dimanche 30 mars 2025

ENTRE DANS LA JOIE DE TON MAITRE

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Par Éric Ruiz

 

« Je te rends grâce Père au nom du Seigneur Jésus-Christ que je puisse être dans la joie au sein de mes épreuves. »


Cette prière est une vraie reconnaissance de la grâce de notre Seigneur. C’est reconnaitre que sans lui, il est impossible d’être dans un état contraire à la normale. La norme, le normal : c’est d’être attristé, abattu par ce qui nous atteint. La norme, le normal c’est d’être tracassée par nos maladies, nos souffrances, nos deuils. C’est aussi être impatient d’en sortir. Et là, tout est différent, parce que le surnaturel l’emporte sur la norme. Pourquoi ? Puisqu’on loue notre Dieu pour cette joie qui ne varie pas et qui nous fait traverser l’épreuve sans se plaindre de sa durée.

 

« Nulle chair ne se glorifie devant Dieu » (1Cor 1 :29).

Les œuvres de la chair sont donc non seulement humaines, mais contraires à celles de l’Esprit. Dans les faits, si vous êtes charnel, vous réagissez charnellement, comme tout être humain lambda le fait lorsqu’il est confronté à des situations difficiles. A contrario, si l’Esprit de Christ est en vous, c’est le contraire qui se passe. Là où règne la mort, survient la vie, là où devrait se répandre la tristesse, émane la joie ; là où les gens stressent et perdent leur sérénité, s’installe la paix et la patience.

Le christianisme incite à remercier Dieu quand tout va mal. A lui être reconnaissant dans l’épreuve. Mais là aussi, où se trouve le caractère surnaturel de Dieu ? Car le remercier n’a pas chassé la peur pour autant.

Mais alors, comment arrive-t-on à un tel niveau de communion avec Dieu pour éprouver ses mêmes sentiments ?

Est-ce à force de prières, de lecture biblique, de louanges ? Est-ce en cherchant sans cesse à honorer son groupe religieux ?

La meilleure réponse à donner, c’est que le manuel de consécration n’existe pas. C’est une grâce qui est donnée à un disciple.  Et ce disciple ne peut tricher sur sa condition, car la marque divine qu’il reçoit ne vient pas immédiatement, elle vient à la suite de sa consécration. Après le temps de sa consécration. La fidélité, c’est la porte de la grâce. On ne peut rendre grâce sans avoir franchi ce seuil de fidélité.

 

Lisons Matthieu 25 :23 « Son maître lui dit: C'est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. ».

 

Vous voyez comment Dieu ouvre cette porte pour nous faire entrer dans sa joie ? Ce passage des Evangiles est tiré de la parabole des talents. Dieu fait comme cet entrepreneur qui part en voyage et qui confie ses biens à ses serviteurs. A son retour, il rétribue ses serviteurs en fonction de ce qu’ils ont fait fructifier.

La joie dans l’épreuve ne sera que pour ceux qui auront fait fructifier les biens de Dieu.

 Bien entendu on parle de biens spirituels et non de biens matériels, ici. Et les biens spirituels se manifestent à travers un disciple qui s’est donné pour ses frères et sœurs, qui a pourvu au besoin des autres. Il ne s’agit pas d’énumérer une liste de bienfaits et à la énième BA (bonne action), le curseur est au maximum et vous recevez la récompense divine. Il s’agit d’une chose qui n’est ni quantifiable ni mesurable et qui s’appelle l’amour divin. Chacun en son âme et conscience devrait être capable de répondre à la question : « Comment j’ai aimé mon prochain ? Avec quel zèle, quel ardeur, quel sacrifice l’ai-je aimé ? » ; Ces questions répondent au premier commandement divin : «  Aime ton prochain comme toi-même ».

 

Dieu se cherche une épouse. Cette épouse de Christ est identifiable comme je l’ai dit à la fin de mon dernier message sur « Doit-on pleurer Jésus ? » parce qu’elle est dans joie au milieu de ses tribulations. Se rire de ses épreuves, c’est se moquer de ce que cela provoque ou provoquera. On n’a que faire de ce qui nous arrive puisque l’esprit nous détache complètement du réel, pour nous faire vivre sa réalité. Etienne le disciple persécuté juste avant de se faire lapider est dans un état de détachement total: « Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7 :55).

 

Rappelez-vous cet autre prodige au moment de la crucifixion de Jésus : le voile du temple se déchira par le milieu. C’était juste avant que Jésus remette son Esprit entre les mains de son Père et qu’il expire. Eh bien le voile de la grâce s’est ouvert pour tous à ce moment-là. Ce qui veut dire que, la joie de Dieu, ce cadeau divin fut donné en libre accès pour tous. Pouvoir entrer dans la présence de Dieu fut alors : pouvoir recevoir de lui ce qu’il est. Et l’amour mais aussi la joie font parties intégrante des attributs divins. Par conséquent, si votre joie est parfaite, c’est que vous êtes dans le saint des saints, en présence de Jésus-Christ. Et il n’y a plus aucune condamnation pour vous alors.

Bien-sûr, cette joie divine est très différente de la joie humaine. La joie humaine, beaucoup de croyants pensent l’avoir dépassé alors qu’il la manifeste toujours et plus que jamais.

Disons-le sans esprit de moquerie, mais la joie du Saint-Esprit est une pâle imitation dans les assemblées chrétiennes. Et si les moments de chants et de louange prennent une part de plus en plus grande, ce n’est pas par hasard. N’est-ce pas pour contrebalancer tous les autres moments de leur vie où ils se sentent attristés par leurs épreuves ? 

Le chant de louange est alors vécu comme une distraction. Cela les distrait, les détourne de leur problème. C’est le but de tout divertissement, celui d’occuper agréablement le temps, de se réjouir en fuyant la morosité quotidienne. Beaucoup sont dans le déni et préfère croire au mensonge d’une joie procurée par « une sainte louange » (ça les rassure).

Il y a encore, une autre forme de joie mensongère. Prenez l’expression française bien connue qui dit : « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Cette joie éprouvée par le malheur de l’autre est si souvent ressentie, même par un croyant.

-Les Evangiles vont dans le même sens lorsqu’ils dévoilent la joie que procure le fait d’anéantir les projets de l’autre, comme aussi de convoiter ou de se venger ou encore de corrompre la vérité. Dans Marc 14 :11 les chefs religieux sont dans la joie pourquoi ? Parce que Judas va leur livrer Jésus.

-Alors, il y a une joie sainte qui elle est divine, mais qui est presque parfaite, « presque », parce qu’elle n’est pas encore accomplie et achevée. Cette joie sainte est éphémère.

Elle est obtenue lorsque qu’une personne reçoit la parole dans un terrain non fertile ou que ses racines sont peu profondes (Matthieu 13 :20) « Celui qui a reçu la semence dans les endroits pierreux, c'est celui qui entend la parole et la reçoit aussitôt avec joie; 21mais il n'a pas de racines en lui-même, il manque de persistance, ».

En fait ce croyant va perdre sa joie à ce moment-là parce que sa foi n’aura pas de racines.

Notons encore une autre joie qui est humaine et qui se confond souvent avec la joie de l’Esprit : c’est la joie de dominer sur les démons et de pouvoir les chasser : (Luc 10 :17) » Les soixante-dix revinrent avec joie, disant: Seigneur, les démons mêmes nous sont soumis en ton nom. ». Et Jésus leur dira lui-même à la suite « Cependant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis… »

Je n’oublie pas aussi cette joie que procurent les miracles.  Ayant moi-même été témoin de miracles, je voyais les membres de l’assemblée s’exalter, pousser des cris de joie. J’étais moi aussi content pour le miraculé, mais je n’exultais pas comme certains. Je sais maintenant que cette joie-là elle-aussi n’a rien de spirituelle. Luc 19 :37 « Toute la multitude des disciples, saisie de joie, se mit à louer Dieu à haute voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus. » ; Ah !... mais ce sont les disciples de Jésus qui se réjouissent ! Ils nous donnent un exemple parfait à suivre !  Qui ne loue pas Dieu pour les miracles qu’ils voient s’accomplir devant lui ? Eh bien ne nous trompons pas de joie. Cette pensée-là traduit tellement l’esprit de ce monde. Eh bien non. Non, parce que ce ne sont pas les miracles qui doivent nous donner la joie, mais plutôt lorsqu’une brebis perdue est retrouvée ; c’est-à-dire- qu’elle se repent, se convertie, lorsqu’elle retourne vers Dieu.

L’erreur communément admise c’est de croire que l’attitude des disciples est forcément bonne et inspirée. Mettre trop de lumière sur eux les rends prêts à être idolâtrés.

Par exemple, dans Luc 24 :41, les disciples en voyant les mains et les pieds percés de Jésus sont dans la joie. Ils sont dans une espèce d’euphorie face à ce prodige extraordinaire. Mais cette joie n’est pas celle de l’esprit. Pourquoi ?

Verset 40 « En disant cela Jésus leur montra ses mains et ses pieds. Comme, dans leur joie, ils ne croyaient point encore, et qu'ils étaient dans l'étonnement, Jésus leur dit: …». Cette joie que les disciples ressentent en voyant le fils de Dieu ressuscité est complétement artificielle et ne repose pas sur la foi. Elle repose sur l’étonnement du miracle. Jésus le dira à Thomas d’une façon claire et directe : « Jésus lui dit: Parce que tu m'as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu, et qui ont cru! ».

Alors bien-sûr tout ce que je vous dis là sur la joie ne doit pas être pour vous un sujet de tracas tournant à l’obsession. A chaque fois que vous êtres joyeux ou triste ne vous posez pas sans cesse la question d’où vient cette joie ou pourquoi cette tristesse ?

Il s’agit plutôt à un moment donné, d’arrêter toute activité et de poser les bonnes questions à Dieu. Mon âme te loue-t-elle dans la vérité ou bien mon âme est-elle attristée par ce que j’essaie de dissimuler ?

Suis-je comme ces sacrificateurs juifs, dans la joie parce que mon prochain est dans le malheur et parce que je me sens plus béni que les autres ou plus sage qu’eux ? ou parce que le pouvoir que j’exerce sur mon prochain me remplit de satisfaction ?

D’ailleurs à ce titre combien prient Dieu de leur donner plus de pouvoir dans le but innavoué d’avoir plus de joie et de satisfaction personnelle ?

La convoitise satisfaite procure une grande joie. Le monde est sans cesse à la réclamer et à la poursuivre.

Un exemple très commun : Arriver à faire changer d’opinion une tierce personne procure une joie, un plaisir tellement grand. Les chrétiens dans leur évangélisation éprouvent de la joie lorsque leur interlocuteur décide de les écouter ou d’aller dans leur sens. Les voilà alors rempli de joie pensant que l’autre s’est converti. Oui il s’est converti, mais à qui ?

Il s’est trop souvent converti à leurs idées. Et les voilà témoignant, affirmant que l’esprit de Dieu tressaillait en eux à ce moment-là. Mais ce n’est alors que l’orgueil qui s’est mêlé au sentiment d’avoir provoqué un changement chez l’autre. Et cela aboutit à une joie qui fait penser au Saint-Esprit, mais qui est totalement charnelle. Tous ces exemples servent à montrer comment l’incrédule pense être entré dans la joie de son maitre (Dieu) alors qu’il n’a fait que de se fourvoyer. Il est entré dans un autre endroit appelé : autosatisfaction.

Pour terminer prions afin que nous soyons persévérants en toute chose afin de rendre grâce en toute chose ; sans oublier de prier pour que nous soyons dans les bons comme dans les mauvais jours, imbibé de cette joie parfaite de notre Seigneur Jésus-Christ.

Amen

dimanche 23 mars 2025

DOIT-ON PLEURER JESUS ?

574                                            


Par Éric Ruiz

J’ai remarqué, depuis que je connais notre Seigneur Jésus-Christ que parmi les croyants, certains ont une attitude qui pourraient ressembler à du chagrin ou à de la compassion, mais qui révèle tout autre chose. Ils pleurnichent. Ils ne cessent de se lamenter.

Lorsqu’ils évoquent le sacrifice à la croix de Jésus, les voilà se mettant dans un état excessif d’abattement avec des gémissements, des larmes, des petits cris plaintifs. Leur voix tremblote. Leurs mains frissonnent. Ils blêmissent mêmes. Quand ils parlent de leurs épreuves, ils se mettent dans le même état, à gémir, à se plaindre, comme s’ils étaient la proie privilégiée du mal. Satan ne cesse de les mettre à l’épreuve.

Cet état est faux bien-sûr parce que pleurnicher, c’est faire semblant de pleurer. On met en scène ses sentiments. On exalte ce que l’on ressent. Pleurnicher, c’est jouer un rôle qui n’est pas le sien. C’est mentir sur ce que l’on est.

Ce mensonge n’est pas nouveau, déjà dans l’Egypte antique, on engageait et on payait des pleureuses dans les cérémonies funéraires. Ces femmes avaient alors le rôle de feindre publiquement leur chagrin afin de rendre plus important l’hommage rendu au défunt. Elles ne devaient pas seulement avoir une attitude abattue, elles devaient se plaindre, se lamenter, crier, scander des versets ; Il fallait que leurs pleurs se communiquent les uns aux autres. Chaque membre de la cérémonie devait être abattu et larmoyant. Les pleureuses favorisaient et maintenaient cet état d’abattement général.

Les pleureuses sont représentées dans l’art grec par des statues, des amphores ou des peintures de femmes avec les bras sur la tête, ou tantôt une main sur le front, tantôt une main sur le cœur ; on les retrouve aussi agenouillées devant le lit de mort ; preuve que ces femmes ont joué un rôle social essentiel. Elles étaient destinées à l’accompagnement mortuaire avec les dieux et les déesses de l’antiquité Egyptienne comme grecques. Elles étaient les véritables gardiennes des tombeaux.

 

Les pleureuses ont-elles totalement disparu de nos sociétés modernes ?

 

J’en doute sérieusement, car le christianisme est paganisé ne l’oublions pas. Combien de témoignage religieux au sujet de la passion de Jésus ressemble à ces funérailles d’autrefois ? Lorsqu’on aborde le sujet de la crucifixion, combien de croyants et croyantes changent subitement d’attitude pour exprimer une grande tristesse, un profond chagrin. Dans les assemblées chrétiennes, on y entend parfois des cris, des hurlements comme ceux des pleureuses, on y voit plusieurs se serrer dans les bras, tomber à genoux. Certains allument des bougies. D’autres se recueillent pour Jésus comme devant la tombe d’un mort. Ces nouvelles pleureuses des assemblées se manifestent et créent une ambiance de deuil. Il y a là aussi une volonté de rendre un hommage plus important au fils de Dieu défunt. Ces pleureuses modernes n’ont-elles pas toujours à cœur cette même fonction qui était d’entourer les idoles ?

Oui, se complaire dans la tristesse, permet de chérir ses idoles.

 

Alors loin de sous-estimer l’acte rédempteur de Jésus, loin de ne pas respecter ce qu’il a subi (qui est à prendre au sérieux bien-sûr), se larmoyer, gémir ou encore se répandre par des actes exagérés, c’est tricher sur soi et c’est voiler la vérité.

Jésus n’a jamais accepté, ni favorisé un tel état pour lui, comme pour son sacrifice, et encore moins pour l’injustice prononcé contre lui. Pas de lamentations funèbres.

Jésus, après avoir été condamné par Pilate à la place de Barabbas, en portant sa croix, le chapitre 23 de l’Evangile de Luc nous dit : « 27Il était suivi d'une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. 28Jésus se tourna vers elles, et dit: Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants. ».

Jésus, sans fioriture annonce la vérité. Son sacrifice n’est pas un deuil. On ne pleure pas sa mort. C’est un jour de joie. Un jour de salut. Mais le deuil est pour ces pleureuses et pour leurs enfants rebelles, ceux qui l’ont renié. Les pleurs sont pour eux, seulement pour eux.

Il y a un livre dans la Bible qui évoque clairement ces pleureuses, c’est Jérémie au chapitre 9. Et au verset 17 Dieu appelle les pleureuses : «  Ainsi parle l'Eternel des armées: Cherchez, appelez les pleureuses, et qu'elles viennent! Envoyez vers les femmes habiles, et qu'elles viennent! 18Qu'elles se hâtent de dire sur nous une complainte! Et que les larmes tombent de nos yeux, Que l'eau coule de nos paupières » Dieu les appelles pourquoi ? Parce qu’il va amener dans la mort un peuple adultère et perfide (verset 2) ; il envoie l’épée pour les exterminer (verset 16).

 

Alors, pourquoi ces croyants ont-ils besoin de pleurnicher ? Quels bénéfices en tirent-ils ?

 

Deux bénéfices sautent aux yeux. Le premier est d’attirer l’attention sur eux, pour qu’on les remarque et qu’on les prenne en considération ;

Le deuxième bénéfice est de se faire passer pour un être excessivement sensible. La sensibilité serait alors un indice puissant permettant de mesurer le degré de piété du croyant.  Leur attitude ne signifie rien d’autre que : « faites attention à moi, je souffre beaucoup, parce que ma piété est si grande. Le mal s’attaque souvent à moi parce que je suis humble, sensible et sans doute trop gentil et trop bon. » ;

Vous l’aurez compris comme moi, c’est l’inverse que ces croyants montrent alors. Ils montrent de l’arrogance, un manque de sensibilité et d’humilité et des fautes qu’ils préfèrent garder secret. Ils veulent qu’on les remarque. Ils sont souvent noyés dans la masse et pour briller, ils ont choisi le pleurnichage. Le but ici est de ne pas se moquer d’eux ni de les juger, mais de démasquer cette attitude pernicieuse qui ne fait qu’enfermer le chrétien dans un double jeu qui le perdra au final.

Maintenant pleurnicher, c’est quoi au juste dans les mots ou dans les prières ?

« Seigneur, aide-moi à enlever mes doutes. Aides moi à t’aimer comme tu m’aimes.  Aide-moi à vivre dans l’adoration de ton nom ». Ou encore « permet moi de répondre aux besoins des autres alors que je suis pauvre et que c’est très compliqué d’être généreux »

Ce genre de prières évoque à la première écoute un bien en soi, une aide, un appel à l’aide, au soutien de Dieu. Mais c’est plus que des lamentations. Ce n’est que du pleurnichage car cet état de faiblesse est une acceptation, une fausse humilité. Pourquoi fausse ? Parce que la faiblesse masque le fait de ne pas vouloir changer sur ce qui est fondamental. Et le fondamental, c’est de répondre à la question : pourquoi tu as des doutes ? (pourquoi ta foi est fragile et qu’elle n’est-elle pas un absolu ?) Pourquoi demander d’aimer alors que l’amour est un don ? Pourquoi ne rien donner alors que même un pauvre peut aider ? Prier ainsi, c’est redemander un don que l’on est censé déjà avoir.

Dans les faits cela revient à dire à Dieu : «  fait à ma place, agit pour moi . Je préfère me contenter de ma faiblesse.  Et mon incapacité me rend humble ».

 

Mais cette humilité-là cache un manque de courage évident. Le chrétien pense alors : « Je manque de courage mais cela me suffit. Tant que les autres me voient humble et sensible, ma foi me suffit. Je souhaite que les autres voient que je vis des choses difficiles et qu’ils éprouvent de l’empathie à mon égard ».

Paul de Tarse parle de ce manque de courage quand il dit aux Corinthiens « Veillez, demeurez fermes dans la foi, soyez des hommes, fortifiez-vous. ».

Soyez des hommes  traduction Louis Segond est traduit aussi par soyez virils ou mieux, soyez des êtres courageux. Andrizomai [an-drid’-zom-ahee], dans le texte, c’est un mot grec qui signifie « être courageux ». Le courage, c’est d’affronter ses manques et non de les fuir en demandant que Dieu fasse à notre place ou en demandant que Dieu nous accepte tel que nous sommes.

Une prière m’a même choqué la semaine dernière: « Je te rends grâce de demeurer toujours le même malgré mes propres doutes à ton encontre… »

Cette prière je l’ai lu alors que Dieu me parlait au sujet du rendre grâce ; Et là en lisant ces lignes j’y ai vu cette prière qui demande à Dieu d’accepter sa propre tiédeur. Dieu se contenterait de nos doutes et accepterait de se complaire avec un croyant qui aime son état de peu de foi. Cela a été plus fort que moi, j’ai mis un commentaire en disant que cette prière est diabolique et qu’elle ne rend pas grâce à Dieu. Et j’ai mis un lien vers mon message « Rendre Grace comme je ne l’ai jamais compris ainsi ».

 

Face à la tiédeur, Dieu répond avec fermeté ; « je te vomirai de ma bouche ». Et Apocalypse 3 :18 continue ainsi : « je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. ».

 Alors, si vous vous trouvez dans l’épreuve, dans la maladie, dans la souffrance ou dans le deuil, n’exagérer pas la situation en prenant un air encore plus chagriné. De même, si l’esprit de Dieu trésaille en vous, laisser-le s’exprimer et changer l’ambiance, surtout si cette ambiance devient trop larmoyante. Entretenir une ambiance de lamentations,  alors que christ vit en nous, c’est favorisé un climat de tiédeur.

Réalisons une chose importante : Notre Seigneur en mourant sur la croix nous a fait grâce d’une joie parfaite. Son Esprit est venu changer notre tristesse en une joie profonde et parfaite. La joie est le fruit de l’esprit. La joie est une expression de la grâce ; ne lui mettons aucune limite.

Jean 17 : 13 : alors que Jésus est sur le point de quitter la terre, le voici priant son Père céleste ainsi : « Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu'ils aient en eux ma joie parfaite. ».

Jésus avait préparé avec son Père ce cadeau du ciel qu’est la joie. Il savait qu’en quittant cette terre, sa résurrection nous apporterait sa joie complète et parfaite.

Maintenant, Paul commence sa lettre aux Thessaloniciens ainsi : « Aussi avez-vous été nos imitateurs, et du Seigneur, ayant reçu avec la joie du Saint-Esprit la parole, accompagnée de grande affliction; ».

Il y a les afflictions et il y a la joie du Saint-Esprit manifestée par la parole. La joie du Saint-Esprit n’est pas là, présente seulement lors de grandes réjouissances. Cette joie est constante au milieu des épreuves, au milieu des souffrances.

Je peux en témoigner, cette joie je l’ai eue durant ces 12 jours où j’étais confronté à une maladie qui me maintenait dans un état de fatigue important, des vertiges, un essoufflement au moindre effort. En plus d’une infection pulmonaire, mon médecin pensait à un accident cardiaque avec les douleurs aux poumons ; Son inquiétude ne m’a pas fait perdre ma joie. J’ai vu alors que la joie du Saint-Esprit n’est pas seulement une parole, c’est une réalité pour celle et celui qui se consacre pour Dieu.

Je souhaite que mon témoignage soit le vôtre aussi ou qu’il serve à ceux qui vont affronter des tribulations.

La joie dans la tribulation sera un indice fort de votre consécration. Si l’Esprit de Dieu est en vous, votre joie sera complète et parfaite.

Amen

dimanche 16 mars 2025

RENDRE GRACE… COMME JE NE L’AI JAMAIS COMPRIS

573                                       


Par Éric Ruiz

 

Je ne rends plus grâce comme je le faisais pourquoi ?

Ce mercredi 12 mars, Dieu m’a montré que rendre grâce n’est pas pratiqué dans la vérité.


Certes, nous devons rendre grâce en toute chose. Combien de fois ai-je entendu cette exhortation, tirée de la première épître aux Thessaloniciens 5 :18 « Rendez grâces en toutes choses, car c'est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. »

Je pense, comme beaucoup d’entre vous, l’avoir entendu très souvent. Un chrétien ne cesse de rendre grâce nous dit-on. Il doit témoigner de sa reconnaissance, c’est une obligation, une loi venant du cœur,  c’est son sacerdoce premier. S’il ne le fait pas… une terrible conséquence lui pend au nez ; il attristera l’Esprit Saint. « N'éteignez pas l'Esprit. » C’est le verset qui suit cette exhortation.

Alors, si un chrétien ne rend pas grâce dans l’assemblée, on ne tardera pas à le reprendre et à lui dire d’ouvrir sa bouche plus souvent, sinon sa bénédiction lui sera ôtée.

 « Je vous en conjure par le Seigneur, que cette lettre soit lue à tous les frères. » Paul finit sa lettre ainsi, n’est-ce pas encore là un signe d’importance ?

Oui mais, derrière cette formulation qui consiste à remercier fréquemment Dieu de tous ses bienfaits ; à lui être reconnaissant pour ce que nous sommes ; à le remercier d’avoir le gite et le couvert, la santé, le bien-être, de quoi vivre décemment ; de pouvoir subsister soi et sa famille ou d’avoir une belle situation professionnelle. Cette reconnaissance s’arrête-t-elle là ?… S’arrête-t-elle sur une bénédicité, une simple prière avant de passer à table par exemple, comme cette prière si souvent récitée : «  Bénissez-nous, Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l'ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n'en ont pas ! Ainsi soit-il ! «  ? Ou lors d’un culte ou avant une messe, où l’on voit les mains se lever et des voix chanter mille louanges de remerciements ?

 

Cela me fait penser à une situation, celle d’un enfant qui après avoir reçu un cadeau remercie son père et s’en va, puis à chaque fois qu’il le croise dans la journée, il ne cesse de le remercier à nouveau.

Ce serait risible et ridicule n’est-ce pas ? Ce serait même énervant pour le père qui prendrait son fils à part pour lui dire que le remercier une fois, ça va… Ensuite cette rengaine devient pénible à entendre. Je ne suis pas sourd ou débile dira-t-il.

Dieu n’est-il pas notre Père ? Est-il si différent du père charnel qu’il a créé sur la terre ? N’a-t-il pas cette relation de proximité avec nous ? N’a-t-il pas lui aussi cette lassitude de nous entendre le remercier à longueur de journée ?

 

Ce qui me pose problème avec ces coutumes religieuses c’est la vision de la grâce.

Est-ce la vraie vision de la grâce ?

Car la grâce n’est-elle pas un don que nous avons reçu du ciel ? Et ce don s’arrête-t-il juste à notre louange des lèvres ? Si c’est le cas, alors notre louange ne répond qu’à des émotions ou à des ressentis. Rendre grâce est-il toujours ce mélange opaque entre contentement et désir ? Notre remerciement alors n’est-il pas balloté entre à la fois la reconnaissance du bonheur et la peur de le voir disparaitre ou de ne jamais le posséder.

D’autres religions ancestrales avaient mis un point d’honneur dans la recherche du rendre grâce. Des religions polythéistes comme les Assyriens Babyloniens par peur de perdre la protection de leur dieu ou de leur déesse, rendaient grâce continuellement. Malheureusement à bien des égards le christianisme a été touché par cette peur de perdre le don de l’esprit et la séduction est venue. La séduction d’avoir un rite protecteur chrétien. Mais ne ressemble-t-il pas comme deux gouttes d'eau aux rites babyloniens d’autrefois ?

 

Là aussi la vérité n’est pas si loin. Il est important de s’intéresser à la fois au prétexte et au contexte pour bien saisir le propos de Paul de Tarse.

Le prétexte : c’est l’occasion pour l’apôtre de repréciser la juste direction à prendre pour ne pas s’endormir comme certains, et de veiller spirituellement ; D’être des enfants de lumière et non de ténèbres (v 6).  

Le contexte : Paul nous le donne puisqu’il pousse ses frères non pas à louer Dieu comme un vis-à-vis invisible,  mais à agir envers les autres qui eux sont bien visibles.

Aux versets précédent ; Paul les exhorte  ainsi : « 11C'est pourquoi exhortez-vous réciproquement, et édifiez-vous les uns les autres, comme en réalité vous le faites.
12Nous vous prions, frères, d'avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. 13Ayez pour eux beaucoup d'affection, à cause de leur œuvre. Soyez en paix entre vous. 14Nous vous en prions aussi, frères, avertissez ceux qui vivent dans le désordre, consolez ceux qui sont abattus, supportez les faibles, usez de patience envers tous. 15Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal; mais poursuivez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous. 16Soyez toujours joyeux. 17Priez sans cesse. Et RENDEZ GRACE EN TOUTE CHOSES ».

Comprenez bien que le contexte de ces versets nous montre par des exemples un prétexte qui aboutit à la conclusion : c’est ainsi que vous rendrez grâce en toute chose (en étant joyeux, en prenant garde que personne ne rende le mal pour le mal, etc).

Paul ne termine pas sa lettre par cette prière sans lien avec ce qu’il a dit avant : « 28 Que la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec vous! ». Ce n’est pas un tic de langage comme on l’entend bien souvent à la fin d’une rencontre entre frères et sœurs. C’est le prétexte de son texte. Que la grâce de notre Seigneur s’exprime par vous, qu’elle se voit dans la relation que vous avez avec autrui. Alors vous rendrez grâce en toutes choses.

Mais, revenons à l’histoire du père et de son enfant. Si le père voit son enfant qui a reçu son cadeau, s’il le voit le partager avec ses autres frères et sœurs… comment ? En étant très patient à leur égard, en les reprenant quand ils agissent mal, en les avertissant quand ils vivent dans le désordre, en manifestant de l’affection et de l’intérêt pour chacun, en les consolant lorsqu’ils sont tristes, et en partageant le plus de joie possible avec eux.  Ce père n’est-il pas alors dans la louange pour ce fils ou cette fille qui ressemble tant à lui et qui prête un tel intérêt au cadeau qui lui a été offert ? Ce cadeau c’est la grâce ; Et ce fils a été gracié et le voilà graciant les autres à son tour. Et la boucle est bouclée quand les autres frères et sœurs, loin de se rebeller face aux avertissements, acceptent et aiment être repris par leur frère.

 « Rendez grâce en toute chose » : c’est exercer le plus grand don que vous avez reçu de Dieu.

« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Matthieu 10 :8)

Ce que nous avons reçu c’est cette grâce d’aimer comme notre Père aime. C’est ce don qui ne doit jamais cessé, sous peine de voir l’Esprit du Seigneur s’éteindre en soi. «  Abstenez-vous de toute espèce de mal » encore un verset du même chapitre des Thessaloniciens, qui va lui aussi dans ce sens de la grâce ; Vous avez reçu le bien, ne cessez de le distribué »

Car : C’est ne plus être sensible à son prochain qui fait que nous ne rendons plus grâce.

Nous devons être avant tout pragmatique dans notre foi et arrêter de chercher des moments de prières ou de méditations qui ne nous inspirent rien d’autres que des mots de remerciements ou un état de paix et de contentement personnel.

Car arrivé à ce stade, nous sommes dans une auto contemplation et une auto satisfaction.

Nous avons taillé un Dieu à notre image ; celui d’un père se contentant juste d’un petit merci de notre part.

Non, Dieu est très pragmatique. Il se réjouit quand un de ses enfants est sauvé ; il se réjouit quand des hommes se lèvent pour délivrer un peuple opprimé, quand une veuve retrouve la nourriture pour elle et ses enfants, alors que la famine l’en avait privé.

Soyons comme lui est. Rendons grâce à Dieu d’avoir pu nourrir un affamé, d’être son bras armé lorsqu’une personne est en danger, d’avoir pu être sa présence qui console auprès d’un délaissé, d’avoir été là pour relever une personne tombée. D’avoir pu parler à son enfant rebelle en ne tenant pas compte de ses fautes.

Il y en a des exemples multiples et variés de rendre grâce.

Alors, bien-sûr la grâce nous fait repenser au manque de foi et à ses conséquences ; Pourquoi ma famille est divisée ? Pourquoi j’ai des échecs récurrents ? Pourquoi je souffre continuellement dans mon corps ? Pourquoi suis-je si accablé alors que je loue mon Seigneur chaque jour ?

Paul dans sa lettre aux Thessaloniciens ajoute au verset 20 une chose qui semble rien à voir avec la grâce ; il écrit : « Ne méprisez pas les prophéties ».

Qu’est-ce que les prophéties ont à voir avec la grâce ?

La grâce n’est-elle pas un don qui se donne en toute libéralité sans que l’on ait besoin de nous la prophétiser ?

Ecoutez bien ceci : la prophétie est nécessaire … quand on entend plus rien ou quand on pense n’avoir plus besoin de rien.

Parce ce que : Etes-vous à l’écoute quand quelqu’un vient vers vous pour vous reprendre et vous mettre en garde sur le fait que vous ne rendez pas grâce en toute chose ? Ou parce que vos prières et vos louanges font grincer les dents de Dieu ?

Est-ce encore un fait unique dans l’histoire, quand le prophète Esaïe commence son livre par cette mise en lumière ?

Esaïe 1 : 11 « Qu'ai-je affaire de la multitude de vos sacrifices? dit l'Eternel. Je suis rassasié des holocaustes de béliers et de la graisse des veaux; Je ne prends point plaisir au sang des taureaux, des brebis et des boucs.
12Quand vous venez vous présenter devant moi, Qui vous demande de souiller mes parvis?
13Cessez d'apporter de vaines offrandes: J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités.
14Mon âme hait vos nouvelles lunes et vos fêtes; Elles me sont à charge; Je suis las de les supporter.
15Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas: Vos mains sont pleines de sang. »

La suite du texte, c’est  L’Eternel Dieu qui leur demande de rendre grâce correctement, en toute vérité. Comment le fait-il ?

16Lavez-vous, purifiez-vous, Otez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions; Cessez de faire le mal.17Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve »

Les textes bibliques ne peuvent pas être plus clairs. Esaïe comme Paul parlent de la même manière sur l’importance de rendre grâce en toutes choses. Il n’y a qu’une sorte de manière pour rendre grâce et on ne peut tricher avec elle bien longtemps. Pourquoi ?

Parce « qu’un homme ne peut recevoir que ce qui lui a été donné du ciel » Jean 3 :27 ; et par conséquent il ne peut donner que ce qui provient de Dieu ; or, s’il n’a rien à donner ; il rendra grâce par des rituels, par des lois, par une copie de l’original, par un faux sacrifice de son amour. Ses efforts pour faire le bien l’épuiseront. Il passera vite à autre chose. C’est pourquoi (on vient de le lire dans Esaïe 1) rechercher la justice demande de se laver et de se purifier.

Alors pour résumer : ne plus être sensible à son prochain fait éteindre l’esprit. Nous ne rendons plus grâce à Dieu alors, nous ne formulons que des prières et des louanges sans contenus qui sont en horreur à notre Seigneur. C’est (il faut le dire alors) un rejet de la grâce que nous apportons en cadeau. Un cadeau qui a changé puisque l’esprit est abandonné aux profits de nos convenances personnelles. C’est tout bonnement tomber dans l’apostasie.

Alors ma prière celle qui m’est venue spontanément à la bouche, avant de m’endormir a été de rendre grâce à mon Dieu de pouvoir à mon tour rendre grâce en m’occupant de ses enfants, en ayant de la considération pour tous, en me centrant sur ses affaires, en pratiquant le bien autant que je puisse le faire.

Examinons les moments où Jésus a rendu grâce à son Père ; Première constatation : il ne l’a jamais fait seul.

-Parmi ces moments, un se trouve écrit dans Jean 11 : 41. C’est au moment où le fils de Dieu fit sa prière pour ressusciter Lazare : « Ils ôtèrent donc la pierre. Et Jésus leva les yeux en haut, et dit: Père, je te rends grâces de ce que tu m'as exaucé. ».

Ayons le plus possible cette pensée en nous : Jésus a rendu grâce de ce que son Père l’exauçait et agissait avec lui pour les autres. Jésus a reconnu le cadeau qu’il offrait ; Ce cadeau de résurrection provient du Père et c’est lui le fils de Dieu qui l’offre de sa part.

-Le deuxième moment où Jésus-Christ a rendu grâce se trouve au passage de la multiplication des pains. Avant de nourrir la foule Jésus prit les pains et rendit grâces puis distribua à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. Là aussi le cadeau que le père va multiplier par un miracle s’offre par Jésus et ses disciples. C’est cette grâce partagée dont il est encore question.

-Enfin, troisième moment (et pas des moindres) lors de la dernière cène, Jésus prit le pain, rendit grâce, le rompit et le donna à ses disciples en disant : « prenez, mangez, ceci est mon corps ». Il fit de même avec le vin.

Ce dernier exemple du rendre grâce nous montre un accomplissement parfait. Non pas à partir d’un simple partage de nourriture, mais à partir d’un symbole beaucoup plus fort.

Sa chair donnée et son sang versé l’a été pour nous. Il s’est engagé à tout faire pour nous.

Par conséquent, manger le corps du Christ nous engage. Il nous engage totalement dans une action commune de grâce, impliquant Dieu et aussi notre propre sacrifice. La grâce sans le sacrifice de Jésus ne nous permet pas de sacrifier aussi nos vies, pour exercer la grâce à notre tour. C’est le sacrifice, le sang de l’alliance qui nous amène à vivre une grâce entière et complète. C’est ainsi et seulement ainsi que notre foi sera pleine de grâce et de vérité.

Le cadeau que nous recevons et que nous partageons n’est pas le nôtre. Alors rendons grâce ensemble, d’un même cœur pour les prodiges que Dieu fait à travers nous pour nos frères.

Amen