dimanche 15 mars 2026

LE SANG DE LA VERITE

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Par Eric Ruiz

 On place souvent la vérité au sommet de nos valeurs, comme l’une des plus grandes beautés de ce monde.

La vérité est belle, et sa quête est élogieuse. Ceux qui la révèlent passent souvent pour des héros. Les scénaristes de cinéma sont friands d’enquêtes policières rondement menées, dévoilant tout le stratagème d’un crime insoupçonné. Les poètes, comme les chrétiens, aiment en parler comme d’un ornement : « La beauté et la vérité se rejoignent toujours, comme deux faces d’une même lumière. » La vérité rime avec entière, sans compromis, pure, sainte, authentique…

Tout cela est vrai. Mais n’est-ce pas seulement une partie du miroir ? Car l’autre face de la vérité est aussi celle qui révèle le mal, et en ce sens elle se couvre de sang. Montrer la vérité, c’est dévoiler les mensonges et tous les actes sanguinaires, meurtriers, cachés derrière des individus qui avaient une apparence angélique, sainte ou bien attentionnée.

La vérité est scandaleuse.

Jésus-Christ crucifié — sa mise à mort puis sa résurrection — dévoile la vérité sur le péché comme sur ses bourreaux : trois stratégies du mal.

1.     Judas Iscariote : un disciple jaloux, lâche et traître.

2.     Des chefs religieux juifs arrogants, animés par une vengeance folle.

3.     Un gouverneur romain, Ponce Pilate, qui se lave les mains d’un sang innocent.

La trahison, la vengeance et l’indifférence : ce sont les trois piliers du monde que la vérité de la Croix a mis à nu.

De nos jours, la vérité paraît ignoble parce qu’elle met en lumière un monde corrompu. Elle dévoile des êtres fourbes et violents : des pédophiles, des traîtres, des extrémistes, des assassins, des êtres abominables sans scrupules.

Nous ne pouvons aimer la vérité et le monde en même temps. Nous choisissons toujours l’un ou l’autre. C’est une question de « marque de la bête ». Si nous choisissons le monde, nous choisissons la marque de la bête ; si nous choisissons la vérité, nous choisissons Jésus-Christ.

Il y a de quoi avoir peur.

Le livre de l’Apocalypse est le livre de la révélation. Ce livre a donc pour vocation de montrer la vérité. Il révèle d’un côté qui est l’agneau, mais aussi qui est la bête, et qui sont ceux qui portent sa marque. Les premiers visés sont des êtres très pieux, ceux-là mêmes qui aiment conquérir et briller devant les autres.

Or, la quête de la vérité n’existe pas avec Dieu : elle ne se conquiert pas. Il n’est pas question de nous donner des indices pour que nous partions en croisade. De même, nous n’avons pas besoin de préparer notre défense face aux accusateurs.

« Quand on vous mènera devant les synagogues, les magistrats et les autorités, ne vous inquiétez pas de la manière dont vous vous défendrez ni de ce que vous direz ; car le Saint-Esprit vous enseignera à l’heure même ce qu’il faudra dire. »
(Luc 12:11-12)

La vérité sortira au moment voulu par le Saint-Esprit.

Relisez le sixième chapitre de l’Apocalypse : c’est l’Agneau qui brise les sceaux et nous montre une vérité effroyable à travers quatre cavaliers.

-Un cavalier blanc qui part au combat pour convertir et qui se croit vainqueur avant même de combattre ;
-un cavalier rouge qui sème la zizanie et la haine et enlève la paix de la terre pour que les hommes s’égorgent ;
-un cavalier noir comme les ténèbres, qui fausse la justice avec deux poids, deux mesures, bourré de conflits d’intérêts ;
un cavalier verdâtre qui porte la couleur de la mort, car il tue par tous les moyens.

Bref, quatre combattants sous l'étendard de la foi animés d’une intention de plus en plus cruelle et criminelle.

·        La vérité : c’est que la course à la sainteté est sanglante et abominable.

Mais même cachée, cette vérité reviendra toujours à la surface, car l’agneau, possède le caractère divin et il tranche complètement avec le caractère religieux borné et méchant qui cachait ses intentions les plus vils jusqu’à là ;  et qui va se trahir en se faisant remarquer. Sa couleur le distingue. La vérité saute aux yeux, même.  Donc ce qui est véritable, se dévoile dans les combats et c’est lui, Dieu qui se charge d’y mettre la lumière. Il met sous nos yeux une réalité choquante. Les Ecritures saintes prennent un relief nouveau. Les emblèmes religieux qu’ils soient chrétiens, juifs, ou musulman, se couvrent de honte et de sang. De quel sang ? Du sang innocent. Et c’est ainsi que pour libérer un peuple de son oppresseur (souvent une minorité) on extermine une grande majorité de personnes. C’est se qui se passe sous nos yeux en 2026 en Israël, en Iran ou au Liban et bien sûr dans plusieurs pays africains. On massacre, on  assassine au nom de la vraie foi, de la sacro-sainte liberté (la démocratie) et de la vengeance.

Les enjeux sont cachés. Les motifs sont mensongers. La convoitise demeure toujours la même : « la richesse » Mammon. Cela n’a jamais changé, c’est l’ADN humain.

L’autre ADN c’est la vengeance. Le peuple saint veut venger la mort d’Abel. C’est un peuple qui se cherche des Caïn. Et la loi de la vengeance démultiplie les crimes. Caïn sera vengé.  Genèse 4 :15 :« L'Eternel lui dit: Si quelqu'un tuait Caïn, Caïn serait vengé sept fois. « La vengeance multiplie les crimes sur des criminels par 7. Faire sa propre justice ne fait qu’empirer les choses et provoquer des génocides.

Regardez le monde aujourd’hui, on tue des innocents parce qu’ils se trouvent sur le chemin de la convoitise (la richesse) et de la vengeance. Le monde c’est donc la richesse et le sang qui va avec. C’est se placer du côté du nombre sans voir qu’il court à sa perte. La vérité c’est boire la coupe de sang de Jésus et accepter d’être pauvre pour lui. Se démunir, c’est se placer du côté de la vérité. C’est se placer du côté du petit nombre, de la solitude. « La vérité ne détruit pas le monde : elle détruit les illusions qui le rendaient supportable. » 

·        Maintenant, La vérité a sa propre tragédie

Chacun un jour ou l’autre est confronté à sa propre vérité. La vérité déshabille l’âme humaine pour la mettre à nue. La philosophe et croyante Simone Weil nous en donne un aperçu spectaculaire : « on ne rentre pas dans la vérité sans avoir passé à travers son propre anéantissement ; sans avoir séjourné longtemps dans un état d’extrême et totale humiliation. ». Tout vrai retour à la réalité passe nécessairement par une vérité tragique.

Lorsqu'Adam entend la voix de Dieu dans le jardin, il dit : « J'ai eu peur...et je me suis caché. » La vérité est ici épouvantable car elle rend la nudité insupportable. Le mensonge était un vêtement confortable ; la vérité le déchire. 

A un moment donné, il faut savoir descendre de son piédestal et accepter d’avoir été la personne qu’on ne voulait surtout pas être, ou la personne qu’on a voulu être faussement.  Cette tragédie est encore plus humiliante si on est passé par un baptême de repentance. Qui aime être dévalué à ses propres yeux à ce point ? Personne. Judas Iscariote ne l’a pas supporté, il s’est donné la mort.

Quant à Saul de Tarse, qui est devenu Paul, il est l’illustration parfaite de cette tragédie intérieure. Sur le chemin de Damas, il tombe aveugle et lorsqu’il retrouve la vue, trois jours plus tard, il reconnait Jésus comme le Messie. Mais quelle tragédie et humiliation a-t-il du vivre, lui qui persécutaient à tors les chrétiens. Lui, qui était venu pour arrêter les prières des disciples de Jésus et en livrer certains autres aux chefs Pharisiens. Le voilà au milieu de ses nouveaux frères honteux de ce qu’il a fait : en croyant sincèrement faire le bien, il s’acharnait à faire le mal. Et cette lumière est terrible. Il doit reconnaître qu’il a livré des innocents, qu’il a combattu le Dieu qu’il croyait servir.

Ce que le Seigneur lui a dit s’accomplit: « Je lui montrerai moi-même tout ce qu’il devra souffrir pour moi. » (Actes 9:16). Cela s’est accomplit à l’instant même où Paul a retrouvé la vue et la foi en Christ. 

Les premiers tonnerres de la foi grondent avec un bruit très inquiétant. Pourquoi cette vérité doit-elle être forcément « tragique » ?

Parce qu’elle révèle : la réalité du mal, notre fourvoiement, notre fragilité, notre propre souffrance ; bref la nécessité de se convertir.

Mais si la vérité divine n’était ornée que de cette face sombre et vomissable. Nous serions nous disciples de Christ tous dépités, découragés, sans motivation. Et là il faut se souvenir que Dieu par son Esprit nous remplit d’une joie et d’une paix parfaites qui nous permettent de supporter cette vérité ; de nous en accommoder et de nous détacher d’elle pour qu’elle ne nous ébranle pas.

« Mes frères, regardez comme un sujet de joie complète les diverses épreuves auxquelles vous pouvez être exposés, » (Jacques 1 :2)

·        La vérité redevient belle grâce à l’amour

Maintenant ce qui rend la vérité belle, c’est l’amour pur qui y est associé. Quand la vérité rétablit l’amour, alors la place est illuminée de beauté et de splendeur. Par exemple : Lorsqu’une personne qui a subit du mal et de l’injustice se voit justifiée, cette reconnaissance, cette vérité lui met un véritable baume au cœur. A ce moment-là la vérité affranchie. « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libre. »(Jean 8 :32)

L’amour devient le berceau de la vérité et nous rend libre.

-Pour en revenir à l’apôtre Paul, la vérité, lorsqu’elle s’est associée à l’amour l’a vraiment affranchie. Paul n’a pas été accepté au départ par les disciples de Christ. Il l’a été au moment où les juifs le recherchaient pour le faire mourir. C’est à ce moment-là que la vérité de sa conversion était au plus fort de sa lumière. La haine des juifs confirmait qu'il n'était plus des leurs. Les disciples ont manifesté leur amour pour lui, en le protégeant, en le cachant, en lui sauvant la vie. Le sacrifice des disciples confirmait qu'il était lui désormais l'un d’eux.

 Pour résumer : La vérité est épouvantable pour celui qui court à la sainteté, mais elle est libératrice pour celui qui accepte le brisement. C'est le paradoxe du Christ : la Vérité est une pierre d'achoppement pour les uns, et la pierre angulaire pour les autres. D’un coté le sang de la vérité coule et montre un sacrifice honteux et inutile. Alors que de l’autre le sang coule, mais c’est celui de Christ qui s’est sacrifié pour que son amour nous élève dans la vérité. La vérité nous déshabille pour que Christ puisse nous revêtir ; Comme pour l’apôtre Paul, la vérité a changé son vêtement de honte en vêtement de gloire. Elle nous détruit en tant qu'idoles pour nous restaurer en tant que fils. Et c’est ce que fait Christ pour chacun de nous lorsque nous préférons la nudité causée par une vérité honteuse et humiliante, qu’à la survie du monde où chacun cache sa nudité.

La vérité dévoile en fait le grand plan divin. Dieu est venu racheter des êtres ignobles, scandaleux, prêts à trahir, à se venger, ou insensibles à la misère des autres.

Qui sur cette terre a mérité son rachat ? « Selon qu'il est écrit: Il n'y a point de juste, Pas même un seul;
11Nul n'est intelligent, Nul ne cherche Dieu;12Tous sont égarés, tous sont pervertis; Il n'en est aucun qui fasse le bien, Pas même un seul »Romains 3 :11-12)

La vérité montre un Dieu bien au-dessus de nos représentations ; bien au dessus de nos représentations les plus idéalisées. Un Dieu qui vient s’incarner en Jésus pour donner sa vie pour des êtres indignes d’amour (comme l’était le brigand sur la croix).

Mais l’amour de notre Dieu n’est pas celui d’un homme. Non seulement il oublie et pardonne, mais il donne son amour, il nous rend capable de devenir comme lui grâce au Saint Esprit. Il fait bien plus que de nous associer à lui, il nous adopte comme ses propres fils.

Nous connaissons le proverbe : « toute vérité n’est pas bonne à dire » mais je crois surtout « qu’il y a des vérités difficiles à recevoir ».  Connaitre la vérité nous engage à devoir agir. C’est une forme de responsabilité qui nous oblige à sortir du déni. On ne peut plus « faire comme si ». Les décisions à prendre seront certes douloureuses mais tellement salvatrices.  Douloureuses : parce que la vérité est couverte de tragédie mais derrière le chaos, il y l’émerveillement, l’être nouveau, la terre promise : la renaissance en Christ.

Amen

dimanche 8 mars 2026

FOI et AUTO-HYPNOSE : le chemin de la dérive

612


Par Eric Ruiz

 

·        LA MANIPULATION MENTALE

Sommes-nous plus intéressés par nos émotions que par la recherche de Dieu ? Beaucoup répondraient sans douter : la recherche de Dieu ; mais ont-ils vu la dérive arrivée ?


Lors de mon message précédent, je vous disais comment des maladies peuvent passer par la porte arrière de nos assemblées. Comment l’idolâtrie par exemple s’y prend pour nous contaminer.  Il très important de prendre conscience de sa propre fragilité pour que la puissance de Dieu puisse pleinement s'exprimer.

Or, l’autohypnose est une réalité chez de plus en plus de croyants et elle fragilise. Elle nous fragilise parce qu’elle s’est immiscée dans nos pratiques, nos prières, nos louanges et cela de manière très sournoise. Il y a des pratiques religieuses, qui sont réalisées par habitudes, par volonté d’assimilation (on fait ce que d’autres, qui ont la même foi que la notre, font) ou encore parce que ces pratiques procurent un bien être.

La plupart du temps, des rites de notre culte ont crée une dérive sans que l’on en soit forcément conscient.

Ici, il n’est pas dans mon intention de dénoncer ou de montrer du doigt pour juste interdire.

Mon but est de comprendre ce qui se passe pour avoir du discernement. Et pour agir si nous le sentons nécessaire. J’ai pour ma part eu cette fragilité et je sais que si je ne veille pas, la tentation reviendra.

Beaucoup d’erreurs sont faites par manque de prise de conscience. Et parce que la recherche du mieux être offre le résultat que l’on attend ; Satisfait, on ne va pas plus loin. Puisqu’on se sent mieux, alors pourquoi s’interdire ou freiner une pratique qui nous fait sentir plus libre et nous soulage de nos souffrances du moment ?

Un chrétien, comme tout croyant d’ailleurs, s’attend naturellement à ce que sa louange lui procure un sentiment de satisfaction. Et là bien-sûr il n’y a rien de mal. Une émotion qui nait de la louange est un bienfait. Mais le mal est souvent très sournois. Il s’insinue subtilement dans nos pratiques et prend l’aspect d’un ange.

Alors on peut s’autohypnotiser sans s’en rendre compte, simplement parce que vivre la situation procure une satisfaction angélique. Nous nous sentons environnés par des puissances positives, comme si nous étions entourés d’anges. Alors oui, il peut y avoir une manipulation mentale, mais c’est une auto manipulation. Personne ne vient nous forcer de l’extérieur. C’est toujours de notre plein gré que nous nous laissons aller. C’est le sentiment de bien être qui nous manipule et nous pousse malgré nous à vouloir renouveler l’expérience.

Nous sommes des êtres humains. Nous avons inconsciemment associé le plaisir avec le bien et la souffrance avec le mal. Nos sens parlent et nous manipulent surtout quand nous sommes dans l’attente et la recherche d’un mieux être. Je vous avez dit : c’est au moment où nous sommes victorieux, au moment où nous sommes guérit que nous sommes les plus vulnérables. L’autohypnose nous amène faussement à nous sentir victorieux.

 

·        CE QU’EST REELLEMENT L’AUTOHYPNOSE :

Un état naturel proche du rêve ou de la méditation, où l’attention se focalise sur une idée, un geste ou une sensation. On le fait dans le but de renforcer la confiance en soi, de mieux gérer son stress et son anxiété. Ce but rejoint parfaitement celui du croyant qui vient dans une assemblée avec l’attente que son stress va disparaitre ou que son anxiété va le quitter. Cette attente est louable, sauf que les moyens pour y parvenir ressemblent à une technique psychologique. C’est ainsi qu’on appellera parfois « miracle », un acte d’autohypnose que l’on s’est imposé soi même sans s’en rendre compte. Pour entrer en hypnose la porte s’ouvre si primo, vous êtes dans un état émotionnel positif et si deuxio, vous vous attendez à un évènement qui aura un effet sur vous.  En hypnose, l’attente du résultat est capitale. On s’attend à recevoir ou à ressentir la « présence » ou la « paix ». Et cette attente n’a rien à voir avec la foi.

 

·        COMMENT S’AUTOHYPNOTISER ?

 

Les hypnotiseurs l’expliquent sans le cacher.  D’abord en fixant un point ou en fermant les yeux.
L’idée est de réduire les stimulations extérieures pour faciliter la concentration. Fermer les yeux et se concentrer sur une chose précise est un réflexe pour un chrétien qui peut atteindre un état possible de transe.

Ensuite on peut s’autohypnotiser en formulant une suggestion simple
Par exemple : une phrase courte, très positive et précise, Elle peut être formulée par un orateur. S’il dit : « Lâcher prise ! Recevez la paix ! Sentez la guérison vous parcourir !» : et si vous êtes en accord avec ce qu’il dit, ces mots : « paix, guérison, sentir, laisser aller », deviennent vos vérités et vous ouvrez vous-même alors la porte à l’hypnose. C’est la même chose si vous prier en vous même « Que la paix du Saint-Esprit me remplisse entièrement »  ou encore : « Jésus, je veux ton Esprit Saint, oh vient me oindre ». Encore des mots clés faciles à répéter et qui évoquent une délivrance. C’est une forme d’auto suggestion.  Notre cerveau déjà en réceptivité, matérialise ses sensations. D’ailleurs, une fois que votre cerveau a dit oui trois ou quatre fois de suite, il s’est programmé pour dire oui à la suggestion suivante. Et c’est ainsi que l’on se coupe petit à petit de l’esprit critique.

Or, Jésus connait nos fragilités et il sait ce qui nous tente. Alors son exhortation est tranchante : « En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s'imaginent qu'à force de paroles ils seront exaucés » Matthieu 6 :7.

Vous voyez, la dérive arrive subtilement. 

·        Quand cela devient une dérive

Ce n’est pas la multiplication des prières qui est nocive, ce sont des paroles répétés, des redites, formulées dans un état d’attente émotionnel, parce que cela ouvre la porte à cette technique psychologique qui nous fait croire à l’exaucement

Voilà la première dérive de l’autohypnose un mensonge que l’on ingère soi-même : On se croit exaucé. Par conséquent, les dérives ne viennent pas de la louange en elle-même, mais des moyens et des croyances que l’on se donne en louant. A quel moment parle-t-on de dérive mystique ?

-Lorsque l’émotion est confondue systématiquement avec la présence de Dieu ;

-Lorsque la recherche d’un « état » devient plus importante que la recherche de Dieu ;

-Lorsque la musique ou la répétition des paroles orientent nos réactions (pleurs, chutes, cris) ;

-Lorsque la pression du groupe pousse à imiter ce que les autres vivent et font ;

-Lorsque la louange désactive l’esprit critique plutôt que nourrit la foi ;

-Enfin, lorsque les expériences émotionnelles sont ressenties comme des vérités, des preuves spirituelles obligatoires. Voilà les dérives mystiques.

·        Les fausses visions :

Lors de moments de louange ou de prières les yeux fermés, il n’est pas rare d’avoir des images mentales, comme des visions. Et là la confusion peut survenir. Pourquoi ? Parce que c’est un moment favorable à visualiser ses émotions

Par exemples : Se voir « baigné dans une lumière chaude et sécurisante » parce qu’on s’attend à ressentir une paix intérieure. Se voir « courir dans un champ fleuri» parce qu’on s’attend à être guérit d’une infirmité. Se voir flotter en apesanteur dans l’espace » parce que le poids de l’angoisse disparait. Attention je ne suis pas en train de sous estimer les visions mais …nous devons discerner celles qui proviennent d’un état d’attente émotionnelle de celles qui arrivent sans que rien ne soit venu les provoquer (dans le deuxième cas le Saint-Esprit peut en être la source). C’est toujours la frontière entre la réalité (une réalité crée par nos émotions) et le réel qui est en jeu.

 

·        Pourquoi est-il si facile de glisser vers ces pratiques lorsqu’on s’assemble entre croyants?

Pour plusieurs raisons :

Par la volonté sincère de créer une atmosphère « propice » à la présence de Dieu ;

Parce qu’on est influencé par des modèles charismatiques connus (par exemple des temps de louanges et de musiques très longs où l’on répète à l’unisson et à l’infini des mots simples) ;

Par la volonté d’être en harmonie, en symbiose les uns avec les autres. Cela pousse à rechercher un point de convergence de nos émotions. « Après ce temps de louange nous étions tous ému aux larmes. Nous avions ressenti une communion forte entre nous».  N’est-ce pas ici un témoin de l’union parfaite du Saint-Esprit : avoir un seul cœur une seule âme ?  Mais n’y a-t-il pas plutôt une confusion à partir d’une émotion provoquée ?

Eh bien il n’est pas rare de vouloir dynamiser l’assemblée. Or, rechercher un impact émotionnel collectif cela risque fort de créer des dérives.

Parce qu’il  y a encore une confusion entre émotion forte et œuvre du Saint‑Esprit

D’une manière générale le manque de vigilance et de méconnaissance des mécanismes psychologiques qui sont en jeu, n’alertent pas sur la dérive des émotions.

 

Attention tous ces glissements ne sont pas toujours volontaires. Mais notre volonté suffit à elle seule à débloquer toute situation.

En plus, dans les milieux chrétiens des prédicateurs connus mettent en garde contre :

la dérive mystique (rechercher des expériences plutôt que la vérité) ;

la dérive émotionnelle (la confusion entre les émotions et la spiritualité) ;

la dérive culturelle (importer des modèles du spectacle, du show-biz, « gaver les Eglises de divertissement » (John Mc Arthur) ;

Mais malgré les mises en garde, les rites ne changent pas et les dérives continuent… voire elles s’amplifient.

 

·        Que faire pour éviter ce piège de l’autohypnose ?

Il faut savoir en premier que l’autohypnose ferme la première porte du Royaume : celle du jugement. Cette porte qui nous permet de discerner, de voir nos manques et de changer. Eh bien, d’abord, nous devons favoriser des réunions avec une prise de conscience claires des choses de la foi. Favoriser la communication interactive entre les membres.  Diminuer les moments d’adoration collective qui n’entraînent que des pics émotionnels. Pour favoriser des prises de décisions concrètes au sein du groupe et centraliser l’attention sur les besoins réels. Alors bien-sûr les chants et la musique ont leur part de bénéfices. Ils nous aident à exprimer nos états d’âmes.

Cependant, la foi n’a pas besoin de l’autohypnose pour grandir ou pour s’exprimer. La foi doit s’extérioriser au moment où l’Esprit Saint l’a décidé. Ne mettons rien de mystique dans nos assemblées. Nous devons plutôt chasser nos artifices et nos faux semblants pour que notre foi soit présente. Nos lieux de culte doivent être libérés de toutes fausses émotions : donc, celles artificiellement provoquées par des techniques hypnoïdes.

L’autohypnose nous fait fuir Gethsémani. Car au moment où l’épreuve va s’endurcir, au moment où nous allons nous sentir pressé, angoissé, nous allons fuir plutôt que d’affronter les difficultés. Nous allons, dans les faits, éviter que la pression qui s’exerce produise une huile supérieure. Et la puissance que veut nous donner le Saint-Esprit ne pourra se produire. L’autohypnose produit une lumière mais qui est fausse. Elle évite le brisement, donc elle évite le pressoir à huile.

Cette technique de méditation fait qu’on focalise son attention et son énergie ailleurs que sur une foi agissante. 1Jean 2 :15 : « N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui »;

Méditer ainsi c’est une des zones grises dont je vous ai parlé récemment. Ces zones proches des ténèbres qui nous font trébucher, car elles nous éloignent de l’amour du Père. Alors, chassons-les de nos vies simplement parce que nous avons discerné qu’elles nous tiraient vers le bas. Chercher le Royaume de Dieu, passe bien sûr par exprimer son état d’âme, par chercher à retrouver la paix et la joie. Mais n’oublions pas la priorité : celle de pourvoir aux besoins de l’assemblée et non se satisfaire d’une émotion aussi grande et spectaculaire soit-elle. Recevoir demande auparavant de donner aux autres, de porter secours. Souvenons-nous que c’est le chemin que Dieu a prédestiné à toute délivrance. Alors faisons un holocauste, un sacrifice de bonne odeur en brûlant toute forme d’autohypnose dans nos vies.

Amen

samedi 28 février 2026

LA FOI CONTAMINEE

 611


Par Eric Ruiz

 

Nous devons toujours considérer comme urgent, le fait de veiller sur son état spirituel. Surtout quand les beaux jours arrivent. C’est là, à ce moment là que nous sommes en réalité les plus fragiles. C’est au moment où nous sommes guéris que nous nous croyons invulnérable.


C’est ce sentiment de puissance qui nous envahit qui nous pousse vers le déclin. Bref : C’est étrange, mais ce n’est pas quand nous sommes blessés que nous sommes les plus fragiles…
c’est quand nous sommes guéris
.

 

Lors de mon dernier message je vous avais parlé de plusieurs hôpitaux. L’Hôpital du bon samaritain, celui du Lévite Obed-Edom, et pour finir celui de la foi. Mais je ne vous aie pas encore parlé de l’hôpital du troisième roi de Juda Asa. Asa : un nom prophétique.

Asa : un nom qui porte le sens hébraïque de guérisseur, médecin, celui qui soigne, qui soulage, et par extension celui qui répare et qui restaure. En lisant les versets du 2ème livre des Chroniques, j’étais loin d’imaginer que ce roi allait dans le sens de ce que j’avais reçu avec « l’hôpital de la foi ».

Son nom comme beaucoup d’autres noms bibliques témoigne de la mission de celui qui le porte.

Asa débute son règne sur un peuple malade ; infecté par des fausses croyances, tributaire de ses mauvaises convictions. Son père Abijam a favorisé l’épidémie de l’idolâtrie, qui s’est multiplié un peu partout. Abijam fut un roi puissant. il eut 14 femmes 22 fils et 16 filles. Sa puissance a été sa principale faiblesse devant Dieu. Il se permettait tout comme s’il était Dieu lui-même.  

La tâche donc d’Asa fut très importante. Il a énormément contribué à  restaurer la foi. « Il fit ce qui est bien et droit » nous dit le texte des Chroniques. il porte secours en supprimant l’idolâtrie. Il brise toutes les statues de son père, fait disparaitre les autels, il restaure un culte véritable à Dieu, il fait disparaitre les hauts lieux consacrés au dieu soleil. Il fait déchoir même du trône de reine, sa propre mère Maaca idolâtre. Et il amène son pays dans une paix durable. Pendant 35 ans de son règne, qui a duré 41 ans (2 Chroniques 15 :19).

Asa donc restaure l’âme des judaïtes, en les incitants à se purifier de leurs péchés.

Mais n’oublions pas ce détail qui n’en est pas un : « le pays fut tranquille et il n'y eut pas de guerre contre lui pendant ces années-là, parce que l'Eternel lui donna du repos. » (2Chroniques 14 :5) et au verset 6 : « car nous avons recherché l'Eternel, notre Dieu, nous l'avons recherché, et il nous a donné du repos de tous côtés. ».

Le repos, comme la guérison vient en premier par la recherche de Dieu. Et cette recherche porte ses fruits au moment où le mal nous attaque.

Asa fut attaqué par une armée Ethiopienne trois fois plus nombreuses et mieux équipée que la sienne. Mais c’est en Dieu qu’il se confia. Et Dieu lui rendit justice et il obtint la victoire. Les Ethiopiens s’enfuirent.

Tant qu’Asa marchait fidèlement avec Dieu, il était son principal assistant. Et le peuple se restaurait et guérissait des maux de l’idolâtrie. L’hôpital d’Asa fonctionnait admirablement bien parce que le roi avait plus en ligne de mire l’état de son peuple que lui-même.

Lors de sa quinzième année de règne, Asa fit assembler tout les judaïtes et un grand nombre d’israélites à Jérusalem pour célébrer et jurer fidélité de tout leur cœur à l’Eternel Dieu.

 

Mais à la 36ème année de son règne, tout bascule : Asa trahit sa vocation divine. L’hôpital de la foi s’effondre. Je rappelle que le nombre 36, j’en ai déjà parlé, c’est le passage soudain dévoilé de la lumière aux ténèbres. Et ici les ténèbres ce sont : La maladie principale de l’âme, l’idolâtrie, celle que Asa avait combattu toute sa vie.

Comment ce qui a été conçu pour guérir peut-il finir par empoisonner ?

 

Eh bien l’idolâtrie l’atteint au plus profond de lui. Son cœur étant partagé, le grand médecin avec un « M » majuscule n’est plus aussi clair en lui. Ce « m » est devenu minuscule ; et le grand médecin céleste rentre en compétition avec le médecin terrestre. Ce constat n’est pas une impression. (2 Chroniques 16 :12 « La trente-neuvième année de son règne, Asa eut les pieds malades au point d'éprouver de grandes souffrances; même pendant sa maladie, il ne chercha pas l'Eternel, mais il consulta les médecins. »).

Ici, il n’est pas question de remettre en cause la compétence des médecins, ni de refuser d’aller les consulter pour se faire soigner par eux. Ce qui est reproché à Asa c’est qu’il a fini par placer sa confiance plus dans l’homme que dans le créateur. Asa s’est en tiédit.

 

Quand on commence à faire taire la vérité, c’est que ce qui est divin a commencé déjà à mourir à l’intérieur de soi.

Asa dévoile son cœur quand il entre dans une colère noire et finit par mettre en prison le prophète Hanani, qui lui, dit la vérité : Qu’il aura maintenant des guerres, parce qu’il a agit comme un insensé. il a préféré faire des alliances avec la Syrie pour se délivrer de ses ennemis plutôt que de se confier et de s’appuyer sur son Dieu.

Les alliances militaires : se sont des compromis qui visent à devenir plus fort. C’est compter sur ses forces propres. C’est avoir peur que l’ennemi, les guerres qui se multiplient prennent alors le dessus sur son royaume. C’est se glorifier soi-même de ses victoires.

Asa a sacrifié tout l’argent et tout l’or qu’il avait de la maison de Dieu, pour des causes iniques : payer ses alliances. Faire des présents aux rois de Syrie.

Il est à souligner aussi que le roi de Juda a réagi ainsi parce qu’il ne supporte plus l’oppression de son frère de foi : le roi d’Israël Baescha qui a fermé sa frontière. Asa perd patience. Il s’énerve rapidement. Ses colères deviennent plus nombreuses et rapprochées.

Alors, s’énerver contre le prophète, celui qui dit la vérité, c’est ne pas admettre ses fautes, c’est résister à Dieu et cela traduit un cœur qui s’endurcit. Le roi de Juda ne voit plus la vérité. Il est aveuglé par la nouvelle idole qu’il s’est fait de son propre règne.

Il se met à rebâtir les villes de Gueda et de Mitspa. Deux villes situées en hauteur, sur des collines, qui ont historiquement une importance majeure pour convoquer l’assemblée et renouveler l’alliance faite à L’Eternel. Encore un témoignage de plus dévoilant un besoin de protection et de reconnaissance personnelle.

Asa ne recherche pas Dieu mais il cherche à se sentir maître de sa destinée. 

 

Il ne voit pas non plus le sens de sa maladie des pieds. Lui le guérisseur tombe à son tour malade. Les pieds sont le symbole de la stabilité, de la fidélité et de la direction spirituelle. La douleur le fait boiter, tituber. Ses pieds révèlent qu’il marche un peu avec Dieu d’un coté et un peu avec d’autres puissances de l’autre. Sa maladie aurait dû lui parler et lui ouvrir les yeux.

L’idole était enfouie. Elle a changé de forme. Elle n’a pas disparu, elle s’est déplacée. Asa ne devient pas idolâtre au sens où il retourne aux statues.
Son idolâtrie devient plus subtile : Il fait confiance dans sa diplomatie, dans ses alliances, dans son or, ses ressources, ses médecins et refuse la correction.

Un autre indice nous montre comment Asa glissa vers le culte centré sur lui-même : Un indice (que l’on trouve uniquement pour ce roi) et dans le deuxième livre des Chroniques, il est écrit :« on l'enterra dans le sépulcre qu'il s'était creusé dans la ville de David ». Vouloir a tout pris figurer près du tombeau de David jusqu’à préparer lui-même sa place, c’est unique dans les récits bibliques.  Focaliser ainsi sur sa propre personne sur des rituels de prestige allant jusqu’à son propre tombeau, cela montre à quel point le roi de Juda se souciait de lui-même.

 

En fait, tout ce qui se passe là avec Asa, se passe de la même manière avec ceux qui sont des soigneurs, des pasteurs médecins, des croyants qui ont de la notoriété parce qu’ils règnent, ils dominent sur un groupe ou sur une institution religieuse. Adulés, respectés pour avoir guérit leur proche dans un lieu saint, hospitalier et réparateur comme peut l’être l’église ; ils peuvent tomber à leur tour. Combien se confient dans leur richesse et tombent par le mal qu’ils avaient identifié.  A la fin, l’idolâtrie les rattrape. L’hôpital, l’Hôtel-Dieu ne soigne plus, pire il provoque des maladies : les mêmes qu’il avait autrefois éradiquées. L’hôpital contamine à son tour.

Dans les assemblées, les démons qui avaient été chassés reviennent alors en plus grand nombre qu’avant, plus fort qu’avant. Les récalcitrants sont opprimés et l’idolâtrie redouble de puissance, par le culte de la personnalité. L’idolâtrie moderne n’est pas forcément visible.

·        L’idolâtrie qui revient par la porte arrière :

Dans les assemblées modernes :

C’est l’orgueil qui revient de plus belle

C’est la recherche de reconnaissance qui revient

C’est à nouveau la dépendance aux finances

C’est le retour de la compétition entre frères

Ce sont des formes de manipulation qui reviennent

Ce sont les abus spirituels qui resurgissent jusqu’à faire taire ceux qui contredisent

Sans oublier de nouveaux rituels mettant en scène le culte de la personnalité.

Et souvent, cela arrive dans les lieux mêmes où l’on avait proclamé la fidélité et un culte exclusif à Dieu.

 

Et qu’en est-il des malades dans les assemblées ?

 

Lors d’un réveil spirituel, comme se fut le cas avec le roi Asa pendant son règne, les guérisons affluent et beaucoup brisent leurs idoles. Mais ces idoles sont-elles définitivement abandonnées ?

Le fils d’Asa, Josaphat, succéda à son père sur le trône de Juda. Il marcha dans les voies de David et dans ceux de son père.  Il fit ce qui est juste. Mais l’intégrité de son peuple était loin d’être incontestable. 2 Chroniques 17 :6 : « Son cœur grandit dans les voies de l'Eternel, et il fit encore disparaître de Juda les hauts lieux et les idoles. ». La guérison spirituelle est fragile, progressive, et jamais acquise. Et puis, on peut soigner les autres tout en laissant sa propre âme s'infecter. Le mal qu’on a brulé devant Dieu peut renaître. Asa avait brisé son idole et l’avait brulé au torrent de Cédron. Combien aujourd’hui ont brulé leurs idoles en se faisant baptiser.  Ces deux rites forts n’ont rien à voir avec une disparition magique. Ce qui compte réellement c’est la profondeur de l’acte et la persévérance à vouloir rester humble et soumis à Dieu.

 

La plus grande fragilité arrive souvent après la victoire. C’est comme avec la restauration d’Asa, c’est après que son peuple a été soigné, purifié, restauré, reposé… que son cœur s’est élevé, que le levain a fait monter la pâte. Ce n’est pas uniquement la maladie qui nous met en danger, c’est aussi l’illusion d’être guéris pour toujours.

La sagesse crie à la vigilance. Nous devons veiller et prier pour persévérer dans la foi. Pour que le Médecin céleste continue à avoir ses assistants et ses guérisons sur terre. Car c'est seulement dans la conscience de notre propre fragilité que la puissance de Dieu peut pleinement s'exprimer.

Alors… je terminerai par une petite parabole, très simple :

La Parabole du Roi Guérisseur

 

Il y avait un roi Qui avait guéri un peuple infirme. Il avait renversé les autels, Brisé les statues, Purifié le temple. Il avait réappris à marcher droit, Et le pays était en paix.

Puis un jour… Sans s’en apercevoir… Il est devenu ce qu’il avait combattu.

Il n’a pas reconstruit les idoles, Il en est devenu une. Elle n’était ni de pierre, Ni de bois. Elle avait son visage, Sa voix, Son autorité.

Et il brisait celui qui voulait la briser.

Alors ses pieds ont commencé à céder. Ce qu’il refusait d’entendre Est entré dans son corps. Et le roi qui faisait marcher les autres A fini sa vie incapable de marcher lui-même.


Jésus dit :
« Celui qui s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. »

 

Ainsi, lequel de ces deux hommes voulons-nous imiter ?


Le roi qui s’accroche à sa propre gloire jusqu’à perdre ses pas ?
Ou le roi qui, comme David, accepte de descendre,
reconnait sa faute, paye le prix de son orgueil
et retrouve la vigueur en redevenant serviteur ?

 

Car la question est : Que faisons-nous lorsque la vérité se révèle à nous ?

Amen

 

dimanche 22 février 2026

L’HOPITAL DE LA FOI

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Par Eric Ruiz

 

1.     Le démon appelé : préjugé

 

Jean 7 :24 :« Ne jugez pas selon l'apparence, mais jugez selon la justice ».


Ce verset semble tellement irréel ! Nous sommes par nature des êtres remplis de préjugés. C’est pourquoi nous passons beaucoup de temps à évaluer, à classer et à comparer. Et dans les assemblées chrétiennes, les préjugés sont loin d’être bannis. Les jugements sont légion concernant le degré de pureté ou de souillure des frères et des sœurs.

Les uns bien habillés, soignant leur présentation, remplis de paroles douces et bienveillantes paraissent libres du péché, tandis qu’un autre se présentant le crâne à moitié rasé, les membres tatoués avec un langage cru et cabossé, part déjà avec des préjugés très négatifs. S’est-il vraiment libéré de tous les péchés que son corps et son allure trahiraient ? Son passé est-il vraiment derrière lui comme il le confesse?

Mais depuis quand l’apparence révèle-t-elle l’état du cœur ?

L’Eglise qui devrait être un hôpital, trop souvent ressemble à un tribunal. Et ce tribunal révèle alors que les accusateurs qui s’y trouvent sont eux-mêmes les véritables pécheurs. Les accusateurs oublient qu’ils sont aussi des malades et qu’ils ont besoin de guérison.

 

2.     L’hôpital et la charité chrétienne

A l’origine, l’hôpital vivait de la charité. Il vivait de dons, d’aumônes, de legs que des bienfaiteurs lui offraient. Les riches, les notables, les seigneurs donnaient des terres et de l’argent aux églises, afin que ces ressources servent à la construction d’hôpitaux. L’Hôpital était donc une œuvre chrétienne. Pendant des siècles les soins étaient assurés par des ordres monastiques. L’hôpital était voué aux plus démunis, aux sans-abri, aux malades de l’âme comme aux malades du corps. Il accueillait également les personnes âgées, les enfants abandonnés, les pèlerins et voyageurs de passage. On ne l’appelait d’ailleurs pas « hôpital » mais « Hôtel-Dieu », « la maison de Dieu » : un lieu ou règne l’hospitalité divine. Le mot « hôpital » prononcé autrefois « hospital » rime avec hospitalité : ils partagent la même racine.

N’oublions pas que les bases du métier d’infirmière furent posées par des religieuses chrétiennes entièrement dévouées à leur mission. Les soins prodigués étaient gratuits, car les malades étaient sans ressources et trop pauvres pour payer.

Alors ne devrait-on pas appeler les églises : l’hôtel Dieu ? Un lieu d’accueil où l’on prodigue gratuitement toutes sortes de soins pour le corps comme pour l’âme ?

 

3.     Et la foi a-t-elle aujourd’hui son hôpital ?

Deux termes latin montrent le sens profond de l’hospitalité chrétienne : hospes et hospitis qui signifient à la fois : celui qui reçoit et celui qui est reçu. Une main tendue et une main reconnaissante.

Où est passé le but de notre foi en Christ lorsque Jésus répond aux pharisiens après cette question :  « Pourquoi votre maître mange-t-il avec les publicains et les gens de mauvaise vie?…. Jésus dit: Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades ».  Et de nos jours, pourquoi tant d’Eglises trient-elles leurs membres ? La sélection se fait généralement sur des critères absurdes. Si nous trions les blessés selon leur apparence, nous avons déjà oublié le Médecin.

 L’Église n’est pas un musée pour saints bien habillés.
Elle est une salle d’urgence pour pécheurs blessés.
Elle devrait comme l’hôpital le fait et comme il leur rappelle leur mission première : accueillir toute personne malade perdue ou abandonnée. Or, trop souvent les médecins des églises prennent l’habit de magistrats qui jugent et qui condamnent au lieu de porter secours et de soigner. Il y a trop de mercenaires et de loups ravisseurs dans les assemblées pour que s’organise une véritable hospitalité. Une brebis malade a besoin d’un médecin qu’elle soit une brebis blanche ou noire.

 

4.     L’hôpital samaritain

Dans la parabole, le bon Samaritain agit comme un vrai médecin, un vrai disciple de Christ. Voyant un homme sur le côté du chemin à moitié mort, il ne cherche pas à connaître qui il est. Il ne demande ni son identité spirituelle,  ni son passé ; il ne discute pas pour connaître sa part de responsabilité, ni s’il est à même de pouvoir payer ses soins et de rembourser son bienfaiteur. Le bon samaritain, soigne en agissant comme un médecin de campagne. Il voit tout de suite la souffrance et le niveau de blessures de l’homme à terre. Il bande ses plaies et  soignent ses blessures, avec de l’huile et du vin, les antiseptiques de l’époque. Sans se poser la question du mérite, le Samaritain porte sur sa monture le blessé comme s’il était son propre enfant. Il le conduit dans une auberge (un hôtel-Dieu avant l’heure). Il se porte même garant financièrement. Il paiera tous les frais du malade à l’aubergiste. C’est l’hospitalité totale : sans condition- sans jugement-sans calcul- sans à priori sur l’apparence. Jésus ne dit pas : « admirez-le ! », non. Il n’aura que quelques mots pratiques pour conclure : « va et fais de même ».

 

5.     L’hôpital de Mammon

Aujourd’hui, dans le monde, la tendance des services hospitaliers n’est plus à la charité, mais c’est Mammon qui s’y est invité. L’infirmière de l’Hôtel Dieu de Paris, elle passe plus de temps dans des charges administratives, qu’au chevet du malade à lui prodiguer son attention et ses soins. En République démocratique du Congo un pays soi-disant très chrétien, il est souvent impossible de sortir de l’hôpital si les frais médicaux ne sont pas réglés. Tant que la facture n’est pas entièrement soldée, le malade reste gardé (manu militari s’il le faut) dans « une chambre prison ». Une enquête de presse de 2018 a montré que, dans plusieurs hôpitaux de Lubumbashi (la deuxième ville du Congo qui compte près de 3 millions d’habitants), des personnes ont été retenues des semaines, des mois, voire des années parce qu’elles ne pouvaient pas payer leur facture hospitalière, même après avoir été jugées médicalement guéries. La RDC est-elle un cas isolé ? Des cas similaires de patients gardés plusieurs semaines ont été rapportées au Ghana, comme en Inde.

Le Moyen-âge est souvent qualifié d’ère de ténèbres avec son régime féodal composé de rois, de seigneurs et leurs cerfs corvéables à merci. Là aussi les préjugés ont frappé fort. L’hôpital était c’est vrai dans des conditions sanitaires très succinctes, avec peu de moyens comparés à la technologie d’aujourd’hui, néanmoins c’était un lieu de refuge comme d’assistance sociale, médicale et spirituelle.

Pour ma part, dès que l’occasion s’est présentée, j’ai eu à cœur de participer aux frais médicaux de mes frères et sœurs congolais lorsqu’ils étaient hospitalisés et qu’ils ne pouvaient payer leurs soins. Je ne l’ai pas fait pour un gain quelconque. Je l’ai fait parce qu’il me semble «  normal » d’agir ainsi en tant que simple chrétien. Je suis ému de compassion devant une mère qui pleure son enfant malade et qui ne peut payer les soins (même si elle ne fréquente aucune église): car c’est une double peine pour elle. Et je ne me sens pas être rempli d’une mission spéciale. J’ai répondu dans mon for intérieur à l’ordre de Jésus : « va et fais de même pour ton prochain ». Je n’agis pas ainsi parce que je l’ai lu dans la Bible, mais parce que mon cœur régénéré par l’Esprit saint me le dicte. La Bible et le bon samaritain me confirment que l’esprit qui m’anime est saint. Si je m’étais surpris à penser autrement, comme par exemple que Dieu pourvoira à leur besoin, qu’ils n’ont qu’à s’organiser entre frères pour faire des collectes et que ma prière leur suffit, aurais-je été satisfait ? Aurai-je eu cette joie de donner ? Cette joie de participer à la guérison de l’enfant et au soulagement d’une mère ? Qu’aurai-je ressenti si je m’étais trouvé dans la même situation avec un enfant malade ? N’aurai-je pas aimé qu’un simple chrétien même à des milliers de kilomètres puisse m’aider aussi rapidement à soulager mon fardeau? Oui certainement.

 

6.     Quand l’ordinaire devient extraordinaire

Pourquoi j’insiste tant sur une bienveillance « normale » ? Pour dire qu’aider une personne comme je l’ai fait ou comme le fait le bon samaritain n’a rien d’extraordinaire en soi. Jésus ne le félicite même pas dans l’histoire. Il n’y a pas d’éloges particuliers à son égard. Mais dans les faits, n’est-ce pas celui qui a été aidé et qui a été secouru qui trouve cela extraordinaire ? C’est le juif mourant qui a été relevé et rétablit par un Samaritain (qu’il méprisait peut-être auparavant) qui loue le Seigneur avec reconnaissance. Il est bouleversé, transformé et il n’aura plus jamais la même opinion des Samaritains. Ses yeux s’ouvrent à une vérité nouvelle.

Car cette expérience changera sans doute aussi sa vision de la foi. Une foi qui repoussera ses frontières ; qui ne s’arrêtera plus au seul peuple juif.

Ce qui pour celui qui aide, peut sembler un geste simple, presque anodin peut avoir des conséquences immenses dans la vie de celui qui reçoit. Faut-il nécessairement réaliser de  grands efforts pour produire des conséquences extraordinaires ? Ce préjugé est faux. Les faits montrent qu’un verre d’eau, une main tendue, une écoute attentive, un acte de compassion, qui ne coûte presque rien… peuvent devenir pour l’autre une délivrance, une lumière, un signe de Dieu.
Même leurs proches, inquiets et troublés, ont été délivrés à leur tour, comme une grâce qui se prolonge.

Souvent, nous ne mesurons pas l’impact spirituel d’un secours offert au bon moment.
Une aide discrète peut faire naître la foi dans un cœur qui se croyait abandonné.
Elle peut raviver une foi qui s’éteignait, ou encore transformer la compréhension que quelqu’un avait de Dieu.

 

7.     L’hôpital d’Obed-Edom

Je pense que c’est ainsi que David, deuxième roi d’Israël, a ravivé sa foi et qu’il a mieux compris les voies divines.

Après qu’Uzza, terrassé pour avoir retenu l’Arche de l’Alliance, David fut saisi de crainte. Il était même perdu. Lui qui voulait ramener l’Arche à Jérusalem se retrouva soudain paralysé.
La présence de Dieu, qu’il désirait tant, devenait redoutable. Alors n’osant pas poursuivre le chemin. Il confia l’Arche à Obed-Édom, un Lévite peu connu, discret, pas un héros national.  Son nom en tous les cas parle par son sens étymologique. La deuxième particule de son nom, Edom, renvoie à la descendance d’Esaü (un peuple souvent rival d’Israël). Mais David avait déjà brisé les préjugés concernant les philistins puisque à plusieurs occasions, il avait été secouru par eux.

Et pourtant, c’est chez ce Lévite que la présence de Dieu s’installa.

Cette présence se manifesta dans l’hospitalité, mais aussi dans l’aide dont David avait besoin pour retrouver sa foi, la foi en Dieu qu’il avait au départ.

Le récit insiste juste sur la bénédiction que reçu le Lévite pour son secours apportée au roi. Et la Bible dit en toute simplicité : «L'arche de Dieu resta trois mois dans la maison d'Obed-Edom, dans sa maison. L’Éternel bénit Obed‑Édom et toute sa maison ». 3 fois le mot maison apparait ici comme pour montrer une grande sainteté qui y est rattachée. L’hôtel Dieu fut établit dans sa maison : hospes et hospitis celui qui reçoit et celui qui est reçu. Une main qui gracie devient elle-même une main qui est graciée.  
Car celui qui a été secouru voit soudain la grâce à l’œuvre, non pas dans de grands discours, mais dans un geste concret, incarné, espéré et qui n’attend aucune explication de l’autre. C’est ce que David avait besoin de vivre pour revenir avec l’Arche de Dieu à Jérusalem. La lumière est venue d’Obed-Edom comme elle vient dans le récit des Evangiles : du bon samaritain.

Matthieu 5 :16 : « « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres et glorifient votre Père qui est dans les cieux. ». Ce verset ne prend il pas tout son relief avec les actes qui portent secours ? C’est ainsi que si nous sommes fidèles dans les petites choses de la foi, nous verront les grandes. Le secours fait en présence d’un grand public nous impressionne toujours. Mais les petits secours faits dans la clandestinité n’en sont pas moins valorisés aux yeux de notre Seigneur. Car il juge selon la justice et non l’apparence.

Chaque croyant doit prendre conscience qu’il peut à un moment de sa vie devenir un ange protecteur pour son prochain. Dieu nous arme alors comme un ange le serait pour aller porter secours. Car porter secours : c’est une parole de Dieu. Et cette parole s’entend. Elle résonne à l’intérieur. La foi vient de se qu’on entend. Et ce qu’on entend produit une action : la délivrance.

 

8.     L’hôpital de la foi

Pour conclure. Nous accueillons notre prochain comme Jésus-Christ le fait et comme un hôpital accueille les malades. Dans cet Hôtel-Dieu, nous sommes alors l’assistant du grand Médecin (Dieu) et nous soignons, nous restaurons, nous réparons ce qui est cassé.

C’est l’image de la grâce. C’est un lieu où personne n’est jugé. Un lieu où on ne mérite pas la guérison, on l’a reçoit. Dans cet endroit, il n’y a plus de honte à être vulnérable et fragile. Il n’y a que de l’amour et de la reconnaissance. Car après un accompagnement pas à pas, on y ressort avec une transformation physique mais surtout intérieure. Alors ne regardons pas cet hôpital comme un bâtiment majestueux, dont l’implantation serait un Haut lieu de la foi. L’hôpital de la foi se trouve rue de l’inconnu. Il se monte comme un camp de nomades, sous tente ; et comme les hôpitaux militaires, au milieu des combats, dans l’urgence, pour apporter une aide là où le besoin est le plus fort. Cet hôpital de campagne est par définition très mobile et provisoire. C’est Dieu qui montre le chemin. On ne sait pas où la maison d’Obed-Edom se situait, où se trouvait l’Arche de l’Alliance que David avait confié au Lévite. La présence de Dieu se meut dans la nuée, comme sa grâce qui touche celle ou celui qui ne le méritait pas en apparence.

Amen