dimanche 24 mai 2026

"JE CHATIERAI LES BOUCS" (Bouc : une identité définitive?)

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Par Eric Ruiz

 

Jésus-Christ a cette ferme intention : dans un premier temps, de montrer les boucs et les brebis, puis ensuite de les séparer.


En fait, dans un même troupeau se côtoient boucs, chèvres, brebis. Ceux qui ont un instinct grégaire, qui suivent le troupeau sans se rebeller et sans exercer de violence sont les brebis. Leaders, individualistes, fonceurs, dominants, et agressifs se sont les boucs. Et pourtant, ce sont ceux qui ouvrent le chemin. Les chèvres feront comme les cabris de leur espèce, elles auront tendance à sauter les enclos pour passer de troupeaux en troupeaux
Dans toute organisation humaine et sociale il y a ce phénomène.
Alors : « 
quand le fils de l’homme viendra dans sa gloire, il mettra les boucs à sa gauche et les brebis à sa droite ».

Le bouc n’a pas bonne réputation. Il est nommé 50 fois dans la Bible. 50 : c’est uneidentité ; c’est le nombre biblique de l’identité.

La nature révèle le spirituel. Le bouc a l’identité d’un animal dominateur : Chèvres comme boucs sont plus individuels que les moutons. Les boucs ne parlent pas tout à fait le même "langage" social. Le bouc aura tendance à s'imposer naturellement pour l'accès aux meilleures places ou à la nourriture (au râtelier d’où l’expression très parlante pour les boucs : « manger à tous les râteliers » ; c’est l’image d’un animal qui va picorer partout, qui est sans loyauté ; il n’est pas fidèle à une seule source, il est opportuniste, il va partout où il peut tirer un avantage, cherchant constamment son propre intérêt. Les brebis, plus grégaires et soumises, lui laisseront la place sans chercher la bagarre. La brebis s'éloignera ou elle pliera les genoux devant le bouc. 

 

LE BOUC SYMBOLE DU MAL A EXPIER

 

Le bouc est aussi un animal de sacrifice et de jugement. Moïse l’utilisait pour le sacrifice d’expiation. Cet animal est toujours destiné à expier les fautes. Lévitique chapitre 16 nous décrit l’ordonnance du sacrifice d’expiation. Deux boucs étaient sacrifiés. L’un servait d’holocauste, l’autre était chassé du troupeau loin du camp dans le désert (le bouc émissaire). Il portait avec lui les péchés du peuple.

Le sang des boucs est symbole de sang impur, souillé par le péché. Ce sang rachetait les péchés du peuple. (Jésus-Christ s’est substitué au bouc prenant l’iniquité de tous sur lui). Pendant le sacrifice d’expiation, Aaron le souverain sacrificateur posait ses deux mains sur la tête du bouc vivant, celui destiné à l’exil et il confessait sur lui toutes les iniquités des enfants d'Israël. De même, celui qui avait la tâche de chasser le bouc devait laver ses vêtements, et laver tout son corps dans l'eau; avant de rentrer dans le camp.

 

A travers cet animal, nous voyons la confession des péchés comme leur purification par la mort et par l’exil de l’animal ; mais aussi la purification en se lavant des péchés comme lors d’un baptême de repentance. En Christ cette confession demeure et la prière et le renoncement aux œuvres mortes chassent très loin les démons qui s’agitent dans l’esprit humain.

Donc, dans la volonté de se séparer du mal, le bouc n’est pas anodin. Il symbolise le mal, le diable parfois même; ce mal qu’il faut expier absolument pour plaire à Dieu.

Spirituellement le bouc possède son identité propre et son jugement qui lui ait accolé.

 

LE PASTEUR BOUC

 

Ma colère s'est enflammée contre les pasteurs, Et je châtierai les boucs; » Zacharie10 :3

 

Il y a des boucs parmi les pasteurs. Des êtres dominateurs et pervers. Qui font passer leurs désirs avant celui du groupe. « Les devins prophétisent des faussetés, Les songes mentent et consolent par la vanité. C'est pourquoi ils sont errants comme un troupeau, Ils sont malheureux parce qu'il n'y à point de pasteur » (Zacharie10 : 2). La colère de Dieu n’est pas sans raison : Les boucs prennent souvent l'habit de brebis et parmi les brebis se cachent des boucs qui attendent leur opportunité pour agir ; Ou qui agissent en se forçant à faire comme les autres moutons, en attendant de se manifester tels qu’ils sont vraiment. Ils sont têtus et résistent à Dieu jusqu’à ce que Dieu les arrête et les châtie.
Dieu nous demande d'être prudents et patient. Car c'est lui qui fera le tri au moment opportun. « 
L’homme regarde à ce qui frappe les yeux mais l'Eternel regarde au cœur » (1 Samuel 16:7). Dieu laissera le pasteur bouc agir à sa guise car il conduira son troupeau là où est nécessaire qu'il aille: Dans des prés ou règnent l'injustice, l'oppression, la soumission forcée et la désolation pour finir.

Mais la partie n’est pas terminée pour autant. Car à partir de là, les cartes vont être rebattues par notre Seigneur. Il suscitera parmi les brebis suiveurs, des pasteurs, et il dénoncera les boucs imposteurs. Ils seront chassés du troupeau.

 

LA COMPLEXITE DE L’IDENTITE

 

Mais c’est lui, notre Dieu qui séparera le troupeau. Personne d’autres. Pourquoi ?

D’abord, parce que l’identité d’une personne est complexe. Elle est tellement difficile à cerner. Nous voyons des brebis là où se trouvent des boucs et inversement, nous jugeons trop précipitamment le mal chez un croyant.

Alors, c’est Dieu qui vient dans sa gloire trier. Il chasse les boucs, dévoile les mercenaires et s’empare d’une partie des brebis. Il rétabli un nouveau troupeau où les derniers seront les premiers. Dans l’Evangile de Jean 10, Jésus dans sa parabole montre que ceux qui ne passent pas par la porte sont « des voleurs et des brigands » qui ne cherchent qu’à dérober, égorger et détruire.

L’identité n’est pas une simple déclaration : Il ne suffit pas de dire ce que nous sommes ; comme « je suis chrétien » ou « je suis athée » ou « je suis pasteur ».

Il y a tellement de situations qui révèlent la dualité de notre identité :

1-     ce que vous faites, lorsque personne ne vous voit et qu’aucune récompense n’est attendue.

2-     Les excuses que vous utilisez continuellement pour vous justifier.

3-     Les vérités que vous refusez d’affronter sur vous-même.

4-     Ce à quoi vous revenez toujours, même après avoir essayé de changer.

5-     Tout ce qui vous met en colère ou vous touche profondément

6-     Ce que vous êtes prêt à sacrifier pour rester fidèle à vos engagements.

7-     La manière dont vous réagissez à la honte et à l’humiliation.

8-     La manière dont vous traitez ceux qui ne peuvent rien vous apporter.

9-     Ce que vous faites lorsque vous avez peur.

10-  Ce que vous faites lorsque vous avez du pouvoir.

11-   Qui vous admirez et ce que vous enviez chez les autres

12-  Ce que vous faites de votre souffrance : devenir plus conciliant ou plus dur.

13-  La manière dont vous aimez — ou dont vous évitez d’aimer ou haïssez.

 

Vous voyez, face à ces 13 manières d’agir, juger de l’identité demande de très bien connaitre l’autre et de très bien se connaitre soi-même aussi. Connaitre l’autre, se dévoile à partir de ses peurs, de ses contradictions et de ses réactions lorsqu’il est sous pression ou lorsque son pouvoir s’accroit. Pourquoi ? Parce que l’être humain est très souvent double.

Dieu connait les cœurs, et il ne fait pas de compromis. Il ne cherche pas à vous rendre un peu plus tolérant, moins colérique, à faire que vous admiriez plus ce qui est saint que profane.  Il veut changer en totalité votre identité. Pas pour en prendre une plus avantageuse mais pour que nous revêtions la sienne. Il va par conséquent vous faire passer par une nouvelle naissance spirituelle. Il ne gardera pas les boucs. Il en a horreur. Leur odeur forte l’insupporte. Ils sont faux. Ils font avec lui une fausse alliance. Ils font mine de se revêtir de son autorité pour mieux suivre leur voie corrompue.


LA BOUC : UNE PREDESTINATION QUI N’EST PAS IRREMEDIABLE

 

C'est là qu’une forme de prédestination existe.

 

Nous sommes des esprits incarnés. Et « nous avons péchés et nous sommes tous privés de la gloire de Dieu » (Romains3 :23). Alors, connaissant ce principe lié à la vie : Qui a été bouc et qui a été brebis ? Le hasard a-t-il influencé la distribution des rôles ?  Ou autre question plus pertinente : Quelle sorte d'ange avons-nous été avant d'être précipité dans des corps sur la terre ? Des leaders ou des suiveurs ? Des Lucifers, des porteurs de lumière ou des suiveurs de lumière ; des caractères de bouc ou des caractères de brebis ?

Ce que je crois vrai, en fait, la prédestination : c'est nous même qui l'avons provoqué. Nous l'avons provoqué quand nous étions des anges au service de notre Seigneur. Ce que nous avons manifesté a alors contribué à notre élection sur terre. Si nous étions des leaders assoiffés de pouvoir, nous cherchons naturellement à l'être sur terre. Alors bien-sûr dès que l’on parle de bouc, la prédestination, vient comme un couperet définitif. Il n’y aurait plus rien à faire. Mais la question : Dieu est-il seulement le Dieu du jugement ? N’est-il pas aussi le Dieu sauveur le Dieu du Salut ? Jésus-Christ a-t-il seulement donné sa vie pour ses brebis ? En d’autres mots : il ne sauvera pas les boucs, MAIS un bouc ne peut-il pas changer est devenir une brebis ? Lorsque son masque de brebis sera tombé, que l’imposture sera dévoilée, et qu’il aura reçu son jugement, ne peut-il pas devenir une brebis ?

 

Saul de Tarse avant de devenir Paul, n’était-il pas un bouc ?

 

En tous les cas, il en avait toutes les caractéristiques. Saul l’avoue : il était « animé d’un zèle excessif « (Galates 1 :14) ;

Lui qui était entêté, fonceur, en poursuivant inlassablement les chrétiens au-delà des frontières, jusqu’à Damas;

Lui, qui dominait du haut de son autorité de pharisien ;

Lui, qui défendait la loi comme un territoire sacré et

Lui, qui écrasait, persécutaient les chrétiens jusqu’à la mort, « Saul, respirait la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur » (Actes 9 :1). Dieu l’a épargné. Plus encore, il l’a rendu apôtre des gentils.

 

Dieu n’a-t-il pas ce pouvoir de transformer l’âme, de chasser les mauvais esprits, et de briser les cœurs ? Sinon à quoi sert-il de naitre d’en haut si la nature charnelle demeure à jamais sa seule identité ? Celui qui affirme : «  je suis né bouc, je mourrais bouc », n’a pas encore connu le Seigneur.

Jésus devant l’homme riche, l’homme autosuffisant, a dit qu’il serait « difficile » d’entrer dans le royaume (en précisant que c’était comme de faire entrer un chameau dans une aiguille.) Mais Il n’a pas dit « impossible ».

Dans le peuple de Dieu, il y a toutes sortes de personnes saintes. Brebis et boucs s’y côtoient.

PSAUME 78 :71 :« Jacob son peuple et Israël son héritage ». Jacob est le peuple de Dieu. Et ce peuple est hybride, car cohabitent brebis et boucs. Mais Dieu sépare les uns des autres. Les boucs sont une race qui n’hérite pas des promesses divines. Esaïe 58 :1 « Crie à plein gosier, ne te retiens pas, Élève ta voix comme une trompette, Et annonce à mon peuple ses iniquités, A la maison de Jacob ses péchés! »


Alors, un détail qui n’en est pas un : Jacob et Israël sont la même personne. Mais avec un « sacré » changement toutefois.

-Jacob a acquis une identité forgée par la lutte ; c'est le caractère de celui qui se trouve justifié parce qu’il est fils d’Isaac et petit-fils d’Abraham. Parce que ses aïeux ont bien insisté sur le fait que sa vie serait bénédiction. Jacob montre un caractère autosuffisant. Il veut la bénédiction promise. Il veut manger à tous les râteliers. Il refuse par conséquent d'être le frère cadet sans héritage. Il convoite les premières places celles que l'on garde pour les aînés. Il domine son frère en le volant. Mais il domine aussi son père Isaac en le trompant. Jacob s’associe avec sa mère pour monter un stratagème et s’emparer de la bénédiction d’Isaac. Jacob c'est celui qui supplante, qui trompe. Le refus de perdre est central chez lui. C'est un vrai bouc. Il incarne complètement cet animal et l’impureté qui va avec. Les autres membres de sa famille, il les voit comme des brebis qui doivent se soumettre à lui, à lui le bouc.

Or, son jugement repose sur lui et il ne tardera pas à le recevoir.


-Israël quant à lui a été transformé par les épreuves et le chaos. Il est devenu par la souffrance docile comme un agneau.  Et quelle souffrance ! Tout bascule au gué de Jabbok. Où en retrouvant son frère Esaü Il croit y perdre toute sa famille. Au matin, blessé à la hanche, en luttant avec Dieu, il deviendra Israël, mais boiteux ; Avant cet épisode sa rencontre amoureuse avec Rachel tournera à une forme d’esclavage. blessé dans sa relation. Il perd le contrôle, et se fait manipuler à son tour. il mettra 14 ans pour obtenir la main de Rachel en étant soumis au bon vouloir de son oncle Laban.  Rachel sera longtemps jalouse et stérile. Puis elle mourra juste après la naissance de Benjamin. Son unique fille Dina sera déshonorée par Sichem un chef Cananéens. Sans compter les décennies où il a cru son fils préféré de tous, Joseph, mort.  Avec les épreuves, et les nombreuses années de souffrance, Israël s’est adoucit. Il n’est plus le « leader individualiste et voleur du début. Maintenant il ne se suffit plus à lui-même. Il plie les genoux devant Dieu et attend de lui son secours.
Il est alors prêt à faire partie de l'héritage de Dieu. Jacob héritera mais en devenant Israël.

D’Israël, et de Juda en particulier sortira Jésus de Nazareth. « Un rédempteur viendra pour Sion, Pour ceux de Jacob qui se convertiront de leurs péchés, Dit l'Éternel ».

 

 En conclusion :

Le bouc sera sauvé en devenant brebis comme Jacob a été sauvé en devenant Israël. Ainsi nous ne devons pas juger celui qui agit comme un bouc, comme à l’inverse celui qui agit tel un agneau avec une bienveuillance qui peut être trompeuse. Le fait d’agir comme un bouc ou une brebis ne fait pas de nous des êtres perdus ou sauvés. Parmi ceux que nous croyons perdus, prions pour que de bouc ils deviennent brebis du Seigneur. Prions pour que ce temps difficile traversé par le peuple de Dieu aboutisse à de nombreuses conversions. Que tous ces boucs et leur autosuffisance soient mis à terre devant notre Seigneur pour qu’ils entendent le son de la trompette du rassemblement et naissent véritablement d’en haut.

Amen

 

dimanche 17 mai 2026

CE QUE L'ON VOUS CACHE DE DAVID ROI D'ISRAEL

619


Par Eric Ruiz

 

Lisons les dernières lignes du Psaumes 78

 « 70Il choisit David, son serviteur, Et il le tira des bergeries; 71Il le prit derrière les brebis qui allaitent, Pour lui faire paître Jacob, son peuple, Et Israël, son héritage.72 Et David les dirigea avec un cœur intègre, Et les conduisit avec des mains intelligentes ».


Ce qui plait à Dieu dans son élection ce n’est pas l’éloquence, ou la force, c’est le cœur. C’est un cœur intègre. Dès les premiers mois de notre vie, nous manifestons déjà ce cœur.

 Proverbes 20 :11 : « l’enfant laisse déjà voir par ses actions si sa conduite sera pure et droite » ; 

Et Dieu ne s’y trompe pas. Il va chercher un berger encore jeune qui est derrière les brebis qui allaitent. Il est à peine visible, mais il s’occupe aussi déjà des plus faibles, des petits qui allaitent. Car Dieu sait qui, par la suite pourra conduire un peuple avec des mains intelligentes. Or, David le cadet de sa fratrie, était aussi depuis le plus jeune âge rempli de doute. Oui je l’affirme, il devait douter de lui-même, parce qu’il ne se considérait pas le plus grand mais bien le plus petit. C’est là, sa forme d’humilité.

Quels indices nous montre l’humilité de David ?

Tout simplement par les Psaumes dont il est l’auteur. Plusieurs Psaumes sont de véritables chants de louanges. David était un musicien aguerri. Il jouait de la lyre un ancêtre de la harpe. Mais hormis les psaumes de louange poétiques et lyriques, la plupart parlent d’avantages de ses doutes, de ses luttes, de ses peurs, et même de ses chutes ; beaucoup plus que de ses victoires.

Pourquoi, par exemple David n’a-t-il rien écrit au sujet de sa prestigieuse victoire sur le géant philistin Goliath ? Il aurait pu reprendre l’histoire à son compte afin de préciser des détails qui ne figurent pas dans le livre de Samuel. Notamment sur ce qu’il a ressenti pendant le combat ; sur les moments précédent le combat et sur les retombées de sa victoire, sur les éloges qu’il a du recevoir de beaucoup de ses contemporains. David, et c’est assez surprenant pour le souligner, parle beaucoup plus de sa vulnérabilité que la force de son armée ou que l’intelligence qu’il a adoptée dans ses stratégies de combat.
Bien sûr il parle de ses victoires. Dans le Psaume 18, il en parle ainsi :

 « Avec toi je me précipite sur une troupe en armes, Avec mon Dieu je franchis une muraille… Il exerce mes mains au combat, Et mes bras tendent l'arc d'airain. Je poursuis mes ennemis, je les atteins, Et je ne reviens pas avant de les avoir anéantis….Je les brise, et ils ne peuvent se relever; Ils tombent sous mes pieds. Tu fais tourner le dos à mes ennemis devant moi, Et j'extermine ceux qui me haïssent. Ils crient, et personne pour les sauver! Ils crient à l'Eternel, et il ne leur répond pas! Je les broie comme la poussière qu'emporte le vent, Je les foule comme la boue des rues ».

David parle de ses victoires, mais vous l’aurez remarqué aussi, non sans rendre systématiquement grâce à Dieu. Sans Dieu, comment peut-il obtenir le succès ?

Mais que de Psaumes, où David exprime de façon explicite une forme de détresse, de crainte, ou de regret. Car il n’a qu’une intention : toujours remettre sa confiance en Dieu. Beaucoup aujourd’hui y verrait plutôt des paroles de manque de foi. Or, j’ai envie de dire : ne nous fions pas aux apparences.  Car David ne triche pas, il ne veut pas passer pour ce qu’il n’est pas, il se montre tel qu’il est, sans faux semblants. 

« O Dieu tu connais ma folie et mes fautes ne te sont point cachées. ». (Psaume 69 :6)

Par conséquent, Dieu inspire un tel homme, à écrire ses états d’âme, parce qu’il sait que nous apprenons plus à partir de nos défauts et de nos défaites que de nos victoires. Il y a tellement de livres historiques qui mettent en valeurs les victoires des grands rois en sous-estimant leur défaites, en les relatant comme de petits accidents sur leur chemin.

Parce que le but est idéologique. La victoire va servir une idée. Et les héros de la Bible servent l’idée principale de la foi. Mais quelle sorte de foi ?!

Parce que les échecs permettent justement à chacun de mieux se comparer. Se montrer tel que nous sommes devant Dieu et devant nos frères. C’est un bon témoignage. Quel bon témoignage que celui de l’homme intègre !

On ne perd rien en se montrant avec ses faiblesses. Si, on perd une chose, il faut le souligner : la crédibilité envers ceux qui cherchent des chefs à vénérer pour leur infaillibilité. Ceux-là, à la moindre défaillance de votre part, vous quitteront en vous calomniant. Ils se montreront eux aussi sous leur vrai visage. Celui d’idolâtre. La religion cherche ses champions, elle veut établir son Panthéon de super saints et de surhommes pour bien montrer leurs différences : Ce sont  « Les Elus » de Dieu.

En étant intègre, vous rassemblerez celles et ceux qui aiment l’intégrité en esprit et en vérité.

Ils seront certes peu nombreux, peut-être même que vous vous retrouverez isolé, mais n’est-ce pas le prix à payer ?

 

Alors regardons de près les Psaumes où David se met à nu.

2 grandes catégories se dessinent :

1-Les Psaumes de repentance et

2- les psaumes de lamentations (où nous trouvons ses peurs et ses doutes).

 

Comme les théologiens l’on vu, j’ai moi aussi recensé les mêmes 7 Psaumes de repentance (sept comme les sept jours pour se laver de ses péchés, « Que signifie se purifier vraiment ») ; Et le Psaume 51 est très significatif de la ferveur du repentir de David. David a conscience que seul son cœur brisé et contrit plait à Dieu. Il commence le chapitre par une prière : « Aie pitié de moi dans ta bonté! » et il reconnait ses transgressions.

Ensuite nous avons les psaumes 6, 38, 102, 130, et 143 qui expriment le chagrin, les pleurs intenses que le roi d’Israël a envers son péché.  Il fait appel à la miséricorde divine pour amoindrir ou effacer son châtiment.

Enfin le Psaume 32 est une louange qui décrit son soulagement d’être pardonné après une repentance profonde.

 

Maintenant passons aux psaumes de lamentations.

Dans le Psaume 3« Eternel, que mes ennemis sont nombreux ! …Lève-toi Eternel, sauve-moi mon Dieu !», David l’écrit alors qu’il est en train de fuir devant son fils Absalom qui veut le pouvoir à sa place :

Psaume 13 : « jusqu’à quand Eternel m’oubliera-tu sans cesse ? »

Psaume 22  « Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?”

Psaume 25 : «  Regarde-moi et aie pitié de moi car je suis abandonné et malheureux »

Psaume 31 : «  Car tu vois ma misère, tu sais les angoisses de mon âme…j’ai le visage, l’âme et le corps usés par le chagrin. Ma vie se consume dans la douleur »

Psaume 38: «Mes plaies sont infectes et purulentes par l’effet de ma folie. Je suis courbé, abattu au dernier point »

Psaume 43 : «Pourquoi être abattue, mon âme, et pourquoi gémir en moi? Espère en Dieu, car je le louerai encore!»

Psaume 55 : « Mon cœur tremble au dedans de moi, Et les terreurs de la mort me surprennent; La crainte et l'épouvante m'assaillent, Et le frisson m'enveloppe»

Psaume 69 : «Retire-moi de la boue, et que je n'enfonce plus! Que je sois délivré de mes ennemis et du gouffre! Que les flots ne m'inondent plus, Que l'abîme ne m'engloutisse pas, Et que la fosse ne se ferme pas sur moi! »

D’une manière générale, sur les environ 73 psaumes attribués à David, on estime qu’environ : 35 à 45 contiennent fortement :

La peur,

L’angoisse,

Le sentiment d’abandon,

Le doute,

La persécution,

Ou encore, des appels désespérés à Dieu.

Donc 51 psaumes sur 73 ! Nous n’avons pas là une petite majorité de psaumes où David se repent, se lamente et se désespère ; c’est un ratio de 7 psaumes sur 10 ! Alors, pourquoi y-a-t- il généralement une impasse sur ce fait biblique évident ? Pourquoi en parle-t-on si peu ? Il y a comme une gène et même une honte à évoquer les faiblesses du grand roi d’Israël. Sans doute parce que Jésus-Christ est issu par sa généalogie de David, et de sa tribu : Juda. Il y a comme une grande réticence, un malaise à évoquer un David submergé par ses doutes, par sa culpabilité et par ses angoisses.

Des versets de David se trouvent dans les Evangiles, repris mot à mot par Jésus-Christ en personne. Cela met David évidemment sur un piédestal ; un sommet qu’il n’a pas recherché.

Les prédicateurs chrétiens usent et abusent de discours hyper positifs. Il faut toujours encourager, montrer la partie forte, élogieuse et sécurisante. Ils ont peur de décourager leur auditoire. Alors, ils préfèrent les promesses divines qui renforcent la confiance à Dieu.

Pas étonnant que le prédicateur insiste sur les versets où la puissance de Dieu est mise à l’honneur : « Dieu est mon refuge, il est mon rocher, ma forteresse, ma gloire, ma montagne sainte, mon bouclier, mon berger, ma lumière » Et malheureusement on occultera volontairement les versets jugés peu enclin à maintenir ou à renforcer l’élan de la foi. On occulte aisément ces versets où David supplie Dieu d’être sa force, parce qu’il est effrayé, au fond du trou ou qu’il doute même de Dieu.

Le prédicateur hyper positif ira même à l’opposé des péchés de David et insistera sur sa sainteté en relativisant ses petits moments de faiblesse (il n’est qu’un homme après tout) : « L'Eternel m'a traité selon ma droiture, Il m'a rendu selon la pureté de mes mains;
Car j'ai observé les voies de l'Eternel, Et je n'ai point été coupable envers mon Dieu.
Toutes ses ordonnances ont été devant moi, Et je ne me suis point écarté de ses lois
. » (Psaume 18 :21-22)

Mais un discours spirituel qui refuse de regarder la souffrance en face n’est plus un soutien, c’est une façade. On nie la souffrance. On glorifie la patience et on promet des miracles. « Tout ira bien si tu fait confiance à Dieu ». Une manière très évasive de répondre aux questions difficiles. Mais qui laisse un fardeau terrible sur les épaules des croyants éprouvés.

David est l’élu de Dieu pour diriger Israël, nous l’avons lu. Il est très important d’expliquer que lui aussi est passé par de grosses épreuves et que cela n’a pas érodé son élection, ni l’amour que Dieu a conservé pour lui. Nous devons déculpabiliser les croyants qui souffrent en leur montrant la vérité : « si tu souffres, ce n’est pas une répudiation divine » donc ce n’est pas forcément un jugement, mais un passage obligé pour aller plus haut avec Dieu. Obtenir une foi inébranlable ne passe-t-elle pas forcément par être ébranlé dans sa foi ?

 

PORTER SA CROIX

 

Et là j’en viens à un fait qui nous concerne directement, nous disciple de Christ : « Quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple ».

Comment porter sa croix si on élude tout ce qui a attrait aux souffrances, aux lamentations, aux angoisses du disciple ? Oui c’est diabolique que de soustraire cette partie, car c’est empêcher que le disciple devienne mature (parfait, telios dans le texte grec).

« Porter sa croix » s’explique. Et je rajoute que Jésus sur le chemin du calvaire ne l’a pas porté seul. Elle était bien trop lourde pour un seul homme (Plus de 130 kg). Jésus a porté la poutre transversale appelée Patibulum. Mais Jésus après la flagellation montrait des signes important de fatigue. Et les romains ne souhaitaient pas voir mourir un supplicié avant d’atteindre le lieu d’exécution. Alors, on l’a aidé à gravir le mont Golgotha. Une aide a été nommée pour porter le Patibulum (une trentaine de kilos) à sa place. Là aussi le soutien des frères fait parti du combat. « Ils prirent un certain Simon de Cyrène… et le chargèrent de la croix pour la porter derrière Jésus. »(Luc 23 :26).

C’est pourquoi en faisant taire les lamentations, nous empêchons ceux qui sont dans l’épreuve de recevoir une aide réelle.

Nous isolons ceux qui vivent des drames

Nous créons un fossé entre le mythe des héros de la foi et la vie réelle.

Le fait d’être trop positif entraine par conséquent une vraie tyrannie.

En conclusion, nous devons chassez la tyrannie, en acceptant tout de l’Evangile. Les psaumes de David font partie entièrement de l’Evangile. Ce ne sont pas juste des poèmes ou des paroles inspirées pour des louanges. Ils nous amènent dans la vérité ; Nous avons besoin de connaitre la profondeur des psaumes parce que c’est le chemin du disciple.

Alors au moment de la détresse, méditons sur eux. Eux aussi soutiendront la croix que nous portons.

Amen

dimanche 10 mai 2026

LA VERTU DE LA SOBRIETE

618

Par Eric Ruiz

 

J’ai constaté par mon expérience, que les croyants demandent souvent de la sagesse à Dieu. Et, c’est une très bonne chose. Mais avant cela, n’ont-ils pas besoin de la sobriété ? Paul dit à son frère de foi Timothée : 


« Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l'œuvre d'un évangéliste, remplis bien ton ministère » (2 Timothée 4 :5). 

Ici la sobriété n’a pas un lien direct avec la consommation d’alcool, bien que l’ivresse procure un comportement inconstant, excessif et confus ; tout l’inverse d’une personne sobre.

 

SOBRIETE ET EXALTATION

 

« Sois sobre » a été traduit du grec « nepho » qui signifie, ici : Etre calme, concentré en esprit.

L’Esprit saint parle dans un doux murmure. Si nous sommes agités, si nous parlons excessivement, si nous nous emballons vite dans nos rapports les uns avec les autres ; si nous perdons la maitrise de soi, ne sommes nous pas plutôt ivres que sobres ? Nous devons être calmes pour être concentré en esprit. Ce qui signifie que le centre de notre attention demeure sur un seul esprit. Et nous l’aurons tous compris : ce seul esprit est celui de Christ. Toute agitation nuit à la concentration. Et là bien-sûr, nous devons discerner ce qui provient d’une agitation de la chair et ce qui provient de l’élan de l’Esprit saint. Or bien souvent, si nous laissons la chair s’exprimer, si nous laissons nos émotions devenir nos maitres, nous ne savons plus discerner la part de l’esprit de celle de la partie charnelle. Nous confondons alors deux sortes d’exaltation. Un état d’enthousiasme atteint par une forte excitation émotionnelle, ou un état d’enthousiasme provoqué par une exaltation spirituelle. L'exaltation de la chair est juste une décharge d'adrénaline : elle s'épuise vite et laisse souvent un vide après coup.

D’ailleurs, dans les assemblées Evangéliques, ou Charismatiques l’agitation ne provient-elle pas d’un trop plein d’émotion ? Le culte ou la messe, n’a rien d’une improvisation ; la liturgie suit une ordonnance, une structure théologique précise. Elle conduit le fidèle à travers un cheminement étape par étape. Rien n’est laissé au hasard.  Souvent un temps d’exaltation par  la louange est suivi par un temps de sobriété en écoutant le prédicateur annoncer son message. Premièrement : l’exaltation ; deuxièment : la sobriété.

Or, ne peut-on pas être en même temps sobre et exalté ? Ne pouvons-nous pas en même temps avoir de la retenue et se laisser aller à l’exaltation ?

Oui, tout à fait.  Etienne à la fin du chapitre 7 des Actes, pendant qu’il exhorte et proclame la vérité à des pharisiens imbus d’eux-mêmes, voit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et Etienne dit: « Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu ». Ici, au milieu de la sobriété d’Etienne rempli de sagesse surgit une vision céleste qui le pousse à l’exaltation. Il faut se rendre à l’évidence : la vie est moins contraignante que la religion. Vivre en disciple ne nous contraint pas à morceler nos pratiques. L’un n’empêche pas l’autre. On peut louer Dieu en chantant, dansant, en levant les bras, tout en étant calme et concentré en esprit. L’exaltation spirituelle n’est pas une perte de contrôle ni une transe, Pourquoi ? parce que tout se fait selon l’ordre du Saint-Esprit et la louange n’exclue pas notre prochain. Chacun continue de veiller et de porter attention aux autres. Si mon "exaltation" me fait oublier que mon frère à côté de moi souffre ou qu’il a besoin d’une parole de délivrance, alors ce n'est plus le fruit de l'Esprit, c'est de l'auto-satisfaction émotionnelle qui est aux commandes.

Or, La confusion saute aux yeux. Et les conséquences aussi. La sobriété est une étape indispensable… indispensable pour autre chose.  Quelle est cette autre chose ?

 

SOBRIETE & SOUFFRANCE

 

Sans être sobre, comment peut-on ensuite supporter les souffrances ?  Revenons à Etienne. Animé par la sobriété et l’exaltation, il est mené hors de la ville et lapidé. S’étant mis à genoux, ses derniers mots ont été en parlant fort : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché! ».

La souffrance habituellement tend à nous faire perdre nos moyens, à nous faire réagir de manière impulsive ou désespérée.  Etienne rendant son dernier souffle est exalté et calme à la fois.

Quant aux assemblées « charismatiques », ces mêmes assemblées très exaltées, elles voient pourtant (et c’est contradictoire) le nombre d’appel à la délivrance se multiplier. On y fait même des cultes de délivrance. J’ai lu ce témoignage ; « Un peu partout, les nouveaux visiteurs de notre Église demandent parfois, après le culte, pourquoi il n’y a pas de séance de délivrance ». Celles-ci sont souvent considérées comme l’aboutissement de tout ce qui se passe pendant le culte. Pourquoi une telle dérive ? Alors, qu’il suffirait d’instaurer un autre culte. Celui du Saint-Esprit et non celui de la chair.

Je crois qu’il y a un lien direct entre la sobriété et la souffrance vécue. C’est ce que montre Paul lorsqu’il conseille  Timothée: »  Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances »  Paul nous donne la clé d’une délivrance : la sobriété comme le moyen privilégié de supporter la souffrance. Comme je le disais au départ : prier pour avoir de la sagesse, demande avant tout de prier pour être sobre afin de recevoir la sagesse. Eh bien il en est de même pour nos souffrances. Prions d’abord pour notre sobriété afin d’être en mesure de supporter toutes nos souffrances. Prions aussi pour que l’évangile soit apporté avec sobriété ; dans le calme et en esprit. Et que tout ministère soit à la fois exalté par l’esprit mais manifesté dans le calme et la retenue.

La sobriété est un état constant et durable chez le disciple de Christ. Sans cet état comment peut-il affronter les persécutions, les maladies, les exils, les deuils.

Certains qui m’écouteront auront tendance à penser : mais c’est du bon sens. Oui c’est du bon sens. Or le manque de sobriété fait perdre le bon sens et nous avons à ce moment-là besoin qu’un frère ou une sœur de foi, nous ramène à la réalité et nous rappelle nos priorités.

 

SOBRIETE ET PRUDENCE

 

Ensuite être sobre, a été la traduction du mot grec «  sofron »  dans la Bible. Ce mot a le sens d’être modéré, ou être impartial, ou encore circonspect. Quelqu’un de circonspect, c’est une personne qui agit prudemment. La prudence nous oblige à ne pas agir avec précipitation. Donc  réfléchir avant d’agir ; Pourquoi réfléchir ? Pour bien mesurer les choses. Discerner en prenant le temps d’examiner les conséquences de nos paroles et de nos actes. Par exemple : si j’agis ainsi, je risque peut-être de blesser mon frère ; ou si j’agi de cette manière je saurai ce que cache mon interlocuteur, s’il est hypocrite ou sincère.  Et si je ne fait rien, je vais pouvoir mieux comprendre les intentions de l’autre. Donc la prudence demande de la discrétion et de la réflexion. » Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents» (Matthieu 10 :16). C’est le sens de : n’attirez pas le mal à vous en vous faisant remarquer, en étant bruyant ou démonstratif ou exubérant. Examinez les esprits qui sont autour de vous. Y-a-t-il des loups ? Y-a-t-il des gens mal intentionnés ? D’ailleurs pour le deuxième sens l’impartialité, cette attitude pousse à ne pas juger. A ne prendre directement parti ni pour une cause ni pour l’autre sans avoir bien écouté, bien compris le sens de chaque partie. Par conséquent avoir de la retenue est une qualité du Saint-Esprit.

« Il ne contestera point, il ne criera point, Et personne n'entendra sa voix dans les rues. »(Matthieu 12 :19). Trois verbes très importants, absents de toute sobriété : contester, crier, faire entendre.

 

SOBRIETE & IVRESSE

 

Or, à l’opposé, la chair qui a des désirs contraire à l’Esprit se trahit dans les épreuves, car elle ne se maitrise plus et pert le contrôle. Elle s’affole, s’emballe et finit par être cernée par l’angoisse.

L’attitude d’un prédicateur charnel, est en constante opposition ; il se déchire entre d’une part le désir de se maitriser, d’être calme et tempéré et d’autre part le désir de s’exalter derrière le pupitre pour stimuler ses fidèles.

Toutes ces intentions cachent un déséquilibre tel que nous pouvons l’associer « aux vierges folles » de la parabole de Jésus. Elles sont folles parce qu’elles manquent d’huile. Elles ont oublié le Saint-Esprit pour se satisfaire dans des pratiques purement humaines.

Paul avant de parler de sobriété à Timothée évoque les désirs contraires à l’esprit. Il parle d’hommes qui ne supportent plus la saine doctrine, mais qui se tournent vers des choses agréables, vers de faux docteurs qui flattent leurs désirs. Le prophète Esaïe, évoque lui aussi cette même dérive qu’il nomme ivresse. Dieu avait mis en garde sa bien-aimée, Jérusalem, il lui avait dit qu’elle l’oubliait et qu’elle trouvait sa consolation ailleurs. Et c’est ce qui l’a faisait trembler devant l’oppresseur : 

« C'est pourquoi, écoute ceci, malheureuse, Ivre, mais non de vin!... Ainsi parle ton Seigneur, l'Éternel, Ton Dieu, qui défend son peuple: Voici, je prends de ta main la coupe d'étourdissement, La coupe de ma colère ; Tu ne la boiras plus !. »

Cette ivresse c’était donc la coupe de colère de notre Dieu. Ses oppressions, ses problèmes qui ne trouvaient pas de solutions ; Ses addictions qui tournaient en obsession, c’était bien la coupe de colère qu’elle buvait et qui l’a rendait ivre. Lorsque la chair reprend le dessus chez le croyant ; L’ivresse perturbe son jugement, son humeur. On va de la colère au repli sur soi. On devient partial, impulsif, confus comme si on avait trop bu d’alcool.

 

Par conséquent, le caractère sobre du disciple n’est pas à prendre à la légère. Et l’ivresse n’est pas juste une exhortation à la sainteté ou une simple mise en garde.

Paul prend tout un chapitre pour que Timothée enseigne ce caractère à son assemblée. Le troisième chapitre de la première lettre à Timothée, Paul parle de sobriété pour l’évêque, mais aussi pour le diacre et enfin pour la femme. C’est pour en premier, tous ceux qui exercent une responsabilité dans l’assemblée. Ils doivent, en fait, être revêtus de cette vertu spirituelle. Mais la femme, ici quelle responsabilité a-t-elle ?

Eh bien elle tient le rôle de mère, de chef de son foyer, de sa famille. Sa sobriété est un atout pour ses enfants, car ils recevront alors une bonne éducation qui les amènera à craindre Dieu. J’avais expliqué dans un message («  le grand ministère de la mère ») comment la mère consacre ses enfants. Sous son toit, c’est elle qui bâtit la maison de Dieu. C’est là son ministère et sa principale couronne.

 

Pour résumer : la sobriété est une vertu du Saint-Esprit ; Cette vertu permet de s’exalter tout en restant calme et concentré en esprit ; d’avoir de la retenue, de la modération mais aussi de la prudence et de l’impartialité. Elle permet de résister à la souffrance ; et de manifester l’évangile dans sa vie. Nous devons prier pour être sobre avant toute chose. Pourquoi ? Afin d’exercer la justice de Dieu et être des témoins véritables. Nous pouvons avoir cette image : celle d’un disciple où sa tête reste froide pendant que son cœur brûle.

Jésus devant Pilate a manifesté ce caractère (Matthieu 27:11-14)

Jésus incarne la sobriété absolue.

Alors qu’il est accusé injustement et que sa vie est en jeu devant le pouvoir romain.

Pilate l’interroge et attend une réponse. Mais Jésus reste silencieux. Il ne répond pas.

Il est fidèle à son enseignement. « Il ne contestera point, il ne criera point... on n'entendra pas sa voix dans les rues ». Sa passivité visiblement désarçonne le gouverneur romain qui est alors plongé dans un grand étonnement. Ce silence n'est pas de la passivité, c'est une sobriété absolue. Jésus refuse de s’expliquer sur son identité. Il ne cherche pas la contestation et ne souhaite pas utiliser la joute verbale avec ses accusateurs. Jésus est alors soumis entièrement au Père et non à une envie irrésistible de sauver sa vie.

Alors la question que chacun devrait se poser à soi-même : Suis-je déjà sobre ou bien suis-je dans une ivresse qui a ralenti ma conscience et qui me rend confus et balloté : tantôt modéré (mais triste), tantôt exalté ?

 Etre témoin de Christ passe nécessairement par être sobre en tout point. Par nos propres forces nous ne pouvons atteindre cet état. Ce caractère est un prodige. Il vient comme la sagesse : directement du Saint-Esprit. Prions mes frères et sœurs pour recevoir cette vertu si elle n’est pas présente en nous. Si certains parmi nous se sentent dépassés, qu’ils prient pour ne plus être ballotés par les envies de la chair.

Amen