dimanche 5 avril 2026

LE REGNE de L'AGNEAU: accomplissement du Psaume 72 ?

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Par Eric Ruiz

Voici un Psaume très particulier : le Psaume 72


Pour les juifs, c’est le psaume messianique par excellence. Le Messie est représenté comme les juifs le croient et l’attendent : Ils attendent avec impatience un roi humain, qui plus est sera un descendant de David. C’est ce roi qui viendra rétablir la justice et la paix en Israël.

Lisons les deux premiers versets prononcés par Salomon roi d’Israël et fils de David : « De Salomon. O Dieu, donne tes jugements au roi, Et ta justice au fils du roi!
Il jugera ton peuple avec justice, Et tes malheureux avec équité.
 ». Ce Psaume a une telle emprise universelle, que
même en dehors des religions, il est lu comme :

-un manifeste pour la justice sociale.

-une vision d’un monde pacifié.

-un idéal politique et moral.

N’a-t-il pas inspiré des projets communistes ou  socialistes comme aussi de nombreux mouvements pour la paix et la dignité humaine ? Il a été utilisé pour des discours de rois de France, d’Angleterre, d’Espagne. Il a été pris en exemple par des abolitionnistes, par des grands noms comme Martin Luther King ou Desmond Tutu.

Mais un être sage est en droit de se demander où se trouve un tel roi ? A-t-il simplement existé ?ou peut-il encore arriver ? Parce lorsqu’on a fini de lire les 20 versets de ce Psaume, il n’y a aucun nom qui arrive à nos lèvres. 

Salomon, lui, a été infidèle à Dieu. Il a trahi ses engagements et a vu son royaume se diviser après lui à cause de son infidélité.

Certes, il a exprimé et vécu beaucoup de ce que dit le verset 10 et 11: « Les rois de Tarsis et des îles paieront des tributs, Les rois de Séba et de Saba offriront des présentsTous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront ». Mais dès que vous passez au verset 11 les  choses se gâtent : « Car il délivrera le pauvre qui crie, Et le malheureux qui n'a point d'aide.
Il aura pitié du misérable et de l'indigent, Et il sauvera la vie des pauvres
 »;

Salomon a été un roi d’une extrême richesse, qui plus est, il a maintenu son royaume en paix pendant tout son règne… mais à la lecture du chapitre 12 du premier livre des Rois, son peuple gémit et se plaint. Il se plaint « d’un joug pesant» « d’une rude servitude ». Où est la justice divine de Salomon?

Et le fils de David n’est pas une exception. Le roi riche et injuste est un fait commun dans l’Histoire des nations. Il n’affranchit pas grand monde de taxes obligatoires. Il passe, lui, en premier.

Prenons le roi français incarnant le sommet du luxe en monarchie : le roi Louis XIV par exemple : Il a réformé la justice et il a soutenu certaines œuvres charitables (hôpitaux, institutions religieuses). Mais…il a fait des Guerres incessantes qui ont appauvri le royaume. Il a écrasé les paysans par des impôts très lourds pour financer ses guerres ou pour construire le château de Versailles ; et les périodes de famines et de misères se sont multipliées pendant son règne. Le roi soleil a été un roi qui a renforcé l’État au prix d’un lourd fardeau pour les classes populaires.

Je pourrais prendre une multitude de chefs d’Etat contemporains et arriver au même constat. Ils construisent des temples magnifiques. Ils reçoivent de l’argent et des ressources précieuses de nations très éloignées, mais une partie de leur peuple reste dans la pauvreté et la misère.

On est loin du roi décrit par le Psaume 72 modèle du roi idéal : juste, protecteur des pauvres, garant de la paix.

Le verset 14 va même très loin dans la mission de protection des pauvres par le roi : « Il les affranchira de l'oppression et de la violence, Et leur sang aura du prix à ses yeux ».

Aujourd’hui, comme hier on est frappé de constater que l’homme lambda ne représente que de la chair à canon. Que le sang du pauvre ne vaut rien. Que l’oppression et la violence qu’il vit au quotidien n’émeuvent aucun ministre. On constate que le peuple a même été berné en lui faisant croire le contraire : que chaque citoyen avait un pouvoir de décision par ses représentants démocrates. Et que le progrès économique avait apporté un progrès social fort, réduisant au maximum les inégalités.

« Rien n’est nouveau sous le soleil » nous dit Salomon, l’histoire et les hommes se répètent.

En fait tous, rois comme simples sujets font la même erreur au départ. Ils veulent la prospérité économique, la bénédiction. Ils veulent un pouvoir fort. Ils veulent asseoir l’autorité royale sur un matelas de prestige et de croissance. Ils ne voient pas que le Psaume 72 révèle l’inverse.

Or, la vérité est tout autre : C’est parce que le roi s’occupe des plus démunis que sa nation s’élève et que son royaume devient riche.

« 11Tous les rois se prosterneront devant lui, Toutes les nations le serviront. Car il délivrera le pauvre ». La justice sociale n’est pas une conséquence, c’est la première des œuvres à faire.

Dès le verset 2, puis 4 le projet politique du roi est tracé. Après avoir discerné qui est malheureux et à quel niveau s’élève son malheur, le roi « fera droit aux malheureux du peuple, Il sauvera les enfants du pauvre, Et il écrasera l'oppresseur. »

Les juifs n’ont pas reconnu Jésus comme roi, parce que lui, le fils de Dieu, ne voyait que la justice sociale et rien d’autres. Jésus ne s’occupait que des malades et des nécessiteux.

Il n’avait que faire du gouvernement romain, que faire de la situation économique. Tous les rois fonctionnent à l’opposé. Ils vont faire des œuvres sociales parce qu’ils ont auparavant capitalisé, bâti des villes et des institutions.

Les juifs, comme les peuples païens attendent donc un roi qui ne sera jamais juste parce que leur roi est différent. Le roi juste ne s’occupe pas de l’économie, il ne cherche pas à réduire les dettes de l’Etat. Il ne multiplie pas ses placements financiers, il s’occupe du social, il va là où l’odeur de la misère pique le nez.

Je l’ai déjà dit auparavant mais je le redis encore : c’est parce que la justice est rendue que la paix existe. Une ère messianique autre est une utopie.

"La vertu" d’un chef est qu’il revendique la paix comme un droit ou un devoir, alors que la paix n’est qu’une conséquence de la justice qu’il applique.

On attend un roi qui est prêt à se battre pour la paix, et là… qui dira que c’est un roi injuste, que c’est un faux Messie ? Personne ne le dira et pourtant il s’affiche contre Christ en se battant pour la paix.

Verset 3 : « Les montagnes porteront la paix pour le peuple, Et les collines aussi, par l'effet de ta justice ».

Le Mashia ben David ne peut pas apporter la paix autrement.

-Il ne fera pas des compromis avec les peuples.

-il ne s’occupera pas de rééquilibrer les territoires entre palestiniens et israéliens pour que chacun ait la part qui lui est destinée.

-il ne chassera pas les étrangers,

-il ne bâtira pas des fortifications pour protéger ses frontières

-il  n’aura pour seule politique : que celle de s’occuper de ses pauvres. C’est ce que Jésus a fait et c’est ce que le roi juste fera. Et le fait de s’occuper des démunis apportera la paix des montagnes jusqu’aux collines.

Revenons au début du Psaume : à la prière de Salomon. Elle demande cette grâce : « donne tes jugements au roi, Et ta justice au fils du roi! ».

Salomon a-t-il reçu ce qu’il demandait ? OUI. Mais alors, pourquoi n’a-t-il pas appliqué la justice que Dieu lui donnait ? Parce qu’il était aveuglé par son or et sa connaissance. Imbu de lui-même et sûr de son onction de sagesse, il n’a jamais eu de prophète pour lui dire « non » à un moment donné. « Non » pour ses trop nombreuses concubines par exemples ou « non » pour le culte rendu à leurs déesses. Salomon avait des paroles qui louent Dieu mais un cœur éloigné du créateur. Et son fils a-t-il fait la justice divine comme il l’a prié pour lui ? Voilà la réponse de Roboam fils de Salomon : « 11 mon père vous a chargé d’un joug pesant, et moi je vous le rendrai plus pesant ; mon père vous a châtiés avec des fouets, et moi je vous châtierai avec des scorpions ».

Le fils est pire que le père. Il assomme son peuple de taxes et d’obligations en tout genre. Et cet héritage ne s’est-il pas répété maintes fois à travers les siècles ? Tous ceux qui se sont assis dans un fauteuil royal, en régnant sur un peuple ont au mieux fait semblant de s’occuper en premier des plus démunis.

Le seul héritage vrai et juste est celui de Christ. Il change la nature même du roi. Ce roi ne sera pas juif, ni évangélique, ni catholique, ni orthodoxe… il sera né d’en haut par l’esprit de Christ.

Ce roi ne construira pas une muraille, le roi sera la muraille. Pourquoi cette muraille est-elle une nouvelle identité ? Parce que le livre de l’Apocalypse révèle l’agneau : l’agneau de Dieu dévoilé par le chapitre 21 du livre de l’Apocalypse. Cette muraille mesure 144 coudées, soit 72 mètres. Dans ce nombre 72, j’y vois la figure du roi protecteur révélé par l’agneau ; Et cet agneau protège, car il exerce une politique entièrement destinée aux pauvres, aux démunis sur son territoire. Ce ne sera pas un autre Christ, ni Jésus de Nazareth revenant sur terre avec les mains percés (comme certains le croient). Ce sera Christ descendu en esprit sur un groupe d’humains. Christ incarné et manifesté par un seul et unique caractère : l’agneau.

Ce caractère n’est pas abstrait, il se reconnait par ses bienfaits sur les misérables, et eux–mêmes seront reconnaissants en retour envers ceux qui ont ce caractère.

Le verset 15 de Psaume 72 dit : « Ils vivront, (qui « ils » ? Ce sont les pauvres délivrés de l’oppression et de la violence) et lui donneront de l'or de Séba; Ils prieront pour lui sans cesse, ils le béniront chaque jour. ». Le royaume de Dieu commence avec des pauvres qui sont devenus riches à leur tour et qui apportent leur or et leurs prières à l’agneau (celui ou ceux qui les ont délivrés), parce que le véritable roi vit en lui.

Verset 17 :« Par lui on se bénira mutuellement, Et toutes les nations le diront heureux ». Cette ville heureuse est la Nouvelle Jérusalem. Un culte nouveau y est rendu. Chacun protège l’autre en retour. Voilà le gouvernement juste du Roi, le gouvernement de l’agneau.

Oui mais alors, Jésus de Nazareth n’a-t-il pas échoué au vue de ce Psaume qui montre un accomplissement terrestre (pas seulement une petite nation mais la terre)? Etait-il vraiment le Messie qu’Israël attendaient ?

 

·        Le Messie, ce mystère, Jésus l’a révélé comme un “corps” et non comme individu

Oui bien-sûr, que Jésus-Christ, fils de David est ce Messie attendu. Mais l’accomplissement du règne de Christ s’est accompli à la croix. Ce qui signifie qu’il ne s’est pas terminé à sa mort. Christ ressuscité forme un nouveau règne : Christ ressuscité c’est la promesse d’être à notre tour ressuscité et par conséquent d’être uni à lui pour toujours. Cette promesse, c’est Le règne de l’agneau. Sans résurrection, l’agneau n’existe pas.

Un homme, une femme possédant le même caractère doit en sortir. Un disciple accomplit et ressuscité. « Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! »

Pour que la terre soit remplie de la gloire de Dieu, il faut : des êtres nouveaux dans lesquels Christ règne comme un roi juste.  Dans le livre de l’Apocalypse, c’est l’agneau qui règne. Le même roi pour tout un peuple. Ce ne sera pas un double règne (le règne d’un homme et celui de Dieu). Ce sera la prière entièrement exaucée : Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». Un baptême véritable mit en lumière dans Matthieu 28 :19. Et ce Baptême a pour vocation : Notre Père régnant par le Saint-Esprit dans son fils. : L’agneau de Dieu formant un seul corps de croyants ; des âmes réunies ne formant qu’une seule âme. Le nouveau messie sera un corps de croyants animés par le même roi Christ. Ce corps tout simplement est l’agneau.
Ce roi a été vu par trois disciples lors du mystère de la transfiguration (où l’on voyait Elie, Moïse Jésus, tous recouverts par un nuage épais, tous unis dans un même corps)
 « Je vous le dis en vérité, quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point, qu'ils n'aient vu le Fils de l'homme venir dans son règne. ». Le règne du fils de l’homme (de ce nouvel homme) c’est l’agneau ressuscité.

Aujourd’hui nous sommes dans un temps de préparation au règne de l’agneau. Le verset 9 du Psaume 72 n’a pas encore été constaté : « Devant lui, les habitants du désert fléchiront le genou, Et ses ennemis lécheront la poussière ». Rappelons-nous que le désert abrite le diable, le tentateur, celui qui nous pousse à régner. Il n’a pas encore capitulé. Le serpent continue à ramper… mais il ne lèche pas la poussière. Il a encore des aliments à se mettre sous ses crochets. Et le diable tente l’homme en lui proposant de régner ou de servir un régnant. Toujours cette séduction de l’idolâtrie.

En attendant la consécration de notre vie terrestre : le règne de l’agneau, prions comme le verset 19 du Psaume 72 : « Béni soit à jamais son nom glorieux! Que toute la terre soit remplie de sa gloire! Amen! Amen! »