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Par Eric Ruiz
Jésus-Christ a cette ferme intention : dans un premier temps, de montrer les boucs et les brebis, puis ensuite de les séparer.
En fait, dans un même troupeau se côtoient boucs, chèvres,
brebis. Ceux qui ont un instinct grégaire, qui suivent le troupeau sans se
rebeller et sans exercer de violence sont les brebis. Leaders, individualistes, fonceurs, dominants, et agressifs se sont les
boucs. Et pourtant, ce sont ceux qui
ouvrent le chemin. Les chèvres feront comme les cabris de leur espèce,
elles auront tendance à sauter les enclos pour passer de troupeaux en troupeaux
Dans toute organisation humaine et sociale il y
a ce phénomène.
Alors : « quand le
fils de l’homme viendra dans sa gloire, il mettra les boucs à sa gauche et les
brebis à sa droite ».
Le bouc n’a
pas bonne réputation. Il est nommé 50 fois dans la Bible. 50 : c’est uneidentité ; c’est le nombre biblique de l’identité.
La nature révèle le spirituel. Le bouc a l’identité d’un
animal dominateur : Chèvres comme boucs sont plus individuels que les moutons.
Les boucs ne parlent pas tout à fait le même "langage" social. Le
bouc aura tendance à s'imposer naturellement pour l'accès aux meilleures places
ou à la nourriture (au râtelier d’où l’expression très parlante pour les
boucs : « manger à tous les râteliers » ; c’est l’image d’un animal qui va picorer
partout, qui est sans loyauté ; il n’est pas fidèle
à une seule source, il est opportuniste, il va partout où il peut tirer un avantage,
cherchant constamment son propre intérêt. Les brebis, plus grégaires et soumises, lui laisseront la place sans
chercher la bagarre. La brebis s'éloignera ou elle pliera les genoux devant le
bouc.
LE BOUC SYMBOLE DU MAL A EXPIER
Le bouc est aussi un animal de sacrifice et de jugement.
Moïse l’utilisait pour le sacrifice d’expiation. Cet animal est toujours destiné
à expier les fautes. Lévitique chapitre 16 nous décrit l’ordonnance du
sacrifice d’expiation. Deux boucs étaient sacrifiés. L’un servait d’holocauste,
l’autre était chassé du troupeau loin du camp dans le désert (le bouc
émissaire). Il portait avec lui les péchés du peuple.
Le sang des boucs est symbole de sang impur, souillé par le péché.
Ce sang rachetait les péchés du peuple. (Jésus-Christ
s’est substitué au bouc prenant l’iniquité de tous sur lui). Pendant le sacrifice d’expiation, Aaron le souverain sacrificateur posait ses deux mains sur la
tête du bouc vivant, celui destiné à l’exil et il confessait sur lui toutes les
iniquités des enfants d'Israël. De même, celui qui avait la tâche de chasser le
bouc devait laver ses vêtements, et laver tout son corps dans l'eau; avant de
rentrer dans le camp.
A travers cet animal, nous voyons la confession des péchés
comme leur purification par la mort et par l’exil de l’animal ; mais aussi
la purification en se lavant des péchés comme lors d’un baptême de repentance.
En Christ cette confession demeure et la prière et le renoncement aux œuvres
mortes chassent très loin les démons qui s’agitent dans l’esprit humain.
Donc, dans la volonté de se séparer du mal, le bouc n’est pas
anodin. Il symbolise le mal, le diable parfois même; ce mal qu’il faut expier
absolument pour plaire à Dieu.
Spirituellement le bouc possède son identité propre et son
jugement qui lui ait accolé.
LE PASTEUR BOUC
Ma colère s'est enflammée contre les
pasteurs, Et je châtierai les boucs; » Zacharie10 :3
Il y a des boucs parmi les pasteurs. Des êtres dominateurs et
pervers. Qui font passer leurs désirs avant celui du groupe. « Les
devins prophétisent des faussetés, Les songes mentent et consolent par la
vanité. C'est pourquoi ils sont errants comme un troupeau, Ils sont malheureux
parce qu'il n'y à point de pasteur » (Zacharie10 : 2). La colère de Dieu n’est pas sans raison :
Les boucs prennent souvent l'habit de brebis et parmi les brebis se cachent des
boucs qui attendent leur opportunité pour agir ; Ou qui agissent en se
forçant à faire comme les autres moutons, en attendant de se manifester tels
qu’ils sont vraiment. Ils sont têtus et
résistent à Dieu jusqu’à ce que Dieu les arrête et les châtie.
Dieu nous demande d'être prudents et patient.
Car c'est lui qui fera le tri au moment opportun. « L’homme
regarde à ce qui frappe les yeux mais l'Eternel regarde au cœur »
(1 Samuel 16:7). Dieu laissera le pasteur bouc agir à sa guise car il conduira
son troupeau là où est nécessaire qu'il aille: Dans des
prés ou règnent l'injustice, l'oppression, la soumission forcée et la désolation
pour finir.
Mais la partie n’est pas terminée pour autant. Car à partir
de là, les cartes vont être rebattues par notre Seigneur. Il suscitera parmi
les brebis suiveurs, des pasteurs, et il dénoncera les boucs imposteurs. Ils
seront chassés du troupeau.
LA COMPLEXITE DE L’IDENTITE
Mais c’est lui, notre Dieu qui séparera le troupeau. Personne
d’autres. Pourquoi ?
D’abord, parce que l’identité d’une personne est complexe.
Elle est tellement difficile à cerner. Nous voyons des brebis là où se trouvent
des boucs et inversement, nous jugeons trop précipitamment le mal chez un
croyant.
Alors, c’est Dieu qui vient dans sa gloire trier. Il chasse
les boucs, dévoile les mercenaires et s’empare d’une partie des brebis. Il
rétabli un nouveau troupeau où les derniers seront les premiers. Dans l’Evangile
de Jean 10, Jésus dans sa parabole montre que ceux qui ne passent pas par la
porte sont « des voleurs et des brigands »
qui ne cherchent qu’à dérober, égorger et détruire.
L’identité n’est pas une simple déclaration : Il ne
suffit pas de dire ce que nous sommes ; comme « je suis chrétien »
ou « je suis athée » ou « je suis pasteur ».
Il y a tellement de situations qui révèlent la dualité de
notre identité :
1- ce que
vous faites, lorsque personne ne vous voit et
qu’aucune récompense n’est attendue.
2- Les excuses que vous utilisez continuellement pour
vous justifier.
3- Les vérités que vous refusez d’affronter sur
vous-même.
4- Ce à quoi vous revenez toujours, même après avoir
essayé de changer.
5- Tout ce qui vous met en
colère ou vous touche profondément
6- Ce que vous êtes prêt à sacrifier pour rester fidèle à
vos engagements.
7- La manière dont vous réagissez à la honte et à
l’humiliation.
8- La manière dont vous traitez ceux qui ne peuvent rien
vous apporter.
9- Ce que vous faites lorsque vous avez peur.
10- Ce que vous faites lorsque vous avez du pouvoir.
11- Qui vous admirez et ce que vous enviez chez
les autres
12- Ce que vous faites de votre souffrance : devenir plus conciliant
ou plus dur.
13- La manière dont vous aimez — ou dont vous évitez
d’aimer ou haïssez.
Vous
voyez, face à ces 13 manières d’agir, juger de l’identité demande de très bien
connaitre l’autre et de très bien se connaitre soi-même aussi. Connaitre
l’autre, se dévoile à partir de ses peurs, de ses contradictions et de ses réactions
lorsqu’il est sous pression ou lorsque son pouvoir s’accroit. Pourquoi ? Parce
que l’être humain est très souvent double.
Dieu
connait les cœurs, et il ne fait pas de compromis. Il ne cherche pas à vous
rendre un peu plus tolérant, moins colérique, à faire que vous admiriez plus ce
qui est saint que profane. Il veut changer en totalité votre identité.
Pas pour en prendre une plus avantageuse mais pour que nous revêtions la
sienne. Il va par conséquent vous faire passer par une nouvelle naissance
spirituelle. Il ne gardera pas les boucs. Il en a horreur. Leur odeur forte
l’insupporte. Ils sont faux. Ils font avec lui une fausse alliance. Ils font
mine de se revêtir de son autorité pour mieux suivre leur voie corrompue.
LA BOUC : UNE PREDESTINATION QUI N’EST
PAS IRREMEDIABLE
C'est là qu’une forme de prédestination existe.
Nous sommes des esprits incarnés. Et « nous
avons péchés et nous sommes tous privés de la gloire de Dieu »
(Romains3 :23). Alors, connaissant ce principe lié à la vie : Qui a
été bouc et qui a été brebis ? Le hasard a-t-il influencé la distribution
des rôles ? Ou autre question plus
pertinente : Quelle sorte d'ange avons-nous été avant d'être précipité
dans des corps sur la terre ? Des leaders ou des suiveurs ? Des Lucifers, des
porteurs de lumière ou des suiveurs de lumière ; des caractères de bouc ou
des caractères de brebis ?
Ce que je crois vrai, en fait, la
prédestination : c'est nous même qui l'avons provoqué. Nous l'avons
provoqué quand nous étions des anges au service de notre Seigneur. Ce que nous
avons manifesté a alors contribué à notre élection sur terre. Si nous étions
des leaders assoiffés de pouvoir, nous cherchons naturellement à l'être sur
terre. Alors bien-sûr dès que l’on parle de bouc, la prédestination, vient
comme un couperet définitif. Il n’y aurait plus rien à faire. Mais la question :
Dieu est-il seulement le Dieu du jugement ? N’est-il pas aussi le Dieu
sauveur le Dieu du Salut ? Jésus-Christ a-t-il seulement donné sa vie pour
ses brebis ? En d’autres mots : il ne sauvera pas les boucs, MAIS un bouc ne peut-il pas changer est
devenir une brebis ? Lorsque son masque de brebis sera tombé, que
l’imposture sera dévoilée, et qu’il aura reçu son jugement, ne peut-il pas devenir
une brebis ?
Saul de
Tarse avant de devenir Paul,
n’était-il pas un bouc ?
En tous les cas, il en avait toutes les caractéristiques.
Saul l’avoue : il était « animé d’un zèle excessif « (Galates
1 :14) ;
Lui qui était entêté, fonceur, en poursuivant
inlassablement les chrétiens au-delà des frontières, jusqu’à Damas;
Lui, qui dominait du haut de son autorité de pharisien ;
Lui, qui défendait la loi comme un territoire sacré et
Lui, qui écrasait, persécutaient les chrétiens jusqu’à la
mort, « Saul, respirait la menace et le meurtre
contre les disciples du Seigneur » (Actes 9 :1). Dieu l’a épargné. Plus encore, il l’a rendu
apôtre des gentils.
Dieu n’a-t-il pas ce pouvoir de transformer l’âme, de chasser
les mauvais esprits, et de briser les cœurs ? Sinon à quoi sert-il de
naitre d’en haut si la nature charnelle demeure à jamais sa seule identité ?
Celui qui affirme : « je suis né bouc, je mourrais bouc »,
n’a pas encore connu le Seigneur.
Jésus devant l’homme riche, l’homme autosuffisant, a dit qu’il serait « difficile » d’entrer dans le royaume (en précisant que
c’était comme de faire entrer un chameau dans une aiguille.) Mais Il n’a pas
dit « impossible ».
Dans le peuple de Dieu, il y a toutes sortes de personnes
saintes. Brebis et boucs s’y côtoient.
PSAUME 78 :71 :« Jacob son peuple
et Israël son héritage ». Jacob est
le peuple de Dieu. Et ce peuple est hybride, car cohabitent brebis et boucs. Mais
Dieu sépare les uns des autres. Les boucs sont une race qui n’hérite pas des
promesses divines. Esaïe 58 :1 « Crie
à plein gosier, ne te retiens pas, Élève ta voix comme une trompette, Et
annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés! »
Alors, un détail qui n’en est pas un : Jacob et Israël sont la même personne. Mais
avec un « sacré » changement toutefois.
-Jacob a
acquis une identité
forgée par la lutte ; c'est le caractère de celui qui se trouve
justifié parce qu’il est fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham. Parce que ses aïeux
ont bien insisté sur le fait que sa vie serait bénédiction. Jacob montre un
caractère autosuffisant. Il veut la bénédiction promise. Il veut manger à tous
les râteliers. Il refuse par conséquent d'être le frère cadet sans héritage. Il
convoite les premières places celles que l'on garde pour les aînés. Il domine
son frère en le volant. Mais il domine aussi son père Isaac en le trompant. Jacob
s’associe avec sa mère pour monter un stratagème et s’emparer de la bénédiction
d’Isaac. Jacob c'est celui qui
supplante, qui trompe. Le refus de perdre est central chez lui. C'est un vrai bouc. Il incarne
complètement cet animal et l’impureté qui va avec. Les autres membres de sa
famille, il les voit comme des brebis qui doivent se soumettre à lui, à lui le
bouc.
Or, son jugement repose sur lui et il ne tardera pas à le
recevoir.
-Israël quant à lui a été transformé par les épreuves
et le chaos. Il est devenu par la souffrance docile comme un agneau. Et
quelle souffrance ! Tout bascule au gué de Jabbok. Où en
retrouvant son frère Esaü Il croit y perdre toute sa famille. Au matin, blessé à
la hanche, en luttant avec Dieu, il deviendra Israël, mais boiteux ; Avant
cet épisode sa rencontre amoureuse avec Rachel tournera à une forme d’esclavage.
blessé dans sa relation. Il perd le contrôle, et se fait manipuler à son tour. il
mettra 14 ans pour obtenir la main de Rachel en étant soumis au bon vouloir de
son oncle Laban. Rachel sera longtemps jalouse et stérile.
Puis elle mourra juste après la naissance de Benjamin. Son unique fille Dina sera
déshonorée par Sichem un chef Cananéens. Sans compter les décennies où il a cru
son fils préféré de tous, Joseph, mort. Avec
les épreuves, et les nombreuses années de souffrance, Israël s’est adoucit. Il
n’est plus le « leader individualiste et voleur du début. Maintenant il ne
se suffit plus à lui-même. Il plie les genoux devant Dieu et attend de lui son
secours.
Il est alors prêt à faire partie de l'héritage
de Dieu. Jacob héritera mais en devenant Israël.
D’Israël, et de Juda en particulier sortira
Jésus de Nazareth. « Un rédempteur viendra pour Sion, Pour
ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, Dit l'Éternel ».
En conclusion :
Le bouc
sera sauvé en devenant brebis comme Jacob a été sauvé en devenant Israël.
Ainsi nous ne devons pas juger celui qui agit comme un bouc, comme à l’inverse
celui qui agit tel un agneau avec une bienveuillance qui peut être trompeuse.
Le fait d’agir comme un bouc ou une brebis ne fait pas de nous des êtres perdus
ou sauvés. Parmi ceux que nous croyons perdus, prions pour que de bouc ils
deviennent brebis du Seigneur. Prions pour que ce temps difficile traversé par
le peuple de Dieu aboutisse à de nombreuses conversions. Que tous ces boucs et
leur autosuffisance soient mis à terre devant notre Seigneur pour qu’ils
entendent le son de la trompette du rassemblement et naissent véritablement
d’en haut.
Amen


