dimanche 1 novembre 2026

JUGE, AVOCAT, QUI SOMMES NOUS EN CHRIST ?

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Par Eric Ruiz

 

Aujourd’hui à entendre les uns et les autres, tout chrétien a pour vocation d’agir dans l’amour de Christ. Tout chrétien souhaite bénir et non maudire. La compassion et la grâce sont les laisser passer de toutes les églises de Christ…


Et pourtant dès que survient un péché dans l’entourage, les yeux se lèvent, les regards durcissent, les talons se tournent et des mots durs et impitoyables s’échappent des bouches.

Quelle attitude le croyant doit-il avoir face au péché ?

Bien sûr, il ne doit ni l'ignorer ni faire comme s'il n'existait plus. Il est appelé à être transparent avec notre Seigneur pour ses propres fautes d’abord et ensuite miséricordieux envers le pécheur tout en demeurant intransigeant envers le péché. (Attention toutefois, cette intransigeance peut être ferme mais jamais dure à l'égard du pécheur). Le disciple sait d'où il vient. Il sait par qui il a été séduit et comment il est tombé. Le péché n'était pas seulement ce qu’il transgressait: il était sa nature.

A partir de là ne nous comportons pas comme si nous avons toujours été des êtres saints et irréprochables. Soyons humbles compatissants et justes.

Alors quelle attitude adopter ?

Le Saint-Esprit ne nous conduit jamais à être différents de l'attitude de Jésus de Nazareth. Or il nous montre une voie nouvelle dans l'épisode de la femme adultère. Il ne cautionne pas son péché, mais il ne la condamne pas non plus. Il lui dit simplement : « Va, et ne pèche plus. »

D'une certaine manière, ne place-t-il pas cette femme devant un choix : celui de rencontrer un juge ou un avocat ?

Car si, après avoir connu la grâce, elle préfère suivre sa propre loi et les désirs de la chair, elle s'exposera de nouveau à la loi de Dieu. Elle se retrouvera alors devant un juge. Et un juge applique la justice à celui qui transgresse la loi. C’est œil pour œil, dent pour dents. Le châtiment est alors appliqué de manière systématique en rapport à la faute commise.

Mais, si elle choisit de se soumettre à la volonté de Dieu, elle découvre en Jésus un avocat. Un avocat qui ne minimise pas ses fautes, mais qui les prend sur lui. Qui a payé par sa vie pour qu’elle ne soit plus condamnée. Donc, un avocat qui n’est pas là pour lui faire une leçon de moral, mais qui la défend, la relève et la rétablit dans son droit et dans sa dignité.

Certains penseront alors : « La vie chrétienne est bien avantageuse. Il suffit de croire en Christ et hop tout est effacé ! ». Oui cette vie est avantageuse, mais attention, Dieu n’est pas dupe. Il efface les fautes oui.

Mais si vous suivez Christ en imaginant que vous pourrez continuer à mener vos petites affaires dans l'ombre, en secret, vous vous trompez profondément. Vous vous mettez le doigt dans l’œil. On n'entre pas dans le Royaume par calcul. On ne reçoit pas Christ comme un simple moyen d'échapper au jugement. C'est lui qui nous attire et c’est lui qui nous reçoit dans son Royaume. Matthieu 5 :20 « Si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux ».

C’est une réalité, ceux qui gardent un cœur partagé se heurtent à la loi. Et la loi ferme la porte du Royaume. La porte de la grâce ne s'ouvre pas à l'hypocrite. Sans être complètement transparent, on ne peut ni naître d'en haut ni entrer dans l'héritage promis aux enfants d'Abraham.

Prenons l’exemple de certains chrétiens qui se mettent souvent en colère. Ils s’insurgent et se disent : «  Après tout, ce n’est pas si grave ; Dieu connait mes faiblesses et il efface mes fautes. La colère c’est mon petit aiguillon, cela fait partie de mon caractère.» «Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges » (Matthieu 5 :22).

Choisir un autre que Christ, c’est prendre l’habit du magistrat ; c’est vouloir juger par soi-même. C’est prendre plaisir à être indépendant, impartial et dur. C’est aussi prendre le marteau du juge pour frapper fort en prenant des décisions sans possibilités de changement et clore tout débat. C’est adorer un autre Dieu comme le faux dieu de la mythologie nordique Thor. Thor est représenté lui aussi avec un marteau au pouvoir comme le tonnerre : électrisant; un marteau qui s’abat subitement comme la foudre sur ses ennemis.

En prenant un tel instrument on cherche à impressionner et à imposer ses idées par la force : « Dieu a dit … !!! Sa parole dit :… !!! »

Or, un chrétien qui s’identifie ainsi dans son cœur agit contre l’esprit de Dieu. Car, si nous jugeons et décidons par nous-mêmes, en faisant accepter nos décisions par la force, nous disons au Père qui est dans les cieux, et qui à envoyer son fils unique, que cela n’a servi à rien. Pourquoi ? Parce que Jésus a dit : «  Dieu n’a pas envoyé son fils pour qu’il juge le monde » (Jean 3 :17).

Si nous sommes de sa nature, nous avons revêtu Christ, nous sommes fils de Dieu nous aussi. Et nous ne sommes pas envoyés pour juger le monde. Par conséquent, ne convoitons pas la fonction de juge alors que Christ n’a jamais eu cette mission. Sa mission il le dit juste après : il est venu sauver. (Toujours dans Jean 3 :17)

Il est venu prendre ses attributs d’avocat. 1Jean 2 :1 : « si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus Christ le juste ».

En d’autres termes c’est comme si Jésus avait dit : « vous voulez me suivre, alors soyez prêt à endosser une robe d’avocat ».

Galates 5 :1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchi ». Alors est-ce seulement notre liberté qui est en jeu ? Si nous aimons l’autre, notre prochain comme nous-mêmes, n’est-ce pas plutôt sa liberté qui devrait nous soucier ? Pourquoi le remettrions-nous sous le joug de la servitude, s’il est libéré du péché ?

S’il s’est égaré, nous devrions tout faire pour qu’il retrouve son premier amour. Et l’exhorter,  le reprendre seul, puis à plusieurs ou même ne plus communier avec lui, cela fait partie du projet de la liberté en Christ.

Notre mission n’est pas de lister les fautes et de rendre un verdict. Notre mission est au minimum celle d’un avocat de la cour. Il prête serment, celui: d’avoir de l’humanité, c’est-à-dire d’écouter et d’accompagner les justiciables avec empathie. Mais pour un disciple l’engagement est bien supérieur. Il s’agit d’intercéder et de défendre la cause du malheureux, de lui annoncer la bonne nouvelle de son Salut, bref de délivrer les captifs. Sa mission n’est pas celle d’appuyer sur les péchés des uns et des autres pour leur signaler qu’ils n’auront que ce qu’ils méritent. Cette justice là accuse et condamne. Un croyant qui se complait de la sorte montre sa propre colère contre Dieu. N’est-ce pas le diable qui lui inspire un tel projet alors ?

Nous avons à choisir un camp : défendre ou accuser. Reprendre dans la douceur ou mordre et blesser.

Pourtant, certains sont déstabilisés quand ils lisent ailleurs dans Jean 9 :39 que Jésus est venu pour un jugement.  Ce jugement n’est pas une condamnation, c’est un discernement. Il permet de séparer le vrai du faux en dévoilant l’imposture. Alors, ce jugement concerne ceux qui affirment voir. Ceux qui se proclament saints. Ils pensent être juge parce qu’ils croient avoir reçu cette mission de Dieu. Mais en brandissant la loi, ils se comportent comme des juges iniques qui méritent d’être jugés eux-mêmes.

L’Esprit saint qui agit comme une lumière ne fait que refléter la part d’iniquité en eux. Et ces imposteurs se dévoilent en devenant persécuteurs des gens de la lumière. Ce jugement c’est qu’ils préfèrent les ténèbres à la lumière (Jean 3 :19). Pourquoi ? car ils ont « peur que leurs œuvres soient dévoilées ». En fait Jésus souhaite certainement nous mettre en garde. Ceux qui après avoir connu la grâce de Dieu agiront comme des juges, sont déjà jugés ; et ils sont jugés par le Père selon leurs œuvres. Tandis que ceux qui auront agit en pleine lumière dans la grâce ne seront pas jugés mais la grâce repose sur eux.

Lorsque Christ frappe à la porte, ceux qui lui ouvrent ne sont généralement pas dans une position confortable, encore moins de supériorité. Ils sont meurtris, affaiblis, peinés et souvent arrivés au bout d'eux-mêmes. Ils ont découvert leur incapacité à se sauver. Leur réponse n'est en aucun cas le fruit d'un calcul raisonné, mais le cri d'un cœur qui aspire à la délivrance. Alors au temps du soir, lorsque les ténèbres sévissent, Christ vient souper avec eux. Il vient leur annoncer que le temps de la servitude est fini.

Pour résumer :

Nous nous devons (en tant que croyants recherchant la vérité) replacer l'Église dans sa véritable identité : un refuge de grâce et de restauration, plutôt qu'un tribunal.

Nous devons prendre parti en refusant d’accorder notre bénédiction à une assemblée de juges où règne la rigueur, l’impartialité, l’autorité, la dénonciation du mal, pour l’application d’une justice stricte.

Nous devons plutôt tout entreprendre pour favoriser, une assemblée d’avocats où chacun cherche la compassion, l’écoute, la patience, l’amour, la restauration, sans pour autant être laxiste sur les transgressions ou accepter l’immoralité.

Dieu ne peut croitre que dans un disciple qui exerce les bonnes intentions de l’avocat. Ses intentions sont de défendre les intérêts de son prochain. Et notre vocation, c’est que Christ croisse et que je diminue.

Or à l’intérieur du juge c’est l’inverse qui se produit : L’homme certain de son autorité croit tandis que Christ diminue. Car le juge ne défend pas l’intérêt de celui qui est accusé. Mais il ne cherche qu’à appliquer la loi.

Parakletos un mot grec que nous retrouvons 5 fois dans la Bible, il a le plus souvent été traduit par consolateur. Mais c’est le même mot qui signifie aussi avocat, ou assistant qui porte secours. Jean 14 :16-17 : «  Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, un autre avocat, un autre assistant qui porte secours, afin qu'il demeure éternellement avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir ».

Encore un témoignage de plus pour confirmer que ce n’est pas le juge que Christ envoie dans son Eglise. Christ nous envoie le Saint-Esprit qui est le même avocat que lui ; qui a le même esprit de vérité, la même intention de porter secours. La vérité ne vient pas du juge qui a la loi avec lui mais de l’avocat Christ qui a la vérité avec lui. De même c’est une bénédiction que Jésus soit mort et ressuscité car il nous a envoyé son avocat (qui ne cesse de plaider pour nous auprès du Père). Quand vous péchez, l’avocat Christ ne cherche pas si d’autres péchés sont restés inconnus.  L’avocat cherche des preuves d’amour. Il présente au Père, l’amour que vous avez manifesté, car cet amour couvre une multitude de péchés. L’apôtre Pierre écrit cela comme un commandement : « Avant tout, ayez les uns pour les autres une ardente charité, car La charité couvre une multitude de péchés. » (1Pierre 4 :8).

 Quand Jésus-Christ dit qu’il a « vaincu le monde », ne dit-il pas qu’il a vaincu les tribunaux et les juges et qu’il a gagné en plaçant au sommet le meilleur avocat qui soit, le défenseur des faibles et des opprimés?

Alors pour nous qui avons reçu la grâce de Dieu, restons du bon côté, manifestons la même grâce pour nos frères et sœurs. Ne les jugeons pas mais cherchons toujours le moyen de leur pardonner, de les libérer de leur souffrance pour qu’il soit comme nous : édifiés. Lavons-leur les pieds comme Jésus l’a fait à ses disciples. C’est le corps de Christ qui est édifié. Si nous avons reçu le Saint-Esprit c’est pour montrer l’avocat qui porte secours plutôt que le juge impartial et dur qui s’appuie sur sa connaissance infaillible de la loi. Je vais prendre une image parlante : Ce juge qui pour une transgression de la loi vous tape sur la tête avec sa Bible pour vous faire descendre cette même loi jusque dans votre cœur.

Dans le monde que nous connaissons actuellement, tout s’emballe, la corruption, les catastrophes, l’immoralité, les meurtres. Une cruelle impression que le jugement de Dieu est partout à la fois. Que tous les juges se sont rassemblés et qu’ils exercent partout leurs terribles sentences. N’oublions pas la mission de Christ. Face à la frayeur que procure un tel jugement, c’est l’avocat divin que l’on cherche de plus belle. C’est lui qui apparait comme l’urgence et le seul secours possible. C’est lui qui relève celui qui est atterré et paralysé par la puissance de l’épreuve. A celui qui crie Maranatha, Dieu lui envoie qui ? son juge ou son avocat ?

 Alors, prions pour que le grand avocat que nous avons reçu par Jésus-Christ soit le plus visible dans nos faits et gestes du quotidien. Notre mission de disciple n’est-elle pas là ?

 Car « là où le péché abonde, la grâce surabonde ». Là où les juges sévissent, l’avocat glorieux retourne l’affaire à l’avantage du condamné et lui porte le plus grand secours : le secours de Dieu.

Amen

dimanche 25 octobre 2026

PECHE & TRANGRESSION : UNE DIFFERENCE PROFONDE

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Par Eric Ruiz

 

Des frères se posaient cette question cette semaine : Quelle différence y a t-il  entre péché et transgression ? Le péché est-il la conséquence d’une transgression ? Ou bien l’un et l’autre sont-ils deux notions indépendantes ?


C’est ce qu’on pourrait croire en lisant le Psaume 32 :1 : ». Cantique de David. Heureux celui à qui la transgression est remise, A qui le péché est pardonné! ».

LA TRANSGRESSION

Le péché c’est manquer le but d’une manière générale, c’est une notion plus large que la transgression. Dans la Bible, (comme dans la réalité), la transgression est un acte juridique. Et là, je n’apprends rien à personne bien sûr : Toute société est régie par un système de lois dictant notre conduite.  La transgression suppose qu’une loi ou qu’un commandement soit violé.

 Ici, en transgressant c’est bien le but d’obéir à une loi qui a été manquée.

Ainsi, lorsque Dieu ordonne à Adam de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, la désobéissance d'Adam devient une transgression parce qu'elle consiste à franchir une limite clairement établie par Dieu. Puis est venue la Loi de Moïse. Et avec Moïse, les commandements de Dieu sont formulés de manière détaillée (selon le judaïsme 613 mitsvots ou commandements formeraient l’ensemble des lois : un nombre très conséquent). Quoi qu’il en soit transgresser un seul point de la Loi revient à se rendre coupable devant l'ensemble de la Loi (Jacques 2:10). Le péché apparaît alors dans toute sa gravité et révèle la condition du pécheur qui ne cesse à l’infini, d’être jugé et de se racheter de ses fautes.

Paul écrit que « là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression » (Romains 4:15). Cela signifie que la transgression est liée directement à la violation consciente d'un commandement.

Alors, cette connaissance suffit-elle pour affirmer que le péché n’existe que parce que la loi existe ?

Penser ainsi est une grossière erreur.

 

LE PECHE BIEN AVANT LA TRANSGRESSION

 

Paul écrit que « le péché était dans le monde avant la Loi » (Romains 5:13). Donc le péché est déjà dans l'homme avant de devenir une transgression. Nous transgressons des lois divines parce que le péché qui est en nous nous y pousse. Adam et Eve avaient donc déjà en eux un fort esprit de rébellion face à Dieu. Le Serpent en Eden n’a fait que de révéler le péché intérieur de l’homme et de la femme. Le péché est par conséquent plus profond que la simple transgression. La transgression est l'acte visible du péché ou en d’autres termes : c’est la partie immergée de l’Iceberg.  Transgresser consiste à enfreindre une loi de Dieu, mais en révélant une réalité intérieure : la présence du péché dans l'homme. Nous transgressons parce que le péché agit en nous et nous pousse à désobéir à Dieu. Nous sommes esclaves de lui.

Maintenant, en Jésus-Christ, le croyant reçoit une nouvelle nature. Il est appelé à marcher selon l'Esprit et non selon la chair. Le péché n'est plus son maître, même si la lutte contre la chair demeure présente. Lorsque le croyant désobéit à Dieu, le Saint-Esprit qui habite en lui l'en convainc et en est attristé (Éphésiens 4:30). Cette conviction intérieure témoigne de la vie nouvelle qu’il a reçue en Christ et le conduit à la repentance.

Il ne s'agit plus d'obéir à des commandements extérieurs, mais aussi et surtout de marcher selon l'Esprit. C'est pourquoi Paul peut dire : «tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché» (Romains 14:23). Le problème dépasse la simple désobéissance à une règle écrite, car c’est tout ce qui n'est pas accompli dans la confiance et l'obéissance à Dieu. Le péché ne se limite donc pas à la transgression d'un commandement explicite ; il concerne également l'état du cœur et les motivations profondes de chacun. Sans l'Esprit du Christ, (c’est-à dire : concevoir, croire et agir selon son Esprit), l'homme demeure incapable de satisfaire Dieu et ses exigences.

 

LE PECHE de SIMON PIERRE

 

Un exemple très parlant : Lorsque Simon Pierre refusant que son maître meurt sur la croix dit à Jésus : « À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas » (Matthieu 16:22), il ne transgresse aucune loi morale. Au contraire, ses paroles semblent inspirées par l'affection qu’il a pour son Maître et le désir de le préserver de la souffrance.

Pourtant, Jésus lui répond : « Arrière de moi, Satan ! Tu m'es en scandale, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes » (Matthieu 16:23). Pierre s'oppose alors, sans le savoir, au dessein de Dieu et à la mission rédemptrice de Jésus-Christ.

Son erreur, son péché ne réside pas alors dans la violation d'un commandement écrit, mais dans une pensée qui n'est pas celle de la volonté de Dieu. Son jugement est influencé par une logique humaine plutôt que par la foi. Ainsi, cet épisode illustre qu'il est possible de pécher sans nécessairement transgresser une loi explicite, lorsque notre cœur, nos pensées ou nos intentions s'écartent de la pensée du Seigneur. Et cela rejoint complètement la définition du péché qui est : de manquer le but.

C'est pourquoi Paul distingue souvent le « péché » comme une puissance agissant dans l'être humain et les « péchés » qui sont des actes commis. La Loi met en lumière les péchés en faisant apparaître les transgressions, tandis que la grâce met en lumière le péché en faisant apparaitre la rédemption par Christ.

Sans Christ : le péché règne sur l'homme.

En Christ : le péché est vaincu, il n’est plus maître de l’homme. Mais sa présence reste encore un combat, car la chair est encore là avec ses péchés. Et elle fait comme avec Jésus de Nazareth, elle exerce une forte tentation. Mais, après notre mort et notre résurrection, les péchés disparaîtront totalement.

LE PECHE DE CAIN

Maintenant je te pose la question suivante : « Quand Caïn dit à Dieu « suis-je le gardien de mon frère et qu’il l’a précédemment tué… Caïn a-t-il péché en transgressant une loi ou a-t-il péché tout simplement ?

Eh bien, dans le cas de Caïn, on peut dire qu'il a péché sans qu'il ait transgressé une loi écrite ou une loi explicitement formulée comme le sera plus tard la Loi de Moïse.

Pourtant avant le meurtre, Dieu l'avertit :

« Si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi ; mais toi, domine sur lui » (Genèse 4:7).

Remarquez bien que Dieu parle déjà du péché comme d'une puissance qui cherche à dominer Caïn avant même qu'il tue Abel. Le problème commence dans son cœur par la jalousie, la colère, et la haine. Ses sentiments n’émergent pas par hasard. C’est le péché qui les excite.

Quand Caïn tue son frère, il commet assurément un péché grave. Mais a-t-il transgressé un commandement explicite du type « Tu ne tueras point » ? Le texte de la Genèse ne mentionne pas encore une telle loi donnée à l'homme.

En fait, le péché est déjà présent dans le cœur de Caïn. La preuve : il savait que son acte était mauvais puisqu'il cherche ensuite à cacher son crime et il ment à Dieu : « Je ne sais pas où il est. Suis-je le gardien de mon frère ? »

Le meurtre est la manifestation extérieure de ce péché.

Mais il n’y a pas transgression d’une loi car pas de limite connue et pas de commandement donné.

On pourrait donc résumer les choses ainsi :

Le meurtre d'Abel montre que le péché était déjà à l'œuvre dans l'homme avant toute loi prononcée par Dieu. Caïn pèche parce que sa nature pécheresse produit et attise la haine et le meurtre. Dans le jardin d’Eden, il n’y a pas d’innocence comme le font croire ceux qui sont favorables aux dispensations. En Eden avant la transgression, le cœur d’Adam était déjà prêt. Le péché ne demandait qu’à se révéler. Le diable est meurtrier dès le départ (Jean 8 :44). Par conséquent la loi ne sert qu’à révéler l’âme pécheresse et la nature de l’être humain.

Aujourd’hui la loi est une loi d’amour : Tu aimeras ton Dieu de toutes tes forces, de toutes tes pensées et de toute ton âme, ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi même. Jésus-Christ ne joint à ce commandement aucun écrit, aucun article juridique détaillant une liste de transgressions possibles.

Peut-on alors de nos jours, transgresser la loi d’amour en Christ ? Eh bien oui tout à fait. On le peut.

Car malgré tout, la loi est écrite, mais son encre est invisible puisqu’elle est écrite dans les cœurs. C’est la prophétie du prophète Jérémie qui se réalise. Jérémie 31 :33 : « Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Eternel: Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur cœur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple »

Un rappel toutefois : La maison d’Israël : ce sont tous ses fils justifiés. L’Israël de Dieu fait référence à un peuple dont les fautes sont rachetées. Aujourd’hui la maison d’Israël inclus premièrement des païens convertis.

Maintenant, on pourrait me rétorquer ceci : Oui, mais tu nous disais il y pas si longtemps que la loi n’existe plus en Jésus, que la grâce l’a remplacé ? N’est pas une erreur quand l’épître de Jean stipule que « celui qui hait son frère est un meurtrier » ? N’est-ce pas une nouvelle loi ce verset ?(Et on peut en trouver d’autres du même genre).

Non, il n’y a pas de confusion. Ce que dit Jean n’est pas une loi. Il n’y a pas un catalogue de lois, comme le Lévitique nous le montre; Mais des exemples de faits qui contredisent ce qui est écrit dans le cœur de ceux qui ont reçu Christ.  Haïr son frère est incompatible avec ce que Christ a mis dans le cœur du disciple. Jérémie continue à dire comment est l’alliance que Dieu fera, et il dit  au verset 34: « Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l'Eternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ». C’est au Saint-Esprit de nous renseigner sur nos transgressions et non à un registre juridique de le faire ou à un envoyé de Dieu.

Ne tournons pas en rond en nous posant mille questions sur la loi : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Ai-je transgressé cette loi ou pas ? Peut-être celle-ci ou bien celle-là ? ». Je le redis : la foi ce n’est pas la loi. La foi ce n’est pas une loi de plus. (C’est ce que j’ai déjà dis au mois d’août dans « Sommes-nous héritier de la promesse ? »)

 

DIEU : AVOCAT ou JUGE ?

 

Alors, maintenant, se poser la question de la loi, c’est montrer la transgression de la grâce. Tout ce qui fait loi dans notre cœur révèle que la grâce a été transgressée. Pourquoi ? Simplement parce que la loi qui prescrit le bien et le mal a été remplacée par la grâce, une nouvelle forme de justice. Et la justice: c’est comme la grâce, c’est au Saint-Esprit de l’exercer. Et comment l’exerce-t-il ? Eh bien, en Christ, il est notre avocat et non notre juge. Notre avocat, car nous avons déjà été jugé en recevant le Saint-Esprit. Et Christ efface toutes transgressions quand nous les confessons et que nous manifestons une juste repentance. Il ne tient alors pas compte de notre égarement. Pourquoi ? Parce que nous sommes de sa nature et que le péché ne se couche plus à notre porte. Dans les faits, la transgression, comme le péché commis nous procure de la honte et de la tristesse.

David qui était oint de l’Esprit dit dans un psaume : 32 :5 : « Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité; J'ai dit: J'avouerai mes transgressions à l'Eternel! Et tu as effacé la peine de mon péché. »

A l’inverse de David, Si cet état d’âme de peine face au péché commit n’existe pas, c’est bien que le péché est toujours attaché à notre âme et que nous le servons comme un esclave sert un maitre inique. Si nous en sommes encore là…. alors Dieu reste notre juge. Mais si Christ vit en nous, il est notre avocat. Il plaide pour nous, il nous innocente. Il montre au juge qu’il s’est lui-même chargé de nos offenses et qu’il n’y a plus rien qui nous accuse. Pourquoi ? Car tout péché a été effacé. La fin du verset 34 de Jérémie 33 est sans équivoque à ce sujet :

 « Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché ».

Nous accuser aboutirait à l’accuser lui-même. Si vous êtes en Christ pensez à cette plaidoirie où tout accusateur en vous accusant, accuse Dieu lui-même de péché. L’ennemi, le diable, les démons n’ont plus alors aucune possibilité de vous atteindre. A peine la transgression apparait-elle qu’elle est déjà effacée. Alors ne jugez pas votre frère qui a le meilleur avocat. Mais donnez-lui l’occasion de laisser son avocat le disculper en lui montrant son erreur et en lui permettant de se repentir. Que votre privilège et votre liberté en Christ édifient et élèvent plutôt qu’ils ne jugent et ne condamnent. Annoncez ce nouvel Evangile où Dieu est avocat et non juge.

Car la grâce de Dieu est qu’il soit notre avocat. C’est la plus belle des réalités de l’Evangile.

Amen

dimanche 18 octobre 2026

MARANATHA ! (le sens exact)

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Par Eric Ruiz

 

Ce mercredi 14 octobre au matin je me suis réveillé avec un rêve dans la tête. Ce rêve avait pour idée centrale un mot en particulier : Maranatha. Et, je cherchais comment j’allais pouvoir écrire sur ce thème.

Etrange ce rêve n’est-ce pas ? Alors, au réveil j’ai décidé de continuer ce que ce rêve m’inspirait à faire.

Maranatha : provient de  l’araméen des bribes d’une traduction ancienne qui figure encore dans nos Bibles comme Mammon, Abba, Talitah koum, etc...Et Maranatha se trouve uniquement à la fin d’une épître, celle de Paul. 1 Corinthiens 16 :22 ; et en voici le contexte : 

« Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème! Maranatha. ».

Maranatha est traduit par « le Seigneur est venu ou vient Seigneur ! Ou le Seigneur viendra, ou encore : c’est celui qui a ma préférence : Que notre Seigneur vienne !

Certains théologiens pensent que les premiers chrétiens se saluaient ainsi. C’est pourquoi le plus souvent il est présenté sous forme exclamative, comme une prière adressée. Mais Cette forme est importante aussi parce qu’elle montre un cri, plus qu’une simple affirmation, ou un salut.

Une autre chose qui m’est venu à l’esprit : Pourquoi ce mot apparait-il juste après celui d’anathème « Anatema » qui signifie voué à la destruction, maudit, malédiction, séparé du corps de Christ ?

J’employais moi-même autrefois Maranatha comme une louange et une invocation au retour de Christ. C’était comme lui réaffirmer ma fidélité : «Viens nous chercher, viens nous amener dans ton royaume céleste ». Une manière aussi de manifester mon amour pour lui et d’espérer en ses promesses. Mais je n’avais pas perçu le contexte. L’employer en dehors de son contexte n’a pas de sens ; et ce sens c’est : une attente brûlante du retour de Christ et donc…

Invoquer la justice divine se justifie parce que le combat diabolique ou les forces du mal sont devenus irrespirables et suffocantes (pas à 100kms mais là, ici, maintenant).

Anatema Maranatha : destruction et retour de Christ, ces deux mots doivent être mis en relation. Ils doivent être joint ensemble, pourquoi ? Parce qu’à l’évidence c’est à Christ de déclarer qui est anathème, donc qui doit être rejeté et maudit. C’est lui qui revient pour mettre sa lumière sur les ténèbres.

Paul en tous les cas, l’emploie dans ce contexte. Sa lettre ne dénonce personne en particulier. Mais l’apôtre montre le mal qui provoque des divisions dans l’assemblée. Ils montrent ceux qui, parce qu’ils ont l’esprit du monde, sont idolâtres et sont « enflés d’orgueil » (comme il le dit), parce qu’ils se disputent la gloire. Parce qu’ils sont jaloux les uns des autres et cherchent à se faire valoir et à montrer qu’ils sont plus saints ou plus forts que les autres. Un esprit mauvais, et méchant pousse au désordre chez les Corinthiens, à tel point que l’on y trouve de l’impudicité pire que chez les païens. Des relations incestueuses entre mère et fils. Mais le pire c’est que personne ne trouve cela pénible et désolant car on le tolère sans rien dire.

Par conséquent, lorsque Paul écrit que celui qui n’aime pas le Seigneur soit anathème, c’est afin de rappeler que pour ceux qui aiment le péché plus que Dieu, il y a un terrible jugement et que ce jugement va jusqu’à la mort. C’est un avertissement doublé d’une lourde conséquence.

Alors pour en revenir au mot Maranatha, on ne peut expliquer son sens qu’avec celui de la justice et le jugement divin. Paul comme tout apôtre et disciple de Christ aspire à la justice, surtout quand le contexte des frères corinthiens ne montre que divisions, orgueil, idolâtrie et injustice.

Le monde aujourd’hui est imprégné par ce contexte. Sur tous les continents on voit déborder et dégouliner la corruption, les meurtres dus à l’amour de soi et à l’idolâtrie. L’Eglise institution l’est évidemment aussi. Les scandales qui touchent l’Eglise dans son ensemble le prouvent.

A la base c’est l’embourgeoisement spirituel qui en est la première cause. Et là je parle du caractère négatif du bourgeois, c’est-à-dire la jalousie, le cancanage (médire sur son prochain), les ragots (colporter des rumeurs) les mesquineries (les jugements sur les uns et le autres). On se met à critiquer ce que mange l’un, la façon dont s’habille l’autre, l’éducation qu’untel donne à ses enfants, le fait de ne pas chercher à s’élever socialement et on envie celles et ceux qui vivent dans un meilleur confort matériel et qui cherchent à réussir leur vie socialement. Les uns méritent plus d’attention que les autres. Ils le méritent parce qu’ils agissent avec les mêmes codes culturels.

Avec cette tiédeur manifestée, le croyant  justifie son meilleur niveau social comme étant le fruit d’un mérite personnel ; et il en vient à mépriser les plus fragiles, les excluant ou les marginalisant, oubliant ce pourquoi il est assemblé avec les autres. Pour lui, l’Eglise doit le servir. Il en est fier parce qu’elle reflète ce qu’il en attend : une zone de tranquillité morale et sociale bourrée de rituels et de traditions (alors que la foi aboutit à l’inverse : une remise en cause incessante, la repentance des cœurs et le service aux autres).

Paul avec les corinthiens voyait cet embourgeoisement gagner du terrain. Il explique par exemple pourquoi il n’est pas bon de courir après tous les dons spirituels, mais de privilégier surtout celui de l’amour (1 Corinthiens 13). Il insistait sur la prise de parole en assemblée, afin qu’elle se fasse dans le calme et l’ordre et que la femme reste discrète. Il disait pourquoi le fait de manger certains aliments pouvait scandaliser son prochain. Que la liberté du croyant s’arrête là où il n’y a plus édification de l’autre. Or, petit à petit le fossé se creuse entre les nantis et les pauvres de l’Eglise et la souffrance s’installe pour les moins aisés, les plus fragiles et pour ceux qui servent Christ sans cancaner. 

C’est par conséquent, la souffrance des croyants qui pousse à prononcer ce mot : Maranatha. 

Et, Ils ne le font pas machinalement comme on a prie l’habitude de dire « amen » à chaque fin de prière. Ils ne mettent pas ce mot sur le devant de leur chapelle comme une protection divine. Ils ne le chantent non plus à la manière d’une louange passive et contemplative. 

Ils le prononcent comme un appel au secours. Ce n’est pas une acclamation c’est une supplication

« Je t’en supplie Seigneur, viens nous aider, les choses humaines sont devenues ingérables et invivables…il n’y a que toi qui puisse rétablir la vérité et la justice ». Un mot pour tout cela : Maranatha.

J’avais autrefois appris une chanson chrétienne sur Maranatha ; et elle commençait ainsi : « je lève les yeux vers les montagnes d’où me viendra le secours ; le secours me viens de Dieu …». C’est exactement ce sens. Pourtant je le chantais comme une acclamation.

Il faut dire aussi que la suite des paroles prête à confusion. Ce n’est plus le Seigneur qui vient à nous, ce serait nous qui allons à sa maison. Les paroles disent : « … et là où tu es oh prend nous avec toi. Je suis dans la joie quand on me dit allons à la maison du Seigneur, car nos peines sont finies. »

Il y avait aussi mon état intérieur qui n’était pas éprouvé. Je me sentais à l’époque reconnaissant de vivre dans un havre de paix et de vérité. Je m’étais à ma manière embourgeoiser (Jusqu’au jour où Christ est revenu dévoilant l’injustice et le mensonge).

C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité : les croyants persécutés, prononcent ou chantent Maranatha parce qu’ils invoquent de manière urgente la justice et le jugement divin sur leur vie ; Ils ont soif d’une libération. Ils prient pour qu’un libérateur ôte leur souffrance face à une injustice permanente et étouffante.

L’apôtre Paul donne une très bonne définition du mot Maranatha ; c’est au verset 5 du quatrième chapitre de cette épitre aux Corinthiens. Il écrit : « C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. ».

Maranatha s’exprime ainsi : « viens juger Seigneur, viens mettre en lumière ce qui est resté caché dans les ténèbres et manifeste les bons comme les mauvais projets des cœurs ». Le but de Maranatha c’est aussi que chacun reçoivent la récompense de sa consécration ou le châtiment lié à sa trahison. 

Comme il va s’en dire aussi : pour ceux qui aurons agit caché dans les ténèbres, cette louange sera plutôt un anathème, une répudiation.

Maintenant de façon historique, ce jugement n’est pas nouveau. Il est même présent dés les premières lignes du livre de la Genèse. Genèse 1 :2 : » il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. ». Voyez-vous, les mauvais projets des cœurs se manifestaient et l’Esprit de Dieu attendait pour agir. Et au verset 4, Dieu agit. Comment ? Verset 4 : » Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. ».

Pour les premiers chrétiens qui vivaient dans un contexte ténébreux de persécution et d’oppression. Les sources historiques rappellent que Maranatha était un cri d’espérance pour ceux qui souffraient. Le retour du Seigneur, c’est alors la lumière qui met fin à l’injustice et dévoile la vérité des cœurs. Dieu vient séparer l’anathème et récompense les vrais adorateurs.

Alors Maranatha, de la Genèse à l’épître aux Corinthiens nous rappelle un fait perpétuel : Il est venu, il vient et il viendra car il y a toujours un temps (que le Père seul connait) pour revenir juger les traitres, dévoiler les faux frères et les punir… mais aussi, durant ce même temps pour délivrer un peuple captif de l’injustice causée par ces mêmes traitres. Un peuple qui sera délivré de l’oppression, qui sera éloigné des méchants pour ne pas subir leur sort.

En écrivant cela je ne peux m’empêcher de penser à mes frères et sœurs de la République Démocratique du Congo, qui subissent de terribles oppressions. Les églises là-bas sont dirigées par des monstres embourgeoisés, des Léviathan, qui brulent tous ceux qui ne leur obéissent pas. Ils sont semblables à la guerre qui s’y passe. Ils sont à l’origine de la guerre dans les assemblées. Maranatha pour ce peuple opprimé !

Alors, si toi aussi tu connais l’oppression, l’injustice, l’opprobre liées à de nombreux méfaits dans ton assemblée, dans ta famille. Priez Maranatha n’est pas hors de sens, bien au contraire.

De tous temps, la persécution et l’injustice ont ébranlé nos frères et sœurs. Alors le fait d’être directement concerné : ce n’est pas un hasard. C’est un passage obligé pour tout disciple de Christ ;

Maranatha est déclamé par le corps de Christ quel qu’en soit l’époque ou le lieu.

Un témoin de plus : c’est le livre de l’Apocalypse. Il se termine par cette supplication (par ce Maranatha). 

Apocalypse 22 :10 : « Que celui qui est injuste, soit injuste encore; et que celui qui est souillé se souille encore; et que celui qui est juste, soit plus juste encore; et que celui qui est saint, soit sanctifié encore.12Or voici, je viens bientôt; et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre verset 22 Celui qui rend témoignage de ces choses, dit : Certainement je viens bientôt, Amen! Oui, Seigneur Jésus, viens!

Cette prière avec les mots à répétition « encore et encore », montre qu’il est plus que nécessaire que l’escalade du mal comme celle du bien progresse. Que la sainteté comme la souillure arrive à son comble. Car, arrivé à un point, à un summum, Maranatha devient une réalité. Dieu a de tout temps prévu qu’arrivé à un certain stade de consécration ou de souillure et de corruption, il interviendra avec puissance pour juger. Et c’est son peuple qui est jugé premièrement. Ensuite ce sont les autres.

Alors que tous les concernés crient haut et fort Maranatha !

Amen

dimanche 11 octobre 2026

LE VRAI COURAGE DU DISCIPLE

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Par Eric Ruiz

DU COURAGE POUR EVITER DE SE BATTRE


En quoi un partisan de la non violence doit-il avoir du courage ?


Il semble y avoir une contradiction dans le fait qu’un disciple de Jésus-Christ doit avoir du courage alors qu’il affronte un combat sans se battre physiquement. Pour Jésus, dès qu’il se sentait en danger, il quittait précipitamment les lieux. Alors pourquoi doit-on avoir du courage ?

Lorsqu’une personne est victime de maltraitance, la première réaction de son entourage est de lui demander pourquoi elle n’a pas réagi en se débattant, en criant au secours, bref en montrant fermement son objection à se soumettre en tant que victime. La conséquence est  terrible pour la victime : par son inaction, elle se sent coupable. Coupable d’avoir manquée de courage. Coupable de s’être laissée faire. La victime reçoit alors une double condamnation : celle émise par le maltraitant qui l’a déshonorée et celle qui est émise par les reproches de son entourage. C’est pourquoi autant de victimes tombent dans le découragement et même dans l’effondrement. Elles sont accablées par la culpabilité.

Ce type de réaction, c’est évidement celle que l’on reproche aux chrétiens en général. « Ce n’est pas un peuple de guerriers. Ils sont passifs lorsqu’on les agresse. Ils ne réagissent pas à la violence par la violence. Ils devraient pourtant se battre pour protéger leurs acquis et ce qu’ils ont de plus cher ».

Prenez d’autres religions dites monothéistes, tel l’islam. Le prophète Mahomet est vénéré comme un chef militaire particulièrement courageux et inébranlable. Ses combats, (un Jihad agressif) épée à la main sont indissociables de sa réussite politique et historique. La tradition islamique atteste unanimement de son sang-froid et de sa bravoure au combat. Même blessé au visage, il continue à rassembler ses troupes en criant son nom.

Pour les juifs, il en de même. Le Judaïsme se réfère aux combats que Moïse puis Josué ont dû mener pour faire entrer les Hébreux en terre promise en s’opposant à des adversaires violents comme ce fut le cas avec les Cananéens.

Dans Deutéronome 31 : 6, Moïse prophétise sur les Hébreux ainsi :  « Fortifiez-vous et prenez courage; ne craignez point, et ne soyez point effrayés devant eux; car c'est l'Éternel ton Dieu qui marche avec toi; il ne te laissera point, et ne t'abandonnera point. ». L’ennemi est identifié comme un peuple belligérant qui entrera forcément en guerre contre les Hébreux. Mais l’issu du combat sera la victoire, car c’est Dieu qui combattra avec son peuple : les Hébreux.

LA MISSION A CHANGE

Ici la forme du courage n’est pas la même que pour le fils de Dieu, Jésus-Christ sur terre.

Et cette différence est très (très) importante. La mission a changé.

Ce n’est pas une simple anecdote quand Jésus interdit formellement à Simon Pierre de prendre le glaive. Il ne veut pas de violence pour le défendre alors qu’on vient le livrer pour le mettre à mort. Et lorsque l’oreille du soldat est coupée, Jésus fait un miracle pour le lui remettre.

Autrefois, il fallait se protéger spirituellement mais aussi physiquement pour s’approprier la terre légitime qui appartient au peuple élu.

Or, avec Jésus-Christ, la mission est totalement différente. Il ne s’agit plus de se défendre avec les armes à la main, ni de prendre ou reprendre une terre ou des biens… mais  de construire un temple, un temple intérieur.

Le royaume de Dieu est en vous. La version Martin de Luc 17 :20-21 dit : « le Règne de Dieu ne viendra point avec apparence. 21Et on ne dira point : voici, il est ici; ou voilà, il est là; car voici, le Règne de Dieu est au-dedans de vous.».

En changeant de mission, le combat n’est plus intérieur et extérieur mais il n’est qu’intérieur. Le temple à construire n’est pas un temple de pierre à placer dans un lieu saint. Ce n’est pas une édification visible de l’extérieur. L’Eglise n’est pas un lieu de culte visible et officialisée ; c’est un rassemblement d’âmes dont les cœurs sont purifiés par le Saint-Esprit. Et les attaques ne sont pas visibles elles-aussi, puisqu’il s’agit alors de lutter contre un ennemi spirituel. L’ennemi corporel n’est qu’une façade.

La lettre aux Ephésiens est claire sur l’ennemi à combattre : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu….Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » ; Les armes que Paul propose ne sont que des armes spirituelles. Par exemple, il parle de l’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu, ou par-dessus tout du bouclier de la foi, afin « d’éteindre tous les traits enflammés du malin ».

Donc, j’insiste bien sur un élément fondamental : il n’y a plus rien à conquérir, plus de terre sainte, plus de lieux consacrés, à protéger plus de place forte. Il n’y a plus de Temple ou de Jérusalem à défendre non plus. Tout ce qui est visible n’est pas le règne de Dieu ; Le règne de Dieu est invisible, parce qu’il est intérieur ; Il se manifeste par une puissance spirituelle : C’est le temple intérieur du croyant.

TROIS FORMES DE COURAGE DU DISCIPLE

Alors, lorsque nous prions pour avoir du courage dans l’épreuve, quel sens ce courage a-t-il pour un disciple ?

Il y a trois grandes formes de courage pour un disciple

1-Le premier courage c’est celui d’accomplir sa mission.

Quand Jésus quitte le temple de Nazareth précipitamment, ce n’est pas évidemment un manque de courage, c’est pour éviter que sa mission s’achève là. Il fuit ne fuit pas sa mission, il fuit par mission. Son heure n’est pas encore venue. S’il reste, il compromet sa mission, s’il fuit, il l’a protège.  Le croyant alors qui manque de courage, sera celui qui refuse de passer pour un lâche ou un peureux. Il préfèrera se battre en menaçant son adversaire ou à coup de versets bibliques pour le convaincre plutôt que de partir afin d’éviter les polémiques stériles. D’une manière générale, manquer de courage, c’est refuser d’être passif face à l’adversité. Jésus ne combattait pas en polémiquant ou en agressant verbalement, mais il ne combattait pas non plus l’opposant romain. « Rendez à césar ce qui est à César ». L’attitude de foi choque ceux qui voient dans l’action, la réaction ou la révolte une qualité de caractère. Alors, « je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre» ; cette réplique de Jésus choque même les juifs qui y voient une grande faiblesse plutôt qu’un acte courageux.

Ce courage là consiste à supporter l’humiliation faite par les critiques, les insultes ou les moqueries. Lorsque qu’un problème survient, l’homme ou la femme de foi ne réagit pas forcément. Elle répond selon ce que l’esprit lui inspire. Elle prie et fait confiance à Dieu pour que les évènements tournent autrement. Un disciple de Christ passe alors pour un être passif, fataliste, résigné, et faible. Il est à l’opposé de ce qu’enseigne la sagesse humaine de répondre coup par coup face à l’injustice. Or, c’est courageux d’accomplir sa mission en Christ. Elle vous fait agir à l’opposé de ce que ferai la justice du monde et la justice de l’homme religieux. Parce que cette justice-là cherche des résultats rationnels rapides et spectaculaires.

 

2-Maintenant passons au deuxième courage : celui de ne pas faire obstacle à Christ.

Mais avant précisons encore une chose : Accomplir sa mission en Christ c’est aussi, ce que rappelle Paul dans la lettre aux Romains comme Simon Pierre dans sa première épitre : Tous deux l'affirment: ne pas rendre le mal pour le mal. C’est au contraire rendre le bien pour le mal. Jésus ne vient pas détruire le mal en faisant le mal, mais il détruit le mal en faisant le bien. Lorsque qu’une femme a péché par adultère, Jésus ne vient pas confirmer le jugement de lapidation comme le dit la loi de Moïse, il vient lui donner l’occasion de changer. Or, le manque de courage c’est de revenir à la loi en bannissant la grâce. Exercer la grâce c’est manifester du courage !

Quand l’ennemi nous attaque, c’est Christ qui répond. Mais notre vielle nature cherche à répondre avant lui. Et c’est là que nos armes spirituelles sont visibles. Ce qui nous protège du mal, c’est le bouclier de la foi. Or, si notre foi est en mauvais état, elle ne nous protège pas.

Toute les fois que nous avons fait des compromis avec le mal, ou toutes les fois que nous avons vu le doute comme un manque de foi, ou encore à chaque fois que nous avons tourné la tête parce que le mal qui venait frapper à notre porte venait montrer notre mensonge, (et que nous y avons vu seulement celui de l’autre), à toutes ces occasions de nous remettre en question, nous avons fait obstacle non pas à l’ennemi mais à Christ. Toutes ces fois où c’est notre autosuffisance, notre manque d’humilité, nos fausses convictions, ou nos peurs qui ont ouvert la porte à l’ennemi, nous avons fait obstacle à Christ.

L’ennemi en fait, ne vient que pour une mission : Constater si notre temple se construit avec les bons matériaux.  S’il les matériaux sont mauvais, inévitablement, notre bouclier sera sans effet.

En réalité, nous aurons peur de l’autre, de ses réactions, de ses décisions. Ou bien nous aurons peur d’une maladie, d’une catastrophe et de ses conséquences douloureuses ou fatales.

 Mais attention, ce manque de courage, ce n’est pas une condamnation pour autant. C’est une manière de nous dire : change tes matériaux de construction. Construit avec la foi, le seul matériau indestructible. En laissant le mal nous déstabiliser, Dieu ne vient pas se moquer de nous et nous rabaisser. Au contraire, il vient nous aider à finir ce que nous avons commencé avec lui.

3-Mais pour finir notre construction, nous devons avoir le courage d’affronter notre propre croix : c’est notre troisième courage.

Qu’est ce que cette forme de courage peut bien être ?

C’est ni plus ni moins que d’affronter la souffrance, l’abandon ou la mort. Ce courage-là c’est celui qui a le plus fort coût. Car la tentation de perdre sa foi est au plus haut. C’est la tentation mais aussi le courage de Gethsémani. Et c’est celui qui rend notre foi la plus forte. Mais avant d’avoir ce courage, nous devons passer obligatoirement par les deux premières formes de courage : la première, je le répète, celui d’accomplir sa mission, en supportant l’humiliation causée par l’opprobre, la critique, ou les injures. Deuxièmement le courage de ne pas faire obstacle à Christ, en refusant de se remettre en question. Car refuser de changer c’est mentir en simulant le bien (incapable de le faire). Après il sera temps d’affronter le troisième étage : Notre propre croix.

Affronter sa propre croix passe par le fait de s’accepter agneau immolé et non de l’admirer et de ne le voir qu’en Jésus-Christ. Cela demande du courage que de prendre le caractère de l’agneau mis à mort. Nous devons méditer sur ce que signifie « agneau mis à mort ». C’est tout un patchwork de sacrifices à vivre.

Pour conclure: Notre édification repose sur ces trois formes principales de courage. Elles ne viennent pas avec la même temporalité et la même tentation pour chacun. Mais, c’est la même foi qui nous rend vainqueur.

Pour certains, ils perdront beaucoup de temps à accomplir leur mission. Sans cesse ils succomberont à la tentation ; celle de recourir à leur nature charnelle, en s’offusquant violemment, et en élaborant une vengeance. Cette tentation sera toujours là, pour les freiner dans leur marche. Leur mission sera toujours entachée par le rejet systématique de l’image du faible et de l’inactif. Ils chercheront mille moyens de montrer qu’ils sont plus forts en Jésus-Christ et qu’ils sont toujours très actifs pour lui. Pour d’autres, ils feront obstacle à Christ en succombant au mensonge, en dissimulant leurs actes mauvais. Dans ces deux premiers cas, le diable montre toujours qu’ils n’ont pas vaincu leur tentation comme la convoitise ou l’orgueil ou l’idolâtrie. Ils ne peuvent alors avoir le courage d’affronter leur propre croix. Dès qu’une grande épreuve les touche, ils perdent courage : ils s’effondrent et cherchent mille détours pour voiler leur déconvenue.

Gagnons du temps, en reconnaissant nos erreurs ; en ne simulant rien ; en cherchant le bien et l’avantage de notre prochain au lieu du notre. Ce courage là est bien meilleur que celui de prendre les armes de la guerre pour se glorifier.

 

Finissons par l’Évangile de Jean 16 :33 : « Voici, l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. 33Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. » 

Jésus les avertit  comme il nous averti aussi que lorsqu’il ne sera plus avec nous, nous aurons la paix en Christ ; même pendant les épreuves nous devons prendre courage  en accomplissant notre mission, en ne mettant aucun obstacle entre nous et lui et nous devons porter notre croix.  Ce courage sert à nous édifier intérieurement. Ce courage sert à vaincre toute tentation pour accomplir l’œuvre de Christ qui est l’agneau. Et l’issu est déjà accomplie. Christ a vaincu le monde. Une manière de dire : restez en moi et vous ferez de même : vous vaincrez le monde (mais seulement avec moi).

Amen