèrent conserver les avantages qu'ils ont acquis de cette façon. Sinon, la colère de Dieu n'aurait jamais lieu d'être.

« Comme un chien qui retourne à ce qu'il a vomi, Ainsi est un insensé qui revient à sa folie,» nous dit le Psaume  26 :11. Revenir en Egypte pour un croyant c’est retourner à une nourriture indigeste.

Cette vision d’une Egypte ancienne, n’est donc pas tout à fait vraie ; Dans le sens où ce n’est pas de l’histoire ancienne, qui n’a plus cours aujourd’hui. Car cette Egypte est toujours de l’histoire récente, elle reste toujours l’ennemi d’Israël et donc toujours l’ennemi de la foi. Dans la réalité spirituelle, les mauvaises alliances, celles du passé ressurgissent par moment et pour certains elles règnent à nouveau et rendent caduque l’alliance en Christ.

Pourquoi reviennent-elles ?

1 Samuel 6 :6 nous le dit par cette interrogation : « Pourquoi endurciriez-vous votre coeur, comme les Egyptiens ?». L’endurcissement, cette puissance du mal est la cause du retour à la folie, à cette folie des faux dieux d’Egypte.

Alors concrètement que signifie pour un disciple de Christ ce verset du livre du Lévitique ?

Lévitique 19 :36 :« Vous aurez des balances justes, des poids justes, des épha justes et des hin justes. Je suis l'Eternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d'Egypte ».  Ce verset n’est pas seulement une règle ancienne sur les poids et les mesures pour inciter les hébreux à agir avec droiture et honnêteté. Ce verset incite le croyant du XXIème siècle à sortir de l’Egypte d’un point de vue spirituel, en refusant d’exercer l’injustice. Mais attention il ne s’agit pas simplement d’être intègre et honnête dans ses engagements et ses responsabilités. C’est bien et louable d’être sincère dans ses paroles et dans ses actes en s’occupant des pauvres. Mais l’intégrité sociale va beaucoup plus loin. Pour deux frères qui ont le même besoin, avoir une balance fausse serait d’agir avec le premier d’une certaine façon et avec le deuxième frère agir d’une autre façon. Comme si l’un a plus d’importance que l’autre.

Or, si on se réclame enfant d’Israël, fils de la femme libre, on agit sans aucune différence.

D’une manière générale il y a un comportement qui relève de l’Egypte du fils de la femme esclave et un comportement qui relève de l’Israël de Dieu, de l’enfant de la promesse, fils de la femme libre.

 

  • L’EGYPTE TERRE MAUDITE DEVENUE LIEU DE REFUGE

 

Pourtant l’Egypte n’a pas toujours vocation à être une terre hostile. A bien des moments elle se présente comme une protection pour le croyant, un lieu de refuge, plus que cela encore, un lieu de bénédiction. Dieu y envoie ses enfants pour les protéger comme pour les nourrir ou les secourir.

Dans le livre de la Genèse, au chapitre 12, l’Egypte apparait en premier comme une heureuse providence. Elle devient la nation qui sauve Abram. Il y descend avec Sara pour y séjourner et surtout pour échapper à une terrible famine. Alors, loin d’être une terre inhospitalière et réfractaire, le royaume du Nil se montre au contraire, une terre accueillante, un sanctuaire (totalement à l’opposé de la maison de servitude).

Quand à Joseph père de Jésus, il décide sur l’ordre d’un ange de partir en Egypte avec son fils et Marie pour échapper aux assauts meurtrier du roi Hérode.

Et puis, qui ne connait pas le fabuleux destin de Joseph ? Exilé, vendu comme esclave par ses frères jaloux, emprisonné à tort, libéré après l’interprétation du songe de Pharaon, il épouse Asnath, la fille d’un grand prêtre égyptien avec qui il aura deux fils : Manassé et Ephraïm, avant de devenir le gouverneur de Pharaon puis d’être l’homme providentiel qui sauvera l’Egypte de la famine mais aussi qui sauvera sa famille qui l’avait trahit. Qui aurait pu voir dans l’Egypte une terre de bénédiction ?

 Quoi comprendre alors avec ce revirement d’intérêt?

L’Egypte il faut l’avouer est très ambivalente : Elle est une image forte de la servitude comme elle est aussi l’instrument de la grâce de Dieu.

Elle passe de l’oppression au refuge protecteur, d’une servitude forcée, à l’accueil d’étrangers. Elle emprisonne mais exerce un secours.

Spirituellement, c’est Dieu qui décide de nous renvoyer vers l’Egypte parce qu’il a un plan de rachat pour elle aussi.

Esaïe 19 :24 : «En ce même temps, Israël sera, lui troisième, Uni à l'Egypte et à l'Assyrie, Et ces pays seront l'objet d'une bénédiction. 25L'Eternel des armées les bénira, en disant: Bénis soient l'Egypte, mon peuple, Et l'Assyrie, œuvre de mes mains, Et Israël, mon héritage! » 

Dieu souhaite racheter nos corps  de la même façon que le peuple d’Egypte.  Un corps idolâtre, esclave de ses péchés, par un corps lavé et purifié de ses fautes et se sacrifiant pour l’amour de son Dieu. Il ne nous demande pas de maudire notre corps, de le flageller ou de le meurtrir volontairement. Il nous dit de le respecter et de l’aimer parce qu’il y enferme son temple, alors qu’il n’a que des envies contraires à l’esprit.

1 corinthiens 6 :19 « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, ».

Notre corps comme l’Egypte, même s’il n’est pas saint sert à nous protéger, à protéger l’âme qui y vit. L’Egypte bénit l’étranger comme notre corps source de tentations nous bénit par ses bienfaits (par quelles manières ? la nourriture, la santé, la communion, les unions, l’émerveillement des sens) verset 20 : « Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit, qui appartiennent à Dieu. ».Toutes les nations appartiennent à Dieu et Dieu rachète à grand prix le peuple de ces nations. A la fin tout sera réuni en Christ.

Notre corps est une lumière, il nous aide à comprendre l’état de notre âme. Ce que nous vivons dans notre corps révèle souvent ce qui se passe à l’intérieur de nous.

Pour Abram, avant que son nom devienne Abraham, la terre du Nil a été un creuset et un secours et ses yeux sur son âme, la possibilité de voir ses propres faiblesses. En Égypte, il a pris conscience de ce qui se passait dans son cœur. Un croyant qui comprend la relation que les pères de la foi ont eue avec l’Égypte comprend aussi comment Dieu agit. Il découvre un Dieu qui aime et qui sauve, sans faire de distinction entre les peuples. Ce croyant apprend alors à imiter son Père céleste. Il aime et aide son prochain, quelle que soit sa religion, sa nation ou son origine. Il est aussi attentif à la voix de l’Esprit. Il sait quand Dieu lui demande de sortir d’« Égypte », lorsque celle-ci devient oppressive, et il sait aussi quand Dieu lui demande d’y retourner pour y trouver refuge ou pour servir. Ce croyant n’est pas dans la confusion. Il agit avec discernement, parce qu’il vit dans l’obéissance à Dieu. Et cette obéissance lui donne une vraie liberté en Christ, une liberté qui lui permet d’aimer et de sauver les autres tout en étant secouru lui-même.

  • MANASSE ET EPHRAIM DANS L’EGLISE

Maintenant, l’Égypte a toujours un double visage. Elle peut être un lieu d’oppression et d’esclavage, mais aussi un lieu de protection, d’accueil et de refuge. Cette ambivalence nous aide à comprendre une autre réalité : celle de l’Église des nations, qui porte en elle aussi les mêmes contradictions.

L’Église peut être un endroit où l’on est rassuré,  protégé, nourri et accompagné, mais elle peut aussi devenir en même temps un système qui enferme, qui oppresse et qui astreint à un travail forcé, à un activisme religieux.

On retrouve cette même réalité dans l’histoire des fils de Joseph. Manassé et Éphraïm sont nés d’une mère égyptienne, mais ils ont reçu un héritage complet en Israël. Ils appartiennent pleinement au peuple de Dieu, même s’ils portent en eux une double culture : celle de leur père hébreu et celle de leur mère égyptienne.

Cette double origine montre les racines d’une dérive qui s’est produite et qui existe encore aujourd’hui chez beaucoup de croyants. D’un côté, il y a l’appel de Dieu, la vie conduite par le Saint-Esprit. De l’autre, il y a les traditions, la convoitise et l’appât de la culture du monde dans lequel nous vivons. La foi devient alors partagée, tiraillée entre deux influences.

Cette confusion n’est pas nouvelle. Elle a traversé les siècles, aussi bien en Israël que dans l’Église.

Beaucoup de croyants pensent être « en terre promise » simplement parce qu’ils fréquentent une Église. Ils y trouvent un cadre rassurant, des bénédictions, un refuge, une protection — ce que l’on pourrait appeler le rempart d’Éphraïm.

  • Pourquoi le rempart d’Ephraïm ?

le Psaume 108:8 dit :
« Éphraïm est le rempart de ma tête, et Juda est mon sceptre. ».

 Symboliquement, Éphraïm représente l’institution : Éphraïm signifie « fécondité ». La bénédiction, la croissance et la prospérité sont visibles. Cette structure visible, organisée, protège le peuple de Dieu contre les attaques extérieures. Comme l’Église institutionnelle, Éphraïm est un puissant rempart : il garde les règles de la foi, transmet la tradition des hommes, et sert de cadre solide pour que le peuple et la doctrine puissent subsister. Quant à Juda qui est la tribu royale, celle de David et, plus tard, celle du Messie, le psaume dit : « Juda est mon sceptre »,  c’est l’image du pouvoir et de l’autorité promu par le Saint-Esprit.

Juda symbolise la puissance spirituelle, l’autorité divine qui gouverne et conduit le peuple. Alors une question demeure, dont on connait déjà la réponse : Ephraïm et Juda marchent-ils ensemble d’un même pas ? Le sceptre est-il à l’intérieur des remparts ? L’Eglise des nations a-t-elle reçu le sceptre de Juda ? A-t-elle réellement laissé le Saint-Esprit gouverner les assemblées ? Les pharaons des assemblées ont-ils laissé agir librement la puissance, la transformation et l’autorité spirituelle qui vient du Saint-Esprit ?

Malheureusement la puissance spirituelle s’est détachée de ses remparts. La tradition et la convoitise a chassé le sceptre divin, la véritable puissance.  Mais, l’union se fera. Une part seulement d’Ephraïm sera rajouté au bois de Juda, nous dit le livre d’Ezéchiel 37 :19

Les fils de Joseph sont tombés comme l’Eglise institution dans la confusion. Confondant leurs propres structures avec Dieu lui-même, servant l’Eglise au lieu de servir Christ.

Ainsi, comme l’Égypte peut être à la fois une bénédiction et un piège, l’Église peut être un lieu de sécurité et de bénédictions en même temps qu’un carcan religieux oppressant, si elle n’est pas conduite pleinement par l’Esprit.

Je conclurai en affirmant que la position de l’Egypte, comme celle des fils de Joseph et d’Asnath est un témoignage de plus qu’il n’y a pas de peuple plus saint qu’un autre ou plus a même à être rejeté. Le péché, comme la miséricorde entre par des portes différentes dans une même maison. Tout n’est pas blanc ou noir et cela nous pousse encore et toujours à plus d’humilité, de mesure, de compassion, et de pardon envers tous.

Amen