dimanche 25 octobre 2026

PECHE & TRANGRESSION : UNE DIFFERENCE PROFONDE

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Par Eric Ruiz

 

Des frères se posaient cette question cette semaine : Quelle différence y a t-il  entre péché et transgression ? Le péché est-il la conséquence d’une transgression ? Ou bien l’un et l’autre sont-ils deux notions indépendantes ?


C’est ce qu’on pourrait croire en lisant le Psaume 32 :1 : ». Cantique de David. Heureux celui à qui la transgression est remise, A qui le péché est pardonné! ».

LA TRANSGRESSION

Le péché c’est manquer le but d’une manière générale, c’est une notion plus large que la transgression. Dans la Bible, (comme dans la réalité), la transgression est un acte juridique. Et là, je n’apprends rien à personne bien sûr : Toute société est régie par un système de lois dictant notre conduite.  La transgression suppose qu’une loi ou qu’un commandement soit violé.

 Ici, en transgressant c’est bien le but d’obéir à une loi qui a été manquée.

Ainsi, lorsque Dieu ordonne à Adam de ne pas manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, la désobéissance d'Adam devient une transgression parce qu'elle consiste à franchir une limite clairement établie par Dieu. Puis est venue la Loi de Moïse. Et avec Moïse, les commandements de Dieu sont formulés de manière détaillée (selon le judaïsme 613 mitsvots ou commandements formeraient l’ensemble des lois : un nombre très conséquent). Quoi qu’il en soit transgresser un seul point de la Loi revient à se rendre coupable devant l'ensemble de la Loi (Jacques 2:10). Le péché apparaît alors dans toute sa gravité et révèle la condition du pécheur qui ne cesse à l’infini, d’être jugé et de se racheter de ses fautes.

Paul écrit que « là où il n'y a pas de loi, il n'y a pas non plus de transgression » (Romains 4:15). Cela signifie que la transgression est liée directement à la violation consciente d'un commandement.

Alors, cette connaissance suffit-elle pour affirmer que le péché n’existe que parce que la loi existe ?

Penser ainsi est une grossière erreur.

 

LE PECHE BIEN AVANT LA TRANSGRESSION

 

Paul écrit que « le péché était dans le monde avant la Loi » (Romains 5:13). Donc le péché est déjà dans l'homme avant de devenir une transgression. Nous transgressons des lois divines parce que le péché qui est en nous nous y pousse. Adam et Eve avaient donc déjà en eux un fort esprit de rébellion face à Dieu. Le Serpent en Eden n’a fait que de révéler le péché intérieur de l’homme et de la femme. Le péché est par conséquent plus profond que la simple transgression. La transgression est l'acte visible du péché ou en d’autres termes : c’est la partie immergée de l’Iceberg.  Transgresser consiste à enfreindre une loi de Dieu, mais en révélant une réalité intérieure : la présence du péché dans l'homme. Nous transgressons parce que le péché agit en nous et nous pousse à désobéir à Dieu. Nous sommes esclaves de lui.

Maintenant, en Jésus-Christ, le croyant reçoit une nouvelle nature. Il est appelé à marcher selon l'Esprit et non selon la chair. Le péché n'est plus son maître, même si la lutte contre la chair demeure présente. Lorsque le croyant désobéit à Dieu, le Saint-Esprit qui habite en lui l'en convainc et en est attristé (Éphésiens 4:30). Cette conviction intérieure témoigne de la vie nouvelle qu’il a reçue en Christ et le conduit à la repentance.

Il ne s'agit plus d'obéir à des commandements extérieurs, mais aussi et surtout de marcher selon l'Esprit. C'est pourquoi Paul peut dire : «tout ce qui n’est pas le fruit d’une conviction est péché» (Romains 14:23). Le problème dépasse la simple désobéissance à une règle écrite, car c’est tout ce qui n'est pas accompli dans la confiance et l'obéissance à Dieu. Le péché ne se limite donc pas à la transgression d'un commandement explicite ; il concerne également l'état du cœur et les motivations profondes de chacun. Sans l'Esprit du Christ, (c’est-à dire : concevoir, croire et agir selon son Esprit), l'homme demeure incapable de satisfaire Dieu et ses exigences.

 

LE PECHE de SIMON PIERRE

 

Un exemple très parlant : Lorsque Simon Pierre refusant que son maître meurt sur la croix dit à Jésus : « À Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela ne t'arrivera pas » (Matthieu 16:22), il ne transgresse aucune loi morale. Au contraire, ses paroles semblent inspirées par l'affection qu’il a pour son Maître et le désir de le préserver de la souffrance.

Pourtant, Jésus lui répond : « Arrière de moi, Satan ! Tu m'es en scandale, car tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes » (Matthieu 16:23). Pierre s'oppose alors, sans le savoir, au dessein de Dieu et à la mission rédemptrice de Jésus-Christ.

Son erreur, son péché ne réside pas alors dans la violation d'un commandement écrit, mais dans une pensée qui n'est pas celle de la volonté de Dieu. Son jugement est influencé par une logique humaine plutôt que par la foi. Ainsi, cet épisode illustre qu'il est possible de pécher sans nécessairement transgresser une loi explicite, lorsque notre cœur, nos pensées ou nos intentions s'écartent de la pensée du Seigneur. Et cela rejoint complètement la définition du péché qui est : de manquer le but.

C'est pourquoi Paul distingue souvent le « péché » comme une puissance agissant dans l'être humain et les « péchés » qui sont des actes commis. La Loi met en lumière les péchés en faisant apparaître les transgressions, tandis que la grâce met en lumière le péché en faisant apparaitre la rédemption par Christ.

Sans Christ : le péché règne sur l'homme.

En Christ : le péché est vaincu, il n’est plus maître de l’homme. Mais sa présence reste encore un combat, car la chair est encore là avec ses péchés. Et elle fait comme avec Jésus de Nazareth, elle exerce une forte tentation. Mais, après notre mort et notre résurrection, les péchés disparaîtront totalement.

LE PECHE DE CAIN

Maintenant je te pose la question suivante : « Quand Caïn dit à Dieu « suis-je le gardien de mon frère et qu’il l’a précédemment tué… Caïn a-t-il péché en transgressant une loi ou a-t-il péché tout simplement ?

Eh bien, dans le cas de Caïn, on peut dire qu'il a péché sans qu'il ait transgressé une loi écrite ou une loi explicitement formulée comme le sera plus tard la Loi de Moïse.

Pourtant avant le meurtre, Dieu l'avertit :

« Si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi ; mais toi, domine sur lui » (Genèse 4:7).

Remarquez bien que Dieu parle déjà du péché comme d'une puissance qui cherche à dominer Caïn avant même qu'il tue Abel. Le problème commence dans son cœur par la jalousie, la colère, et la haine. Ses sentiments n’émergent pas par hasard. C’est le péché qui les excite.

Quand Caïn tue son frère, il commet assurément un péché grave. Mais a-t-il transgressé un commandement explicite du type « Tu ne tueras point » ? Le texte de la Genèse ne mentionne pas encore une telle loi donnée à l'homme.

En fait, le péché est déjà présent dans le cœur de Caïn. La preuve : il savait que son acte était mauvais puisqu'il cherche ensuite à cacher son crime et il ment à Dieu : « Je ne sais pas où il est. Suis-je le gardien de mon frère ? »

Le meurtre est la manifestation extérieure de ce péché.

Mais il n’y a pas transgression d’une loi car pas de limite connue et pas de commandement donné.

On pourrait donc résumer les choses ainsi :

Le meurtre d'Abel montre que le péché était déjà à l'œuvre dans l'homme avant toute loi prononcée par Dieu. Caïn pèche parce que sa nature pécheresse produit et attise la haine et le meurtre. Dans le jardin d’Eden, il n’y a pas d’innocence comme le font croire ceux qui sont favorables aux dispensations. En Eden avant la transgression, le cœur d’Adam était déjà prêt. Le péché ne demandait qu’à se révéler. Le diable est meurtrier dès le départ (Jean 8 :44). Par conséquent la loi ne sert qu’à révéler l’âme pécheresse et la nature de l’être humain.

Aujourd’hui la loi est une loi d’amour : Tu aimeras ton Dieu de toutes tes forces, de toutes tes pensées et de toute ton âme, ainsi que tu aimeras ton prochain comme toi même. Jésus-Christ ne joint à ce commandement aucun écrit, aucun article juridique détaillant une liste de transgressions possibles.

Peut-on alors de nos jours, transgresser la loi d’amour en Christ ? Eh bien oui tout à fait. On le peut.

Car malgré tout, la loi est écrite, mais son encre est invisible puisqu’elle est écrite dans les cœurs. C’est la prophétie du prophète Jérémie qui se réalise. Jérémie 31 :33 : « Mais voici l'alliance que je ferai avec la maison d'Israël, Après ces jours-là, dit l'Eternel: Je mettrai ma loi au dedans d'eux, Je l'écrirai dans leur cœur; Et je serai leur Dieu, Et ils seront mon peuple »

Un rappel toutefois : La maison d’Israël : ce sont tous ses fils justifiés. L’Israël de Dieu fait référence à un peuple dont les fautes sont rachetées. Aujourd’hui la maison d’Israël inclus premièrement des païens convertis.

Maintenant, on pourrait me rétorquer ceci : Oui, mais tu nous disais il y pas si longtemps que la loi n’existe plus en Jésus, que la grâce l’a remplacé ? N’est pas une erreur quand l’épître de Jean stipule que « celui qui hait son frère est un meurtrier » ? N’est-ce pas une nouvelle loi ce verset ?(Et on peut en trouver d’autres du même genre).

Non, il n’y a pas de confusion. Ce que dit Jean n’est pas une loi. Il n’y a pas un catalogue de lois, comme le Lévitique nous le montre; Mais des exemples de faits qui contredisent ce qui est écrit dans le cœur de ceux qui ont reçu Christ.  Haïr son frère est incompatible avec ce que Christ a mis dans le cœur du disciple. Jérémie continue à dire comment est l’alliance que Dieu fera, et il dit  au verset 34: « Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en disant: Connaissez l'Eternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, dit l'Eternel ». C’est au Saint-Esprit de nous renseigner sur nos transgressions et non à un registre juridique de le faire ou à un envoyé de Dieu.

Ne tournons pas en rond en nous posant mille questions sur la loi : « Qu’est-ce que j’ai fait ? Ai-je transgressé cette loi ou pas ? Peut-être celle-ci ou bien celle-là ? ». Je le redis : la foi ce n’est pas la loi. La foi ce n’est pas une loi de plus. (C’est ce que j’ai déjà dis au mois d’août dans « Sommes-nous héritier de la promesse ? »)

 

DIEU : AVOCAT ou JUGE ?

 

Alors, maintenant, se poser la question de la loi, c’est montrer la transgression de la grâce. Tout ce qui fait loi dans notre cœur révèle que la grâce a été transgressée. Pourquoi ? Simplement parce que la loi qui prescrit le bien et le mal a été remplacée par la grâce, une nouvelle forme de justice. Et la justice: c’est comme la grâce, c’est au Saint-Esprit de l’exercer. Et comment l’exerce-t-il ? Eh bien, en Christ, il est notre avocat et non notre juge. Notre avocat, car nous avons déjà été jugé en recevant le Saint-Esprit. Et Christ efface toutes transgressions quand nous les confessons et que nous manifestons une juste repentance. Il ne tient alors pas compte de notre égarement. Pourquoi ? Parce que nous sommes de sa nature et que le péché ne se couche plus à notre porte. Dans les faits, la transgression, comme le péché commis nous procure de la honte et de la tristesse.

David qui était oint de l’Esprit dit dans un psaume : 32 :5 : « Je t'ai fait connaître mon péché, je n'ai pas caché mon iniquité; J'ai dit: J'avouerai mes transgressions à l'Eternel! Et tu as effacé la peine de mon péché. »

A l’inverse de David, Si cet état d’âme de peine face au péché commit n’existe pas, c’est bien que le péché est toujours attaché à notre âme et que nous le servons comme un esclave sert un maitre inique. Si nous en sommes encore là…. alors Dieu reste notre juge. Mais si Christ vit en nous, il est notre avocat. Il plaide pour nous, il nous innocente. Il montre au juge qu’il s’est lui-même chargé de nos offenses et qu’il n’y a plus rien qui nous accuse. Pourquoi ? Car tout péché a été effacé. La fin du verset 34 de Jérémie 33 est sans équivoque à ce sujet :

 « Car je pardonnerai leur iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché ».

Nous accuser aboutirait à l’accuser lui-même. Si vous êtes en Christ pensez à cette plaidoirie où tout accusateur en vous accusant, accuse Dieu lui-même de péché. L’ennemi, le diable, les démons n’ont plus alors aucune possibilité de vous atteindre. A peine la transgression apparait-elle qu’elle est déjà effacée. Alors ne jugez pas votre frère qui a le meilleur avocat. Mais donnez-lui l’occasion de laisser son avocat le disculper en lui montrant son erreur et en lui permettant de se repentir. Que votre privilège et votre liberté en Christ édifient et élèvent plutôt qu’ils ne jugent et ne condamnent. Annoncez ce nouvel Evangile où Dieu est avocat et non juge.

Car la grâce de Dieu est qu’il soit notre avocat. C’est la plus belle des réalités de l’Evangile.

Amen

dimanche 18 octobre 2026

MARANATHA ! (le sens exact)

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Par Eric Ruiz

 

Ce mercredi 14 octobre au matin je me suis réveillé avec un rêve dans la tête. Ce rêve avait pour idée centrale un mot en particulier : Maranatha. Et, je cherchais comment j’allais pouvoir écrire sur ce thème.

Etrange ce rêve n’est-ce pas ? Alors, au réveil j’ai décidé de continuer ce que ce rêve m’inspirait à faire.

Maranatha : provient de  l’araméen des bribes d’une traduction ancienne qui figure encore dans nos Bibles comme Mammon, Abba, Talitah koum, etc...Et Maranatha se trouve uniquement à la fin d’une épître, celle de Paul. 1 Corinthiens 16 :22 ; et en voici le contexte : 

« Si quelqu'un n'aime pas le Seigneur, qu'il soit anathème! Maranatha. ».

Maranatha est traduit par « le Seigneur est venu ou vient Seigneur ! Ou le Seigneur viendra, ou encore : c’est celui qui a ma préférence : Que notre Seigneur vienne !

Certains théologiens pensent que les premiers chrétiens se saluaient ainsi. C’est pourquoi le plus souvent il est présenté sous forme exclamative, comme une prière adressée. Mais Cette forme est importante aussi parce qu’elle montre un cri, plus qu’une simple affirmation, ou un salut.

Une autre chose qui m’est venu à l’esprit : Pourquoi ce mot apparait-il juste après celui d’anathème « Anatema » qui signifie voué à la destruction, maudit, malédiction, séparé du corps de Christ ?

J’employais moi-même autrefois Maranatha comme une louange et une invocation au retour de Christ. C’était comme lui réaffirmer ma fidélité : «Viens nous chercher, viens nous amener dans ton royaume céleste ». Une manière aussi de manifester mon amour pour lui et d’espérer en ses promesses. Mais je n’avais pas perçu le contexte. L’employer en dehors de son contexte n’a pas de sens ; et ce sens c’est : une attente brûlante du retour de Christ et donc…

Invoquer la justice divine se justifie parce que le combat diabolique ou les forces du mal sont devenus irrespirables et suffocantes (pas à 100kms mais là, ici, maintenant).

Anatema Maranatha : destruction et retour de Christ, ces deux mots doivent être mis en relation. Ils doivent être joint ensemble, pourquoi ? Parce qu’à l’évidence c’est à Christ de déclarer qui est anathème, donc qui doit être rejeté et maudit. C’est lui qui revient pour mettre sa lumière sur les ténèbres.

Paul en tous les cas, l’emploie dans ce contexte. Sa lettre ne dénonce personne en particulier. Mais l’apôtre montre le mal qui provoque des divisions dans l’assemblée. Ils montrent ceux qui, parce qu’ils ont l’esprit du monde, sont idolâtres et sont « enflés d’orgueil » (comme il le dit), parce qu’ils se disputent la gloire. Parce qu’ils sont jaloux les uns des autres et cherchent à se faire valoir et à montrer qu’ils sont plus saints ou plus forts que les autres. Un esprit mauvais, et méchant pousse au désordre chez les Corinthiens, à tel point que l’on y trouve de l’impudicité pire que chez les païens. Des relations incestueuses entre mère et fils. Mais le pire c’est que personne ne trouve cela pénible et désolant car on le tolère sans rien dire.

Par conséquent, lorsque Paul écrit que celui qui n’aime pas le Seigneur soit anathème, c’est afin de rappeler que pour ceux qui aiment le péché plus que Dieu, il y a un terrible jugement et que ce jugement va jusqu’à la mort. C’est un avertissement doublé d’une lourde conséquence.

Alors pour en revenir au mot Maranatha, on ne peut expliquer son sens qu’avec celui de la justice et le jugement divin. Paul comme tout apôtre et disciple de Christ aspire à la justice, surtout quand le contexte des frères corinthiens ne montre que divisions, orgueil, idolâtrie et injustice.

Le monde aujourd’hui est imprégné par ce contexte. Sur tous les continents on voit déborder et dégouliner la corruption, les meurtres dus à l’amour de soi et à l’idolâtrie. L’Eglise institution l’est évidemment aussi. Les scandales qui touchent l’Eglise dans son ensemble le prouvent.

A la base c’est l’embourgeoisement spirituel qui en est la première cause. Et là je parle du caractère négatif du bourgeois, c’est-à-dire la jalousie, le cancanage (médire sur son prochain), les ragots (colporter des rumeurs) les mesquineries (les jugements sur les uns et le autres). On se met à critiquer ce que mange l’un, la façon dont s’habille l’autre, l’éducation qu’untel donne à ses enfants, le fait de ne pas chercher à s’élever socialement et on envie celles et ceux qui vivent dans un meilleur confort matériel et qui cherchent à réussir leur vie socialement. Les uns méritent plus d’attention que les autres. Ils le méritent parce qu’ils agissent avec les mêmes codes culturels.

Avec cette tiédeur manifestée, le croyant  justifie son meilleur niveau social comme étant le fruit d’un mérite personnel ; et il en vient à mépriser les plus fragiles, les excluant ou les marginalisant, oubliant ce pourquoi il est assemblé avec les autres. Pour lui, l’Eglise doit le servir. Il en est fier parce qu’elle reflète ce qu’il en attend : une zone de tranquillité morale et sociale bourrée de rituels et de traditions (alors que la foi aboutit à l’inverse : une remise en cause incessante, la repentance des cœurs et le service aux autres).

Paul avec les corinthiens voyait cet embourgeoisement gagner du terrain. Il explique par exemple pourquoi il n’est pas bon de courir après tous les dons spirituels, mais de privilégier surtout celui de l’amour (1 Corinthiens 13). Il insistait sur la prise de parole en assemblée, afin qu’elle se fasse dans le calme et l’ordre et que la femme reste discrète. Il disait pourquoi le fait de manger certains aliments pouvait scandaliser son prochain. Que la liberté du croyant s’arrête là où il n’y a plus édification de l’autre. Or, petit à petit le fossé se creuse entre les nantis et les pauvres de l’Eglise et la souffrance s’installe pour les moins aisés, les plus fragiles et pour ceux qui servent Christ sans cancaner. 

C’est par conséquent, la souffrance des croyants qui pousse à prononcer ce mot : Maranatha. 

Et, Ils ne le font pas machinalement comme on a prie l’habitude de dire « amen » à chaque fin de prière. Ils ne mettent pas ce mot sur le devant de leur chapelle comme une protection divine. Ils ne le chantent non plus à la manière d’une louange passive et contemplative. 

Ils le prononcent comme un appel au secours. Ce n’est pas une acclamation c’est une supplication

« Je t’en supplie Seigneur, viens nous aider, les choses humaines sont devenues ingérables et invivables…il n’y a que toi qui puisse rétablir la vérité et la justice ». Un mot pour tout cela : Maranatha.

J’avais autrefois appris une chanson chrétienne sur Maranatha ; et elle commençait ainsi : « je lève les yeux vers les montagnes d’où me viendra le secours ; le secours me viens de Dieu …». C’est exactement ce sens. Pourtant je le chantais comme une acclamation.

Il faut dire aussi que la suite des paroles prête à confusion. Ce n’est plus le Seigneur qui vient à nous, ce serait nous qui allons à sa maison. Les paroles disent : « … et là où tu es oh prend nous avec toi. Je suis dans la joie quand on me dit allons à la maison du Seigneur, car nos peines sont finies. »

Il y avait aussi mon état intérieur qui n’était pas éprouvé. Je me sentais à l’époque reconnaissant de vivre dans un havre de paix et de vérité. Je m’étais à ma manière embourgeoiser (Jusqu’au jour où Christ est revenu dévoilant l’injustice et le mensonge).

C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité : les croyants persécutés, prononcent ou chantent Maranatha parce qu’ils invoquent de manière urgente la justice et le jugement divin sur leur vie ; Ils ont soif d’une libération. Ils prient pour qu’un libérateur ôte leur souffrance face à une injustice permanente et étouffante.

L’apôtre Paul donne une très bonne définition du mot Maranatha ; c’est au verset 5 du quatrième chapitre de cette épitre aux Corinthiens. Il écrit : « C'est pourquoi ne jugez de rien avant le temps, jusqu'à ce que vienne le Seigneur, qui mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres, et qui manifestera les desseins des cœurs. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui sera due. ».

Maranatha s’exprime ainsi : « viens juger Seigneur, viens mettre en lumière ce qui est resté caché dans les ténèbres et manifeste les bons comme les mauvais projets des cœurs ». Le but de Maranatha c’est aussi que chacun reçoivent la récompense de sa consécration ou le châtiment lié à sa trahison. 

Comme il va s’en dire aussi : pour ceux qui aurons agit caché dans les ténèbres, cette louange sera plutôt un anathème, une répudiation.

Maintenant de façon historique, ce jugement n’est pas nouveau. Il est même présent dés les premières lignes du livre de la Genèse. Genèse 1 :2 : » il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. ». Voyez-vous, les mauvais projets des cœurs se manifestaient et l’Esprit de Dieu attendait pour agir. Et au verset 4, Dieu agit. Comment ? Verset 4 : » Dieu vit que la lumière était bonne; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. ».

Pour les premiers chrétiens qui vivaient dans un contexte ténébreux de persécution et d’oppression. Les sources historiques rappellent que Maranatha était un cri d’espérance pour ceux qui souffraient. Le retour du Seigneur, c’est alors la lumière qui met fin à l’injustice et dévoile la vérité des cœurs. Dieu vient séparer l’anathème et récompense les vrais adorateurs.

Alors Maranatha, de la Genèse à l’épître aux Corinthiens nous rappelle un fait perpétuel : Il est venu, il vient et il viendra car il y a toujours un temps (que le Père seul connait) pour revenir juger les traitres, dévoiler les faux frères et les punir… mais aussi, durant ce même temps pour délivrer un peuple captif de l’injustice causée par ces mêmes traitres. Un peuple qui sera délivré de l’oppression, qui sera éloigné des méchants pour ne pas subir leur sort.

En écrivant cela je ne peux m’empêcher de penser à mes frères et sœurs de la République Démocratique du Congo, qui subissent de terribles oppressions. Les églises là-bas sont dirigées par des monstres embourgeoisés, des Léviathan, qui brulent tous ceux qui ne leur obéissent pas. Ils sont semblables à la guerre qui s’y passe. Ils sont à l’origine de la guerre dans les assemblées. Maranatha pour ce peuple opprimé !

Alors, si toi aussi tu connais l’oppression, l’injustice, l’opprobre liées à de nombreux méfaits dans ton assemblée, dans ta famille. Priez Maranatha n’est pas hors de sens, bien au contraire.

De tous temps, la persécution et l’injustice ont ébranlé nos frères et sœurs. Alors le fait d’être directement concerné : ce n’est pas un hasard. C’est un passage obligé pour tout disciple de Christ ;

Maranatha est déclamé par le corps de Christ quel qu’en soit l’époque ou le lieu.

Un témoin de plus : c’est le livre de l’Apocalypse. Il se termine par cette supplication (par ce Maranatha). 

Apocalypse 22 :10 : « Que celui qui est injuste, soit injuste encore; et que celui qui est souillé se souille encore; et que celui qui est juste, soit plus juste encore; et que celui qui est saint, soit sanctifié encore.12Or voici, je viens bientôt; et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon son œuvre verset 22 Celui qui rend témoignage de ces choses, dit : Certainement je viens bientôt, Amen! Oui, Seigneur Jésus, viens!

Cette prière avec les mots à répétition « encore et encore », montre qu’il est plus que nécessaire que l’escalade du mal comme celle du bien progresse. Que la sainteté comme la souillure arrive à son comble. Car, arrivé à un point, à un summum, Maranatha devient une réalité. Dieu a de tout temps prévu qu’arrivé à un certain stade de consécration ou de souillure et de corruption, il interviendra avec puissance pour juger. Et c’est son peuple qui est jugé premièrement. Ensuite ce sont les autres.

Alors que tous les concernés crient haut et fort Maranatha !

Amen

dimanche 11 octobre 2026

LE VRAI COURAGE DU DISCIPLE

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Par Eric Ruiz

DU COURAGE POUR EVITER DE SE BATTRE


En quoi un partisan de la non violence doit-il avoir du courage ?


Il semble y avoir une contradiction dans le fait qu’un disciple de Jésus-Christ doit avoir du courage alors qu’il affronte un combat sans se battre physiquement. Pour Jésus, dès qu’il se sentait en danger, il quittait précipitamment les lieux. Alors pourquoi doit-on avoir du courage ?

Lorsqu’une personne est victime de maltraitance, la première réaction de son entourage est de lui demander pourquoi elle n’a pas réagi en se débattant, en criant au secours, bref en montrant fermement son objection à se soumettre en tant que victime. La conséquence est  terrible pour la victime : par son inaction, elle se sent coupable. Coupable d’avoir manquée de courage. Coupable de s’être laissée faire. La victime reçoit alors une double condamnation : celle émise par le maltraitant qui l’a déshonorée et celle qui est émise par les reproches de son entourage. C’est pourquoi autant de victimes tombent dans le découragement et même dans l’effondrement. Elles sont accablées par la culpabilité.

Ce type de réaction, c’est évidement celle que l’on reproche aux chrétiens en général. « Ce n’est pas un peuple de guerriers. Ils sont passifs lorsqu’on les agresse. Ils ne réagissent pas à la violence par la violence. Ils devraient pourtant se battre pour protéger leurs acquis et ce qu’ils ont de plus cher ».

Prenez d’autres religions dites monothéistes, tel l’islam. Le prophète Mahomet est vénéré comme un chef militaire particulièrement courageux et inébranlable. Ses combats, (un Jihad agressif) épée à la main sont indissociables de sa réussite politique et historique. La tradition islamique atteste unanimement de son sang-froid et de sa bravoure au combat. Même blessé au visage, il continue à rassembler ses troupes en criant son nom.

Pour les juifs, il en de même. Le Judaïsme se réfère aux combats que Moïse puis Josué ont dû mener pour faire entrer les Hébreux en terre promise en s’opposant à des adversaires violents comme ce fut le cas avec les Cananéens.

Dans Deutéronome 31 : 6, Moïse prophétise sur les Hébreux ainsi :  « Fortifiez-vous et prenez courage; ne craignez point, et ne soyez point effrayés devant eux; car c'est l'Éternel ton Dieu qui marche avec toi; il ne te laissera point, et ne t'abandonnera point. ». L’ennemi est identifié comme un peuple belligérant qui entrera forcément en guerre contre les Hébreux. Mais l’issu du combat sera la victoire, car c’est Dieu qui combattra avec son peuple : les Hébreux.

LA MISSION A CHANGE

Ici la forme du courage n’est pas la même que pour le fils de Dieu, Jésus-Christ sur terre.

Et cette différence est très (très) importante. La mission a changé.

Ce n’est pas une simple anecdote quand Jésus interdit formellement à Simon Pierre de prendre le glaive. Il ne veut pas de violence pour le défendre alors qu’on vient le livrer pour le mettre à mort. Et lorsque l’oreille du soldat est coupée, Jésus fait un miracle pour le lui remettre.

Autrefois, il fallait se protéger spirituellement mais aussi physiquement pour s’approprier la terre légitime qui appartient au peuple élu.

Or, avec Jésus-Christ, la mission est totalement différente. Il ne s’agit plus de se défendre avec les armes à la main, ni de prendre ou reprendre une terre ou des biens… mais  de construire un temple, un temple intérieur.

Le royaume de Dieu est en vous. La version Martin de Luc 17 :20-21 dit : « le Règne de Dieu ne viendra point avec apparence. 21Et on ne dira point : voici, il est ici; ou voilà, il est là; car voici, le Règne de Dieu est au-dedans de vous.».

En changeant de mission, le combat n’est plus intérieur et extérieur mais il n’est qu’intérieur. Le temple à construire n’est pas un temple de pierre à placer dans un lieu saint. Ce n’est pas une édification visible de l’extérieur. L’Eglise n’est pas un lieu de culte visible et officialisée ; c’est un rassemblement d’âmes dont les cœurs sont purifiés par le Saint-Esprit. Et les attaques ne sont pas visibles elles-aussi, puisqu’il s’agit alors de lutter contre un ennemi spirituel. L’ennemi corporel n’est qu’une façade.

La lettre aux Ephésiens est claire sur l’ennemi à combattre : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu….Car nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes » ; Les armes que Paul propose ne sont que des armes spirituelles. Par exemple, il parle de l’épée de l’Esprit qui est la parole de Dieu, ou par-dessus tout du bouclier de la foi, afin « d’éteindre tous les traits enflammés du malin ».

Donc, j’insiste bien sur un élément fondamental : il n’y a plus rien à conquérir, plus de terre sainte, plus de lieux consacrés, à protéger plus de place forte. Il n’y a plus de Temple ou de Jérusalem à défendre non plus. Tout ce qui est visible n’est pas le règne de Dieu ; Le règne de Dieu est invisible, parce qu’il est intérieur ; Il se manifeste par une puissance spirituelle : C’est le temple intérieur du croyant.

TROIS FORMES DE COURAGE DU DISCIPLE

Alors, lorsque nous prions pour avoir du courage dans l’épreuve, quel sens ce courage a-t-il pour un disciple ?

Il y a trois grandes formes de courage pour un disciple

1-Le premier courage c’est celui d’accomplir sa mission.

Quand Jésus quitte le temple de Nazareth précipitamment, ce n’est pas évidemment un manque de courage, c’est pour éviter que sa mission s’achève là. Il fuit ne fuit pas sa mission, il fuit par mission. Son heure n’est pas encore venue. S’il reste, il compromet sa mission, s’il fuit, il l’a protège.  Le croyant alors qui manque de courage, sera celui qui refuse de passer pour un lâche ou un peureux. Il préfèrera se battre en menaçant son adversaire ou à coup de versets bibliques pour le convaincre plutôt que de partir afin d’éviter les polémiques stériles. D’une manière générale, manquer de courage, c’est refuser d’être passif face à l’adversité. Jésus ne combattait pas en polémiquant ou en agressant verbalement, mais il ne combattait pas non plus l’opposant romain. « Rendez à césar ce qui est à César ». L’attitude de foi choque ceux qui voient dans l’action, la réaction ou la révolte une qualité de caractère. Alors, « je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre» ; cette réplique de Jésus choque même les juifs qui y voient une grande faiblesse plutôt qu’un acte courageux.

Ce courage là consiste à supporter l’humiliation faite par les critiques, les insultes ou les moqueries. Lorsque qu’un problème survient, l’homme ou la femme de foi ne réagit pas forcément. Elle répond selon ce que l’esprit lui inspire. Elle prie et fait confiance à Dieu pour que les évènements tournent autrement. Un disciple de Christ passe alors pour un être passif, fataliste, résigné, et faible. Il est à l’opposé de ce qu’enseigne la sagesse humaine de répondre coup par coup face à l’injustice. Or, c’est courageux d’accomplir sa mission en Christ. Elle vous fait agir à l’opposé de ce que ferai la justice du monde et la justice de l’homme religieux. Parce que cette justice-là cherche des résultats rationnels rapides et spectaculaires.

 

2-Maintenant passons au deuxième courage : celui de ne pas faire obstacle à Christ.

Mais avant précisons encore une chose : Accomplir sa mission en Christ c’est aussi, ce que rappelle Paul dans la lettre aux Romains comme Simon Pierre dans sa première épitre : Tous deux l'affirment: ne pas rendre le mal pour le mal. C’est au contraire rendre le bien pour le mal. Jésus ne vient pas détruire le mal en faisant le mal, mais il détruit le mal en faisant le bien. Lorsque qu’une femme a péché par adultère, Jésus ne vient pas confirmer le jugement de lapidation comme le dit la loi de Moïse, il vient lui donner l’occasion de changer. Or, le manque de courage c’est de revenir à la loi en bannissant la grâce. Exercer la grâce c’est manifester du courage !

Quand l’ennemi nous attaque, c’est Christ qui répond. Mais notre vielle nature cherche à répondre avant lui. Et c’est là que nos armes spirituelles sont visibles. Ce qui nous protège du mal, c’est le bouclier de la foi. Or, si notre foi est en mauvais état, elle ne nous protège pas.

Toute les fois que nous avons fait des compromis avec le mal, ou toutes les fois que nous avons vu le doute comme un manque de foi, ou encore à chaque fois que nous avons tourné la tête parce que le mal qui venait frapper à notre porte venait montrer notre mensonge, (et que nous y avons vu seulement celui de l’autre), à toutes ces occasions de nous remettre en question, nous avons fait obstacle non pas à l’ennemi mais à Christ. Toutes ces fois où c’est notre autosuffisance, notre manque d’humilité, nos fausses convictions, ou nos peurs qui ont ouvert la porte à l’ennemi, nous avons fait obstacle à Christ.

L’ennemi en fait, ne vient que pour une mission : Constater si notre temple se construit avec les bons matériaux.  S’il les matériaux sont mauvais, inévitablement, notre bouclier sera sans effet.

En réalité, nous aurons peur de l’autre, de ses réactions, de ses décisions. Ou bien nous aurons peur d’une maladie, d’une catastrophe et de ses conséquences douloureuses ou fatales.

 Mais attention, ce manque de courage, ce n’est pas une condamnation pour autant. C’est une manière de nous dire : change tes matériaux de construction. Construit avec la foi, le seul matériau indestructible. En laissant le mal nous déstabiliser, Dieu ne vient pas se moquer de nous et nous rabaisser. Au contraire, il vient nous aider à finir ce que nous avons commencé avec lui.

3-Mais pour finir notre construction, nous devons avoir le courage d’affronter notre propre croix : c’est notre troisième courage.

Qu’est ce que cette forme de courage peut bien être ?

C’est ni plus ni moins que d’affronter la souffrance, l’abandon ou la mort. Ce courage-là c’est celui qui a le plus fort coût. Car la tentation de perdre sa foi est au plus haut. C’est la tentation mais aussi le courage de Gethsémani. Et c’est celui qui rend notre foi la plus forte. Mais avant d’avoir ce courage, nous devons passer obligatoirement par les deux premières formes de courage : la première, je le répète, celui d’accomplir sa mission, en supportant l’humiliation causée par l’opprobre, la critique, ou les injures. Deuxièmement le courage de ne pas faire obstacle à Christ, en refusant de se remettre en question. Car refuser de changer c’est mentir en simulant le bien (incapable de le faire). Après il sera temps d’affronter le troisième étage : Notre propre croix.

Affronter sa propre croix passe par le fait de s’accepter agneau immolé et non de l’admirer et de ne le voir qu’en Jésus-Christ. Cela demande du courage que de prendre le caractère de l’agneau mis à mort. Nous devons méditer sur ce que signifie « agneau mis à mort ». C’est tout un patchwork de sacrifices à vivre.

Pour conclure: Notre édification repose sur ces trois formes principales de courage. Elles ne viennent pas avec la même temporalité et la même tentation pour chacun. Mais, c’est la même foi qui nous rend vainqueur.

Pour certains, ils perdront beaucoup de temps à accomplir leur mission. Sans cesse ils succomberont à la tentation ; celle de recourir à leur nature charnelle, en s’offusquant violemment, et en élaborant une vengeance. Cette tentation sera toujours là, pour les freiner dans leur marche. Leur mission sera toujours entachée par le rejet systématique de l’image du faible et de l’inactif. Ils chercheront mille moyens de montrer qu’ils sont plus forts en Jésus-Christ et qu’ils sont toujours très actifs pour lui. Pour d’autres, ils feront obstacle à Christ en succombant au mensonge, en dissimulant leurs actes mauvais. Dans ces deux premiers cas, le diable montre toujours qu’ils n’ont pas vaincu leur tentation comme la convoitise ou l’orgueil ou l’idolâtrie. Ils ne peuvent alors avoir le courage d’affronter leur propre croix. Dès qu’une grande épreuve les touche, ils perdent courage : ils s’effondrent et cherchent mille détours pour voiler leur déconvenue.

Gagnons du temps, en reconnaissant nos erreurs ; en ne simulant rien ; en cherchant le bien et l’avantage de notre prochain au lieu du notre. Ce courage là est bien meilleur que celui de prendre les armes de la guerre pour se glorifier.

 

Finissons par l’Évangile de Jean 16 :33 : « Voici, l'heure vient, et elle est déjà venue, où vous serez dispersés chacun de son côté, et où vous me laisserez seul; mais je ne suis pas seul, car le Père est avec moi. 33Je vous ai dit ces choses, afin que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j'ai vaincu le monde. » 

Jésus les avertit  comme il nous averti aussi que lorsqu’il ne sera plus avec nous, nous aurons la paix en Christ ; même pendant les épreuves nous devons prendre courage  en accomplissant notre mission, en ne mettant aucun obstacle entre nous et lui et nous devons porter notre croix.  Ce courage sert à nous édifier intérieurement. Ce courage sert à vaincre toute tentation pour accomplir l’œuvre de Christ qui est l’agneau. Et l’issu est déjà accomplie. Christ a vaincu le monde. Une manière de dire : restez en moi et vous ferez de même : vous vaincrez le monde (mais seulement avec moi).

Amen

dimanche 27 septembre 2026

LES MONSTRES "DU TEMPS DE NOE" quelle réalité aujourd’hui ?

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Par Eric Ruiz

Jusqu’où est capable d’aller l’être humain pour servir ses propres intérêts ? A-t-il des limites ? Où se trouve le point culminant de son mépris et de son arrogance ? Je pose ces questions parce que notre monde semble enseveli sous d’immenses ténèbres.


Quand Jésus appelé (fils de l’homme) dans le récit de Luc, prophétise en disant : « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'homme.» Que voulait dire Jésus en citant « du temps de Noé » ?

Et… sommes-nous arrivés aux jours du fils de l’homme ?

 

Il faut le dire et le redire, mais toutes les générations après celle de Jésus de Nazareth ont connu ce temps. Notre époque marque un phénomène plus grand et plus frappant parce que tout est mondialisé ; et aussi parce que chacun avec son petit Smartphone est informé du tremblement de terre qui se passe à l’autre bout du monde. Et que constate-t-il ? 

Que les souffrances dues aux dérèglements climatiques sont près de chez lui comme à 6000 kilomètres sur un autre continent. Que les affaires de corruption éclatent partout aux 4 coins de la planète ; que les crimes au nom d’un Dieu sectaire éclatent du nord au sud. Que l’appât du gain est aussi important pour les riches que pour les pauvres et qu’il est la principale cause des troubles et du chaos.

La similitude du déluge avec ce que nous connaissons aujourd’hui est frappante. Le déluge comme les fléaux actuels touchent tous deux la terre entière. L’eau immergea tous les continents. Aujourd’hui, les catastrophes comme les grandes crises touchent en même temps tous les continents. Il n’y a pas un lieu qui y échappe. Pas un pays ou une ville qu’on appellerait « terre sanctifiée ». On dirait les 10 plaies d’Egypte s’abattant sur le monde.

Le texte des Évangiles de Matthieu 24 et celui de Luc 17 nous dit que « Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, » comme pour nous dire que rien n’avaient en apparence changé dans les mœurs et que les moments de réjouissance étaient encore présents. Le texte de Luc insiste sur un temps « Ce qui arriva du temps de Lot arrivera pareillement. Les hommes mangeaient, buvaient, achetaient, vendaient, plantaient, bâtissaient; » Rien en apparence pouvait alerter d’un désastre. Pourtant il s’agit bien de destruction. Avec Noé les hommes sont détruits entièrement à part Noé et sa famille. Pour Sodome c’est Lot, le frère d’Abraham et sa famille qui est préservé. Dieu ne provoquera pas un autre déluge. Mais c’est une constante : à chaque grande catastrophe Dieu sauve une petite, voire une infime portion des hommes.

 Aujourd’hui, il ne s’agit pas de se cacher

-derrière une religion plus forte qu’une autre,

-derrière une Eglise ou un prophète plus inspiré qu’un autre,

-derrière une coutume mieux respectée qu’une autre ou encore

-derrière des signes de bénédictions plus impressionnants que les autres.

Il s’agit de savoir si nous sommes comme la grande majorité dans le déni de réalité (se protéger inconsciemment en refusant la réalité des faits) ou dans l’insouciance de l’avenir (vivre sans tenir compte de la réalité, en se croyant au-dessus du lot) ou dans une peur qui ne nous renvoie qu’à nous-mêmes (une peur qui pousse à ne s’occuper que de soi).

Le christianisme  quant à lui, vante ses bienfaits. Il les étale comme un marchand le fait sur la place du marché. Sa foi, c’est sa marchandise. « Nous sommes bénis. Nous avons de quoi nous réjouir, nous avons de quoi boire, acheter, vendre, planter, bâtir ». Combien arborent leur bénédictions mais restent dédaigneux et sans compassion devant une épreuve touchant un « frère » qu’il considère comme peu intéressant ou pas assez pratiquant comme eux le sont.

Or, l’Eglise de Christ est absente des bonnes adresses et des grands medias. Pour cause, elle est ridiculisée, méprisée et oubliée. Sa présence ressemble à Noé et sa famille sur terre. Un grain de sable sur une plage (voilà ce qu’elle est).

Je n’exagère pas. Ce que la Bible nomme « les méchants », ne sont pas en minorité. Eux, ce sont les êtres les plus nombreux sur la terre.

La Bible parle de géants, de ces héros qui ont provoqués le déluge.

Genèse 6 :4-5 : « Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants: ce sont ces héros qui furent fameux dans l'antiquité.5L'Eternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal. »

Quant au livre de Job, il évoque 2 monstres : le Léviathan et le Béhémoth. Qui se voient comme ces monstres ? Personne bien-sûr.

Et pourtant le Léviathan qui est un dragon, dans les faits, il impressionne, paralyse et attire à la fois.

Mais notre siècle nous endort avec ses fables.  Le cinéma avec les médias est le lieu numéro 1 de la construction de fables. Dans de très nombreux films, le gentil héros combat les méchants cruels et destructeurs. Mais les scénaristes n’ont-ils pas transformés le mal en bien ? On ne compte plus les genres de films où le héros ressemble à bien des points à un être exceptionnel qui s’impose aux autres par la force comme par sa ruse ou parce qu’il possède un talent particulier. Un héros qui ne se fait pas marcher sur les pieds. Ce héros décide lui seul de son destin et il se sort de toutes les situations délicates la tète haute pour bien montrer sa grande maitrise des évènements. Ce héros est impressionnant d’assurance. Il est invincible. Rien ne l’ébranle. Pour se faire respecter il sort son arme comme le dragon crache du feu pour éloigner ses opposants. Il est si fort qu’il n’a pas besoin de Dieu. Il se comporte comme un dieu.

Pour ne prendre que les westerns au cinéma. Ils ont réussis à nous faire passer le cowboy pour un gentil héros, menacé par les méchants indiens sauvages, incultes et cruels. Or dans les faits, les colonisateurs violents, des siècles passés ont débarqués en Amérique en usant eux de mille violences auprès des autochtones (les tribus indiennes d’Amériques). Ils les ont obligés à servir le dieu chrétien. Ils pensaient certes faire le bien. Mais n’ont-ils pas transformés le mal en bien ? En massacrant les rebelles, qui s’opposaient à eux (eux qui voulaient garder leur terre et leur tradition)…. Ces colonisateurs, n’étaient rien d’autres que des géants, ils écartaient et piétinaient tout sur leur passage.  Par la force militaire, l’esclavagisme, des massacres ciblés, des migrations forcées, et les épidémies importées d’Europe : ils ont agi comme des monstres. Le gentil héros a toujours de bonnes raison d’imposer ses bonnes idées (le progrès, la technologie, la science, la religion). Et le gentil héros cache ses mauvaises intentions. Elles ne se voient pas au départ.

Or, les vraies natures finissent toujours par apparaitre. Et là de nos jours, des natures monstrueuses, il y en a à l’appel. Les monstres ce ne sont pas que dans des films ou dans des récits issus de la mythologie pour effrayer les enfants.

Dans le livre de Job au chapitre 40, Dieu prends la parole et d’une manière implicite il dit que seul l’homme discute et conteste avec lui. Dans Job 40:1–2, Dieu dit :

« Celui qui conteste avec le Tout‑Puissant va‑t‑il instruire Dieu ? »

Le ton donné n’est pas à l’accusation ni à la morale mais bien à l’ironie ou à une mise en scène comique pour que Job réagisse et réalise la folie de discuter les choses de Dieu.

Le Béhémoth et le Léviathan sont pris alors en exemple. Ce sont deux immense animaux invincibles, qui n’ont pas de prédateurs et pourtant ils sont soumis à leur créateur. Leur descriptif devrait être un enseignement pour l’homme : Dieu semble dire à Job «  Regarde ces bêtes titanesques invincibles et indomptables. Elles peuvent tout renverser sur terre et dans les mers. Pourtant elles ne discutent pas avec moi. Et Toi petite créature fragile tu le fais ! »

Dieu souhaite faire comprendre à Job que le Léviathan comme le Béhémoth ont des caractéristiques qui poussent l’homme à les imiter pour rivaliser avec lui.

Voilà ces traits de caractères que l’homme imite :

Entêté, qui refusent de passer en second, qui veut décider seul, qui n’accepte pas la contradiction. Qui veut tout contrôler et donc, qui ne fait confiance qu’à très peu de gens (voire même à aucun). Et qui est par contre, lui, incontrôlable, car lui-même ne connait pas sa limite. Il s’emporte facilement, par des excès de colère et il prend son autorité pour sa plus grande qualité. Cette autorité confirme qu’il est fort et rempli d’assurance. Il est incontrôlable et vouloir le résonner est une cause perdue. Parce qu’il est déterminé. Ce qu’il a décidé d’atteindre est son seul souci. Ceux qui se mettent en travers de son chemin sont éliminés par toute sorte de moyens.

Ce type de caractère c’est le Léviathan. Pas un monstre imaginaire, simplement un caractère, qui poussé à l’extrême devient tyrannique et sanguinaire. Le caractère que je viens de décrire parait humain et il se reconnait hélas dans beaucoup de personnes et parmi la figure de héros de cinéma. Au final, ce caractère correspond aussi à celui d’hommes politiques tels que Hitler, ce chancelier allemand responsable du génocide juif lors de la seconde guerre mondiale. Ce caractère c’est aussi celui de Joseph Staline qui fit exécuter ses opposants russes dans des camps de travail (les fameux goulags).

 Mais, passons à l’autre monstre terrestre qui est décrit dans le livre de Job :

C’est celui du Béhémoth.

Il ressemble à un immense hippopotame.

Il est comme le Léviathan. Il écrase tout sur son passage et rien ne lui résiste. Mais son caractère est très intéressant car il possède d’autres subtilités. Il n’est pas agressif. Il ne crache pas du feu. C’est un herbivore, il paît tranquillement au milieu des fleuves. Pourtant, rien ne peut l'ébranler. Sa force est tranquille. Il semble privé d’énergie car il se déplace lentement. Mais c’est sa manière d’imposer son autorité sans intimidation, simplement par sa légitimité. Il ne fait pas de vague, ne hurle pas, mais n’est pas moins déterminé. Il est intransigeant et redouté. Ce caractère correspond à deux personnalités politiques bien connues : celles du général de Gaulle par exemple, ou celle de Winston Churchill : deux chefs d’Etat invulnérables face aux crises et à la guerre et qui impressionnent leur entourage du moment (mais qui sont encore admirés de nos jours).  

En fait ces deux géants, ces deux animaux (le Léviathan et le Béhémoth) Dieu en prend exemple car ils sont inconsciemment des miroirs pour les humains qui rêvent de gloire.

Or, c’est indéniable personne ne peut ressembler complètement à ces deux immenses animaux que sont le Léviathan et le Béhémoth. La marche est beaucoup trop haute. Mais Satan à penser à une chose que ces immenses bêtes n’ont pas, mais que l’homme possède : le mensonge, la tromperie. L’homme veut fait croire à son invulnérabilité. Alors penses-tu encore que ces géants sont des exceptions ?

Qui n’a pas eu un directeur, ou un chef, un père ou un ministre, un maire ou encore (et c’est bien triste) un pasteur, un conducteur chrétien qui manifeste cette tendance à la gloire et que personne ne peut maitriser? Les démons agitent ces personnes qui possèdent ce caractère.

De nos jours, les démons sont à l’œuvre pour que nos dirigeants aient ce caractère exacerbé pour qu’ils deviennent eux aussi des monstres. Un géant écrase les autres pour avancer. Spirituellement c’est ce que font les arrivistes.

Et ne croyez pas qu’il existe des endroits ou les monstres restent dehors. Il n’existe pas de lieu sanctuarisé. Les églises comme les écoles, les médecins, les hôpitaux, comme les ministères ou les organismes bienfaiteurs ne sont pas épargnés. Les démons sont là où on ne les attend pas. C’est satan déguisé en ange de lumière. Ils agissent vite car leur temps est compté. Ils doivent frapper vite et fort. Par conséquent ils s’introduisent en premier dans ces personnes faibles (oui faibles car elles se croient fortes et invulnérables). Et c’est en premier ceux qui dirigent les assemblées chrétiennes.

Luc 17 :25 « Mais il faut auparavant qu'il souffre beaucoup,(le fils de l’homme) et qu'il soit rejeté par cette génération. ». Cette génération c’est aussi la nôtre qui ressemble tellement à celle de Noé avec tous ces géants, ces monstres sur terre

Alors ce jour du fils de l’homme qui est-il ?

Le fils de l’homme est ce disciple ayant le caractère de l’agneau qui ne fait qu’un avec Christ.  N’oublions pas que Christ est venu pour un jugement et ce jugement c’est comme avec Sodome. Les monstres doivent se dévoiler et montrer leur identité pas seulement en montrant leur mauvais caractère, mais surtout en mettant leur plan à exécution.

Au temps de la fournaise, les monstres qui servent leurs propres intérêts sont en première ligne. Tout brûle et les incendiaires sont dévoilés. Mais aussi ceux qui ont payés des incendiaires pour récupérer des terres à exploiter ; Ceux qui ont permis que des constructions se fassent dans des endroits dangereux, mais aussi ceux qui ne se soucient pas des incendiés, des sinistrés et qui les laissent dans leur misère en leur laissant croire qu’ils ont vocation de leur venir en aide. Ils s’affichent à côté des victimes dévoilant le mensonge puisqu’ils se glorifient de ce qu’ils n’ont pas fait. Et puis il y a ceux qui ont agi comme des anges en  aidant au plus près les victimes, ou en les sortant du feu comme aussi les miraculés ceux qui ont échappé au sinistre alors qu’ils auraient dû tout perdre comme les autres. Ces miraculés, ces anges se sont ces êtres que Dieu met à part comme Noé et Lot et leur famille. Ils échappent au désastre selon la volonté de Dieu.

Aujourd’hui, il n’est plus temps de se dire. Bon, je verrai quand cela deviendra terrible pour moi. Pensez ainsi, c’est se donner du temps alors qu’il n’y en a plus. Si tu as des tendances à vouloir diriger ta vie, à écarter tout ce qui nuit à tes projets. Ne conteste pas avec Dieu. Ne deviens pas un monstre, un géant un Léviathan ou un Béhémoth. Il est temps pour toi de te repentir et de convertir ce caractère suffisant. Car la foudre qui a frappée Sodome ne frappe pas au hasard.

Amen